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Coton malien
A la UneÉconomie

CMDT : quand l’« or blanc » du Mali vire au gris

by Sahel Tribune 19 mars 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Au cœur d’un scandale financier retentissant, la CMDT, pilier de l’économie malienne, vacille sous le poids d’une gestion opaque et de dérives aux allures de naufrage annoncé.

Au Mali, on aime à rappeler que le coton est une affaire d’État, et que la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) en est le temple. Créée en 1974 dans la grande tradition des sociétés d’économie mixte héritées du socialisme pragmatique des indépendances, la CMDT est à la fois le cœur battant d’un secteur stratégique et le miroir des errements d’un État qui peine à réformer ses piliers économiques.

Cette fois, pourtant, le miroir s’est fissuré. Un rapport explosif du Bureau du Vérificateur Général (BVG), couvrant les exercices 2020-2024, vient de jeter une lumière crue sur la gestion opaque de l’entreprise. Montant du préjudice ? Plus de 6,2 milliards de FCFA en irrégularités financières. Marchés attribués à des fournisseurs fantômes, prêts accordés sans garantie de remboursement, achats d’engrais et de pesticides dans des conditions dignes d’un scénario de série noire… la CMDT, cette vieille dame en apparence indéboulonnable, vacille sous le poids de sa propre gabegie.

Une économie sous perfusion, un État actionnaire aveugle

Le coton, cet « or blanc » qui fut, au début des années 2000, l’un des rares motifs de fierté d’une économie malienne en perpétuelle quête de diversification, représente encore aujourd’hui 15 % du PIB national. Il nourrit plus de quatre millions de personnes et demeure un levier essentiel dans la balance commerciale du pays.

Mais depuis des années, la CMDT, censée incarner la rigueur d’un modèle où l’État joue les chefs d’orchestre, navigue à vue. La privatisation avortée de 2012, après des années de tergiversations, a laissé place à un immobilisme coupable. L’État malien, actionnaire à 99,49 %, observe, impassible, l’accumulation des dérives. Pourtant, ce n’est pas faute d’alertes. Depuis plus d’une décennie, les audits successifs relèvent les mêmes tares : absence de transparence dans l’attribution des marchés, passation de contrats en violation des règles de concurrence, gestion des stocks anarchique et, plus grave encore, un laxisme généralisé dans le contrôle des finances.

Le dernier rapport du BVG enfonce le clou. Dans un ballet d’incompétence et de laxisme, les dirigeants de la CMDT ont continué à appliquer une taxe abrogée depuis 2019, alourdissant artificiellement les charges de l’entreprise. Quant au PDG, il ne s’est pas contenté de fermer les yeux : il s’est attribué des indemnités indues tout en distribuant des « appuis financiers » dont la justification relève du mystère d’État.

Pesticides interdits et complicités en haut lieu

Là où l’affaire prend une tournure encore plus scandaleuse, c’est dans l’importation illégale de pesticides. Au mépris des règles sanitaires et environnementales, la CMDT a procédé à l’achat de produits interdits, destinés à la lutte contre les jassides, un fléau pour les plantations. La manœuvre, facilitée par des complicités au sein de la Direction Générale du Commerce, montre à quel point certaines pratiques restent profondément enracinées dans les rouages de l’administration malienne.

Les conséquences pourraient être désastreuses. Car dans un pays où l’agriculture dépend de la qualité des intrants et où la moindre suspicion de contamination peut faire chuter les exportations, la légèreté avec laquelle cette affaire a été menée en dit long sur l’état de la gouvernance économique.

CMDT, la fin d’un mythe ?

Cette énième alerte restera-t-elle, comme tant d’autres, sans effet ? Depuis 2012, chaque rapport du BVG fait l’effet d’un feu de paille médiatique avant de s’éteindre dans les sables mouvants de la bureaucratie. On enterre les conclusions dans des commissions d’enquête sans lendemain, on remplace quelques cadres sans toucher aux fondements du système, et le cycle continue.

Mais cette fois, l’État malien peut-il encore se permettre de regarder ailleurs ? À l’heure où le pays cherche à redorer son image économique, où les bailleurs de fonds scrutent avec méfiance la gestion des entreprises publiques, et où les producteurs de coton eux-mêmes commencent à douter de la pérennité du modèle, un tournant est inévitable.

La CMDT, longtemps considérée comme un intouchable bastion, est aujourd’hui face à son destin. Sera-t-elle le symbole d’un Mali qui change, qui impose enfin des règles à ses mastodontes économiques, ou restera-t-elle ce qu’elle est depuis trop longtemps : une forteresse imprenable où l’argent public se dilue dans les méandres de la mauvaise gestion ?

Le choix appartient à ceux qui, à Bamako, ont les clés du pouvoir. Mais le temps, lui, commence à manquer.

A.D

19 mars 2025 0 comments
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Classe diplomatique de l'université Senghor
ActuÉducation

Devenez acteur de la diplomatie mondiale : candidatez à la formation d’élite de l’Université Senghor !

by Sahel Tribune 19 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Face aux bouleversements géopolitiques, l’Université Senghor forme une nouvelle génération de diplomates francophones pour repenser l’influence de la Francophonie dans un monde en mutation.

Il fut un temps où la diplomatie francophone se pensait en héritière d’une puissance structurante, une extension naturelle d’un empire déchu mais toujours influent. Aujourd’hui, face à la montée en puissance de nouvelles alliances stratégiques, à la redistribution brutale des équilibres mondiaux et à l’effritement progressif du pré carré, la Francophonie n’a plus le luxe de l’illusion. Dans un monde où Washington, Pékin, Moscou et Ankara redéfinissent sans état d’âme les règles du jeu, le défi est clair : exister ou disparaître.

C’est dans cette logique que s’inscrit l’initiative de l’Université Senghor, qui convie 80 jeunes diplomates de l’espace francophone à une formation de haut niveau sur le thème « Diplomatie, mondialisation et Francophonie : la diplomatie francophone face aux nouveaux enjeux de la mondialisation ». Une tentative de réarmer intellectuellement une élite qui peine encore à s’émanciper des vieux réflexes de dépendance.

Une formation, trois objectifs; rattraper le temps perdu

Pendant trois semaines, du 15 juin au 4 juillet 2025, au siège de l’université à Alexandrie (Égypte), ces futurs décideurs auront pour mission d’interroger la place de la Francophonie dans un monde en pleine mutation. Trois axes stratégiques structurent cette formation :

🔹 Comprendre l’histoire et les enjeux géopolitiques de la Francophonie, un espace aux ambitions souvent contrariées, où la langue française, jadis instrument de pouvoir, tente encore d’être un levier d’influence.

🔹 Maîtriser les défis contemporains de la mondialisation, entre crises sécuritaires, chocs économiques et luttes d’influence qui laissent peu de place aux structures multilatérales figées.

🔹 Acquérir des compétences pratiques en négociations internationales et gestion de crise, dans un contexte où les rapports de force ne s’écrivent plus à l’encre de la diplomatie traditionnelle, mais à celle des contrats énergétiques et des accords militaires.

Quand la Francophonie cherche un second souffle

Il n’aura échappé à personne que cette initiative survient dans une période de turbulence pour la diplomatie francophone. Face aux coups d’État en cascade au Sahel, au rejet croissant des élites francophiles et à la réorientation géopolitique de plusieurs pays africains, l’heure est aux choix stratégiques.

Si l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) peine à se positionner comme un acteur central dans ces recompositions, cette formation ambitionne néanmoins de redonner du corps à un projet trop souvent réduit à des sommets sans conséquences. Loin des grandes déclarations, il s’agit ici de former une génération qui ne voit plus la Francophonie comme un héritage à gérer, mais comme un espace à conquérir.

Derrière les 6 crédits ECTS et le certificat remis aux participants, se cache une interrogation existentielle : la Francophonie a-t-elle encore les moyens de peser dans l’arène internationale ? La réponse, dans un monde où l’influence ne se décrète plus mais se gagne, ne tiendra pas aux mots, mais aux actes.

La rédaction 

19 mars 2025 0 comments
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Kidal
ActuSécurité

Kidal : la traque implacable des terroristes et la guerre de l’ombre

by Sahel Tribune 18 mars 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

L’armée malienne a frappé des cibles terroristes près de Kidal, neutralisant plusieurs combattants et renforçant la sécurité dans la région.

Dans les confins arides du nord du Mali, où l’histoire hésite encore entre le chaos et la résilience, une traque méthodique et implacable se poursuit. Dans la nuit du 17 au 18 mars 2025, aux abords de Kidal, là où la guerre ne dit plus son nom mais marque chaque dune de son empreinte, les forces armées maliennes ont frappé. Une patrouille de surveillance aérienne, telle un œil scrutateur sur une terre de feu, a localisé et suivi deux véhicules suspects dans le secteur d’Achibogo, un de ces points cardinaux de la clandestinité terroriste.

L’opération fut brève, chirurgicale. À 30 km au nord d’Achibogo, à 145 km au sud-est de Kidal, la première cible a été anéantie. Plus loin encore, à 208 km au nord-est de Kidal, un second véhicule, pick-up recouvert d’une bâche – camouflage dérisoire face aux drones scrutateurs – a été neutralisé. Dans l’intensité du fracas, deux noms, désormais relégués aux marges de l’histoire : Ahmad Lamine Ag Hoga et Badaye Ag Elmehdi, figures noires de Menaka, recherchés pour leur litanie de crimes contre les civils.

Ni répit ni sanctuaire

Mais au-delà de ces frappes précises, c’est une stratégie de fond qui se dessine. En neutralisant ces cibles et en démantelant plusieurs bases et caches logistiques, l’État-Major Général des Armées maliennes semble indiqué aux groupes terrorisées qu’il n’y aura ni répit ni sanctuaire pour ceux qui ont fait du désert leur forteresse.

Dans cette guerre de l’ombre, la population devient une alliée de premier plan. L’armée malienne sait que la victoire ne se forge pas seulement dans l’acier des armes, mais aussi dans la confiance des populations locales. C’est à elles que s’adresse cet appel, à leur vigilance, à leur rôle clé dans l’éradication de cette hydre qui renaît à chaque aube.

Mais derrière cette offensive, une mise en garde plane : les sponsors et complices des groupes terroristes ne sont plus à l’abri. L’heure n’est plus aux ambiguïtés diplomatiques ou aux complicités tacites. L’État malien entend mener cette guerre jusqu’à son terme, avec l’idée que la souveraineté n’est jamais acquise, mais toujours conquise.

Pour rappel, c’est le 14 novembre 2023 que l’armée malienne a reconquis Kidal après plus d’une décennie d’occupation terroristes.

La rédaction

18 mars 2025 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
A la UnePolitique

OIF : l’AES claque la porte

by Chiencoro 18 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger tournent la page de l’OIF, dénonçant une organisation jugée inféodée à des intérêts étrangers et inapte à accompagner leurs transitions souveraines.

Le glas a sonné. Après plus d’un demi-siècle d’histoire commune, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont décidé de claquer la porte de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Une rupture méthodique, annoncée par les chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) et motivée, disent-ils, par l’inaction et la posture partiale de l’organisation vis-à-vis des transitions politiques en cours.

L’affaire est emblématique. Car au-delà du simple retrait de trois États souverains, c’est toute une vision du rapport entre l’Afrique francophone et la France qui vacille. L’OIF, hier perçue comme un instrument d’influence culturelle et diplomatique, est aujourd’hui dénoncée comme une structure figée, incapable d’accompagner les aspirations nouvelles de ses membres.

De Niamey à la rupture, un long chemin vers l’émancipation

Il fut un temps où le Mali, le Burkina Faso et le Niger étaient aux avant-postes du projet francophone. Ces pays, qui ont activement participé à la création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) en 1970, ont longtemps vu dans la Francophonie une tribune pour porter leur voix. Mais cette époque est révolue.

À l’heure où Bamako, Ouagadougou et Niamey revendiquent haut et fort leur souveraineté, l’OIF est perçue comme un vestige d’un ordre ancien, un instrument docile de la diplomatie parisienne. Pour les dirigeants de l’AES, l’organisation n’a pas su s’adapter aux mutations politiques et géopolitiques en cours. Pire, elle a adopté une posture hostile, appliquant avec zèle des sanctions dictées par certaines chancelleries occidentales.

Francophonie, un label en déclin ?

Le retrait des trois États sahéliens ne relève pas d’un simple geste symbolique. Il traduit une défiance grandissante envers une Francophonie qui peine à se réinventer. Officiellement, l’organisation se veut un espace de dialogue, de coopération et de promotion de la langue française. Mais dans les faits, elle est perçue comme un club fermé, où les intérêts des capitales occidentales priment sur ceux des nations africaines.

Cette rupture n’est d’ailleurs pas isolée. Depuis plusieurs années, l’OIF est confrontée à une crise d’attractivité. Son poids diplomatique s’effrite, ses initiatives peinent à convaincre, et plusieurs pays s’interrogent sur l’utilité d’une institution qui, selon eux, n’a pas su prendre le virage de la multipolarité.

L’AES trace sa propre voie

En se retirant de l’OIF, le Mali, le Burkina Faso et le Niger indiquent que l’heure est à la redéfinition des alliances. Ce départ s’inscrit dans une dynamique plus large de repositionnement stratégique, où les trois pays privilégient des partenariats jugés plus respectueux de leur souveraineté, notamment avec la Russie, la Turquie, la Chine et le monde arabe.

Loin d’être un coup de tête, cette décision marque une nouvelle étape dans l’émancipation des États sahéliens vis-à-vis des organisations héritées de la Françafrique. L’AES, née en réponse aux sanctions de la CEDEAO, entend construire son propre cadre de coopération, en s’appuyant sur des valeurs et des intérêts partagés entre ses membres.

Et maintenant ?

L’OIF sort affaiblie de cet épisode. Ce départ retentissant pose une question existentielle : quelle est encore la place de la Francophonie dans un monde où les rapports de force évoluent ? Son avenir dépendra de sa capacité à se réinventer, à s’affranchir des pesanteurs politiques et à proposer un projet attractif pour ses membres africains.

Mais pour l’AES, le chapitre est clos. L’ère de la dépendance culturelle et institutionnelle appartient au passé. Désormais, le Mali, le Burkina Faso et le Niger entendent écrire leur histoire en dehors des cadres dictés par les anciennes puissances tutélaires.

Un revers cinglant pour l’OIF. Une affirmation de souveraineté pour l’AES.

Chiencoro Diarra

18 mars 2025 0 comments
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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
ChroniquesClimat et environnement

Chronique. Le Sahel brûle, le monde regarde ailleurs

by Fousseni TOGOLA 18 mars 2025
written by Fousseni TOGOLA 3 minutes read

Alors que le Sahel suffoque sous une chaleur extrême, coïncidant une fois de plus avec le ramadan, des millions de vies sont en péril, victimes silencieuses du changement climatique.

Depuis toujours, les civilisations ont prospéré ou disparu sous l’effet du climat. Les grandes sécheresses ont anéanti des empires, du royaume d’Aksoum en Éthiopie à la civilisation maya en Amérique centrale. Aujourd’hui, une autre catastrophe se joue sous nos yeux, silencieuse mais implacable. Le Sahel est en train de devenir inhabitable.

L’évolutionnisme darwinien 

En mars 2025, le thermomètre a franchi des seuils inédits : 48 °C à Kayes, 46 °C à Ouagadougou, des nuits où la température ne descend pas sous les 30 °C. Une chaleur qui n’a rien d’anecdotique. Elle sape la productivité, met en péril les cultures, rend le sommeil impossible et pousse les populations sur les routes de l’exode. Ces vagues de chaleur, qui n’étaient autrefois qu’exceptionnelles, deviennent la norme.

Et cette année, comme l’année dernière, cette fournaise tombe en plein mois de ramadan. Un mois de jeûne et de spiritualité, transformé en épreuve de survie. Du lever au coucher du soleil, des millions de croyants s’abstiennent de boire et de manger, alors même que leur corps est soumis à une déshydratation extrême. Dans les hôpitaux de Bamako, Ouagadougou et Niamey, les admissions pour malaises et coups de chaleur explosent. Ceux qui travaillent dehors — agriculteurs, ouvriers, commerçants — luttent contre une chaleur qui ne laisse aucun répit.

Le phénomène n’est pas propre au Sahel. L’histoire nous enseigne que des vagues de chaleur ont été parmi les premières causes de migrations massives. Il y a 4 000 ans, la désertification du Sahara a forcé les populations à descendre vers le Nil, contribuant à l’essor de l’Égypte pharaonique. Aujourd’hui, la même logique s’impose. Ceux qui ne pourront plus vivre ici partiront ailleurs, vers le Golfe de Guinée, vers l’Europe. On ne sort point de l’évolutionnisme darwinien, avec la sélection naturelle.

Le sahel victime d’une crise incontrôlable  

D’ici 2050, plus de 85 millions d’Africains seront contraints de quitter leurs terres en raison du changement climatique. Qui s’y prépare ? Personne. Les grandes puissances, pourtant si promptes à investir dans des infrastructures minières et énergétiques, restent aveugles aux besoins vitaux des populations.

Le paradoxe est cruel. Les pays du Sahel, qui ne produisent que 2 à 3 % des émissions mondiales de CO₂, en subissent les effets les plus dévastateurs. Une injustice climatique absolue. La solution ? Elle existe. Il ne manque que la volonté politique.

Le Sénégal a déjà mis en place des systèmes d’alerte précoce contre les vagues de chaleur. Pourquoi ne pas les généraliser à toute la région ? Pourquoi ne pas investir massivement dans des programmes de reforestation, de gestion de l’eau, de modernisation agricole ? Pourquoi ne pas créer un grand fonds climatique pour le Sahel, financé par une taxe sur les profits des multinationales extractives ?

Les réponses viendront trop tard, comme toujours. On attendra que la crise devienne incontrôlable, que des millions de personnes soient sur les routes, que les tensions explosent. Et alors, l’Occident découvrira avec effroi ce qu’il aurait pu anticiper. On ne laisse pas un continent brûler impunément. L’Histoire nous l’a déjà appris. Mais qui prend encore la peine de l’écouter ?

F. Togola 

18 mars 2025 0 comments
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Oeuvres sociales du Président de la Transition
A la UneÉconomie

Au-delà des discours : quel impact réel des œuvres sociales sur les femmes du Mali ?

by Sahel Tribune 18 mars 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Sous l’impulsion du Général Assimi Goïta, l’autonomisation des femmes au Mali progresse à travers des initiatives sociales ciblées. Accès à l’eau, soutien aux vulnérables, formations. Autant d’actions qui visent à renforcer leur indépendance économique et sociale. Mais ces efforts suffiront-ils à transformer durablement leur condition ?

Bamako, à l’aube, une lumière vacillante éclaire la cour de la famille Traoré. Awa, la cinquantaine, s’affaire près du forage offert par le président de la transition, où elle assure la garde. Depuis quelques mois, son quotidien a changé. Grâce à ce forage issu des œuvres sociales du Président de la Transition, elle gagne sa vie grâce au jardin qu’elle a aménagé à côté de cette infrastructure hydraulique. « Avant, je dépendais entièrement de mon mari. Aujourd’hui, je peux payer l’école de mes enfants », confie-t-elle avec un sourire empreint de fierté.

Cet exemple, parmi tant d’autres, illustre l’un des chantiers silencieux, mais cruciaux du pouvoir du Général Assimi Goïta : l’autonomisation des femmes. Une mission qui, si elle ne se déclame pas à grand renfort de slogans féministes, s’ancre dans une vision pragmatique du développement social.

Un pari social inscrit dans une stratégie plus large

L’autonomisation des femmes au Mali est un défi historique, un combat de longue haleine dans un pays où les traditions, l’inégalité d’accès à l’éducation et la précarité économique entravent encore la pleine participation des femmes à la vie publique et économique. Mais pour le président malien, il ne s’agit pas d’un simple enjeu sectoriel. Son approche, discrète, mais structurée, s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation sociale et de justice économique.

Depuis son accession au pouvoir, le 7 juin 2021, Assimi Goïta a alloué les 2/3 de son fonds de souveraineté aux programmes sociaux, ciblant notamment les populations vulnérables, parmi lesquelles les femmes et les enfants occupent une place centrale.

Des initiatives concrètes qui changent le quotidien

Dans les régions rurales, où l’eau potable est une denrée rare, les longues marches quotidiennes pour s’approvisionner constituent une entrave majeure à l’émancipation des femmes. Quand vous passez quatre heures par jour à aller chercher de l’eau, vous ne pouvez ni étudier ni travailler. Conscient de cette réalité, le président de la transition a multiplié les forages et les points d’eau potable. Au total, plus de 400 forages implantés à travers le pays. Une avancée qui libère du temps pour les femmes et leur permet de se consacrer à des activités génératrices de revenus.

Les programmes de soutien aux couches vulnérables incluent également une dimension économique. Dans le cadre d’initiatives soutenues par l’État, des milliers de femmes ont pu bénéficier du soutien du chef de l’État, à travers l’appui à la scolarisation des enfants, mais aussi la distribution des milliers de tonnes de céréales. Des moulins ont également été offerts à des femmes ainsi que des formations en savonnerie. Pour la santé de la mère, de l’enfant et de la famille, des efforts énormes ont également été consentis à travers l’appui aux centres de santé, à travers notamment l’appui en équipements médicaux. L’objectif est de rendre les femmes plus autonomes financièrement et renforcer leur rôle dans l’économie locale.

Si le Président Goïta n’a pas fait de l’autonomisation des femmes un axe central de sa communication, il n’en reste pas moins impliqué dans des initiatives structurantes. Le président Goïta sait que la stabilité sociale tant recherchée, passe nécessairement par la valorisation de toutes les forces vives du pays, y compris des femmes. 

Une avancée, mais pas encore une révolution

Si les efforts entrepris par le pouvoir en place sont indéniables, le chemin vers une réelle autonomisation des femmes maliennes reste semé d’embûches. Les défis structurels demeurent nombreux. L’accès inégal aux financements, disparités dans l’éducation, pesanteur des traditions.

Par ailleurs, l’absence d’un cadre législatif clair pour encadrer ces avancées peut freiner leur pérennisation. L’Assemblée nationale de la Transition, le CNT, sera-t-elle en mesure de traduire ces initiatives en réformes durables ? Le temps le dira.

En attendant, dans les marchés de Bamako comme dans les campagnes reculées du pays, des femmes commencent à voir leur quotidien changer. Une transformation silencieuse, portée par une volonté politique affichée, mais encore perfectible. Et si, finalement, l’autonomisation des femmes au Mali devenait l’un des héritages durables du général Assimi Goïta ?

A.D

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Le président Tiani et Ibrahim Traoré
A la UnePolitique

Le Niger officialise son retrait de l’OIF, le Burkina sur la pointe des pieds

by Chiencoro 18 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Le Niger acte son retrait de l’Organisation internationale de la Francophonie, confirmant ainsi son tournant souverainiste et sa rupture avec les institutions perçues comme inféodées à l’influence française.

Niameytourne la page de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Dans une note officielle datée du 7 mars 2025, confirmée par un communiqué du ministère des Affaires étrangères le 17 mars, les autorités nigériennes ont acté leur retrait de l’institution francophone. Une décision qui marque une nouvelle étape dans la politique d’émancipation du régime militaire en place, après les ruptures avec la CEDEAO et la dénonciation des accords militaires avec la France.

« Le Burkina Faso a déjà annoncé une démarche similaire. Pour l’instant, il n’y a que ces deux pays mais bien entendu les gens s’attendent à ce que le Mali suive parce que le pays fait partie de l’AES. Nous sommes à l’écoute et nous attendons de voir.” souligne la directrice de la communication de l’OIF, Oria Vande Weghe.

La décision, souveraine, comme le précise le document signé par le secrétaire général du ministère, Laouali Labo, n’a surpris personne à Niamey. Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, qui a renversé Mohamed Bazoum, l’OIF s’est rangée, sans ambiguïté, du côté des instances ouest-africaines et occidentales, condamnant fermement le régime militaire et suspendant le Niger de ses instances.

Un rejet de la « Françafrique »

Pour les nouvelles autorités nigériennes, ce départ est un message clair : celui d’un rejet de l’influence politique et culturelle de la France. À Niamey, comme à Bamako et Ouagadougou, le sigle « OIF » est désormais perçu comme l’un des symboles d’une Françafrique qui refuse de mourir. 

L’OIF, créée en 1970, se veut pourtant un espace de coopération et de partage des valeurs entre pays francophones. Mais pour les régimes de transition du Sahel, elle incarne aujourd’hui un instrument d’influence piloté depuis Paris. Le départ du Niger suit ainsi la trajectoire du Mali et du Burkina Faso, qui, ces derniers mois, ont multiplié les gestes de rupture avec les organisations perçues comme inféodées aux intérêts occidentaux.

Un tournant géopolitique assumé

Cette sortie de l’OIF est une pierre de plus dans l’édifice d’une diplomatie nigérienne en pleine redéfinition. À l’instar de ses voisins sahéliens, le Niger et le Burkina Faso renforcent leurs alliances avec la Russie et les nouvelles puissances émergentes, tout en consolidant son intégration au sein de la confédération des États du Sahel (AES). Loin de s’isoler, Niamey et Ouagadougou misent sur un partenariat avec des États considérés comme « respectueux » de sa souveraineté.

Quant aux conséquences pratiques de cette rupture, elles restent à évaluer. Le Niger bénéficiait jusqu’ici de plusieurs programmes de coopération dans les domaines de l’éducation et du développement au sein de l’OIF. Mais pour les nouvelles autorités, ces considérations pèsent peu face à l’urgence d’affirmer leur indépendance.

En claquant la porte de l’Organisation internationale de la Francophonie, Niamey indique que le Sahel ne veut plus être un simple prolongement de Paris. Après la CEDEAO, la France et l’Union européenne, c’est désormais l’OIF qui est poussée vers la sortie. Une page se tourne, définitivement.

Chiencoro Diarra 

18 mars 2025 0 comments
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