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La population dOgossagou village de la region de Mopti au Mali
ActuSécurité

Burkina Faso : des organisations de défense des droits humains condamnent la tuerie de Nouna

by Mohamed Camara 8 janvier 2023
written by Mohamed Camara 3 minutes read

À la suite de la tuerie survenue à Nouna, au Burkina Faso, le 30 décembre 2022, des organisations de défense des droits humains ont dénoncé des atteintes aux droits de l’homme. Elles lancent un appel aux autorités burkinabè.

Le Burkina Faso est engagé dans une lutte infernale contre le terrorisme depuis bientôt dix ans. Une situation qui a conduit à des changements extra démocratiques de pouvoir dans le pays, en 2022. L’apparition au pouvoir du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR II), a suscité un enthousiasme explosif dans le cœur des citoyens, en septembre 2022. Beaucoup voyaient un nouvel élan patriotique dans la lutte antiterroriste dans le pays des « hommes intègres ».

Dans son allocution d’investiture, le président de la Transition, capitaine Ibrahim Traoré, indiquait la réorientation de toutes les structures sociales vers un objectif exclusif et commun : reconquérir l’ensemble du territoire national.

Tuerie de Nouna

Force est de reconnaître qu’en dépit du dynamisme des Forces de Défense et Sécurité (FDS), la situation sécuritaire demeure tendue dans une bonne partie du pays. Des attaques terroristes continuent d’endeuiller les civiles. Ce qui entraîne des déplacements massifs.

« Il convient de relever qu’à ces attaques criminelles terroristes, vient s’ajouter un autre type de terrorisme qui se développe dans les régions et gagne progressivement le terrain. Il s’agit des civils armés se revendiquant être des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) », affirme le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des Communautés (CISC) dans son communiqué  

Dans son communiqué du 2 janvier 2022, le CISC constate que ces civils armés « se donnent librement à des pillages organisés et à des exactions ciblées sur des populations civiles sur un fond de délit de faciès et de stigmatisation. » Ce collectif évoque la tuerie du 30 décembre 2022 dans la commune urbaine de Nouna et qui a coûté la vie à 28 personnes, la plupart tuées par balles.

Sauvegarde des libertés individuelles et collectives au Burkina Faso

Dans leur communiqué, ces deux organisations de la défense des Droits humains, le CISC et le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) évoquent donc des violations des droits de l’homme, le 30 décembre 2022 à Nouna.

« Des exécutions extrajudiciaires, d’enlèvement et disparitions forcées, d’expropriation de biens de citoyens qui impliquent d’une part des terroristes, mais aussi d’autre part, des civils armés considérés comme des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) », peut-on lire dans le communiqué du CISC.

Les organisations de défense des droits humains, membres de la Coalition citoyenne pour le Sahel, exhortent les autorités judiciaires à prendre leurs responsabilités pour la sauvegarde des libertés individuelles et collectives au Burkina Faso. Aussi, elles invitent les autorités à proscrire toute sorte de dérives des VDP dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, et de s’inscrire dans une démarche de renforcement permanente de la cohésion sociale.

Mohamed Camara

8 janvier 2023 0 comments
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Conférence de presse de l'URD
ActuPolitique

Crise au sein de l’URD : les précisions du Pr Salikou Sanogo

by Mohamed Camara 8 janvier 2023
written by Mohamed Camara 5 minutes read

Le Pr Salikou Sanogo, président intérimaire de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), était face à la presse, samedi 7 janvier 2023. Objectif : expliquer sa part de vérité dans la crise interne que traverse le rassemblement Vert-Blanc. C’était au Mémorial Modibo Keïta de Bamako.

Militants de l'URD
Des Militants de l’URD, lors de la conférence de presse du 7 janvier 2023, à Bamako. 📷Mohamed Camara/Sahel Tribune.

Accompagné de l’épouse de feu Soumaïla Cissé, président fondateur du parti l’Union pour la République et la Démocratie (URD), le Pr Salikou Sanogo a fait son entrée dans une salle pleine à cracker de militants du parti, venus lui témoigner leur soutien. De tous les côtés, on entendait des applaudissements, des cris d’admiration, avec le nom du Pr Sanogo sur toutes les lèvres.

Guerre de succession

Habillé dans un large boubou blanc, le vice-président et président par intérim de l’URD a commencé par remercier les militants. Ce fut le lieu pour lui d’exprimer ses vœux du Nouvel An à l’ensemble des militants du parti ainsi qu’au peuple malien, avant de dresser le tableau des difficultés auxquelles le pays a fait face au cours de l’année écoulée. Ce fut le lieu aussi de se prononcer sur la dure épreuve qui secoue le parti depuis une année.

« Le parti URD traverse ces temps-ci, la crise la plus grave depuis sa création », a déclaré le Pr Salikou Sanogo, qui a survolé cette crise qu’il juge très peu reluisante pour le parti. Selon ses explications, la mort de Soumaïla Cissé, en décembre 2020, a créé une guerre de succession au sein du parti.

Le vice-président et président par intérim de l’URD a rappelé que lors du 4e Congrès du parti en décembre 2019, feu Soumaila Cissé avait été élu, président du parti pour un mandat de cinq ans, et lui, il a été désigné par les militants vice-présidents.

Les ambitions présidentialistes

La mort de Soumaïla Cissé a marqué l’arrivée de certains cadres du pays au sein de l’URD, notamment l’ancien Premier ministre du régime IBK, Boubou Cissé, et l’ancien ministre de l’Économie, Mamadou Igor Diarra. « Les ambitions présidentialistes de ces deux hommes allaient faire surface et introduire dans le fonctionnement du parti, des pratiques aussi violentes que malsaines et contraires à tous les principes et à toutes les valeurs autour desquelles Soumaïla Cissé et ses camarades ont fondé l’URD », a affirmé Salikou.

Le Pr Salikou précise que ces deux hommes entendaient changer les règles de jeu au sein du parti en y introduisant l’argent. Un principe contraire aux règles en vigueur au sein de cette organisation politique malienne, dont le candidat est toujours choisi par le Bureau exécutif national. Mamadou Igor Diarra et Boubou Cissé souhaitaient que le candidat soit désormais désigné « par les sections qu’ils ont pris soin préalablement d’instrumentaliser », a-t-il expliqué.

Cette situation qui avait conduit à un congrès extraordinaire, selon M. Sanogo, qui rappelle qu’il a été finalement décidé de surseoir à l’organisation de tout congrès extraordinaire et de tout changement au sein de la direction du parti jusqu’au prochain congrès ordinaire prévu en 2024.

Un congrès sur la base de signatures non conformes

Le vice-président et président par intérim de l’URD explique que « le Congrès extraordinaire est bel et bien prévu par les textes de l’URD, mais à certaines conditions dont une est la demande par les 2/3 des membres du BEN ». Il précise que la pétition initiée par les protagonistes en vue de réunir la signature de ces 2/3, a été vaine. Ce qui a conduit les initiateurs de cette pétition, souligne Pr Salikou, à faire signer la pétition en utilisant des signatures non conformes.  

« Ces faux ayant été constatés lors de l’analyse du dossier de convocation de leur Congrès extraordinaire, nous avons tout simplement notifié aux demandeurs un défaut de quorum qui ne nous permet pas de convoquer la tenue dudit Congrès », a précisé M. Sanogo. Et de poursuivre que les protagonistes « sont passés outre et ont organisé le 16 janvier 2022 un Congrès au cours duquel le 14e Vice-président, Monsieur Gouagnon Coulibaly, a été choisi comme Président du parti tout en gardant sans changement le reste du bureau exécutif national ».

Confirmation de l’élection de Gouagnon Coulibaly

Ce conflit interne a amené la direction du parti à l’exclusion de 11 responsables, y compris Gouagnon Coulibaly, et à la suspension, pour 6 mois, de 18 responsables pour ces fautes graves. 

Selon le Pr Salikou, ce sont leurs protagonistes qui les ont toujours entraînés devant les tribunaux, contrairement à ce qu’ils tentent de faire croire. Selon ses précisions, « la seule fois que nous avons eu recours à la justice dans le cadre de ce dossier, c’était pour demander de ne pas permettre l’organisation d’un Congrès extraordinaire qui n’a pas été régulièrement convoqué ».

Au cours de cette conférence de presse de mis au point, le vice-président et président par intérim de l’URD, rappelle que Gouagnon Coulibaly a saisi le tribunal de la grande instance de la Commune 5, pour la confirmation de son élection en qualité de président. « Contre toute attente, à la date du 4 avril 2022, ladite juridiction a fait droit à sa demande, en annulant également les sanctions prises contre eux et en m’enjoignant de procéder à la passation de service à Gouagnon Coulibaly au bout de 72 heures à compter de la signification de la décision sous astreinte de 500 000 Fcfa par jour de retard », a-t-il indiqué dans son allocution.

Procédure controversée

Le Pr Salikou précise que « l’URD n’est pas un service. C’est un parti politique géré par des textes qui émanent de la loi portant charte des partis politiques ». À l’en croire, ni les textes de l’URD ni la charte des partis n’ont prévu « de passation de service ».

Me Alassane Diop, membre du collectif des avocats du parti défendant Salikou, estime que le droit doit être entendu dans cette affaire dont il juge la procédure controversée.

Mohamed Camara

8 janvier 2023 0 comments
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Des soldats ivoiriens
ActuSécurité

Mali : départ des 46 soldats ivoiriens pour leur pays

by Mohamed Camara 7 janvier 2023
written by Mohamed Camara 2 minutes read

La libération des soldats ivoiriens, détenus au Mali depuis juillet 2022, a été officialisée, ce samedi 7 janvier 2023. Les 46 militaires, accusés d’être des « mercenaires » par Bamako, ont quitté la capitale malienne vers 17 h, dans un vol à l’aéroport international Président Modibo Kéïta de Bamako-senau, à destination de la République du Togo, où le président Faure Gnassingbé devra les remettre officiellement au ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara. Celui-ci les ramènera ensuite dans leur pays.

Le vendredi dernier, dans un communiqué lu à la chaîne nationale (ORTM), le président malien de la transition a gracié les 49 Ivoiriens avec « remise totale de peines ». Cette décision vient de trouver son couronnement par le départ des 46 soldats restant et qui avaient été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle par la justice malienne, le 30 décembre 2022.

En dépit des différends qui opposent les deux pays, les autorités maliennes ont fait valoir les liens de fraternité entre les deux républiques sœurs, s’est réjoui, lors du départ des 46 militaires, Kouadio Konan, chargé d’affaires à l’ambassade de la Côte d’Ivoire au Mali. M. Konan a remercié aussi le médiateur Faure Gnassingbé, pour le rôle éminent qu’il a joué pour cette libération.

Il avait été reproché à ces militaires ivoiriens des crimes d’attentat et de complot contre le gouvernement ; d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État ; de détention, du port et du transport d’armes et de munitions de guerre ou de défense intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle et collective ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation et la terreur.

Cette libération « démontre » l’attachement du président Goïta à la paix, au panafricanisme, à la préservation « des relations fraternelles et séculaires avec les pays de la région », notamment la Côte d’Ivoire.

Cette grâce vient conforter la dynamique créée, suite à la signature à Bamako, le 22 décembre dernier, du Mémorandum d’accord entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Le départ de ces soldats a lieu moins de trois jours après la visite de Faure Gnassingbé au Mali puis en Côte d’Ivoire.

Mohamed Camara

7 janvier 2023 0 comments
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Des soldats ivoiriens
ActuSécurité

Mali : grâce présidentielle pour les 49 mercenaires ivoiriens avec remise totale de peines

by Sahel Tribune 6 janvier 2023
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La médiation togolaise, dans le dossier des mercenaires ivoiriens, détenus au Mali depuis juillet 2022, a finalement porté fruit. La décision tant attendue depuis des semaines est tombée ce vendredi 6 janvier 2023. Deux jours après la visite du président de la République de Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, au Mali puis en Côte d’Ivoire, Assimi Goïta a décidé d’accorder la grâce présidentielle aux 49 soldats ivoiriens, dont le dossier empoisonnait les relations de bon voisinage entre les deux pays.

Le 30 décembre 2022, la justice malienne avait condamnés les 46 soldats ivoiriens à 20 ans de réclusion criminelle. Quant aux trois femmes, qui avaient bénéficié d’une liberté, elles avaient été condamnées à la peine de mort par contumace .  

Le chef de l’État malien a « accordé sa grâce avec remise totale de peines aux 49 Ivoiriens condamnés par la justice malienne pour les infractions suivantes : crimes d’attentat et de complot contre le Gouvernement ; atteinte à la sûreté extérieure de l’État ; détention, port et transport d’armes et de munitions de guerre ou de défense intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle et collective ayant pour but de troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».

Selon le communiqué du gouvernement malien de transition, cette mesure « vient ainsi conforter la dynamique créée suite à la signature à Bamako, le 22 décembre 2022, du Mémorandum d’entente relatif à la promotion de la paix et au renforcement des relations d’amitié, de fraternité et de bon voisinage entre la République du Mali et la République de Côte d’Ivoire ».  

Ce geste démontre l’attachement du colonel Goïta à la paix, au dialogue, au panafricanisme, à la préservation des relations fraternelles et séculaires avec les pays de la région, notamment entre le Mali et la Côte d’Ivoire.

La rédaction

6 janvier 2023 0 comments
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Orphelin de guerre
ActuSécurité

Orphelin de guerre : « Je m’en souviens encore comme si c’était hier»

by Hawa Diaby 6 janvier 2023
written by Hawa Diaby 3 minutes read

Depuis 2012, le Mali est confronté à une situation sécuritaire, qui a fait des victimes à travers le pays. Une situation qui a fait de certains enfants des orphelins de guerre, suite à la mort de leurs parents. À l’occasion de la Journée mondiale des orphelins de guerre, sahel tribune évoque la situation de ces enfants dans ce reportage, en vue d’attirer davantage l’attention sur la dure condition de vie de ces orphelins.  

« Je m’en souviens encore comme si c’était hier. Un dimanche 27 mars, tout semblait normal, quand soudain, un après-midi, tout a basculé. Des cris, des tirs par balles retentissaient de part et d’autre. Toute personne qui essayait de se sauver était tuée sur le champ. Les corps d’innocents gisaient au sol », a expliqué M. K, un orphelin de guerre, âgé de 15 ans, qui a trouvé refuge dans la capitale malienne, alors qu’il avait 13 ans. Après la perte de ses parents dans une attaque, dans le centre du pays, il pensait que sa vie ne valait plus la peine d’être vécue. Un sentiment qui anime généralement la plupart des enfants qui subissent le même sort.

Une fuite hasardeuse

Laissés ni père ni mère, à la suite des années de conflits armés, nombreux sont les orphelins de guerre qui traversent de dures conditions de vie, en l’absence de leurs parents. Certains d’entre eux perdent souvent le repère et finissent généralement dans les rangs des groupes armés terroristes ou deviennent simplement des bandits professionnalisés dans le braquage sur les voies publiques.  

Malgré le désespoir et toutes les souffrances qu’il a dû subir, M.K a su remonter la pente grâce à l’accompagnement des personnes de bonne volonté. « Nous avons passé cinq jours de cauchemar en nous demandant si nous verrons un jour le soleil se lever. Notre fuite était des plus hasardeuses. Dès que l’occasion s’est présentée, nous l’avons saisie », explique-t-il en se ressouvenant de cette journée tragique au cours de laquelle il a perdu ses parents. Aujourd’hui, M. K vit dans une famille qui prend bien soin de lui. Il remercie le Tout-Puissant de lui avoir accordé cette chance que plusieurs de ses camarades, à l’époque, n’ont pas eue.

Protection des orphelins de guerre

L’Organisation des Nations Unies a choisi le 6 janvier pour attirer l’attention des États sur la situation des orphelins de guerre. Leurs droits doivent être respectés, même en période de guerre, car ils sont les plus touchés et il est difficile pour eux de se protéger.

Certains orphelins sont pris en charge par les autorités nationales ou locales, notamment en matière d’éducation, de santé voire dans une certaine mesure d’hébergement. Par contre d’autres n’ont pas ce privilège.

À l’avis de certains spécialistes, l’État doit protéger ces enfants jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de la maturité. M. M’baye Boubacar Kané, sociologue, indique que la perte soudaine de leurs parents peut être source de traumatisme chez certains de ces enfants. « Les orphelins de guerre doivent être pris en charge par l’État dès leur enfance jusqu’à ce qu’ils soient capables de se prendre en charge », souligne ce sociologue.  

Hawa Diaby

6 janvier 2023 0 comments
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Elections locales au Sénégal
ActuAnalyses

[Tribune] Démocratie en Afrique : comment faut-il expliquer la panne ?

by Sahel Tribune 6 janvier 2023
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Aux yeux du monde, c’est l’Afrique, surtout francophone, qui a plus de mal à intégrer la démocratie dans ses habitudes politiques, analyse Ezo Alliman, étudiant en 2e cycle de Philosophie, au Burkina Faso. Selon ses explications, les crises sociopolitiques, remarquées dans la plupart de nos États africains dits démocratiques, témoignent de cette panne de la démocratie sur le continent. Par contre, ailleurs, la démocratie se voit être flexible et convoitée par les populations.

Confrontés à des crises politiques intempestives, les pays démocratiques de la zone francophone d’Afrique ont beaucoup de mal à intégrer ce système politique importé. La démocratie, le modèle occidental s’adapte difficilement aux réalités de ces pays africains, qui en sont aujourd’hui de grandes victimes, en raison des nombreuses crises qui les éclaboussent à chaque fois qu’il est question d’élections ou d’une grande prise de décision touchant l’avenir de toute la nation.

Le sens étymologique du mot « démocratie » nous suggère les termes grecs démos, « le peuple » et Kratos, « le pouvoir ». Elle est née en Grèce au cours d’une insurrection populaire au Vème siècle av. J.-C. Le peuple de la cité athénienne désirait plus de justice, de liberté et d’égalité, de la part de leurs dirigeants monarchiques.

De l’autocratie à la démocratie

Par extension donc, la démocratie est un système politique de gouvernance électif avec un multipartisme à l’appui. Ceci permet donc au peuple d’exercer son pouvoir par l’entremise de ses représentants, gage de la direction qu’il aimerait donner à son destin.

Pour notre part, il ya de quoi à faire une brève genèse de la démocratie en Afrique, par lequel nous pourrons dresser par la suite, un bilan de la pratique démocratique sur ce continent.           

Il est généralement prêché que les années 1990 ont été un tournant décisif pour le continent africain, surtout en matière de politique. En effet, on a assisté à l’évangélisation et à la conversion de certains États africains, francophones pour la plupart, à la nouvelle croyance politique occidentale qu’est la démocratie.

On pourrait se rappeler le discours du président François Mitterrand à la Baule où au cours du sommet Françafrique du 20 juin 1990, il exhorte voire persuade ses homologues africains à se joindre au projet et au pari français : la valorisation des égalités dans le monde par la seule démocratie. Alors que dans les trente dernières années, le système politique africain était autocratique, administré par des leaders africains. Par exemple, Houphouët Boigny (en Côte d’Ivoire) et Ahmed Sékou Touré (en Guinée Conakry) étaient tous issus, dans leur pays respectif, de ce qu’on appelle le parti unique.

La paupérisation des valeurs cardinales africaines

Peut-on dire aujourd’hui que la démocratie a arrangé les Africains ? Il est triste de répondre à cette interrogation par la négative. La démocratie en Afrique, qui était censée valoriser l’égalité, la liberté entre les populations et par là, les conduire au développement, a plutôt divisé profondément les peuples et mis en péril leurs systèmes de développement.

Cette division des peuples s’est plus alimentée avec les diversités culturelles et ethniques qui minent ce continent. Pourtant toute diversité culturelle est une richesse à exploiter. Il va s’en suivre à travers le multipartisme, des élections tribales conduisant à des crises ethniques, fratricides du fait de leur caractère simulacre et basé sur la recherche effrénée des intérêts égoïstes.

À cet effet, l’on verra la paupérisation des valeurs cardinales africaines telles que l’entraide, le respect des anciens, la primauté de la famille élargie sur la famille nucléaire. Puisque par le suffrage universel, les coups de billets de banque et la soif du pouvoir se sont emparés des cœurs. Avec de telles circonstances, il est logique de ne pas espérer le développement de ces États.

Ayons le courage de jeter un coup d’œil sur les milliards de francs CFA qui sont déployés pour organiser simplement des élections dans ces États africains. Qu’avons — nous en retour le plus souvent ? Eh bien ! Ce sont les malheurs de guerres et de crises de tout genre que nous récoltons, tant bien même que les candidats favoris et toujours gagnants à ces élections sont connus de tous. On a d’un côté, une soi-disant expression des libertés du peuple et d’un autre côté, le gaspillage de milliards de francs CFA parfois mêmes emprunter aux bailleurs de fonds, à la communauté internationale. Alors que cet argent pouvait servir à améliorer énormément les conditions d’existence des populations.

Les crises sociopolitiques, connues dans certains des États africains sous l’égide des élections dites « démocratiques » expliquent ce gaspillage d’argent. À titre d’illustration, rappelons nous de la crise ivoirienne de 2010, qui a complètement plongé le pays dans la désolation après des élections organisées à coup de milliards : perte de vie humaine grandissante, blessés, déplacement forcé des populations, boycott du scrutin, asphyxie économique par la destruction des biens et infrastructures, la fissuration du tissu social, etc.

Un autre exemple, les heurts du 28 novembre 2017 entre la police et des sympathisants de l’opposition, qui ont eu lieu à Nairobi, la capitale du Kenya. Comme raison, les manifestants s’indignaient contre l’investiture du président Uhuru Kenyatta, réélu pour un deuxième mandat.

Conserver ses liens coloniaux avec ses colonies africaines

Au vu de ce qui précède, il n’est pas paranormal de dire que la démocratie en Afrique est une bombe à retardement. Une telle acceptation est rendue possible par un élan d’humilité et de lucidité de tout sujet raisonnable, désirant s’élever au-dessus de la dictature de la peur et des apparences de ce monde.

Dire que la démocratie en Afrique, est un personna non grata, ne voudrait pas dire qu’elle est mauvaise comme système politique. La preuve, elle marche bien ailleurs. Bien au contraire, nous sommes dans une perspective de critique spatio-temporelle. Autrement dit, ce n’est nullement la démocratie en tant que concept que nous décrions, mais la démocratie du point de vue de son application contextuelle par un peuple dont l’histoire politique ne cadre pas avec le modèle occidental, notamment la démocratie à la française.

C’est fort de cela que l’universitaire et diplomate, Pierre Jacquemot, soutient avec force que « la démocratie est un modèle imposé par l’Occident à la fin de la période coloniale », lit-on sur franceinfo. Pourquoi ? Sûrement que l’Occident ne pouvait s’empêcher de conserver ses liens coloniaux avec ses colonies africaines, par ce que le docteur Kwame N’Krumah appelle le néocolonialisme.

La dictature du peuple pour le peuple

Pour notre part, ce qui serait mieux pour l’Afrique, est un système politique ayant à sa tête des leaders qui ont une vision tout en étant « près ou loin du peuple dans une dictature du peuple pour le peuple », disait le président guinéen Ahmed Sékou Touré. Il est vrai que certains trouveront nos propos trop crus, acerbes et même machiavéliques. Mais qu’ils sachent que cette dynamique n’est pas aussi loin du credo tant convoité par la démocratie française : la notion d’égalité entre les êtres et la valorisation de leur dignité.

La dynastie qui dirige le Qatar, créée les conditions du bonheur et la valorisation des qatariens. Tout le monde y est heureux et certaines populations du tiers monde les envient. Ils ont énormément progressé aux yeux du monde. Il y a aussi le cas de la Chine, du Singapour, du Maroc…

En réalité, il serait bien aisé de reconnaître que l’Afrique a besoin des dirigeants rationnels et vertueux et non seulement des textes rationnels à vocation moralisatrice, sans quoi, son déclin approchera de plus en plus. L’Union africaine a donc de quoi se mettre sous les dents.

Ezo Alliman, étudiant en 2e cycle de Philosophie

6 janvier 2023 0 comments
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journee mondiale de la liberte de la presse celebration des lydialudiccom 2454097
ActuSécurité

Liberté de la presse : le Mali régresse face à ses voisins du Sahel

by Mohamed Camara 5 janvier 2023
written by Mohamed Camara 4 minutes read

Le Mali perd sa place de 99e en 2021, pour se jauger un accablant classement de 111e sur 180 pays, dans le classement mondial 2022 de la liberté de la presse par le Reporter sans frontière. Beaucoup de ses voisins sahéliens restent résilients et dynamiques dans le cadre du respect de la liberté d’informer, même si le tableau est un peu sombre dans la sous-région.

Le Mali a fait son baptême de feu dans la pluralité des médias à partir de la chute du régime dictatorial de Moussa Traoré en 1991. Le pays concentre aujourd’hui plus de 120 journaux, 500 radios au moins, des dizaines de chaînes de télévision, y compris dans les régions. Ces organes de presse viennent rivaliser avec les médias publics, ORTM (audiovisuels) et ESSOR (Presse écrite).

« La dégradation de la situation sécuritaire, conjuguée au durcissement de la junte arrivée au pouvoir en 2020, compromet la sécurité et l’accès des journalistes aux informations », analyse le RSF dans son rapport.

Le Niger, premier rang sahélien

La région du Sahel, regroupant certains pays ouest-africains et une partie de l’Afrique centrale, peine toujours à desserrer l’étau du terrorisme qui l’annihile depuis presque une décennie. Marqué par une crise sécuritaire dramatique, l’exercice du métier de l’information est très compromettant. Ce qui s’illustre par le kidnapping du journaliste français Olivier Dubois, enlevé au nord du Mali depuis avril 2021, et qui se trouve toujours dans la geôle des jihadistes. Deux journalistes espagnols ont été tués au Burkina Faso (41e). Il s’agit de Claude Verland et son confrère. Ajouté à cela, la suspension de la Radio France Internationale (RFI) au Mali et au Burkina Faso, par les militaires au pouvoir.

Selon le classement RSF, le Burkina Faso, 37e en 2021, se positionne à la 41e place, alors que le pays des Hommes intègres était récemment considéré comme un champion du continent en matière de respect de la liberté de presse. Il régresse dans son rang, mais reste dynamique et résilient contrairement à son voisin malien qui a fait une chute spectaculaire en moins d’une année.

Tous deux dirigés par des militaires issus de coups d’État, le résultat du Burkina résulte de la montée de l’insécurité, et l’instabilité politique liée aux putschs qui font peser de sérieux risques en matière de sécurité et d’accès à l’information pour les journalistes.

Le Niger empoche le premier rang du classement sahélien en se positionnant de nouveau 59e en 2022. Malgré la baisse encourageante d’atteinte à la liberté de la presse, la crise sécuritaire qui sévit dans la région a un impact significatif sur la sécurité et l’accès à l’information pour les journalistes.

Le Tchad fait des progrès

Le Tchad, quant à lui, se positionne au 104e rang, alors qu’il occupait en 2021, le 123e. Il reste donc l’un des pays le plus résilient et dynamique dans la région sahélienne, nonobstant la situation politique et sécuritaire très instable, qui fait peser de sérieux ennuis à l’exercice du journalisme. La mort d’Idriss Deby Itno en avril 2021 n’offre pour l’instant aucune nouvelle issue pour la démocratisation du pays.

Malgré son statut d’État islamique, la Mauritanie aussi reste résiliente en matière de liberté de la presse, elle se classe 97e en 2022 en perdant sa place de 94e en 2021. Depuis la dépénalisation des délits de presse, il y’a une décennie, les journalistes peuvent travailler dans des conditions moins répressives, tout en vivant dans une grande précarité, comme au Mali.

Le Sénégal aussi régresse

La Côte d’Ivoire reste la plus dynamique parmi ses voisins ouest-africains, en progressant de la 66e place en 2021, à la 37e en 2022. Elle dispose d’un paysage médiatique parmi les plus politisés et polarisés d’Afrique de l’Ouest. Toutefois, certains journalistes ne sont pas épargnés par les attaques et agressions.

Le pluralisme des médias est bien réel en Guinée et les journalistes jouissent d’une certaine liberté de ton, contrairement à sa sœur malienne. Occupant le 109e rang en 2021, la Guinée progresse en 2022 pour occuper le 84e rang du classement mondial de RSF.

Le nouveau régime militaire issu également du coup d’État de septembre 2021 est fortement attendu au tournant sur les questions concernant la liberté de la presse.

Quant au Sénégal, qui est un modèle de démocratie, la plus stable en Afrique de l’Ouest francophone, il a perdu énormément au bout d’une année. Du 49e rang en 2021, il se retrouve au 73e en 2022. Un résultat moins encourageant. Cela résulte du pluralisme médiatique entiché par une domination farouche de la politique dans le traitement de l’information, notamment par les journaux.

Mohamed Camara

5 janvier 2023 0 comments
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