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L'armée se réjoui de la reprise du palais présidentiel.
A la UneAnalyses

Soudan : L’armée reprend le palais, la paix attend toujours

by Chiencoro 25 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

La reprise du palais présidentiel de Khartoum par l’armée soudanaise marque un tournant symbolique dans un conflit qui, lui, reste loin d’être terminé.

Le 21 mars 2025, l’armée soudanaise annonçait, en grande pompe, la reprise du palais présidentiel de Khartoum, après près de deux années d’occupation par les Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemetti ». 

Pourtant, derrière cette victoire symbolique, l’essentiel demeure : une guerre civile sans issue, une capitale fracturée, un pays disloqué. Et surtout, une population abandonnée à elle-même, dans l’indifférence presque totale de la communauté internationale.

Une victoire stratégique ou une étape dérisoire ?

On aurait tort de minimiser ce succès militaire. La reconquête du palais présidentiel n’est pas qu’un coup d’éclat, c’est une démonstration de force, un point d’inflexion psychologique dans un conflit où les lignes de front sont mouvantes, et les allégeances souvent éphémères. La dynamique s’est inversée. Après des mois de replis, l’armée régulière reprend du terrain.

Mais au Soudan, chaque victoire militaire se paie du prix d’un nouveau déséquilibre. La FSR conserve des bastions entiers, comme Omdourman, des quartiers de Khartoum, et surtout l’ouest du pays, où El-Facher devient l’épicentre d’une guerre totale dans le Darfour.

Depuis avril 2023, ce sont plus de 150 000 morts, 12 millions de déplacés, 20 millions de personnes dépendantes de l’aide internationale. Ces chiffres, cités mécaniquement par les agences onusiennes, sont devenus les jalons froids d’une tragédie qui ne dit plus son nom. L’une des plus grandes crises humanitaires au monde se joue dans un silence presque organisé.

Car au-delà du fracas des armes, c’est le destin d’un État-nation qui vacille. Le Soudan ne se bat pas seulement pour son territoire, il lutte pour son existence politique, pour son intégrité administrative, pour la possibilité même d’un futur commun.

Les lignes de fracture s’internationalisent

Comme souvent, lorsque l’État s’efface, d’autres s’invitent à la table. La Russie, le Tchad, l’Iran, et en arrière-plan les puissances du Golfe, toutes attirées par ce terrain devenu laboratoire du chaos géostratégique africain. La guerre au Soudan n’est plus uniquement soudanaise. Elle est aussi celle des intérêts rivaux qui testent ici leurs armes, leur influence, leur capacité à remodeler des équilibres fragiles.

Dans ce contexte, la reprise du palais n’est qu’un acte dans une pièce dont personne ne contrôle le scénario.

Tout palais présidentiel porte en lui une illusion : celle de la stabilité. En temps de paix, il incarne l’État. En temps de guerre, il devient un trophée. Mais croire que sa reconquête marque une avancée décisive, c’est confondre la surface avec la profondeur. Ce n’est pas le palais qu’il faut reconstruire, c’est l’État.

Et cela passe par une triple exigence. Tout d’abord, sécuriser durablement les zones reconquises. Ensuite, il s’agirait de répondre à l’urgence humanitaire par un effort international coordonné. En fin, il faudrait ouvrir un dialogue politique sincère, au-delà des uniformes et des clivages ethniques.

L’histoire ne retient jamais les statues debout sur les ruines

En reprenant le palais, le général al-Burhane remporte un round. Mais ce n’est pas à Khartoum que se joue l’avenir du Soudan. C’est dans les camps de déplacés, les zones assiégées, les écoles détruites, les hôpitaux à l’arrêt, et les regards vides de millions d’enfants sans avenir.

Ceux-là ne brandissent pas d’armes. Ils ne chantent pas de slogans. Mais ils attendent autre chose que des drapeaux hissés sur des façades calcinées. Ils attendent la paix. La vraie.

Chiencoro Diarra 

25 mars 2025 0 comments
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SIgnature de la Charte de la Transition
A la UnePolitique

Burkina Faso : quand la haine numérique flirte avec l’irréparable

by Sahel Tribune 24 mars 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Au Burkina Faso, la justice tire la sonnette d’alarme face aux appels à la haine ethnique qui prolifèrent sur les réseaux sociaux.

C’est un pays déjà secoué par les balles, les deuils et les ruptures qui se découvre, cette fois, attaqué depuis les écrans. À Ouagadougou, le parquet du Tribunal de grande instance sonne l’alerte. Sur Facebook, des messages appelant explicitement à l’extermination d’un groupe ethnique se répandent comme une traînée de poudre. Le verbe comme arme, les partages en rafales comme balles. La haine numérique est désormais un péril aussi palpable que les kalachnikovs du Sahel.

Ce n’est plus seulement une dérive. C’est une menace directe contre la paix et la cohésion sociale, un pas de plus vers le gouffre que le Burkina Faso tente d’éviter depuis des années. Dans un communiqué, le procureur du Faso, Blaise Bazié, ne mâche pas ses mots. Les auteurs de ces discours seront poursuivis pour incitation à la haine, appel au crime et diffusion de fausses informations. Les peines encourues ? Jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et dix millions de francs CFA d’amende.

Mais au-delà de la réponse juridique, c’est un cri politique et moral que lance la justice burkinabè. Celui d’un État qui refuse que l’anonymat des réseaux sociaux devienne le masque des prêcheurs de haine.

Quand Facebook devient champ de bataille

Le détail glaçant est dans le constat du parquet. Une page Facebook, formellement identifiée, diffuse sans filtre des appels à la violence, à l’exclusion, à la purge ethnique. On ne cite pas le groupe visé. Pas encore. Par souci d’apaisement. Mais chacun comprend. L’ombre des conflits identitaires plane, et le ministère public veut visiblement tuer dans l’œuf tout ce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à une future guerre civile numérique.

Selon le dernier Indice mondial du terrorisme 2025, les groupes terroristes exploitent désormais les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle et les cryptomonnaies pour recruter, financer leurs opérations et diffuser leur propagande. 

Il y a, dans cette affaire, une constante du chaos moderne. Le numérique n’est plus seulement un outil d’information, il est devenu un accélérateur de tensions, une chambre d’écho pour les démons enfouis. Et à Ouagadougou, on semble enfin en prendre la mesure.

L’État contre l’ethno-populisme viral

L’appel à témoin publié le 22 mars est tout sauf anodin. Le parquet y invite explicitement les citoyens à dénoncer, anonymement, les détenteurs ou gestionnaires de comptes Facebook et WhatsApp diffusant des messages haineux. La justice tend la main à la société civile pour faire bloc contre l’escalade.

Car il ne s’agit plus seulement de mots. Les mots tuent. Les messages, quand ils appellent à l’extermination, ne sont pas des opinions. Ils sont des munitions. Et au Burkina, pays ébranlé par l’insécurité, les coups d’État successifs et une fragilité institutionnelle chronique, l’embrasement peut venir d’un simple clic malveillant.

Dans un communiqué officiel, le procureur Bazié rappelle que « la fausse information est toute allégation inexacte ou trompeuse d’un fait » et que « les discours incitant à des scènes de violences constituent des menaces graves à la paix ». Il ne s’agit pas de jouer aux censeurs. Il s’agit de restaurer une ligne rouge. Celle qui sépare la liberté d’expression de l’appel au lynchage.

La réponse judiciaire, ferme, s’accompagne d’un message de rassemblement : se départir des discours haineux, ne pas céder à la logique du bouc émissaire, ne pas sombrer dans le piège d’une ethnicisation du mal. C’est, en creux, l’appel à une République debout, même sous tension.

Une guerre d’un autre genre

Ce n’est pas une attaque au mortier. Ce n’est pas une colonne djihadiste. Ce n’est pas un coup d’État. Et pourtant, c’est peut-être l’une des menaces les plus profondes qui pèse sur le tissu social burkinabè et qui conduit à un empoisonnement lent, diffus, algorithmique, de la relation à l’autre.

À l’heure où le Burkina Faso cherche un second souffle après tant de secousses, la justice vient de rappeler que l’ennemi ne vient pas toujours du désert. Parfois, il s’insinue dans nos téléphones, sous nos pouces, derrière des comptes sans visage. Et cette fois, c’est la République elle-même qui s’en mêle.

A.D

24 mars 2025 0 comments
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Des avions de combats
A la UneSécurité

Kidal : le feu et l’acier contre les groupes armés

by Ibrahim Kalifa Djitteye 24 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

L’étau se resserre sur les groupes terroristes qui sévissent au Mali. Dans un communiqué officiel rendu public ce samedi 22 mars, l’État-Major Général des Armées a annoncé la poursuite des opérations de renseignement et de traque à travers le pays. Les efforts se concentrent particulièrement dans les secteurs nord-est et sud-est de Kidal, où des bases et des caches logistiques terroristes ont été identifiées grâce à la surveillance aérienne.

Le 21 mars 2025, une opération a permis de neutraliser une dizaine de terroristes repérés à proximité d’Achibogo. Les informations recueillies ont été confirmées par des observations visuelles, révélant la présence d’un véhicule pick-up et d’un groupe armé. L’intervention militaire a provoqué un incendie majeur, confirmant la présence de substances explosives sur le site.

Cette action s’inscrit dans une stratégie globale visant à démanteler les réseaux terroristes et à sécuriser le territoire malien. L’armée malienne intensifie ses opérations, s’appuyant sur des renseignements précis et des moyens aériens sophistiqués.

Un appel à la population et une mise en garde aux complices

L’État-Major Général des Armées a lancé un appel pressant à la population, l’exhortant à se démarquer des terroristes et à ne pas leur offrir de refuge. Dans un contexte où la collaboration de certains civils avec les groupes armés complique les opérations militaires, l’armée insiste sur l’importance de la coopération citoyenne.

Parallèlement, une mise en garde sévère a été adressée aux sponsors et complices des terroristes. L’armée malienne affirme sa détermination à traquer et à punir tous ceux qui soutiennent, de près ou de loin, les activités terroristes.

Ces opérations interviennent alors que la situation sécuritaire reste préoccupante dans certaines régions du Mali. Les groupes terroristes continuent de mener des attaques, ciblant à la fois les forces armées et les populations civiles.

L’armée malienne, avec le soutien de ses partenaires, poursuit ses efforts pour rétablir la sécurité et la stabilité dans le pays. La lutte contre le terrorisme demeure une priorité absolue, et les forces armées sont déterminées à ne laisser aucun répit aux groupes armés.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Le général Abdourahamane Tiani
ActuÉconomie

Niger : pétrole, pouvoir et souveraineté – Les dessous d’un bras de fer avec la Chine

by Chiencoro 24 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

En expulsant des cadres chinois du secteur pétrolier, le Niger affirme sa souveraineté économique, au risque de fragiliser un partenariat aussi stratégique que délicat.

Le 14 mars 2025, le Niger a expulsé trois cadres chinois du secteur pétrolier, suscitant à la fois l’étonnement diplomatique et le silence stratégique de Pékin. Ce geste, à première vue technique, en dit long sur une mutation bien plus profonde : celle d’un pays qui, à l’image de ses voisins sahéliens, cherche à reprendre le contrôle de ses ressources stratégiques, sans renoncer aux capitaux étrangers, mais en redéfinissant les règles du jeu.

Dans cette guerre feutrée, les pipelines remplacent les canons, les contrats les traités, les chiffres les balles. Mais la question reste la même : qui contrôle quoi ? Et pour le compte de qui ?

La souveraineté, baril par baril

Depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger ne cesse de reconfigurer ses alliances et ses priorités. Après avoir rompu ses accords militaires avec la France et les États-Unis, Niamey s’attaque désormais aux nerfs de son économie : les ressources naturelles. L’affaire des cadres chinois expulsés n’est pas anecdotique. Elle est le symptôme d’une stratégie assumée visant à  redonner aux Nigériens la part qu’ils estiment leur revenir.

Les griefs ne manquent pas. D’un côté, des salaires mensuels chinois de près de 8 700 dollars ; de l’autre, des cadres nigériens plafonnés à 1 200 dollars pour des fonctions similaires. Ajoutez à cela une opacité persistante sur les volumes produits, des contrats difficiles à auditer, et une préférence marquée pour les sous-traitants étrangers. Le cocktail est explosif.

Un divorce annoncé ? Pas encore

La China National Petroleum Corporation (CNPC), acteur incontournable de l’or noir nigérien, contrôle – entre autres – la raffinerie SORAZ, pivot de l’approvisionnement en carburant du pays. Pékin a aussi signé, en 2024, un accord de financement de 400 millions de dollars contre des livraisons pétrolières futures. Le Niger ne peut pas se passer de la Chine. Mais il ne veut plus la subir.

C’est ce que le ministre du Pétrole, Sahabi Oumarou, appelle « la Nigerisation » du secteur. Un rééquilibrage de la gouvernance, des postes de direction, des bénéfices. Moins de dépendance, plus de contrôle. Mais jusqu’où aller sans casser l’outil économique ?

Ce bras de fer s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Le Mali a repris des mines d’or, le Burkina Faso a détenu des cadres étrangers. Le Niger, de son côté, a déjà repris le contrôle d’un site d’uranium autrefois géré par le français Orano. Dans cette logique, la souveraineté ne se pense plus uniquement en termes militaires ou institutionnels. Elle devient économique, sectorielle, contractuelle.

Mais cette stratégie a ses limites. Le secteur pétrolier représente un quart du PIB attendu d’ici 2026. En fragilisant ses relations avec ses partenaires, le Niger prend le risque de ralentir des projets cruciaux, perdre en attractivité, susciter des représailles. Le récent retrait de licence d’un hôtel chinois à Niamey, pour pratiques discriminatoires, envoie un message politique. Mais il pourrait aussi refroidir d’autres investisseurs, moins idéologiques que pragmatiques.

Une recomposition mondiale en miniature

Ce qui se joue ici dépasse le cadre strictement nigérien. C’est une redéfinition des relations entre les puissances émergentes et les pays riches en ressources, dans un monde où les anciennes hiérarchies vacillent. La Chine, qui se veut partenaire sans ingérence, découvre que le rapport de force est plus fluide qu’hier. Le Niger, lui, navigue entre affirmation de soi et besoin d’appui extérieur.

Car si les autorités sahéliennes parlent de souveraineté, elles savent aussi que leur survie passe par des infrastructures, des devises, des contrats. Le défi est alors de ne pas confondre indépendance et isolement, patriotisme et repli.

En toile de fond, une vérité s’impose. La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit. Et elle ne se mesure pas seulement à l’expulsion de cadres ou à la dénonciation de contrats. Elle repose sur la capacité à bâtir une économie compétente, équitable, durable.

Le Niger entame cette reconquête avec fermeté. Mais l’histoire retiendra moins les expulsions que les institutions mises en place, moins les ruptures que les alternatives créées. Entre les flux du pétrole et les frissons de l’histoire, le pays joue désormais son avenir sur une ligne de crête.

Chiencoro Diarra 

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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneEdito

Éditorial – Mali : quand mars se met à pleurer

by Bakary FOMBA 24 mars 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Une pluie inattendue en mars réveille les inquiétudes d’un climat malien de plus en plus imprévisible.

Elle est tombée sans prévenir, presque discrètement, comme si elle s’excusait d’arriver en avance. La pluie, cette invitée que l’on n’attendait pas avant juin, a surpris Bamako, Kayes, Nioro, Nara… et les bulletins météo. En mars, mois sec s’il en est, elle a fait une apparition inattendue, rompant le contrat tacite entre les saisons et la terre. Peu de gouttes, certes. Moins de dix millimètres, selon les endroits. Mais un symbole de plus, dans ce long désordre climatique qui s’installe au Sahel.

Le Mali, habitué aux calendriers figés de la saison sèche et de l’hivernage, entre de plain-pied dans le temps des anomalies. Une pluie en mars n’est plus une bénédiction fugace bien vrai que certains ont tendance à l’associer une explication métaphysiquer à l’attribuant aux bienfaits de Dieu en raison du ramadan et du carême dans les communautés musulmane et chrétienne. Pourtant, elle est un signal faible, mais déterminant. Un grain de sable dans le sablier dérangé de notre époque.

Climat détraqué, pays déboussolé

Les régions du nord-ouest malien, de Nara à Kayes, souffrent habituellement en mars sous un ciel de plomb, avec des thermomètres flirtant avec les 44°C. Cette année, quelques averses sont venues rafraîchir l’air… et réchauffer les inquiétudes. Car si la pluie soulage, elle interroge surtout. Elle est désormais le marqueur de ce que les scientifiques appellent l’« imprévisibilité accrue » du climat sahélien.

Des sécheresses plus longues, des pics de chaleur plus violents, et maintenant des pluies qui s’égarent. Le changement climatique au Mali n’est plus une hypothèse modélisée depuis Genève. C’est une réalité vécue au pas de sa porte.

L’eau tombe, mais rien ne s’arrange

À première vue, cette pluie tombe bien. Elle humidifie les sols, remplit les jarres, réconcilie le ciel et la terre. Mais pour combien de temps ? Quelques gouttes ne suffiront pas à inverser des décennies de stress hydrique, d’appauvrissement des terres et de précarisation des populations rurales.

Pire, cette précocité météorologique pourrait même désorienter les cycles agricoles, tromper les semences, perturber les récoltes. Car l’eau, au Sahel, n’est salvatrice que lorsqu’elle est comprise, canalisée, anticipée. Quand elle devient capricieuse, elle ajoute à l’incertitude d’un quotidien déjà incertain.

L’urgence de la prévoyance

Face à cette mutation qui s’impose à marche forcée, le Mali ne peut plus se contenter d’espérer que la pluie vienne « au bon moment ». Il faut prévoir l’imprévisible. Cela passe par des investissements massifs dans les infrastructures hydrauliques, par des systèmes d’alerte précoce qui fonctionnent, et par une refonte complète des calendriers agricoles.

Ce mois de mars 2025 a été déclaré « année de la culture ». Très bien. Mais qu’est-ce que la culture, sinon la transmission d’un rapport à la terre, au ciel, à l’eau ? Il serait temps d’intégrer la mémoire environnementale à notre récit collectif. Car le patrimoine malien ne se limite pas aux masques dogons ou aux manuscrits de Tombouctou. Il est aussi dans la capacité d’un pays à lire les signes du ciel.

Une pluie, un présage

Oui, la pluie est revenue. Trop tôt. Trop peu. Mais assez pour nous rappeler que le climat, ce vieux compagnon de route, ne respecte plus les horaires. Cette incursion météorologique en mars est un message codé que seuls les peuples lucides sauront traduire. Elle n’est pas une solution. Elle est une alerte.

Comme l’écrivait un poète peul : « La pluie qui tombe hors saison ne nourrit pas, mais elle prévient. »

À nous, Maliens, d’entendre ce frisson du ciel comme un appel à mieux nous préparer. Car si la pluie est la vie qui recommence, elle peut aussi être le miroir d’un monde qui vacille.

Bakary Fomba

24 mars 2025 0 comments
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Remise de vivres à Ménaka
ActuÉconomie

Ménaka : 800 tonnes de riz pour soutenir les populations vulnérables

by Ibrahim Kalifa Djitteye 23 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Dans un élan de solidarité en faveur des populations vulnérables de la région de Ménaka, la Présidence de la République du Mali a mis à disposition 800 tonnes de riz, d’une valeur de 720 millions de francs CFA. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre du Plan National de Réponse (PNR 2025), reflète l’engagement du Président de la Transition, son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, à placer les questions de sécurité alimentaire parmi les priorités nationales.

La remise officielle de cette aide a été pilotée par le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA), un service de la présidence chapeauté par le ministre-Commissaire à la Sécurité Alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali. Le stock conséquent de 800 tonnes de riz, soit seize mille sacs de cinquante kilos, a été remis au Gouverneur de la région de Ménaka, le Général de division Elhadj Ag Gamou, chargé de sa distribution gratuite aux populations vulnérables.

Un soutien renforcé en période de Ramadan

Cette assistance intervient à un moment crucial, en ce mois béni de Ramadan, où les besoins alimentaires se font particulièrement ressentir. En apportant ce soutien, les autorités maliennes réaffirment leur engagement à alléger les souffrances des communautés affectées par l’insécurité et les difficultés économiques.

Ce geste de la Présidence ne constitue pas une action isolée. En novembre 2024, 40 tonnes de riz avaient déjà été acheminées à Ménaka par les Forces Armées Maliennes (FAMa), dans le cadre des efforts constants pour répondre aux besoins alimentaires de la région. De plus, au cours de l’année 2025, une dotation supplémentaire de 200 tonnes de riz est prévue, portant l’aide alimentaire totale à 1 000 tonnes.

Une réponse multisectorielle pour une crise persistante

L’intervention de l’État est également appuyée par le Programme Alimentaire Mondial (PAM), qui opère à Ménaka à travers des distributions alimentaires gratuites et des transferts monétaires au profit des Personnes Déplacées Internes (PDI). Cette synergie entre les autorités nationales et les partenaires humanitaires vise à maximiser l’impact des actions entreprises face à la crise alimentaire persistante dans la région.

Le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a souligné que ces efforts témoignent de la solidarité nationale et de l’attention particulière accordée aux populations les plus vulnérables, où qu’elles se trouvent sur le territoire malien. Cette mobilisation s’inscrit dans une vision plus large d’accompagnement des communautés locales, touchées à la fois par l’insécurité et les défis climatiques.

Ainsi, l’acheminement de ces 800 tonnes de riz à Ménaka incarne la volonté des autorités maliennes de renforcer la résilience des populations et de garantir un accès à une alimentation suffisante, en dépit des défis multiples auxquels la région est confrontée.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

23 mars 2025 0 comments
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Amadou Sy Savané, ministre de l'Education nationale, rappelle l'interdiction du châtiment corporel.
A la UneÉducation

Éducation au Mali : le ministre face aux acteurs de l’école pour expliquer les nouvelles taxes

by Ibrahim Kalifa Djitteye 23 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, a rencontré ce jeudi 20 mars 2025, les acteurs de l’école lors d’une journée d’information et de sensibilisation, tenue dans la salle de réunion de la Direction nationale de l’Enseignement secondaire. Cette rencontre avait pour but de mettre en lumière l’impact des nouvelles taxes récemment instaurées, visant à accélérer la construction d’infrastructures scolaires à travers tout le pays.

Cette initiative fait suite à la décision prise en Conseil des ministres le 5 février 2025 de créer un fonds de soutien dédié aux projets d’infrastructures de base et de développement social. Ce fonds ambitionne de renforcer les services sociaux essentiels tels que l’éducation et la santé, tout en instaurant un mécanisme de financement endogène pour les grands projets du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta.

Informer pour mieux comprendre

Lors de cette rencontre, le ministre Amadou Sy Savané a tenu à clarifier l’origine et les objectifs de ces nouvelles taxes. « Il est important que chacun comprenne que ces taxes ne sont pas une contrainte, mais un levier pour construire les écoles de demain. Tous les enfants du Mali ont droit à une éducation de qualité, dans des salles de classes dignes et modernes, et ce fonds est un pas décisif vers cet objectif », a-t-il déclaré devant une salle attentive.

Il a ensuite expliqué que les fonds collectés permettront de construire de nouvelles infrastructures et de moderniser celles déjà existantes, offrant ainsi à la jeunesse malienne un cadre éducatif plus propice à l’apprentissage.

Un élan de mobilisation citoyenne

Les acteurs de l’école présents ont salué cette initiative gouvernementale, soulignant l’urgence de la situation dans plusieurs localités, où les écoles publiques manquent cruellement de moyens. Pour eux, l’autofinancement est la clé d’un système éducatif durable. « Si nous voulons réellement le développement, nous devons accepter de nous sacrifier pour le pays et pour l’avenir de nos enfants », ont-ils déclaré d’une voix unanime.

L’un des participants a même regretté que ces taxes n’aient pas été mises en place plus tôt, mettant en avant l’importance de l’engagement citoyen pour le financement de projets structurants.

Des perspectives encourageantes

Le ministre Sy Savané s’est dit très satisfait de l’issue de cette rencontre, marquée par un consensus autour de la nécessité de ces nouvelles mesures fiscales. Il a exhorté l’ensemble des acteurs à poursuivre cet élan de mobilisation en devenant des ambassadeurs de cette politique auprès de leurs communautés.

« Ces taxes doivent nous permettre de tenir notre engagement citoyen. C’est la possibilité d’avoir beaucoup d’argent pour construire des salles de classes, moderniser nos établissements et apporter un appui solide à notre système éducatif. Comme le recommandent les états généraux de l’éducation, il faut que nous financions notre système éducatif avec nos fonds propres », a-t-il conclu.

Avec cette démarche, le gouvernement malien pose les bases d’un financement durable et autonome de l’éducation, en comptant sur la solidarité nationale pour bâtir le Mali de demain. Les acteurs de l’école, désormais informés, repartent avec la ferme volonté de relayer ce message auprès de leurs pairs, dans l’espoir de voir, très bientôt, de nouvelles écoles sortir de terre grâce à ces efforts collectifs.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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