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Inondations au Niger
A la UneClimat et environnement

Hivernage 2025 : des mesures prises pour éviter les inondations 

by Sidi Modibo Coulibaly 16 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

L’année dernière, le Mali a vécu la pire des catastrophes naturelles liées aux inondations. Depuis 50 ans, le pays n’avait pas connu un tel déferlement de pluies qui a engendré de nombreux dégâts de tout genre. Pour anticiper sur la gestion de l’hivernage de cette année, le Premier ministre a engagé des concertations à travers la réunion du comité interministériel de gestion des crises et catastrophes.

« Gérer, c’est prévoir » ou « Mieux vaut prévenir que guérir », a-t-on coutume de dire. C’est ce qu’a, certainement, compris le Premier ministre. Ainsi, le Général de division Abdoulaye Maïga, Premier ministre, a tenu, de janvier 2025 à ce jour, deux réunions du comité interministériel de gestion des crises et catastrophiques.

Bilan consolidé des inondations de 2024

Tel était l’ordre du jour de la première réunion tenue le jeudi 23 janvier. La réunion a établi un bilan des dégâts causés par ces inondations de juin à décembre 2024. Il ressort de ce bilan qu’il y a eu 729 cas d’inondations recensés ayant affecté 88 083 ménages, causé 95 décès et 154 blessés. De nombreuses pertes en cheptel ont également été enregistrées, notamment des dizaines de volailles et ruminants emportés. Par ailleurs, près de 3 000 greniers et magasins ont été détruits. 

Au cours de la réunion, le Premier ministre a préconisé une meilleure préparation et anticipation dans la gestion des crises afin de garantir une prise en charge rapide et efficace en cas d’inondations pendant cette année. C’est pourquoi il a évoqué la problématique des constructions anarchiques et illégales qui obstruent la circulation naturelle de l’eau. Ainsi, les projets prioritaires, tels que la situation du pont Woyowayanko sur la route de Sébénikoro et celle du collecteur de Missabougou, ont également été abordés. 

Le Chef du Gouvernement a proposé la création de voies alternatives pour fluidifier la circulation et a insisté sur la nécessité d’identifier et d’aménager les points de drainage afin de limiter les risques d’inondation. Le Général de division Abdoulaye Maïga a instruit les membres du gouvernement à s’organiser en sous-comités chargés de concevoir et de mettre en œuvre des plans d’action pour ces projets d’envergure. 

Libération des servitudes et des lits des marigots

La seconde réunion s’est tenue le lundi 7 avril 2025. Elle portait sur l’état d’exécution du plan d’actions pour la libération des servitudes et des lits des marigots dans le district de Bamako. Il lui a été donné de constater que la mise en place des sous-commissions, qu’il avait instruite lors de la réunion précédente, a été effective. Celles-ci ont travaillé sur plusieurs axes prioritaires, notamment la communication auprès des populations, la libération des servitudes des collecteurs naturels, l’accompagnement des personnes concernées ainsi que leur indemnisation. 

Le programme prévoit également des actions de sensibilisation communautaire et des rencontres d’information avec les notabilités dans les zones affectées. En ce qui concerne, les collecteurs de Missabougou, les études ont révélé la présence d’infrastructures défectueuses et proposé des alternatives appropriées. Un accent particulier a été mis sur les inondations survenues à Bla, ainsi que sur le contournement du pont de Woyowayanko et de Kassaro, en vue du redémarrage du trafic ferroviaire. Au cours de la réunion du curage et de l’aménagement des caniveaux à Bamako, dans une logique de prévention durable des inondations. 

Faire le maximum avant l’hivernage 

Par rapport à la gestion des pollutions et nuisances, des réformes ont été entreprises. Elles comprennent notamment des sessions de formation, des actions de vulgarisation et un encadrement renforcé. Dans le secteur de l’éducation, les efforts d’anticipation pourraient garantir une rentrée scolaire 2025-2026, sereine.

En terminant la réunion, le Premier ministre a instruit aux membres du comité de participer activement à la mise en œuvre des actions engagées. « Nous devons faire le maximum avant l’hivernage », a précisé le chef du gouvernement. En tout cas, les services météorologiques avaient prévu de la pluie, au cours de la semaine du 14 au 20 avril 2025, dans le District de Bamako et dans les régions de Sikasso, Bougouni, Dioila, Kita, Koulikoro, Mopti, Ségou, Koutiala et Kita. Ce qui a été largement constaté dès le lundi 14 avril 2025.

Sidi Modibo Coulibaly 

  

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16 avril 2025 0 comments
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Rencontre avec les partis politiques
A la UnePolitique

Relecture de la Charte des partis politiques : plus d’une centaine de formations annoncent leur refus de participer aux consultations nationales

by Ibrahim Kalifa Djitteye 16 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Une large coalition de partis politiques maliens a annoncé, le mardi 15 avril 2025, son refus de prendre part aux consultations nationales prévues les 16 et 17 avril autour de la relecture de la loi portant Charte des partis politiques. Réunis à la Maison de la presse sous la bannière de l’Initiative des partis politiques pour la Charte des partis, ces formations politiques justifient leur décision par des réserves sur la méthode retenue par le gouvernement, tout en appelant à un dialogue direct.

Cette décision a été officiellement communiquée à travers un point de presse organisé dans la matinée, à l’issue d’une rencontre interpartis tenue deux jours plus tôt, le 13 avril. Lors de cette rencontre, plus d’une centaine de formations politiques – représentant, selon les organisateurs, une majorité significative du paysage politique malien ont exprimé leur désapprobation face à ce qu’ils qualifient d’« incohérences procédurales » dans l’approche gouvernementale.

Une initiative gouvernementale saluée mais contestée dans sa mise en œuvre

Les partis rappellent qu’ils ont été sollicités dès décembre 2024 par le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Réformes politiques et du Soutien au processus électoral, pour soumettre leurs propositions concernant la relecture de la Charte. À cette demande, ils affirment avoir répondu de manière coordonnée, en transmettant un document intitulé « Propositions consensuelles sur la relecture de la Loi n°05-047 portant Charte des partis politiques ».

Les propositions avancées reprennent notamment plusieurs résolutions issues des Assises nationales de la Refondation (ANR), parmi lesquelles la réduction du nombre de partis par l’imposition de critères plus stricts, la reconnaissance du rôle de Chef de file de l’Opposition, ainsi que la lutte contre le nomadisme politique. Pour ces formations, le respect de ces recommandations, déjà validées dans le cadre des ANR, aurait dû suffire à orienter la suite du processus.

Une consultation jugée redondante et injustifiée

Les partis politiques disent avoir été surpris par l’annonce d’une nouvelle consultation nationale sur le sujet, estimant que celle-ci n’apporterait pas de valeur ajoutée au processus. Ils questionnent la pertinence d’un tel exercice, à leurs yeux coûteux et juridiquement discutable, dans la mesure où les résolutions des ANR constituent déjà une base légitime et consensuelle.

Trois interrogations majeures sont soulevées : pourquoi lancer une consultation élargie alors qu’un processus spécifique impliquant directement les partis a déjà été engagé ? Pourquoi interroger à nouveau les Forces vives de la Nation sur un sujet sur lequel elles se sont déjà exprimées ? Et enfin, quelle est la légitimité de ces nouvelles consultations, inférieure selon eux à celle des ANR ?

« Il serait curieux, voire illogique, de re-consulter sur des résolutions déjà tranchées », a déclaré un représentant lors du point de presse. Les partis estiment que les finances publiques ne doivent pas être engagées dans des démarches parallèles, alors que les priorités nationales demeurent nombreuses et urgentes.

Un appel au dialogue et au respect des textes en vigueur

Au-delà de la critique de la méthode, les partis politiques réaffirment leur engagement pour un dialogue responsable et respectueux de l’ordre constitutionnel. Ils rappellent que le multipartisme est protégé par la Constitution de 2023, notamment à travers son article 185, qui classe ce principe parmi ceux non révisables. L’article 39 de la même Constitution garantit par ailleurs la liberté de création et de fonctionnement des partis dans le cadre des lois de la République.

Face à des rumeurs de suspension ou de dissolution éventuelle des partis politiques sur le modèle de ce qui a été observé récemment au Burkina Faso et au Niger, pays également membres de la Confédération AES, les partis signataires ont tenu à marquer leur différence : « Le Mali, à la différence de ces États frères, dispose d’une Constitution en vigueur, qui doit être respectée par tous. »

Des intentions pacifiques affichées

Les partis politiques se disent favorables à toute réforme visant à assainir le champ politique, à condition qu’elle se fasse dans le respect des institutions, des textes législatifs et des principes démocratiques. Ils affirment ne pas être dans une logique de confrontation, mais dans celle de la recherche de cohésion et d’inclusivité.

Ils ont, à cet effet, demandé au Premier ministre de bien vouloir reporter les consultations annoncées et d’ouvrir, sans délai, un cadre de concertation formel avec les partis politiques sur la relecture de la Charte.

Ainsi, les membres de coalition ont réitéré leur attachement à la paix, à la stabilité et à la réussite de la Transition, tout en soulignant que celle-ci ne saurait se faire sans une implication réelle et concertée des acteurs politiques. L’avenir du cadre juridique des partis politiques maliens semble donc suspendu à la capacité des différentes parties à renouer le fil du dialogue.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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16 avril 2025 0 comments
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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
Chroniques

Chronique. Prévenir ou périr : la CMDT comme métaphore.

by Chiencoro 15 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Deux incendies en moins de six semaines ont ravagé des milliers de balles de coton au Mali, à Bamako puis à Koutiala. Si les pertes sont matérielles, les enjeux, eux, sont bien plus profonds : sécurité industrielle, souveraineté économique, stabilité sociale. Ces sinistres disent tout d’un modèle productif fragile, exposé à l’imprévu et au déni d’anticipation. Car derrière les flammes, c’est un avertissement au monde entier. Nos économies les plus vitales reposent encore trop souvent sur des structures trop vulnérables.

Deux incendies. Deux villes. Deux dates. Une même entreprise. Et une question, à peine posée mais déjà pressante. Le Mali peut-il encore se permettre de perdre du coton ? 

Dans la nuit du 8 au 9 mars 2025, un feu a consumé plus de mille balles de coton à l’usine de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) à Bamako. Une perte sèche, estimée à 250 millions de francs CFA, mais contenue grâce à une réaction rapide des équipes de sécurité. Moins d’un mois plus tard, le 14 avril, un autre incendie frappe, cette fois à Koutiala — symbole national de la production cotonnière, qu’on surnomme encore la « capitale de l’or blanc ». Là aussi, les flammes dévorent des tonnes de matière première. Là aussi, les pertes sont « extrêmement lourdes ».

Pour l’observateur pressé, ce sont deux faits divers. Pour qui regarde au-delà des cendres, c’est un signal faible annonçant un déséquilibre majeur.

Le coton comme révélateur des fragilités

On oublie souvent que le coton est, pour le Mali, plus qu’une matière première. Il est mémoire, identité et pilier économique. Il nourrit l’agriculture familiale, finance des milliers de scolarités, structure les exportations. En brûlant, il rappelle à quel point les économies dites “primaires” reposent sur une stabilité logistique, énergétique et climatique de plus en plus incertaine.

Le fait que ces incendies aient eu lieu dans des installations pourtant bien équipées interroge : est-ce un défaut technique ? Un relâchement humain ? Un effet collatéral du réchauffement climatique ? Ou pire, un symptôme d’une insécurité rampante ? Les réponses importent. Mais plus encore, il faut entendre ce que disent ces événements du rapport que nous entretenons à nos filières stratégiques.

Ces incidents doivent être lus pour ce qu’ils sont. Des menaces silencieuses sur la souveraineté économique.Dans un contexte mondial de tension sur les chaînes d’approvisionnement, chaque rupture de stock, chaque feu mal contenu, devient une faiblesse dans l’architecture d’un pays dépendant de ses matières premières.

La CMDT est une actrice stratégique. Si elle flanche, c’est toute une chaîne — du producteur au transporteur, du commerçant au consommateur — qui se grippe. Les assurances ne couvriront pas les pertes sociales, ni les espoirs consumés des petits producteurs, ni la confiance érodée des investisseurs étrangers.

De la flamme locale au brasier mondial

Dans un pays comme le Mali, en pleine redéfinition de ses alliances politiques et économiques, la maîtrise des infrastructures productives est une urgence absolue. Cela passe par un audit complet de toutes les zones de stockage, par des formations renforcées à la gestion des risques, et surtout par une gouvernance de crise apte à anticiper l’imprévisible.

Mais plus largement, c’est toute la stratégie de sécurisation des filières nationales qu’il faut repenser. Ne plus penser le coton comme une simple culture. Mais comme un bien stratégique, à l’instar du pétrole ou du gaz ailleurs.

Car si ce qui se joue à Bamako ou Koutiala reste apparemment local, ce sont bien des équilibres globaux qui s’y reflètent : vulnérabilité des chaînes de valeur, dépendance aux énergies, exposition climatique, pression démographique.

Les incendies du coton sont peut-être accidentels. Mais leur répétition dit autre chose. Nous entrons dans une ère où chaque négligence peut devenir un désastre. Et où la moindre étincelle peut mettre le feu à un modèle.

Chiencoro Diarra

15 avril 2025 0 comments
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Les militants du SYNABEF en point de presse pour dénoncer la situation de certains de leurs collègues.
ActuTaabolow ani Tabiaw

Le SYNABEF maintient la pression : la grève démarre le 17 avril

by Sahel Tribune 15 avril 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Au Mali, le bras de fer engagé par le SYNABEF dépasse le simple cadre syndical. Dossier après dossier, le syndicat des employés de banque dresse un réquisitoire implacable. Ce 14 avril, en conférence de presse, ses responsables ont rappelé que leur combat, loin des slogans convenus, vise à défendre une corporation… et une certaine idée de l’État de droit.

Ce 14 avril 2025, dans une salle pleine et sous les caméras, le ton était grave, les mots pesés. Mais la colère affleurait derrière les phrases maîtrisées. Le SYNABEF – syndicat emblématique des employés du secteur bancaire malien – a convoqué la presse pour faire le point sur son préavis de grève déposé le 2 avril. Et derrière les revendications techniques, c’est une colère sourde, plus profonde, qui s’est exprimée pour donner des précisions sur les motifs de la grève.

Des lignes rouges, et une ligne de front

L’affaire aurait pu en rester à une énième revendication sectorielle. Mais au fil des prises de parole, un décor plus large s’est dessiné. Il y a d’abord le cas des deux agents d’Ecobank toujours incarcérés, détenus pour avoir, selon le syndicat, simplement respecté les procédures bancaires. Pour le SYNABEF, leur détention est une attaque contre toute la corporation bancaire. « Ce combat n’est pas pour deux hommes, c’est pour l’avenir de la profession », martèle un représentant. 

Un cran plus loin, la situation chez UBIPHarm cristallise les tensions : des travailleurs licenciés pour avoir refusé un avenant litigieux à leur contrat, en pleine période de grève. Pour le syndicat, il ne s’agit rien de moins que d’un « chantier de démolition du droit syndical ». 

À mesure que les dossiers s’accumulent – licenciements collectifs, refus de régularisation d’intérimaires, absence de couverture sociale, mépris des textes en vigueur – le conflit se mue en une lutte de principe. Ce n’est plus une affaire de primes ou d’avantages. C’est, selon les mots des syndicalistes, une bataille pour « l’égalité devant la loi ».

Si les points de blocage ne sont pas levés, la grève débutera le 17 avril pour 72 heures, renouvelables. Et le ton est clair : ce n’est pas une menace, mais un engagement.  Car pour le SYNABEF, le syndicat n’est plus un simple outil de revendication. C’est un rempart. Une digue. Un bouclier contre l’injustice rampante. 

A.D

15 avril 2025 0 comments
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ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique
A la UneÉconomie

Secteur minier au Mali : Connecter les professionnelles aux jeunes étudiantes 

by Sidi Modibo Coulibaly 15 avril 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Le Mali dispose d’un important potentiel en ressources minières. Malheureusement, ce potentiel ne profite pas assez aux populations, surtout à la gent féminine. C’est conscient de cette situation que les autorités ont pris des initiatives de grande envergure comme la mise ne place du projet mentorat-mines.

L’information a été donnée par le communiqué du conseil des ministres du mercredi 09 avril 2025. En effet, le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta, a, au chapitre des communications, informé le Conseil des ministres du lancement du Projet « Mentorat — Mines » pour le 10 avril 2025.

Mentorat-mines, un projet d’accompagnement

Mentorat — Mines est un projet d’accompagnement conçu pour les jeunes étudiantes en fin de cycle de l’École Nationale d’Ingénieurs, de la Faculté des Sciences techniques et de l’École Normale d’Enseignement technique et professionnel du Mali. Il vise à renforcer leurs capacités dans les disciplines liées au secteur extractif afin de contribuer, entre autres, à l’augmentation du taux de femmes dans le milieu professionnel minier. Mentorat — Mines mettra en relation les professionnelles des sociétés minières, des entreprises sous-traitantes et de l’administration avec les jeunes étudiantes choisies. 

Autrement dit, le Projet « Mentorat Mines » est un programme de coaching, sur une année, par les professionnelles des entreprises minières, des entreprises sous-traitantes et de l’Administration minière qui visent à renforcer les capacités des jeunes étudiantes des universités et grandes écoles publiques du Mali dans les disciplines liées au secteur extractif.  

D’après le communiqué du conseil des ministres, le Projet est structuré autour de 3 points principaux : le suivi du parcours des étudiantes au niveau de leur établissement d’enseignement jusqu’à la finalisation de leur mémoire d’études ; l’appui à l’obtention d’un stage et à l’élaboration du rapport de stage de l’étudiante ; l’accompagnement technique à travers la mise à disposition de documents et le partage d’expériences. Le communiqué précise aussi que c’’est une réponse à l’insuffisance des jeunes filles dans les filières scientifiques et de leur accès à des stages de fin d’études.

Mentorat-mines né d’un plaidoyer

Il est né des recommandations issues de la journée de plaidoyer pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des femmes du Secteur minier, tenue le 30 mars 2024 à Bamako. C’était à l’initiative du comité sectoriel d’institutionnalisation de la politique nationale genre du ministère des Mines, en partenariat avec le Programme d’Appui à la Gouvernance du Secteur minier (PGSM). 

En d’autres termes, il s’agissait de sensibiliser les autorités et les acteurs du secteur minier sur la nécessité d’améliorer les conditions de travail et de vie des femmes. Malgré leur contribution importante au secteur minier, les femmes continuent de souffrir de discrimination et de précarité. Elles sont souvent victimes de harcèlement sexuel et de violence, et n’ont pas accès aux mêmes opportunités de formation et de promotion que les hommes. C’est pourquoi l’amélioration des conditions de travail et de vie des femmes dans le secteur minier est non seulement un impératif de justice sociale, mais aussi une condition essentielle pour le développement durable du secteur. 

Ainsi, le gouvernement a pris conscience de la nécessité d’améliorer la situation des femmes dans le secteur minier. « Pour apporter une réponse aux conditions de travail difficiles des femmes dans les mines au Mali, le ministère des Mines, conformément à la vision du président de la transition, Chef de l’État, entend mettre en œuvre une vision holistique de la question de l’artisanat minier en vue d’assurer des conditions de travail décentes aux femmes et aux hommes de ce sous-secteur. De même, les réflexions sont en cours pour que l’orpaillage et l’artisanat minier ne soient pas les parents pauvres de la grande dynamique de réformes du secteur », avait indiqué le ministre des Mines, Pr Amadou Keïta. 

Quant au ministre de la Promotion de la femme de l’époque, Dr Coulibaly Mariam Maïga, elle s’est félicitée de cette initiative qui s’inscrit dans le cadre de la promotion du travail des femmes dans le secteur minier et participe de la volonté de son département à veiller à l’épanouissement de femme. À l’issue de la journée, d’importantes recommandations ont été faites dont celle relative au projet « Mentorat — mines » qui vise spécifiquement les jeunes filles. Une façon de préparer un avenir radieux pour cette frange de la population. 

Il faut noter que le secteur minier au Mali, longtemps considéré comme un domaine exclusivement masculin, est en train de se transformer. De plus en plus de femmes s’impliquent dans les différentes activités minières, de l’orpaillage à l’exploitation industrielle. Selon des études, elles représentent jusqu’à 50 % de la main-d’œuvre dans les zones d’orpaillage au Mali. Elles sont souvent invisibles et marginalisées, effectuant les tâches les plus pénibles et les moins rémunérées.

Sidi Modibo Coulibaly

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Tour cyclisme du Mali
A la UneSport

Tour cycliste du Mali : quand le sport défie l’insécurité

by Chiencoro 14 avril 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Alors que le Mali s’efforce de reprendre pied sur la scène sportive et internationale, un incident armé est venu troubler, sans le faire chavirer, la deuxième étape du Tour cycliste national. À douze kilomètres de l’arrivée, des coups de feu rappellent qu’ici, le sport n’échappe jamais tout à fait au tumulte. Mais sur la route de Nièna, dans la région de Sikasso, c’est aussi une leçon de résilience que les coureurs ont donnée.

Ce devait être une simple étape de course, une célébration sportive traversant les terres rouges du sud du Mali. Ce lundi 14 avril, la deuxième étape du Tour cycliste national, entre Sikasso et Nièna, a pourtant failli virer au drame. À 12 kilomètres de l’arrivée, des tirs éclatent en bordure de route. Panique, stupeur, mais aucune victime. L’armée malienne, présente sur le parcours, intervient avec célérité. Un suspect est interpellé. L’incident, aussi bref que symbolique, souligne une fois de plus la coexistence troublée entre l’élan de la normalité et les soubresauts d’un pays en guerre larvée.

Un Mali qui tient debout, qui accueille, qui résiste par les symboles

La Fédération malienne de cyclisme, dans un communiqué au ton rassurant, a évoqué un « incident sans victime » et affirmé que « toutes les mesures de sécurité nécessaires » avaient été prises. L’étape s’est poursuivie, comme si rien ne s’était passé, fidèle à cette résilience que les Maliens pratiquent désormais quotidiennement : continuer malgré tout. Mais que faut-il lire entre les lignes ?

Il faut, d’abord, mesurer la portée du symbole. A l’instant où des cyclistes venus de plusieurs pays franchissent les villages du sud malien, un groupe armé tente de faire irruption dans l’espace public. Non pas pour tuer, cette fois – ou pas encore –, mais pour troubler, interrompre, perturber. Comme une manière d’affirmer que le bruit des balles ne cède jamais tout à fait sa place à celui des roues.

Ensuite, il faut s’interroger sur ce que cet acte dit de l’état du territoire. Sikasso, Nièna, ces noms renvoient à une zone réputée plus calme que le centre ou le nord du pays. Et pourtant, c’est là, sur une route supposément sécurisée, qu’un incident éclate. L’espace du sport devient, par la force des choses, un champ d’affirmation de l’autorité de l’État. En sécurisant l’étape, l’armée malienne n’a pas seulement protégé une course cycliste. Elle a protégé un récit, celui d’un Mali qui tient debout, qui accueille, qui résiste par les symboles.

Le peloton a résisté

Un détail en dit long, la compétition a continué. Les coureurs ont franchi la ligne d’arrivée, les journalistes ont relaté la performance, et la Fédération a diffusé ses messages d’apaisement. Comme si, dans cette persistance du rituel sportif, résidait une part de l’orgueil national. Oui, des hommes armés ont tiré. Non, ils n’ont pas arrêté le Tour. L’incident, maîtrisé, devient alors le revers – furtif, contenu – d’une médaille plus grande : celle d’un pays qui tente, envers et contre tout, de rester lui-même.

Dans un Mali qui cherche des repères entre transitions, tensions et aspirations collectives, le Tour cycliste n’est pas qu’un événement sportif. Il est, désormais, une ligne de front symbolique. Entre ce qui menace et ce qui rassemble. Entre ce qui effraie et ce qui fait tenir. Ce jour-là, entre Sikasso et Nièna, le peloton n’a pas seulement avancé. Il a résisté.

Chiencoro Diarra

14 avril 2025 0 comments
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ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher
A la UnePolitique

Le forum Tounkan blon : une passerelle renforcée entre le Mali et sa diaspora

by Ibrahim Kalifa Djitteye 14 avril 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Samedi 12 avril 2025, dans la salle de visioconférence du ministère de la Communication à Bamako, les regards sont tournés vers les écrans. D’un côté, le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher ; de l’autre, des visages familiers mais éloignés géographiquement : ceux de Maliens établis au Nigeria, en Guinée, en France, en Allemagne, en Espagne, en Belgique, en Italie ou encore en Türkiye. Tous réunis autour d’un même espace virtuel : TOUNKAN BLON, littéralement « le Vestibule de la Migration ».

Ce forum, inauguré le 31 janvier dernier, n’en est qu’à sa deuxième session, mais il est déjà devenu une institution. Porté par le ministère en charge de la diaspora, TOUNKAN BLON est pensé comme un espace de dialogue stratégique et permanent entre le gouvernement malien et ses ressortissants vivant à l’étranger. Un cadre inédit, fondé sur l’écoute, la co-construction et la confiance mutuelle.

Un espace de dialogue ancré dans la culture malienne

En choisissant l’appellation TOUNKAN BLON, le ministère fait référence à un lieu traditionnel de palabre dans la culture mandingue. Un endroit sacré où les anciens et les membres de la communauté discutent, débattent et prennent des décisions collectives. En transposant cette symbolique au contexte migratoire, le gouvernement malien entend offrir à sa diaspora bien plus qu’un canal de communication : un véritable levier d’action pour le développement du pays.

« Ce forum est certes un moment de communication descendante, mais il constitue surtout un espace de concertation, où vos préoccupations seront placées au cœur de nos priorités », a déclaré Mossa Ag Attaher dans son mot d’ouverture. Un ton solennel, mais empreint de proximité. Car ici, l’ambition est claire : instaurer une relation nouvelle entre l’État malien et sa diaspora, trop longtemps cantonnée à un rôle de bailleur silencieux.

Une volonté d’inclusion et de co-construction

« Je compte sur vous pour faire de TOUNKAN BLON non seulement un espace de parole, mais surtout un levier d’action, d’unité et de transformation pour le Mali de nos rêves », a poursuivi le ministre. Des paroles fortes, qui résonnent d’autant plus que la diaspora malienne représente aujourd’hui une force vive essentielle – à la fois économiquement, culturellement et socialement.

Ce dialogue renouvelé s’inscrit par ailleurs dans les orientations fixées par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta. Dans sa lettre de cadrage, le chef de l’État a mis un accent particulier sur la nécessité de renforcer la protection des Maliens vivant à l’étranger et de favoriser leur implication active dans la vie nationale. Le forum TOUNKAN BLON répond précisément à cette mission, en donnant la parole aux expatriés tout en recueillant leurs idées pour bâtir ensemble le Mali de demain.

Une tribune de solidarité nationale

Mais cette deuxième session s’est tenue dans un contexte particulier, marqué par des tensions diplomatiques. Le ministre Mossa Ag Attaher n’a pas manqué de l’évoquer : « Cette rencontre se tient également à un moment où notre pays fait l’objet d’une agression de la part de son voisin algérien, qui n’a pas hésité à abattre un de nos drones sur notre territoire. Partout, les Maliens s’organisent et se mobilisent contre ce terrorisme d’État. »

Une déclaration qui a renforcé la dimension patriotique de l’événement. Car au-delà des sujets migratoires, TOUNKAN BLON est aussi un espace de mobilisation pour la souveraineté nationale et la défense des intérêts du pays. Une plateforme où les Maliens de l’extérieur peuvent exprimer leur solidarité, leur attachement à la patrie et leur volonté d’agir.

Vers une gouvernance plus participative

À terme, l’ambition du ministère est claire : faire de ce forum une instance régulière de dialogue, mais aussi un canal d’impulsion pour les politiques publiques. En mobilisant l’intelligence collective de la diaspora, en écoutant ses attentes, en intégrant ses suggestions, le Mali cherche à écrire une nouvelle page de son histoire, plus inclusive, plus participative, et surtout plus unie.

TOUNKAN BLON n’est donc pas un simple rendez-vous virtuel. C’est une avancée majeure dans la gouvernance migratoire, un symbole de reconnaissance et de respect, et un outil puissant de refondation nationale.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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