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l’opposant tchadien Succès Masra
ActuPolitique

Succès Masra dénonce : Paris, frein à la démocratie au Sahel

by Sahel Tribune 23 novembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

La France, accusée par l’opposant tchadien Succès Masra, à l’approche des élections législatives et communales du 29 décembre prochain, de freiner la démocratie au Tchad en soutenant Mahamat Idriss Déby, alimente les critiques sur son rôle ambigu en Afrique.

La politique africaine de la France est à nouveau sous le feu des critiques, cette fois par la voix de l’opposant tchadien Succès Masra. Dans un entretien accordé à l’AFP, à l’approche des élections législatives et communales du 29 décembre prochain, le leader du parti Les Transformateurs accuse Paris de freiner le processus démocratique au Tchad, en privilégiant un soutien sans faille au président Mahamat Idriss Déby au détriment du peuple tchadien. Ces accusations ne sont pas isolées, mais reflètent une tendance récurrente de la diplomatie française à choisir la stabilité apparente plutôt que la justice et la légitimité démocratique.

Un soutien indéfectible à une dynastie contestée

Le Tchad est emblématique de l’approche française en Afrique : maintenir coûte que coûte des régimes autoritaires en échange d’une loyauté stratégique. Depuis la mort d’Idriss Déby en 2021, son fils a hérité du pouvoir avec la bénédiction immédiate de Paris. L’empressement avec lequel Emmanuel Macron a soutenu le jeune Déby est particulièrement choquant, surtout dans un contexte où le scrutin qui a suivi, en mai dernier, a été qualifié de « ni libre ni crédible » par les observateurs internationaux.

L’opposant Succès Masra n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, la France a « clairement choisi une famille au détriment du peuple tchadien ». Et comment lui donner tort, quand Paris a non seulement félicité Déby pour sa victoire, mais a aussi ignoré les appels répétés à la transparence sur les résultats électoraux ? Les copies des procès-verbaux et les fichiers des résultats n’ont jamais été rendus publics. Un silence complice qui n’a pas échappé à ceux qui espéraient un changement démocratique au Tchad.

Un découpage électoral sur mesure

La situation est aggravée par un découpage électoral récent qui, selon Masra, réduit le poids électoral des régions les plus peuplées au profit des moins peuplées, une stratégie classique pour diluer la voix des opposants et consolider le pouvoir d’une élite au service du président. Ce stratagème, combiné à une situation humanitaire désastreuse causée par des inondations massives, prive des millions de Tchadiens d’un droit de vote effectif.

Malgré ces évidences, la France persiste dans son appui à un régime qui ne fait rien pour résoudre ces injustices. Pour Masra, Paris fait le choix « d’un homme fort » au détriment d’une véritable stabilité à long terme fondée sur une démocratie inclusive.

La stabilité à tout prix, une illusion française

L’argument central de la France est toujours le même : la stabilité. Mais cette stabilité est une illusion, construite sur des bases fragiles de répression et de violations des droits humains. Depuis trois ans, l’opposition tchadienne et les militants des droits humains subissent une répression sanglante et répétée. Le silence assourdissant de Paris face à ces exactions est la preuve d’une faiblesse stratégique déguisée en pragmatisme.

Comme le souligne Masra, la France privilégie une stabilité politique fictive pour préserver ses intérêts militaires et économiques. Avec trois bases militaires et plusieurs centaines de soldats déployés au Tchad, ce pays est devenu le dernier bastion de l’influence française au Sahel. Paris semble prêt à tout pour conserver cet ancrage, quitte à ignorer les aspirations légitimes du peuple tchadien.

Le Tchad comme miroir des échecs français en Afrique

En adoptant cette posture, la France alimente une hostilité croissante envers elle-même. Dans un Sahel où elle est déjà critiquée pour son rôle ambigu, Paris continue de donner l’impression qu’elle considère l’Afrique comme son pré carré. Ce paternalisme déguisé en partenariat stratégique est non seulement dépassé, mais aussi dangereux pour l’avenir de la coopération entre la France et ses anciennes colonies.

Le cas du Tchad illustre les contradictions et les échecs de la politique africaine de la France. À force de soutenir des régimes autocratiques au nom de la stabilité, Paris se coupe de la réalité des aspirations démocratiques des peuples africains. La France se retrouve accusée de jouer contre la démocratie, d’étouffer les contestations légitimes, et d’être complice des abus d’un pouvoir qu’elle protège.

Si la France veut réellement jouer un rôle constructif en Afrique, elle devra réviser sa stratégie. Soutenir des régimes corrompus et répressifs ne garantit pas la stabilité, mais prépare les conditions de soulèvements populaires et de ruptures brutales. Le temps est venu pour Paris de choisir un véritable partenariat basé sur les valeurs qu’elle prétend défendre : la démocratie, les droits humains et la transparence.

Au Tchad, comme ailleurs, la France doit cesser d’être un frein et devenir un levier pour le changement. Le peuple tchadien le réclame. Le Sahel le demande. L’histoire, bientôt, le jugera.

Alassane Diarra

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Téléphone mobile
Économie

Mali, Niger, Burkina Faso : l’AES abolit les frontières téléphoniques avec le free roaming

by Sahel Tribune 23 novembre 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

L’AES marque une avancée majeure en supprimant les frais d’itinérance entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, renforçant ainsi l’intégration régionale et la connectivité des peuples.

La signature, le 21 novembre à Niamey, d’un protocole d’accord établissant la gratuité de la réception des appels et SMS entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso marque une avancée significative pour l’Alliance des États du Sahel (AES). Cet accord, centré sur la levée des frais d’itinérance téléphonique, reflète une volonté commune de renforcer l’unité régionale, tout en apportant des bénéfices concrets aux citoyens de la zone.

Avec cet accord, les citoyens des trois pays pourront désormais communiquer librement sans subir les coûts prohibitifs de l’itinérance, communément appelée « roaming ». Comme l’a souligné Wenlassida Patrice Compaoré, secrétaire exécutif de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) du Burkina Faso, cette mesure vise à éliminer « le poids du surcoût d’itinérance qui freine la mobilité et les liens entre les peuples ». En supprimant ces barrières, l’AES se positionne en fer de lance pour la connectivité régionale, un levier essentiel pour le développement économique et social.

Une avancée technologique dans un contexte géopolitique tendu

Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de l’AES visant à bâtir une union intégrée. À travers cet accord, les régimes militaires au pouvoir dans les trois pays démontrent leur engagement à répondre aux attentes de leurs populations en matière de connectivité et d’intégration économique. La gratuité des appels et SMS en itinérance est un signal fort envoyé à la communauté internationale : l’AES n’est pas seulement une alliance politique, mais également un projet de développement pragmatique et tourné vers l’avenir.

Cet accord intervient dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et politiques qui touchent les trois pays. Malgré ces contraintes, l’AES montre sa capacité à initier des projets concrets qui profitent directement aux populations. En rendant la communication plus accessible, l’alliance renforce les interactions entre les peuples et favorise une meilleure coopération transfrontalière. Cette mesure contribue également à affirmer l’indépendance numérique de la région face aux défis géopolitiques, notamment en réduisant la dépendance aux infrastructures technologiques étrangères.

Des inspirations et des perspectives prometteuses

La signature de cet accord s’inscrit dans la continuité du projet « free roaming » initié depuis 2016 par plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Mali et le Burkina Faso. Cet héritage, étendu et consolidé par l’AES, témoigne de la volonté d’accélérer la construction d’un espace numérique harmonisé en Afrique. L’ambition d’élargir cet accord à d’autres pays, comme le Togo, ouvre la voie à une coopération régionale renforcée.

La suppression des frais d’itinérance n’est pas seulement une mesure technique ; elle est aussi un outil puissant pour l’intégration économique. Elle facilite les échanges commerciaux, les déplacements transfrontaliers, et contribue à tisser un tissu social plus dense entre les peuples. Avec des initiatives comme celle-ci, l’AES montre qu’elle est en mesure de concilier les enjeux politiques et les besoins concrets de ses citoyens.

Cet accord sur le « free roaming » est bien plus qu’une simple avancée technique. Il illustre la capacité de l’AES à transformer une vision politique en une réalité tangible pour ses populations. Dans un contexte où la coopération internationale est souvent mise à rude épreuve, cette initiative est une preuve que l’intégration régionale reste possible, même dans les conditions les plus complexes.

Avec des projets comme celui-ci, l’AES renforce sa légitimité et ouvre la voie à une intégration plus profonde, en faisant de la connectivité un moteur de développement pour tout le Sahel.

Oumarou Fomba 

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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
A la UneÉconomie

L’AES harmonise ses documents de voyage pour renforcer l’intégration économique

by Sahel Tribune 23 novembre 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

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liste électorale
Politique

Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : un enrôlement électoral sous tension

by Sahel Tribune 22 novembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

L’enrôlement électoral en Côte d’Ivoire, marqué par des tensions et des demandes de prolongation, révèle des défis majeurs pour une présidentielle apaisée en 2025.

La révision de la liste électorale en Côte d’Ivoire, achevée récemment, expose une fois de plus les défis structurels et politiques qui jalonnent le chemin vers une présidentielle apaisée en 2025. Si la Commission électorale indépendante (CEI) se félicite de l’inscription de 943 157 nouveaux électeurs, ce chiffre reste en deçà des 4,5 millions attendus. Entre un bilan mitigé, des appels de l’opposition pour prolonger la période d’enrôlement, et des inquiétudes sur la transparence du processus, cette opération de mise à jour des listes électorales soulève de nombreux enjeux.

Un progrès encourageant, mais insuffisant

D’un point de vue purement quantitatif, les 943 157 primo-inscrits représentent une progression notable par rapport à la révision précédente (575 489 en 2022-2023). Toutefois, cet « encouragement » ne peut masquer la réalité : moins d’un quart des électeurs potentiels ont répondu à l’appel de la CEI. Ce fossé entre les prévisions et les résultats soulève des questions sur l’efficacité de la campagne d’information, la mobilisation des populations et les obstacles matériels ou administratifs qui freinent l’inscription.

L’enjeu ici n’est pas simplement numérique. Derrière ces chiffres se cachent des milliers de voix, potentiellement exclues du processus démocratique, ce qui pourrait biaiser le paysage électoral et, à terme, remettre en cause la légitimité des résultats. Dans une démocratie naissante ou fragile, où chaque vote compte pour cimenter la confiance citoyenne, un tel déséquilibre est une faille critique.

Une opposition en alerte, un gouvernement sur la défensive

Face à ce bilan, les partis d’opposition, notamment le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), sonnent l’alarme. Tidjane Thiam, leader du PDCI, appelle à une prolongation de la période d’enrôlement, une demande partagée par le PPA-CI, qui réclame trois mois supplémentaires pour permettre à tous les Ivoiriens de s’inscrire. Ces revendications traduisent une inquiétude légitime quant à l’équité du processus, mais elles reflètent également une stratégie politique : s’assurer que leurs bases respectives ne soient pas marginalisées.

Le gouvernement, de son côté, reste silencieux face à ces demandes. Cette posture, perçue comme une indifférence ou une volonté de contrôle, alimente les tensions. La CEI, bien que techniquement autonome, semble elle-même prise dans une nasse politique, où son impartialité est constamment mise en doute. Cette dynamique, si elle persiste, risque de fragiliser davantage le climat politique à l’approche du scrutin.

Des prémices inquiétants pour 2025

Les propos de Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du PPA-CI, sonnent comme un avertissement : « La mauvaise gestion de la liste électorale constitue les prémices des dangers qui se profilent à l’horizon. » En effet, une liste électorale incomplète ou mal actualisée pourrait exacerber les tensions post-électorales dans un pays où le souvenir des violences de 2010-2011 reste vivace.

Les dysfonctionnements observés soulèvent également des interrogations sur les ressources et la planification. Pourquoi une si grande disparité entre les objectifs fixés et les résultats obtenus ? La faible couverture médiatique, les obstacles administratifs, ou encore le manque d’engouement des populations pour un processus souvent perçu comme bureaucratique, sont autant de facteurs à analyser.

Une opportunité manquée de renforcer la démocratie

La révision de la liste électorale est bien plus qu’une formalité technique. Elle constitue une opportunité cruciale pour renforcer la participation citoyenne, gage de légitimité démocratique. En ne permettant pas à des millions d’Ivoiriens d’accéder à cet outil fondamental, la CEI et, par extension, le gouvernement, risquent de creuser davantage le fossé entre les institutions et le peuple.

Pour éviter que ce processus ne devienne une source de division, il est important de répondre rapidement et clairement aux appels de l’opposition. Une prolongation raisonnable de la campagne d’enrôlement, assortie d’un effort massif d’information et de facilitation administrative, pourrait désamorcer une partie des tensions et redonner confiance aux citoyens.

La gestion de la liste électorale, pierre angulaire de tout scrutin transparent, sera un indicateur clé de la capacité des autorités à organiser un processus crédible et inclusif. À défaut d’une réaction proactive et concertée, le pays risque de raviver des fractures politiques et sociales qui n’ont jamais vraiment cicatrisé.

Alassane Diarra 

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Morila-S.A
ActuÉconomie

Souveraineté économique : le Mali rachète la mine d’or de Morila

by Chiencoro 22 novembre 2024
written by Chiencoro 4 minutes read

Le Mali finalise le rachat stratégique de la mine d’or de Morila, affirmant ainsi sa volonté de renforcer le contrôle national sur ses ressources minières.

Le Mali franchit un pas décisif dans sa stratégie de souveraineté économique avec la finalisation du rachat de la mine d’or de Morila. Ce projet, suspendu pendant plusieurs mois en raison d’un litige juridique, selon nos confrères de Sputnik, illustre les ambitions du gouvernement de renforcer le contrôle national sur les ressources minières stratégiques. 

Une étape clé dans la nationalisation des ressources minières

La signature initiale de l’accord, en mai 2024, entre l’État malien et le groupe australien Firefinch avait suscité un vif intérêt. Elle marquait une volonté claire de Bamako d’intégrer la mine d’or de Morila dans le portefeuille de la société publique SOREM, outil central de la nationalisation des ressources minières du pays. Cependant, cette avancée a été temporairement freinée par un litige opposant Firefinch au sous-traitant local Entreprise Générale Traoré et Frères SARL, menaçant de retarder davantage une initiative jugée cruciale pour le développement économique national.

Le 20 novembre, l’annonce du retrait de la plainte par Firefinch a permis de lever ce blocage juridique, ouvrant ainsi la voie à la finalisation de l’acquisition. Selon l’agence Ecofin, cette transaction est désormais sur le point d’être conclue, consolidant ainsi la place de SOREM dans la gestion des ressources aurifères.

Une stratégie salvatrice dans un contexte économique complexe

Le rachat de Morila ne se limite pas à une simple transaction commerciale. Il s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement malien visant à nationaliser et mieux valoriser ses richesses naturelles, en particulier l’or, qui représente une part importante des revenus de l’État. La mine de Morila, autrefois surnommée « la mine dorée de la région », est emblématique de ce secteur, ayant produit des tonnes d’or depuis son ouverture en 2000.

Cette stratégie reflète également une volonté de réduire la dépendance vis-à-vis des multinationales et de renforcer les capacités locales dans la gestion des ressources naturelles. En intégrant des mines stratégiques comme Morila dans le giron public, le Mali espère maximiser les bénéfices économiques et les réinvestir dans des secteurs clés tels que les infrastructures, la santé et l’éducation.

Un enjeu de souveraineté économique

Au-delà des considérations économiques, le rachat de la mine de Morila symbolise un enjeu de souveraineté. La décision de nationaliser davantage de ressources est une réponse directe aux critiques formulées par de nombreux observateurs sur la faible répartition des bénéfices des industries extractives entre l’État et les entreprises étrangères.

Ce repositionnement stratégique s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays africains, à l’instar du Mali, revoient leurs contrats miniers et pétroliers pour obtenir de meilleures conditions. L’acquisition de Morila, sous l’égide de SOREM, pourrait servir de modèle pour d’autres initiatives visant à renforcer le contrôle étatique sur les secteurs clés.

Des défis à relever pour pérenniser les ambitions

Cependant, cette démarche ambitieuse n’est pas exempte de défis. La gestion publique des ressources naturelles, souvent critiquée pour son manque d’efficacité et de transparence, devra convaincre les parties prenantes, tant nationales qu’internationales. La SOREM, en particulier, aura la responsabilité d’assurer une exploitation optimale de Morila tout en respectant les normes environnementales et en impliquant les communautés locales.

En outre, le Mali devra surmonter des obstacles structurels, notamment le renforcement de ses capacités techniques et managériales, pour éviter que les mines nationalisées ne deviennent des fardeaux financiers. Une gestion rigoureuse et transparente sera essentielle pour prouver que la nationalisation peut coexister avec une exploitation rentable et bénéfique pour l’ensemble du pays.

Une nouvelle ère pour le secteur minier malien

Avec la finalisation imminente du rachat de la mine d’or de Morila, le Mali ouvre une nouvelle page de son histoire économique. Ce geste de souveraineté envoie un signal fort : celui d’un État prêt à reprendre en main son destin économique et à maximiser les retombées de ses ressources naturelles pour le bien-être de ses citoyens. Si les défis sont nombreux, les opportunités le sont tout autant. En réussissant cette transition, le Mali pourrait devenir un exemple inspirant pour d’autres nations africaines en quête d’un modèle de développement plus équitable et durable.

Chiencoro Diarra 

22 novembre 2024 0 comments
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Deux compteurs prepayes ISAGO
ÉconomieEnquête

EDM-SA : quand l’électricité coûte une fortune, même dans l’obscurité

by Sahel Tribune 22 novembre 2024
written by Sahel Tribune 5 minutes read

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Le Capitaine Ibrahim Traoré exhorte à un éveil de conscience en Afrique.
A la UneÉconomie

Gel des avoirs — le Burkina Faso intensifie la lutte contre le terrorisme et ses soutiens

by Sahel Tribune 22 novembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Les autorités burkinabè de la transition annoncent le gel des avoirs de 115 personnes et entités. Une situation qui mêle lutte contre le terrorisme et répression politique dans un climat de tensions croissantes.

La décision des autorités burkinabè de geler les avoirs de 115 personnes et entités, annoncées le 19 novembre 2024, marque un tournant décisif dans la lutte pour la souveraineté et la sécurité du pays. Cet acte, s’il est mal interprété par certains, s’inscrit dans une logique de préservation des intérêts supérieurs du Burkina Faso. Pour les autorités de transition, il ne s’agit pas uniquement de sanctionner, mais de poser un cadre clair face à des menaces multiformes qui minent l’avenir de la nation.

Une démarche légitime et nécessaire

Depuis leur arrivée au pouvoir, les autorités de transition ont montré une détermination sans faille à rétablir l’ordre et la stabilité dans un contexte marqué par l’insécurité et des tensions sociales et politiques. Ce décret, signé par le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo, s’inscrit dans cette dynamique. Il vise à endiguer le financement des groupes terroristes et à limiter l’impact des réseaux clandestins qui alimentent les violences dans la région.

Inclure des entités comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ou l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) dans cette liste est une démarche évidente. Ces groupes, responsables de massacres et de déstabilisation, doivent être coupés de toute ressource qui pourrait alimenter leur capacité de nuisance. Cette décision montre que les autorités burkinabè ne reculent pas devant des choix difficiles pour garantir la sécurité nationale.

Un signal fort à l’intérieur et à l’international

Le gel des avoirs de figures controversées, dont certaines accusées de participer à des actes de terrorisme ou de les financer est la preuve que nul n’est au-dessus des lois de la République du Faso. L’inclusion d’anciens responsables militaires, de personnalités politiques et de figures médiatiques montre que la transition ne fait pas de distinction dans son engagement à combattre toutes les formes de menaces, qu’elles soient armées ou idéologiques.

Pour les autorités, cette liste n’est pas une démonstration de force gratuite, mais une tentative de rétablir la confiance envers l’État et ses institutions. Elle s’inscrit dans une volonté de réaffirmer que le Burkina Faso ne sera plus une terre où le terrorisme ou la corruption peuvent prospérer.

Un cadre légal rigoureux

Certains pourraient voir dans cette initiative un excès de zèle ou une chasse aux sorcières. Pourtant, les autorités ont agi dans le respect des cadres légaux. Le décret repose sur les principes établis par la réglementation internationale sur le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, adaptés aux spécificités nationales. Cette démarche témoigne d’une volonté de transparence et de respect des engagements internationaux du Burkina Faso.

Ce décret ne vise pas à diviser, mais à renforcer. En s’attaquant aux financements illicites et en coupant les ressources aux réseaux de déstabilisation, les autorités de transition espèrent restaurer un climat de sérénité. Dans un pays marqué par des fractures internes, ces mesures rappellent l’importance de l’unité nationale et de la solidarité face aux défis communs.

Pour les autorités de transition, l’objectif est de démontrer que chaque action entreprise répond à une nécessité impérieuse de sauvegarde de l’intérêt national. Ce n’est pas un acte isolé, mais une brique de plus dans l’édifice d’un Burkina Faso plus résilient.

Les critiques : une incompréhension des enjeux

Cette décision suscite des critiques, certains allant jusqu’à affirmer qu’elle serait motivée par des règlements de comptes politiques. Ces accusations ignorent la complexité du contexte burkinabè, où les frontières entre criminalité, politique et insécurité sont parfois floues. Ce décret doit être vu comme une réponse à des urgences sécuritaires et économiques, et non comme une manœuvre visant à réduire au silence des opposants.

Le Burkina Faso traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire. Les autorités de transition, dirigées par le capitaine Ibrahim Traoré, ont la lourde responsabilité de préserver l’intégrité territoriale et de garantir l’avenir du pays. Ce gel des avoirs, loin d’être une mesure anodine, est une partie d’un plan plus large pour redonner au Burkina Faso les moyens de sa souveraineté.

Une action courageuse pour un Burkina Faso fort

En renforçant la régulation financière et en traçant des lignes claires sur ce qui est acceptable ou non, les autorités affirment leur vision d’un État fort et responsable. Ce décret n’est pas une fin en soi, mais une étape cruciale dans la refondation du pays.

Le gel des avoirs de ces 115 personnes et entités est un acte fort qui illustre la volonté des autorités de transition de reprendre en main les destinées du Burkina Faso. Dans un contexte régional où les défis sont immenses, ce genre de décision est une preuve de courage et de détermination. L’histoire jugera ces choix, mais pour l’heure, il est clair qu’ils visent à offrir au peuple burkinabè une chance de vivre dans un pays sécurisé et souverain.

Alassane Diarra 

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