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Choix du partenaire de mariage
Taabolow ani Tabiaw

Vie de couple : des femmes prisonnières de leur choix du partenaire

by Hawa Diaby 28 mars 2023
written by Hawa Diaby 2 minutes read

Savoir choisir son partenaire de mariage est très important pour une femme. Puisqu’il déterminera son avenir. Le mauvais choix peut avoir des répercussions négatives sur elle, tout au long de sa vie.

Quitter le domicile parental pour celui marital, considéré comme le véritable foyer d’une femme, n’est pas toujours à la hauteur des attentes. Nombreuses sont les femmes qui regrettent au bout de quelques mois sans savoir sur quel pied danser. Pourtant, certaines quittent le toit des parents, malgré ceux-ci, parce qu’elles estimaient avoir trouvé l’amour de leur vie.

Le regard des autres

Au Mali, le mariage est généralement vu comme un symbole de maturité et donc de responsabilité. Dès que l’on se marie, le regard des autres change sur nous. Cette envie conduit certaines jeunes filles à accepter de se marier très tôt sans être sûres de réussir à faire le bon choix de partenaire. Beaucoup de femmes souffrent en catimini de leur propre choix ou de celui des parents.

C’est tardivement que la plupart prennent conscience qu’elles ont été piégées dans leur choix. Ces mauvaises décisions s’expliquent entre autres par la jeunesse, l’inexpérience, la précipitation de se voir marier, la pression de la famille, etc.

La dépression

Dans le regret, elles ne savent généralement pas quelle décision prendre, surtout s’il se trouve qu’elles se sont engagées dans une union qui n’était pas le choix des parents ou plutôt le contraire. Dans tous les deux cas, elles se voient piéger, sans généralement aucune possibilité de marche arrière.

« On n’a aucune idée de cette vie. On s’imagine des contes de fées jusqu’à ce qu’un jour la réalité nous éclate à la figure. C’est en ce moment qu’on se dit, si seulement, je le savais », entend-on généralement. Cette situation peut conduire au désespoir et à la longue à des troubles psychologiques, voire à la dépression.

Le choix du bon conjoint demande du temps, beaucoup de réflexions et d’analyses. Parce que comme le disait Seydou Badian Kouyaté, le « mariage n’est pas une plaisanterie ».

Hawa Diaby

28 mars 2023 0 comments
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Lavandiers
Actu

Mali : la profession de lavandier, un business florissant, mais pollueur

by Mohamed Camara 27 mars 2023
written by Mohamed Camara 4 minutes read

À Bamako, comme dans la plupart des capitales régionales, la profession de lavandier est un business florissant exercé généralement par des jeunes. Cette activité comporte pourtant des impacts sur les cours d’eau.

Chaque jour, il est possible de les apercevoir dans les rues, tenant la manche de leur pousse-pousse servant à contenir les habits sales. Ces lavandiers ambulants font le tour des familles dans chacune desquelles ils ont presque des clients. Dans cette activité, la plupart gagnent leur vie.

150 000 FCFA ou 450 000 FCFA par mois

Abdou Sow, un homme filiforme, charge sa petite charrette des linges sales, dans les familles alentour, chaque matin à partir de 7 h. Ensuite, il se dirige vers le fleuve de Moribabougou. Il évolue dans ce métier depuis 2007 ou 2008. « Je ne me rappelle pas exactement. J’ai quitté le village pour directement entreprendre ce boulot à travers mon cousin », a-t-il expliqué.

Le métier de lavandier ambulant semble très promoteur aux dits des acteurs. « Je peux dire Dieu merci aujourd’hui. Grâce à ce métier, j’ai pu faire beaucoup de réalisations pour moi-même sans avoir besoin de mendier ou de voler », raconte Abdou, qui emploie actuellement une dizaine de jeunes, venant tous de son village. Ces jeunes sont surtout ses frères et cousins.

« Les prix sont aléatoires. Les habits simples (chemise, t-shirt, robes, etc.) sont lavés à 150 f et les draps simples, à 250 f. Les draps plus larges, généralement difficiles à laver, sont à 500 f », précise Abdou, qui dit gagner « 5000 f à 15 000 f » par jour dans ce travail. Ce qui fait approximativement 150 000 FCFA ou 450 000 FCFA par mois, soit plus que le salaire de certains fonctionnaires maliens.

Des boutiquiers

Les difficultés économiques du pays dues aux diverses crises n’ont épargné aucun secteur. Elles ont eu aussi des répercussions sur le métier de lavandier. Le prix du savon et d’autres produits de lessive ont pris de l’ascenseur. Une situation qui a conduit Belco, jeune lavandier, à augmenter ses frais de lessive, qui étaient moins chers. « J’ai fait des rajouts sur les prix qui vont de 250 à 1000 f. Je peux gagner jusqu’à 5000 f par jour ou jusqu’à 15 000 f, surtout en cette période de forte chaleur », se réjouit-il.

Si la cherté de la vie a entrainé des augmentations de prix chez certains, d’autres par contre n’ont apporté aucun changement. « Nonobstant la cherté de la vie et la hausse des prix, nous n’avons pas voulu augmenter nos prix. Car nos clients sont comme nos familles. Nous travaillons avec eux depuis des années. Malgré des difficultés, nos prix n’ont pas changé : 150 f à 500 f », a expliqué Moctar Sow, un jeune lavandier travaillant avec Abdou.

Seulement les difficultés dans ce domaine ne se limitent pas à la cherté des produits entrant dans son fonctionnement. Il y a aussi des difficultés avec les clients. Une situation qui conduit certains à exercer d’autres activités parallèles. Issouf Maïga est aussi lavandier ambulant. Il habite à Missira, à Bamako. Il pratique ce métier à côté de sa petite boutique, depuis une dizaine d’années. Une boutique qu’il tient de son frère.

Le savon et sa décomposition chimique

« C’est une activité fatiguante. On gagne peu dedans, mais nous n’avons pas d’autres choix. Souvent on est difficilement payé après le service. C’est un cas très fréquent chez moi. Je lave les habits en fonction de sa quantité », explique-t-il. « Mes prix unitaires sont entre 300 f et 700 f. Mais on trouve cela cher alors que c’est le monde même qui est devenu très cher », marmonne-t-il. 

« Pendant la nuit, je fais des omelettes et du café au bord de la RN27 », raconte Moctar Sow, un autre lavandier. Toutefois, il a aussi sa clientèle en tant que lavandier. « Abdou, c’est mon cousin, il m’a appris le métier, mais je ne travaille pas proprement à ses côtés. Chacun de nous à sa propre clientèle, et nous décidons de nos prix ».

Malgré son apport économique pour les lavandiers, il convient de noter que ce métier est décrié par les spécialistes de l’environnement comme comportant des dangers imminents pour les cours d’eau maliens.

Selon Mr Thierno Mohamed Baldé, président de l’Association « Sauvons le Fleuve », « pour qui connaît la composition du savon, sa décomposition libérée des éléments chimiques, notamment l’acide et d’autres éléments chimiques entrant dans sa fabrication, qui impactent sur la vie des êtres vivants dans le fleuve ».

Pour des protecteurs de l’environnement, cette activité doit disparaître des sociétés modernes.

Mohamed Camara

27 mars 2023 0 comments
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Œuvres sociales
ActuTaabolow ani Tabiaw

Ramadan : assistance humanitaire aux ménages vulnérables de Nara, Bandiagara et Douentza

by Chiencoro 26 mars 2023
written by Chiencoro 4 minutes read

A la veille du mois de ramadan, l’équipe des œuvres sociales du président de la transition a effectué un déplacement, du 21 au 22 mars 2023, dans les régions de Nara, Bandiagara et Douentza. Au cours de cette mission d’assistance humanitaire, plusieurs tonnes de vivres et de non vivres ont été distribuées aux populations les plus vulnérables.

20 tonnes de riz, 20 tonnes de petit mil, 10 tonnes de sucre, 4000 litres d’huile, 800 cartons de pâtes alimentaires, 200 paquets de thé  d’infusion et des dattes, telle est la quantité de kits alimentaires reçus par chacune des localités suivantes : Nara, Bandiagara et Douentza. Des kits que le président de la transition a remis  dans le cadre de l’opération ramadan que  son équipe des œuvres sociales organise à l’occasion de chaque mois de ramadan.

1 745 personnes touchées à Nara

Selon les précisions de Daouda Diarra, directeur du service du Développement social et de l’Économie solidaire de Nara, ces kits sont destinés à 200 ménages, issus des 11 communes de la région de Nara : Allahina, Dabo, Dogofry, Dilly, Fallou, Guiré, Guéniébé, Koronga, Niamana et Ouagadou en plus de la commune de Nara. « Les ménages retenus totalisent 1 745 personnes soit une moyenne de 8,7 personnes par ménage », a-t-il indiqué dans son allocution.  

Chaque ménage a reçu un sac de sucre de 50 kg, un sac de petit mil de 50 kg, un sac de riz de 50 kg, un bidon d’huile de 20 litres, un paquet de thé d’infusion, 20 kg de couscous, un carton de dattes de 24 paquets et un carton de macaroni.

Aussi dix (10) rouleaux de  tapis de prière, 200 chapelets et trente exemplaires du saint coran ont été remis dans chacune des trois localités (Nara, Bandiagara et Douentza) à l’intention des mosquées.

Le Colonel Amara Doumbia, gouverneur de la région de Nara, a saisi cette occasion pour affirmer : « Dès sa prise de pouvoir, le Président de la transition […] a souscrit son engagement à œuvrer en priorité à la sécurisation de l’ensemble du territoire national et à la satisfaction des besoins urgents des populations ».

Renforcer la résilience » des populations

Au cours de l’année 2022, la région de Nara a reçu plusieurs donations dans le cadre des œuvres sociales du président de la transition. Les populations des communes de Dogofry, Dilly et Ouagadou, ont reçu 5 forages équipés de panneaux d’eau solaire, a rappelé le gouverneur tout en indiquant aussi la distribution de 100 kits alimentaires en faveur de 100 familles démunies. En plus de toutes ces remises, il convient de noter la remise d’une ambulance médicalisée au Centre de santé de référence de Nara, la remise de 300 tonnes d’aliments bétails aux éleveurs de la région et la remise de 683 tonnes de céréales « en vue de renforcer la résilience » des populations de cette région, a expliqué le colonel Amara Doumbia.

Pour avoir bénéficié ces kits pour les cercles de Bandiagara, Bankass et Koro, le gouverneur de la région de Bandiagara, Sidi Mohamed El Bechir, a remercié les autorités maliennes, pour ce geste de solidarité à l’endroit de ses populations, en cette période de soudure. « Nous sommes comblés de toutes les actions que posent les plus hautes autorités pour le bien-être des différentes régions », a-t-il déclaré tout en soutenant la renaissance de Bandiagara grâce aux efforts conjugués des plus hautes autorités et des populations.

Accélérer le processus de restauration de la sécurité

Les bénéficiaires de ces kits, dans les différentes localités, se sont réjouis de ces donations. Du côté des déplacés, ceux-ci exhortent les autorités à accélérer le processus de la restauration de la sécurité dans leurs localités pour permettre leur retour et la reprise des activités génératrices de revenus.

Selon la Conseillère spéciale du président de la transition, Colonel Assa Badiallo Touré, la remise de ces kits est un geste symbolique ayant pour objectif d’inviter tous les Maliens à la solidarité,  surtout en ce mois de ramadan. Elle a rappelé pour la circonstance que ces kits sont issus du fonds de souveraineté du président de la transition, qui a accepté de renoncer à une partie de ce fonds pour le bien-être des populations vulnérables du Mali. Un geste hautement humanitaire qui mérite d’être largement imité pour plus de justice et de paix sociale.

Chiencoro Diarra

26 mars 2023 0 comments
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Commémoration du 26 mars
ActuPolitique

Mali : retour sur la commémoration de la Journée des Martyrs de mars 1991

by Chiencoro 26 mars 2023
written by Chiencoro 2 minutes read

Le Mali a commémoré ce 26 mars 2023, le 32e anniversaire de la Journée des martyrs de la lutte pour l’avènement de la démocratie. À la place des Martyrs, le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, a déposé une gerbe de fleurs au pied du monument rendant hommage aux victimes de la révolution de 1991.

En face de l’Ambassade de la France au Mali et de la Société Énergie du Mali (EDM-SA), la place des Martyrs a reçu, tôt ce dimanche matin, la visite des autorités de la transition et de plusieurs diplomates accrédités auprès de la République du Mali. Comme à l’accoutumée, il s’agit d’un devoir mémoriel visant à s’incliner devant la mémoire des hommes, femmes, enfants, tombés sous les balles du général Moussa Traoré, suite à la révolution de mars 1991.

Victimes de la révolution de mars 1991.
Victimes de la révolution de mars 1991. chiencoro Diarra/Sahel Trbune.

Donner une orientation qualitative à la démocratie malienne

Au pied du monument des martyrs, symbole de la « douloureuse marche du peuple malien vers la démocratie pluraliste et la liberté », le président Goïta a déposé une gerbe de fleurs, en s’inclinant devant la mémoire des victimes de cette révolution de mars 1991. Pour l’occasion, il était accompagné du ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Porte-parole du Gouvernement, Colonel Abdoulaye Maïga.

Monuments des martyrs
Monuments des martyrs de la révolution de mars 1991. Chiencoro Diarra/Sahel tribune.

Cette journée de commémoration est non seulement un devoir mémoriel, mais aussi une occasion d’évaluer le parcours de la démocratie malienne. Plusieurs difficultés ont marqué ces 32 ans de démocratie. C’est pourquoi le peuple malien a souhaité des réformes politiques et institutionnelles, notamment la rédaction d’une nouvelle constitution.

« Ce 32e anniversaire intervient dans un contexte marqué par la refondation de notre État, à travers la promulgation de la nouvelle loi électorale, de l’organisation du territoire, de la mise en place de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), de la présentation du nouveau projet de constitution aux autorités et légitimités traditionnelles et aussi aux forces vives de la Nation », a déclaré le président Goïta, après le dépôt de la gerbe de fleurs. Désormais, souligne le chef de l’État, « il appartient au peuple souverain du Mali de donner une nouvelle orientation qualitative à notre démocratie à travers le référendum qui sera très bientôt organisé ». Une échéance à l’issue de laquelle, les jalons du Mali Kura seront posés.

Monument aux Martyrs
Epigraphe sur le Monument aux Martyrs. Chiencoro Diarra/sahel tribune.

Chiencoro Diarra

26 mars 2023 0 comments
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Enseignant en classe
ActuÉducation

Grève des écoles privées du Mali : enseignants et élèves, les grands perdants

by Bakary FOMBA 23 mars 2023
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Pour non-paiement des dus par l’État, les établissements d’enseignement secondaire général, technique et professionnel privés du Mali sont en arrêt de travail depuis le 13 mars 2023. Un phénomène qui fragilise davantage ce secteur de l’enseignement où les « élèves n’ont pas trop de niveaux ».

Au Mali, le secteur de l’éducation souffre ces dernières semaines. Après 5 jours d’arrêt de travail sur l’ensemble du territoire national, le Groupement des associations des promoteurs d’écoles privées du Mali (GAPEPM) a entamé depuis le 20 mars dernier, une nouvelle série de grèves de 120 heures. Les grévistes réclament des dus à l’État, qui devraient leur permettre de mieux gérer leurs écoles.

Les enseignants vacataires impactés

Cet arrêt de travail impacte négativement sur les enseignants vacataires qui sont pour la plupart payés en fonction du nombre d’heures exécutées.

« Cette période de grève est synonyme d’un traumatisme collectif dans la mesure où les élèves sont astreints de rester à la maison sachant bien que les examens de fin d’année s’approchent », déplore TD, professeur d’enseignement secondaire général à Kalaban coro, quartier du sud-est du district de Bamako. Ce professeur de philosophie explique que cette période de grève a secoué tout son projet. Car, précise-t-il, « ne pas me rendre à l’école signifie explicitement que je suis en chômage ».

SD est également professeur de lettres au niveau secondaire à Kati. À en croire ce dernier, cette période de grève reste une énorme perte pour lui sur divers plans, notamment économique et moral. « En tant que professeur vacataire, je suis la première victime de cette grève, car je viens de perdre deux semaines de cours banalement ».

Pour sa part, MC, également enseignant vacataire, déplore cette situation « inédite dans l’histoire de l’école malienne, surtout en cette période avancée de l’année dans l’exécution du programme ». À l’en croire, cette situation pouvait être « évitée si les acteurs étaient pleinement impliqués dans la recherche d’une solution qui privilégie le droit des apprenants ».

Pour BD, professeur d’anglais à Kabala, cette situation reste inqualifiable, surtout lorsqu’on connait le calvaire des enseignants vacataires du Mali. « Avec cet arrêt de travail, rares sont ces enseignants qui parviendront à subvenir aux besoins de leurs familles, notamment les frais de loyer, de scolarité des enfants encore moins faire face aux préparatifs du mois de ramadan, déplore-t-il.

Profiter pour économiser

Selon des internautes avertis, cette grève reste un moyen pour les promoteurs d’écoles privées d’économiser sur le dos des enseignants vacataires, dont la plupart sont payés en fonction des émargements journaliers. La plupart de ces enseignants dans le secteur privé n’ont d’autre chose à faire que de rester à la maison.

Ainsi, “ramener cette situation à la seule question d’argent, revient à occulter le fond du problème bien qu’elle permet aux promoteurs d’en profiter pour économiser”, laisse entendre MC. Pour lui, cette situation se “traduit par l’insouciance des acteurs pour la formation des élèves et le non-respect des engagements de part et d’autre”.

Cependant, cette grève pourrait “augmenter le taux d’échecs à la fin de l’année », affirme TG. Ce problème ne peut se régler autrement que de fournir des efforts de part et d’autre. Il faut que les grévistes et L’État arrivent à se comprendre rapidement afin de trouver une solution à ce problème pour le bonheur de tous en général, notamment les élèves du privé, surtout lorsque leur avenir en dépend.

En plus de ce mouvement de grève, la coordination des syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a déclenché, elle aussi, une nouvelle grève de 5 jours depuis le lundi dernier. Celle-ci réclame ‘l’amélioration des conditions de vie de l’enseignant supérieur, la sécurisation de l’espace universitaire et la séparation du statut enseignant et enseignant chercheur’. Ces responsables syndicaux déplorent eux aussi, le mutisme des autorités.

Bakary Fomba

23 mars 2023 0 comments
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Restitution du projet de Constitution
ActuPolitique

Projet de constitution : après le report du référendum, la restitution qui déjoue les pronostics

by Chiencoro 22 mars 2023
written by Chiencoro 5 minutes read

Les autorités et légitimités traditionnelles, ensuite les forces vives de la nation, ont été reçus, le 20 mars 2023, dans la salle des banquets du palais de Koulouba, par le président de la transition. À chacune de ces couches, le projet de Constitution de la République du Mali a été restitué dans ses grandes lignes. Preuve que le report du référendum n’est nullement l’« abandon tactique d’un projet controversé ». 

Le président de la transition ne cesse de prendre ses adversaires en contre-pied. En effet, nombreux sont les oiseaux de mauvais augures qui avaient commencé à distiller des messages faisant croire « l’abandon tactique » du projet de constitution par le chef de l’État, à l’instar de ses devanciers. Un abandon qu’ils expliquaient comme dû aux controverses qui entouraient ce projet. Mais ce que ces adversaires semblent oublier, c’est que le chef de l’État reste convaincu que dans tout changement, il y aura des récalcitrants. Des nihilistes qui trouveront toujours dans des projets proposés par les autres des aspects qu’ils jugeront mauvais. « Guéré kura bô tè ta ka wôyô kô », dit un proverbe bambara pour dire que tout changement entraîne des remous. Cette sagesse populaire semble être bien comprise par le colonel Goïta. 

Consensus et inclusion 

Depuis son arrivée au pouvoir, l’ambition du président de la transition et de toute son équipe est de n’abandonner personne sur le quai, mais d’embarquer tous les Maliens. La construction du Mali Kura ne se fera en absence d’aucun Malien. Pour réussir à poser le soubassement des différents projets de refondation, il semble animé par cette pensée généralement attribuée à Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire ».

L’inclusivité, le consensus autour des différents projets, sont la prunelle des yeux du président Assimi Goïta, qui, malgré toutes les critiques de ses adversaires, ne manque jamais du courage de les inviter et de leur donner des explications sur ses intentions et en même temps de les écouter exprimer leurs craintes. 

Prendre en compte les aspirations profondes et les préoccupations des Maliens afin que chacun se reconnaisse dans le projet de Constitution, attendu très prochainement au référendum, tel est l’objectif des autorités maliennes. Dans cette dynamique, la restitution des différentes étapes du processus est devenue une coutume depuis le début de l’élaboration de ce projet ambitieux. 

Préoccupations majeures exprimées par les Maliens 

En effet, la commission de rédaction de la nouvelle Constitution (CRNC) avait restitué l’avant-projet de Constitution aux Maliens en vue de recueillir leurs observations. Pour plus d’inclusivité et de consensus, le président de la transition avait mis en place une Commission de finalisation du projet de Constitution. Cette mouture finale vient à son tour d’être restituée aux Maliens. Tout le processus de cette phase a donc été inclusif. 

Devant les forces vives de la nation, le président Goïta a précisé que l’objectif d’une telle démarche inclusive était « de parvenir à un large consensus national autour de ce document ». Selon ses précisions, « le projet de Constitution […] est le fruit de larges discussions au cours desquelles les membres de la commission se sont exprimés en toute liberté et ont tenu compte des préoccupations majeures exprimées par les Maliennes et les Maliens ».

À travers de telles séances de restitution, les autorités maliennes ont montré, une fois de plus, la voie du changement, de la rupture dans la gouvernance. D’une politique unilatérale où seul comptait le choix du chef de l’État, pris pour celui de l’opinion publique, on en est arrivé à une politique où seul compte désormais le choix du peuple dans les prises de décision. Tout se décide selon les intérêts ou les motivations du peuple. 

Eviter aux Maliens un cycle interminable de crises

Si le projet de rédaction d’une nouvelle Constitution a été initié, c’est parce que le peuple malien l’a souhaité et exprimé lors des Assises nationales de la refondation (anr). La validation dudit projet revient aussi en dernier ressort à ce peuple qui doit lui donner son approbation ou désapprobation lors du référendum constitutionnel qui se tiendra très bientôt, après un « léger report ». 

L’objectif de ce projet est de doter le Mali d’Institutions fortes susceptibles de mettre le pays sur la voie d’une véritable croissance et à l’abri de toute crise sociale pouvant ébranler les fondements du Mali Koura. Car comme on le dit généralement, il n’y a point de démocratie, sans des institutions fortes. 

Les autorités maliennes ambitionnent donc de doter le Mali d’Institutions démocratiques fortes afin d’éviter aux Maliens un cycle interminable de crises, pouvant mettre à rude épreuve le vivre-ensemble et donc la cohésion sociale. Des crises qui ont conduit à des tentatives infructueuses de révision de la constitution de 1992. 

Sécurisation des échéances électorales 

Le président de la transition reste convaincu qu’une fois adopté, ce projet de Constitution donnera au Mali toute sa souveraineté. Il rassure qu’il fera rayonner le pays et fera de lui un modèle dans la sous-région voire dans toute l’Afrique. À travers ces séances de restitution, le chef de l’État engage ainsi chaque Malien à s’approprier de ce projet qui a été déjà traduit dans toutes les langues nationales du pays en vue de le rendre plus accessible à chaque Malien. Des versions audio sont également prévues. 

Le chef de l’État exhorte à « travailler ensemble pour que le peuple malien, en toute connaissance de cause, s’approprie le projet de Constitution et l’adopte à une large majorité ». Rappelons que d’ores et déjà, pour la sécurisation des échéances électorales, des dispositions vigoureuses sont déjà prises pour leur bonne tenue sur toute l’étendue du territoire national. 

Chiencoro Diarra 

22 mars 2023 0 comments
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Aïcha Yatabary
AnalysesClimat et environnement

Dr Aïcha Yatabary : « Le budget de l’État consacré à l’environnement gagnerait à être augmenté »

by Bakary FOMBA 20 mars 2023
written by Bakary FOMBA 5 minutes read

La coupe abusive du bois est une réalité palpable dans plusieurs pays du monde, notamment africains où même les forêts classées n’y échappent pas. Pourtant, il n’est de secret à personne que les arbres jouent un rôle primordial dans la vie de l’être humain.

Pour parler de ce phénomène, susceptible d’« augmenter les taux de Co2 atmosphériques », Sahel Kunafoni s’est tourné vers Dr Aïcha Yatabary, médecin de formation, consultante en santé publique axée sur le développement durable. Dans cet entretien exclusif, Dr Aïcha Yatabary évoque entre autres les causes de la dégradation constante de l’environnement. Tout en expliquant les effets du changement climatique en général et les conséquences de la coupe abusive du bois. Elle évoque aussi l’impact de l’orpaillage par drague sur nos cours d’eau et propose également des mécanismes pour l’hygiène et l’assainissement dans nos grandes agglomérations. Nous vous invitons à lire l’intégralité de cet entretien.

Sahel Kunafoni : quelle lecture faites-vous de la dégradation croissante de l’environnement au Mali ?

Dr Aïcha Yatabary : la dégradation constante de l’environnement au Mali est due en grande partie aux activités humaines, mais aussi aux effets du changement climatique.

Concernant les activités humaines, citons les activités artisanales (teinturières…), minières, industrielles (produits chimiques…), agricoles (pesticides et engrais), sans oublier les mauvaises habitudes comme le dépôt anarchique des ordures ménagères qui entraine lui-même l’obstruction des voies d’évacuation des eaux usées et la collection d’eau sale, elle-même responsable des maladies de l’eau sale comme le choléra, la typhoïde… Ces mauvaises habitudes comptent aussi parmi elles la coupe anarchique du bois pour les besoins ménagers.

Le changement climatique est quant à lui responsable d’inondations dans certaines zones et de sécheresse dans d’autres, avec un risque d’insécurité alimentaire. Quant à la pollution citée plus haut, elle augmente la mortalité au sein de la population générale.

En quoi le changement climatique peut-il être source d’inondation, d’insécurité alimentaire ou de maladies ?

Comme précédemment évoqué, le changement climatique est responsable d’inondations dans certaines régions du Sahel et de sécheresse dans d’autres. Toutes choses qui pourraient entrainer une insécurité alimentaire dans une région déjà fragile et y augmenter le taux de pauvreté. Car une grande partie de ces populations vivent d’activités comme l’agriculture, l’élevage ou la pêche, qui sont fortement dépendantes de la pluviométrie. N’oublions pas non plus les risques de conflits liés à l’eau.

Par ailleurs, le changement climatique, en plus de l’augmentation des maladies hydriques selon le mécanisme cité plus haut, est susceptible d’augmenter les maladies respiratoires (notamment par la pollution de l’air qu’il favorise) et cardiovasculaires (le lien entre la chaleur et certaines affections cardiovasculaires est maintenant établi).

Quelle est la responsabilité de ces pays dans ce phénomène ?

La responsabilité des pays face au changement climatique est de mesurer tout d’abord l’impact de ce phénomène à leur échelle, par l’intermédiaire d’études d’experts, dans une logique de transdisciplinarité. Il s’agit aussi de mener des stratégies toujours à leur échelle, et qui s’intègrent dans la stratégie internationale.

La coupe abusive du bois est une réalité palpable dans les pays africains, même les forêts classées n’y échappent pas. En quoi ce phénomène expliquerait-il aussi le réchauffement climatique dans nos contrées ?

Il est admis que les arbres permettent la biosequestration du carbone. La quantité de carbone piégée dans les écosystèmes terrestres est trois fois plus élevée que celle atmosphérique. Diminuer cette capacité de biosequestration des arbres en les coupant, c’est augmenter les taux de Co2 atmosphériques.

Pour limiter l’émission des gaz à effet de serre, il faut donc lutter efficacement contre la déforestation.

Que faut-il concrètement pour mieux protéger nos forêts classées ?

Il faut voter des lois pour punir la notion d’« écocide », c’est-à-dire crime contre la nature. Il faut également lutter contre la dégradation des forêts, et améliorer leur gestion.

Quel impact peut avoir l’orpaillage par drague sur nos cours d’eau ?

L’utilisation du mercure et du cyanure, qui sont utilisés pour la récupération de l’or, constituent une grave menace pour les systèmes fluviaux.

Quelle analyse faites-vous des politiques de protection de l’environnement des autorités transitoires du Mali, de la Guinée, du Burkina et du Tchad ?

Sans vouloir m’aventurer dans les politiques menées par ces autorités en Guinée et au Tchad, je dirais que pour le Mali, il y a eu des efforts pour lutter contre l’insalubrité, mais le budget de l’État consacré à l’environnement gagnerait à être augmenté et les efforts du gouvernement gagneraient à être menés de façon intégrée, systémique et transversale.

Quand on sait la part de l’agriculture dans l’économie de nos pays, et à quel point celle-ci est dépendante de la pluviométrie, nous gagnerions à mieux nous pencher sur la question de l’environnement et du changement climatique.

Au Burkina Faso, je peux dire que Thomas Sankara l’écologiste avant-gardiste a déjà montré la voie (agroécologie, plantation d’arbres, etc.)

Dans la plupart de nos grandes villes, comme Bamako, il n’est pas rare de voir des eaux usées, des déchets humains dans les rues. Pourtant, ces éléments peuvent constituer des menaces pour la santé humaine. Quel regard portez-vous sur l’hygiène et l’assainissement dans nos grandes agglomérations ?

Je parlerai en termes de solutions. Dans un premier temps, il faut : renforcer les approches intégrées qui voient intervenir les ministères de l’hydraulique, de l’assainissement et de la Santé. Il faut également éduquer les populations pour le changement de comportement. De même, il faut augmenter le budget de l’État dédié à l’assainissement. Tout en construisant plus de latrines et de sanitaires, surtout dans certaines zones, il faut également améliorer le fonctionnement des systèmes d’évacuation des eaux usées.

Propos recueillis par Bakary Fomba

20 mars 2023 0 comments
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