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Bah Ndaw Moctar Ouane et Assimi Goita
Politique

Mali : un coup d’État dans le coup d’État ?

by Sahel Tribune 27 mai 2021
written by Sahel Tribune 9 minutes read

Le 24 mai 2021, dans l’après-midi, le président malien de la transition, Bah N’Daw, ainsi que son premier ministre Moctar Ouane, ont été interpellés par des éléments des forces armées maliennes, puis conduits au camp militaire Soundiata Keïta de Kati, ce fameux camp qui s’est toujours trouvé au cœur de tous les coups d’État au Mali.

Certains observateurs ont qualifié les faits de putsch, d’autres de simple discussion entre le couple exécutif et les membres de « l’ex »-Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), officiellement dissout. Rappelons que le Mali vit une transition de 18 mois. Celle-ci a commencé avec le coup d’État du 18 août 2020 qui avait renversé le président Ibrahim Boubacar Kéita. Des élections générales sont prévues début 2022, entre février et mars. La situation actuelle semble faire revenir le Mali au point de départ ; mais que s’est-il passé pour que nous en soyons là ?

Le président N’Daw face aux colonels

Le 14 mai 2021, le premier ministre Moctar Ouane avait remis la démission de son gouvernement au président Bah N’Daw, qui l’avait aussitôt reconduit à son poste, le chargeant d’entamer des discussions avec la classe politique, en vue de la formation du prochain gouvernement. Cette démarche avait été saluée car elle venait rétablir le dialogue qui s’était rompu entre les nouvelles autorités et la classe politique depuis le coup d’État du 18 août 2020.

Le premier élément qui permettrait d’emblée d’expliquer la situation actuelle est que la démission et la reconduction de M. Ouane ont été personnellement gérées par le président N’Daw, sans qu’il ne consulte et ne rende compte aux responsables de « l’ex »-CNSP, à savoir le colonel Assimi Goita, vice-président de la transition ; le colonel Malick Diaw, président du Conseil national de transition (l’organe législatif) ; le colonel Sadio Camara, ministre de la Défense ; le colonel-major Ismaël Wagué, ministre de la Réconciliation ; et le colonel Modibo Koné, ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

À travers cette démarche, le président Bah N’Daw, qui avait été largement critiqué pour son effacement, donnait ainsi l’impression de reprendre enfin en main les rênes de la transition et d’en devenir le véritable maître. On pouvait déjà prévoir que cette évolution ne recevrait pas l’assentiment, voire susciterait le courroux des colonels putschistes, qui pourraient y voir le début d’un processus visant à les extirper progressivement de leurs positions.

Un contexte tendu

La ferveur populaire qui avait accompagné le coup d’État du 18 août s’est très rapidement estompée. La junte, qui avait au départ incarné le changement tant espéré, est progressivement apparue comme un élément de perpétuation du système en place. Aucun dignitaire de l’ancien régime ne fut inquiété, y compris ceux sur qui pesaient de fortes accusations.

Le remaniement ministériel du 14 mai est intervenu dans un contexte sociopolitique extrêmement tendu. Le mouvement de contestation M5 – qui dénonce la conduite de la transition et appelle à sa « rectification », de même qu’à la dissolution du Conseil national de transition – avait déjà programmé une manifestation pour le 4 juin 2021. En outre, après un préavis de 15 jours, la centrale syndicale de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) avait entamé sa deuxième semaine d’affilée de grève, qui devait continuer jusqu’au 28 mai 2021. Compte tenu de la situation politique, et n’ayant plus d’interlocuteur en l’absence d’un gouvernement, elle a suspendu son mot d’ordre de grève et appelé ses adhérents à reprendre le travail dès le 26 mai, et jusqu’à un retour à la normale.

Les colonels de « l’ex »-CNSP auraient eu connaissance de la liste du nouveau gouvernement, publié le 24 mai 2021, en même temps que les Maliens ordinaires, c’est-à-dire à travers les médias. Leur surprise aura donc été de constater la mise à l’écart de deux des leurs, à savoir le ministre de la Défense Sadio Camara, et celui de la Sécurité et la Protection civile Modibo Koné. Leur réaction ne s’est pas fait attendre : une heure à peine après la publication de la nouvelle composition du gouvernement, le couple exécutif était arrêté et conduit manu militari au camp militaire de Kati.

Le communiqué du vice-président, le colonel Goita, lu le 25 mai 2021 à la télévision nationale (l’ORTM) était on ne peut plus clair : il dénonce l’attitude du premier ministre et du président, qui ont formé le nouveau gouvernement « sans concertation avec le vice-président », à savoir lui-même. Il ajoute :

« Le vice-président s’est vu dans l’obligation d’agir pour préserver la charte de la transition et défendre la République en vue de placer hors de leur prérogatives le président et le premier ministre. »

Le vice-président souligne donc ici son attachement à la charte de la transition ; pourtant, celle-ci stipule clairement son incapacité à remplacer le président de transition en cas d’empêchement. On se rappelle que lors des discussions autour de l’adoption de ladite charte, le poste de vice-président (une première au Mali), spécialement créé pour être occupé par un membre de la junte, avait parfois été vu comme une manière pour cette dernière de prévoir l’éventualité de diriger la transition. C’est d’ailleurs pour cette raison que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) conditionna la levée des sanctions qui pesaient sur le Mali à l’insertion dans la charte d’une disposition stipulant clairement que le vice-président ne peut remplacer le président de la transition. Reste à savoir s’il s’agit d’un empêchement temporaire ou d’une destitution définitive. Dans le second cas, qui semble être le plus probable, nous serions alors en face d’un coup d’État dans le coup d’État.

Un enjeu clé : convaincre la population et obtenir le soutien du M5

La Cédéao a immédiatement dépêché au Mali, le 25 mai, son émissaire chargé du suivi de la transition, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan. L’attitude de la Cédéao, et plus globalement de la communauté internationale (France, États-Unis et l’ONU à travers sa mission malienne, la Minusma) sera déterminante dans la suite des événements. Les putschistes le savent et cherchent désormais à s’assurer des soutiens, notamment de la population et des acteurs politiques, en particulier du M5, le mouvement de contestation qui avait fragilisé le pouvoir d’Ibrahim Boubacar Kéita, et permis le coup d’État contre ce dernier. Leur démarche est identique à celle qu’ils avaient adoptée lors du coup d’État du 18 août 2020 ; mais, cette fois-ci, les arguments avancés sont différents.

Concernant la population, depuis que le président et son premier ministre sont arrêtés, on assiste à la formation d’une certaine opinion véhiculée par les partisans de la junte faisant croire que la situation actuelle est l’expression radicale d’une confrontation de points de vue divergents entre le couple exécutif et les colonels de « l’ex »-CNSP. Le premier n’obéirait qu’aux intérêts de la France – surtout que la publication de la liste du nouveau gouvernement intervient à peine 48 heures après le retour de Bah N’Daw de Paris – tandis que les seconds, eux, s’opposeraient à l’impérialiste France, promouvant plutôt un rapprochement avec la Russie.

On comprend bien qu’il s’agit là d’un argument pouvant fortement peser auprès de tous ceux qui voient d’un mauvais œil la présence militaire française au Mali, et qui manifestent régulièrement contre l’opération Barkhane. Ces propos sont relayés, comme toujours, par des activistes présents sur les réseaux sociaux et connus pour leurs positions anti-françaises.

Une manifestation de soutien aux putschistes avait d’ailleurs été annoncée pour le 25 mai, sur la place de l’indépendance à Bamako, avant d’être reportée à une date ultérieure. L’objectif, pour la junte, consisterait à donner l’apparence d’une forme d’assentiment populaire à leur coup de force ; la seule manière à leurs yeux d’espérer contrer les sanctions et pressions internationales qui s’annoncent dès à présent.

Concernant le mouvement du M5, ses leaders ont été invités à venir rejoindre les putschistes à Kati quelques heures à peine après l’arrestation du président et du premier ministre. Il s’agirait pour les militaires de proposer aux leaders de ce mouvement le poste de premier ministre – une façon de s’assurer leur soutien et, par là même, de réparer les « erreurs » passées commises à leur égard : bien qu’ayant été au cœur du coup d’État du 18 août 2020, le M5 a fini par être totalement écarté de toute l’architecture de la transition (à l’exception de quelques-uns de ses membres qui furent cooptés). De la même manière, après le coup d’État du 18 août, et avant la mise en place de la transition, la junte, désireuse de peser face à une communauté internationale qui exigeait une transition civile, avait fait du M5 un allié, en faisant miroiter à ses leaders qu’ils joueraient un important rôle dans la transition. Les sympathisants du M5 s’étaient alors largement prononcés en faveur d’une transition militaire.

Quelle réaction concrète de la communauté internationale face à une junte aux abois ?

L’analyse immédiate qu’on peut faire de ce dernier coup de force contre le président de la transition et son premier ministre est que l’inquiétude semble avoir gagné le camp de la junte, du fait de sa non-implication dans la formation du nouveau gouvernement, et surtout la mise à l’écart de deux de ses membres.

Au-delà de la simple perte de ces postes ministériels, la situation pourrait être perçue par la junte comme le début du processus de sa mise à l’écart totale et définitive des affaires politiques. Cela signifierait aussi en quelque sorte pour elle le début des ennuis judiciaires, quand on sait que la Constitution du Mali fait du coup d’État un crime imprescriptible.

Le président Bah N’Daw, en décidant de reprendre le contrôle de la situation politique, a vraisemblablement en amont reçu le soutien de la Cédéao qui « supervise » la transition, et aussi des partenaires internationaux du Mali, au premier rang desquels la France. Il appartient désormais à ces différents acteurs d’intervenir à travers des actions fortes, car ils demeurent les seuls en mesure de dénouer la situation.

Boubacar Haidara, Chercheur associé au laboratoire Les Afriques dans le Monde (LAM), Sciences-Po Bordeaux., Université Bordeaux Montaigne

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation
27 mai 2021 1 comment
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les Etats Unis Unis annoncent une aide humanitaire de pres de 152 millions de dollars
Sécurité

Mali : les Etats-Unis suspendent leur assistance sécuritaire (communiqué)

by Sahel Tribune 27 mai 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

A la suite de l’arrestation du Président de transition, Bah Ndaw, et de son Premier ministre, Moctar Ouane, lundi 24 mai 2021, les Etats-Unis ont annoncé, dans un communiqué du 26 mai, la suspension de leur « assistance à la sécurité au profit des Forces de sécurité et de défense maliennes ». Une annonce qui a été faite le même jour où les deux institutions civils ont démisionné. Nous vous invitons à lire le communiqué!

Les États-Unis condamnent fermement la détention de dirigeants civils du gouvernement de transition du Mali. Nous appuyons la déclaration commune du 24 mai de la CEDEAO et de l’Union africaine, et nous travaillons en étroite collaboration avec le comité local de suivi de la transition et d’autres acteurs internationaux pour demander la libération immédiate et inconditionnelle des personnes détenues et la reprise de la transition menée par des civils.

Un gouvernement démocratique civil présente la meilleure opportunité de parvenir à la sécurité et à la prospérité au Mali et de l’ensemble de la région du Sahel. L’engagement du gouvernement de transition malien en faveur d’une transition menée par des civils et d’élections démocratiques en 2022 a ouvert la voie au dialogue continu du Mali avec les partenaires internationaux pour faire progresser les efforts en matière de démocratie, de droits de l’homme, de paix et de sécurité. Les événements du 24 mai ont mis ces progrès en péril.

À la suite du coup d’état d’août 2020 au Mali, les États-Unis ont limité l’aide au Gouvernement malien conformément aux dispositions des lois budgétaires annuelles. Nous suspendons maintenant l’assistance à la sécurité au profit des Forces de sécurité et de défense maliennes que nous avions maintenues précédemment en vertu des pouvoirs existants. Les États-Unis envisageront également des mesures ciblées à l’encontre des dirigeants politiques et militaires qui font obstacle à la transition du Mali vers une gouvernance démocratique sous l’impulsion des civils.

Nous soutenons le peuple malien dans ses aspirations à la démocratie, à la paix, au développement et au respect des droits humains.

Source : Département d’État des États-Unis

27 mai 2021 2 comments
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Bah-NDaw-Moctar-Ouane
Politique

Mali : Le président Bah N’Daw et son premier ministre, Moctar Ouane, libérés

by Sahel Tribune 27 mai 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Les deux chefs d’institutions civiles de la transition au Mali, arrêtés le lundi soir par la junte militaire dirigée par le colonel Assimi Goïta, puis conduits dans la ville garnison de Kati, ont été libérés hier nuit, selon une source proche.
Ils avaient été emmenés manu-militari par les soldats sous les ordres du patron des putschistes après la lecture de la liste du nouveau gouvernement de large ouverture.

Les militaires visiblement mécontents de l’éviction de deux éléments influents de la junte, le colonel Modibo Koné, ministre de la sécurité, et le colonel Sadio Camara, ministre de la défense, ont contraint le Président et le premier ministre de la transition à renoncer à leurs prérogatives. Dans la foulée des évènements qui ont commencé le lundi, les deux personnalités ont finalement présenté leur démission au vice-président et le médiateur de la CEDEAO hier mercredi.
Plus tard dans la nuit du mercredi, ils ont été libérés et autorisés à rentrer chez eux. Le conseiller du chef de la junte, Baba Cissé, a annoncé lors d’une conférence de presse que les personnes arrêtées seront libérées graduellement. Au moment où nous mettons en ligne, on est sans nouvelle de la libération du secrétaire général de la présidence et le nouveau ministre de la défense qui ont été arrêtés au même moment que le Président Bah N’Daw et le premier ministre, Moctar Ouane. D’autres personnalités militaires resteraient en détention avec les militaires. Par contre, le colonel major, Kassoum Goïta, nommé à la Direction Générale de la Sécurité d’Etat, est toujours porté disparu.

Après avoir écarté toutes les personnalités civiles du pouvoir, le colonel Assimi Goïta, s’octroie le titre du Président de la Transition et serait entrain de mener des tractations pour nommer un civil à la tête du gouvernement. Il murmure que les militaires ont jeté leur dévolu sur le M5-RFP pour occuper la primature. Et le M5-RFP est en concertation pour choisir leur candidat qui, selon des sources crédibles, est Dr Choguel Kokala Maïga.
Siaka DIAMOUTENE

Source: Maliweb.net

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Remise de distinction à des agents du CENOU
Éducation

CENOU : le Comité syndical décerne des distinctions à quatre travailleurs dévoués

by Chiencoro 27 mai 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

La semaine dernière, le Comité syndical du CENOU a tenu la 1re édition de son initiative visant à récompenser les travailleurs qui se sont distingués, au cours de l’année écoulée, par leur dévouement dans le travail. Au cours de cette cérémonie, quatre personnels du CENOU, dont le chef de la Cellule information et Communication, Amadou Z. Traoré, ont reçu des distinctions.

« La reconnaissance du travail bien fait est une récompense souvent bien plus appréciée qu’un salaire », dit-on le plus souvent. Cet adage, le Comité syndicat du Centre national des œuvres universitaires du Mali (CENOU) l’a bien compris. D’où l’initiative d’octroyer des récompenses aux travailleurs de la structure qui se feront distinguer par leur courage, leur dévouement, leur disponibilité, etc., dans le travail. La première édition de cette initiative a eu lieu il y a quelques jours.

Incitation au travail bien fait

Dans le but d’encourager au travail bien fait, le Comité syndical du CENOU a procédé à une remise de trophées à quatre travailleurs de la structure : le chef de la cellule informatique et communication, Amadou Zakaria Traoré ; le chef de la division informatique, Moïse Dembélé ; le chef du Centre régional de Ségou, Bogo Bagayoko et le coursier, Sékou Ouane.

En raison de leur courage, de leur dévouement, de leur disponibilité, etc., dans le travail, ces quatre travailleurs du CENOU ont reçu chacun un trophée Ciwara, un masque symbolique remis généralement aux gros travailleurs dans les milieux bambaras, ainsi qu’une attestation de reconnaissance.  

« La distinction de ces quatre travailleurs ne veut nullement dire qu’il n’existe pas d’autres travailleurs au sein du CENOU », précise Oumar Traoré, le chef du Comité syndical du CENOU. Selon ses précisions, à travers cette distinction, le Comité syndical entend ériger le travail bien fait en modèle au sein de la structure. Car sans des travailleurs engagés, dira-t-il, point de progrès. « Ces distinctions constituent alors une forme d’invitation au travail bien fait », souligne le chef du Comité syndical avant d’indiquer que ce trophée « donne également plus de travail aux lauréats qui doivent désormais redoubler d’efforts pour ne pas le démériter ».

« Cette distinction me conforte dans ma voie »

Distinction reçue par Amadou Traoré
Distinction reçue par Amadou Traoré. Crédit photo: Amadou Traoré/CENOU

Amadou Z. Traoré n’a pas manqué de remerciement à l’endroit des initiateurs de cette distinction, le Comité syndical du CENOU. « Cette distinction me conforte dans la voie que j’ai choisie. Elle me donne encore plus de courage pour le chemin qui me reste à parcourir, aussi bien dans ma vie professionnelle que personnelle », a-t-il exprimé sa joie. Néanmoins, il reste persuadé que le trophée qu’il vient de gagner, il le doit aussi à toute sa famille, notamment le personnel du CENOU et plus particulièrement les agents de la Cellule informatique et Communication. Il reconnait « leur accompagnement et leurs efforts quotidiens pour l’amélioration des conditions de vie et d’étude des étudiants maliens ».

Le Comité syndical du CENOU a l’ambition d’ériger cette reconnaissance aux travailleurs dévoués en tradition au sein de cette structure engagée pour le bien-être des étudiants maliens.

Fousseni Togola

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Issa Kaou Ndjim, 4e Vice-président du CNT et président de l'ACRT
Politique

Mali : Issa Kaou Ndjim avance les raisons de l’arrestation de Bah Ndaw et Moctar Ouane

by Bakary FOMBA 26 mai 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Issa Kaou N’Djim, 4e Vice-président du Conseil national de transition (CNT) du Mali, a accordé, mardi 25 mai 2021, un entretien à des médias nationaux et étrangers sur la situation politique du pays. Au cours de cette séance d’information, M. Djim a évoqué les raisons de l’arrestation de l’ex-président Bah Ndaw et de son Premier ministre Moctar Ouane, lundi 24 mai. Une arrestation qui a conduit à leur démission. Selon le président de l’Appel Citoyen pour la Réussite de la Transition (ACRT, FASO KA WELE), il s’agit d’un « processus de redressement » et non pas un coup d’État.

Après leur arrestation, lundi 24 mai 2021, le Président de transition et son Premier ministre ont été déchargés, mardi 25 mai, de leurs prérogatives par la junte militaire. Un jour après, mercredi 26 mai 2021, Bah Ndaw et Moctar Ouane présentent leur démission alors que des émissaires de la Cédéao étaient au Mali pour tenter de décrisper la situation.

« Trahison de la Charte de transition »

Au cours de notre entretien avec Issa Kaou N’Djim, mardi dernier, depuis son bureau du CNT, celui-ci n’a pas manqué à indiquer que le Président Bah N’Daw commençait à prendre des décisions unilatérales. Le président de l’ACRT a évoqué surtout la reconduction du Premier ministre Moctar Ouane après la démission de celui-ci ainsi que de son gouvernement, vendredi 14 mai 2021. Mieux, précise-t-il, il le charge de la formation d’un nouveau gouvernement, sans consulter le Vice-président, Colonel Assimi Goïta.

Outre cela, a-t-il souligné, dans la Charte de transition, toutes les questions de Défense et de Sécurité sont confiées au Vice-président. Mais celui-ci n’a été ni consulté, quant à la nomination du ministre de la Défense et des Anciens Combattants ni pour celui de la Sécurité et de la Protection civile, indique M. Ndjim qui précise que « toutes les questions de défense et de sécurité gérées » par le président Bah N’Daw.

Issa Kaou Ndjim avance les raisons de l’arrestation de Bah Ndaw et son Premier ministre

Constatant ainsi une « trahison de la Charte de transition » par les deux personnalités de l’exécutif, le Vice-président a, mardi 25 mai 2021, à travers un communiqué lu à la Télévision nationale par son Conseiller spécial, mis Bah Ndaw et Moctar Ouane « hors de leurs prérogatives. »

Appel à l’union

Selon Issa Kaou N’Djim, ce geste du colonel Goïta est un « processus de redressement ». « Ce qui s’est passé au Mali est un processus de redressement » et non un coup d’État, a-t-il précisé. Avec le M5, on dira qu’il s’agit d’une « rectification de la transition ». M. Ndjim estime que cet acte montre à suffisance qu’Assimi Goita est un « patriote imperturbable ». Il lance donc, en tant que politique, un appel à l’union afin de sauver le Mali.

Notons qu’après la démission de Bah Ndaw et de Moctar Ouane, mercredi 26 mai 2021, Assimi Goïta, prenant les choses en main, poursuit les concertations pour la nomination d’un Premier ministre et la mise en place d’un gouvernement. Il rassure néanmoins que le chronogramme des élections sera respecté. Malgré tout, les condamnations de ce « coup de force » fusent de partout.

Bakary Fomba

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M. Sédiko Douka (au centre) avec le président de l'ARREC, le professeur Honoré Bogler (à droite) et le secrétaire général du West African Power Pool, M. Apollinaire Siengui Ki
Actu

Sécurité énergétique : bientôt la 2e phase du marché régional de l’électricité de la CEDEAO ?

by Sahel Tribune 26 mai 2021
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Les institutions responsables des questions énergétiques au sein de la CEDEAO ont tenu du 20 au 21 mai 2021, leur 7e réunion de coordination à Accra au Ghana, pour examiner l’état de la fourniture d’énergie en Afrique de l’Ouest. La réunion a permis spécifiquement de faire le point sur la situation du marché régional de l’électricité de la CEDEAO, lequel a enregistré des activités accrues, préparatoires au lancement de la deuxième phase.

Cette 7e réunion de coordination des institutions et agences spécialisées de la CEDEAO en charge de l’énergie, présidée par le Commissaire Sédiko Douka en charge de l’Énergie et des Mines de la CEDEAO, s’est achevée à Accra le 21 mai 2021 avec des recommandations et décisions pertinentes pour parvenir à la sécurité énergétique en Afrique de l’Ouest. L’un des points clés de la rencontre est l’appel à l’Autorité de Régulation régionale du Secteur de l’Électricité de la CEDEAO (l’ARREC) pour accélérer la finalisation des documents réglementaires nécessaires au lancement de la deuxième phase du marché régional de l’électricité de la CEDEAO au cours du premier trimestre 2022.

Développement des moyens régionaux de production et de transmission d’électricité

La première phase du marché régional de l’électricité a été lancée en juin 2018 à Cotonou, au Bénin, en tant que phase de transition censée durer au maximum deux ans avant l’introduction de la deuxième phase, qui se caractériserait par un marché concurrentiel « day-ahead », ce qui contribuera à promouvoir l’efficacité. La seconde phase est considérée par les acteurs comme la véritable opérationnalisation du marché régional.

Les participants à la réunion ont également souhaité l’achèvement de la construction du Centre d’Information et de Coordination (CIC) du Système d’Échanges d’Énergie électrique ouest-africains basé à Abomey-Calavi en République du Bénin. Le CIC servira en tant qu’opérateur de système et opérateur du marché régional de l’électricité.

De même, les participants ont recommandé la poursuite de la mise en œuvre des projets prioritaires du Plan directeur de l’énergie de la CEDEAO pour le développement des moyens régionaux de production et de transmission d’électricité horizon 2019-2033.

Ils ont également souhaité que la mise en œuvre des projets d’infrastructures physiques d’énergies renouvelables (solaires et éoliens) dans les États membres soit une priorité, notamment l’initiative du corridor ouest-africain des énergies renouvelables qui vise à générer une puissance supplémentaire de 2 000 mégawatts d’ici 2030. À cet égard, le Centre pour les Énergies renouvelables et l’Efficacité énergétique de la CEDEAO (CEREEC) a été invité à développer des projets de parcs solaires et éoliens en termes de préparation, de mobilisation des ressources et de mise en œuvre en collaboration avec les principales parties prenantes, notamment les États membres, les donateurs et le secteur privé.

Programmes d’urgence d’alimentation en électricité

Les participants à la réunion, qui ont également examiné les questions relatives à l’approvisionnement en gaz et aux garanties de paiement, ont demandé à l’Autorité ouest-africaine des gazoducs de poursuivre les actions nécessaires pour apurer toutes les dettes impayées de l’Autorité par certains acteurs du gazoduc.

En outre, la réunion a sollicité l’assistance du Département de l’Énergie et des Mines de la CEDEAO pour résoudre les problèmes liés aux paiements des arriérés et aux éventuels litiges nés de la mise en œuvre du programme d’urgence d’alimentation en électricité de la CEDEAO dans certains pays. Les programmes d’urgence d’alimentation en électricité de la CEDEAO ont débuté en 2010 et ont jusqu’à présent couvert les pays suivants avec un total de don de 148 millions USD repartis comme suite : Guinée Bissau, 10 millions de dollars, Guinée, 30 millions de dollars, Mali, 54,34 millions de dollars, Gambie, 31,90 millions de dollars, et Sierra Leone, 21,8 millions de dollars.

Le Commissaire Sédiko Douka, qui a clôturé la réunion, a remercié tous les participants pour leurs contributions et pour l’ambiance cordiale pendant les sessions. Il s’est félicité de la synergie d’actions qui se met en place entre toutes les institutions et agences de la CEDEAO en charge de l’énergie comme indiqué dans les présentations qui ont été faites. Il a exhorté toutes les parties prenantes à maintenir ce niveau de collaboration pour assurer la mise en œuvre efficace des activités requises dans le secteur de l’énergie.

Source : Cédéao

Notre rédaction a apporté des modifications au texte

26 mai 2021 0 comments
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Conférence de presse de la synergie syndicale des enseignants, le 24 mai
Éducation

Education au Mali : des « décisions responsables » pour éviter des perturbations

by Bakary FOMBA 26 mai 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont animé, lundi 24 mai 2021, à la Maison de l’Enseignant, une conférence de presse. Objectif : alerter sur les risques à courir si « des décisions responsables ne sont pas prises » par les autorités maliennes dans le cadre de l’harmonisation des grilles salariales des travailleurs du Mali. Un des points de revendication de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM).

Au Mali, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 semblent en bras de fer avec l’Union nationale des travailleurs du Mali. Si l’UNTM revendique l’harmonisation des grilles salariales des travailleurs du Mali, la synergie syndicale des enseignants, quant à elle, monte une sentinelle devant le statut du personnel enseignant qu’elle estime menacé. Cette situation menace l’année scolaire en cours.

« Ce qu’il faut éviter… »

Depuis le 17 mai dernier, l’UNTM a enclenché une série de grèves afin d’obtenir l’harmonisation des grilles salariales des travailleurs du Mali. Selon Ousmane Almoudou Touré, Porte-parole des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, cette grève « n’engage en rien les enseignants du Mali pour des raisons justifiées. » Selon ses précisions, la centrale syndicale « exige de l’État qu’il relève toutes les grilles dont les plafonds sont inférieurs au plafond 1382 de la grille du statut du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale. »

Aux dires du porte-parole de la synergie des enseignants, cette demande de l’UNTM « remet en cause l’article 39 du statut du personnel enseignant qui s’applique automatiquement dès qu’il y a une augmentation sur le statut général. »

Des actions

Profondément attachés à leur statut, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 affirment être prêts d’utiliser « tous les moyens légaux pour faire appliquer les dispositions du statut du personnel enseignant. » Ce collectif met en garde « quiconque qui tentera de violer ou de tripatouiller leur statut. » Selon leurs précisions, « l’article 39 a pour objets de répondre à une demande d’harmonisation des salaires des enseignants maliens avec ceux de la sous-région, d’apaiser le climat social et d’éviter que les enseignants ne partent pas en grève chaque fois qu’il y a une augmentation sur le statut général. » Il vise aussi, précisent-ils, « à rendre la fonction enseignante plus attrayante. »

Pour éclairer l’opinion sur cette situation qui prévaut, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont engagé plusieurs actions. Après les rencontres avec les acteurs de la société civile et les partenaires de l’école malienne, les syndicats de l’éducation, à travers la lettre circulaire n° 004 du 18 mai 2021, indiquent dans leur déclaration liminaire de la conférence de presse avoir demandé aux camarades de l’intérieur d’organiser des rencontres d’informations et de sensibilisations avec les acteurs de la société civile et les partenaires de l’école. Parmi ces actions, on note la conférence de presse ayant lieu le 24 mai dernier à la Maison de l’Enseignant. L’organisation d’un meeting national est également prévue dans les jours à venir.

« Des décisions responsables »

Pour éviter toute perturbation de l’année scolaire en cours, la synergie syndicale des enseignants invite les autorités de transition à prendre « des décisions responsables. » Aussi « ce qu’il faut éviter, c’est d’harmoniser tout en remettant en cause les acquis d’un autre syndicat », a déclaré le porte-parole de la synergie des enseignants, lors d’une interview qu’il a accordée à notre rédaction le 18 mai dernier.

L’année dernière a été perturbée pendant plusieurs mois pour cause de mouvements de grèves des enseignants. Pour éviter le même scénario cette année, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 invitent les autorités du pays à prendre des « décisions responsables. »

Bakary Fomba

26 mai 2021 1 comment
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