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Remise d'attributs aux généraux
A la UneSécurité

Remise des attributs : une reconnaissance aux Généraux de la Transition pour leurs efforts en faveur de la souveraineté malienne

by Chiencoro 22 octobre 2024
written by Chiencoro 4 minutes read

Ce lundi 21 octobre 2024, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a présidé la cérémonie solennelle de remise des attributs aux officiers généraux du Mali. Organisée dans la prestigieuse salle des banquets du palais de Koulouba, cette cérémonie a été l’occasion de rendre hommage aux efforts inlassables des autorités maliennes pour la refondation de l’État.

Comme une marée humaine déferlant des ruelles et avenues de Bamako, la foule en liesse s’est levée spontanément pour accueillir le Général d’armée Assimi Goïta, de retour de la cérémonie de remise de ses attributs. De Koulouba à sa résidence de Kati, une vague de partisans a envahi les rues, formant un fleuve de reconnaissance sous le regard du chef de l’État, debout sur le toit ouvert de son véhicule, saluant un peuple uni et reconnaissant.

Le Chef suprême des armées, après avoir officiellement reçu ses propres attributs de Général d’armée à titre exceptionnel, a procédé à la remise des grades aux autres officiers supérieurs, notamment les généraux de corps d’armée et les généraux de division. Ces nominations, décidées lors de la session ordinaire du Conseil des ministres du 16 septembre 2024, illustrent la reconnaissance des autorités de la Transition envers ceux qui se sont engagés avec détermination pour la sécurité et la stabilité du Mali.

Des promotions méritées pour renforcer la souveraineté

Parmi les promus, le Général de Corps d’Armée Malick Diaw, ainsi que Sadio Camara, Ismaël Wagué, et Modibo Koné, ont vu leurs efforts récompensés par un avancement à titre exceptionnel. De son côté, Abdoulaye Maïga accède au grade de Général de Division. Ces nominations reflètent l’engagement de ces hommes à œuvrer au service de la souveraineté malienne. À leurs côtés, d’autres officiers comme Daoud Aly Mohammedine, Abdrahamane Baby, Abdoulaye Cissé, Moussa Moriba Traoré et Kéba Sangaré ont également été élevés au grade de Général de Division.

Ces promotions ne sont pas qu’une simple récompense : elles témoignent de la vision d’une armée forte et souveraine, pilier de la démocratie et garante de l’ordre au Mali. Elles démontrent également que les autorités maliennes de la Transition placent leur confiance en des hommes qui ont prouvé leur détermination et leur patriotisme dans des moments cruciaux.

La reconnaissance d’un engagement au service du Mali

Dans son allocution, le Général de Division Kéba Sangaré, Chef d’État-major Général adjoint des Armées, a exprimé, au nom de ses camarades, toute sa gratitude envers le peuple malien, dédicaçant ces grades à la nation. C’est un immense honneur, mais surtout un appel à plus de responsabilité pour mériter davantage la confiance du peuple malien, a-t-il expliqué. Pour lui, cette remise d’attributs symbolise une étape importante dans le processus de refondation de l’État malien initié par la Transition.

Le Général Sangaré a mis en avant les prouesses de l’Armée malienne depuis le début de la Transition, soulignant les avancées significatives obtenues grâce à l’unité et au soutien du peuple. Il a saisi l’occasion pour saluer l’appui des pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES), qui ont mutualisé leurs efforts pour renforcer la sécurité et la stabilité régionale. Selon lui, la vision patriotique du Président de la Transition, soutenue par le peuple malien, a permis de restaurer la confiance et de bâtir une armée capable de défendre la souveraineté nationale. 

Une armée au cœur de la Transition

L’allocution du Général Sangaré a souligné le rôle central de l’armée dans le projet de transition en cours. « Toute démocratie repose sur une armée forte », a-t-il affirmé, rappelant que le renforcement de l’institution militaire est une condition indispensable pour assurer la stabilité et garantir l’avenir du pays. Il a également insisté sur le fait que le soutien populaire a été fondamental dans ce processus, permettant aux forces armées de surmonter les complots qui les ont visées par le passé.

Cette cérémonie, qui s’est achevée par une photo de famille, témoigne de l’engagement des autorités maliennes à honorer les acteurs de la Transition et à poser les bases d’un État fort, souverain et ancré dans les valeurs patriotiques. Elle marque une nouvelle étape dans le cheminement vers la stabilité et la paix, en mettant l’accent sur le rôle central de l’armée, qui demeure le pilier de la sécurité nationale et de la démocratie au Mali.

Chiencoro Diarra 

22 octobre 2024 0 comments
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écoles inondées
Éducation

Des écoles sous les eaux : l’éducation sacrifiée en Afrique subsaharienne

by Bakary FOMBA 18 octobre 2024
written by Bakary FOMBA 4 minutes read

Les inondations dévastatrices qui frappent l’Afrique de l’Ouest et du Centre, notamment au Nigéria, au Mali et au Niger, ont plongé des millions d’enfants dans une crise éducative sans précédent. Avec des écoles détruites, des bâtiments scolaires occupés par des sinistrés et des familles déplacées loin des centres d’enseignement, la rentrée scolaire est repoussée, menaçant l’avenir de toute une génération.

Les pluies torrentielles ont englouti les écoles d’Afrique de l’Ouest et du Centre, laissant des milliers d’enfants à la dérive, sans accès à l’éducation. Comme des navires abandonnés en pleine tempête, ces jeunes générations luttent pour retrouver le cap vers un avenir éclairé. Cette situation affecte des millions de personnes, exacerbant les risques de maladies et d’insécurité alimentaire.

Des millions d’enfants privés d’école

Dans un communiqué publié le 15 octobre 2024, l’ONG Save the Children a révélé que plus de 10 millions d’enfants en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale se retrouvent sans accès à l’école, en raison des inondations qui ont rendu inutilisables de nombreux établissements scolaires. Cette crise s’ajoute aux nombreux défis déjà présents dans ces régions, tels que les conflits armés et la pauvreté, qui entravent depuis longtemps l’accès à une éducation de qualité.

Les dégâts causés par les inondations ont particulièrement touché le secteur éducatif en Afrique, où de nombreuses salles de classe ont été détruites ou complètement inondées. Cette situation a conduit plusieurs pays à reporter la rentrée scolaire 2024-2025.

L’ampleur de la catastrophe

L’ONU a signalé que, dès la fin septembre 2024, plus de 414 000 personnes étaient déjà affectées par les inondations au Nigéria, causant au moins 40 décès et des dizaines de blessés. Cette catastrophe survient dans un pays déjà lourdement frappé par la pauvreté et l’insécurité. Avant même l’arrivée de ces inondations, exacerbées par le changement climatique, plus de 4 millions de personnes dans le nord-est du Nigéria avaient désespérément besoin d’aide humanitaire.

Le Mali n’est pas épargné. D’après le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, 177 personnes ont perdu la vie depuis le début de l’hivernage, et 148 autres ont été blessées. Avec un total de 656 cas d’inondations recensés, l’effondrement de 37 999 maisons a touché 264 646 personnes dans 47 955 familles. En conséquence, la rentrée scolaire 2024-2025 a dû être reportée. Le ministre malien de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, a également précisé que 128 écoles publiques étaient occupées par des sinistrés, 167 autres restaient inondées et 256 établissements s’étaient effondrés.

Au Niger, la situation est tout aussi préoccupante : plus de 5 000 salles de classe ont été détruites ou inondées, entraînant le report de la rentrée scolaire trois semaines avant sa date initiale. 

Le phénomène s’étend au-delà des pays mentionnés, touchant également le Tchad, le Cameroun et la Guinée, où des crues et inondations ont causé des centaines de morts et de déplacements massifs.

Repenser la résilience des infrastructures éducatives

Face à cette situation alarmante, l’ONG Save the Children appelle les gouvernements et leurs partenaires à prendre des mesures d’urgence pour garantir la continuité de l’éducation des enfants dans les régions touchées. 

La crise des inondations en Afrique souligne l’urgence de protéger le droit à l’éducation des enfants, en particulier dans des contextes déjà fragiles. Il est essentiel de repenser la résilience des infrastructures éducatives afin de les adapter aux phénomènes météorologiques extrêmes, de plus en plus fréquents à cause du changement climatique. Les écoles doivent être construites ou réhabilitées de manière à pouvoir faire face à ces catastrophes, garantissant ainsi la sécurité des élèves et des enseignants.

Pour répondre à cette crise éducative, il est impératif que les donateurs soutiennent les efforts visant à pallier les conséquences des catastrophes naturelles, afin que les enfants affectés puissent poursuivre leur scolarité dans des conditions optimales. Les gouvernements et les partenaires internationaux doivent unir leurs efforts pour proposer des solutions alternatives et durables qui assurent l’accès à l’éducation pour tous, dans le respect des droits fondamentaux des enfants.

Bakary Fomba

18 octobre 2024 0 comments
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Billet d'humeur
A la UneBillet d'humeur

Mali : les nouveaux généraux sont-ils prêts pour la transition vers un pouvoir civil ?

by Sahel Tribune 18 octobre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le Mali est à un tournant décisif. Après plusieurs années sous la houlette des militaires, le pays se prépare à retrouver un gouvernement civil. Enfin, en théorie. Car une question cruciale se pose : nos généraux, fraîchement promus, sont-ils réellement prêts à céder le pouvoir aux civils après tout ce temps à la tête de l’État ? Difficile à dire.

Il est évident que ces hommes, qui ont pris les rênes du pays en plein chaos, ont réussi à ramener une certaine stabilité. Ils ont sécurisé des territoires perdus, renforcé l’armée et rétabli un semblant d’ordre dans un Mali qui en avait bien besoin. Assimi Goïta et ses compagnons, devenus des figures quasi incontournables, ont forgé une image de sauveurs. Mais voilà, cette image est peut-être trop bien ancrée. Quand on a pris goût à l’exercice du pouvoir, quand on est passé de colonel à général en pleine transition, comment lâcher les commandes d’un État qu’on a appris à maîtriser, à gérer, à gouverner ?

Le goût du pouvoir est-il si facile à quitter ?

On ne va pas se mentir, quitter le pouvoir, c’est toujours un peu amer. D’autant plus lorsqu’on a œuvré, jour après jour, pour redresser un pays. Alors, les civils, vraiment ? Les généraux accepteront-ils de se retirer sur la pointe des pieds, laissant derrière eux tout ce qu’ils ont bâti ? Pas sûr. On les voit, déjà bien ancrés, sur la scène politique, avec des discours patriotiques, des promesses de paix et de sécurité. Et qui pourrait leur en vouloir ? Ils ont été au cœur de la transformation du Mali, ils ont incarné la souveraineté retrouvée. Mais la démocratie, c’est aussi savoir passer la main.

Les civils : un saut dans l’inconnu ?

Passer le flambeau à un gouvernement civil, c’est aussi prendre le risque de voir ses réformes remises en cause, ses décisions discutées, ses orientations réévaluées. Un peu comme un chef d’orchestre qui verrait un nouveau maestro changer la partition à la dernière minute. Pour nos généraux, l’idée de voir leur travail soumis à des voix civiles — moins martiales, moins rigides — pourrait être difficile à accepter. Car un gouvernement civil, c’est du débat, des compromis, de la transparence. Ce sont des lenteurs administratives, des discours d’opposition, des critiques. Bref, tout ce qu’un général n’aime pas vraiment quand il a l’habitude de donner des ordres et de voir son autorité respectée.

Mais c’est là tout le paradoxe. Ces généraux, qui ont souvent répété qu’ils œuvraient pour la nation, se doivent de montrer l’exemple. Ils doivent prouver qu’ils sont prêts à respecter cette fameuse feuille de route qui mène, étape après étape, à une vraie démocratie. Parce que le pouvoir militaire, aussi efficace soit-il, ne peut pas être la réponse à tous les maux du pays. Et les Maliens, eux, veulent plus qu’une sécurité retrouvée : ils aspirent à un avenir démocratique, avec des institutions civiles solides.

Le temps de l’ombre, ou une nouvelle phase politique ?

Pour Assimi Goïta et ses camarades, l’heure des décisions approche. Seront-ils des généraux qui, dans l’ombre, continueront à soutenir la reconstruction du pays, ou choisiront-ils de se lancer dans l’arène politique, à visage découvert ? La tentation est grande, il faut l’admettre. Avec la popularité qu’ils ont acquise, se présenter à des élections ne serait pas une folie. Ils savent qu’une partie du peuple malien voit en eux des protecteurs, des leaders capables de garantir la continuité de l’État. Mais pour cela, il faut accepter de jouer selon les règles de la démocratie : débats, oppositions, critiques. C’est un autre monde, un monde où le pouvoir ne se décrète pas, mais se partage.

En fin de compte, la vraie question n’est pas de savoir si ces généraux peuvent passer le flambeau aux civils. La question est de savoir s’ils peuvent résister à l’appel du pouvoir. Un pouvoir qu’ils ont redressé, et qu’ils ont porté. Sauront-ils, avec noblesse, se retirer quand le moment sera venu ? Ou bien choisiront-ils de continuer à jouer un rôle de premier plan dans l’avenir du Mali, au risque de brouiller les lignes entre civils et militaires ? L’avenir nous le dira. Mais une chose est sûre, l’histoire retiendra comment cette génération de généraux aura su — ou non — redonner au Mali un véritable pouvoir civil.

Oumarou Fomba 

18 octobre 2024 0 comments
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Bocar Harouna Diallo jeune chercheur en geographie rurale a lUniversite Cheikh Anta Diop
A la UnePolitique

Souveraineté électorale : Sonko opte pour le financement participatif de sa campagne

by Bocar Harouna Diallo 17 octobre 2024
written by Bocar Harouna Diallo 3 minutes read

Ousmane Sonko, Premier ministre sénégalais, a choisi d’innover en appelant ses militants à contribuer financièrement à sa campagne électorale. Cette démarche, qui s’écarte des pratiques traditionnelles, reflète sa capacité à mobiliser ses partisans tout en posant la question du rôle et des limites du financement communautaire dans le paysage politique sénégalais.

Dans un geste surprenant, Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a choisi une voie originale pour financer sa campagne électorale lors des prochaines législatives anticipées du 17 novembre 2024. Plutôt que de compter exclusivement sur les privilèges du parti au pouvoir ou sur des financements traditionnels, il a lancé un appel à ses militants pour qu’ils contribuent financièrement à l’effort de campagne. Cette approche novatrice témoigne de la capacité de Sonko à mobiliser sa base, même en tant qu’opposant sous le régime de Macky Sall.

Cette initiative met en lumière une dynamique importante dans le paysage politique sénégalais : le rôle du financement communautaire dans les campagnes électorales. À une époque où l’opposition doit souvent composer avec des ressources limitées face à la machine bien huilée du parti au pouvoir, ce type de financement devient un levier stratégique. Il permet non seulement de mobiliser des fonds, mais aussi de renforcer les liens entre le leader politique et sa base militante.

Les sources de financement des partis politiques

Le financement des partis politiques au Sénégal, et plus largement en Afrique, soulève plusieurs questions cruciales. Le recours au financement communautaire repose sur des piliers fondamentaux qui méritent d’être analysés de près.

Les partis politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, s’appuient sur plusieurs types de ressources. Parmi elles, les cotisations des membres jouent un rôle important, tout comme les dons privés. Certains partis bénéficient également de subventions publiques, accordées dans le cadre de leur participation au processus démocratique. Enfin, des activités de collecte de fonds, telles que des galas ou des événements, permettent de recueillir des contributions supplémentaires.

Une réglementation nécessaire pour plus de transparence

Le financement des partis doit être soumis à des règles strictes pour garantir l’intégrité du processus électoral. Au Sénégal, comme dans d’autres pays démocratiques, la transparence des finances est essentielle. Les partis doivent déclarer leurs sources de revenus, et des audits sont nécessaires pour s’assurer que les règles sont respectées. De plus, il est souvent imposé des limites aux contributions pour éviter que certains donateurs n’exercent une influence démesurée sur le parti qu’ils soutiennent.

Bien que le financement communautaire ait de nombreux avantages, il comporte également des risques. La corruption, par exemple, peut devenir un problème si les sources de financement ne sont pas correctement contrôlées. De même, l’influence excessive de certains grands donateurs peut fausser le jeu politique. Enfin, ce système peut exacerber les inégalités entre les partis, car ceux disposant d’un réseau de donateurs plus riche ou plus vaste peuvent dominer la scène politique.

Un levier essentiel pour la démocratie

Le financement communautaire reste néanmoins un levier essentiel pour la démocratie sénégalaise. Il permet aux partis, surtout ceux de l’opposition, de rester en compétition avec les grandes machines électorales tout en impliquant activement les citoyens dans le processus. Toutefois, ce modèle nécessite un cadre réglementaire rigoureux pour garantir l’équité et la transparence.

Le financement communautaire des partis politiques est vital pour la démocratie. Mais il doit être encadré par une réglementation stricte afin d’éviter les dérives et de garantir un système équitable. Les citoyens doivent également être pleinement informés des sources de financement de leurs partis afin de faire des choix éclairés lors des élections. Leur participation active à ce processus renforce d’ailleurs le contrôle politique exercé sur les leaders et contribue à une gouvernance plus transparente.

Par Bocar Harouna DIALLO, Géographe  

boxdiallo@hotmail.fr

17 octobre 2024 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneEdito

Une nouvelle élite militaire : quelles perspectives pour les jeunes générations ?

by Bakary FOMBA 17 octobre 2024
written by Bakary FOMBA 5 minutes read

La promotion récente des colonels de la Transition malienne au rang de généraux, avec à leur tête le désormais Général d’armée Assimi Goïta, marque une étape cruciale pour le pays. Cette élévation en grade, plus qu’un simple titre honorifique, symbolise une ascension fulgurante de figures militaires devenues des acteurs incontournables de la vie politique et sécuritaire du Mali. Mais au-delà du prestige et des étoiles, une question se pose : quel message cette nouvelle élite militaire envoie-t-elle aux jeunes générations maliennes, celles qui formeront l’épine dorsale du Mali de demain ?

Les jeunes Maliens, qui ont grandi dans un contexte de bouleversements politiques et d’insécurité persistante, sont aujourd’hui confrontés à un modèle où l’armée apparaît comme la principale force de stabilisation du pays. À leurs yeux, ces généraux incarnent non seulement la sécurité retrouvée, mais aussi la résilience, le patriotisme et la capacité à reprendre en main un État vacillant. Cette élite militaire, bâtisseuse de souveraineté, pourrait bien devenir un idéal pour une génération en quête de repères.

Le risque d’une militarisation des esprits ?

Cependant, si la nouvelle élite militaire est perçue par les jeunes comme un modèle d’autorité et de pouvoir, une militarisation excessive des esprits pourrait poser problème. Le danger réside dans le fait que l’armée, par son omniprésence, pourrait éclipser les autres voies d’engagement, notamment civiques et politiques. Le Mali, dans sa quête de stabilité, a effectivement vu ses militaires reprendre le contrôle du pays à des moments critiques, mais doit-il pour autant ériger cette voie comme la seule solution pour accéder à l’influence et au leadership ?

Il serait préoccupant que les jeunes Maliens assimilent désormais la réussite et l’autorité à l’uniforme, au détriment de la politique civile et démocratique. Ce modèle pourrait pousser une partie de la jeunesse à envisager la carrière militaire non plus comme un service à la nation, mais comme un tremplin vers le pouvoir. Et cela soulève des questions cruciales sur la diversité des chemins possibles pour les jeunes générations dans la construction du Mali de demain.

Une élite militaire aux valeurs de rigueur et de sacrifice

Néanmoins, il faut reconnaître à cette élite militaire des qualités indéniables. Les nouveaux généraux ont montré une rigueur et un sens du sacrifice qui ne peuvent que susciter l’admiration. Leur gestion de la sécurité nationale, leur lutte contre le terrorisme, et la reconquête de territoires tels que Kidal, Ber et bien d’autres localités clés ont donné un souffle nouveau à l’armée malienne. Pour une jeunesse souvent désabusée, c’est un exemple fort d’engagement pour le bien commun et de résilience face à l’adversité.

Ces valeurs, essentielles pour la reconstruction du pays, doivent être mises en avant. L’exemple de ces généraux pourrait inspirer les jeunes à redécouvrir le sens du devoir et à s’engager activement dans la vie publique. Toutefois, cette inspiration doit s’accompagner d’un encouragement à l’engagement dans d’autres sphères, qu’elles soient politiques, économiques ou sociales. Le Mali ne peut se construire uniquement sur l’uniforme ; il a besoin d’une jeunesse engagée dans tous les secteurs de la vie nationale.

Un modèle à équilibrer avec les ambitions démocratiques

L’un des défis à venir pour le Mali post-Transition sera donc de redéfinir l’équilibre entre la place de l’armée et celle des institutions civiles. Les généraux de la Transition, bien que respectés pour leur leadership, devront comprendre qu’un pays ne se gouverne pas exclusivement par la force militaire. Ils ont la responsabilité de montrer aux jeunes qu’une nation forte est avant tout une nation où la démocratie, la pluralité des opinions, et la participation citoyenne prévalent.

Les générations à venir doivent apprendre que le leadership peut s’exercer de diverses manières : dans le débat politique, dans l’entrepreneuriat, dans l’innovation sociale. Le véritable enjeu pour ces généraux promus sera donc de ne pas apparaître comme des figures de pouvoir monopolistique, mais comme des garants d’un système où la diversité des parcours est valorisée. Ils ont aujourd’hui la lourde tâche de démontrer que la stabilité militaire est une étape transitoire, et non un modèle permanent de gouvernance.

Des perspectives à construire ensemble

Le défi est de taille : comment faire en sorte que l’élite militaire serve de modèle tout en préservant l’horizon d’un Mali véritablement démocratique ? Il s’agit d’un équilibre délicat à atteindre. Les jeunes Maliens doivent pouvoir voir en ces généraux des exemples de patriotisme, de dévouement, mais sans en faire des figures incontournables du pouvoir politique.

Dans une période où le Mali est en pleine refondation, il est essentiel de rappeler aux jeunes générations qu’elles doivent aussi être les actrices de cette renaissance. Les généraux de la Transition, bien que figures centrales de cette phase critique, ne doivent pas être les seuls héros de l’histoire nationale. Le pays a besoin de citoyens investis, dans l’armée certes, mais aussi dans la société civile, dans les institutions démocratiques, et dans l’économie. C’est dans cette pluralité que se construira le Mali de demain.

En définitive, les généraux promus ont une responsabilité énorme vis-à-vis de la jeunesse. Leur exemple est fort, mais il doit être tempéré par une ouverture vers d’autres formes d’engagement. Ce sera l’un des grands défis de l’après-Transition : montrer que l’ascension militaire ne doit pas être le seul chemin vers l’avenir.

17 octobre 2024 0 comments
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Assimi Goïta et compagnons
A la UneAnalyses

Assimi Goïta et ses Compagnons : la promotion de la détermination et de la victoire

by Chiencoro 16 octobre 2024
written by Chiencoro 4 minutes read

Le 16 octobre 2024 restera gravé dans l’histoire récente du Mali. Lors du Conseil des ministres, six des figures les plus emblématiques de la Transition ont été élevées au grade de général : le Colonel Assimi Goïta, Président de la Transition, ainsi que les Colonels Sadio Camara, Modibo Koné, Malick Diaw, Ismaël Wagué et Abdoulaye Maïga. Cette promotion n’est pas qu’une simple reconnaissance militaire, mais bien un symbole de l’engagement total de ces hommes pour la souveraineté et la sécurité du Mali.

Depuis août 2020, ces hommes ont porté à bout de bras une nation en quête de stabilité et de renouveau. Leur accession au rang de généraux n’est que la consécration de quatre années d’efforts acharnés pour la défense du pays et sa refondation. Ils sont devenus les acteurs clés d’un Mali qui refuse désormais d’être un spectateur passif face aux menaces sécuritaires et aux ingérences extérieures.

Nomination exceptionnelle de généraux
Capture d’écran du communiqué du Conseil des ministres du 16 octobre 2024 faisant ressortir la liste des personnalités élevées au grade de général.

Assimi Goïta, le général de l’unité et de la sécurité

Assimi Goïta, promu général d’armée cinq étoiles, rejoint ainsi le cercle restreint des grandes figures militaires du pays, aux côtés de Moussa Traoré et Amadou Toumani Touré. Mais ce qui différencie Goïta et ses compagnons d’armes, c’est leur détermination à ne pas se limiter à la simple gestion d’une transition. Ils ont transformé une situation de crise en une opportunité pour redonner au Mali sa dignité et sa souveraineté. Ce n’est pas un hasard si cette promotion intervient à un moment où l’armée malienne est en pleine montée en puissance, prête à défendre le pays avec des moyens renforcés et modernisés.

Leur engagement ne se résume pas seulement à la sécurité. Depuis le début de la Transition, ces colonels, devenus généraux, ont su remettre le peuple malien au centre des décisions. Les réformes politiques et économiques qu’ils ont portées ont toujours été guidées par les aspirations populaires. La lutte contre le terrorisme, la réintégration de Kidal sous contrôle de l’État, le retrait de la Minusma et des forces françaises, ou encore la révision constitutionnelle sont autant de mesures que le peuple malien a soutenues et pour lesquelles il s’est battu aux côtés des autorités de la Transition.

Une montée en grade, un renforcement de la légitimité

Cette montée en grade vient également renforcer la légitimité de leurs actions sur le plan international. Les généraux de la Transition ont su imposer le Mali comme un acteur incontournable dans la région du Sahel. La création de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le Mali est membre fondateur, illustre cette volonté de coopérer avec d’autres nations africaines pour renforcer la sécurité et promouvoir une solidarité régionale face aux défis communs. Ce leadership affirmé sur la scène internationale renforce l’image d’un Mali qui, loin de subir les crises, les affronte avec détermination et autonomie.

Des réformes qui touchent tous les secteurs clés

Au-delà des questions militaires et diplomatiques, leur action touche également des secteurs essentiels pour le développement du pays. Le secteur minier a été réformé pour que les richesses du sol malien profitent d’abord à ses citoyens. La gestion des infrastructures stratégiques, comme les aéroports, a été confiée aux nationaux, marquant un tournant vers une économie plus souveraine. Sur le plan social, la paix retrouvée dans le secteur éducatif, après des années de perturbations, est un autre succès à mettre à leur actif. Il faut souligner aussi l’apaisement du climat social à travers la signature du pacte social de stabilité. 

Quant à l’énergie, ces hommes ont compris que le développement ne peut se faire sans un accès élargi à l’électricité. Leur programme d’électrification par l’énergie solaire est une initiative phare qui transforme le quotidien des Maliens, surtout dans les zones rurales. En parallèle, la restauration des infrastructures sportives montre qu’ils n’ont pas oublié l’importance de la cohésion sociale et du bien-être des citoyens.

Des généraux portés par la volonté du peuple

Loin d’être un geste honorifique isolé, cette promotion au rang de généraux représente la continuité logique d’une Transition qui place la souveraineté, la sécurité, et le développement du Mali au cœur de ses priorités. Ces hommes ont su écouter les aspirations du peuple et les traduire en actions concrètes. Leur parcours témoigne de leur capacité à allier rigueur militaire et vision politique, avec une détermination qui inspire confiance pour l’avenir.

Alors, oui, il y a ceux qui critiquent. Il y aura toujours des sceptiques. Mais on ne peut nier que ces généraux ont apporté une nouvelle dynamique à un Mali qui, il y a encore peu de temps, semblait perdu face aux multiples crises. Aujourd’hui, grâce à leur leadership, le Mali se redresse, reprend le contrôle de ses territoires et de son destin. Et c’est là que réside leur véritable victoire : redonner aux Maliens l’espoir en un avenir meilleur et la fierté de dire que leur pays est, enfin, sur la voie de la refondation.

Chiencoro Diarra 

16 octobre 2024 0 comments
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Robot majordome
A la UneBillet d'humeur

Perfectionnement ou déshumanisation : où nous mène la révolution technologique ?

by Fousseni TOGOLA 7 octobre 2024
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

Alors que la technologie prend une place grandissante dans nos vies, beaucoup craignent de perdre leur humanité face à l’essor des machines. Mais devons-nous vraiment avoir peur de nos propres créations, ou apprendre à les maîtriser pour en tirer profit ?

Avons-nous peur du changement ou du fait que les produits de l’intelligence humaine nous dominent ? Voilà une question qui, de prime abord, pourrait sembler paradoxale. N’est-ce pas l’homme, être rationnel et créateur, qui a toujours cherché à repousser les limites de son environnement et à devenir, pour reprendre la formule de Descartes, « comme maître et possesseur de la nature » ? Cependant, à mesure que nos inventions et innovations se perfectionnent, un sentiment de malaise grandit. Ces créations, autrefois perçues comme des instruments à notre service commencent à jouer un rôle de plus en plus prépondérant, voire dominant, dans nos vies. Mais alors, d’où vient cette peur ? Est-ce la peur du changement lui-même ou la crainte de perdre notre humanité au profit de la machine ?

Une peur irrationnelle

L’essor de la technologie a fait naître un monde où les machines, l’intelligence artificielle, et les systèmes automatisés ne sont plus de simples outils, mais des entités capables de remplacer l’humain dans de nombreux domaines. Ces technologies perfectionnées, issues de notre esprit créatif, semblent s’immiscer dans tous les aspects de notre existence : travail, relations sociales, santé, éducation, et bien plus encore. Pour certains, ce phénomène représente un véritable progrès, une évolution naturelle et souhaitable de la civilisation. Pour d’autres, il symbolise une déshumanisation progressive, où l’humain se voit relégué à une position subordonnée à ses propres créations.

On pourrait penser que l’on assiste à une artificialisation du monde, une transformation où le naturel cède sa place aux mécaniques, à l’automatisé. Pourtant, cette évolution n’est-elle pas le fruit d’un long processus que l’humanité a initié depuis des millénaires ? Depuis l’invention de l’agriculture, qui nous a libérés de la chasse et de la cueillette, jusqu’à l’avènement des sociétés industrielles, chaque étape de l’histoire a été marquée par la volonté de l’homme de transcender ses limites naturelles. Pourquoi donc, face à ce nouveau stade de perfectionnement technologique, ressentons-nous une peur presque irrationnelle ?

Des clés pour relever les défis majeurs de notre époque

Il est vrai que cette peur n’est pas totalement infondée. À mesure que les machines deviennent plus sophistiquées, elles semblent prendre une place centrale dans nos vies, au point de remettre en question des concepts fondamentaux comme le travail, la créativité, voire la liberté humaine. Certaines tâches, autrefois réservées à l’intelligence et à l’habileté humaines, sont désormais réalisées par des algorithmes ou des robots. Cela soulève une inquiétude profonde : serions-nous en train de devenir obsolètes ? Cette crainte rappelle étrangement la « dialectique du maître et de l’esclave » de Hegel, où le maître, en cherchant à dominer, finit par devenir dépendant de l’esclave, tandis que ce dernier acquiert une forme de pouvoir à travers son travail. Les machines, créées pour nous servir, pourraient-elles à leur tour nous asservir ?

Mais avant de céder à la panique, il est essentiel de nuancer cette vision. Plutôt que de voir les produits de notre intelligence comme des menaces, ne devrions-nous pas les considérer comme des prolongements de nos capacités ? L’humanité a toujours cherché à repousser ses limites, à s’améliorer, à se surpasser. L’intelligence artificielle et les technologies avancées ne sont finalement que le reflet de cette quête perpétuelle de perfectionnement. Ces outils, loin de nous déshumaniser, pourraient bien être la clé pour relever les défis majeurs de notre époque, qu’il s’agisse du changement climatique, des maladies, ou encore des inégalités sociales.

Une humanité en symbiose avec son environnement

Le véritable enjeu ne réside pas dans la technologie elle-même, mais dans la manière dont nous choisissons de l’utiliser. Si nous l’abordons avec sagesse, en gardant à l’esprit notre responsabilité éthique et sociale, ces innovations peuvent devenir des alliées précieuses. Si, en revanche, nous laissons la peur guider nos actions, nous risquons de passer à côté des opportunités qu’elles nous offrent.

Nous ne devons pas craindre nos propres créations, mais apprendre à les maîtriser. Devenir véritablement « maîtres et possesseurs de la nature » implique non pas de rejeter les fruits de notre intelligence, mais de les intégrer de manière harmonieuse dans nos vies. Car c’est en nous appropriant ces technologies, en les utilisant pour améliorer nos conditions de vie, que nous pourrons enfin réaliser cette promesse millénaire d’une humanité en symbiose avec son environnement.

Fousseni Togola 

7 octobre 2024 0 comments
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