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champs-agriculture
ActuÉconomie

Rapport du BVG : comment l’agriculture malienne nourrit ses dysfonctionnements

by Sahel Tribune 8 mars 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Malgré des investissements massifs dans l’agriculture, un rapport accablant du Vérificateur Général, sur la période 2023-2014, révèle une gestion opaque, des détournements et des dysfonctionnements qui compromettent la souveraineté alimentaire du Mali.

L’agriculture malienne, ce « grenier » souvent vanté, n’est pas seulement le moteur économique du pays, elle est aussi un théâtre d’ombres où se jouent des batailles bureaucratiques, financières et politiques. Le dernier rapport du Bureau du Vérificateur Général, portant sur la gestion du ministère de l’Agriculture entre juillet 2023 et juillet 2024, en apporte une preuve éclatante. Entre irrégularités administratives, anomalies financières et opacité dans la gestion des subventions, le document dessine un tableau sans concession d’un secteur vital, mais rongé par des failles structurelles.

Un secteur essentiel, une gestion bancale

Le rapport rappelle un fait incontestable : 80 % de la population malienne dépend de l’agriculture, qui pèse pour plus de 35 % du PIB national. Pourtant, malgré des engagements répétés – et coûteux – en faveur de la modernisation du secteur, l’autosuffisance alimentaire demeure un mirage. Les subventions aux intrants agricoles, la gestion des engrais et la distribution des ressources continuent d’être marquées par des pratiques douteuses, des fraudes et des inefficiences bureaucratiques.

L’État malien, conformément aux engagements pris à Maputo en 2003, injecte plus de 10 % de son budget national dans l’agriculture. En 2023, 62 milliards de FCFA ont été alloués au ministère, contre 93 milliards en 2024. Des sommes colossales qui, selon le rapport du BVG, ne se traduisent pas systématiquement par des résultats concrets, en raison d’une gestion souvent approximative et parfois opaque.

Irrégularités et abus, une liste accablante

Le rapport met en lumière plusieurs dysfonctionnements majeurs :

• Absence de suivi des établissements publics sous tutelle : Le ministre de l’Agriculture n’a pas transmis au gouvernement le rapport général sur les établissements publics industriels et commerciaux placés sous sa responsabilité, empêchant toute évaluation sérieuse de leur performance.

• Gestion chaotique des engrais : le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (PRSA) a attribué des marchés à des prestataires non agréés pour la distribution d’engrais, tandis que des fournisseurs n’ont pas respecté les obligations de traçabilité des produits distribués.

• Dérives dans l’importation des pesticides : Le ministère a demandé des dérogations spéciales pour importer des pesticides non homologués, une décision qui va à l’encontre des normes sanitaires et environnementales.

• Comités fantômes : Le Comité National de Gestion des Pesticides (CNGP) et le Comité National des Engrais (CNE), censés encadrer la régulation des intrants agricoles, n’existent que sur le papier. Aucune réunion, aucun rapport, aucune activité : ils sont purement décoratifs.

Des milliards gaspillés dans un système inefficace

L’élément le plus frappant du rapport réside dans les dérives financières. La Direction des Finances et du Matériel (DFM) du ministère a procédé à des réceptions non conformes de matériels et d’équipements, tandis que l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) n’a pas justifié les quantités de blé manquantes dans le cadre d’un programme de distribution de 25 000 tonnes issues d’un don. Pire, certains opérateurs privés ayant bénéficié d’importantes quantités d’urée n’ont jamais réglé les montants dus à l’État, sans qu’aucune sanction ne soit prise à leur encontre.

On pourrait en rire si ce n’était pas aussi tragique. Des centaines de milliards de francs CFA sont investis dans l’agriculture chaque année, mais l’impact réel sur la sécurité alimentaire et le développement du secteur reste limité.

Le grand gâchis d’une souveraineté alimentaire annoncée

Dans un pays où la souveraineté est devenue un mantra politique, la question agricole est plus que jamais un enjeu stratégique. Pourtant, ce rapport met en évidence un paradoxe troublant : l’ambition de souveraineté alimentaire affichée par les autorités se heurte à des pratiques de gestion qui frisent l’amateurisme, voire la négligence coupable.

Pendant que les Maliens peinent à se nourrir et que l’État multiplie les discours sur la résilience, des décisions douteuses et des abus financiers viennent parasiter les efforts de réforme. Les fonds investis pour garantir l’autonomie agricole du pays sont souvent mal orientés, voire dilapidés, entre passations de marchés opaques, fraudes et absence de contrôle efficace.

Le rapport du Vérificateur Général ne fait que confirmer ce que tout le monde sait : sans une refonte profonde de la gouvernance agricole, la souveraineté alimentaire restera un slogan creux. Il ne suffit pas d’investir des milliards, encore faut-il s’assurer que ces fonds soient bien utilisés.

Un sursaut nécessaire

Les conclusions du BVG devraient logiquement déclencher une onde de choc. Des têtes tomberont-elles ? Des réformes structurelles suivront-elles ? Rien n’est moins sûr. Au Mali, les rapports s’accumulent, les scandales éclatent, et pourtant, le système résiste toujours.

Si l’État malien veut réellement sortir de l’ornière et atteindre ses objectifs d’autonomie alimentaire, il devra aller bien au-delà des déclarations d’intention. Des audits doivent être suivis de sanctions, des réformes, et surtout d’une tolérance zéro face aux abus. Car une agriculture qui nourrit ses prédateurs plus que son peuple ne peut être la base d’un avenir prospère.

A.D

8 mars 2025 0 comments
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Remise du chèque géant du président de la transition à l'APJ
A la UneÉconomie

2 500 stages pour les jeunes : un levier contre le chômage au Mali

by Sahel Tribune 8 mars 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Le gouvernement poursuit ses efforts pour favoriser l’accès à l’emploi des jeunes. Lors du Conseil des ministres du 5 mars 2025, le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck a annoncé le lancement du 14ᵉ contingent du programme de stage de formation professionnelle, destiné aux jeunes diplômés sans emploi. Elle a également présenté le bilan de sa mission de terrain dans la région de Gao, où plusieurs initiatives ont été mises en place pour accompagner l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et des femmes.

Dans le cadre du Programme Emploi Jeunes, l’Agence pour la Promotion de l’Emploi des Jeunes (APEJ) a lancé un appel à candidature le 13 février 2025 pour le recrutement de 2 500 jeunes diplômés sans emploi. Cet appel a rencontré un grand succès, avec 15 021 candidatures enregistrées avant la clôture des dépôts le 22 février 2025.

La répartition des candidatures montre une forte participation féminine, avec 8 230 dossiers déposés par des femmes (54,78%), contre 6 791 candidatures masculines (45,22%). Une fois la sélection terminée, les 2 500 stagiaires retenus seront affectés à diverses structures, notamment les Institutions de la République, les départements ministériels, les collectivités territoriales, les organisations consulaires et faîtières ainsi que les ONG.

Ce programme vise à faciliter l’entrée des jeunes dans le monde du travail en leur permettant d’acquérir une première expérience professionnelle et d’accroître leur employabilité. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre le chômage et de promotion de l’insertion professionnelle.

Le président de la tr  ansition, le général d’armée Assimi Goïta, avait remis un chèque au 13ème contingent, d’une valeur de 1 130 867 423 FCFA. C’est à la fin de la remise de ce financement que le Président de la transition avait annoncé ce nouveau programme de recrutement de 2 500 jeunes diplômés en 2025, dont les résultats ont été proclamés le vendredi 7 mars 2025. 

Une mission ministérielle à Gao pour soutenir l’emploi et la formation

Le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle a effectué une mission à Gao du 27 février au 1ᵉʳ mars 2025 pour exprimer le soutien du gouvernement aux populations locales et identifier leurs besoins en matière de formation et d’emploi. Cette visite s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et des femmes, tout en tenant compte des réalités du marché du travail.

Plusieurs initiatives ont été mises en place, dont l’inauguration d’un bâtiment pour la Direction régionale de l’Emploi et de la Formation professionnelle, ainsi que l’ouverture de trois Espaces d’Orientation Jeunesse destinés à accompagner les jeunes dans leur insertion professionnelle. Le ministre a également lancé une opération « permis de conduire », facilitant l’accès à ce document essentiel pour de nombreux métiers, et remis des kits d’insertion aux bénéficiaires de formations dans divers secteurs tels que l’agroalimentaire, la couture, l’électricité photovoltaïque et la maintenance d’engins lourds.

Lors des échanges, les acteurs locaux ont insisté sur plusieurs priorités, notamment  l’adaptation des formations aux besoins du marché du travail, un meilleur accompagnement des jeunes et des femmes et la poursuite des initiatives en faveur de la paix et de la sécurité. Cette mission illustre l’engagement du gouvernement à soutenir les populations locales et à renforcer les opportunités d’emploi dans la région.

Les attentes des acteurs locaux

Lors de sa mission à Gao, le ministre Oumou SALL SECK a tenu des échanges avec les acteurs locaux afin de mieux cerner les défis liés à l’emploi et à la formation. Parmi les principales préoccupations exprimées figurent l’adaptation des formations aux besoins du marché du travail, afin d’accroître l’employabilité des jeunes. Il a été souligné que certaines formations ne correspondent pas toujours aux attentes des entreprises, ce qui limite les opportunités d’embauche pour les diplômés.

Les discussions ont également mis en avant la nécessité d’un accompagnement spécifique des jeunes et des femmes, à travers des formations ciblées et des dispositifs de soutien à l’entrepreneuriat. La mise en place de programmes de financement et d’accompagnement pour les porteurs de projets a été évoquée comme une solution clé pour favoriser leur insertion économique. De plus, la poursuite des initiatives pour la paix et la sécurité a été identifiée comme un levier indispensable au développement économique et à la création d’emplois. Ces échanges ont permis au gouvernement d’identifier des axes d’amélioration concrets et de renforcer son engagement en faveur de solutions adaptées aux réalités locales.

Un engagement fort pour l’insertion des jeunes

Avec le programme de stage pour 2 500 jeunes et les initiatives mises en place à Gao, le gouvernement réaffirme sa volonté de lutter contre le chômage et de favoriser l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Ces actions visent à offrir aux jeunes des opportunités concrètes de formation et d’emploi, en mettant l’accent sur l’acquisition de compétences et l’expérience professionnelle.

En combinant des dispositifs nationaux comme le Programme Emploi Jeunes et des initiatives locales ciblées, l’exécutif met en place une stratégie globale pour soutenir l’emploi des jeunes et des femmes. À travers ces efforts, il cherche à renforcer l’autonomie des jeunes et à dynamiser le marché du travail, contribuant ainsi au développement économique et social du pays.

Ibrahim K. Djitteye 

8 mars 2025 0 comments
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John Dramani Mahama du Ghana
ActuPolitique

Visite du président John Mahama au Mali : le Ghana en quête d’équilibre entre la CEDEAO et l’AES

by Chiencoro 7 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

 Entre pragmatisme et réalignement stratégique, la visite du président ghanéen John Dramani Mahama à Bamako, le mars 2025, marque un tournant dans les relations entre le Ghana et le Mali, dans un contexte de recomposition géopolitique ouest-africaine.

Le balancier diplomatique ouest-africain suit un mouvement lent mais inexorable, et les trajectoires parfois divergentes des capitales sahéliennes et côtières ne suffisent pas toujours à masquer les réalités d’intérêts convergents. Entre Bamako et Accra, le froid des dernières années semble désormais chassé par un vent de rapprochement. John Dramani Mahama, tout juste revenu au pouvoir à Accra, en janvier dernier, entend redessiner la carte de ses alliances, et dans cette nouvelle donne, le Mali d’Assimi Goïta figure en bonne place.

Demain samedi, l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako verra atterrir un avion aux couleurs du Ghana, marquant la première visite officielle de Mahama en terre malienne depuis son retour au pouvoir. Ce déplacement, scruté avec attention dans les capitales ouest-africaines, scelle un tournant dans les relations entre les deux pays, longtemps affectées par les turbulences politiques maliennes et les divergences sur la gestion de la crise sécuritaire sahélienne.

Le signal fort d’Accra

Tout avait commencé par une invitation symbolique, mais ô combien significative. Celle adressée par Mahama au général Assimi Goïta pour son investiture le 7 janvier 2025. Si le chef de l’État malien, pris par les urgences nationales, n’a pu s’y rendre, il a cependant envoyé une délégation de haut niveau, menée par son Premier ministre, le général Abdoulaye Maïga, qui, quelques jours plus tard, effectuait une visite officielle de 48 heures à Accra. Le message était clair. Un dialogue stratégique entre les deux pays était en cours de réactivation.

En prélude à cette dynamique, Alfred Mahama, frère du président ghanéen et émissaire spécial, s’était déjà rendu à Bamako, peu avant l’investiture. Mission ? Remettre l’invitation officielle à l’investiture mais aussi préparer le terrain, amorcer des discussions sur la coopération bilatérale et les défis sécuritaires.

Le retour de Mahama au pouvoir a marqué une inflexion dans la posture d’Accra, qui se pose désormais en acteur pragmatique face à la recomposition politique sahélienne. Fini le temps des condamnations unanimes des transitions militaires, place à une approche plus nuancée, dictée par les réalités du terrain et la nécessité d’une stabilisation régionale.

L’or, la sécurité et l’AES, les nouveaux équilibres

Le rapprochement entre le Ghana et le Mali ne se limite pas à de la courtoisie diplomatique. L’or, pivot stratégique pour les deux économies, s’est imposé comme un levier clé dans les discussions. Accra et Bamako sont aujourd’hui deux acteurs majeurs de la filière aurifère ouest-africaine, et les enjeux liés à l’exploitation minière, aux circuits de commercialisation et à la lutte contre la contrebande constituent un point d’intersection fondamental.

Mais au-delà des ressources naturelles, le spectre de la sécurité pèse sur les négociations. Avec une situation sahélienne toujours volatile, le Ghana ne peut se permettre d’ignorer les réalités de ses voisins enclavés. Accra s’est ainsi montré ouvert à une coopération renforcée avec le Mali et l’Alliance des États du Sahel (AES), nouvelle entité née du divorce entre Bamako, Ouagadougou, Niamey et la CEDEAO.

Pour Mahama, ce rapprochement ne signifie pas un renoncement à la CEDEAO, bien au contraire. Accra veut jouer les médiateurs entre les deux blocs et prône une solution négociée plutôt qu’un affrontement frontal. « Il vaut mieux être un groupe de 15 qu’un groupe de trois », a-t-il récemment déclaré en Côte d’Ivoire, dans une allusion à peine voilée au départ du Mali, du Burkina et du Niger de l’organisation régionale.

Mais Bamako, lui, ne voit pas les choses sous le même angle. Pour le gouvernement malien, le retrait de la CEDEAO est irréversible et toute coopération se fera sous ses propres conditions. Mahama est donc venu en terrain délicat, cherchant à trouver un équilibre entre rapprochement et prudence diplomatique.

Une recomposition régionale en marche

L’image de Mahama et Goïta côte à côte au palais de Koulouba sera lourde de symboles. Si elle marquera le retour d’un dialogue politique dense entre Bamako et Accra, elle sera aussi le reflet des recompositions géopolitiques profondes en cours en Afrique de l’Ouest.

D’un côté, les pays côtiers, alignés sur une CEDEAO cherchant à maintenir son emprise sur l’espace sous-régional. De l’autre, les États sahéliens, en rupture avec cette organisation et engagés dans une quête d’autonomie stratégique et économique.

Mahama a voulu tendre la main sans froisser. Goïta, lui, a réaffirmé les nouvelles lignes rouges maliennes. Entre pragmatisme et réajustements diplomatiques, une chose est certaine: Accra et Bamako se parlent à nouveau, et dans la tempête sahélienne, ce simple fait suffit déjà à redéfinir les équilibres.

Chiencoro Diarra

7 mars 2025 0 comments
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Droits des femmes
A la UnePolitique

Trente ans après Beijing, où en sont réellement les droits des femmes ? 

by Sahel Tribune 7 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Trente ans après la Conférence de Beijing, le combat pour l’égalité des sexes oscille entre avancées fragiles et retours en arrière inquiétants. Ce qui révèle un féminisme sous tension face aux résistances conservatrices.

Il fut un temps où l’espoir portait un nom : Beijing 1995. Trente ans plus tard, le mirage s’effrite sous le poids des réalités. Ce qui devait être une marche irréversible vers l’égalité des sexes s’apparente aujourd’hui à un champ de bataille où avancées et reculs s’entrechoquent au gré des soubresauts politiques et des crispations conservatrices.

Loin des grandes envolées diplomatiques, le dernier rapport « Des mots et des faits : Bilan des actions gouvernementales trente ans après la Conférence de Beijing », publié par Equality Now, dresse un constat brut : l’égalité des sexes demeure une promesse inachevée, parfois même trahie.

Un féminisme sous tension, progrès et retour de flammes

En trois décennies, des acquis notables ont été enregistrés. Des lois discriminatoires ont été abrogées, des constitutions amendées, des réformes judiciaires menées. Au Japon, l’interdiction pour une femme de se remarier dans les 100 jours suivant son divorce a été partiellement levée. Aux Philippines, la prostitution n’est plus considérée comme un crime exclusivement féminin. En Sierra Leone, la discrimination basée sur le genre dans l’emploi a été proscrite.

Mais ces avancées, bien que réelles, sont loin d’être linéaires. Pire, elles sont aujourd’hui menacées par une vague réactionnaire mondiale, portée par le retour en force du patriarcat sous toutes ses formes. Aux États-Unis, la Cour suprême a enterré le droit fédéral à l’avortement. En Pologne, la justice a restreint l’accès à l’IVG. Dans plusieurs pays, le statut personnel des femmes demeure une enclave de discriminations institutionnalisées.

Quand le droit des femmes devient une variable d’ajustement politique

Plus qu’un combat social, l’égalité hommes-femmes est devenue une ligne de fracture politique majeure. Loin d’être un horizon inéluctable, elle est désormais un terrain de reconquête pour des forces conservatrices qui instrumentalisent la religion, la culture ou le nationalisme pour restaurer un ordre social inégalitaire.

En Afghanistan, les talibans ont relégué les femmes à l’invisibilité, leur interdisant l’accès aux universités, aux parcs et même aux salons de beauté. En Iran, la répression contre les militantes des droits des femmes s’intensifie, et le port obligatoire du hijab est devenu un outil de coercition politique.

Pire encore, certaines démocraties n’échappent pas à cette dynamique. En Uruguay et en Bolivie, des projets de loi visent à affaiblir les protections juridiques contre les violences sexuelles, tandis qu’en Corée du Sud et en Argentine, des ministères dédiés à l’égalité des sexes ont été supprimés.

Une souveraineté féminine encore à conquérir

Le rapport de Beijing+30 met en lumière un paradoxe frappant : jamais les revendications féministes n’ont été aussi structurées et visibles à l’échelle mondiale, et pourtant, jamais elles n’ont été autant contestées.

Le défi est désormais clair : passer des mots aux actes, et des engagements aux résultats. Abroger les lois discriminatoires, criminaliser les violences faites aux femmes, assurer l’indépendance économique des filles et des femmes, garantir l’égalité juridique réelle… autant de promesses qui attendent encore d’être tenues.

Car si un constat s’impose, c’est bien celui-ci : trente ans après Beijing, l’égalité est encore en suspens, suspendue entre avancées fragiles et reculs brutaux.

L’heure n’est plus aux bilans. Elle est à l’action.

A.D

7 mars 2025 0 comments
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Direction générale des impôts
A la UneAnalyses

Le prix de la souveraineté : le peuple malien prêt à relever le défi ?

by Chiencoro 7 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

La gouvernance d’Assimi Goïta, entre rigueur réformatrice, affirmation de la souveraineté nationale et exigence de sacrifices partagés, redéfinit les équilibres du Mali.

Il est de ces drames qui, au-delà de leur lot de victimes et de souffrances, agissent comme un révélateur. La tragédie survenue sur les sites d’orpaillage de Kokoyo et de Bilalikoto, faisant plusieurs dizaines de morts et de blessés dans l’écroulement des mines artisanales, en fait partie. À peine informé, le Général d’Armée Assimi Goïta a tranché, avec la brutalité froide des décisions d’État. En un décret, il a mis un terme aux fonctions des responsables administratifs impliqués : préfets, sous-préfets, officiers de police, gendarmes, gardes forestiers, agents des mines et de l’assainissement. Une purge nette et sans bavure.

À Bamako, certains s’étonnent, d’autres applaudissent. Mais personne ne peut nier l’évidence. Sous Goïta, l’impunité n’a plus droit de cité. Ce n’est pas une simple réaction d’indignation ou un écran de fumée politique, mais un acte de gouvernement qui s’inscrit dans une vision plus large. Le Mali, sous sa houlette, ne tolère plus que les intérêts privés — et parfois criminels — priment sur la sécurité des citoyens et sur la souveraineté de l’État.

Le président de la transition a été clair. L’exploitation minière doit être revue en profondeur. Il a ordonné la suspension des permis octroyés aux étrangers, la récupération des équipements impliqués dans l’orpaillage clandestin et leur affectation au patrimoine de l’État. Mieux encore, il a exigé la relecture des textes juridiques pour en finir avec la complaisance institutionnelle et la transaction dans le domaine environnemental. En clair, il s’agit de reprendre la main sur un secteur gangrené par le laisser-faire et les complicités locales.

Le paradoxe malien, c’est de vouloir la souveraineté sans en payer le prix

Ceux qui pensent qu’Assimi Goïta ne se soucie pas des Maliens devraient revoir leurs arguments. Faut-il rappeler que, depuis son arrivée au pouvoir, cet officier austère a modernisé l’outil de défense, doté l’armée d’équipements de dernière génération, engagé d’ambitieuses réformes sociales et sanitaires, restauré les infrastructures sportives et, sur ses fonds propres, fourni groupes électrogènes et carburant à EDM-SA ? Faut-il rappeler qu’il a relancé la COMATEX, sauvé l’Usine malienne des Produits pharmaceutiques (UMPP) et empêché la vente de l’aéroport de Bamako ?

Mais, comme toujours, le Malien a la mémoire courte. Il veut le beurre et l’argent du beurre, l’œuf et le poussin en même temps. En 2020, lorsque le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta s’effondrait, les revendications populaires étaient claires : départ de la France, fin de la MINUSMA, récupération de Kidal, liquidation des vautours politiques et sortie de la CEDEAO. Aujourd’hui, tout cela est accompli. Mais, paradoxalement, une partie du peuple hésite encore, ballotée entre sa soif de souveraineté et sa peur de l’inconnu.

Ce doute, il est savamment entretenu par ceux que la transition a mis en déroute : exilés sans patrie, politiciens déclassés, experts de plateaux télé financés par l’étranger. Tous rêvent d’un Mali à genoux, d’un retour à l’ère des compromissions où les intérêts de puissances extérieures dictaient la marche du pays. Ils distillent la peur, manipulent l’opinion et espèrent que le peuple malien se détournera de son propre destin.

Le prix de la souveraineté, un sacrifice nécessaire

Assimi Goïta l’a dit et répété : le retour en arrière est impossible. Mais la souveraineté a un prix, et ce prix, c’est le sacrifice. Faire contribuer les citoyens par de nouvelles taxes n’a rien d’un caprice budgétaire. C’est une nécessité pour que chaque Malien prenne part à l’édification d’une nation forte et souveraine. Le gouvernement a réduit ses missions à l’étranger, resserré ses dépenses, et pourtant, on crie au scandale dès qu’un effort est demandé au peuple. Le pouvoir a peut-être péché en ne communiquant pas assez sur ces efforts, mais même un aveugle pourrait constater que la gestion actuelle n’a rien de la gabegie d’antan.

Si le peuple malien cède à la manipulation et abandonne le combat, il le regrettera toute sa vie. Car le jour où le Mali replongera dans la dépendance, où il redeviendra un simple pion entre les mains d’acteurs étrangers, il comprendra que ce qu’il a perdu était infiniment plus précieux que ce qu’il croyait gagner.

Goïta le sait : qui veut la paix prépare la guerre. Et qui veut bâtir un Mali libre doit accepter d’en payer le prix. Ceux qui pensent que la souveraineté s’acquiert sans lutte, sans larmes et sans effort n’ont rien compris à l’Histoire.

Chiencoro Diarra 

7 mars 2025 0 comments
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Repression préélectorale au Sénégal à quelques mois de l'élection présidentielle de février prochain.
ActuAnalyses

Montée du populisme en Afrique : entre nationalisme, frustrations sociales et crises politiques

by Bakary FOMBA 7 mars 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le populisme gagne du terrain en Afrique. Il est porté par le rejet des élites et les inégalités croissantes. Ce phénomène soulève une question cruciale : représente-t-il une opportunité pour la démocratie ou une menace pour la stabilité du continent ?

Alors que l’Afrique s’efforce de bâtir des démocraties stables, le spectre du populisme se dresse, menaçant d’anéantir les fragiles acquis de la liberté et de la justice sociale. Ce courant politique, qui prétend redonner le pouvoir au « peuple » face à une élite jugée corrompue et déconnectée, prend de l’ampleur sur le continent, nourri par des inégalités croissantes et une défiance généralisée envers les institutions.

Un terreau fertile pour le populisme

Le populisme en Afrique est un phénomène complexe qui se manifeste différemment selon les contextes nationaux et régionaux. Dans de nombreux pays, une minorité détient l’essentiel des richesses, tandis qu’une large partie de la population vit dans la précarité. Cette fracture socio-économique alimente un profond sentiment d’injustice, propice à l’émergence de leaders populistes qui se présentent comme des alternatives aux élites traditionnelles.

De plus, la corruption endémique et la mauvaise gestion des ressources publiques ont accru la défiance des citoyens envers leurs dirigeants. Cette situation a contribué à l’ascension de régimes militaires au Mali, au Burkina Faso, au Niger, en Guinée et au Gabon, ces derniers ayant su capitaliser sur l’insatisfaction populaire pour justifier leur prise de pouvoir.

Des figures populistes en pleine ascension

Dans plusieurs pays africains, des leaders populistes ont su exploiter les frustrations populaires pour asseoir leur influence. En Zambie, Edgar Lungu a été vivement critiqué pour sa gestion, ouvrant la voie à des figures populistes. En Afrique du Sud, le débat sur la redistribution des terres a été amplifié par une rhétorique nationaliste héritée des inégalités de l’apartheid.

De même, au Nigeria, Muhammadu Buhari a utilisé un discours nationaliste pour renforcer sa base électorale. Cette stratégie, qui consiste à mobiliser les masses autour d’un récit d’exclusion et de revanche sociale, a également été observée en Ouganda avec Bobi Wine, qui a su tirer parti des réseaux sociaux pour mobiliser la jeunesse contre le régime en place.

Les conséquences d’un populisme débridé

Si le populisme permet une mobilisation accrue des citoyens, il fragilise aussi les institutions démocratiques. En Côte d’Ivoire, après les élections de 2010-2011, les discours populistes ont exacerbé les divisions ethniques, plongeant le pays dans une crise profonde.

De nombreux leaders populistes, une fois au pouvoir, cherchent à affaiblir les institutions pour consolider leur autorité. Manipulation des élections, répression de l’opposition, restrictions des libertés de la presse : autant de stratégies utilisées pour maintenir un contrôle total sur l’appareil d’État.

Dans certains cas, cette dynamique a conduit à une instabilité politique accrue. Le mouvement Hirak en Algérie, par exemple, fut en partie une réaction contre un gouvernement perçu comme populiste et déconnecté des réalités du peuple.

Un défi pour la démocratie africaine

Le populisme en Afrique est donc un phénomène aux multiples facettes, dont les causes sont profondément enracinées dans les contextes socio-économiques, politiques et culturels du continent. Ses effets sont ambivalents : s’il permet de mobiliser davantage de citoyens, il peut aussi fragiliser les démocraties naissantes.

Pour préserver la stabilité du continent, les pays africains doivent trouver un équilibre entre l’expression des aspirations populaires et le renforcement de leurs institutions démocratiques. Il en va de l’avenir de la gouvernance africaine et de la résilience des États face aux défis du XXIe siècle.

Bakary Fomba

7 mars 2025 0 comments
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Une scène paisible et harmonieuse illustrant l'esprit du Ramadan au Mali.
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Ramadan au Mali : un mois de foi, de partage et de solidarité

by Bakary FOMBA 7 mars 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le ramadan, un mois sacré qui transcende le simple jeûne, se révèle être un puissant vecteur de solidarité et de partage au Mali.

Le ramadan, mois sacré de l’islam, est bien plus qu’une simple période de jeûne. C’est une période de profonde introspection, de spiritualité́ et de communion sociale. Au Mali, ce moment important nourrit un sentiment de solidarité et de partage qui se traduit par des actions concrètes, tant en milieu urbain que rural.

Des initiatives solidaires aussi bien qu’en ville que dans les villages 

En milieu urbain, le mois de ramadan se traduit par une intensification des actes de charité et de générosité. Les mosquées organisent des collectes de dons, des repas solidaires et des distributions de nourriture aux nécessiteux. De même, les familles s’entraident, partageant les repas et les traditions culinaires du mois. Des initiatives privées, comme les « iftars solidaires », réunissant des personnes issues de milieux socio-économiques différents, favorisent également l’inclusion et la cohésion sociale.

En milieu rural, la période de ramadan crée un fort sentiment de communauté et de solidarité entre les villageois. Les villages s’animent de prières collectives, de repas partagés et d’activités traditionnelles, comme le « Yôkoro » ou « dankôrôni », animé par les enfants au cours du 10e jour de ce mois sacré, dans les villages aussi bien que dans les villes. Aussi, le jeûne est vécu comme une expérience collective, favorisant l’entraide et la solidarité. Les initiatives locales, comme la distribution de nourriture aux familles nécessiteuses ou la création de jardins communautaires, illustrent cette dynamique de partage en milieu rural.

Sensibilisation et soutien aux populations

Cependant, l’urbanisation croissante et le rythme de vie effréné peuvent parfois entraver l’esprit du ramadan en milieu urbain. De même, malgré la forte solidarité, la période du ramadan est souvent confrontée à des défis liés à la pauvreté, à l’exode rural et à l’absence d’infrastructures dans les milieux ruraux. Toutefois, des efforts de sensibilisation et de soutien aux populations les plus fragiles sont nécessaires pour garantir une égalité d’accès aux bienfaits du ramadan.

Dans cette dynamique, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, à travers ses œuvres sociales, a effectué une série de distribution des denrées alimentaires aux populations les plus vulnérables. Dans la veine, des ONG et associations se mobilisent pour soutenir les nécessiteux.

Un impact transversal

Le ramadan, par son essence même, nourrit la spiritualité et la conscience sociale. Il incite à la réflexion sur les injustices et les inégalités, encourageant ainsi l’entraide et la solidarité. La pratique du jeûne est un acte de purification et de compassion, permettant de mieux comprendre les difficultés des autres. De plus, en encourageant le partage, la générosité et l’empathie, le ramadan contribue à la cohésion sociale et à la paix. Il offre un terreau propice au dialogue interculturel et à la construction d’un monde plus juste et solidaire.

Le ramadan joue un rôle essentiel dans la consolidation des valeurs de solidarité et de partage en milieu urbain et rural. Il offre une occasion unique de renforcer les liens communautaires, de lutter contre les inégalités et de promouvoir la paix sociale. Cependant, il est important de relever les défis propres à chaque contexte et de s’engager activement pour que les valeurs du ramadan se traduisent par des actions concrètes et durables.

Bakary Fomba

7 mars 2025 0 comments
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