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Victoire des Elephants à la CAN 2023
A la UneSport

De la défaite à la victoire : La renaissance des Éléphants

by Sahel Tribune 11 février 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans le feu de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, la Côte d’Ivoire a accompli un exploit magistral en surmontant le Nigeria pour conquérir le titre convoité. Ce triomphe, c’est bien plus qu’une simple victoire sur le terrain. C’est le récit captivant d’une équipe qui a puisé dans sa résilience et sa force intérieure pour s’élever des cendres de la défaite et embrasser la gloire.

Tel un éléphant majestueux dans les plaines africaines, la Côte d’Ivoire a tracé sa voie vers le succès avec une détermination inébranlable. Cette victoire retentissante résonne comme un cri de triomphe, un symbole éclatant de la puissance et de la détermination des Éléphants sur le terrain.

La campagne des Éléphants à la CAN 2023 a débuté avec un revers déconcertant contre la Guinée-Équatoriale. Cette défaite inaugurale a été un réveil brutal pour l’équipe ivoirienne, les contraignant à réévaluer leur approche et à puiser dans leurs réserves de détermination. Mais plutôt que de se laisser abattre, cette équipe a transformé cette défaite en une source de motivation, une étincelle qui allait allumer le feu de leur renaissance.

Fruit de la solidarité et l’unité

Le tournant décisif est survenu lors du match contre le Sénégal, où les Éléphants ont montré leur vrai potentiel. Dans un affrontement chargé d’émotion, ils ont non seulement remporté la victoire, mais ont également réaffirmé leur position parmi les prétendants sérieux au titre. Cette performance a servi de catalyseur, alimentant la confiance et ravivant l’esprit combatif de l’équipe.

La finale contre le Nigeria a été le point culminant de cette résurgence remarquable. Alors que les Super Eagles ont ouvert le score, les Éléphants ont refusé de s’avouer vaincus. Avec une détermination farouche, ils ont égalisé puis pris l’avantage, incarnant la quintessence du courage et de la persévérance. Chaque passe, chaque interception, chaque tir a été exécuté avec une précision chirurgicale, témoignant de la transformation de cette équipe en une force à craindre.

Cette victoire ne peut être attribuée à un seul joueur ou entraîneur. C’est le fruit d’un effort collectif, où chaque membre de l’équipe a apporté sa contribution, aussi modeste soit-elle, pour atteindre un objectif commun. La solidarité et l’unité qui ont prévalu au sein de l’équipe ont été les pierres angulaires de leur succès, leur permettant de surmonter les obstacles et de triompher contre toute attente.

Un héritage durable pour les futures générations

Au-delà du simple trophée, cette victoire représente une renaissance pour le football ivoirien. C’est un rappel puissant de la résilience et de la force intrinsèque qui réside dans le cœur de chaque joueur et de chaque supporter. C’est une source d’inspiration pour les générations futures, leur montrant qu’avec le travail acharné, la détermination et la foi, rien n’est impossible.

Les célébrations qui ont éclaté dans les rues d’Abidjan sont le témoignage vivant de l’impact profond de cette victoire sur toute une nation. Les supporters, vêtus de orange et vert, ont exprimé leur joie et leur fierté avec une intensité contagieuse. Pour la Côte d’Ivoire, cette Coupe d’Afrique des Nations 2023 marque le début d’un nouveau chapitre dans son histoire footballistique, un chapitre rempli de promesses et d’opportunités. Les Éléphants ont rugi vers la gloire, laissant derrière eux un héritage durable qui continuera à inspirer et à élever ceux qui suivent leurs traces.

Oumarou Fomba  

11 février 2024 0 comments
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Une manifestation réprimée à Dakar
A la UneEn temps réel

Dakar sous tension : Répression d’une manifestation contre le report électoral

by Sahel Tribune 9 février 2024
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La tension monte à Dakar, ce vendredi 9 février 2024, alors que la répression d’une manifestation contre le report de l’élection présidentielle agite les rues de la capitale sénégalaise. Entre réactions internationales et appels à la paix, le pays se trouve à un tournant crucial pour son avenir démocratique.

Dakar est le théâtre de heurts et d’agitation après la dispersion violente d’une manifestation pacifique dénonçant le report de l’élection présidentielle. Tandis que les États-Unis et la CEDEAO appellent au respect de la Constitution et à des élections libres, le Sénégal est confronté à une période de tensions et d’incertitudes quant à la stabilité politique du pays.

Dans une adresse à la nation, le 3 février dernier, le président Macky Sall a annoncé le report de la présidentielle prévue pour le 25 février prochain. Une situation qui a réanimé les tensions dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, longtemps considéré comme un modèle de démocratie. 

Des voix se lèvent pour demander un retour à la normale 

La Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé sa vive préoccupation face à l’évolution de la situation au Sénégal. Elle met en garde contre toute action ou déclaration contraire à la Constitution du pays et exhorte la population et la classe politique à assumer leur responsabilité dans le maintien de la paix et de la stabilité.

La CEDEAO encourage instamment la classe politique sénégalaise à prendre rapidement les mesures nécessaires pour rétablir le calendrier électoral conformément à la Constitution. Dans cette période difficile pour le pays et la région, la Commission appelait toutes les parties à renoncer à la violence et à privilégier le dialogue pour préserver la paix et la stabilité. Elle demande également aux forces de l’ordre de faire preuve de retenue et de respecter les droits fondamentaux de tous les citoyens.

Les États-Unis ont exprimé leur soutien à la déclaration de la CEDEAO, appelant le Sénégal à rétablir le calendrier électoral conformément à sa Constitution. Un large éventail d’acteurs sénégalais de la politique et de la société civile partage également ce point de vue, et les efforts diplomatiques se poursuivent pour encourager des élections libres et équitables dans les meilleurs délais.

Cette situation témoigne des défis auxquels est confronté le Sénégal dans sa quête de démocratie et de stabilité, soulignant l’importance d’une résolution pacifique et conforme à la Constitution de la crise actuelle.

Oumarou Fomba 

9 février 2024 0 comments
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Ouverture de la Session extraordinaire de la Cédéao à Abuja le 7 février 2024.
En temps réel

Coup de tonnerre à Abuja : Le désengagement du Burkina, du Mali et du Niger de la Cédéao

by Bakary FOMBA 9 février 2024
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) secoue les fondations de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Dans un contexte de tensions politiques et économiques, cette décision laisse la Cédéao à la recherche de solutions pour préserver son unité et sa fonctionnalité.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) est confrontée à un défi majeur : comment faire face au retrait inattendu du Burkina Faso, du Mali et du Niger ? Cette décision, motivée par des différends politiques et économiques, met en lumière les complexités de la coopération régionale en Afrique de l’Ouest et soulève des questions cruciales quant à l’avenir de l’intégration régionale dans la sous-région.

Différents politiques et économiques

Le 28 janvier dernier, à travers un communiqué conjoint, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont exprimé leur désir de quitter la Cédéao en raison de différends politiques et économiques. Les trois pays ont notamment exprimé la perception d’un éloignement de la Cédéao des « idéaux panafricains de ses pères fondateurs », la perception de l’influence de puissances étrangères hostiles sur la Cédéao, un sentiment d’abandon par la Cédéao dans sa lutte contre le terrorisme, et l’imposition de sanctions « illégales, illégitimes, inhumaines et irresponsables » par la Cédéao.

En effet, suite à des coups d’État militaires opérés dans ces pays, la Cédéao a pris des décisions draconiennes, en réponse à ces putschs. Pourtant, ce retrait massif peut sérieusement fragiliser le fonctionnement même de l’institution d’autant plus que nul n’ignore l’importance de ces pays dans la stabilité et le développement de la région ouest-africaine.

« La poudre aux yeux ? »

Toutefois, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de la Cédéao ont exprimé leur préoccupation face à cette décision et ont appelé au dialogue pour résoudre les différends.

Au cours de ce sommet, la Commission a par ailleurs réitéré que les raisons avancées par les trois pays pour justifier leur retrait ne « constituent que de la poudre aux yeux, cachant la véritable raison qui est leur intention de ne pas remplir leurs obligations au titre du traité et du protocole ».

Pour la Commission, les leaders de ces trois pays n’ont « nullement l’intention de renoncer, dans un futur proche, au pouvoir politique » qu’ils ont pourtant obtenu par des « voies non constitutionnelles ». Aux yeux de l’organisation, la position de ces dirigeants pourrait être interprétée comme un « stratagème visant à détourner l’attention de l’instance de la Cédéao sur le rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel ».

Accélérer « l’activation en cours de la force en attente »

Tout en exhortant les trois pays à « recourir au dialogue, à la négociation et à la médiation », en incluant la société civile, les chefs traditionnels et religieux, les personnalités éminentes et les femmes leaders, la Cédéao invite les États membres de l’AES à « respecter les dispositions du Traité révisé de 1993, en particulier l’article 91 ».

Le Conseil de sécurité de médiation et de sécurité a tout de même réitéré la nécessité urgente pour la Cédéao d’accélérer « l’activation en cours de la Force en Attente » dans son mode cinétique pour lutter contre le terrorisme dans la région.

Parallèlement à cette question, ce sommet extraordinaire a également abordé la situation sociopolitique au Sénégal. Des discussions ont eu lieu sur les récents troubles et manifestations au Sénégal, et les membres de la Cédéao ont exprimé leur soutien à des solutions pacifiques et à un dialogue national pour résoudre les problèmes.

Bakary Fomba

9 février 2024 0 comments
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Le Président de transition du Burkina Faso s'adresse à la nation dans un discours poignant, entouré de militaires en tenue, symboles de la sécurité , de la souveraineté nationale et de la détermination.
A la UneÉconomie

Monnaie commune du sahel : Un projet audacieux après le retrait de la CEDEAO

by Chiencoro 9 février 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Au cœur du Sahel, une décision audacieuse secoue l’équilibre régional. Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO ne se résume pas à une simple divergence économique, mais annonce un profond bouleversement. Le Capitaine Ibrahim Traoré, président de la Transition burkinabè, révèle dans une interview exclusive les intentions sous-jacentes, laissant entrevoir un ambitieux projet de renaissance économique et politique.

Dans un entretien captivant accordé à Alain Foka la semaine dernière, le Capitaine Ibrahim Traoré, président de la Transition au Burkina Faso, a jeté un pavé dans la mare en annonçant le retrait de son pays, du Mali et du Niger de la CEDEAO. Cette décision, loin d’être anodine, pourrait ouvrir la voie à la création d’une monnaie commune et s’inscrirait dans une volonté plus vaste de rompre avec les chaînes héritées de la colonisation. Les motivations profondes et les implications régionales de cette démarche audacieuse suscitent interrogations et spéculations, plongeant le Sahel dans une période de changement radical aux contours encore flous.

Le président a affirmé que cette décision de quitter la CEDEAO ne doit pas être vue de manière isolée, mais plutôt comme un premier pas vers la remise en question de nombreuses structures héritées de la colonisation. L’annonce suscite des interrogations et des spéculations quant aux motifs profonds de cette démarche radicale.

Le Sahel, à l’aube d’une transformation majeure

« Notre sortie de la CEDEAO vous a surprise, et beaucoup de choses vont probablement vous surprendre encore, » a déclaré le Capitaine Ibrahim Traoré lors de l’entretien. « Laissez venir les choses. Il n’y a pas que la monnaie. Tout ce qui est en lien avec la colonisation et qui nous maintient dans l’esclavage, nous devons le briser. », déclare le président burkinabè de la transition. 

Les commentaires du président laissent entrevoir un projet d’envergure, dépassant largement le simple cadre monétaire. Les trois États du Sahel semblent résolus à remettre en question les vestiges du passé colonial et à forger leur propre destin.

Le retrait de la CEDEAO, qui regroupe actuellement quinze États membres, marque une rupture significative dans les dynamiques régionales. Les conséquences de cette décision pourraient être vastes, affectant les relations diplomatiques, les échanges commerciaux et les collaborations en matière de sécurité.

Les motivations profondes de ce choix radical restent toutefois voilées de mystère. Certains analystes suggèrent que la création d’une monnaie commune pourrait constituer un moyen de renforcer la souveraineté économique des trois nations, tandis que d’autres évoquent des préoccupations plus larges liées à la lutte contre les séquelles de la colonisation.

Les prochaines étapes de ce processus intrigant demeurent incertaines, mais une chose est sûre : le Sahel est à l’aube d’une transformation majeure, remettant en question les structures établies et ouvrant la voie à une nouvelle ère économique et politique. 

Chiencoro Diarra

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Les drapeaux des pays membres de la CEDEAO.
A la Une

Crise au sein de la Cédéao : L’heure des décisions à Abuja

by Sahel Tribune 8 février 2024
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La Cédéao se trouve à un tournant critique alors que sa session extraordinaire débute à Abuja. Les retraits du Burkina Faso, du Mali et du Niger, ainsi que la crise politique au Sénégal, sont au cœur des discussions. Dans ce contexte tendu, l’organisation doit prendre des décisions cruciales pour son avenir.

À Abuja, Nigeria, le 8 février 2024 s’est ouverte une session extraordinaire du Conseil de médiation et de sécurité de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). L’agenda de cette réunion est marqué par le retrait inattendu du Burkina Faso, du Mali et du Niger, trois pays absents lors de cette assemblée. Néanmoins, les autres membres discutent des répercussions de ce retrait sur l’organisation sous-régionale, ainsi que des développements politiques au Sénégal suite au report des élections présidentielles. Voici les détails de cette journée capitale pour la Cédéao.

Le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, a introduit la session en déclarant que l’organisation se trouve à un carrefour critique. Il a souligné que l’unité de la Cédéao est actuellement mise à l’épreuve, ce qui pourrait potentiellement menacer sa survie. Touray a confirmé la réception des notifications officielles de retrait émanant du Burkina Faso, du Mali et du Niger, tout en critiquant les griefs exprimés par ces États, qu’il a jugés injustes, voire infondés, sur certains aspects.

Le chemin futur de l’organisation

Trois mémorandums seront présentés lors de cette session. Deux d’entre eux examineront les conséquences du retrait des trois pays sahéliens, l’un se concentrant sur l’impact local et l’autre sur l’impact pour les autres membres de la communauté. Le troisième mémorandum traitera de la crise politique et institutionnelle en cours au Sénégal, en lien avec le report des élections présidentielles et la prolongation du mandat du président Macky Sall par l’Assemblée nationale.

Malgré l’absence du Burkina Faso, du Mali et du Niger, la majorité des membres de la Cédéao, y compris le ministre des Affaires étrangères du Sénégal, Ismaïla Madior Fall, sont présents. Ce dernier a écouté avec stoïcisme les préoccupations exprimées par le président de la Commission de la Cédéao, ainsi que par les représentants de l’Union africaine et des Nations unies. Il est probable qu’Ismaïla Madior Fall aura l’occasion à Abuja de justifier et d’expliquer les évènements politiques en cours au Sénégal.

Cette session extraordinaire souligne les défis majeurs auxquels est confrontée la Cédéao, notamment le départ de certains membres et les tensions politiques dans la région. L’issue de ces discussions déterminera le chemin futur de l’organisation et son rôle dans la promotion de la stabilité et du développement en Afrique de l’Ouest.

Oumarou Fomba 

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Elections locales au Sénégal
A la Une

Réflexions sur le report électoral au Sénégal : Quel avenir pour la démocratie ?

by Fousseni TOGOLA 8 février 2024
written by Fousseni TOGOLA 3 minutes read

Le report de l’élection présidentielle au Sénégal, initialement prévue pour le 25 février 2024, par le président en exercice Macky Sall, suscite des réflexions profondes en philosophie politique, car il touche à des questions essentielles concernant la nature du pouvoir, la légitimité du gouvernement et les fondements de la démocratie.

Dans un Sénégal en pleine effervescence politique, le report de l’élection présidentielle annoncé par le président Macky Sall bouscule les attentes et ravive les débats sur la démocratie et la gouvernance politique au Sénégal. Entre impératifs de stabilité et respect des principes démocratiques, cette décision soulève des interrogations cruciales quant à l’avenir du pays et à la légitimité de ses dirigeants.

Défendre l’intérêt véritable du peuple 

Cette décision du pouvoir en place met en lumière la tension entre l’autorité du gouvernement et la volonté démocratique du peuple. Selon la perspective du contrat social, développée notamment par des philosophes tels que John Locke, Jean-Jacques Rousseau et Thomas Hobbes, le gouvernement tire sa légitimité du consentement des gouvernés. Ainsi, tout retard ou changement dans le processus électoral soulève des questions sur la légitimité de l’autorité politique en place. Locke, par exemple, affirme que lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, celui-ci a le droit de se révolter. Cette idée souligne l’importance de respecter les engagements pris envers les citoyens dans le cadre des élections démocratiques.

Ce report met également en exergue les enjeux de la stabilité politique et de l’intérêt général. Selon la perspective de Thomas Hobbes, dans son ouvrage « Le Léviathan », la stabilité politique est essentielle pour éviter le chaos et maintenir l’ordre social. En effet, Macky Sall justifie son action par la nécessité de garantir la paix et la sécurité nationales, au-delà des impératifs démocratiques immédiats. Cependant, il est crucial de s’assurer que de telles décisions sont prises dans l’intérêt véritable du peuple et ne servent pas simplement les intérêts du gouvernement en place.

Défendre les principes démocratiques même dans les moments difficiles

Toutefois, cette décision de report soulève aussi des préoccupations éthiques concernant la manipulation du processus démocratique. Comme le souligne Hannah Arendt, philosophe politique, la démocratie repose sur la liberté d’expression et la participation citoyenne. Tout acte visant à restreindre ces libertés compromet la légitimité du régime en place et menace les fondements de la démocratie. Ainsi, il est essentiel de garantir que le report de l’élection ne soit pas utilisé comme un moyen de réprimer l’opposition ou de maintenir le pouvoir en place de manière autoritaire.

Pourtant, la décision du président en exercice met également en lumière les défis de la gouvernance démocratique dans un contexte de crise ou d’incertitude. Selon Michel Foucault, philosophe du pouvoir, les gouvernants ont tendance à exercer un contrôle accru sur la société dans les moments de crise, au nom de la sécurité et de la stabilité. Cependant, cette concentration de pouvoir risque de porter atteinte aux libertés individuelles et à la démocratie elle-même. Ainsi, il est crucial de rester vigilant et de défendre les principes démocratiques même dans les moments difficiles.

Le report de l’élection présidentielle au Sénégal soulève donc des questions complexes et multidimensionnelles en philosophie politique. Il met en balance la légitimité du pouvoir, la stabilité politique, les libertés individuelles et la gouvernance démocratique. Cette situation appelle à une réflexion approfondie sur les principes fondamentaux de la démocratie et de la gouvernance politique, ainsi que sur la manière de concilier les impératifs de stabilité avec les exigences de la démocratie et de la justice.

Fousseni Togola 

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Paulin Hountondji, philosophe africain.
Seko ni Donko

Paulin Hountondji, le penseur qui a défriché la réflexion sur la philosophie africaine

by Sahel Tribune 8 février 2024
written by Sahel Tribune 8 minutes read

Le philosophe béninois Paulin Hountondji, décédé le 2 février 2024 à l’âge de 82 ans, a eu le courage de s’élever contre la tentation à laquelle cédaient beaucoup de penseurs africains, à la suite du Révérend Père Tempels, de modifier la définition de la philosophie pour permettre aux africains de s’en attribuer une. Dans son livre La Philosophie Bantou, le Père Placide Tempels affirmait en effet découvrir une philosophie africaine. Beaucoup d’intellectuels africains de son époque le célébraient et saluaient son livre comme fondateur de la philosophie africaine.

Paradoxalement, Tempels fut intronisé par ces penseurs nationalistes comme “père de la philosophie africaine” alors même qu’il écrit noir sur blanc dans son livre que son objectif est de mieux comprendre les bantous afin d’accompagner le projet colonial et de mieux accomplir la prétendue mission civilisatrice de l’Europe.

C’est contre le consensus qui célébrait Tempels et se plaçait dévotement sous son ombre tutélaire que Paulin Hountondji a eu le courage de s’élever. Hountondji sera également, dans les années 9o un des pionniers de la recherche épistémologique sur les savoirs endogènes. Premier africain admis en philosophie à la prestigieuse École Normale Supérieure de la rue d’Ulm à Paris en 1963, il est l’un des philosophes les plus influents d’Afrique.

Paradoxalement, son courage lui a valu d’être traité, entre autres, de “blanc” par ses détracteurs qui voyaient en lui un élitiste désireux d’en référer aux normes européennes plutôt que d’accepter les spécificités philosophiques africaines.

Il est vrai que Hountondji a suivi un parcours d’élite. Il est né en 1942 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dans une famille protestante et déjà cosmopolite. Admis à la prestigieuse École Normale Supérieure de la Rue d’Ulm, il y travaille avec des philosophes exceptionnels comme Derrida, Althusser et Canguilhem.

Après Normale Sup’, il soutient à Nanterre en 1970, une thèse de doctorat de troisième cycle sur le thème : “L’idée de science dans les prolégomènes et la 1ère recherche logique de Husserl”. Une thèse dirigée par nul autre que Paul Ricoeur, un des plus grands phénoménologues du 20e siècle. Avant et après sa thèse, Hountondji a enseigné la philosophie dans les universités de Besançon, de Kinshasa et de Lubumbashi avant de revenir au Bénin où il a non seulement enseigné à l’université d’Abomey Calavi mais également joué un rôle proéminent dans le processus de démocratisation du pays et occupé des postes ministériels. Il a été ministre de l’Education de 1990 à 1991, puis de ministre de la Culture et de la Communication de 1991 à 1993.

Une vie politique

Du fait des vicissitudes de sa vie politique et de ses engagements scientifiques, ce n’est que dans les années 1990 qu’il finit par soutenir, à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, une thèse de doctorat d’État sur ces travaux sous la direction de Souleymane Bachir Diagne.

Dans le livre tiré de cette thèse d’État, Hountondji revient sur sa carrière et regrette qu’ayant toujours eu une passion pour la pensée du philosophe Edmund Husserl, il avait à peine travaillé sur cet auteur du fait qu’il avait été happé par la polémique sur la philosophie africaine.

Cette polémique débute lorsque, dans les années 1970, Hountondji publie une série d’articles dévastateurs, qui seront plus tard réunis sous forme de livre. Dans ces articles, Hountondji refuse une modification des standards destinée à permettre à tout prix de prouver l’existence d’une philosophie africaine. Quitte à étendre le sens de ce mot au point de le rendre méconnaissable.

Pour Hountondji, nous ne pouvons décréter que ce que nous classerions comme mythe, pensée collective et idiosyncrasie culturelle ailleurs devrait être classé comme philosophie en Afrique. Si vraiment nous voulons savoir s’il existe ou non une philosophie africaine, nous devons partir de la définition normale de la philosophie, à savoir une entreprise personnelle de réflexion sur la condition humaine.

Définition de la philosophie africaine

De fait, selon Hountondji, une philosophie ne saurait être ni collective, ni simplement orale, inconsciente encore moins. Il définit donc la philosophie africaine comme l’ensemble des textes produits par des Africains et qualifiés par leurs auteurs de philosophiques. Armé de cette définition, il intervient dans le débat sur l’existence et la nature de la philosophie africaine. Y a-t-il une philosophie africaine ? En quoi consiste-t-elle ?

À la suite de Tempels, beaucoup d’auteurs africains répondaient positivement à la première question. Pour exposer la nature de la philosophie africaine, ils se proposaient de mener l’enquête en partant des religions, des langues et des mythes africains afin de révéler les systèmes de pensée, les systèmes logiques et la métaphysique développés par les penseurs africains et collectivement préservés par les sociétés traditionnelles africaines.

Pour qualifier ce type de recherche, Hountondji crée le terme d’ethnophilosophie. Il affirme qu’il s’agit là non pas de recherches philosophiques mais de recherches ethnologiques à prétention philosophique. Hountondji estimait, quant à lui, que cette prétention était injustifiée. La philosophie étant une entreprise personnelle et non collective. Il s’en suivra une polémique amère où il se verra qualifié par ses détracteurs d’europhilosophe désireux, selon le philosophe ivoirien Niamkey Koffi, de préserver ses intérêts de classe en excluant du champ philosophique tout ce qui n’est pas adoubé par l’université occidentale.

Apport à la philosophie

Cette polémique masque un argument important de Hountondji et il faudra attendre que la poussière retombe pour que la portée de cet apport philosophique ne soit réellement comprise. En effet, dès le début, l’argument complet de Hountondji était que la philosophie étant une réflexion méthodique sur des savoirs constitués, pour créer une philosophie proprement africaine, il nous faut partir des savoirs africains parce que, selon lui, la théorie de la science est le noyau essentiel de la philosophie.

Dans les années 90, au sortir des polémiques sur l’existence ou non de la philosophie africaine, Hountondji se lance dans le défrichage de la réflexion sur les savoirs africains. Dans ce cadre, il développe le concept de savoir endogène qu’il oppose à la fois au savoir traditionnel et au savoir indigène. Est traditionnel un savoir qui est considéré comme appartenant au patrimoine ancien d’une société. Est indigène le savoir qui est considéré par les membres de la société comme construit à partir de leur savoir traditionnel, sans apport externe.

Est endogène le savoir construit par les membres de la société mais incorporant, de manière critique, des éléments extérieurs. C’est le type de connaissance vivante qui permet, selon Hountondji, la naissance de la philosophie.

L’enjeu pour Hountondji n’est pas de retourner dans le passé pour exhumer des savoirs ou des philosophies traditionnels mais de développer une tradition endogène de production de connaissance qui permette à l’Afrique de briser sa dépendance épistémique et d’être une pourvoyeuse théorie à portée universelle et non pas seulement un lieu de production de données brutes dont la théorisation se fait à l’extérieur du continent. C’est dans cette optique que Hountondji réunit dans les années 1990, d’abord à l’Université d’Abomey-Calavi puis au Centre Africain des Hautes Études de Porto Novo, une équipe pluridisciplinaire de philosophes et de scientifiques pour travailler sur les savoirs endogènes.

Réputation de polémiste

Le philosophe Bado Ndoye de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui a publié la première biographie intellectuelle de Paulin Hountondji en 2022 affirme que l’enjeu pour ce dernier est non pas de promouvoir une illusoire déconnexion épistémique africaine – une stricte séparation des savoirs africains avec les savoirs occidentaux – mais de démarginaliser les savoirs endogènes africains. Selon Ndoye, cette démarginalisation a une double signification :

restituer et restaurer la dignité théorique de ces savoirs en vue de les intégrer dans le mouvement de la science en train de se faire.

Hountondji a une réputation de polémiste. Lui-même reconnaît dans son autobiographie intellectuelle qu’il a pu donner autant de coups violents à ses aînés qu’il en a reçu de ses cadets. Et effectivement, sa plume est parfois féroce. Il faut cependant préciser que beaucoup de ceux qui l’ont rencontré gardent le souvenir d’un homme jovial et cordial.

Personnellement, ce qui m’a le plus frappé quand j’ai passé du temps avec lui, c’est sa capacité à écouter longuement et avec une totale concentration ses interlocuteurs puis à poser une ou deux questions qui portent sur un point nodal de l’argumentation.

C’est probablement cette singulière concentration et cette capacité à pointer automatiquement les faiblesses d’une thèse quelle qu’elle soit qui passent pour amour de la polémique alors qu’elles ne sont que recherche de la correction argumentative et scientifique.

Hountondji était actif dans de nombreux réseaux philosophiques, de l’Unesco, dont la revue Diogènes a publié ses premiers textes, à la Fédération internationale des sociétés de philosophie. Deux semaines avant son décès, Hountondji participait encore à un grand colloque à Toulouse sur la philosophie africaine. Malgré son âge, c’est un philosophe encore actif et vigoureux que la communauté philosophique mondiale vient de perdre. Gageons que les champs de recherche qu’il a ouverts seront explorés par des générations de philosophes.

Mouhamadou El Hady Ba, enseignant-chercheur, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation
8 février 2024 0 comments
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