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Marine Le Pen et Mahamat Idriss Déby Itno
A la UnePolitique

Le Pen courtise le Tchad : la France officielle absente, l’extrême droite en embuscade ?

by Sahel Tribune 17 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Marine Le Pen, en visite au Tchad, tente de repositionner la France dans une Afrique en pleine mutation, entre pragmatisme politique et quête de souveraineté.

N’Djamena, Amdjarass — Mi-mars 2025. Marine Le Pen foule une nouvelle fois le sol tchadien, huit ans après son premier tête-à-tête avec Idriss Déby Itno. Mais cette fois, le patriarche n’est plus. C’est sous la présidence de son fils, Mahamat Idriss Déby Itno, que la cheffe de file du Rassemblement national (RN) vient mesurer le pouls d’une relation franco-tchadienne en pleine mue. Officiellement, il s’agit de renouer le dialogue avec un partenaire stratégique. Officieusement, la visite sonne comme une opération séduction dans une Afrique sahélienne où l’Hexagone perd du terrain.

Un ballet diplomatique sous haute tension

À N’Djamena, les dorures du palais présidentiel ont beau briller sous le soleil implacable du Sahel, l’atmosphère est lourde. Depuis plusieurs mois, le Tchad se positionne comme l’un des derniers piliers d’une influence française ébranlée. Le départ forcé des troupes françaises du Niger, du Mali et du Burkina Faso a rebattu les cartes. Et si Mahamat Idriss Déby Itno a pris soin de ne pas claquer la porte à Paris, la confiance est érodée.

Pour Marine Le Pen, qui rêve d’un destin élyséen, le Tchad n’est pas qu’un point de passage, c’est un symbole. Celui d’une Afrique qui ne veut plus subir mais choisir ses alliances. Dans ses échanges avec le président tchadien et les hauts responsables du pays, elle martèle sa vision : une coopération d’égal à égal, loin des schémas néocoloniaux.

Le double jeu de N’Djamena

Mais le Tchad, pragmatique, joue sur plusieurs tableaux. Officiellement, N’Djamena reste un allié de la France. Officieusement, il n’ignore pas les sirènes du panafricanisme prôné par la confédération des États du Sahel (AES), ni la montée en puissance des partenaires russes et chinois.

Dans cet échiquier où chaque mouvement est calculé, la visite de Marine Le Pen est scrutée avec autant de curiosité que de scepticisme. Elle incarne une France qui, demain, pourrait radicalement changer de posture vis-à-vis de l’Afrique, moins interventionniste, plus transactionnelle.

Un coup politique ou une réelle ambition africaine ?

Derrière cette visite se cache une autre vérité. Marine Le Pen ne parle pas qu’au Tchad, elle parle à la France. Dans une course à la présidentielle où l’Afrique devient un sujet brûlant, elle veut imposer sa vision d’une diplomatie réaliste, axée sur la souveraineté et le respect mutuel.

Elle sait aussi que le Tchad, toujours en équilibre entre stabilité et incertitude, pourrait être un laboratoire d’une nouvelle politique française en Afrique. Moins d’ingérence, plus de pragmatisme.

Mais l’Afrique de 2025 n’est plus celle des années 2000. L’influence française s’érode face à la montée en puissance d’autres acteurs. Et si Marine Le Pen, en héritière d’une certaine idée de la Françafrique, espère raviver une flamme tricolore vacillante, elle devra composer avec un continent qui ne croit plus aux promesses, mais aux actes.

Un pas vers une nouvelle ère ou un coup politique sans lendemain ? Le Tchad, lui, attend de voir.

A.D

17 mars 2025 0 comments
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Fama
ActuSécurité

Mali : l’armée frappe fort contre les groupes terroristes dans le nord du pays

by Sahel Tribune 17 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

L’armée malienne a mené une offensive aérienne dans le nord du pays, neutralisant plusieurs terroristes et détruisant des véhicules, intensifiant ainsi sa lutte contre les groupes jihadistes.

Dans une région sahélienne toujours sous tension, les Forces armées maliennes (FAMA) poursuivent leur offensive contre les groupes terroristes. Le 16 mars 2025, l’État-Major Général des Armées a annoncé une série de frappes aériennes ciblées ayant conduit à la neutralisation d’au moins onze combattants jihadistes et à la destruction de plusieurs véhicules dans la région de Tombouctou. Une démonstration de force qui s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation du territoire face aux incursions djihadistes.

Une traque sans relâche

Selon des sources militaires, les forces maliennes ont intensifié leur surveillance aérienne et leur exploitation du renseignement pour localiser des cellules terroristes opérant dans le nord du pays. Les forces de sécurité ont ainsi repéré un convoi armé composé de six pick-up lourdement équipés de mitrailleuses, circulant dans le secteur d’Inelou, à environ 80 kilomètres au nord de Razelma. Un autre refuge terroriste a été identifié dans la région de Lerneb, située à 50 kilomètres au nord-ouest de Tombouctou.

Les frappes aériennes ont visé un camp de transit terroriste à Lougmeiza, à 109 kilomètres au nord-ouest de Léré, marquant une nouvelle étape dans la stratégie de pression militaire exercée par Bamako contre les groupes terroristes.

Un bilan significatif

D’après les premières évaluations de l’armée, cette opération a permis :

  • La neutralisation de 11 terroristes ;
  • L’évacuation en urgence de plusieurs blessés vers l’ouest ;
  • La destruction de trois pick-up, réduisant ainsi les capacités logistiques des groupes armés.

Mais au-delà des chiffres, cette offensive symbolise une volonté claire des autorités maliennes de prendre l’initiative sur le terrain, alors que la menace jihadiste demeure omniprésente dans la région sahélienne.

Une guerre d’usure aux multiples fronts

Cette opération militaire intervient alors que le Mali, engagé dans une refonte stratégique de sa défense nationale, cherche à étendre son contrôle sur des territoires historiquement marqués par l’instabilité. La zone ciblée est connue pour être un point d’appui et de projection des groupes terroristes vers l’Ouest, le Centre et le Sud du pays.

Depuis la fin de la coopération militaire avec la France et la réorientation vers de nouveaux partenaires stratégiques, notamment la Russie, les FAMA adoptent une approche plus offensive. La pression s’intensifie également sur les États voisins, notamment le Niger et le Burkina Faso, alliés du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui mènent des opérations similaires sur leurs territoires respectifs.

Vers une intensification des combats ?

L’État-Major Général des Armées a tenu à mettre en garde les complices et les soutiens des groupes terroristes, insistant sur une surveillance accrue des corridors de transit terroristes. Ce message s’adresse aussi aux sponsors présumés de ces factions, accusés par Bamako d’alimenter la déstabilisation du pays.

Cette montée en puissance des opérations militaires laisse présager une intensification des combats dans les mois à venir. Alors que l’armée malienne resserre leur étau sur les groupes terroristes, ces derniers pourraient adopter des stratégies d’adaptation, multipliant les attaques asymétriques et les infiltrations.

Une chose est sûre. Le Mali, résolument engagé dans la reconquête de son intégrité territoriale, entend bien montrer que, sur son sol, la guerre ne se joue plus seulement en défense, mais aussi en attaque.

La rédaction 

17 mars 2025 0 comments
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Un exemplaire de journal dans un ordinateur avec l'épigraphe Fake news.
ActuLes démystificateurs du Sahel

Tribune. La vérité est morte, vive la propagande !

by Chiencoro 17 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Dans un monde où l’information circule plus vite qu’elle ne se vérifie, la vérité devient une matière malléable, façonnée par les intérêts politiques, économiques et technologiques. Des rapports officiels aux algorithmes des réseaux sociaux, la désinformation s’impose comme un instrument de pouvoir, redéfinissant les frontières entre le réel et l’illusion. Face à cette crise du vrai, un défi majeur se pose : comment reconstruire une société où la connaissance prime sur la manipulation ?

Depuis l’aube de l’écriture, la vérité n’a jamais été qu’une construction fluctuante, soumise aux forces qui dominent l’instant. De la propagande impériale à la désinformation numérique, l’histoire de l’humanité est jalonnée d’une bataille constante entre ceux qui détiennent l’information et ceux qui tentent de la déchiffrer. Aujourd’hui, la prolifération des fake news, amplifiée par les nouvelles technologies, pose un défi inédit. Comment, dans un monde où l’information est immédiate et omniprésente, distinguer le vrai du faux ?

Une manipulation ancestrale aux outils nouveaux

La désinformation n’a rien de nouveau. Depuis les rumeurs qui précipitèrent la chute de Rome jusqu’aux fausses dépêches qui déclenchèrent des guerres, le pouvoir a toujours su utiliser la manipulation pour asseoir sa domination. Ce qui a changé, c’est la vitesse et l’échelle. L’ère numérique a permis à la désinformation de s’infiltrer partout, défiant les frontières, fragmentant les sociétés, sapant la confiance dans les institutions.

Les États eux-mêmes, en quête de légitimité ou de suprématie, ne sont pas en reste. Dans certaines régions du monde, des rapports officiels, émanant d’institutions pourtant réputées, accusent des pays de crimes sans preuves tangibles, façonnant ainsi une perception destinée à servir des intérêts géopolitiques. Ce n’est plus la véracité qui prime, mais l’impact de l’information diffusée.

L’économie de la manipulation, un marché de la confiance perdue

À cette logique politique s’ajoute une dimension économique. La vérité est devenue un produit, façonné par des algorithmes et des stratégies marketing savamment élaborées. Comme l’explique Myret Zaki, les chiffres économiques sont souvent ajustés pour rassurer ou manipuler les marchés financiers. Le PIB surestimé, le chômage minimisé, les crises diluées dans des statistiques avantageuses. Tout est conçu pour maintenir une illusion de contrôle et de prospérité.

Dans cette course effrénée à la communication, les médias jouent un rôle ambivalent. Ils sont à la fois les garants du débat démocratique et les amplificateurs de récits biaisés. Même les plus respectés d’entre eux se laissent parfois séduire par la crédibilité apparente d’une source, relayant des informations dont la finalité est souvent plus politique que factuelle.

Vers une nouvelle ère de la vérité

L’histoire montre que toute révolution technologique s’accompagne d’une reconfiguration de la vérité. L’invention de l’imprimerie a bouleversé le monopole de l’Église sur le savoir, tout comme Internet a éclaté celui des médias traditionnels. Mais cette nouvelle ère impose une responsabilité inédite : celle de redéfinir les mécanismes de validation de l’information dans un monde où chacun peut être simultanément émetteur et récepteur.

Il faut donc repenser les outils de régulation, non pas pour censurer, mais pour garantir un espace de débat fondé sur des faits et non sur des narrations intéressées. Cela passe par une éducation critique dès le plus jeune âge, un contrôle rigoureux des sources et une vigilance accrue face aux biais cognitifs qui nous poussent à croire ce qui nous conforte plutôt que ce qui est vrai.

Si les fake news prospèrent, c’est que notre époque a perdu ses repères de vérité. Retrouver ces repères est une nécessité civilisationnelle. Car un monde où tout est potentiellement faux est un monde où plus rien n’a de sens. Nous vivons donc dans dans un fake monde, pour reprendre le titre de l’ouvrage Fake Monde : théorie sur la désinformation et la mésinformation. 

Chiencoro Diarra

17 mars 2025 0 comments
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Du brouillard obstruant la vue.
A la UneClimat et environnement

Qualité de l’air en Afrique : un continent à bout de souffle ?

by Fousseni TOGOLA 17 mars 2025
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

L’Afrique est l’un des continents les plus touchés par la pollution de l’air, mais le manque de données fiables empêche une prise de conscience à grande échelle. Tandis que le Tchad domine le classement mondial des pays les plus pollués, d’autres nations restent dans l’ombre faute de surveillance. Ce rapport met en lumière les disparités et les défis liés à la qualité de l’air sur le continent et dans le monde.

Le dernier rapport mondial de Iqair sur la qualité de l’air publié en mars 2025 dresse un constat alarmant pour l’Afrique. Si la pollution atmosphérique est une menace globale, elle prend sur le continent des proportions dramatiques, exacerbées par le manque de surveillance et l’absence de politiques environnementales robustes. Entre poussières sahariennes, émissions industrielles et feux de biomasse, la situation est critique dans plusieurs pays, alors que d’autres, faute de données suffisantes, demeurent dans l’ombre.

L’Afrique en haut du classement des pays les plus pollués

Sans surprise, l’Afrique domine les classements des pays les plus pollués en 2024, avec cinq nations figurant parmi les dix premières à l’échelle mondiale. Le Tchad se hisse en tête du classement mondial, avec une concentration moyenne annuelle de PM2.5 de 91,8 µg/m³, un niveau de pollution extrême, largement supérieur aux seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Derrière le Tchad, la République démocratique du Congo (58,2 µg/m³), l’Ouganda (41,0 µg/m³), le Rwanda (40,8 µg/m³) et le Burundi (40,3 µg/m³) complètent ce triste palmarès. En cause, un cocktail explosif : la combustion de biomasse, les émissions industrielles et un urbanisme galopant où la pollution automobile n’est soumise à aucun contrôle strict.

Par ailleurs, le Burkina Faso, autrefois parmi les pays les plus pollués, ne figure pas dans le rapport 2024, faute de données suffisantes. L’absence de suivi et de stations de mesure illustre l’un des grands problèmes du continent. Un manque criant d’infrastructures de surveillance de la qualité de l’air.

L’Afrique oubliée, des pays absents du rapport

Le rapport souligne une lacune inquiétante. De nombreux pays africains n’ont pas pu être inclus faute de données fiables. En 2023, Burkina Faso, Maurice et Angola avaient été intégrés à l’étude ; en 2024, ils ont disparu faute de capteurs en fonctionnement.

Cette absence de suivi pose un double problème. D’une part, elle empêche une prise de conscience sur l’impact de la pollution dans ces pays. D’autre part, elle prive les populations et les décideurs d’outils nécessaires pour agir, alors même que les maladies respiratoires liées à la pollution explosent en Afrique subsaharienne.

Les pays les moins pollués, l’Afrique à deux vitesses

Si le continent est largement affecté par la pollution de l’air, certains pays se distinguent par une meilleure qualité de l’air. L’Afrique du Sud (18,8 µg/m³), bien qu’encore au-dessus des seuils de l’OMS, figure parmi les pays africains où l’air est relativement moins vicié.

En 2023, Maurice et Angola affichaient les taux de pollution les plus bas du continent, mais faute de données actualisées, il est impossible de confirmer cette tendance en 2024.

À l’échelle mondiale, le Tchad reste le pays le plus pollué, suivi par des nations comme l’Inde et le Pakistan, où la pollution industrielle et les feux de forêts contribuent à des niveaux alarmants.

À l’autre extrémité du spectre, les pays les moins pollués se trouvent en Océanie et en Europe du Nord. La Nouvelle-Zélande, l’Islande et la Finlande figurent parmi les rares nations respectant les recommandations de l’OMS, avec des niveaux de PM2.5 inférieurs à 5 µg/m³.

Vers une prise de conscience africaine ?

Face à ce constat, la question demeure : l’Afrique va-t-elle se doter d’une véritable politique de surveillance et de lutte contre la pollution atmosphérique ? Si l’augmentation des capteurs indépendants est encourageante — 67 % des données du continent proviennent de sources non gouvernementales en 2024, contre 42 % en 2023 —, les États doivent prendre le relai pour structurer une réponse efficace.

En attendant, les populations restent les premières victimes d’un fléau invisible, mais mortel, qui continue d’empoisonner l’air qu’elles respirent au quotidien.

F. Togola 

17 mars 2025 0 comments
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Paul Kagamé
A la UnePolitique

Kigali-Bruxelles : la rupture de trop

by Sahel Tribune 17 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le couperet est tombé. Paul Kagame a tranché. Bruxelles paiera le prix fort de son soutien affiché à Kinshasa. En ce 17 mars 2025, Kigali n’a pas fait dans la demi-mesure : fin de partie avec la Belgique.

Dans une décision aussi brutale que symbolique, le Rwanda a rompu ses relations diplomatiques avec son ancienne puissance coloniale. Motif : le parti pris flagrant de Bruxelles dans la guerre à l’Est du Congo et les manœuvres occidentales pour diaboliser Kigali.

Une crise sous haute tension

Tout s’est accéléré en quelques semaines. En février, la Belgique avait déjà suspendu son aide au développement au Rwanda, prétextant des « inquiétudes » sur le rôle de Kigali dans le conflit opposant le M23 à l’armée congolaise. Une sanction perçue à Kigali comme une provocation néocoloniale. L’histoire ne s’arrête pas là. Le gouvernement belge avait également plaidé en coulisses pour de nouvelles sanctions européennes contre Paul Kagame et son entourage.

Mais Kagame, habitué aux rapports de force, n’a pas attendu que l’étau se resserre. Après des jours de tensions diplomatiques, la réponse rwandaise est tombée. Expulsion des diplomates belges sous 48 heures, fermeture de l’ambassade de Belgique à Kigali, et fin des coopérations bilatérales.

Kagame, seul contre tous ? Pas si vite.

Bruxelles n’est pas la première capitale à subir le courroux de Kigali. Kagame a fait du Rwanda une forteresse politique et militaire, refusant toute ingérence étrangère. Ces dernières années, il a multiplié les alliances avec des partenaires plus « pragmatiques » : Russie, Chine, Turquie, Émirats arabes unis.

Surtout, il n’est pas seul à claquer la porte aux vieilles puissances coloniales. Le Rwanda rejoint le club grandissant des États africains décidés à redessiner leurs alliances. Mali, Burkina Faso, Niger ont déjà rompu avec la France, préférant lorgner du côté de Moscou. La Centrafrique a emboîté le pas. Désormais, Kigali fait voler en éclats ses derniers liens avec Bruxelles, un divorce aux allures d’émancipation définitive.

Un bras de fer géopolitique aux répercussions explosives

Mais cette rupture ne sera pas sans conséquences. En Europe, la Belgique pousse pour isoler davantage le Rwanda, espérant convaincre l’UE d’adopter une position plus dure à l’égard de Kigali. À Kinshasa, Félix Tshisekedi jubile : une alliée de taille s’efface, laissant la voie libre aux offensives diplomatiques congolaises contre le Rwanda.

Sauf que Kagame n’a jamais été du genre à subir sans riposter. La Belgique vient de perdre ce qui lui restait de levier sur l’un des pays les plus stratégiques d’Afrique centrale. Pire encore, cette rupture fragilise la crédibilité européenne sur le continent, où Bruxelles tente péniblement de rivaliser avec la Russie, la Chine et même les États du Golfe.

En décidant de couper les ponts avec la Belgique, Kagamé ne se contente pas de solder un vieux contentieux historique. Il envoie un message clair à l’Occident : le Rwanda n’est plus une chasse gardée. Et ça, ni Bruxelles, ni Paris, ni Washington ne l’avaient vraiment anticipé.

Un tournant qui pourrait bien redessiner la carte du pouvoir en Afrique centrale.

A.D

17 mars 2025 0 comments
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Des populations de Gao.
A la UneÉconomie

Carburant hors de prix : jusqu’où ira la crise à Gao ?

by Sahel Tribune 17 mars 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

À Gao, la hausse soudaine du prix du carburant aggrave une situation déjà précaire. Entre manque d’eau, coupures d’électricité et flambée des prix, la population souffre. Face à cette crise, la jeunesse et la société civile appellent à l’action et à la solidarité.

Depuis plusieurs mois, Gao vit sous une pression intenable. Dans cette ville du nord du Mali, où le quotidien est déjà marqué par le manque d’eau potable, les coupures d’électricité incessantes et la flambée des prix des denrées alimentaires, une nouvelle crise est venue alourdir la souffrance des habitants : l’augmentation soudaine et vertigineuse du prix du carburant.

Depuis le 13 mars 2025, le coût du carburant a grimpé en flèche, impactant directement le transport, le commerce et les services de base. Cette flambée des prix s’est répercutée sur le coût de la vie, étranglant encore un peu plus une population déjà durement éprouvée.

Face à cette situation alarmante, plusieurs organisations locales, dont le Conseil Communal de la Jeunesse de Gao, l’association des vendeurs d’essence, la CAFO locale et la société civile, ont organisé une rencontre d’urgence. L’objectif : appeler à une révision immédiate des prix et inciter les revendeurs de carburant à respecter les engagements pris en 2024 pour éviter une aggravation de la crise économique et sociale.

Un appel à la solidarité, un ultimatum pour les spéculateurs

Dans un communiqué signé le 15 mars 2025, ces organisations exhortent les vendeurs à revoir à la baisse leurs tarifs et à faire preuve de responsabilité en cette période critique. « Il est essentiel de faire preuve de solidarité avec la population en cette période difficile », peut-on lire dans le document.

Un avertissement est aussi lancé. Toute personne vendant du carburant à un prix supérieur à celui des accords établis sera poursuivie dès le 17 mars. Une menace qui vise à freiner la spéculation et à éviter que la population ne soit davantage pénalisée par une crise aux conséquences déjà lourdes.

La jeunesse de Gao, en première ligne de la mobilisation, reste vigilante et appelle les citoyens à défendre leurs intérêts face à cette crise. Les signataires du communiqué insistent sur l’importance de respecter les engagements pris pour éviter un effondrement total du pouvoir d’achat des habitants.

À Gao, où chaque jour est une bataille pour la survie, l’espoir réside désormais dans la mise en œuvre rapide de solutions concrètes. Mais une question demeure : l’appel à la solidarité sera-t-il entendu ou la population devra-t-elle encore subir la loi implacable du marché ?

A.D

17 mars 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneEdito

Faure Gnassingbé, nouvel allié du triumvirat sahélien ?

by Bakary FOMBA 17 mars 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le Togo franchira-t-il le pas vers la Confédération des États du Sahel (AES) ? Longtemps allié discret du triumvirat sahélien, Lomé envisage désormais une adhésion officielle. Une décision stratégique qui pourrait redessiner les équilibres régionaux et renforcer l’influence grandissante de l’AES.

Dans l’ombre des grandes manœuvres diplomatiques qui redessinent l’échiquier géopolitique ouest-africain, le Togo avance ses pions avec prudence, mais détermination. L’annonce faite par le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, sur la possibilité d’une adhésion de son pays à la Confédération des États du Sahel (AES) ne relève ni de l’improvisation ni du hasard. Elle traduit l’évolution naturelle d’une relation qui, depuis les premières crispations entre l’AES et la CEDEAO, n’a cessé de se renforcer.

Un choix pragmatique

Lomé n’a jamais caché son affinité avec le triumvirat sahélien composé du Mali, du Burkina Faso et du Niger. La neutralité assumée du Togo lors des sanctions imposées par la CEDEAO, son refus de fermer son port stratégique aux échanges commerciaux avec ses voisins du Sahel et sa posture de médiateur entre les nouvelles autorités sahéliennes et leurs anciens partenaires témoignent d’une position réfléchie, oscillant entre prudence diplomatique et réalisme politique.

Aujourd’hui, la perspective d’une adhésion togolaise à l’AES prend une tournure concrète. « Le Togo envisage de rejoindre l’Alliance des États du Sahel », a confirmé Robert Dussey, précisant qu’il s’agit d’une « décision stratégique » qui permettrait de renforcer la coopération régionale et d’offrir aux pays de l’AES un accès direct à l’océan. Une déclaration qui, au-delà du simple effet d’annonce, révèle un tournant potentiel dans l’architecture sous-régionale.

L’AES, de la défiance à l’attractivité

Créée en septembre 2023 dans un climat de rupture avec la CEDEAO et l’ancienne puissance coloniale, l’AES était au départ perçue comme un bloc contestataire, une entité rebelle née d’une urgence politique et sécuritaire. Deux ans plus tard, les faits parlent d’eux-mêmes. Une coopération militaire renforcée avec la mise en place d’une force conjointe, un passeport unifié, une volonté affichée de créer une banque d’investissement et une attractivité grandissante. De simple alliance défensive, l’AES s’est muée en un projet politique crédible et ambitieux, au point de susciter l’intérêt de pays comme le Tchad, le Sénégal ou encore le Ghana voire le Soudan.

Si Lomé franchit le pas, ce serait une validation éclatante de cette mutation. Ce serait aussi une opportunité pour le Togo de s’affranchir d’une CEDEAO en perte de vitesse et de s’inscrire dans une dynamique de souveraineté régionale.

Faure Gnassingbé, l’équilibriste

Reste à savoir comment Faure Gnassingbé, habitué aux équilibres subtils, gérera cette éventuelle bascule. L’adhésion à l’AES serait un signal fort, un repositionnement stratégique susceptible d’irriter Abuja et Accra, garants traditionnels de l’ordre communautaire ouest-africain. Mais ce serait aussi un pari gagnant, une façon pour Lomé de consolider sa place de puissance médiane, à la croisée des chemins entre l’Afrique sahélienne et l’Afrique côtière.

Ce qui est certain, c’est que l’AES, loin d’être un épiphénomène passager, redéfinit les règles du jeu sous-régional. Et que le Togo, en quête de marges de manœuvre, semble bien décidé à ne pas rester sur la touche.

Bakary Fomba 

17 mars 2025 0 comments
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