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Responsabilité numérique
ActuOpinion

Désinformation et identités numériques : une crise du vrai ? 

by Mikailou Cissé 7 avril 2026
written by Mikailou Cissé 3 minutes read

À l’ère du numérique, les fondements traditionnels de la responsabilité sont profondément remis en question. Entre déterritorialisation des actions, dissociation du sujet et prolifération de la désinformation, le cyberespace impose de repenser les cadres juridiques, éthiques et politiques qui structurent nos sociétés contemporaines.

Les sociétés contemporaines s’immergent dans l’univers numérique sous une tension structurelle persistante : d’un côté, les formes classiques de régulation fondées sur le contrôle des corps, des consciences et des territoires ; de l’autre, la nature fluide, déterritorialisée et réticulaire du cyberespace, qui échappe aux cadres traditionnels de la souveraineté. Le numérique opère ainsi une dissociation inédite entre l’action et la présence, contraignant à repenser en profondeur les conditions de la responsabilité.

Cette tension se manifeste à travers plusieurs phénomènes significatifs : circulation d’informations non vérifiées, diffusion de contenus trompeurs, ou encore maintien d’identités numériques actives associées à des individus privés de liberté physique ou condamnés par la justice. Il en résulte une déliaison entre l’acteur et l’action, qui fragilise l’imputation des actes. L’existence numérique tend dès lors à se prolonger indépendamment des contraintes matérielles, produisant une forme de dédoublement du sujet.

Désinformation et économie de l’influence

Loin d’être marginal, ce phénomène révèle les limites des dispositifs classiques de contrôle. Si les institutions parviennent à contraindre les corps dans un espace territorial défini, elles peinent à circonscrire les effets d’actions déployées dans un espace sans ancrage stable.
Une personne incarcérée peut ainsi continuer à intervenir dans l’espace public numérique, remettant en cause l’unité du sujet, fondement de la responsabilité juridique.

Dans ce contexte, la désinformation trouve un terrain particulièrement favorable. L’exploitation de comptes par des tiers – usurpation, délégation ou manipulation – alimente une économie de l’influence où la vérité devient instable. L’espace numérique s’impose comme un lieu où l’authenticité est constamment mise à l’épreuve et où la frontière entre le vrai et le faux tend à s’effacer.

Faut-il limiter l’existence numérique ?

La question se pose alors : la privation de liberté physique doit-elle entraîner la suppression de l’existence numérique ? Une telle hypothèse soulève des enjeux éthiques et juridiques majeurs. Le défi réside moins dans l’existence numérique que dans la régulation de ses usages, afin de garantir une présence légitime sans basculer dans une logique de surveillance généralisée.

Les institutions tentent d’adapter leurs cadres d’intervention, mais se heurtent à la fragmentation et à la circulation des identités numériques. La responsabilité tend à se diluer dans un réseau d’interactions complexes, rendant l’imputation des actes de plus en plus problématique.

Vers une éthique de la citoyenneté numérique

Dans ce nouvel environnement, les professionnels des médias voient leur rôle profondément transformé. La persistance d’activités numériques associées à des individus incarcérés brouille les critères de crédibilité et fragilise les processus de vérification. L’espace public informationnel se reconfigure sous la pression de flux continus, où la visibilité prime souvent sur la fiabilité.

Dès lors, la question de la citoyenneté numérique s’impose. Dans un espace où chacun peut produire et diffuser de l’information, la responsabilité devient autant éthique que juridique.
Relayer un contenu sans en vérifier la source revient à participer à un système où l’efficacité prime sur la vérité.

Repenser le rapport au vrai

Les dispositifs de sécurisation du cyberespace, bien qu’indispensables, ne suffisent pas. Ils doivent être accompagnés d’une réflexion plus exigeante sur les conditions de production du vrai. Il s’agit moins de restaurer un ordre que de reconstruire un rapport critique à l’information, fondé sur le discernement et la vigilance.

En définitive, ce phénomène ne révèle pas seulement une faille technique ou juridique, mais une transformation plus profonde : celle d’un monde où l’action se détache de la présence.
La question centrale devient alors : dans quelles conditions une action peut-elle encore être attribuée, comprise et jugée ?

Mikaïlou Cissé

7 avril 2026 0 comments
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56ᵉ session du Conseil d’administration de l'Office du Niger
A la UneÉconomie

Mali : l’Office du Niger veut changer d’échelle et s’imposer comme un agropole continental

by Sahel Tribune 7 avril 2026
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Au cœur de la stratégie de souveraineté alimentaire du Mali, l’Office du Niger affiche ses ambitions de transformation structurelle. Lors de la 56ᵉ session de son Conseil d’administration, tenue à Bamako, ses responsables ont dressé un bilan contrasté de l’année 2024 tout en réaffirmant une vision ambitieuse : faire de cette zone agricole un véritable agropole de référence à l’échelle continentale.

Réuni le 7 avril à Bamako, le conseil d’administration de l’Office du Niger a affiché l’ambition de transformer cette vaste zone agricole en véritable pôle agro-industriel de référence en Afrique de l’Ouest. Malgré des performances globalement solides en 2024, l’institution fait face à des contraintes structurelles persistantes, entre déficit de financements, fragilité sécuritaire et limites d’infrastructures.

Une ambition d’agropole à l’horizon 2063

Présidant la 56e session du conseil d’administration, le PDG, Samba Bocary Tounkara, a mis l’accent sur la nécessité de « faire de l’Office du Niger un agropole majeur », capable de structurer durablement les filières agricoles stratégiques. Riz, canne à sucre, oignon, élevage ou encore pisciculture doivent constituer les piliers de cette transformation, à laquelle s’ajoute désormais le blé, introduit pour répondre à une demande nationale croissante.

Avec un potentiel estimé à plus de 2,4 millions d’hectares, dont près de 1,45 million irrigables par gravité, la zone Office du Niger apparaît comme l’un des leviers essentiels de la souveraineté alimentaire du Mali. Cette ambition s’inscrit dans la vision stratégique nationale à long terme, notamment la stratégie « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et la SNEDD 2024-2033.

Pour concrétiser cette trajectoire, deux outils structurants sont en cours de finalisation : la Stratégie de développement global à l’horizon 2063 (SDG-ON 2063) et le Plan d’action pour le renouveau (PAR-ON), destinés à impulser une transformation structurelle du modèle agricole.

Des performances solides, mais contrastées

Sur le plan opérationnel, la campagne agricole 2024-2025 est jugée globalement satisfaisante. La superficie exploitée a atteint près de 132 000 hectares, soit plus de 92 % des objectifs, en progression par rapport à la campagne précédente.

La production de riz paddy s’est établie à plus de 773 000 tonnes, en hausse de plus de 22 000 tonnes. Le rendement moyen, autour de 5,86 tonnes par hectare, reste toutefois légèrement inférieur aux prévisions. Ces résultats ont été favorisés par une pluviométrie favorable et une meilleure disponibilité de l’eau.

En revanche, les performances apparaissent plus mitigées dans les autres segments. Le maraîchage affiche un taux de réalisation d’environ 70 %, tandis que la diversification agricole plafonne à un peu plus de 55 %. Une situation en partie liée au recentrage des producteurs sur le riz de contre-saison, jugé plus rentable dans un contexte incertain.

Des contraintes structurelles persistantes

Malgré ces résultats encourageants, plusieurs obstacles continuent de freiner le développement de l’Office du Niger. Parmi eux : l’accès tardif aux engrais subventionnés, le manque de main-d’œuvre et d’équipements agricoles, ainsi que l’entretien insuffisant des infrastructures hydrauliques.

La question du financement demeure également centrale. Sur les 5,5 milliards de FCFA attendus, l’État n’a mobilisé que 45,44 % des ressources prévues en 2024, avec un unique décaissement partiel en fin d’année. À l’inverse, la redevance-eau affiche un taux de recouvrement élevé, supérieur à 92 %, traduisant une relative efficacité dans la mobilisation des ressources internes.

Sur le plan financier, l’établissement reste globalement stable, avec un chiffre d’affaires de 7,63 milliards de FCFA et un résultat net bénéficiaire, bien que modeste, de 9,35 millions de FCFA.

Partenariats et sécurité, conditions du décollage

Dans un contexte sécuritaire encore fragile, le PDG a souligné le rôle déterminant des Forces armées maliennes dans la stabilisation de la zone, condition indispensable à la poursuite des activités agricoles. Il a également salué l’appui des partenaires internationaux, notamment la coopération allemande, qui finance le projet d’irrigation de N’Débougou IV à hauteur de 26 milliards de FCFA, et la coopération néerlandaise à travers le projet PRODEAU.

Au-delà des chiffres, cette 56e session confirme le rôle stratégique de l’Office du Niger dans la politique agricole malienne. Dans un pays où la sécurité alimentaire reste un enjeu majeur, la transformation de cette zone en agropole intégré constituera un tournant décisif.

Mais entre ambitions affichées et contraintes structurelles, la réussite de ce pari dépendra d’une mobilisation accrue des ressources, d’une meilleure gouvernance et d’une stabilisation durable des zones de production.

Oumarou Fomba 

7 avril 2026 0 comments
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Télécommunications
A la UneÉconomie

Les crédits téléphoniques périssables vivent-ils leurs derniers jours au Mali ?

by Ibrahim Kalifa Djitteye 6 avril 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

La Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) a publié, le 3 avril 2026, un communiqué officiel en réponse à une plainte introduite par l’Association des Consommateurs du Mali (ASCOMA). Cette plainte concernait la perte des crédits et bonus d’appel à l’expiration de leur durée de validité, une pratique jugée défavorable aux abonnés des opérateurs de télécommunications et contraire aux droits des consommateurs.  

Conformément à la loi sur la protection du consommateur, la DGCC a jugé la plainte recevable et a ouvert une enquête sur instruction du ministre de l’industrie et du commerce. Cette enquête visait à examiner les faits et à prendre les mesures appropriées pour garantir le respect des droits des abonnés. La démarche traduit une volonté institutionnelle de renforcer la régulation dans un secteur vital pour la population.  

Plainte et enquête officielle  

Au cours de la phase préliminaire de l’enquête, la société Orange Mali SA a annoncé avoir pris des dispositions pour supprimer la limitation de validité des crédits et des bonus d’appels. Cette décision constitue une avancée majeure pour les consommateurs, qui pourront désormais utiliser leurs crédits sans contrainte de temps.  

Le Directeur général du commerce, de la consommation et de la concurrence, Zédion Dembélé, Chevalier de l’Ordre national, a invité les autres opérateurs de télécommunications à adopter la même démarche. « Le Directeur Général invite les autres opérateurs de télécommunications à s’inscrire dans cette même démarche, dans l’intérêt des consommateurs », a-t-il déclaré.  

Premières mesures et appel aux opérateurs  

Dans son communiqué, le Directeur général a également rassuré les consommateurs que le ministère de l’industrie et du commerce, à travers la DGCC, veille à la protection et à la défense de leurs droits dans tous les secteurs économiques. « Le Ministère de l’Industrie et du Commerce, à travers la DGCC, veille à la protection et à la défense de leurs droits dans tous les secteurs économiques », a-t-il affirmé.  

La plainte de l’ASCOMA montre l’importance croissante des associations de consommateurs dans la défense des intérêts des citoyens. En saisissant la DGCC, l’association a permis de mettre en lumière une pratique contestée et d’obtenir une réponse institutionnelle rapide. Ce rôle de veille contribue à renforcer la transparence dans les relations commerciales entre entreprises et clients.  

Rôle des associations et protection des droits  

La suppression de la limitation de validité des crédits et bonus d’appels par Orange Mali SA pourrait transformer les habitudes de consommation. Les abonnés bénéficieront d’une meilleure flexibilité et d’une utilisation optimale de leurs ressources. Si cette mesure est généralisée à l’ensemble des opérateurs, elle pourrait améliorer la satisfaction des clients et renforcer la fidélisation dans un secteur marqué par une forte concurrence.  

Le communiqué s’inscrit dans une dynamique plus large de protection des consommateurs au Mali. En rappelant que les autorités veillent à la défense des droits dans tous les secteurs économiques, il met en avant une volonté politique de réguler les pratiques commerciales.  

L’action de la DGCC, soutenue par le ministère de l’industrie et du commerce, démontre l’importance de la régulation dans un marché en constante évolution. La réponse apportée à la plainte de l’ASCOMA constitue un signal fort adressé aux opérateurs. « La DGCC veille à la protection et à la défense des droits des consommateurs conformément aux orientations des plus Hautes Autorités du pays », a-t-il précisé.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

6 avril 2026 0 comments
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Haricot
A la UneSeko ni Donko

Mali : le Festival du Sinankouya mise sur les traditions pour renforcer la cohésion sociale

by Sahel Tribune 5 avril 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

À Bamako, la 11ᵉ édition du Festival international du Sinankouya s’ouvre sous le signe du vivre-ensemble. Ce qui illustre la volonté des autorités maliennes de mobiliser les ressorts culturels traditionnels pour consolider la paix et la cohésion sociale dans un contexte de fragilité sécuritaire.

À Bamako, la culture s’affirme une fois de plus comme un levier de paix. La 11ᵉ édition du Festival international du Sinankouya a été officiellement lancée le vendredi 3 avril 2026 au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ, en présence de responsables politiques, d’acteurs culturels et de nombreux festivaliers. Au cœur de cette rencontre : la valorisation du « sinankouya », une pratique ancestrale malienne fondée sur la plaisanterie entre communautés, érigée ici en outil de dialogue et de cohésion sociale.

Une tradition érigée en outil de paix

La cérémonie d’ouverture était présidée par Salia Malé, chef de cabinet du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé. Dans une atmosphère mêlant solennité et convivialité, les intervenants ont unanimement insisté sur le rôle structurant des traditions dans la consolidation du vivre-ensemble.

Le sinankouya, souvent traduit par « cousinage à plaisanterie », constitue un mécanisme social profondément ancré dans les sociétés ouest-africaines. Il permet de désamorcer les tensions, de renforcer les liens intercommunautaires et de réguler les conflits par l’humour et le dialogue. Une dimension mise en avant par Bourama Soumano, qui a rappelé son importance comme « instrument de régulation sociale » dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et communautaires persistants.

En amont, les autorités locales ont également salué l’initiative. Le chef de quartier de Badalabougou, puis le maire de la commune, ont tour à tour appelé à faire du festival un espace durable de promotion de la paix, au-delà de son caractère festif.

Une ambition culturelle et politique

Dans son allocution, Salia Malé a transmis les salutations du gouvernement et des plus hautes autorités du pays, saluant une initiative « pertinente et originale ». Pour l’exécutif malien, la mise en valeur du sinankouya s’inscrit dans une stratégie plus large de réhabilitation des valeurs sociétales et culturelles, considérées comme des fondements essentiels de la stabilité nationale.

Le festival s’inscrit ainsi dans une dynamique de refondation culturelle, où les traditions sont mobilisées comme des réponses aux fractures sociales contemporaines. En encourageant les organisateurs à poursuivre leurs efforts, le représentant du ministre a rappelé que la culture devait être « un pilier pour bâtir le Mali nouveau ».

Au-delà de la célébration, cette 11ᵉ édition du Festival du Sinankouya illustre une tendance plus large observée au Mali : le recours aux référents culturels pour répondre aux défis politiques et sociaux. Dans un pays confronté à des tensions multiples, la redécouverte de mécanismes traditionnels constitue une voie complémentaire aux approches institutionnelles. Pour les organisateurs, la paix passe aussi par la culture — et par la capacité des sociétés à réactiver leurs propres ressources.

Oumarou Fomba 

5 avril 2026 0 comments
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Le Capitaine Ibrahim Traoré exhorte à un éveil de conscience en Afrique.
ActuÉconomie

Le président du Faso dixit : « Tout ce que nous consommons doit pouvoir être produit ici »

by Chiencoro 4 avril 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

À l’occasion du premier anniversaire de la Révolution progressiste populaire, le président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré a défendu, face à la presse, une gouvernance axée sur la lutte contre la corruption et la souveraineté économique. Entre traque des « gros poissons » et ambition industrielle encore « embryonnaire », le chef de l’État esquisse une stratégie de transformation en profondeur.

Et si la véritable révolution burkinabè se jouait à la croisée de la morale publique et de l’économie réelle ? En assumant une lutte frontale contre la corruption, des pratiques quotidiennes aux détournements d’ampleur, tout en esquissant les contours d’une industrialisation endogène, le capitaine Ibrahim Traoré tente d’imposer un nouveau logiciel de gouvernance : produire localement, moraliser l’État et restaurer la confiance populaire.

Corruption : « des gros poissons sont aussi pris »

Interpellé sur l’efficacité de la lutte contre la corruption, souvent critiquée pour ne viser que des « petits poissons », le président du Faso a rejeté cette perception. Selon lui, des dossiers impliquant des montants importants sont bel et bien en cours de traitement, même si tous ne sont pas médiatisés.

Le président a évoqué des procédures variées, allant des procès judiciaires aux transactions financières, permettant à certains mis en cause de rembourser les fonds détournés avec pénalités. « La justice est très chargée », a-t-il insisté, tout en affirmant que la lutte est « implacable » et produit déjà des résultats tangibles.

Au-delà des grandes affaires, le chef de l’État a particulièrement mis l’accent sur les « petites corruptions » du quotidien, jugées tout aussi nuisibles. Il a illustré son propos par des situations concrètes dans les services publics, où des pratiques illégales peuvent avoir des conséquences graves pour les citoyens.

Une stratégie de dissuasion par l’exemple

Pour enrayer ces pratiques, les autorités ont opté pour une stratégie de visibilité, consistant à exposer certains cas de corruption afin de dissuader les comportements déviants.

Des dispositifs ont été mis en place, notamment dans les services de sécurité et d’administration, afin de limiter les abus et garantir un traitement équitable des usagers. « Il faut montrer pour que les autres ne tombent pas dans la même bêtise », a expliqué le président.

Industrialisation : une ambition encore « embryonnaire »

Sur le plan économique, le capitaine Ibrahim Traoré a reconnu que la politique industrielle du pays n’en est qu’à ses débuts. « On est au début », a-t-il admis, appelant à une meilleure compréhension du concept même d’industrialisation.

Loin de se limiter aux grandes unités, le chef de l’État encourage la création de petites industries locales, capables de transformer des produits du quotidien. Il a cité des exemples concrets, comme la fabrication d’ustensiles ou de pièces mécaniques, pour illustrer le potentiel de substitution aux importations.

Souveraineté économique : produire et transformer localement

Le président a mis en avant une stratégie visant à réduire la dépendance aux importations, en développant des chaînes de production locales. Plusieurs secteurs sont concernés, notamment l’agriculture et l’agro-industrie (culture du blé, transformation du riz et du maïs, production de pâtes alimentaires et de farines) ; l’industries alimentaires en vue du développement de la transformation locale (huile, jus, produits dérivés) ; le textile avec pour ambition de transformer le coton burkinabè en produits finis dès 2026.

« Tout ce que nous consommons doit pouvoir être produit ici », a-t-il martelé, soulignant les gains économiques et les emplois potentiels liés à cette politique.

Réformes financières et mobilisation des ressources

Le chef de l’État a également salué le travail des agents du ministère des Finances, qu’il considère comme un levier essentiel de la réforme économique. Selon lui, l’amélioration des recettes publiques repose autant sur les réformes que sur l’engagement des ressources humaines.

Les efforts en matière de lutte contre la fraude et d’optimisation des recettes permettent, d’après lui, de financer les priorités nationales, notamment la sécurité et le développement des infrastructures.

Une transformation progressive mais assumée

Au final, le président du Faso assume une démarche progressive, fondée sur la transformation des mentalités, la valorisation des ressources locales et la reconquête de la souveraineté économique.

Si les résultats restent encore partiels, le président revendique une dynamique enclenchée, appelée à s’intensifier dans les années à venir.

Chiencoro Diarra 

4 avril 2026 0 comments
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lancement officiel de l’Assurance Volontaire pour la Culture (AVOC)
ActuSeko ni Donko

Mali : l’assurance sociale des artistes relancée après une pause

by Sahel Tribune 4 avril 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Relancée après une période d’atonie, l’Assurance volontaire pour la culture revient dans le jeu. Entre promesse de protection sociale pour des artistes souvent laissés à eux-mêmes et défis persistants d’adhésion et de structuration, l’État malien tente de réparer un angle mort de son économie culturelle.

Après un coup d’arrêt discret, le dispositif d’Assurance volontaire pour la culture (AVOC) revient dans l’agenda gouvernemental. Vendredi 3 avril, le ministre de la Culture, Mamou Daffé, a reçu à Bamako une délégation de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), chargée de piloter ce mécanisme destiné à offrir une protection sociale aux acteurs du secteur culturel.

Cette réunions visait à faire un état des lieux des enrôlements et, surtout, de relancer un dispositif fragilisé par des changements intervenus à la tête de l’institution. L’AVOC, encore peu connu du grand public, ambitionne pourtant de combler un vide structurel, à savoir l’absence de couverture sociale pour une grande partie des artistes, artisans et professionnels du tourisme, souvent évoluant dans l’informel.

Une protection sociale encore balbutiante

Mis en place en partenariat avec le ministère de la Santé et du Développement social, le mécanisme prévoit une couverture médicale, des allocations familiales et une pension de retraite pour ses adhérents. Une avancée significative dans un pays où les métiers de la culture restent largement précarisés.

Mais sur le terrain, le déploiement se heurte à plusieurs obstacles. Lors des échanges, la question des cartes professionnelles — indispensables pour faciliter l’identification et l’inscription des artistes — a été largement discutée. Autre enjeu : permettre l’enrôlement via des ayants droit, notamment lorsque les bénéficiaires ont atteint la limite d’âge.

Relancer la machine

Pour redynamiser l’AVOC, les autorités misent sur une campagne de sensibilisation renforcée. Journées portes ouvertes, actions de mobilisation ciblées. L’objectif est d’élargir la base des bénéficiaires et de susciter l’adhésion d’un secteur encore méfiant ou mal informé.

Derrière cette relance se dessine une ambition plus large. Celle de structurer les industries culturelles et leur offrir un socle de protection comparable à celui des autres secteurs économiques. Un défi de taille dans un contexte où la formalisation des activités reste incomplète.

Au-delà de l’aspect technique, la relance de l’AVOC traduit une volonté politique de repositionner la culture comme un secteur à part entière, et non plus comme une périphérie économique. En sécurisant les parcours professionnels, l’État espère encourager la création, stabiliser les revenus et renforcer l’attractivité de ces métiers.

A.D

4 avril 2026 0 comments
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Conseil d'administration de l'INPS
A la UneSécurité

Mali : comment  l’INPS amorce la transformation en profondeur de la sécurité sociale

by Sahel Tribune 4 avril 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Au Mali, la réforme de la protection sociale s’accélère. Reçu en audience le 3 avril 2026 par la ministre de la Santé et du Développement social, Colonel-major Assa Badiallo Touré, le nouveau président du conseil d’administration de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), Mossadeck Bally, affiche une l’ambition de moderniser l’institution, améliorer les prestations et élargir la couverture sociale dans un contexte de fortes attentes des assurés.

Cette première prise de contact, à laquelle participait le nouveau bureau de l’INPS — notamment du directeur général Idrissa Bakary Diarra, dont la gouvernance est placée sous le signe de la réforme de l’administration — s’inscrit dans un contexte de fortes attentes autour de l’amélioration des services rendus aux assurés et aux pensionnés. Face à une demande sociale croissante, l’institution est appelée à se transformer pour répondre aux défis de performance, de transparence et d’extension de la couverture sociale.

Modernisation et réforme au cœur des priorités

Au cours des échanges, le nouveau conseil d’administration a présenté ses axes stratégiques. Parmi eux figurent la modernisation des outils de gestion, la simplification des procédures administratives et l’amélioration de la qualité des prestations. L’objectif est de renforcer l’efficacité de l’INPS, tout en consolidant la confiance des usagers dans un système souvent critiqué pour ses lenteurs.

Pour Mossadeck Bally, il s’agit d’engager des réformes structurelles visant à adapter l’institution aux exigences contemporaines. Cela passe notamment par une meilleure gouvernance, une transparence accrue dans la gestion des ressources et une orientation plus affirmée vers le service public.

Un enjeu central pour la protection sociale

La ministre Assa Badiallo Touré a salué cette dynamique, tout en appelant à la rigueur et au professionnalisme dans la conduite des réformes. Elle a insisté sur la nécessité d’inscrire ces transformations dans la vision des autorités de transition, qui font de l’amélioration des services sociaux une priorité.

Au-delà de la réforme institutionnelle, c’est toute la question de la protection sociale au Mali qui est en jeu. Dans un pays où une grande partie de la population reste en dehors des dispositifs formels de couverture, l’INPS apparaît comme un levier stratégique pour élargir l’accès aux prestations sociales et renforcer la résilience des ménages.

Vers une refondation de l’État social ?

L’engagement affiché par le ministère à accompagner ces réformes témoigne de la volonté des autorités de soutenir cette transformation. Reste désormais à traduire ces orientations en résultats concrets, dans un contexte budgétaire contraint et face à des attentes sociales élevées.

Pour l’INPS, le défi est de réussir sa modernisation tout en consolidant son rôle d’acteur central de la solidarité nationale. Une ambition qui pourrait, à terme, redessiner les contours de l’État social malien.

Oumarou Fomba 

4 avril 2026 0 comments
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