Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
samedi,13 juin , 2026
  • A propos
  • Notre équipe
  • Contactez-nous !
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
Sahel Tribune
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Copyright 2022 - All Right Reserved. Designed and Developed by PenciDesign

Ousmane Issoufi Maïga, ex-Premier ministre, président de la Commission de rédaction de la charte pour la paix.
A la Une

Mali: nomination du comité de pilotage du dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation nationale

by Chiencoro 31 janvier 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Dans un moment historique empreint de volonté et de détermination, le Mali franchit une étape cruciale, ce mercredi 31 janvier 2024, vers la paix et la réconciliation nationale. La nomination des membres du Comité de Pilotage du Dialogue Inter-Maliens, dirigé par le Président Ousmane Issoufi Maïga, symbolise un engagement ferme en faveur d’un avenir pacifique. Au cœur de cette initiative inclusive se dessine la promesse d’un Mali uni, déterminé à surmonter les défis passés et à construire un avenir empreint de stabilité et de prospérité.

Après avoir dénoncé l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, le Mali s’engage résolument sur la voie de la paix et de la réconciliation nationale avec la nomination des membres du Comité de Pilotage du Dialogue Inter-Maliens. À la suite du Décret N°2024-0061/PT-RM du 31 Janvier 2024, le président de la transition, le Colonel Assimi GOITA, annonce la composition de ce comité stratégique qui jouera un rôle essentiel dans le processus de reconstruction post-crise.

Un Comité pluridisciplinaire et inclusif

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts constants du Mali pour surmonter les défis liés à la paix et à la cohésion nationale. Ousmane Issoufi Maïga prend les rênes en tant que Président, épaulé par un ensemble diversifié de personnalités représentant différents secteurs de la société malienne. Le vice-président, Jean Bosco Konaré, et le rapporteur général, Boubacar Sow, apporteront leurs compétences variées pour soutenir cette mission cruciale.

Le Comité de Pilotage compte parmi ses membres des représentants de la société civile, des leaders religieux, des représentants des forces de défense et de sécurité, des acteurs politiques, des universitaires, des journalistes, et bien d’autres. Cette composition diversifiée reflète la volonté de créer un dialogue inclusif et de favoriser une participation active de tous les secteurs de la société malienne.

L’Enjeu de la réconciliation nationale

Le dialogue inter-maliens pour la paix et la réconciliation nationale est une étape cruciale dans la quête du Mali pour une stabilité durable. Le Comité de Pilotage aura pour mission d’identifier les points de convergence, de faciliter les discussions et de proposer des solutions consensuelles pour surmonter les divisions.

Cette nomination marque un pas significatif vers la restauration de la confiance et la construction d’un avenir pacifique pour le Mali. Le président de la transition, le colonel Assimi Goïta, souligne l’importance de l’unité nationale et de l’engagement collectif pour assurer la réussite de cette démarche.

Le Mali, à travers cette initiative, démontre sa détermination à surmonter les obstacles du passé et à tracer une voie vers un avenir plus stable et prospère. La composition équilibrée du Comité de pilotage incarne l’esprit de réconciliation et de coopération nécessaire pour bâtir un Mali fort et uni.

Chiencoro Diarra 

31 janvier 2024 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Les trois chefs d'Etat de l'Alliance des États du Sahel. Ils signent la Charte du Liptako-Gourma instituant l'AES.
A la Une

[Tribune] L’isolement politique : une odyssée philosophique

by Fousseni TOGOLA 30 janvier 2024
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

Depuis que les pays de l’Alliance des États du sahel (AES) ont entrepris une nouvelle trajectoire, jalonnée de décisions audacieuses pour affirmer leur souveraineté, les regards du monde politique sont rivés sur ces pays. Des dénonciations d’accords à la sortie annoncée de la CEDEAO, ces pays du sahel semblent tracer un chemin solitaire, s’éloignant d’anciens partenaires. Cette évolution a déclenché un concert de voix mettant en garde contre un prétendu isolement politique. Entre affirmation souveraine et craintes d’isolement, le Mali, le Burkina Faso et le Niger se trouvent à la croisée des chemins, suscitant débats, inquiétudes et réflexions sur la scène internationale. Les décisions de ces pays constituent-elles réellement des actes d’isolement ?

Dans le labyrinthe complexe des relations internationales, l’isolement politique apparaît comme un voyage solitaire où les nations naviguent entre les récifs de la souveraineté et les courants tumultueux de l’interconnexion mondiale. C’est une odyssée qui soulève des questions profondes sur la nature même du pouvoir, de la liberté et de la destinée des peuples.

L’isolement comme tentative de briser des chaînes

Aristote, le père de la philosophie politique, observait déjà l’importance du juste milieu dans la vie politique. Il plaidait pour une recherche d’équilibre, mettant en garde contre les extrêmes qui conduisent à l’isolement. L’homme politique, selon Aristote, doit naviguer entre la tyrannie et l’anarchie, évitant ainsi l’isolement qui découle souvent de l’abus de pouvoir ou de l’absence totale de gouvernance.

Thomas Hobbes, de son côté, dessinait un tableau sombre de l’humanité dans l’État de nature, où chaque individu est un loup pour l’autre. Dans un monde politique où la confiance est rompue, l’isolement devient inévitable. Hobbes pose la question cruciale : l’isolement est-il une conséquence naturelle de l’échec des institutions sociales, ou bien est-ce un choix nécessaire pour échapper au chaos ?

Jean-Jacques Rousseau, pour sa part, disait que « l’homme est né libre, et partout il est dans les fers. » L’isolement politique, dans cette perspective, pourrait être vu comme une tentative de briser ces chaînes, de retrouver une liberté perdue au sein d’alliances souvent oppressantes. L’idée de Rousseau soulève la question fondamentale de savoir si l’isolement est un acte de courage pour préserver la liberté, ou une illusion dangereuse.

L’isolement comme acte de réaffirmation identitaire

Immanquablement, Hegel entre en scène avec son concept dialectique de la lutte pour la reconnaissance. Dans l’isolement politique, une nation peut chercher non seulement à se libérer des influences extérieures, mais également à être reconnue dans sa singularité. L’isolement devient alors un acte de réaffirmation identitaire, un cri de la part d’une nation désirant être vue et entendue.

Cependant, la vision hégélienne est contrebalancée par celle de John Stuart Mill, qui met en garde contre la tyrannie de la majorité. Dans le contexte de l’isolement politique, Mill souligne que la liberté individuelle peut être menacée même au sein d’alliances, car la conformité aux normes collectives peut étouffer la diversité des opinions. Ainsi, l’isolement pourrait être perçu comme une quête de liberté face à la potentielle tyrannie de la majorité.

Lorsque nous contemplons l’isolement politique, la pensée de Friedrich Nietzsche résonne également. « Devient qui tu es, » énonçait-il. L’isolement politique peut être interprété comme une tentative de devenir soi-même, de forger son propre destin indépendamment des influences externes. Nietzsche nous exhorte à embrasser notre individualité, même si cela signifie nous éloigner du troupeau.

La « rébellion » face à l’oppression

Enfin, plongeons dans les eaux tumultueuses d’Albert Camus, qui, dans son essai sur « l’homme révolté, » explore la nécessité de la rébellion face à l’oppression. Dans le contexte de l’isolement politique, la rébellion pourrait être interprétée comme une affirmation audacieuse de la volonté nationale, une déclaration contre les structures de pouvoir qui limitent l’autonomie.

L’isolement politique se présente comme un terrain philosophique complexe, où la liberté, la reconnaissance, la diversité et la rébellion s’entremêlent. Les pensées d’Aristote, de thomas Hobbes, de Jean-Jacques Rousseau, de Hegel, de Mill, de Nietzsche et de Camus éclairent ce voyage solitaire, invitant chacun à réfléchir sur la signification profonde de la souveraineté et de la destinée nationale dans un monde interconnecté.

Fousseni Togola 

30 janvier 2024 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Premier conseil des ministres du 2ème gouvernement
A la Une

Retrait de la CEDEAO : Tenue d’un Conseil extraordinaire des ministres au Mali

by Chiencoro 29 janvier 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Le palais présidentiel de Koulouba à Bamako a accueilli, ce lundi 29 janvier 2024, un Conseil extraordinaire des ministres d’une importance capitale. Le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a présidé cette réunion exceptionnelle dans la salle des banquets du palais. L’ordre du jour : les raisons et les opportunités du retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO.

Le Mali, le Burkina Faso, et le Niger retirent leurs racines de la CEDEAO, tel un arbre qui se libère de terres étrangères pour trouver une nouvelle croissance dans le sol fertile de leur souveraineté. Une décision historique qui ouvre la voie vers un horizon économique où ces nations s’épanouiront comme des fleurs indépendantes sous le soleil de leur destin commun.

Une décision de survie dans l’intérêt de l’AES

Selon M. Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a souligné, juste après la séance du Conseil extraordinaire des ministres, la nécessité historique de ce retrait, arguant que la CEDEAO était « devenue une menace pour les trois pays ». Il a déploré l’instrumentalisation de l’organisation ouest-africaine contre les institutions, les États et les populations, avec des mesures coercitives et même des menaces d’intervention militaire. À ses dires, la CEDEAO fonctionnait à l’encontre des principes fondamentaux qui guident l’action publique en République du Mali, notamment le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix stratégiques et des choix des partenaires opérés par le Mali, la défense des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises.

Selon M. Diop, la CEDEAO est devenue un « instrument entre les mains de puissances extérieures », utilisé contre les pays membres. Il a expliqué ce retrait comme une décision de survie, prise dans l’intérêt des pays, pour arrêter les actes de déstabilisation et de menace de cette organisation longtemps dénoncée dans son fourvoiement interminable. Le diplomate malien a également mentionné la possibilité d’une réorganisation en dehors de la CEDEAO, avec une coopération renforcée avec d’autres pays comme le Burkina Faso et le Niger.

Une nouvelle étape vers l’autonomie politique et économique

Alousséni Sanou, ministre malien de l’Économie et des Finances, a exposé, pour sa part, les opportunités économiques offertes par ce retrait. Il a souligné que l’espace AES représente un marché d’environ 70 millions d’habitants, offrant des possibilités en termes d’agriculture, d’énergie et d’autres secteurs. Il a insisté sur la possibilité de développer un marché intérieur et d’assurer une croissance économique à partir de cette base.

En termes financiers, le Mali estime un manque à gagner de 120 milliards de francs CFA du fait des tarifs extérieurs communs appliqués dans la zone CEDEAO. Cependant, le ministre a souligné que le Mali sortirait gagnant à long terme, avec la possibilité d’attirer davantage d’investissements directs étrangers et de protéger ses entreprises locales.

La décision de retrait de la CEDEAO semble être une étape audacieuse vers l’autonomie politique et économique pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Cependant, des défis sont à prévoir, et il sera crucial de surveiller comment ces pays sauront naviguer dans cette nouvelle réalité géopolitique et géoéconomique.

Chiencoro Diarra 

29 janvier 2024 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Des formateurs revenus de Chine pour redynamiser l'enseignement technique en Côte d'Ivoire.
Actu

Chine-Côte d’Ivoire : Le projet AVIC dynamise l’éducation technique avec le retour de 91 encadreurs

by Sahel Tribune 29 janvier 2024
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le retour de 91 encadreurs pédagogiques ivoiriens, fraîchement formés en Chine, marque une étape significative dans le renforcement de l’éducation technique en Côte d’Ivoire. Engagés dans le projet AVIC, ces formateurs sont prêts à partager leur expertise et à dynamiser le secteur de la formation professionnelle.
Dans un accueil chaleureux orchestré par le ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, Koffi N’Guessan, 91 encadreurs pédagogiques sont revenus de Chine après avoir suivi une formation intensive de quatre mois. Cette initiative, dans le cadre du projet AVIC (Aviation Industry Corporation of China), vise à moderniser et à diversifier les compétences offertes par sept établissements de formation professionnelle en construction. Un pas de plus vers l’amélioration de l’éducation technique en Côte d’Ivoire.

Le projet AVIC, lancé en janvier 2022, vise la construction et l’équipement de sept établissements de formation professionnelle en Côte d’Ivoire. Ces institutions fourniront une variété de formations dans 15 spécialités, couvrant des secteurs cruciaux tels que l’agriculture, la mécanique agricole, la transformation agro-alimentaire et la construction.

Donner un souffle nouveau à l’enseignement technique 

Le ministre Koffi N’Guessan exprime sa confiance en l’impact positif de cette formation sur le système éducatif ivoirien. Il souligne que les compétences acquises par les encadreurs pédagogiques seront mises au service des apprenants, contribuant ainsi à l’amélioration globale de la qualité de l’éducation technique en Côte d’Ivoire.

Selon les informations gouvernementales, les établissements de formation professionnelle seront érigés dans diverses localités telles qu’Ebimpé dans la commune d’Anyama, Yamoussoukro, Kong, Gbéléban (Odienné), Diabo (Bouaké), Dabakala et Korhogo. Chacun de ces centres sera doté d’un internat, facilitant ainsi l’accès à une éducation technique de qualité pour les apprenants issus de différentes régions du pays.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts du gouvernement ivoirien pour renforcer le secteur de l’éducation technique et offrir des opportunités de formation spécialisée répondant aux besoins actuels du marché de l’emploi. Les encadreurs pédagogiques de retour de Chine apportent avec eux une expertise nouvellement acquise, prêts à partager et à appliquer leurs connaissances pour le développement de la jeunesse ivoirienne et la prospérité de la nation.

La rédaction

29 janvier 2024 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Analyse philosophique des implications des décisions des pays de l'AES dans la sous-région sahélienne.
A la Une

[Tribune] Crise politique au Sahel : Regards philosophiques sur les retraits de la CEDEAO et la dénonciation de l’Accord d’Alger

by Fousseni TOGOLA 29 janvier 2024
written by Fousseni TOGOLA 5 minutes read

La décision du Mali de dénoncer l’Accord pour la paix et celle du Burkina Faso, du Niger et du Mali de se retirer de la CEDEAO au cours de la même semaine ont déclenché une crise profonde, marquant un tournant majeur dans la géopolitique de la région sahélienne. Ces évènements soulèvent des questions cruciales sur la nature de la démocratie, la légitimité de l’intervention militaire étrangère et le rôle des organisations régionales.

Les évènements récents soulèvent des questions fondamentales qui nécessitent une réflexion approfondie. Les philosophes, avec leur sagesse intemporelle, offrent des perspectives précieuses pour naviguer dans ces eaux troubles. Dans un monde en perpétuel mouvement, où la liberté individuelle, la souveraineté nationale et la coopération régionale semblent parfois entrer en conflit, la philosophie devient un guide essentiel pour comprendre les enjeux complexes et tracer la voie vers un avenir plus éclairé. 

Comme l’exprimait le philosophe des Lumières Jean-Jacques Rousseau, « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. » La décision des nations sahéliennes de revoir leurs alliances témoigne de la quête perpétuelle de la liberté et de l’autonomie, même au détriment d’accords établis. Cependant, la dénonciation de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger en 2015 soulève des inquiétudes quant à la stabilité régionale, rappelant ainsi la pensée de Thomas Hobbes sur la nécessité du « contrat social » pour prévenir le chaos.

Conflits des intérêts 

Le retrait de la CEDEAO par ces nations souligne les tensions entre l’individualisme national et l’idéal de solidarité régionale. Comme l’a souligné Emmanuel Kant, l’État de paix perpétuelle ne peut être atteint que par« une fédération d’États libres. » Le retrait de ces nations remet en question la viabilité de telles fédérations dans un monde où les intérêts nationaux semblent parfois prévaloir.

D’un autre côté, la décision de ces nations peut être interprétée comme un acte de résistance contre ce qu’Albert Camus aurait qualifié d’« absurde » — une situation où les aspirations nationales entrent en conflit avec les structures supranationales. « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide », disait Camus, soulignant la gravité des décisions qui touchent à l’existence nationale.

Le principal argument qu’on pourrait retenir comme justificatif du départ de ces trois pays est que la CEDEAO a violé leur souveraineté en leur imposant des sanctions après les coups d’État qui ont renversé les régimes civils en place. Ces sanctions, qui comprenaient notamment la fermeture des frontières, la suspension des échanges commerciaux et la mise à l’écart des pays du Conseil des ministres de la CEDEAO, ont été perçues comme une violation de la souveraineté nationale et ont été jugées comme « illégales, illégitimes et inhumaines ».

Ces arguments rejoignent les réflexions de nombreux philosophes sur la nature de la démocratie et de la souveraineté. Pour le philosophe français Jean-Jacques Rousseau, la souveraineté est « le droit de faire les lois ». Ce droit est inaliénable et appartient au peuple. Les dirigeants politiques ne sont que des représentants du peuple et ne peuvent agir que dans le respect de la volonté populaire.

La CEDEAO, quant à elle, est une organisation régionale qui vise à promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest. Cependant, ses actions récentes ont été critiquées pour leur manque de respect de la souveraineté des États membres.

La légitimité de l’intervention militaire étrangère

Un autre argument avancé par les trois pays est que la CEDEAO ne leur a pas apporté l’aide nécessaire pour lutter contre le terrorisme. En effet, la région sahélienne est confrontée depuis plusieurs années à une insurrection djihadiste qui a fait des milliers de morts et déplacé des millions de personnes.

Malgré l’existence d’une multitude de forces militaires étrangères, dont la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), Barkane, Takuba, pour aider le Mali à lutter contre le terrorisme, la crise perdurait au Mali depuis plus d’une décennie. Cela reste de même pour le Burkina Faso et le Niger. Cependant, ces forces sont donc critiquées pour leur manque de résultats.

Les décisions des trois pays rejoignent les réflexions de nombreux philosophes sur la légitimité de l’intervention militaire étrangère. Pour le philosophe allemand Emmanuel Kant, l’intervention militaire étrangère est légitime uniquement si elle vise à protéger les droits humains fondamentaux.

Dans le cas de ces pays sahéliens, il est difficile de dire si l’intervention militaire étrangère est légitime. D’un côté, la situation humanitaire était catastrophique et les droits humains étaient gravement violés. De l’autre côté, l’intervention militaire n’a pas encore permis de mettre fin à l’insurrection djihadiste.

La CEDEAO est une organisation régionale qui joue un rôle important dans la stabilité de la région sahélienne. Cependant, ses actions récentes ont été critiquées pour leur manque de cohérence et leur manque de légitimité.

La coopération régionale 

Les décisions des trois pays incitent à des réflexions sur le rôle des organisations régionales. Pour le philosophe américain John Rawls, les organisations régionales doivent être fondées sur des principes démocratiques et doivent respecter la souveraineté des États membres.

Dans le cas de la CEDEAO, il est clair que les principes démocratiques ne sont pas toujours respectés. Les sanctions imposées aux trois pays après les coups d’État sont un exemple de cette violation des principes démocratiques. Car les chefs d’État qui s’octroient un troisième mandat en toute violation de la Constitution de leur pays n’ont jamais été sanctionnés. Pourtant, les coups d’État sont la conséquence des violations des principes démocratiques. 

La philosophie nous rappelle que l’équilibre entre la liberté individuelle et la nécessité de coopération est un défi constant. Comme l’évoquait Søren Kierkegaard, « La vie ne peut être comprise qu’en regardant en arrière, mais elle ne peut être vécue qu’en regardant en avant. » La dénonciation de l’Accord pour la paix et le retrait de la CEDEAO offrent ainsi une opportunité de réflexion sur la voie à suivre pour ces nations et pour la région dans son ensemble, dans un monde en constante évolution.

Les décisions du Mali et des trois nations sahéliennes appellent à une introspection profonde sur la démocratie, la solidarité régionale et le rôle des organisations internationales. La quête de réponses à ces interrogations philosophiques stimulantes est cruciale pour forger un chemin vers la stabilité et la prospérité dans cette région dynamique, mais tourmentée.

F. Togola 

29 janvier 2024 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Les trois chefs d'Etat de l'Alliance des États du Sahel. Ils signent la Charte du Liptako-Gourma instituant l'AES.
A la Une

Sahel : Les tensions entre la CEDEAO et les États membres s’accentuent avec le retrait tripartite

by Sahel Tribune 28 janvier 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La rupture historique de trois nations sahéliennes, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, avec la CEDEAO, met en lumière les fissures croissantes entre les aspirations souveraines des États membres et les politiques régionales. Les sanctions contestées et la création de l’Alliance des États du Sahel témoignent d’un profond désir de repenser les relations régionales.

Le retrait inédit du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO ébranle les fondements de la coopération ouest-africaine. Au cœur de cette rupture se trouvent des sanctions litigieuses et un appel croissant à une gouvernance régionale plus en phase avec les aspirations souveraines des peuples. Cette décision soulève des questions cruciales sur le futur de la coopération régionale en Afrique de l’Ouest et les dynamiques qui façonneront la carte politique de la région.

Les aspirations souveraines de ces nations sahéliennes

La décision sans précédent du Mali, du Burkina Faso et du Niger de se retirer de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) envoie des ondes de choc à travers la région ouest-africaine. Cette séparation met en lumière des années de tensions croissantes entre les idéaux de la CEDEAO et les aspirations souveraines de ces nations sahéliennes.

Le déclencheur de cette rupture historique remonte aux sanctions imposées par la CEDEAO à la suite des coups d’État militaires ayant porté au pouvoir le colonel Assimi Goïta, le capitaine Ibrahim Traoré et le général Abdrahamane Tiani au Mali, au Burkina Faso et au Niger respectivement. Ces sanctions, qualifiées « d’illégitimes, illégales et inhumaines », ont suscité la colère des populations. Les sanctions contre le Niger en juillet 2023 ont été rejetées par le Burkina Faso et le Mali, affirmant leur solidarité envers le Niger.

Le Burkina Faso et le Mali ont même averti qu’une intervention militaire au Niger serait considérée comme une déclaration de guerre, menaçant de quitter la CEDEAO si une telle action était entreprise. Ces déclarations ont cristallisé le fossé grandissant entre les membres sahéliens et l’organisation régionale.

Réfléchir sur la pertinence et l’efficacité des mécanismes de gouvernance

La création de l’Alliance des États du Sahel (AES) en septembre 2023 par le Mali, le Niger et le Burkina Faso témoigne de leur volonté de poursuivre des objectifs communs dans le respect de leur souveraineté. Les citoyens de ces nations ont longtemps plaidé en faveur d’une CEDEAO plus proche du peuple, où les préoccupations des populations prévalent sur les intérêts politiques.

La Commission de la CEDEAO, dans un communiqué, affirme avoir été informée du retrait de ces trois pays à travers des déclarations publiques, bien qu’aucune notification formelle n’ait encore été reçue. L’Autorité des chefs d’État et de gouvernement, à la tête de la Commission, s’est engagée à rechercher une « solution négociée à cette impasse politique ».

L’évolution de la situation reste incertaine, et les regards sont tournés vers les répercussions potentielles sur la dynamique politique, économique et sécuritaire de la région. Ce retrait pourrait également susciter des réflexions plus profondes sur la pertinence et l’efficacité des mécanismes de gouvernance régionale dans le contexte complexe de l’Afrique de l’Ouest.

Ce chapitre dans l’histoire de la CEDEAO souligne la nécessité de réexaminer les relations entre les organisations régionales et leurs membres, et de repenser les moyens d’atteindre l’intégration tout en respectant la diversité et la souveraineté des États membres. Les développements futurs nous éclaireront sur la direction que prendra la dynamique politique en Afrique de l’Ouest.

Oumarou Fomba 

28 janvier 2024 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO
A la UneChroniques

Déchirure d’alliances : La CEDEAO, une mélodie brisée par la souveraineté

by Sahel Tribune 28 janvier 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans le chaudron de l’histoire, où les feux du panafricanisme et de l’intégration régionale ont forgé des alliances, il y a des moments où ces liens sont mis à l’épreuve. Aujourd’hui, nous sommes témoins d’un chapitre déchirant de l’épopée de la CEDEAO, où trois membres fondateurs, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, annoncent leur retrait de l’union régionale.

C’est en 1975, sous le ciel étoilé de Lagos, que naissait la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), portée par les rêves et les idéaux de leaders visionnaires tels que le Général Aboubacar Sangoulé Lamizana, le Général Moussa Traoré et le Lieutenant-Colonel Seyni Kountché. Ces pères fondateurs avaient tracé la voie de la fraternité, de la solidarité et du développement partagé.

Cependant, après près de cinq décennies, ces liens jadis indestructibles semblent s’effilocher. Les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger expriment aujourd’hui des regrets profonds, un sentiment d’amertume et une déception face à la trajectoire que la CEDEAO a empruntée, s’éloignant des idéaux qui l’avaient engendrée.

La communauté régionale, plutôt que d’être le rempart solidaire espéré dans la lutte contre le terrorisme, semble s’être égarée sous l’influence de forces étrangères. Les chefs d’État actuels du Burkina Faso, du Mali et du Niger dénoncent avec véhémence cette trahison des principes fondateurs. Pire encore, lorsque ces nations ont pris l’initiative de sécuriser leur destin, la CEDEAO a répondu de manière irréfléchie, imposant des « sanctions illégales et inhumaines », ébranlant davantage des populations déjà éprouvées par la violence terroriste.

Début d’une nouvelle ère

Le Capitaine Ibrahim Traoré, le Colonel Assimi Goïta et le Général de Brigade Abdourahamane Tiani, conscients de leurs « responsabilités historiques », ont décidé de manière souveraine du retrait immédiat de leurs nations respectives de la CEDEAO. Ces décisions, prises à Ouagadougou, à Bamako et à Niamey le 28 janvier 2024, résonnent comme des notes graves dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest.

La CEDEAO, jadis symbole d’unité, se trouve désormais à la croisée des chemins. Les vents du changement soufflent, et les nations souveraines affirment leurs destins. Les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger tracent une nouvelle voie, guidés par une vision de souveraineté, de sécurité et de prospérité.

Alors que les ombres du passé s’estompent, une nouvelle réalité émerge. Des nations qui, autrefois liées par des idéaux communs, prennent des routes distinctes, chacune cherchant à forger son propre chemin dans le concert des nations africaines. La CEDEAO, autrefois une flamme ardente de coopération régionale, observe ses membres fondateurs s’éloigner, chacun portant le fardeau de son destin national.

Ce retrait ne marque pas seulement la fin d’un chapitre, mais le début d’une nouvelle ère où les nations ouest-africaines, libérées des chaînes de l’union régionale défaillante, tracent des trajectoires indépendantes vers un avenir qui leur est propre.

Oumarou Fomba 

28 janvier 2024 0 comments
1 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts

A propos

Sahel Tribune est un site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes sur les actualités brûlantes du Sahel. Il a été initialement créé en 2020, au Mali, sous le nom Phileingora…

derniers articles

CNSS Burkina Faso-INPS Mali : des accords pour renforcer la traçabilité des paiements et...
Genève : le Mali au lancement du Groupe d’amis de l’Économie sociale et solidaire...
Mariage au Mali : la fréquentation avant l’union réduit-elle vraiment les divorces ?

Contact

© 2025 Sahel Tribune. Tous droits réservés. Design by Sanawa Corporate

Facebook Twitter Youtube Linkedin Envelope
Sahel Tribune
Politique de confidentialité
Lors de l’utilisation de nos sites, des informations de navigation de votre terminal sont susceptibles d’être enregistrées dans des fichiers « Cookies ». Ces fichiers sont installés sur votre terminal en fonction de vos choix, modifiables à tout moment. Un cookie est un fichier enregistré sur le disque dur de votre terminal, permettant à l’émetteur d’identifier le terminal pendant sa durée de validation.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Shopping Cart

Close

Votre panier est vide.

Close