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Elections locales au Sénégal
A la UnePolitique

Tribune. AES : la fin des partis ou le début du parti unique ?

by Sahel Tribune 7 avril 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read


En dissolvant l’ensemble des partis politiques, le Niger emboîte le pas au Mali et au Burkina Faso dans une dynamique de recentralisation du pouvoir au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Sous couvert de refondation, la transition nigérienne — comme celles de ses voisins — substitue au pluralisme politique une verticalité sans partage. Un tournant aussi spectaculaire que périlleux pour l’avenir démocratique du Sahel.

Le 26 mars 2025, le Général Abdourahamane Tiani a signé l’ordonnance de trop. Celle qui dissout, d’un trait de plume martial, l’ensemble des partis politiques au Niger. Moins d’un an après l’arrivée au pouvoir du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), le paysage politique nigérien n’existe plus. Il a été effacé. Supprimé. Dissous.

Un appareil central, inféodé à l’exécutif

Et ce qui pourrait passer, vu de loin, pour une anomalie nigérienne, s’inscrit en réalité dans une dynamique plus large, plus cohérente — et donc plus inquiétante ; celle d’un autoritarisme assumé au sein de l’AES, cette Confédération des États du Sahel qui regroupe, faut-il le rappeler, trois pays dirigés par des militaires — le Mali, le Burkina Faso et désormais le Niger.

Au Mali, les partis ont été suspendus en avril 2024, puis partiellement réhabilités. Au Burkina, ils survivent dans une semi-clandestinité silencieuse. Au Niger, ils n’existent plus. L’AES, alliance géopolitique et militaire, devient donc aussi, par glissement progressif, un laboratoire de l’illibéralisme politique. Avec un point commun, la volonté farouche d’en finir avec ce que les régimes de transition appellent, sans nuance, « la classe politique », tenue pour responsables des dérives démocratiques dans ces pays depuis des décennies.

La rhétorique est bien rodée. On dénonce l’inefficacité des partis, leur clientélisme, leur parasitisme budgétaire, leur incapacité à résoudre les crises. On les accuse d’avoir trahi la patrie, d’avoir échoué à incarner la démocratie. Dès lors, la solution devient évidente : les faire taire. Et leur substituer un nouveau modèle, dont les contours restent, volontairement, flous. Une « organisation politique rénovée », dit-on. Comprenez par là un appareil central, inféodé à l’exécutif, sans contestation possible.

Une consolidation « démocratico-autoritaire »

Mais qui peut croire qu’on renouvellera le pacte démocratique au Sahel en le vidant de sa substance ? Qu’on construira un avenir commun sans pluralisme, sans débat, sans opposition ? En supprimant les partis, l’AES prétend réinitialiser la politique. En réalité, elle réinvente, sous couvert de refondation, une forme raffinée du parti unique.

Car derrière cette purge institutionnelle, une logique se dessine. Celle d’une concentration absolue du pouvoir dans les mains d’un exécutif militaire, adossé à une légitimité armée, et s’exprimant au nom du peuple sans jamais lui rendre des comptes. Ce n’est plus de la transition, c’est de la consolidation « démocratico-autoritaire ». Le néologisme n’existe sûrement pas mais ces régimes s’octroient des privilèges démocratiques et agissent au nom du peuple.  Mais ce n’est plus un accident, c’est un système.

Bien sûr, les partis politiques du Sahel ont failli. Ils se sont souvent montrés plus prompts à la conquête de postes qu’à la défense d’une vision. Ils ont souvent oublié les peuples pour se focaliser sur les prébendes. Mais faut-il pour autant raser l’immeuble parce que les fondations étaient fragiles ? Non. Il fallait reconstruire. Pas démolir.

En disséminant le pouvoir, les partis — même imparfaits — permettent l’expression de la diversité. Ils canalisent les colères, cristallisent les espoirs, encadrent les ambitions. Sans eux, il ne reste que l’arbitraire d’un centre, le silence des marges, et l’illusion du consensus. L’AES prend le risque de faire du Sahel une zone sans voix — et donc sans avenir politique viable. La démocratie est à parfaire afin de rester l’espace d’expression de la « voix des sans voix ». 

L’absence de voix discordantes qui fait la stabilité d’un État

Un jour, la transition devra s’arrêter. Et alors ? Qui prendra le relais ? Une technocratie cooptée ? Un parlement d’appoint ? Ou faudra-t-il réinventer, dans l’urgence et la confusion, ce que l’on aura mis tant d’ardeur à détruire ?

À trop vouloir tuer les partis, les régimes de l’AES oublient une vérité simple : on ne gouverne jamais durablement un peuple sans lui laisser la liberté de choisir — y compris celle de se tromper.

Refonder ne veut pas dire effacer. Et dissoudre les partis n’a jamais suffi à créer l’unité. Ce n’est pas l’absence de voix discordantes qui fait la stabilité d’un État. C’est leur reconnaissance, et leur encadrement démocratique.

A.D

7 avril 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, PM
ActuSécurité

Drone abattu à Tinzawatène : le gouvernement accuse l’Algérie d’un acte d’agression armée

by Ibrahim Kalifa Djitteye 7 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans un communiqué officiel rendu public ce 5 avril 2025, le Gouvernement de la Transition a révélé qu’un drone des Forces Armées et de Sécurité maliennes, immatriculé TZ-98D, s’est écrasé dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025 à Tinzawatène, dans le cercle d’Abeïbara, région de Kidal. L’incident, dont les circonstances suscitent l’indignation des autorités maliennes, marque un tournant grave dans les relations entre le Mali et l’Algérie.

Selon les informations communiquées, l’appareil de reconnaissance a perdu sa liaison alors qu’il évoluait encore dans l’espace aérien malien. Le point de rupture de communication a été localisé aux coordonnées 19°51’50.526″N 2°53’36.099″E, soit à 10,2 km au sud de la frontière algérienne. L’épave, quant à elle, a été retrouvée à 441 mètres plus loin, à 9,5 km au sud de la même frontière, précisément aux coordonnées 19°52’04.738″N 2°53’38.101″E.

Des éléments techniques qui confirment une destruction préméditée

Les autorités maliennes soulignent que les deux points sont clairement situés sur le territoire national. Elles précisent également que les dernières données envoyées par le drone faisaient état de la présence de hauts responsables terroristes, en pleine planification d’opérations. Le crash à la verticale de l’engin laisse peu de doute sur une destruction par missile, probablement d’origine Sol-Air ou Air-Air.

Quelques heures après l’incident, le ministère algérien de la Défense a publié un communiqué, relayé par voie de presse, revendiquant la destruction d’un drone ayant supposément violé son espace aérien sur 2 km. Une affirmation que les autorités maliennes qualifient de fallacieuse. À cet effet, elles ont officiellement demandé à l’Algérie de fournir des preuves concrètes de cette prétendue incursion. À ce jour, cette requête reste sans réponse après plus de 72 heures.

Des accusations claires à l’encontre d’Alger

Le Gouvernement de la Transition accuse alors ouvertement le régime algérien d’avoir prémédité la destruction de l’appareil malien. Il invoque le silence de l’Algérie, son refus de collaborer, ainsi que les données techniques enregistrées par le système de navigation du drone, pour conclure à une agression délibérée sur le sol malien. « L’absurdité de l’argument algérien est manifeste : comment l’épave du drone se retrouverait-elle à plus de 9 km à l’intérieur du Mali si celui-ci avait violé l’espace algérien sur seulement 2 km ? », s’interroge le communiqué.

Plus grave encore, Bamako voit dans cet acte une volonté manifeste d’empêcher les Forces maliennes de neutraliser des groupes armés terroristes. « La destruction du drone avait clairement pour effet, sinon pour but, d’entraver une opération de neutralisation d’ennemis de la paix », lit-on.

Trois mesures fortes annoncées par le Mali

Face à cette « provocation », le Mali prend trois mesures fortes : la convocation de l’ambassadeur algérien, le retrait immédiat du Comité d’État-Major Conjoint (CEMOC), et une plainte à venir contre l’Algérie devant les instances internationales compétentes. Le gouvernement malien rappelle, non sans amertume, le soutien indéfectible du Mali à l’indépendance algérienne dans les années 1960, une solidarité aujourd’hui bafouée.

En outre, le communiqué va plus loin, en accusant Alger d’être un « exportateur de terrorisme », et d’agir non seulement comme une base arrière pour les groupes armés, mais également comme un acteur engagé dans une lutte armée contre le Mali pour protéger des réseaux terroristes.

Enfin, le Gouvernement de la Transition affirme que cet acte hostile ne freinera en rien sa détermination à lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes. Aussi, déclare-t-il, des opérations militaires de grande envergure ont été engagées dans la région de Tinzawatène dès les heures suivant l’attaque. Plusieurs cibles terroristes auraient été frappées avec succès, et les opérations pourraient s’intensifier.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

7 avril 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneEdito

Edito. Bamako : La canicule, les flammes… et l’avenir qu’on refuse de voir

by Chiencoro 7 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read


Alors que Bamako enchaîne les incendies sous une chaleur accablante, la grande canicule de 2025 révèle bien plus qu’un simple dérèglement climatique. Entre urbanisation anarchique, infrastructures précaires et absence d’anticipation, le feu devient le miroir d’un avenir que l’on refuse encore de penser. Et si ces flammes étaient, au fond, le signal faible d’une transformation à venir ?

Depuis quelques mois, Bamako suffoque. La ville brûle, littéralement, à intervalles réguliers. Marchés populaires, stations-service, quartiers entiers menacés. Entre janvier et avril 2025, les incendies se sont multipliés. Chaque fois, une même mécanique, un déni initial, une panique contenue, une déclaration officielle, une promesse d’enquête — et l’oubli. Jusqu’au prochain brasier.

L’avenir n’est pas un prolongement du passé, mais une rupture

On pourrait croire à un phénomène passager. Un été trop chaud, une série noire. Mais ce serait passer à côté de l’essentiel. Ce que vit Bamako aujourd’hui, d’autres capitales africaines le connaîtront demain. Et ce que l’Afrique vit aujourd’hui, l’Europe — le monde — le subira bientôt. La chaleur extrême, les infrastructures vétustes, l’urbanisation sauvage, la précarité énergétique. Tous les ingrédients d’une catastrophe globale sont réunis. Ils s’additionnent. Ils s’accélèrent.

Il ne s’agit plus de penser les incendies comme des drames isolés. Il faut les comprendre comme les premiers signes d’une transformation profonde du rapport entre les hommes, leurs villes et leur environnement. Car si la chaleur tue, c’est d’abord par notre refus de penser l’avenir.

Nous savons pourtant ce qu’il faut faire. Urbaniser différemment. Repenser l’architecture des marchés et des stations-service. Décentraliser les réseaux d’eau et d’énergie. Numériser les systèmes d’alerte. Réinvestir dans les corps de secours. Planifier. Anticiper. Agir. Bref, gouverner avec la lucidité de ceux qui savent que l’avenir n’est pas un prolongement du passé, mais une rupture.

Plus qu’un été infernal

À chaque canicule, le feu nous rappelle que nous vivons dans une société du court terme, où l’on réagit toujours trop tard, faute d’avoir voulu imaginer assez tôt. Et pourtant, tout est là. La technologie existe. Les savoirs sont disponibles. Les moyens ne manquent pas autant qu’on le dit. C’est la volonté politique qui fait défaut. L’audace, surtout. Celle de préférer la prévention au commentaire, le long terme à l’urgence.

Les incendies de Bamako ne sont pas une fin en soi. Ils sont, comme souvent dans l’histoire, un signal faible. Un avertissement. Une injonction à bâtir autrement. À ne pas attendre que tout s’effondre pour enfin se décider à construire durablement.

L’Afrique — le Mali — a l’opportunité unique d’inventer une ville adaptée au climat du XXIe siècle. Pas une copie conforme des cités du Nord, mais un modèle propre, résilient, sobre, anticipateur. Cela suppose une révolution mentale. Et un immense effort collectif.

Ceux qui ne verront dans la grande canicule de 2025 qu’un épisode climatique auront tort. C’est bien plus qu’un été infernal, c’est une ligne de fracture. Entre le monde que l’on subit, et celui que l’on peut encore choisir.

Chiencoro Diarra 

7 avril 2025 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
ActuPolitique

AES-Algérie : les prémices d’un clash stratégique ?

by Sahel Tribune 6 avril 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans un communiqué cinglant, la Confédération des États du Sahel (AES) dénonce la destruction d’un drone malien par l’armée algérienne comme un acte d’hostilité. Plus qu’un simple incident militaire, l’affaire révèle une fracture géopolitique profonde entre l’AES et Alger, sur fond de redéfinition des rapports de force dans le Sahel.

C’est un communiqué en lettres capitales, autant pour ce qu’il dit que pour ce qu’il sous-entend. Le Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) a réagi avec une rare fermeté, ce dimanche 6 avril, à la destruction d’un drone militaire malien par l’armée algérienne. L’incident, survenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025, dans la zone frontalière de Tin-Zaouatène, dans la région de Kidal, cristallise une tension nouvelle entre Bamako et Alger. Et, plus largement, entre l’architecture militaire montante de l’AES et son grand voisin du nord.

Dans le communiqué signé de la main du Général d’Armée Assimi Goïta, Président en exercice de la Confédération, le ton est sans ambages : l’acte est qualifié d’« hostilité », d’« agression » et même d’entrave à une opération de neutralisation d’un groupe terroriste actif dans la région. Plus qu’un simple contentieux militaire, c’est l’affirmation d’une rupture. Celle d’un espace sahélien qui entend désormais contrôler seul sa souveraineté aérienne, sécuritaire, et diplomatique.

Un projet géopolitique en gestation

En coulisses, plusieurs sources évoquent une exaspération croissante des autorités de l’AES face à ce qu’elles perçoivent comme une posture ambivalente de l’Algérie : médiateur un jour, acteur de l’ombre le lendemain. Le rappel pour consultations des ambassadeurs AES accrédités à Alger en dit long sur la gravité de la situation. 

Derrière le verbe diplomatique, se dessine une ligne rouge. En exigeant d’Alger qu’il adopte une « posture constructive » et qu’il cesse d’alimenter – même indirectement – les ennemis de la paix dans la bande sahélo-saharienne, le Collège des chefs d’État pose les jalons d’une doctrine nouvelle; celle d’un espace confédéral unifié, militarisé, et jaloux de son autonomie stratégique.

Surtout, cette affaire de drone – à elle seule anecdotique dans sa matérialité – illustre une dynamique plus vaste. Celle d’une Confédération AES qui, entre ruptures assumées et alliances recalibrées, forge peu à peu les attributs d’un souverainisme africain décomplexé. Un projet géopolitique en gestation, et une solidarité régionale que ses adversaires ont, à tort, sous-estimée.

La rédaction

6 avril 2025 0 comments
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Dernier hommage à Amadou Bagayoko
A la UneSeko ni Donko

Musique malienne : dernier hommage à Amadou Bagayoko 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 6 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le rideau est tombé ce dimanche 6 avril 2025 sur la vie d’Amadou BAGAYOKO, artiste de renom dont le parcours exceptionnel a profondément marqué la scène musicale malienne, africaine, voire mondiale. Décédé le vendredi 4 avril, il a reçu un dernier hommage dans une atmosphère de profonde émotion, à la hauteur de son immense talent. La cérémonie funéraire, organisée à Garantiguibougou, où il repose désormais, a rassemblé une foule nombreuse. 

Pour ce dernier voyage, ils étaient là en grand nombre les collègues musiciens, membres de la famille, amis, connaissances, admirateurs et figures politiques venus de tous horizons. Tous unis dans la même douleur, celle de perdre un monument de la musique malienne. Dans un silence lourd, ponctué de larmes et de souvenirs, chacun est venu lui dire adieu à sa manière.

Amadou & Mariam, un duo inoubliable 

Amadou BAGAYOKO, c’était une voix, un style, un symbole. Guitariste talentueux et chanteur charismatique, il a marqué de son empreinte la scène musicale malienne dès les années 1980. En duo avec son épouse Mariam Doumbia, il formait le célèbre tandem « Amadou & Mariam », dont les chansons ont traversé les frontières, porté haut les couleurs du Mali et conquis les scènes du monde entier.

Leur couple artistique, rare et fusionnel, a su allier tradition et modernité. Ensemble, ils ont fait vibrer les rythmes maliens au rythme de la pop, du blues et de l’afrobeat, séduisant un public international sans jamais renier leurs racines. Leurs tubes comme « Je pense à toi », « Beaux dimanches », ou « Mon amour, ma chérie » ont bercé des générations et marqué les esprits par leur simplicité, leur sincérité et leur authenticité.

Une fierté pour l’Afrique, selon Salif Keïta

Présent aux obsèques, Salif Keïta, légende de la musique africaine, n’a pas caché son émotion face à la disparition d’Amadou Bagayoko. Pour lui, l’artiste disparu était bien plus qu’un simple musicien : « Amadou est né pour être un monument. Il était la fierté de la culture africaine, en particulier celle du Mali. Il a porté haut le nom de notre pays partout où l’on pouvait entendre de la musique », a-t-il déclaré, visiblement très touché.

Salif Keïta a également souligné l’importance du duo qu’Amadou formait avec son épouse Mariam Doumbia, un tandem emblématique de la scène musicale malienne. « C’est un immense vide pour la musique malienne, car Amadou sans Mariam et Mariam sans Amadou, c’est la plus grande fausse note que la vie puisse jouer », a-t-il confié d’une voix émue, exprimant ainsi le chagrin partagé par toute une génération d’artistes et de mélomanes.

Mariam inconsolable, le cœur en silence

Inconsolable, Mariam Doumbia est apparue bouleversée tout au long des obsèques. Malgré la dignité qu’elle a su garder, l’émotion était palpable. La perte d’Amadou, à la fois compagnon de scène et de vie, semblait trop lourde à porter. Son regard perdu et ses silences parlaient plus fort que les mots.

Le duo qu’elle formait avec Amadou, emblématique de complicité et d’harmonie, laisse aujourd’hui un vide immense. Ils étaient deux voix, deux âmes liées par la musique et l’amour. Amadou n’était pas seulement son partenaire mais aussi son double artistique, son repère, son souffle.

Amadou BAGAYOKO s’en est allé, mais sa musique, elle, ne mourra jamais. Le Mali et le monde garderont de lui l’image d’un homme simple, sincère, et profondément attaché à son art.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

6 avril 2025 0 comments
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Lutte contre la tuberculose
ActuSanté

Tuberculose : 8 632 cas notifiés en 2024 au Mali

by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La Cellule sectorielle de lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose et les Hépatites virales (CSLS-TBH) a tenu, ce vendredi 4 avril 2025, une conférence de presse dans la salle de réunion du ministère de la Santé et du Développement Social. L’objectif était de faire le point sur la situation épidémiologique de la tuberculose au Mali et de sensibiliser davantage les parties prenantes sur les efforts à fournir pour atteindre l’objectif d’élimination d’ici 2030.

Lors de cette rencontre avec les médias, la coordinatrice de la CSLS-TBH, Dr Coulibaly Madina Konaté, a livré des statistiques récentes sur la maladie. Elle a indiqué que 8 632 cas de tuberculose ont été notifiés en 2024, contre 8 206 cas en 2023. Cela représente un taux de notification de 37 cas pour 100 000 habitants. Selon elle, cette hausse relative du nombre de cas enregistrés peut à la fois refléter une amélioration de la détection, mais aussi souligner la persistance de la transmission communautaire de la maladie.

Des taux de guérison stables, mais encore des cas manquants

Dans son exposé, Dr Konaté a également abordé la question de l’efficacité du traitement. « Le taux de succès thérapeutique dans le traitement des nouveaux cas et des rechutes, c’est-à-dire les patients considérés comme guéris, est passé de 84% en 2014 à 85% en 2023 », a-t-elle souligné. En ce qui concerne les décès liés à la tuberculose, une légère baisse a été enregistrée avec 491 décès en 2024 contre 499 l’année précédente, soit une réduction de 6%.

Toutefois, la coordinatrice de la CSLS-TBH a mis en lumière une situation préoccupante : un écart entre les cas estimés et les cas détectés. « Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), il était attendu 11 329 cas de tuberculose en 2024. Or, seuls 8 632 cas ont été effectivement notifiés, ce qui signifie que 2 697 cas n’ont pas été retrouvés », a-t-elle alerté.

Les jeunes adultes, les plus touchés par la maladie

Dr Konaté a également rappelé que la majorité des cas concerne les jeunes adultes âgés de 24 à 54 ans, soit 57,7% des personnes touchées. Ce constat interpelle, car il s’agit de la population active, essentielle au développement économique et social du pays.

Parmi les principaux défis évoqués, figurent, notamment, l’insuffisance de couverture géographique en Centres de Diagnostic et de Traitement (CDT), le faible taux de détection, le manque de personnel qualifié dans les laboratoires et la faible mobilisation des ressources de l’État pour l’acquisition des médicaments et intrants nécessaires au traitement.

Une maladie complexe et toujours dangereuse

Le professeur Yacouba Toloba, pneumologue au Centre hospitalier universitaire du Point G, est également intervenu pour expliquer la complexité de la maladie. Il a précisé que la tuberculose est une maladie infectieuse et contagieuse, déclarée « urgence de santé publique mondiale » en 2006 par l’OMS.

« Il existe plusieurs formes de tuberculose. Entre 10 et 15 % des cas sont extrapulmonaires, mais la forme pulmonaire reste la plus fréquente et la plus difficile à traiter », a-t-il expliqué. Il a souligné que le Mali dispose actuellement de 110 centres de diagnostic et de traitement, mais que ce nombre reste insuffisant face aux besoins de la population.

L’engagement de l’État pour l’élimination d’ici 2030

De son côté, Dr Abdoulaye Keita, représentant du ministère de la Santé et du Développement Social, a tenu à rassurer sur l’engagement des autorités sanitaires. Il a affirmé que le ministère continuera à accompagner la CSLS-TBH dans la mise en œuvre des stratégies de lutte contre la tuberculose, avec l’ambition ferme de parvenir à l’élimination de la maladie d’ici 2030.

La conférence s’est tenue quelques jours après la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, commémorée chaque 24 mars. Le thème retenu cette année, « OUI ! Nous pouvons mettre fin à la tuberculose : s’engager, s’investir, agir », vient rappeler l’urgence d’une mobilisation collective autour de la question.

Appel à une mobilisation collective

Ainsi, les différents intervenants ont unanimement appelé à renforcer les moyens humains, techniques et financiers pour améliorer la détection, le suivi et la prise en charge des patients. Car, malgré les efforts fournis, la tuberculose reste une menace réelle pour la santé publique au Mali.

Mettre fin à cette maladie d’ici 2030 reste un objectif ambitieux mais atteignable, à condition d’agir de manière concertée, avec un engagement fort de toutes les parties prenantes, qui sont entre autres l’État, les partenaires techniques, les professionnels de santé, la société et les citoyens.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

5 avril 2025 0 comments
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Bassirou DIomaye Faye, président de la République du Sénégal.
A la UnePolitique

65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal : le président Diomaye Faye trace la voie d’un renouveau souverain et solidaire

by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

À l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, célébré le 4 avril 2025, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a adressé à la Nation un discours empreint d’émotion, de solennité et d’ambition. Le chef de l’État, élu il y a près d’un an, a dressé un tableau lucide de la situation nationale, tout en esquissant les grandes lignes d’une transformation systémique centrée sur la souveraineté, la justice sociale et la transparence.

Le Président Faye a d’abord salué la mémoire des héros tombés pour la Nation, rendant hommage aux forces de défense et de sécurité, ainsi qu’aux anciens combattants. Il a exprimé sa solidarité envers les malades et les plus démunis. Cette fête de l’indépendance coïncidant avec le carême chrétien et la fin du Ramadan, il a mis en exergue les vertus de la foi comme pilier de l’unité nationale. « La foi est notre plus belle richesse », a-t-il déclaré, appelant les Sénégalais à renforcer leur vivre-ensemble dans la diversité.

Un engagement ferme pour une souveraineté renforcée

Dans un discours empreint de solennité, le président Faye a renouvelé son attachement à l’idéal d’un Sénégal « libre, souverain, juste et prospère ». Il a mis en lumière l’importance de préserver les acquis de 65 années de lutte pour la souveraineté, en insistant sur la nécessité de consolider la démocratie et les institutions. Saluant la maturité du peuple sénégalais et de sa classe politique, il a souligné la capacité des acteurs à faire prévaloir le respect du choix populaire, même dans un contexte de rivalités intenses.

La question de la souveraineté a également été centrale dans sa vision pour les forces de défense et de sécurité. Le thème de cette célébration, axé sur la souveraineté technologique et industrielle des « Jàmbaars », reflète une volonté claire de doter le pays d’une autonomie stratégique dans le domaine sécuritaire. Le chef de l’État a annoncé un renforcement des investissements dans les équipements logistiques, pour permettre aux forces armées de mieux faire face aux défis contemporains et de garantir la protection de la Nation sur tous les fronts.

Des réformes structurelles pour relancer l’économie

Face à une conjoncture économique marquée par de grands défis, le président Faye a appelé à des réformes structurelles audacieuses pour redresser les finances publiques. Il a insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse de la dette, d’une rationalisation des dépenses de l’État et d’une transparence accrue dans l’élaboration et l’exécution du budget, afin de restaurer la confiance et d’assurer une croissance économique durable.

Des mesures concrètes ont déjà été engagées dans ce sens, notamment le règlement progressif des dettes de l’État envers plusieurs secteurs clés : plus de 80 milliards FCFA ont été versés aux opérateurs agricoles, 62 milliards aux entreprises du BTP, et près de 20 milliards pour les rappels dus aux enseignants. Par ailleurs, 1.198 maîtres et professeurs contractuels ont été intégrés dans la fonction publique, représentant un effort budgétaire annuel de 5,79 milliards FCFA, illustrant l’engagement du gouvernement en faveur de l’éducation et de la stabilité sociale.

Promotion de l’autonomie et de l’agriculture intégrée

Dans le cadre de la promotion de l’autonomie et de l’inclusion économique, le Président a annoncé le lancement prochain de la deuxième phase du Programme d’appui à la valorisation de l’initiative entrepreneuriale (PAVIE), doté d’un financement de 107 milliards FCFA au bénéfice des femmes. Ce programme sera renforcé par un vaste projet de 3.000 fermes intégrées réparties sur 15.000 hectares, combinant agriculture et élevage afin de maximiser la productivité et créer des opportunités d’emplois durables.

Parallèlement, un nouveau programme de Coopératives agricoles communautaires verra le jour pour structurer davantage la production agricole. Cette initiative vise à faciliter l’accès des jeunes et des femmes aux marchés, à promouvoir l’agriculture moderne et à renforcer les chaînes de valeur locales dans une dynamique de développement inclusif et durable.

L’eau, l’énergie, le foncier, la paix en Casamance et le dialogue national, des priorités pour le développement durable

Le président Faye a annoncé la poursuite des projets structurants tels que le « Grand Transfert d’Eau » pour sécuriser l’approvisionnement de 15 millions de Sénégalais, et l’électrification de 2.740 localités à travers la renégociation de contrats majeurs. Concernant le foncier, un audit inédit a été mené, et des mesures correctives sont en cours d’application pour mettre fin au bradage des terres. Une réforme foncière nationale est aussi annoncée comme « inévitable ».

Le président a réitéré son attachement à la paix en Casamance, à travers le « Plan Diomaye », qui vise à faciliter le retour des déplacés dans la dignité. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion nationale en intensifiant le dialogue social. À cet effet, il a instruit le Premier ministre Ousmane Sonko d’organiser une grande concertation nationale avec les partenaires sociaux

Transparence et justice, deux piliers de la refondation

Le président Diomaye Faye a clôturé son adresse en réaffirmant son engagement en faveur de la transparence et de la justice, qu’il considère comme des piliers essentiels de la refondation du Sénégal. Il a annoncé que les textes législatifs relatifs à la transparence dans la gestion des affaires publiques sont finalisés et seront soumis très prochainement au Conseil des ministres, marquant ainsi une étape décisive vers une gouvernance plus responsable et participative.

Dans le même élan, il a évoqué les avancées majeures dans le chantier de la réforme de la justice. Les projets de loi concernant la Cour constitutionnelle et le Conseil supérieur de la magistrature sont en cours de finalisation, traduisant une volonté ferme de garantir une justice indépendante, impartiale et accessible.

À travers ce discours dense et structuré, le président Faye trace les contours d’un Sénégal nouveau : souverain, équitable et résolument tourné vers l’avenir. Une nation prête à relever les défis de son temps, tout en restant ancrée dans les valeurs fondamentales qui ont forgé son identité.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

5 avril 2025 0 comments
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