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Conseil d'administration de l'INPS
A la UneSécurité

Mali : comment  l’INPS amorce la transformation en profondeur de la sécurité sociale

by Sahel Tribune 4 avril 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Au Mali, la réforme de la protection sociale s’accélère. Reçu en audience le 3 avril 2026 par la ministre de la Santé et du Développement social, Colonel-major Assa Badiallo Touré, le nouveau président du conseil d’administration de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), Mossadeck Bally, affiche une l’ambition de moderniser l’institution, améliorer les prestations et élargir la couverture sociale dans un contexte de fortes attentes des assurés.

Cette première prise de contact, à laquelle participait le nouveau bureau de l’INPS — notamment du directeur général Idrissa Bakary Diarra, dont la gouvernance est placée sous le signe de la réforme de l’administration — s’inscrit dans un contexte de fortes attentes autour de l’amélioration des services rendus aux assurés et aux pensionnés. Face à une demande sociale croissante, l’institution est appelée à se transformer pour répondre aux défis de performance, de transparence et d’extension de la couverture sociale.

Modernisation et réforme au cœur des priorités

Au cours des échanges, le nouveau conseil d’administration a présenté ses axes stratégiques. Parmi eux figurent la modernisation des outils de gestion, la simplification des procédures administratives et l’amélioration de la qualité des prestations. L’objectif est de renforcer l’efficacité de l’INPS, tout en consolidant la confiance des usagers dans un système souvent critiqué pour ses lenteurs.

Pour Mossadeck Bally, il s’agit d’engager des réformes structurelles visant à adapter l’institution aux exigences contemporaines. Cela passe notamment par une meilleure gouvernance, une transparence accrue dans la gestion des ressources et une orientation plus affirmée vers le service public.

Un enjeu central pour la protection sociale

La ministre Assa Badiallo Touré a salué cette dynamique, tout en appelant à la rigueur et au professionnalisme dans la conduite des réformes. Elle a insisté sur la nécessité d’inscrire ces transformations dans la vision des autorités de transition, qui font de l’amélioration des services sociaux une priorité.

Au-delà de la réforme institutionnelle, c’est toute la question de la protection sociale au Mali qui est en jeu. Dans un pays où une grande partie de la population reste en dehors des dispositifs formels de couverture, l’INPS apparaît comme un levier stratégique pour élargir l’accès aux prestations sociales et renforcer la résilience des ménages.

Vers une refondation de l’État social ?

L’engagement affiché par le ministère à accompagner ces réformes témoigne de la volonté des autorités de soutenir cette transformation. Reste désormais à traduire ces orientations en résultats concrets, dans un contexte budgétaire contraint et face à des attentes sociales élevées.

Pour l’INPS, le défi est de réussir sa modernisation tout en consolidant son rôle d’acteur central de la solidarité nationale. Une ambition qui pourrait, à terme, redessiner les contours de l’État social malien.

Oumarou Fomba 

4 avril 2026 0 comments
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Le Président de transition du Burkina Faso s'adresse à la nation dans un discours poignant, entouré de militaires en tenue, symboles de la sécurité , de la souveraineté nationale et de la détermination.
A la UneSécurité

Droits de l’homme : Ibrahim Traoré contre-attaque et dénonce une « hypocrisie occidentale »

by Chiencoro 3 avril 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

Face aux critiques internationales, le capitaine Ibrahim Traoré assume une redéfinition des droits de l’homme centrée sur la souveraineté et la sécurité. Entre rejet des injonctions extérieures et priorité donnée au droit à la vie, le président burkinabè impose une lecture politique qui interroge les standards universels.

A l’occasion du premier anniversaire de la proclamation de la Révolution progressiste populaire (RPP), le président burkinabè Ibrahim Traoré a défendu, sans détour, sa vision des droits de l’homme. Lors d’un échange nourri avec la presse nationale et internationale, le chef de l’État a opposé une conception souverainiste et sécuritaire aux critiques formulées par certaines organisations internationales, dans un contexte régional marqué par la lutte contre le terrorisme.

Une conception souverainiste des droits humains

Interrogé sur les accusations visant son régime, notamment celles dénonçant une restriction de la liberté de la presse et de la société civile, le président burkinabè a rejeté en bloc ces critiques, qu’il estime déconnectées des réalités nationales.

« Il y a les droits de l’homme au Burkina. Mais qu’entendent-ils par droits de l’homme ? », a-t-il lancé, remettant en cause la légitimité de certaines organisations internationales à juger la situation du pays.

Pour Ibrahim Traoré, la priorité absolue reste la sécurité des populations. Il a ainsi redéfini la hiérarchie des droits fondamentaux, plaçant le droit à la vie au sommet : « Nous luttons contre le terrorisme pour sécuriser nos populations. C’est le premier droit, le droit à la vie. »

ONG et ingérence : un discours de rupture

Dans un ton particulièrement critique, le chef de l’État s’est attaqué à la prolifération des organisations non gouvernementales au Burkina Faso, qu’il soupçonne, pour certaines, de servir des agendas extérieurs.

Sans fournir de chiffres précis, il a invité les journalistes  à examiner les activités réelles de ces structures, mettant en doute leur caractère strictement humanitaire. Une posture qui s’inscrit dans une ligne politique plus large de rejet de toute forme d’ingérence étrangère.

Le président a également dénoncé ce qu’il considère comme une hypocrisie occidentale, accusant certains pays de donner des leçons en matière de droits humains tout en menant des interventions militaires meurtrières ailleurs dans le monde.

La sécurité comme fondement des libertés

Dans un pays confronté à une crise sécuritaire persistante, Ibrahim Traoré insiste sur les efforts déployés pour restaurer les services de base : réouverture des écoles, accès à l’éducation, soutien à l’agriculture et à l’approvisionnement en eau. « Nous nous battons pour que les enfants retournent à l’école. Le droit à l’éducation, n’est-ce pas un droit de l’homme ? », a-t-il interrogé. Ce discours traduit une approche pragmatique des droits humains, étroitement liée aux conditions matérielles de vie et à la stabilité du pays.

Face aux accusations visant les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), régulièrement pointés du doigt pour de présumées violations des droits humains, le président burkinabè a adopté une posture défensive.

Il affirme que des enquêtes sont menées et que les auteurs de dérives avérées sont sanctionnés : « Ceux que nous avons identifiés sont en prison. » Mais il a également dénoncé des manipulations, accusant des groupes terroristes de se faire passer pour les forces nationales afin de commettre des exactions et discréditer l’État.

Une vision assumée dans un contexte de refondation

Dans un registre plus idéologique, Ibrahim Traoré a revendiqué une origine africaine des droits de l’homme, citant la Charte de Kouroukan Fouga comme référence fondatrice. Selon lui, cette tradition historique démontre que l’Afrique n’a pas à recevoir de leçons en matière de droits humains : « Les droits de l’homme viennent d’Afrique », a-t-il affirmé.

Cette prise de parole s’inscrit dans la dynamique politique impulsée par les autorités de la transition, qui mettent en avant la souveraineté, la sécurité et la refondation de l’État comme priorités absolues.

À travers cette sortie médiatique, le président burkinabè assume une rupture avec les standards internationaux dominants, en défendant une approche contextualisée des droits humains, centrée sur la survie des populations et la stabilité nationale.

Dans un Sahel en recomposition, ce positionnement illustre les tensions croissantes entre exigences sécuritaires et normes internationales, au cœur des débats politiques contemporains.

Chiencoro Diarra 

3 avril 2026 0 comments
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Convoi de citernes
ActuÉconomie

Approvisionnement : 700 citernes pour contenir la tension sur le marché

by Chiencoro 3 avril 2026
written by Chiencoro 2 minutes read

Dans un contexte de tensions récurrentes sur l’approvisionnement en carburant, le gouvernement malien tente de rassurer. À la faveur d’une hausse des volumes livrés ces dernières semaines, les autorités affichent une réelle maîtrise de la situation, tout en reconnaissant la persistance de fragilités logistiques dans un secteur hautement stratégique.

À Bamako, la question des hydrocarbures reste sous haute surveillance. Jeudi 2 avril, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé la 18ᵉ réunion de suivi de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Objectif affiché : éviter toute rupture dans un contexte marqué par des contraintes logistiques persistantes.

Selon les données présentées lors de cette rencontre, la dynamique d’approvisionnement s’est nettement intensifiée ces dernières semaines. Entre le 9 et le 15 mars, 510 citernes ont été mobilisées pour alimenter le Mali. Un chiffre en hausse, confirmé par les près de 700 citernes réceptionnées entre le 30 mars et le 2 avril. Des volumes jugés suffisants, à court terme, pour répondre à la demande nationale et stabiliser un marché régulièrement soumis à des tensions.

Une chaîne logistique sous pression

Derrière ces chiffres, les fragilités structurelles persistent. Les acteurs du secteur pointent des difficultés d’ordre logistique et organisationnel qui continuent de peser sur la fluidité des approvisionnements. Transport, coordination des flux, capacités de stockage. Autant de maillons sensibles dans une chaîne encore vulnérable.

Réunis autour de la table, les opérateurs du secteur — notamment ceux du Groupement professionnel pétrolier (GPP) et du Groupement malien des professionnels du pétrole (GMPP) — ont formulé plusieurs recommandations afin d’améliorer la circulation des produits, de réduire les délais d’acheminement et de renforcer la résilience du dispositif national.

Stabiliser un marché stratégique

Dans un pays enclavé comme le Mali, l’approvisionnement en carburant constitue un enjeu stratégique, tant pour l’économie que pour la stabilité sociale. Toute perturbation de la chaîne logistique peut rapidement se traduire par des pénuries, des hausses de prix ou des tensions sur les marchés locaux.

Conscient de ces enjeux, le ministre Moussa Alassane Diallo a insisté sur la nécessité d’une coordination étroite entre l’État et les opérateurs privés. Il a salué les efforts consentis pour maintenir le niveau des approvisionnements, tout en appelant à une mobilisation continue pour sécuriser durablement le circuit de distribution.

Une vigilance de tous les instants

Si les volumes actuels permettent d’écarter, à court terme, le spectre d’une pénurie, la situation reste étroitement dépendante de facteurs extérieurs — corridors d’approvisionnement, coûts du transport, fluctuations régionales, voire tensions géopolitiques. Autant de variables qui obligent les autorités à maintenir une vigilance constante.

En toile de fond, c’est toute la question de la souveraineté énergétique du Mali qui se pose. Entre dépendance aux importations et contraintes logistiques, le pays cherche encore l’équilibre entre sécurité d’approvisionnement et maîtrise durable de son marché énergétique.

Chiencoro Diarra 

3 avril 2026 0 comments
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Le Premier ministre à la 16ᵉ session du Comité exécutif national de l’agriculture
A la UneÉconomie

Production agricole en forte progression : l’État augmente la mise à 164,4 milliards FCFA

by Sahel Tribune 3 avril 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Réuni à Bamako, le 2 avril 2026, le gouvernement malien affiche sa volonté de consolider les performances du secteur agricole, pilier de l’économie nationale. À l’occasion de la 16ᵉ session du Comité exécutif national de l’agriculture, les autorités ont dressé un bilan jugé « encourageant » de la campagne 2025 et fixé des objectifs ambitieux pour les années à venir, dans un contexte marqué par l’insécurité et les effets du changement climatique.

Dans un contexte de pressions climatiques, d’insécurité persistante et de recomposition économique, le Mali mise sur son agriculture comme pilier stratégique de souveraineté. A Bamako, le Comité exécutif national de l’agriculture dessine les contours d’une ambition : produire plus, transformer localement et sécuriser durablement les revenus des producteurs.

Une campagne 2025 portée par la résilience des producteurs

Présidée à la Primature par le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, la 16ᵉ session du Comité exécutif national de l’agriculture (CENA) s’inscrivait en amont du Conseil supérieur de l’agriculture, placé sous l’autorité du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta.

Instance de concertation entre l’exécutif et les acteurs du monde rural, cette réunion a permis d’évaluer la campagne agricole 2025, tout en définissant les priorités pour 2026 et les perspectives à moyen terme.

Malgré un environnement contraint, les résultats de la dernière campagne sont jugés solides. Le Mali a enregistré une production céréalière de plus de 11,4 millions de tonnes, à laquelle s’ajoutent 433 700 tonnes de coton, 157 775 tonnes de viande contrôlée, 17 238 tonnes de lait collecté et 122 671 tonnes de poisson.

Des objectifs ambitieux pour 2026

« Ces performances témoignent de la résilience remarquable de nos producteurs », a salué le chef du gouvernement, rendant également hommage aux forces de défense et aux acteurs logistiques, essentiels à l’approvisionnement du pays.

Pour la campagne 2026, les autorités entendent poursuivre cette dynamique. Les projections tablent sur une production céréalière de près de 11,9 millions de tonnes, tandis que la filière coton – stratégique pour les exportations – pourrait atteindre 598 500 tonnes.

Sur le plan budgétaire, l’État prévoit d’allouer 164,4 milliards de francs CFA au secteur agricole, en légère hausse par rapport à 2025 (+2 %). Une progression mesurée, mais qui traduit la volonté de maintenir l’effort public dans un contexte de contraintes financières.

Eau, foncier, mécanisation : les chantiers prioritaires

Au-delà des chiffres, la stratégie agricole malienne repose sur plusieurs axes structurants. Parmi les priorités figurent l’accélération de la maîtrise de l’eau, avec le développement d’aménagements hydro-agricoles, ainsi que la réforme du foncier rural, enjeu clé pour sécuriser les exploitations.

Le gouvernement mise également sur la mécanisation des systèmes de production, le développement de l’agro-industrie et la transformation locale des produits agricoles, afin de capter davantage de valeur ajoutée.

Autre levier identifié : le renforcement des mécanismes de financement du secteur, couplé à une meilleure adaptation aux effets du changement climatique, désormais au cœur des préoccupations.

Structurer les filières pour conquérir les marchés

Les discussions ont également porté sur la nécessité de bâtir des organisations interprofessionnelles solides. L’objectif est de structurer les filières agricoles pour améliorer leur compétitivité, faciliter l’accès aux marchés et tirer parti des achats institutionnels de l’État.

Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large, adossée au référentiel stratégique national, visant à faire de l’agriculture un moteur de souveraineté économique et alimentaire.

Si les indicateurs sont encourageants, les défis restent nombreux. L’insécurité persistante dans certaines zones rurales, les aléas climatiques et les contraintes logistiques continuent de peser sur les capacités de production.

Oumarou Fomba 

3 avril 2026 0 comments
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Le général Assimi Goïta
A la UneSeko ni Donko

Mali : l’État réforme le droit d’auteur à l’ère de l’intelligence artificielle

by Sahel Tribune 1 avril 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le gouvernement malien a adopté ce mercredi 1er avril 2026  un projet d’ordonnance visant à refondre le régime de la propriété littéraire et artistique. Une réforme présentée comme nécessaire pour adapter le cadre juridique aux mutations technologiques et aux engagements internationaux du pays.

Adoptée en 2017, la loi encadrant le droit d’auteur au Mali visait à garantir aux créateurs la jouissance de leurs droits sur leurs œuvres. Mais près de dix ans après son entrée en vigueur, son application a révélé plusieurs limites. Le gouvernement pointe notamment des lacunes dans certaines dispositions, une inadéquation avec les évolutions du droit communautaire, ainsi qu’un retard face aux transformations rapides du secteur culturel.

Sécuriser les revenus des artistes

Au cœur de ces mutations figure désormais l’irruption de l’intelligence artificielle dans les processus de création. Musique, littérature, arts visuels : les œuvres générées ou assistées par des algorithmes bouleversent les notions traditionnelles d’auteur, de propriété et de rémunération. Un défi juridique que les autorités maliennes entendent désormais encadrer.

Le texte adopté, sur rapport du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, prévoit ainsi de combler les insuffisances identifiées, tout en intégrant dans le droit national les engagements pris par Bamako au niveau régional et international. L’objectif est de non seulement mieux protéger les créateurs mais aussi de stimuler le développement des industries culturelles et créatives, considérées comme un levier de croissance encore sous-exploité.

Cette réforme s’inscrit dans une séquence plus large de repositionnement de la politique culturelle malienne. À travers ce nouveau cadre juridique, les autorités entendent sécuriser les revenus des artistes, renforcer l’attractivité du secteur et accompagner sa transformation face aux défis du numérique.

A.D

Mali, droit d’auteur, propriété littéraire et artistique, réforme juridique, intelligence artificielle, industries créatives, création artistique, législation culturelle, numérique, artistes, droits voisins, économie culturelle, innovation technologique, gouvernance culturelle, Koulouba, 

1 avril 2026 0 comments
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stock national de sécurité de produits pétroliers liquides et gazeux
A la UneÉconomie

Énergie : comment le Mali veut stabiliser les prix et éviter les pénuries

by Sahel Tribune 1 avril 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Réuni en Conseil des ministres le 1er avril 2026 au palais de Koulouba, sous la présidence du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta, le gouvernement malien a adopté une série de textes visant à renforcer la sécurité énergétique du pays. Au cœur de cette réforme : la création d’un stock national de sécurité de produits pétroliers, destiné à prémunir l’économie contre les chocs extérieurs et les ruptures d’approvisionnement.

Et si la souveraineté énergétique du Mali passait d’abord par la maîtrise des stocks ? En décidant de constituer des réserves stratégiques couvrant 45 jours de consommation, les autorités passent d’une gestion de crise coûteuse à une anticipation structurelle des chocs pétroliers.

Une dépendance structurelle aux importations

Comme de nombreux pays de la sous-région, le Mali reste fortement dépendant des importations pour couvrir ses besoins en produits pétroliers. Ces ressources sont essentielles au fonctionnement de secteurs stratégiques tels que la production d’électricité, les transports, les télécommunications, les mines ou encore la défense.

Selon les données officielles, les importations de produits pétroliers ont atteint 2,66 millions de mètres cubes en 2024, contre 2,62 millions en 2023, soit une progression de 1,66 %. Le gaz butane a connu une hausse encore plus marquée, avec 15 838 tonnes importées en 2024, en augmentation de 14,38 % par rapport à l’année précédente.

Cette dépendance expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux et aux perturbations logistiques, notamment dans un contexte régional et mondial marqué par des crises récurrentes.

Un mécanisme pour amortir les chocs

Face à ces vulnérabilités, les autorités maliennes ont été contraintes, ces dernières années, d’intervenir à plusieurs reprises pour éviter des pénuries et contenir la hausse des prix à la pompe. Ces mesures ont souvent pris la forme de subventions, entraînant un manque à gagner important pour les finances publiques.

La mise en place d’un stock national de sécurité vise précisément à limiter ce recours aux mécanismes d’urgence. Le dispositif adopté prévoit la constitution de réserves couvrant 45 jours de consommation pour les principaux produits : super carburant, gasoil, kérosène (Jet A1) et gaz butane.

Vers une souveraineté énergétique renforcée

Au-delà de la gestion des crises, cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la souveraineté énergétique du Mali. En augmentant ses capacités de stockage et en réorganisant son système d’approvisionnement, le gouvernement entend garantir la continuité des services essentiels et stabiliser l’environnement économique.

Les textes adoptés précisent les modalités de mise en œuvre de ce stock stratégique, qui devra jouer un rôle central dans la résilience du pays face aux chocs exogènes.

Dans un contexte où les tensions géopolitiques et les fluctuations des marchés énergétiques demeurent élevées, le Mali fait ainsi le pari d’une approche préventive, visant à sécuriser durablement l’accès aux ressources énergétiques et à protéger son économie des turbulences internationales.

Oumarou Fomba 

1 avril 2026 0 comments
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Projection sur Yambo Ouologuem
A la UneSeko ni Donko

« Yambo Ouologuem : la blessure » : Un film pour réhabiliter le premier Africain lauréat du Prix Renaudot

by Ibrahim Kalifa Djitteye 31 mars 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La salle des Banquets du Centre International de Conférences de Bamako a abrité, ce mardi 31 mars 2026, la projection du film documentaire « Yambo Ouologuem : la blessure » du réalisateur sénégalais Kalidou Sy. L’événement s’est déroulé en présence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, le Président du Conseil National de Transition, le Général de corps d’Armée Malick Diaw, de plusieurs membres du gouvernement, du ministre Mamou Daffé, des membres du CNT et de nombreux amoureux des lettres, des arts et de la culture ainsi que les membres de la famille de l’illustre.

Le documentaire retrace le parcours de Yambo Ouologuem, premier Africain à remporter le Prix Renaudot en 1968 avec son roman Le Devoir de violence. Ce succès l’avait propulsé au sommet de la scène littéraire parisienne avant que des accusations de plagiat ne viennent briser sa carrière. Le film met en lumière cette trajectoire marquée par la gloire, la blessure et le retrait volontaire de l’écrivain.  

Un hommage à une figure littéraire

Dans son discours, le ministre Mamou Daffé a salué « l’honneur et le réel plaisir de rendre hommage à Yambo Ouologuem », rappelant que cette initiative s’inscrit dans la vision du Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, de valoriser et de réhabiliter les grandes figures du Mali. Il a ajouté que l’écrivain incarne « le courage de regarder son histoire en face, avec ses grandeurs et ses zones d’ombre, afin de construire un avenir lucide ».  

Le ministre de la Culture aux côtés du Premier ministre et du Président du CNT
Le ministre de la Culture aux côtés du Premier ministre et du Président du CNT, à la projection du film à la projection sur Yambo Ouologuem, la blessure, au CICB, le 31 mars 2026. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Le film de Kalidou Sy se veut une œuvre de réhabilitation, destinée à faire découvrir aux jeunes générations la vie et les écrits de Yambo Ouologuem. L’écrivain, profondément blessé par les accusations qui l’ont frappé, avait quitté la France pour se retirer à Sévaré, où il s’est consacré à la prière et au silence jusqu’à sa mort en 2017. Ce choix est perçu comme un acte de dignité et de résistance face à l’adversité.  

Une œuvre de mémoire et de transmission

La projection a également permis de rappeler l’importance de l’œuvre de Ouologuem dans la littérature africaine. Refusant l’exotisme et les visions idéalisées de l’Afrique, il a osé confronter l’histoire du continent à ses grandeurs et ses zones d’ombre. Ce courage intellectuel fait de lui un repère pour la jeunesse africaine, en quête de lucidité et de liberté créative, et un modèle de sincérité dans l’écriture.  

La présence de personnalités politiques et culturelles a donné à l’événement une dimension particulière. Le Premier ministre Abdoulaye Maïga et le Président du CNT Malick Diaw ont marqué leur soutien à cette initiative, témoignant de l’importance accordée par les autorités à la mémoire des grandes figures intellectuelles du Mali. Le ministre Mamou Daffé a insisté sur la nécessité de « faire connaître sa vie et ses œuvres par la jeunesse du Mali et du continent africain ».  

Les membres du gouvernement à la projection du film
Les membres du gouvernement à la projection du film à la projection sur Yambo Ouologuem, la blessure, au CICB, le 31 mars 2026. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Engagement des responsables publics

Au-delà de l’hommage, cette projection s’inscrit dans une dynamique de valorisation culturelle. L’Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako porte désormais le nom d’Université Yambo Ouologuem de Bamako, conformément au décret présidentiel du 13 décembre 2024. Cette décision montre la volonté de donner une place durable à l’écrivain dans le patrimoine national et de rappeler son apport à la pensée africaine et à la littérature mondiale. 

Le film « Yambo Ouologuem : la blessure » rappelle que la littérature est aussi un espace de combat et de vérité. En retraçant la chute brutale de l’écrivain, il invite à réfléchir sur les mécanismes d’exclusion et d’injustice dans le monde littéraire. Il met en lumière la résilience d’un homme qui, malgré l’oubli, demeure une figure incontournable des lettres africaines et un symbole de courage intellectuel.  

Une leçon de courage et de vérité

La cérémonie a été ponctuée de remerciements adressés à la famille de Yambo Ouologuem, au réalisateur Kalidou Sy, à l’initiateur de la tournée nationale Tiambel Guimbaraya, ainsi qu’à la société de production « Élever la voix Films » et au Centre National de la Cinématographie du Mali. Tous ont contribué à faire de cet hommage une réalité et à offrir à la jeunesse une œuvre de mémoire et de réflexion sur l’importance de défendre la vérité.  

Yambo Ouologuem, malgré son destin tragique, reste un symbole de courage intellectuel et de liberté créative. Comme le rappelait Léopold Sédar Senghor, « la négritude n’est pas du racisme, mais l’ensemble des vertus de la race noire ». Cet hommage redonne à l’écrivain malien la place qu’il mérite dans l’histoire culturelle du continent et rappelle à la jeunesse africaine l’importance de défendre la dignité et la liberté de pensée.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

31 mars 2026 0 comments
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