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Macky Sall
A la UneChroniques

Sénégal : Macky Sall, la justice et l’ombre d’un retour

by Chiencoro 1 mars 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Accusé de mauvaise gestion financière par le gouvernement sénégalais et visé par un rapport accablant de la Cour des comptes, Macky Sall rejette en bloc les accusations, tandis que la justice pourrait bien devenir l’arène d’un nouvel affrontement politique.

C’était écrit. Qu’un ancien président fraîchement débarqué du pouvoir se retrouve dans le viseur de la justice est presque devenu une tradition politique en Afrique. Au Sénégal, Macky Sall n’échappe pas à la règle. Moins d’un an après son départ, voilà son nom jeté en pâture par le gouvernement en place, accusé d’avoir transformé la gestion des finances publiques en terrain de non-droit.

À en croire Moustapha Ndjekk Sarré, porte-parole du gouvernement et ministre de la Formation professionnelle, l’ancien chef de l’État ne pourrait pas éviter la case justice. « Chef de gang », « actes criminels », « absence de circonstances atténuantes », le réquisitoire est sans appel. Le pouvoir actuel semble avoir trouvé son coupable idéal. Celui par qui tous les maux sont arrivés.

Une dette abyssale et une justice inévitable ?

Tout est parti d’un rapport de la Cour des comptes publié le 12 février, véritable torpille dans les eaux troubles du legs de Macky Sall. Une dette qui frôle les 100 % du PIB, un déficit budgétaire trois fois plus élevé que les chiffres officiels, des prêts bancaires non déclarés… Les conclusions sont sans appel. Le régime précédent aurait maquillé la réalité économique du pays.

L’intéressé, lui, balaye d’un revers de main ces accusations, dénonçant un « procédé politique » dans un entretien à Jeune Afrique. Depuis son exil doré au Maroc, il rejette en bloc les chiffres, les accusations et la perspective d’une convocation judiciaire. Un classique.

Le spectre d’un retour politique

Mais derrière cette offensive judiciaire se cache un autre enjeu, éminemment politique. Car dans l’histoire récente du Sénégal, ceux qui ont fait face à la justice n’en sont pas toujours sortis affaiblis. Khalifa Sall, Ousmane Sonko… Tous ont su rebondir après des ennuis judiciaires, transformant leur statut de paria en levier politique.

Alors, Macky Sall est-il le prochain sur la liste ? Sa traversée du désert marocain pourrait bien n’être qu’une parenthèse stratégique. Dans un pays où les exils sont rarement définitifs et où les retours sont souvent triomphants, la question n’est pas tant de savoir s’il sera poursuivi, mais s’il compte revenir. Et si oui, sous quelle bannière ?

Au Sénégal, la justice est parfois une salle d’attente pour le retour aux affaires. Macky Sall en fera-t-il l’expérience ? À suivre.

Chiencoro Diarra 

1 mars 2025 0 comments
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Attaque terroriste à Bamako
A la UneSécurité

Lutte contre le terrorisme : deux poseurs de bombes trouvent la mort à Dogofriba

by Ibrahim Kalifa Djitteye 1 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

L’État-Major général des Armées a annoncé ce jeudi 27 février 2025, la mort de deux terroristes dans le secteur de Dogofriba, situé dans le cercle de Niono, région de Ségou. Les individus ont été tués dans l’explosion accidentelle d’un Engin explosif improvisé (EEI) qu’ils tentaient d’enfouir sur le passage d’une patrouille des Forces armées Maliennes (FAMa).

Selon les informations fournies par l’armée, les deux hommes étaient en train d’installer un dispositif explosif destiné à attaquer une patrouille des FAMa lorsqu’une mauvaise manipulation a provoqué une explosion soudaine. L’EEI a explosé entre leurs mains, les réduisant en lambeaux avant qu’ils ne puissent achever leur macabre entreprise.

Sur les lieux de l’incident, les forces de défense ont récupéré deux fusils d’assaut AK-47, deux commandes d’EEI, un chargeur de AK-47 ainsi que des livres coraniques. Ces éléments confirment une fois de plus la présence et l’activité des groupes terroristes dans cette région du pays, où ils tentent régulièrement de semer la terreur.

Une menace persistante, l’usage accru des EEI

Dans son communiqué, l’État-Major général des Armées a mis en garde contre une recrudescence inquiétante de l’utilisation des engins explosifs improvisés par les groupes terroristes. Ces dispositifs, souvent placés sur les axes routiers ou aux abords des bases militaires, constituent une menace redoutable pour les forces de défense et de sécurité ainsi que pour les populations civiles.

Face à cette menace grandissante, l’armée malienne appelle la population à redoubler de vigilance et à collaborer étroitement avec les forces de sécurité en signalant tout mouvement suspect. La coopération entre civils et militaires est essentielle pour réduire l’efficacité de ces tactiques terroristes et assurer la sécurité des zones à risque.

Un engagement ferme des FAMa contre le terrorisme

Les Forces armées Maliennes réaffirment leur engagement à combattre avec fermeté les groupes terroristes qui tentent de déstabiliser le pays. À travers des patrouilles renforcées et des opérations ciblées, l’armée multiplie les efforts pour sécuriser les zones sensibles et neutraliser les éléments hostiles.

L’incident survenu à Dogofriba illustre une nouvelle fois les risques que prennent ces groupes armés dans leur tentative de s’attaquer aux forces de défense. Il met aussi en lumière la nécessité pour la population et les autorités de rester unies dans la lutte contre cette menace persistante.

En attendant, l’armée poursuit ses opérations dans la région de Ségou et sur l’ensemble du territoire pour garantir la sécurité des citoyens et mettre en échec toute tentative de déstabilisation du pays.

Ibrahim K Djitteye 

1 mars 2025 0 comments
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Mamoudou Kassogué, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme garde des Sceaux.
ActuSécurité

58 ᵉ session du Conseil des droits de l’homme : le Mali prône une coopération sincère et équilibrée

by Ibrahim Kalifa Djitteye 1 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

 Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué a participé, le 25 février 2025, au Segment de Haut Niveau de la 58 ᵉ Session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies. Dans son allocution, il a réaffirmé la détermination du Mali à respecter ses engagements en matière de promotion et de protection des droits de l’homme, aussi bien sur le plan national qu’international.

Le ministre Mamoudou Kassogué a mis en avant les efforts déployés par les Forces armées maliennes (FAMa), avec l’appui de partenaires stratégiques, dans la lutte contre le terrorisme. Il a rappelé que cette menace constitue l’un des principaux facteurs de violation des droits fondamentaux au Mali et dans la région sahélienne.

Un engagement ferme contre l’impunité

Dans ce contexte, il a insisté sur la nécessité de mettre en place des solutions durables, ancrées dans les réalités locales. À cet effet, il a évoqué le Dialogue inter-malien et la rédaction d’une Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation. Ces initiatives visent à favoriser une résolution endogène des crises et à renforcer la cohésion nationale.

Le ministre a également souligné l’importance de la lutte contre l’impunité sous toutes ses formes. Il a assuré que le gouvernement malien mène des enquêtes rigoureuses sur les violations des droits de l’homme, y compris celles qui impliqueraient les Forces armées et de Sécurité malienne. Cette démarche, selon lui, témoigne de la volonté du Mali de garantir la justice et de prévenir toute forme d’abus.

Contre la politisation des droits de l’homme

Le ministre Kassogué a tenu à dénoncer toute tentative d’instrumentalisation ou de politisation des droits de l’homme à des fins inavouées. Il a rappelé que le Mali reste attaché aux principes universels de promotion et de protection des droits humains, en toute impartialité et indépendance.

Cette position vise à éviter que des considérations politiques ne viennent biaiser l’appréciation de la situation des droits de l’homme au Mali. Il a ainsi réaffirmé la nécessité d’un traitement objectif et équilibré des réalités du terrain.

Un appel à la coopération internationale

Enfin, le garde des Sceaux a réitéré la volonté du Mali de collaborer avec la communauté internationale et tous les partenaires sincères afin d’apporter une réponse rapide et durable à la crise que traverse le pays.

En s’exprimant devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, le Mali réaffirme ainsi son engagement en faveur des valeurs de justice, de paix et de respect des droits humains, tout en appelant à une solidarité internationale pour faire face aux défis actuels.

Ibrahim K Djitteye 

1 mars 2025 0 comments
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Pr. Boureima Kansaye, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
A la UneÉducation

Université de Tombouctou : le ministre Boureima Kansaye promet l’opérationnalisation dans le bref délai 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 1 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Boureima Kansaye, a effectué, en début de semaine, une visite de travail dans la ville historique de Tombouctou. Cette mission s’inscrit dans le cadre des préparatifs de l’ouverture prochaine de l’Université de Tombouctou. Un projet d’envergure qui suscite beaucoup d’espoir auprès des populations locales.

Lors de son déplacement, le ministre a présidé le conseil d’administration de l’Institut des hautes études et des recherches islamiques Ahmed Baba (IHERI-ABT). Une institution académique renommée qui fait partie intégrante de la future université. En marge de cette rencontre, l’Institut a également célébré la sortie de sa cinquième promotion. Un événement marquant pour la communauté universitaire de Tombouctou.

Dans son discours, Pr. Kansaye a réaffirmé l’engagement du gouvernement à accélérer le processus de mise en place de l’Université de Tombouctou. Il a notamment insisté sur le retour de l’IHERI-ABT dans son environnement naturel après avoir été contraint de déménager à Bamako en raison de la crise sécuritaire. « L’Institut fait partie de l’université de Tombouctou, comme d’autres grands établissements universitaires du pays. Nous travaillerons dans les jours et semaines à venir pour que son retour s’effectue dans les meilleurs délais », a-t-il déclaré.

Un projet ambitieux mais complexe

Toutefois, le ministre a tenu à rappeler que la mise en place d’une université ne se fait pas en un jour. Il a souligné que même avec un État doté de tous les moyens nécessaires, un projet d’une telle envergure demande plusieurs années pour être pleinement opérationnel. Il a pris l’exemple de l’Université du Mali, créée en 1993 et qui n’a véritablement commencé à fonctionner qu’en 1996.

Ce délai s’explique par les nombreux défis à relever, notamment la mise en place des infrastructures, le recrutement du personnel enseignant, l’élaboration des programmes académiques et la mise en place des partenariats avec d’autres institutions. L’Université de Tombouctou devra également tenir compte du contexte sécuritaire et des besoins spécifiques de la région afin d’assurer un fonctionnement optimal dès son ouverture.

Un moteur de développement pour la région

Au-delà de son rôle éducatif, le ministre a insisté sur l’impact économique et social qu’aura cette université sur la région. « Une université est une opportunité de développement. Chaque établissement universitaire dynamise son territoire et crée de nouvelles activités économiques », a-t-il souligné.

En effet, la présence d’une université à Tombouctou pourrait favoriser l’émergence de nombreux secteurs : le logement, le commerce, les services et même la recherche appliquée. À travers des collaborations avec des entreprises locales, les enseignants-chercheurs et étudiants pourront contribuer à l’innovation et au développement économique. Dans d’autres pays, les universités jouent un rôle central en apportant des solutions aux problématiques des entreprises et en favorisant l’entrepreneuriat.

Un espoir pour la jeunesse de Tombouctou

Pour la population locale, ce projet est une avancée majeure. Depuis des années, les jeunes de Tombouctou doivent se déplacer vers d’autres villes, voire à l’étranger, pour poursuivre leurs études supérieures. L’ouverture de cette université leur offrira la possibilité de suivre une formation de qualité sans quitter leur ville natale, réduisant ainsi les coûts liés aux déplacements et facilitant l’accès à l’enseignement supérieur.

De plus, la présence d’une université dans la région contribuera à renforcer la recherche scientifique et à préserver le riche patrimoine intellectuel et historique de Tombouctou. Connue pour ses manuscrits et son rôle central dans la transmission du savoir en Afrique de l’Ouest, la ville retrouvera ainsi une place de choix dans le paysage universitaire malien.

Une visite hautement symbolique pour Tombouctou

Lors de cette visite, le gouverneur de la région de Tombouctou, le contrôleur principal de la police Bakoun Kanté, a exprimé sa satisfaction et celle de la population face aux engagements du gouvernement.

Il a rappelé que cette mission ministérielle répond aux préoccupations majeures des forces vives de la région, notamment l’opérationnalisation de l’université et le retour des manuscrits de Tombouctou. « L’université de Tombouctou va permettre à de nombreux jeunes de poursuivre leurs études après le baccalauréat sans être obligés de partir à Bamako dans des conditions difficiles », a-t-il insisté.

Le gouverneur a également salué la tenue du conseil d’administration de l’IHERI-ABT sur place, un événement qui ne s’était pas produit depuis la crise de 2012. Il a félicité les efforts des autorités et des acteurs de l’éducation qui ont œuvré pour rendre cette rencontre possible.

Ibrahim K Djitteye 

1 mars 2025 0 comments
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Sissoko Abdoulaye, directeur pédagogique de L’EGI-SUP.
ExclusifTaabolow ani Tabiaw

Abdoulaye Sissoko, directeur de L’EGI-SUP : « Les entreprises gagneraient à offrir plus de flexibilité »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 28 février 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Le mois de Ramadan est une période de forte spiritualité qui influence les habitudes de vie, y compris dans le cadre professionnel. Entre adaptation des horaires, gestion de la fatigue et maintien de la productivité, les travailleurs maliens doivent jongler entre leurs obligations religieuses et leurs responsabilités professionnelles. Pour mieux comprendre ces enjeux, nous avons rencontré M. Sissoko Abdoulaye, directeur pédagogique de L’EGI-SUP, qui partage son expérience sur l’impact du jeûne sur le quotidien des travailleurs et les mesures d’accompagnement à privilégier en entreprise.

Sahel Kunafoni : Depuis combien de temps pratiquez-vous le jeûne pendant le Ramadan et quelles sont vos motivations à le faire ?

Abdoulaye Sissoko : Je pratique le jeûne du Ramadan depuis les années 2004-2005. Mes motivations sont avant tout religieuses, avec une quête spirituelle de rapprochement avec Dieu. Cette période est pour moi une occasion de purification physique et mentale, mais aussi un exercice de discipline et d’introspection. En plus de l’aspect religieux, le jeûne est un moyen de renforcer ma patience, ma résilience et ma gratitude envers les bienfaits quotidiens que nous avons tendance à négliger.

Comment le jeûne pendant le Ramadan affecte-t-il votre niveau d’énergie pendant la journée de travail ?

Le jeûne modifie inévitablement le niveau d’énergie, notamment en milieu et fin de journée. Pour y faire face, j’adopte une approche méthodique en organisant mes tâches en fonction de mes pics de vitalité. J’accorde la priorité aux activités les plus exigeantes le matin, quand je suis encore en pleine possession de mes moyens. L’après-midi, je me concentre sur des tâches plus légères pour éviter toute baisse soudaine de productivité.

Les horaires de travail sont-ils ajustés pendant le Ramadan dans votre établissement ? Si oui, comment ces ajustements vous aident-ils à mieux gérer votre journée de travail ?

Oui, notre établissement adapte les horaires pendant le Ramadan. Par exemple, les femmes terminent à 15 h au lieu de 17 h, et les hommes à 16 h. Ces ajustements nous permettent d’être plus efficaces sur une période plus courte et d’éviter une accumulation excessive de fatigue. Cela favorise une meilleure concentration et une meilleure organisation des tâches essentielles avant la baisse d’énergie de fin de journée.

Si vous avez constaté une baisse de votre productivité, comment gérez-vous cette situation au travail ?

Lorsque je ressens une baisse de productivité, je réorganise mes priorités. J’accomplis en priorité les tâches les plus exigeantes le matin et reporte celles qui demandent moins d’effort mental aux moments où l’énergie est plus faible. Si possible, j’adapte aussi mon emploi du temps pour inclure des pauses stratégiques qui me permettent de récupérer et d’éviter le stress accumulé.

Ressentez-vous des effets négatifs sur votre santé pendant le Ramadan, comme de la fatigue, des maux de tête ou des difficultés de concentration ?

La fatigue est inévitable, surtout en raison du manque d’hydratation et du rythme de sommeil modifié. Cependant, je n’ai jamais ressenti d’effets négatifs majeurs. Au contraire, je considère le jeûne comme un moyen de régénération du corps. En m’assurant une bonne hydratation et une alimentation équilibrée lors du sahur et de l’iftar, je parviens à minimiser les désagréments et à maintenir un niveau de concentration correct.

Comment gérez-vous le stress et la pression professionnelle pendant le Ramadan ? Avez-vous des stratégies pour maintenir un équilibre ?

Pour gérer le stress, j’adopte une organisation rigoureuse, je planifie mes journées avec des objectifs clairs et atteignables. J’évite la surcharge de travail en anticipant les tâches et en les répartissant de manière équilibrée. Lorsque la pression devient plus forte, je prends quelques instants pour respirer et me recentrer, ce qui m’aide à garder un bon équilibre entre mes obligations professionnelles et mon état physique et mental.

Le jeûne affecte-t-il votre humeur et vos interactions avec vos collègues ?

Le manque d’énergie peut parfois influencer l’humeur, notamment en fin de journée. Cependant, j’essaie de rester conscient de cela et d’adopter une approche plus tolérante dans mes interactions. J’évite les discussions trop intenses ou stressantes et privilégie une communication calme et posée. En étant attentif à mon état et à celui des autres, il est possible de maintenir une bonne ambiance au travail malgré la fatigue.

Selon vous, quels aménagements ou soutiens pourraient être mis en place dans les entreprises pour améliorer l’expérience des travailleurs pendant le Ramadan ?

Les entreprises gagneraient à offrir plus de flexibilité dans les horaires et à réduire le volume de travail sur les tâches les plus énergivores. L’ajout de pauses stratégiques et la possibilité de télétravail pour certaines missions pourraient aussi être bénéfiques. Ces aménagements montreraient une prise en compte du bien-être des employés, ce qui renforcerait leur engagement et leur motivation.

En tant que travailleur, quels conseils donneriez-vous à vos collègues pour mieux concilier le jeûne et les exigences professionnelles pendant le Ramadan ?

Je leur conseillerais d’être stratégiques dans la gestion de leur temps et de leurs efforts. Il est important de prioriser les tâches exigeantes le matin et d’utiliser l’après-midi pour des missions plus légères. De plus, il faut bien s’hydrater et manger équilibré lors du sahur et de l’iftar pour éviter les coups de fatigue. Enfin, il ne faut pas hésiter à communiquer avec ses collègues et son employeur pour ajuster les conditions de travail si nécessaire.

Interview réalisée et transcrite par Ibrahim Kalifa Djitteye 

28 février 2025 0 comments
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Afrique-France
ActuAnalyses

Tribune. Quand l’Afrique ferme ses portes, Paris cherche la clé.

by Fousseni TOGOLA 28 février 2025
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

La France voit son influence en Afrique s’effriter sous l’élan des nouvelles souverainetés. Cette reconfiguration des rapports de force entre l’ancienne puissance coloniale et ses ex-partenaires stratégiques trace le destin de ces deux anciens alliés.

La politique française en Afrique est-elle en train de mourir de sa belle mort ? En tout cas, les relations de coopération entre l’Hexagone et l’Afrique ne sont plus au beau fixe comme elles l’étaient durant la période du « béni oui oui » ou du « oui, Maître ».

La rupture de la coopération militaire, à travers la dénonciation des accords de défense entre la France et les pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES), ainsi que la fermeture des bases militaires françaises au Tchad, au Sénégal et en Côte d’Ivoire rappellent l’époque des indépendances africaines.

Une nouvelle tendance dans les relations internationales

Après l’accession à l’indépendance, la France a été exhortée à retirer ses militaires des pays désormais souverains et capables d’assurer leur propre sécurité. C’est pourquoi, au Mali, bien que l’armée nationale ait été créée le 1er octobre 1960, il a fallu attendre le 20 janvier 1961 pour voir le dernier soldat français quitter le territoire malien, une date désormais célébrée comme la fête de l’Armée nationale.

Ces départs récents rappellent donc cette période des indépendances, où le colonisé a tordu le bras de son ancien maître et l’a forcé à accepter sa volonté. Les nouvelles souverainetés africaines constituent un véritable coup dur pour la France, qui se complaisait dans une relation de dominant-dominé. Cependant, parler d’une inversion totale du rapport de force entre l’Afrique et la France semble exagéré. Plutôt qu’un renversement, il s’agit davantage d’une reconfiguration des rapports de puissance. Les pays africains cherchent aujourd’hui à s’affranchir d’une tutelle jugée trop pesante, tandis que la France peine à redéfinir son rôle sur le continent.

Toutefois, sur le plan géopolitique, une nouvelle tendance émerge dans les relations internationales. Certes, une troisième guerre mondiale n’est pas imminente, mais les relations politiques, diplomatiques et économiques entre les États sont plus que jamais tendues. Les conflits territoriaux, jadis monnaie courante à l’époque des empires en Afrique de l’Ouest et ailleurs, refont aujourd’hui surface. La crise à l’est de la RDC (République démocratique du Congo) avec les rebelles du M23, soupçonnés d’être soutenus par le Rwanda — bien que Kigali réfute ces allégations —, en est une illustration frappante. On a également vu cette dynamique au Mali avec les indépendantistes touaregs. Plus loin du Sahel, la guerre opposant la Russie et l’Ukraine depuis plusieurs années s’inscrit dans cette même logique expansionniste. Toutefois, comparer ces conflits à la situation entre l’Afrique et la France pourrait bien être hasardeux, pour des observateurs. 

La France confrontée à une crise de gestion de ses ressources humaines

Certes, l’Afrique n’a jamais historiquement dominé la France, ce qui pourrait remettre en question l’idée d’un retour cyclique des rapports de force. Mais il y a une première fois à tout, dit-on, et chaque fait a un point de départ. Si la domination coloniale n’a jamais été inversée, l’apport des Africains à l’histoire française reste indéniable. Lors des deux guerres mondiales, l’Afrique a apporté un soutien déterminant à la France, en lui fournissant des troupes et des ressources essentielles.

Durant la Première Guerre mondiale (1914-1918), près de 200 000 combattants africains, principalement issus des régiments de tirailleurs sénégalais, ont été envoyés sur le front occidental, subissant de lourdes pertes dans des batailles décisives comme celles de Verdun et de la Somme. Lors de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), l’apport africain fut tout aussi crucial, permettant à la France de soutenir son effort de guerre et de remporter des victoires stratégiques. Ces faits historiques rappellent que l’Afrique n’a jamais été un simple spectateur de l’histoire française, mais un acteur clé dans certaines de ses heures les plus critiques.

Avec la fermeture progressive de ses bases militaires en Afrique, la France pourrait, dans un futur proche, être confrontée à une véritable crise dans la gestion de ses ressources humaines, notamment celles qui vivaient de la présence française sur le continent. Par ailleurs, son soutien affiché à l’Ukraine contre la Russie pourrait également lui coûter cher, à la fois sur le plan économique et diplomatique. La France devra jongler entre ses engagements internationaux et la nécessité de repenser ses liens avec l’Afrique, sous peine de voir son influence s’éroder encore davantage.

F. Togola

28 février 2025 0 comments
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Macron et Tebboune
A la UnePolitique

Accords de 1968 : la France veut rompre, l’Algérie promet des représailles

by Chiencoro 28 février 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Les tensions entre la France et l’Algérie s’intensifient autour des accords migratoires, des restrictions diplomatiques et des enjeux politiques, dans un climat où surenchères et répliques diplomatiques compliquent toute issue apaisée.

Le thermomètre des relations franco-algériennes est au rouge. Migrants, diplomatie, mémoire coloniale. Les sujets de friction s’accumulent, au point de faire craindre un durcissement durable entre Paris et Alger. D’un côté, une France empêtrée dans ses querelles internes, où l’extrême droite pousse à la surenchère migratoire. De l’autre, une Algérie qui, forte de son rôle stratégique en Afrique et sur le marché de l’énergie, refuse d’être traitée comme un simple partenaire subalterne.

Accords de 1968, la menace française

Le point de crispation du moment ? Les accords bilatéraux de 1968, ces textes qui offrent aux Algériens un statut migratoire privilégié en France. Un vestige des liens post-coloniaux, que François Bayrou, le Premier ministre français, menace aujourd’hui de revoir. Officiellement, Paris accuse Alger de ne pas coopérer sur l’expulsion des clandestins, notamment après l’attaque de Mulhouse, perpétrée par un Algérien en situation irrégulière.

Mais la manœuvre a une autre lecture. En pleine montée des tensions identitaires en France, le gouvernement cherche un bouc émissaire et trouve, comme souvent, l’Algérie. L’extrême droite applaudit, la diplomatie algérienne s’indigne.

Réplique immédiate d’Alger. Les restrictions françaises visant les passeports diplomatiques algériens sont une « atteinte aux intérêts nationaux ». Si Paris persiste, Alger menace de mesures réciproques. Ce qui ouvre la voie à un bras de fer dont nul ne peut prédire l’issue.

L’ombre de l’extrême droite sur les relations franco-algériennes

Mais au-delà du choc des chancelleries, cette crise révèle une dynamique plus profonde. La place de l’Algérie dans le débat politique français. Depuis des années, le spectre de l’immigration algérienne sert d’épouvantail aux droites françaises, et le RN de Jordan Bardella en fait un argument électoral permanent.

L’Algérie, de son côté, ne voit plus la France comme un partenaire incontournable. Son influence grandit en Afrique, sa coopération avec la Russie se renforce, et ses hydrocarbures restent une arme diplomatique puissante. Le temps où Alger encaissait les coups sans broncher est révolu.

Les conséquences d’une rupture prolongée

Le refroidissement des relations pourrait peser lourd sur plusieurs secteurs-clés, mettant à mal des intérêts stratégiques des deux côtés de la Méditerranée.

L’Algérie, principal fournisseur de gaz de la France après la Norvège, dispose d’un levier de pression majeur. Une réduction des exportations vers Paris serait un coup dur pour l’approvisionnement énergétique français, d’autant plus que l’Europe cherche à diversifier ses sources face à la crise ukrainienne. Avec un marché asiatique de plus en plus demandeur, Alger pourrait privilégier d’autres partenaires. Ce qui compliquerait davantage la transition énergétique européenne.

Sur un tout autre plan. Un durcissement des accords de 1968 freinerait l’accès des Algériens à la France, mais l’impact ne serait pas à sens unique. De nombreuses entreprises françaises opérant en Algérie bénéficient de dispositions avantageuses grâce à ces accords. En cas de restriction, les expatriés français pourraient à leur tour voir leur situation fragilisée. Une situation qui compliquerait les investissements et la présence économique française dans un pays qui reste l’un de ses principaux partenaires commerciaux en Afrique.

Sur le plan sécuritaire, alors que la France perd du terrain en Afrique de l’Ouest, notamment avec le retrait de ses troupes du Mali, du Burkina et du Niger, peut-elle se permettre une rupture avec Alger ? L’Algérie joue un rôle clé dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, en raison de sa position géographique et de son expérience en matière de renseignement. Une détérioration des relations affaiblirait la coopération sécuritaire, à un moment où Paris cherche à redéfinir son influence sur le continent face à l’expansion de la Russie et d’autres acteurs internationaux.

Les tensions actuelles pourraient donc avoir des conséquences bien au-delà des déclarations diplomatiques, affectant des secteurs stratégiques qui lient encore étroitement la France et l’Algérie.

Dans ce bras de fer, ni la France ni l’Algérie n’ont intérêt à une escalade durable. Les liens économiques et historiques sont trop profonds, et les deux pays savent qu’ils devront, tôt ou tard, renouer. Mais tant que les surenchères verbales primeront sur la diplomatie, la tension restera vive.

En attendant, les coups pleuvent. Et l’orage diplomatique continue de gronder.

Chiencoro Diarra 

28 février 2025 0 comments
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