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Véhicules électriques
A la UneExclusifSécurité

Mali : repenser règles et comportements face à la montée de l’électrique

by Sahel Tribune 9 février 2026
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Présentée comme une solution à la fois économique et environnementale, la mobilité électrique progresse au Mali, notamment à travers les motos et les véhicules urbains. Mais dans un pays où l’insécurité routière demeure élevée, l’arrivée de ces engins silencieux met en lumière un déficit persistant de règles adaptées, de formation des usagers et de prévention, faisant du facteur humain le principal défi de cette transition.

Ils se faufilent sans bruit entre les sotrama, surprennent les piétons aux carrefours et contournent les longues files d’attente devant les stations-service. Depuis plusieurs mois, motos, taxis, voitures particulières et vélos électriques gagnent du terrain dans la circulation malienne, en particulier à Bamako, où l’électrique n’est plus un simple objet de démonstration mais un mode de déplacement désormais ancré dans le quotidien.

Portée par la crise du carburant, la hausse du coût de la mobilité et l’initiative d’acteurs privés, cette percée progressive bouleverse les usages sans cadre clairement établi. Entre la promesse d’une mobilité moins dépendante des importations et les risques nouveaux liés à la cohabitation avec un trafic déjà saturé, l’irruption de l’électrique sur les routes maliennes pose une question centrale en matière de sécurité routière : le pays est-il prêt à accompagner une transition qui s’impose davantage par nécessité que par choix politique ?

Depuis fin septembre 2025, le Mali vit au rythme d’une pénurie de carburant provoquée par les attaques répétées de groupes armés terroristes et de leurs « sponsors étatiques étrangers » contre les convois de camions-citernes en provenance des pays voisins. En ciblant cet axe vital, les acteurs du terrorisme international ont cherché à fragiliser l’approvisionnement énergétique d’un pays enclavé, avec pour objectif affiché de paralyser l’économie et de désorganiser les services essentiels. À Bamako comme dans le centre-sud du pays, flambée des prix au marché noir et réduction drastique des heures d’électricité ont rappelé à quel point la dépendance aux hydrocarbures constituait un talon d’Achille stratégique.

De nouveaux usages, de nouveaux défis

C’est dans ce contexte de crise prolongée que la mobilité électrique s’est accélérée et pour devenir comme une alternative crédible. Taxis électriques lancés par des acteurs privés maliens (bien avant cette pénurie de carburant), véhicules hybrides ou modèles à faible consommation proposés par des concessionnaires locaux. Face à l’insécurité énergétique, l’innovation devient une réponse pragmatique autant qu’un pari d’avenir. Longtemps perçue comme marginale, l’électromobilité apparaît désormais comme une solution à la fois économique, écologique et politique, susceptible de réduire la vulnérabilité du pays aux chocs sécuritaires et aux pénuries quasi-récurrentes de carburant.

Mais cette transition technologique se heurte à la réalité d’une insécurité routière persistante, où le facteur humain demeure la première cause d’accidents. En 2023, le Mali a enregistré 7 685 accidents de la route, faisant 689 morts et près de 8 000 blessés, selon les chiffres officiels. Malgré une légère baisse du nombre total d’accidents, la hausse du nombre de décès traduit une aggravation de leur gravité. À Bamako, épicentre de cette sinistralité, 2 635 accidents ont été recensés pour 195 morts. Dans ce contexte déjà préoccupant, l’essor des engins électriques pose de nouveaux défis en matière de comportements, de réglementation et de formation.

Le silence des moteurs, nouveau facteur de risque

Sur les artères encombrées de la capitale comme dans les quartiers périphériques, les engins électriques — motos comme voitures — se multiplient. Dès mars 2024, le groupe IBI Motors, à travers sa filiale Angata, a lancé à Bamako une première flotte de taxis 100 % électriques. Présentés à l’ACI-2000 en présence des autorités, ces véhicules climatisés affichent une autonomie d’environ 300 kilomètres et un coût d’exploitation inférieur à 15 FCFA par kilomètre. Ils misent sur l’abondant ensoleillement du pays pour une recharge solaire à faible coût, tout en réduisant la dépendance aux hydrocarbures importés.

Parallèlement, Toguna Motors, filiale du groupe Toguna et partenaire du constructeur chinois Great Wall Motor, accélère l’introduction de véhicules hybrides et électriques, notamment à travers la gamme Haval, dans un marché encore largement dominé par des voitures d’occasion vieillissantes.

Mais le principal atout de ces véhicules — leur moteur silencieux — devient aussi une source de danger. Piétons, vendeurs ambulants et cyclistes, qui se fient souvent au bruit pour anticiper l’arrivée d’un véhicule, se retrouvent davantage exposés, notamment dans les zones densément peuplées et peu régulées.

À ces risques s’ajoutent des comportements à risque bien connus : absence de casque, surcharge, usage du téléphone au guidon ou au volant, excès de vitesse ou non-respect des feux tricolores. L’électrique ne corrige pas les mauvaises pratiques héritées des engins thermiques. Pire, celles-ci sont parfois banalisées, les motos électriques étant perçues comme moins dangereuses car plus légères ou supposées plus lentes — une perception largement démentie par les faits.

Un cadre juridique encore lacunaire

Selon nos recherches, sur le plan réglementaire, le Mali ne dispose pas encore d’un régime spécifique pour les engins électriques. En l’absence de textes autonomes, ceux-ci sont assimilés aux véhicules thermiques et soumis aux mêmes obligations : immatriculation, permis de conduire, assurance, port du casque et respect du code de la route. Une vaste opération nationale de régularisation des deux et trois roues a d’ailleurs été lancée pour tenter de remettre de l’ordre dans un parc largement informel.

Mais cette assimilation montre rapidement ses limites. Aucune classification technique officielle ne distingue, par exemple, les scooters électriques légers des motos plus puissantes. Les normes relatives aux batteries — leur qualité, leur stockage ou leur recyclage — restent floues, tout comme l’encadrement de la recharge sur l’espace public.

Pourtant, on se rappelle que le pays avait été confronté aux mêmes problèmes avec l’introduction des mototricycles (katakatani) et plus récemment des moto-taxis. Ils sont arrivés sur un marché qui n’était pas suffisamment préparé pour leur accueillir. Leur multiplication, à partir de 2010, à Bamako a profondément bouleversé la circulation urbaine, au prix d’une insécurité croissante sur les routes. Souvent conduits sans formation, surchargés et en infraction avec le code de la route, ces engins sont impliqués dans une part importante des accidents, transformant les axes principaux en espaces à haut risque. Leur développement incontrôlé a mis en évidence l’urgence d’une régulation stricte pour contenir une menace devenue quotidienne pour les usagers.

Former avant d’équiper

Au-delà des règles, la question de la formation apparaît centrale. Plusieurs études menées à Bamako soulignent les faiblesses de l’apprentissage du code de la route et l’absence de culture de la formation continue, notamment chez les conducteurs professionnels. L’électrique rend ces lacunes plus visibles encore : accélération instantanée, gestion de l’autonomie, risques liés aux batteries sont autant de spécificités mal maîtrisées.

Des experts plaident pour l’intégration de modules dédiés aux véhicules électriques dans les auto-écoles, mais aussi pour une sensibilisation plus précoce, dès le collège ou le lycée. Les chauffeurs de taxis, de sotrama, les livreurs et les mototaxis — fortement impliqués dans l’accidentalité — figurent parmi les publics prioritaires pour des programmes de recyclage combinant rappels du code et démonstrations pratiques.

Les risques propres à l’électrique ne se limitent pas à la circulation. Les incendies liés à des recharges sur des installations domestiques surchargées ou à l’usage de batteries de seconde main constituent une source d’inquiétude croissante. Là encore, la responsabilité est partagée entre les pouvoirs publics d’édicter des normes claires et d’en contrôler l’application ; les particuliers de s’informer avant d’adopter ces nouveaux engins.

Alors que la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2030 vise une réduction de moitié de la mortalité d’ici à 2030, la diffusion rapide des véhicules électriques oblige à repenser l’ensemble du système : comportements, formation, infrastructures et réglementation. Au Mali, la transition vers l’électrique ne se jouera pas seulement dans les batteries ou les bornes de recharge, mais dans la capacité collective à rendre la route plus sûre pour tous.

A.D

9 février 2026 0 comments
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Université Cheick Antab Diop de Dakara
ActuÉducation

Au Sénégal, la faim gagne les campus : les bourses en retard mettent le feu aux universités

by Sahel Tribune 8 février 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Après des affrontements entre policiers et étudiants à Dakar et Saint-Louis, les restaurants universitaires ont fermé leurs portes. Des dizaines de milliers d’étudiants, privés de repas subventionnés, s’organisent tant bien que mal pour survivre en attendant le versement de bourses en souffrance.

Les pneus brûlés et les pierres éparpillées témoignent encore des violences de la veille. Samedi matin, un calme précaire est revenu à l’université Cheikh-Anta-Diop (UCAD) de Dakar, comme sur les campus de Saint-Louis et de Thiès. Mais derrière l’accalmie, une autre urgence domine : se nourrir.

« C’est une situation déplorable. Le niveau de vie des étudiants est déjà très fragile. La majorité n’a toujours pas reçu sa bourse. Sans le restaurant universitaire, c’est presque impossible de tenir », soupire Pape Lamine Sène, étudiant en marketing. Habituellement, les restaurants du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) permettent aux étudiants de prendre trois repas quotidiens pour 250 francs CFA (moins de 40 centimes d’euro). Une bouée de sauvetage pour des milliers de jeunes venus de l’intérieur du pays.

Des marmites sur la pelouse

Sur le campus social, des étudiantes ont improvisé une cuisine collective. Autour de grandes marmites de riz au poisson, des files d’attente se forment sous le soleil. Les présidents d’amicales ont pris les choses en main.

« Chacun va cotiser 100 000 francs CFA. On peut réunir 500 000, peut-être un million. Ce n’est pas suffisant pour tout le monde, mais on fait avec les moyens du bord », explique Mbaye Biteye, président de l’amicale de la faculté d’économie et de gestion.

Cette solidarité de fortune illustre la détresse des étudiants, pris en étau entre l’augmentation du coût de la vie et le retard persistant dans le paiement des bourses. Au cœur du conflit, un système d’aides jugé défaillant et des annonces administratives qui peinent à convaincre.

« On ne peut pas vivre sans le restaurant »

Vendredi, la colère a éclaté. À Dakar et à Saint-Louis, des affrontements ont opposé forces de l’ordre et manifestants. Jets de pierres, gaz lacrymogènes, dispersion des rassemblements : plusieurs heures de chaos ont rythmé la journée. Les autorités ont décidé de fermer les restaurants universitaires « jusqu’à nouvel ordre ».

Une décision vécue comme une punition collective. Pour beaucoup, la bourse et la restauration subventionnée sont les seules garanties de poursuite des études.

Dans un communiqué, le COUD affirme que la fermeture des restaurants est nécessaire pour rétablir l’ordre et la sécurité. Mais les étudiants, eux, dénoncent une réponse répressive à un problème social. Ils annoncent une reprise de la mobilisation dès lundi si aucune solution concrète n’est apportée.

Au Sénégal, où l’université est depuis longtemps un baromètre des tensions sociales, cette crise révèle une fracture persistante entre promesses institutionnelles et réalité quotidienne. Derrière les slogans et les barricades, une même question hante les campus : comment étudier quand on ne sait pas ce que l’on mangera le lendemain ?

La rédaction 

8 février 2026 0 comments
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Ministre Mamou Daffé
ActuSeko ni Donko

Mamou Daffé, ambassadeur culturel du Mali au Tchad, pour une coopération sahélienne par le patrimoine

by Sahel Tribune 8 février 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Mandaté par les autorités de Bamako, le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a participé à l’ouverture de la 6ᵉ édition du Festival international des cultures sahariennes (FICSA), à Amdjarass, dans l’est du Tchad. Une présence qui consacre la culture comme outil diplomatique dans un Sahel en quête de nouveaux cadres de dialogue régional.

À plus de 1 000 kilomètres de N’Djamena, la ville d’Amdjarass a accueilli, le 7 février 2026, l’ouverture officielle du Festival international des cultures sahariennes. Placée sous le haut patronage du président tchadien, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, la cérémonie a réuni plusieurs dirigeants et représentants des pays sahéliens.

Le Mali était représenté par son ministre de la Culture, Mamou Daffé, envoyé spécial du Premier ministre Abdoulaye Maïga. Sa participation s’inscrit dans un contexte de rapprochement politique et symbolique entre les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui cherchent à renforcer leurs liens au-delà des seuls enjeux sécuritaires.

Dans son intervention, le ministre malien a transmis les salutations du président de la Transition, le général Assimi Goïta, aux autorités tchadiennes, saluant « l’hospitalité du peuple tchadien » et la portée régionale de l’événement.

Le Festival des cultures sahariennes, vitrine du patrimoine du désert

Créé en 2003 par l’association La Saharienne, le Festival international des cultures sahariennes se veut un espace de valorisation des traditions et expressions artistiques du Sahara. Cette sixième édition a été marquée par des prestations culturelles venues du Maroc, du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Tchad, donnant à voir musiques, danses et savoir-faire artisanaux du monde saharien.

Pendant une semaine, jusqu’au 13 février, les participants sont invités à prendre part à des courses de dromadaires et de chevaux, des randonnées chamelières, des ateliers consacrés au patrimoine immatériel, au tourisme durable, au lait de chamelle ou encore à la flore saharienne, ainsi qu’à des concerts populaires.

Une immersion est également prévue dans le massif de l’Ennedi, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, connu pour ses arches monumentales et ses peintures rupestres. Pour Mamou Daffé, cette dimension patrimoniale confère au festival une portée qui dépasse la seule célébration culturelle.

Culture, tourisme et développement local au programme

Moment marquant de la cérémonie : le Premier ministre tchadien, Allah Maye Halina, a remis un présent symbolique au ministre malien, en signe d’amitié et de fraternité entre les deux pays. 

Au-delà des symboles diplomatiques, la participation du Mali au FICSA s’inscrit dans une stratégie plus large de promotion du tourisme culturel et du développement local. Le festival entend attirer des visiteurs nationaux et internationaux vers des régions longtemps marginalisées, tout en soutenant l’économie locale à travers l’artisanat et les activités communautaires.

En prenant part à cette manifestation, Mamou Daffé a voulu donner une dimension politique à l’événement culturel : celle d’un Sahara perçu non plus uniquement comme un espace de crises, mais comme un territoire de civilisations partagées.

La rencontre d’Amdjarass illustre ainsi l’émergence d’une diplomatie culturelle sahélienne, où les festivals deviennent des lieux de dialogue entre gouvernements, artistes et sociétés civiles. À travers cette participation, le Mali affirme sa volonté de s’inscrire dans une dynamique régionale fondée sur l’identité, le patrimoine et la solidarité entre peuples du désert.

A.D

8 février 2026 0 comments
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Pompe à eau
ActuÉconomie

« Ils vont contribuer autrement » : quand les mauvais payeurs d’eau sont réquisitionnés pour travaux d’intérêt général

by Chiencoro 8 février 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Confronté à une accumulation d’arriérés de paiement, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) mobilise la brigade Laabal, une unité mixte de Forces de sécurité et de défense, afin de contraindre les débiteurs à s’acquitter de leurs factures. Une décision qui illustre la gravité de la crise financière du service public de l’eau et suscite déjà débats et interrogations.

Au Burkina Faso, la question de l’accès à l’eau potable se double désormais d’un enjeu de discipline financière. L’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) a annoncé être confronté à près de 35 milliards de francs CFA d’arriérés de paiement liés aux factures d’eau, d’assainissement et à certains travaux réalisés pour des particuliers et des entreprises. Un montant jugé « critique » par la direction de l’établissement public, qui évoque une situation susceptible de compromettre la continuité même du service.

Selon Idrissa Sourabié, directeur général de l’ONEA, le niveau des créances impayées enregistré au 31 janvier 2026 « fragilise la trésorerie de l’Office, ralentit les investissements et menace la qualité du service public d’approvisionnement en eau potable ». Dans un contexte où les besoins en infrastructures hydrauliques restent immenses, cette asphyxie financière est perçue comme un risque majeur pour les populations urbaines et périurbaines.

La brigade Laabal appelée à la rescousse

Pour faire face à cette situation, l’ONEA a décidé de s’appuyer sur la brigade Laabal, une unité mixte composée de Forces de sécurité et de défense, créée pour renforcer l’ordre, la discipline et le civisme dans l’espace public. Sa mission est d’accompagner les campagnes de sensibilisation et d’accélérer le recouvrement des créances.

Le message adressé aux débiteurs est sans équivoque. Ils disposent d’un délai d’une semaine pour régulariser leur situation. « Passé ce délai, ils seront naturellement réquisitionnés pour des travaux d’intérêt général », a averti le lieutenant Franck Octave Kabré, commandant de la brigade Laabal. « Ils vont contribuer, d’une autre manière, à construire le pays et payer leurs factures », a-t-il ajouté, soulignant la volonté des autorités de transformer la contrainte en participation civique.

Dans un communiqué, l’ONEA précise que l’opération vise en priorité les gros débiteurs ainsi que les créances pour lesquelles les procédures classiques – relances administratives, coupures d’eau ou négociations – n’ont pas donné de résultats probants.

Entre civisme et contrainte

L’ONEA rappelle que l’eau potable est un service stratégique, au cœur des politiques de santé publique et de développement. La dégradation de sa situation financière pourrait retarder des projets essentiels, notamment l’extension des réseaux, la maintenance des installations et l’amélioration de la qualité de l’eau distribuée.

En mobilisant la brigade Laabal, les autorités burkinabè entendent réaffirmer que le paiement des services publics relève du civisme et de la responsabilité collective. Cette opération de recouvrement, annoncée comme ciblée et progressive, sera donc observée de près. 

Pour l’ONEA, l’enjeu est de récupérer une partie des 35 milliards de FCFA dus afin de préserver un service vital. Pour les autorités, il s’agit aussi de restaurer une culture du paiement et de la responsabilité civique. Reste à savoir si cette approche, mêlant sensibilisation et contrainte sécuritaire, permettra de résoudre durablement cette situation.

Chiencoro Diarra 

8 février 2026 0 comments
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Mine d'or de Syama
A la UneÉconomie

L’or malien, enjeu stratégique

by Chiencoro 8 février 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Après une année 2025 marquée par de fortes turbulences, le complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, dans l’ouest du Mali, reste l’un des actifs les plus stratégiques – et les plus sensibles – du groupe canadien Barrick Mining Corporation. Pilier historique de la présence du groupe en Afrique de l’Ouest, la mine incarne aujourd’hui l’équation délicate entre performance industrielle, maîtrise des coûts et recomposition des relations entre l’État malien et les multinationales extractives.

Sur le plan strictement opérationnel, l’exercice 2025 a été contrasté. Dans la région Afrique et Moyen-Orient, qui inclut Loulo-Gounkoto, Barrick a produit 840 000 onces d’or, contre 1,47 million en 2024, un recul significatif imputable en grande partie aux perturbations survenues au Mali. La mise sous administration provisoire du site au cours de l’année, avant sa restitution au groupe le 16 décembre 2025, a pesé sur la continuité de la production et sur les volumes livrés.

Pour autant, la région a continué de générer des flux financiers substantiels. En 2025, Barrick y a enregistré 3,22 milliards de dollars de revenus et 1,94 milliard de dollars d’EBITDA attribuable, confirmant le poids de Loulo-Gounkoto dans l’architecture financière du groupe. Ces chiffres soulignent un paradoxe : malgré les tensions politiques et opérationnelles, l’or malien demeure une source majeure de valeur.

Des coûts en nette hausse

Là où la fragilité apparaît plus nettement, c’est sur le front des coûts. En 2025, le coût de maintien tout compris (AISC) dans la région Afrique–Moyen-Orient s’est établi à 1 543 dollars l’once, en forte hausse par rapport aux 1 333 dollars enregistrés en 2024. Les coûts totaux de trésorerie (TCC) ont, eux aussi, progressé pour atteindre 1 270 dollars l’once. Sur le seul quatrième trimestre, l’AISC est monté à 1 575 dollars l’once, traduisant l’impact cumulé des ajustements opérationnels, des redevances indexées sur la hausse du prix de l’or et des effets comptables liés à la reprise de contrôle de Loulo-Gounkoto.

Barrick reconnaît que la normalisation du site malien s’est accompagnée de coûts exceptionnels, incluant des ajustements de juste valeur sur les stocks et des paiements spécifiques à l’État malien, intégrés dans les charges de l’exercice. Ces éléments ont temporairement alourdi les comptes, sans toutefois remettre en cause la rentabilité globale de l’actif.

Un enjeu éminemment politique

Au-delà des chiffres, Loulo-Gounkoto est devenu un dossier politique. Depuis l’adoption du nouveau Code minier malien en 2023, les autorités de transition ont engagé une reprise en main progressive du secteur extractif, avec une hausse de la participation de l’État et une volonté affichée de mieux capter la rente minière. La création récente de la Société de patrimoine minier du Mali (Sopamim) s’inscrit dans cette logique de souveraineté renforcée.

Pour Barrick, cette nouvelle donne impose un exercice d’équilibriste : préserver l’attractivité économique du site tout en s’adaptant à un environnement réglementaire et politique plus exigeant. Le groupe affirme avoir renforcé la discipline opérationnelle et les standards de gouvernance à Loulo-Gounkoto.

2026, année de vérité

Les perspectives pour 2026 restent prudentes. Barrick anticipe, pour la région Afrique–Moyen-Orient, un AISC compris entre 1 840 et 2 040 dollars l’once, signe que la pression sur les coûts devrait perdurer. Dans le même temps, la stabilité retrouvée de Loulo-Gounkoto est présentée comme un préalable indispensable à toute amélioration durable des performances.

À Loulo-Gounkoto, l’or n’est plus seulement une question de rendement. Il est devenu un levier de souveraineté, un marqueur politique et un test de crédibilité pour la stratégie africaine de Barrick. Pour le groupe canadien, l’avenir de ce joyau malien dépendra autant de l’évolution des cours mondiaux que de sa capacité à composer avec un État désormais décidé à reprendre la main sur ses ressources.

Chiencoro Diarra 

8 février 2026 0 comments
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Alousseni Sanou
ActuÉconomie

Ressources minières : l’État malien se dote d’une société de patrimoine

by Sahel Tribune 7 février 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

À Bamako, les autorités de transition poursuivent leur stratégie de reprise en main du secteur extractif. La création d’une Société de patrimoine minier, entièrement détenue par l’État, vise à renforcer le contrôle public sur les ressources naturelles et à redéfinir les relations avec les acteurs miniers.

Les autorités maliennes de transition ont franchi une nouvelle étape dans leur stratégie de reprise en main du secteur extractif. Réuni le vendredi 6 février 2026 au palais de Koulouba, le Conseil des ministres, présidé par le général Assimi Goïta, a adopté des projets de texte instituant la Société de patrimoine minier du Mali (Sopamim SA), une société anonyme dont le capital sera intégralement détenu par l’État. L’objectif affiché est de centraliser la gestion des participations publiques dans les sociétés minières et d’accroître le contrôle national sur un secteur jugé stratégique.

La Sopamim, un instrument opérationnel de gouvernance

Le secteur minier constitue l’un des principaux piliers de l’économie malienne, tant par sa contribution aux exportations que par son poids dans les recettes fiscales et l’attractivité des investissements étrangers. La création de la Sopamim s’inscrit dans le prolongement du nouveau Code minier adopté en août 2023, qui avait déjà renforcé la participation de l’État au capital des entreprises extractives. Ce texte prévoyait la mise en place d’une structure dédiée chargée de détenir, pour le compte de l’État, des participations directes, d’assurer le portage de parts pour les acteurs nationaux et de gérer l’ensemble des intérêts publics dans les sociétés minières.

Avec la Sopamim, les autorités entendent doter l’État d’un instrument opérationnel de gouvernance du secteur, à l’heure où Bamako redéfinit ses relations avec les partenaires économiques et les groupes miniers internationaux. Cette initiative s’inscrit dans une séquence plus large de réformes économiques et institutionnelles engagées depuis le début de la transition, marquée par une volonté affirmée de souveraineté sur les ressources naturelles, dans un contexte de recomposition politique et diplomatique profonde.

La rédaction 

7 février 2026 0 comments
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Kassogué, ministre de la justice.jpg
A la UnePolitique

Mali : une Médaille d’honneur de la Justice pour valoriser l’engagement au service de l’État de droit

by Chiencoro 6 février 2026
written by Chiencoro 2 minutes read

Réuni en session ordinaire le vendredi 6 février 2026 au palais de Koulouba, sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres malien a adopté un projet de décret instituant une Médaille d’honneur de la Justice. Une initiative présentée par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme dans un contexte de refondation institutionnelle et de lutte affichée contre la corruption et l’impunité.

Selon le communiqué officiel (CM n°2026-05/SGG) de ce vendredi 6 février 2026, cette distinction vise à reconnaître les femmes et les hommes qui se sont illustrés par leur engagement, leur probité et leur sens du devoir dans le service public de la justice et dans la protection des droits fondamentaux. Pour les autorités de la transition, il s’agit de renforcer la consolidation de l’État de droit et de promouvoir une gouvernance qualifiée de « vertueuse », dans un pays confronté à de profondes crises sécuritaires, politiques et sociales.

Créer une dynamique d’émulation

Le texte adopté précise les conditions d’attribution et de retrait de cette nouvelle médaille. Elle pourra être décernée à des personnes physiques ayant rendu des « services exceptionnels » à la justice ou ayant consenti des sacrifices notables dans l’exercice de leurs fonctions. Elle concernera également celles et ceux qui ont été grièvement blessés, ou ont perdu la vie, dans le cadre de missions judiciaires ou en apportant leur concours volontaire à l’institution judiciaire.

Pour le gouvernement, cette reconnaissance officielle doit créer une dynamique d’émulation au sein du corps judiciaire et renforcer la motivation des agents de l’État appelés à faire respecter la loi dans un environnement souvent marqué par les pressions politiques, l’insécurité et la défiance citoyenne. La justice est ainsi présentée comme un pilier central du processus de refondation engagé par les autorités de transition.

Au-delà du symbole, cette Médaille d’honneur de la Justice s’inscrit dans une série de mesures visant à restaurer la crédibilité des institutions et à réaffirmer le rôle stratégique du système judiciaire dans la reconstruction du contrat social. 

Chiencoro Diarra 

6 février 2026 0 comments
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