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Malick Junior Yalcouyé
A la UneSport

Malick Junior Yalcouyé : une indécision qui interroge

by Ibrahim Kalifa Djitteye 10 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

L’imbroglio autour de la sélection de Malick Junior Yalcouyé illustre parfaitement les dilemmes auxquels sont confrontés les joueurs binationaux. Né en Côte d’Ivoire, mais d’origine malienne, le jeune milieu offensif est éligible pour représenter les deux nations. En septembre 2024, alors qu’il avait été convoqué par le Mali, il a décliné l’appel de la sélection malienne. Depuis, il n’a pas encore officialisé son choix, mais ses déclarations et son attitude laissent penser que le Mali n’a jamais été sa priorité.

En septembre 2024, Malick Junior Yalcouyé reçoit sa première convocation avec le Mali. Une opportunité que d’autres joueurs auraient saisie avec fierté. Pourtant, contre toute attente, il décline l’invitation. Ce refus montre qu’il n’a jamais eu le Mali comme premier choix et que son engagement envers la sélection malienne reste incertain.

Quelques mois plus tard, dans l’émission Nostafoot, le jeune milieu offensif de 18 ans déclare : « On rêve de jouer pour la nation, pour le pays où nous sommes nés », avant d’ajouter qu’il dévoilerait son choix en mars. Une déclaration qui en dit long sur son inclination naturelle vers la Côte d’Ivoire. Certes, il n’a pas encore officiellement tranché, mais tout porte à croire que les Éléphants ont sa préférence.

Une incohérence qui pose problème

Le changement de position de Yalcouyé soulève une incohérence. Peut-on vraiment compter sur un joueur qui hésite autant avant de faire un choix ? Une équipe nationale ne doit pas être une solution de repli ou un calcul d’opportunité, mais un honneur qui se porte avec fierté dès le premier instant.

L’opinion de nombreux observateurs va dans le même sens. « Malick Yalcouyé ne mérite pas la sélection malienne actuellement. » Le Mali possède déjà un milieu de terrain compétitif, avec des joueurs plus talentueux et pleinement engagés. Pourquoi insister sur un élément qui, dès le départ, n’a pas placé le Mali en priorité ?

Le Mali doit-il insister sur un joueur hésitant ?

L’équipe nationale malienne doit se construire avec des joueurs déterminés, qui acceptent l’appel du pays sans hésitation. Un joueur qui prend du temps à réfléchir, qui décline une première convocation et dont le choix reste flou montre clairement que son engagement n’est pas total.

Le cas Malick Junior Yalcouyé doit être une leçon pour la Fédération malienne de football (Femafoot). Il est inutile de se battre pour convaincre un joueur qui ne fait pas du Mali son premier choix. L’équipe nationale doit être composée de joueurs qui veulent défendre ses couleurs sans arrière-pensée.

Pourtant, malgré cette indécision et son refus de septembre dernier, le jeune milieu offensif a reçu une nouvelle convocation pour les prochaines rencontres des Aigles du Mali contre les Comores, le 20 mars, et la Centrafrique, le 24 mars, dans le cadre des 5 ᵉ et 6 ᵉ journées des éliminatoires de la Coupe du monde 2026.

Cette décision de la Femafoot interroge : faut-il réellement donner une nouvelle chance à un joueur dont l’attachement au Mali a toujours été flou ? À lui désormais de prouver qu’il mérite cette sélection et qu’il peut réellement apporter une plus-value aux Aigles.

Ibrahim K. Djitteye 

10 mars 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
Edito

Quand les banques s’enrhument, c’est toute l’économie qui tousse

by Bakary FOMBA 10 mars 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

L’arrestation de plusieurs hauts responsables d’Écobank Mali et la fronde du SYNABEF plongent le secteur bancaire dans une crise inédite, menaçant la stabilité financière au moment où le gouvernement mise sur la relance économique.

Le thermomètre du climat des affaires au Mali vient de chuter brutalement. En plaçant sous mandat de dépôt plusieurs hauts responsables d’Écobank Mali, la justice malienne a lancé un pavé dans la mare du secteur bancaire, avec des éclaboussures qui risquent de tacher durablement l’image de l’une des institutions financières les plus influentes du pays. Faux et usage de faux, blanchiment de capitaux, complicité… les chefs d’accusation égrenés par le Pôle économique et financier de Bamako ont de quoi inquiéter. D’autant plus qu’à la barre, ce ne sont pas seulement des cadres de la banque qui comparaissent, mais aussi des promoteurs indiens et des chefs de projet, dans une affaire où se mêlent opérations financières douteuses et messages Swift litigieux.

Transformer les espoirs en mirage

Le SYNABEF (Syndicat National des Banques, Assurances, Établissements Financiers, Microfinances et Commerces du Mali) n’a pas tardé à réagir. Son communiqué du 8 mars 2025, au ton alarmiste, laisse entrevoir une situation potentiellement explosive. Non content de dénoncer les mises en détention, le syndicat a décidé de frapper fort : un sit-in est prévu devant toutes les banques du pays du 10 au 12 mars, avec en prime un gel immédiat des transferts de garanties des entreprises publiques et parapubliques, dont l’incontournable Énergie du Mali (EDM.SA). Une paralysie financière en perspective, qui ne pouvait survenir à un pire moment.

Car voilà que cette tempête bancaire s’abat alors que le gouvernement malien joue une partie décisive sur le front économique. L’Exécutif de Bamako s’est fixé un cap : relancer les usines à l’arrêt, donner un second souffle au secteur minier, accélérer la reconstruction des infrastructures. En un mot, donner un nouveau souffle à l’économie malienne. Une ambition qui, pour se concrétiser, a besoin d’un système bancaire fiable et d’un climat d’investissement apaisé. Or, la crise qui couve autour d’Écobank pourrait bien transformer ces espoirs en mirage, si elle venait à ébranler la confiance des acteurs économiques et financiers.

L’attentisme, l’erreur fatale à éviter 

Dès lors, une question brûle les lèvres : qui pilote ? Si les autorités monétaires et le ministère des Finances n’apportent pas rapidement des clarifications sur cette affaire, la psychose pourrait gagner l’ensemble du secteur. L’attentisme serait une erreur fatale. La Banque Centrale doit prendre position, établir les responsabilités et rassurer tant les employés que les clients et partenaires financiers. Car au-delà du cas spécifique d’Écobank, c’est toute la gouvernance bancaire qui est en jeu.

L’heure est donc à la transparence. Il en va non seulement de la crédibilité de l’institution judiciaire, mais aussi de la stabilité d’un secteur bancaire qui, depuis des décennies, joue un rôle de premier plan dans le développement du pays. Il appartient aux pouvoirs publics de restaurer la confiance sans céder ni à la panique, ni à la complaisance. Car si le feu n’est pas vite maîtrisé, la crise d’Écobank pourrait bien embraser l’ensemble du système financier malien. Et quand les banques s’enrhument, c’est toute l’économie qui tousse.

10 mars 2025 0 comments
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Des lingots d'or
ActuÉconomie

Titres miniers : le gouvernement lève partiellement la suspension après deux ans

by Sahel Tribune 10 mars 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le gouvernement malien annonce la levée partielle de la suspension des titres miniers à compter du 15 mars 2025, marquant une nouvelle étape dans l’assainissement et la réforme du secteur.

Après plus de deux ans de gel, le gouvernement malien amorce un tournant stratégique dans la gestion des ressources minières du pays. Par une décision annoncée ce 7 mars, le ministre des Mines, Amadou Keïta, a levé partiellement la suspension du traitement des dossiers liés aux titres miniers. Une décision lourde de sens, qui s’inscrit dans la refonte engagée par la Transition pour assainir un secteur clé de l’économie nationale.

Bamako ne lâche rien sur la gouvernance des ressources naturelles

Depuis le 28 novembre 2022, l’attribution, le renouvellement et la cession des titres miniers étaient mis en pause, le temps pour les autorités de revoir les règles du jeu dans un domaine longtemps marqué par l’opacité et la prédation. Mais à partir du 15 mars prochain, les investisseurs pourront à nouveau introduire des demandes de renouvellement de permis de recherche et d’exploitation, de même que celles concernant la transition entre la phase d’exploration et celle d’exploitation. Les transactions sur les permis d’exploitation, directes ou indirectes, sont également réautorisées.

Si cette levée partielle marque un assouplissement, Bamako ne lâche rien sur la gouvernance des ressources naturelles. Car le verrou reste bien en place sur l’attribution de nouveaux titres et sur la cession des permis de recherche. Un signal clair : l’heure est à la consolidation avant toute nouvelle expansion.

Cette reprise maîtrisée illustre la volonté des autorités maliennes de rétablir la souveraineté sur le secteur minier, pilier économique du pays. Avec le Code minier de 2023 comme boussole, le gouvernement affirme son ambition d’une exploitation plus rigoureuse et bénéfique aux intérêts nationaux. Une approche qui, si elle rassure Bamako, devra encore convaincre les opérateurs et partenaires étrangers, attentifs aux signaux envoyés par la Transition.

L’or malien, longtemps considéré comme une manne dilapidée, sera-t-il enfin la clé de l’indépendance économique ? Le pari est lancé.

A.D

10 mars 2025 0 comments
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Diaspora malienne en Mauritanie
A la UnePolitique

Diaspora malienne : Bamako joue l’apaisement avec Nouakchott

by Chiencoro 10 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Face aux inquiétudes sur la situation des Maliens en Mauritanie, Bamako privilégie une réponse diplomatique et des mesures concrètes pour protéger sa diaspora sans céder à l’escalade.

Depuis quelques jours, une série d’informations relayées par certains médias a mis en exergue la situation préoccupante de plusieurs ressortissants maliens vivant en Mauritanie. À Bamako, la réponse des autorités a été rapide, calibrée et surtout, résolument diplomatique.

La voie du dialogue et de la concertation

Le 2 mars 2025, plusieurs compatriotes maliens ont été signalés à la frontière de Gogui, en provenance de Mauritanie. Un mouvement qui, en d’autres temps, aurait pu être interprété comme un simple flux migratoire saisonnier. Mais dans le climat actuel, chaque mouvement de population est scruté, chaque départ questionné. Très vite, le ministère des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, sous l’impulsion du ministre Mossa Ag Attaher, a dépêché une mission de terrain dirigée par le Délégué général des Maliens de l’Extérieur. Objectif : évaluer la situation, organiser une prise en charge humanitaire immédiate et éviter tout emballement médiatique.

Mais derrière ces événements, une réalité plus large se dessine. Le Mali et la Mauritanie, liés par une histoire commune et des relations multiséculaires d’amitié, n’ont jamais laissé ces turbulences conjoncturelles affecter leur partenariat. Les échanges économiques, les flux humains, les liens culturels sont trop profonds pour être fragilisés par des incidents isolés. C’est dans cet esprit que Bamako a privilégié la voie du dialogue et de la concertation.

Une volonté commune d’apaiser et de rassurer

L’intervention personnelle du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, confirme l’enjeu stratégique du dossier. Attaché à la protection de la diaspora malienne, il a donné des instructions claires : agir avec fermeté, mais sans crier au scandale. Dans cette optique, le ministre Mossa Ag Attaher a été mandaté pour porter un message officiel à son homologue mauritanien et au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Résultat immédiat : la mise en place d’une série de mesures concrètes pour sécuriser les Maliens de Mauritanie. Parmi elles, le lancement d’une opération spéciale de délivrance de cartes de résidence avec exemption des frais habituels, un mécanisme de dialogue permanent entre l’ambassade et les services ministériels mauritaniens, et un accompagnement actif dans le cadre du processus de régularisation des étrangers. Des décisions pragmatiques qui traduisent une volonté commune d’apaiser et de rassurer.

Nourrir les sempiternelles tensions migratoires

Bamako sait que sa diaspora est une force vive. Présente sur tous les continents, elle est à la fois un relais d’influence et un levier économique. En Mauritanie, où la communauté malienne est fortement implantée, cette réalité est encore plus marquée. D’où la nécessité, pour les autorités maliennes, d’adopter une approche stratégique : protéger sans exacerber les tensions, revendiquer sans rompre.

L’affaire aurait pu dégénérer, se transformer en polémique stérile, nourrir les sempiternelles tensions migratoires entre voisins ouest-africains. Il n’en sera rien. Car au-delà des discours, c’est bien la diplomatie des faits qui a primé. Une diplomatie qui, aujourd’hui plus que jamais, reste le seul gage de stabilité dans une région en quête de repères. 

Chiencoro Diarra

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Alousséni Sanou
ActuÉconomie

Coopération Mali-Qatar : un appui de 50 millions de dollars pour le développement

by Ibrahim Kalifa Djitteye 9 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

 Lors du Conseil des ministres du 5 mars 2025, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, M. Abdoulaye Diop a présenté un projet de texte relatif à la ratification d’une convention d’appui budgétaire, signé à Bamako le 26 février 2025, entre le Gouvernement de la République du Mali et le Fonds du Qatar pour le Développement. Ce projet a été adopté par le Conseil, ouvrant ainsi la voie à une injection financière significative dans l’économie malienne.

La convention signée entre le Mali et le Fonds du Qatar pour le Développement prévoit un appui budgétaire de 50 millions de dollars américains, soit environ 31,4 milliards de F CFA. Ce financement est composé d’un prêt de 45 millions de dollars (soit environ 28,3 milliards de F CFA), destiné à renforcer plusieurs secteurs clés du pays.

L’objectif principal de cet appui budgétaire est de soutenir des domaines stratégiques pour le développement du Mali, notamment l’aide humanitaire, le développement économique et la santé. Ce financement arrive à un moment où le pays cherche à renforcer ses capacités institutionnelles et à améliorer les conditions de vie de ses citoyens.

Des priorités ciblées pour un impact direct sur les populations

Grâce à cet apport financier, plusieurs actions concrètes seront mises en place pour améliorer les conditions de vie des populations maliennes. Une partie des fonds sera consacrée à la fourniture de denrées alimentaires, afin de lutter contre l’insécurité alimentaire qui touche de nombreuses régions du pays. Cet appui permettra d’assurer un meilleur accès aux produits de première nécessité pour les populations vulnérables.

 Par ailleurs, la réalisation de points d’eau sera une priorité, notamment dans les zones rurales et semi-urbaines, où l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. La mise en place de ces infrastructures contribuera à améliorer l’hygiène et à réduire la propagation des maladies hydriques.

En outre, le programme financera la réhabilitation et la construction d’infrastructures publiques, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des services sociaux. Cette modernisation vise à renforcer l’accès aux soins et à améliorer les conditions d’apprentissage pour les jeunes. Parallèlement, le renforcement des moyens d’action de l’Administration et des Collectivités territoriales sera un axe essentiel de cet appui budgétaire. Il s’agira d’améliorer les capacités des institutions publiques pour une gestion plus efficace des ressources et un développement local plus dynamique. Cet investissement s’inscrit dans une volonté de renforcer la résilience du pays et d’accélérer son développement économique et social.

Une coopération renforcée entre le Mali et le Qatar

Cette convention illustre le dynamisme de la coopération entre le Mali et le Qatar. Le Fonds du Qatar pour le Développement joue un rôle clé dans le soutien aux pays en développement, à travers des initiatives visant à améliorer les conditions de vie et à promouvoir la stabilité économique.

Pour le Mali, cet appui budgétaire est une opportunité de consolider ses efforts de développement et de répondre aux défis socio-économiques du pays. En mobilisant ces ressources, le gouvernement malien pourra mettre en œuvre des politiques publiques plus efficaces et accélérer la mise en place de programmes destinés aux populations vulnérables.

Un levier pour le développement durable et la stabilité

Dans un contexte marqué par des défis économiques et sécuritaires, cet appui budgétaire constitue un levier important pour renforcer la résilience du pays. En investissant dans des secteurs essentiels, le gouvernement malien vise à stimuler la croissance économique, améliorer les services sociaux et favoriser une répartition plus équitable des ressources.

L’aide du Qatar vient ainsi s’ajouter aux efforts nationaux et internationaux pour accompagner le développement du Mali. En mettant l’accent sur des actions concrètes et ciblées, ce financement contribuera à renforcer la stabilité et à créer des opportunités pour les populations locales.

Avec cette convention, le Mali confirme une fois de plus son engagement à renforcer ses relations diplomatiques et économiques avec ses partenaires internationaux, tout en travaillant activement à l’amélioration des conditions de vie de sa population.

Ibrahim K. Djitteye 

9 mars 2025 0 comments
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Alousseni Sanou
A la UneÉconomie

Réforme fiscale : de nouvelles taxes sur les produits miniers

by Ibrahim Kalifa Djitteye 9 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans le cadre de l’harmonisation du cadre fiscal avec la nouvelle réglementation minière, le Conseil des ministres du Mali a adopté, sur proposition du ministre de l’Économie et des Finances, un projet d’ordonnance modifiant la Loi n° 06-067 du 29 décembre 2006 portant Code général des Impôts. Cette réforme vise à adapter la fiscalité minière au nouveau Code minier, adopté en août 2023, afin d’optimiser les revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles du pays.

Le gouvernement a adopté, le 29 août 2023 la Loi n° 2023-040 portant Code minier, avec pour objectif d’accroître les retombées économiques du secteur extractif. Ce nouveau cadre réglementaire introduit plusieurs réformes majeures, notamment la mise en place de conventions distinctes pour les phases de recherche et d’exploitation, la réduction de la période de stabilité fiscale afin de permettre à l’État d’adapter plus rapidement la fiscalité minière, ainsi que l’instauration d’une redevance sur la surproduction et d’une taxation des superprofits réalisés par les sociétés minières.

D’autres mesures visent à renforcer la participation de l’État dans le capital des entreprises minières, à supprimer les exonérations douanières en phase d’exploitation pour maximiser les recettes fiscales, et à introduire un taux progressif pour la taxe ad valorem. Par ailleurs, le gouvernement pourra désormais conclure des protocoles d’accord avec les sociétés minières, dans l’optique d’une meilleure redistribution des richesses issues de l’exploitation des ressources naturelles, en particulier l’or, principal produit d’exportation du Mali.

Adaptation du Code général des Impôts au nouveau cadre fiscal minier

Pour accompagner les réformes du Code minier, le gouvernement a adopté une modification des articles 240 et 425 du Code général des Impôts. Cette adaptation élargit le champ d’application de l’Impôt Spécial sur Certains Produits (ISCP), qui concerne désormais les marbres, les lingots d’or et d’autres produits miniers. Cette mesure vise à accroître les recettes fiscales issues du secteur extractif en captant une part plus importante de la valeur générée par l’exploitation des ressources naturelles.

Par ailleurs, pour maintenir un environnement fiscal attractif pour les investisseurs, le taux minimal de l’ISCP a été réduit de 5 % à 3 % sur ces mêmes produits. Cette baisse pourrait encourager la production et les exportations minières, tout en assurant une rentabilité accrue pour l’État. De plus, l’extension du droit de timbre sur les intentions d’exportation à tous les produits miniers permettra un meilleur suivi des flux de minerais sortant du territoire, renforçant ainsi le contrôle fiscal et la traçabilité des exportations. Ces ajustements s’inscrivent dans une stratégie visant à maximiser les revenus de l’État tout en assurant un cadre stable et compétitif pour le secteur minier.

Un équilibre entre attractivité et rentabilité pour l’État

Avec ces nouvelles dispositions, le gouvernement cherche à concilier l’attractivité du secteur minier pour les investisseurs et l’optimisation des revenus pour l’État. La réduction du taux de l’ISCP pourrait stimuler l’investissement et la production, tandis que l’extension du droit de timbre et l’élargissement du champ d’application de certaines taxes garantiront une meilleure captation des revenus issus des activités minières.

En intégrant ces réformes dans son cadre fiscal, le Mali poursuit son objectif d’un secteur minier plus transparent, plus rentable et mieux encadré. L’adoption de ces mesures marque une nouvelle étape dans la gestion des ressources naturelles du pays, avec une attention particulière portée à la redistribution des richesses issues de l’exploitation minière.

Ibrahim K. Djitteye 

9 mars 2025 0 comments
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John Dramani Mahama et Assimi Goïta
A la UnePolitique

AES-CEDEAO : le Ghana prend ses distances avec la ligne dure d’Abuja 

by Chiencoro 8 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Dans un contexte de tensions entre l’AES et la CEDEAO, la visite du président ghanéen John Dramani Mahama au Mali, ce samedi 8 mars 2025, constitue une tentative de rapprochement stratégique, entre dialogue diplomatique et pragmatisme économique.

Il y a des visites officielles qui relèvent du protocole. D’autres, plus rares, s’inscrivent dans une dynamique politique dont les répercussions dépassent les convenances diplomatiques. La venue au Mali, ce 8 mars 2025, du président ghanéen John Dramani Mahama appartient à la seconde catégorie. Plus qu’un simple déplacement d’amitié et de travail, cette visite scelle un tournant diplomatique majeur, un réajustement des équilibres sous-régionaux dans une CEDEAO en pleine crise existentielle, face à la montée en puissance de la confédération des États du Sahel (AES), née de l’union du Mali, du Burkina Faso et du Niger, en juillet 2024.

Un accueil millimétré, un enjeu stratégique

À 11 h 15 précises, sous un épai brouillard, l’avion présidentiel ghanéen touche le sol malien. Sur le tarmac de l’aéroport international Modibo Keïta-Sénou, John Dramani Mahama descend les marches, le regard serein, mais conscient de l’enjeu de sa visite. Face à lui, le général d’armée Assimi Goïta, impassible, l’accueille avec la fermeté habituelle d’un chef militaire qui n’a plus rien à prouver.

Hymnes nationaux, salut aux troupes, accolades officielles. Le cérémonial est bien rodé. Mais derrière les poignées de main et les sourires d’usage, c’est un jeu d’équilibre diplomatique qui se joue. Car si le Ghana et le Mali partagent des relations historiques, la réalité politique d’aujourd’hui impose un dialogue plus subtil.

Dans la salle feutrée du Palais de Koulouba, loin des caméras, les discussions prennent une tournure plus directe. Deux visions du futur s’opposent-elles ? Ou bien l’heure est-elle enfin venue de repenser les alliances dans un espace ouest-africain en recomposition ?

Aes-cedeao : l’heure de vérité

Loin des discours lisses d’antan, John Mahama parle franc. Contrairement aux caciques d’Abuja, il refuse d’aborder la rupture entre la CEDEAO et l’AES comme une guerre froide intra-africaine.

« Le manque de confiance doit être corrigé afin qu’un respect mutuel puisse exister entre les leaders de chacun de ces regroupements », plaide-t-il. « Nous devons œuvrer à instaurer des relations dignes de ce nom entre l’AES, qui est une réalité irrévocable, et la CEDEAO. »

Un aveu implicite que le rapport de force a changé ? Sans doute. Mais surtout, la reconnaissance que l’AES n’est plus un accident diplomatique, mais une alternative qui s’installe. Le Ghana, lui, ne veut pas être réduit au rôle de spectateur dans cette recomposition du jeu sous-régional.

Une coopération reconstruite sur des bases nouvelles

Mais si la géopolitique domine les débats, le pragmatisme économique reprend vite ses droits. Bamako et Accra, malgré la complexité institutionnelle actuelle, restent liés par des intérêts stratégiques.

Sur la table, le corridor sud, axe névralgique du commerce malien, est au cœur des préoccupations. Goïta et Mahama tombent d’accord sur l’urgence de moderniser les infrastructures, d’assouplir les formalités douanières et de renforcer les échanges commerciaux.

Autre dossier prioritaire : la lutte contre le terrorisme. Le Ghana, encore relativement épargné, sait qu’il n’est qu’à un souffle d’être pris dans la tourmente sécuritaire qui frappe le Sahel. Mahama ne cache pas son intérêt pour une coopération renforcée avec Bamako, fort de son expérience militaire et de sa nouvelle autonomie stratégique.

Dans cette optique, les deux États s’engagent à réactiver la grande commission mixte de coopération, dont la dernière session remonte à 2011. Un signal fort, mais surtout un engagement de terrain, loin des discours purement symboliques.

Mahama, le chaînon manquant entre Abuja et Bamako ?

En quittant Koulouba, John Mahama laisse derrière lui une question ouverte : le Ghana peut-il être ce pont entre une CEDEAO à bout de souffle et une AES en pleine affirmation ?

Si Abuja prône la confrontation, Accra choisit la diplomatie de l’équilibre. Ni dans la rupture brutale, ni dans l’alignement aveugle, Mahama joue la carte de la réconciliation par le dialogue, sans occulter la nécessité d’un nouveau cadre de coopération adapté aux réalités actuelles.

Reste à savoir si Assimi Goïta saisira la main tendue. Car une chose est sûre : l’AES avance, et ceux qui refusent de le voir s’exposent à un réveil brutal.

Chiencoro Diarra

8 mars 2025 0 comments
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