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Remise du projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale au président de la transition
A la Une

Charte pour la paix : Là où les anciens parlent, les armes se taisent

by Chiencoro 22 juillet 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

Au Mali, c’est un jour pas comme les autres, le général Assimi Goïta, président de la transition, a reçu, ce 22 juillet 2025, le projet de Charte nationale pour la paix et la réconciliation. Fruit d’un vaste processus de consultation populaire, ce texte, rédigé par des Maliens pour des Maliens, marque un tournant dans la quête de souveraineté et de cohésion d’un pays longtemps fracturé. Entre ruptures assumées et enracinement endogène, cette Charte ouvrira une ère nouvelle.

Il y a des dates qu’on n’oublie pas. Pas parce qu’un drapeau a flotté plus haut ni parce qu’un traité a été signé sous les ors d’un palais étranger. Non. Mais parce qu’un pays, tout entier, s’est regardé dans le miroir de ses blessures et s’est dit : « plus jamais ça ». Le 22 juillet 2025, au centre international de conférence de Bamako (CICB), le général Assimi Goïta recevra ce que le Mali n’avait encore jamais osé écrire de lui-même : une Charte nationale pour la paix et la réconciliation, pensée par les Maliens, pour les Maliens.

Pas d’euphorie. Pas de triomphalisme. Juste le sentiment, contenu, mais profond, d’avoir repris la main sur l’histoire.

Le Mali des doléances, le Mali des silences

Ce texte, fruit de plus d’un an de consultations nationales, a une odeur de terre rouge et de sueur sèche. Celle d’Adama Coulibaly, déplacé depuis 2021 dans les faubourgs de Mopti, qui dit d’un ton calme : « On nous a oubliés. Cette Charte, c’est peut-être ce qui va nous ramener chez nous. » Ou encore d’Aminata Diallo, veuve de guerre, à Ségou, qui ne réclame ni statues ni médailles : « Nous n’attendons plus des promesses. Nous attendons des actes. »

La Commission, dirigée par l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, a écouté. Elle a noté. Elle a rassemblé. Chefferies traditionnelles, imams, enseignants, chasseurs dozos, syndicalistes, étudiants, exilés et jeunes diplômés sans avenir… Tous ont été entendus. Et c’est ce mélange de témoignages bruts, de blessures ouvertes, mais aussi d’espoirs simples, qui irrigue les 106 articles de la Charte.

Un texte à la fois solennel et vivant

Ce n’est pas un copier-coller d’accords passés. Ni un artifice juridique. C’est un corps vivant. Un socle moral. Un miroir tendu à un pays qui a trop longtemps attendu que la paix vienne d’ailleurs.

Car l’esprit de la Charte est clair : il s’agit de substituer au silence des armes, la parole des anciens. À la tutelle extérieure, la responsabilité intérieure. À l’Accord d’Alger, enterré en janvier 2024, une alternative ancrée dans le réel.

La paix sans Paris. La réconciliation sans Alger. Pourtant, Algérie propose sa médiation au Mali dans sa quête de paix durable, mais certaines conditions propres à elle. C’est le chemin de la souveraineté, dans sa version la plus concrète que le Mali d’amorcer.

Goïta, le pari du temps long

Sur ce terrain glissant, Assimi Goïta n’a pas opté pour la précipitation. Il aurait pu faire comme tant d’autres. Geler les conflits. Se contenter d’annonces. Il a préféré construire. Brique par brique. Consultations après dialogues.

Ceux qui l’accusent d’avoir tourné le dos à la communauté internationale oublient que cette Charte est aussi une réponse à l’instrumentalisation de la paix. À la paix contre le chantage, sous condition. À la paix dictée. Ce document est une réponse malienne aux défis maliens.  C’est Ousmane Issoufi Maïga qui le dit, et son phrasé lent, presque paternal, n’a rien d’anodin.

Du papier à la réalité : l’enjeu de l’application

Mais personne n’est dupe. Pas même ceux qui ont applaudi les différents processus d’élaboration du document. Car la paix ne se signe pas. Elle se construit, se mesure à la réintégration des déplacés, à la réhabilitation des écoles brûlées, à la réouverture des routes. Elle se lit dans les regards des enfants qui reviennent au village.

La Charte prévoit une éducation à la citoyenneté, la revalorisation des cultures locales, le retour des réfugiés, l’appui aux victimes, la diplomatie coutumière. Elle érige en valeur nationale la « parenté à plaisanterie », ce ciment invisible entre les peuples, bien plus efficace que mille séminaires onusiens.

Une rupture salutaire avec Alger

Car au fond, ce texte enterre définitivement l’accord de 2015. L’Accord d’Alger, signé sous la contrainte et dans la langue d’un autre, avait fini par ne plus parler à personne. Ni au nord meurtri ni au sud oublié. Il avait été vidé de sa substance. Pire, instrumentalisé.

Goïta a tourné la page. Non dans un élan de revanche, mais parce qu’il fallait écrire autre chose. Et l’écrire dans les langues du pays. En bambara, en songhaï, en tamasheq. En peul, en dogon, en arabe du fleuve.

Vers une paix réelle ou une illusion nouvelle ?

Bien sûr, il faudra du temps. Des moyens. Du courage. Il faudra résister aux tentations de récupération. À la lassitude. Au cynisme ambiant. Car ce n’est pas un texte qui fait la paix. C’est l’usage qu’on en fait.

Mais pour une fois, le Mali a cessé d’attendre qu’on parle en son nom. Il a retrouvé sa voix. Et, avec elle, une part de sa dignité perdue.

Alors oui, ce 22 juillet 2025 restera. Non pas comme la fin d’un conflit, mais comme le début d’un pari : celui d’un Mali réconcilié avec lui-même.

Chiencoro Diarra 

22 juillet 2025 0 comments
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Forum de la DIaspora
A la Une

Valorisation de la diaspora : Quand Général d’armée Assimi Goïta rassure les Maliens établis à l’extérieur

by Sidi Modibo Coulibaly 22 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Le développement d’un pays, comme le Mali, ne peut se réaliser que par l’apport de chaque citoyen. L’apport des Maliens établis à l’extérieur du pays joue un rôle éminemment important au regard de ses transferts monétaires qu’ils effectuent annuellement vers la patrie-mère. C’est pourquoi les autorités de la transition ont organisé, pour la première fois de l’histoire du pays, le forum international de la diaspora (FID 2025).

Tenu du 17 au 19 juillet 2025 à Bamako, le forum a réuni les Maliens provenant de 77 pays à travers le monde. Placée sous la haute autorité du Président de la Transition, et présidée par le Premier ministre, la cérémonie d’ouverture officielle a enregistré la présence des membres du Gouvernement malien, de délégations ministérielles venues du Niger, du Burkina Faso et de la Guinée Conakry, d’ambassadeurs, des représentants du Conseil national de Transition (CNT), de représentants d’institutions nationales internationales, ainsi que d’une importante délégation de la diaspora malienne venue des cinq continents du monde.

« Enjeux et défis pour une diaspora au cœur du développement économique national »

Tel est le thème de cette première édition du forum. Il porte un message fort : la diaspora n’est plus perçue comme une simple communauté d’expatriés, mais comme un acteur stratégique de transformation. C’est pourquoi le Premier ministre, Général de division Abdoulaye Maïga, a, dans son discours, indiqué que la contribution de la diaspora ne se limite pas aux transferts financiers, mais s’étend désormais à l’investissement productif et au transfert de compétences. 

Quant au ministre des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, il a souligné que cette rencontre est bien plus qu’un forum et qu’elle est l’expression d’une volonté politique forte : celle de bâtir un nouveau pacte avec notre diaspora, dans la transparence, la reconnaissance et l’action concrète. 

En somme, le FID 2025 marque le début d’un processus de partenariat renouvelé entre le Mali et ses enfants établis à l’extérieur, un partenariat fondé sur la confiance, le respect mutuel et la volonté commune de construire le Mali Kura. Pendant les trois jours de discussions, il y a eu des panels de haut niveau, des rencontres B to B, des ateliers thématiques et des expositions qui ont permis de mettre en valeur le potentiel de la diaspora au service d’un développement durable et inclusif.

« Le Mali compte sur sa diaspora »

C’est le titre de la feuille de route claire que le Chef de l’État a remis à la diaspora malienne. C’était au lendemain de l’ouverture officielle du forum, où il a reçu en audience une délégation de la diaspora conduite par Habib Sylla, président du haut conseil des Maliens établis à l’extérieur.

D’après le président Sylla, l’entretien avec le Chef de l’État a été long, franc et porteur d’espoir. Ce qui prouve, selon lui, la profondeur des échanges et de la volonté politique affirmée au plus haut niveau. Et Sylla d’ajouter que le Président de la transition leur a adressé un message fort d’encouragement et de confiance en leur remettant une feuille de route claire : « Le Mali compte sur sa diaspora ». Le Président Sylla a aussi affirmé que : « Le Président [Général Assimi Goïta] nous a indiqué que le Mali ne se fera pas sans ses enfants, où qu’ils se trouvent. Toutes les garanties sont données. À nous de répondre présents. »

Rappelons que d’après le Premier ministre, la diaspora malienne a apporté à la mère-patrie, 2023, dans le cadre des transferts monétaires un montant estimé à 700 milliards de FCFA soit 5,6 % du PIB (Produit Intérieur Brut). En 2024, elle a apporté 1,2 milliard de dollars d’après un rapport de la Banque mondiale cité par la Directrice de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) Afrique de l’Ouest et du centre, Sylvia Ekra, lors de son discours à la cérémonie d’ouverture du forum, le 17 juillet 2025./.

Sidi Modibo Coulibaly

22 juillet 2025 0 comments
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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
Chroniques

Chronique — Sextorsion à Dakar : La mécanique de la honte

by Sahel Tribune 22 juillet 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Au Sénégal, l’arrestation d’un homme soupçonné d’avoir orchestré pendant six ans un vaste chantage à la « sextape » remet en lumière un phénomène en pleine expansion : la sextorsion numérique. Entre technologies de pointe, complicité sociale et impuissance institutionnelle, l’Afrique de l’Ouest affronte une cybercriminalité qui se professionnalise, ciblant une jeunesse vulnérable dans le silence et la honte.

Il s’appelait El Hadj Babacar Dioum. Du moins, c’est le nom inscrit sur la fiche d’arrestation que la division spéciale de la cybersécurité a glissée, jeudi 17 juillet, dans la main du procureur. Âgé de 38 ans, domicilié à Dakar, sans profession déclarée mais probablement plus rentable que toutes celles répertoriées par l’ANPE. Son crime ? Un chantage numérique d’un raffinement presque industriel : 5 000 victimes sur six ans, et un silence général en guise d’aveu collectif.

Une industrie plus rentable

On croyait la « sextape » chasse gardée des stars et de leurs frasques numériques. Il n’en est rien. À Dakar, la mécanique de la honte était méticuleusement huilée. Sur deux sites parmi les plus consultés du pays, un pseudo à la sonorité historique — Kocc Barma — étalait les vidéos intimes de jeunes hommes et femmes, parfois mineurs, souvent piégés à leur insu. Puis venait le chantage, tarifé en moyenne à 300 euros. Pas de sentiment, pas d’idéologie : juste le business, froid, implacable.

L’homme qui se cachait derrière ce théâtre de l’humiliation avait appris à brouiller ses traces : VPN, identités numériques falsifiées, paiement en cryptomonnaie. Une traque patiente, faite de recoupements bancaires et d’écoutes techniques, a permis aux policiers de mettre la main sur lui. Ils ont, dit-on, célébré l’arrestation comme une victoire d’étape. Ils auraient tort de s’y arrêter.

Car Dioum n’est pas un cas isolé. Il n’est que la face émergée d’une cybercriminalité en mutation rapide, ancrée désormais dans le tissu social ouest-africain. Depuis Lagos jusqu’à Abidjan, en passant par Accra ou Bamako, la fraude numérique, la sextorsion, le piratage de comptes bancaires ou les rançongiciels ne relèvent plus de l’anecdote criminelle. Ils forment une industrie. Mieux structurée que bien des PME locales, plus rentable que le commerce de la mangue séchée ou des téléphones reconditionnés.

Les morts numériques 

Un signe ne trompe pas : la montée en puissance des « Yahoo Boys » au Nigeria, des « Sakawa boys » au Ghana, ou des « brouteurs » en Côte d’Ivoire. Tous jeunes, souvent diplômés, rarement sans ressources techniques. Leur arme n’est plus le revolver mais l’algorithme, le deepfake, la manipulation émotionnelle. Leurs victimes ? De jeunes hommes et femmes piégés sur les réseaux sociaux, exposés aux regards d’une société qui juge vite et protège peu. Une société où l’honneur familial l’emporte sur la plainte déposée. Résultat : la plupart des victimes préfèrent se taire, ravaler leur honte, et, parfois, se détruire. À Lagos, un adolescent américain de 17 ans s’est suicidé six heures après avoir été piégé. L’Afrique n’a pas encore chiffré ses propres morts numériques.

Mais le mal est plus profond encore. Il réside dans la vulnérabilité institutionnelle. En Afrique de l’Ouest, 90 % des entreprises n’ont aucun protocole de cybersécurité. Moins d’un tiers des pays disposent d’un système de traitement des preuves numériques. La CEDEAO a beau multiplier les stratégies et les acronymes, rien ne remplace la volonté politique et l’investissement durable. Or, il est plus facile pour nos États de subventionner des élections que de financer une cellule d’enquête numérique.

Faut-il alors désespérer ? Pas encore. Des opérations menées par Interpol ont déjà permis des centaines d’arrestations. Des plateformes de signalement voient le jour. Des juges s’intéressent enfin à ces affaires autrefois classées « divers ». Mais la route est longue, et le terrain miné.

On dit que Kocc Barma, le vrai — celui du XVIIe siècle — était un philosophe wolof qui dénonçait l’injustice avec ironie. Que penserait-il de ce pseudonyme récupéré par un maître chanteur 2.0 ? Sans doute qu’il est plus facile d’usurper un nom que d’en respecter l’héritage.

Dans cette affaire, il ne reste plus qu’un espoir : que la honte change de camp.

A.D

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Crimes coloniaux
Politique

Crimes coloniaux : appel du « Forum À la Une » pour des réparations équitables

by Cheickna Coulibaly 22 juillet 2025
written by Cheickna Coulibaly 3 minutes read

La troisième édition du Forum « À la Une » s’est tenue ce samedi 19 juillet 2025 dans la salle de conférence du Grand Hôtel de Bamako. Organisée par Youri Communication en collaboration avec Africable Télévision, cette rencontre a pris la forme d’une table ronde réunissant juristes, économistes, intellectuels, membres du Conseil national de transition et représentants de la société civile. Le thème retenu pour cette édition : « Crimes coloniaux : l’heure des compensations a sonné », s’inscrit dans le cadre de l’Année 2025 désignée par l’Union africaine comme « Année des réparations pour l’esclavage et la colonisation ».

Les discussions ont porté sur les responsabilités historiques des anciennes puissances coloniales, les séquelles durables de la colonisation sur les sociétés africaines et les moyens juridiques, économiques et politiques d’exiger des réparations. Le ton était à la fois ferme et structuré : les intervenants ont plaidé pour une approche sérieuse, fondée sur le droit et sur une coopération renforcée entre États africains.

Évaluer les préjudices et formuler des demandes de restitution

Parmi les personnalités invitées figuraient Daouda Naman Tékété, journaliste et écrivain, Assane M. Seye, ancien journaliste et auditeur de justice, et trois membres du Conseil national de transition : Mohamed Ousmane AG Mohamedoun Haïdara, expert en relations internationales ; Fousseynou Ouattara, spécialiste en finance ; et Youssouf Z. Coulibaly, docteur en droit public. Chacun a apporté son éclairage sur les différents volets de la question des réparations.

Pour Mohamed Ousmane AG Mohamedoun Haïdara, aucune réparation sérieuse ne peut être obtenue sans souveraineté réelle. Il a souligné que certains cadres institutionnels africains existants manquent de volonté politique et que l’Alliance des États du Sahel montre aujourd’hui une voie plus résolue. 

Fousseynou Ouattara a quant à lui rappelé que le pillage économique opéré durant la colonisation reste visible dans la répartition actuelle des richesses. Il a évoqué les réserves d’or stockées dans les pays européens, estimant que plusieurs milliers de tonnes proviendraient directement de l’Afrique. Il a plaidé pour la mise en place d’un comité technique chargé d’évaluer les préjudices et de formuler des demandes concrètes de restitution.

Les réparations ne sont pas des faveurs

Youssouf Z. Coulibaly a insisté sur l’angle juridique, rappelant que le colonialisme est reconnu comme un crime contre l’humanité. Il a proposé l’élaboration d’une feuille de route continentale accompagnée de la création d’un organe africain unique chargé de piloter les démarches de réparation. Assane Seye a, pour sa part, critiqué l’inaction de la Cour pénale internationale, qu’il accuse d’ignorer systématiquement les crimes liés à la colonisation. Il a salué les initiatives de juridictions africaines en cours de création, notamment dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel. 

Enfin, Daouda Naman Tékété a mis en avant l’aspect culturel du préjudice colonial, dénonçant l’effacement organisé de l’identité africaine et appelant à la restitution du patrimoine culturel africain dispersé.

Les intervenants ont convergé sur un point : les réparations ne doivent pas être considérées comme des faveurs, mais comme des droits fondés sur des principes de justice et de responsabilité historique. Elles peuvent prendre plusieurs formes : restitution de biens, compensation financière, transfert de technologies ou encore programmes d’appui aux secteurs vitaux comme l’éducation et la santé.

La table ronde s’est conclue par une série de questions-réponses entre les conférenciers et le public, permettant de prolonger les réflexions engagées et de confronter les propositions à des préoccupations concrètes. 

Cheickna Coulibaly

22 juillet 2025 0 comments
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Des avions de combats
Sécurité

Lutte contre le terrorisme : les FAMa infligent de lourdes pertes aux Groupes Armés Terroristes

by Ibrahim Kalifa Djitteye 21 juillet 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans le cadre des opérations de sécurisation du territoire national et de protection des populations, les Forces Armées Maliennes (FAMa), en coordination avec les forces aériennes de l’Alliance des États du Sahel (AES), ont intensifié leurs actions contre les Groupes Armés Terroristes (GAT). Du 15 au 19 juillet 2025, plusieurs frappes ciblées ont permis de neutraliser des dizaines de terroristes et de détruire leurs bases logistiques sur différents fronts du pays.

Le premier assaut majeur s’est déroulé le 15 juillet 2025 dans la région de Ménaka, précisément dans le secteur d’Anderamboukane. Selon un communiqué de l’État-major général des armées, la coordination entre les forces aériennes de l’AES a été décisive dans cette opération. Elle a permis de neutraliser une quarantaine de terroristes qui s’étaient regroupés dans la zone, vraisemblablement en préparation d’une attaque contre des civils ou des positions militaires.

Succès stratégique dans la région de Ségou

Deux jours plus tard, le 17 juillet, c’est dans le centre du pays que les FAMa ont porté un coup sévère aux ennemis de la paix. Dans le secteur de Niono, région de Ségou, une base logistique et d’entraînement des terroristes a été totalement détruite. Cette opération s’est soldée par la neutralisation d’une trentaine de combattants terroristes.

Selon les renseignements disponibles, cette base servait à la formation de nouvelles recrues et au stockage d’armements destinés aux cellules actives dans le centre du Mali. Sa destruction constitue un revers significatif pour les GAT, souvent très actifs dans cette zone stratégique du territoire national.

Échec d’une embuscade dans le septentrion

Le 19 juillet, dans la région de Kidal, les FAMa ont ciblé deux Pick-ups lourdement armés qui jalonnaient le passage d’un convoi logistique militaire en mouvement vers Aguelhoc. L’intervention rapide et déterminée des forces a permis de détruire les deux véhicules ennemis et de neutraliser les combattants qui s’y trouvaient.

Grâce à cette action, les militaires maliens ont pu empêcher une embuscade en préparation, assurant ainsi la continuité des mouvements logistiques essentiels au maintien des positions et à l’approvisionnement des unités déployées dans cette zone sensible du Nord malien.

Nouvelle frappe dans la région de Tombouctou

Le même jour, une autre victoire a été enregistrée, cette fois dans la région de Tombouctou. Une base logistique et d’entraînement terroriste localisée dans le secteur de Tin Aicha a été prise pour cible et totalement détruite par les FAMa. Cette opération vient confirmer l’efficacité des renseignements et la capacité de projection rapide des forces armées.

Ces frappes successives, menées à plusieurs jours d’intervalle sur des zones géographiquement éloignées, illustrent la montée en puissance de l’appareil sécuritaire malien et la solidité de la coordination au sein de l’AES.

La traque se poursuit sans relâche

À travers ces différentes opérations coordonnées, les FAMa démontrent une fois de plus leur capacité à agir de manière stratégique et offensive sur plusieurs fronts. Ces actions s’inscrivent également dans la dynamique régionale de coopération sécuritaire initiée par l’Alliance des États du Sahel (AES), réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger dans une lutte commune et déterminée contre le terrorisme.

L’État-major général des armées, tout en saluant la bravoure des soldats engagés, rassure la population que les recherches, les frappes ciblées et la neutralisation des groupes terroristes se poursuivent avec détermination sur l’ensemble du territoire. La guerre contre le terrorisme est loin d’être achevée, mais chaque opération victorieuse marque un pas de plus vers la restauration complète de la paix et de la souveraineté.

Ibrahim Kalifa Djitteye

21 juillet 2025 0 comments
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Siganture de la Charte par le président malien de la transition
Économie

Prélèvement sur les services de téléphonie : quand les autorités amènent les populations à financer elles-mêmes des projets d’urgence

by Sidi Modibo Coulibaly 21 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

La redevabilité est un gage de confiance entre les gouvernants et le peuple, surtout en ce qui concerne les fonds collectés auprès de celui-ci. Et c’est ce que le Général d’armée Assimi Goïta vient de faire en respectant ainsi une fois de plus une promesse tenue au peuple. Il s’agit de la gestion des fonds issus du prélèvement spécifique sur les opérations de téléphonie.

En effet, le lundi 14 juillet 2025 s’est tenue sous la présidence du Président de la transition, la toute première séance du comité du pilotage du Fonds de Soutien aux Infrastructures de Base et de Développement social. Un fonds qui a été créé par l’Ordonnance n° 2025-008/PT-RM du 07 février 2025. 

Cette ordonnance institue une contribution spéciale de solidarité et une taxe spéciale sur la consommation de certains biens et services pour le financement des programmes de développement. Il s’agit d’un prélèvement spécifique sur la consommation des services commerciaux des communications téléphoniques, les opérations de retrait dans le cadre des transferts d’argent via le mobile money. Selon l’article 2 de cette ordonnance : « Le Fonds de Soutien est destiné à apporter une contribution financière, en cas de nécessité et d’urgence, aux actions socio-économiques initiées par le Gouvernement dans divers secteurs, notamment le secteur énergétique ».

En application de cet article, le comité de pilotage a décidé d’accorder, au ministère de l’Énergie et de l’Eau, une première tranche de financement d’un montant de 24 milliards FCFA, en vue de renforcer les actions entreprises depuis le mois de Ramadan, dans le cadre du Plan unique d’amélioration de la desserte en électricité.

L’énergie, premier secteur bénéficiaire du fonds

D’après le Directeur général du trésor, à la date du 14 juillet 2025, les prélèvements sur les citoyens dans le cadre de la contribution de solidarité et de la taxe spéciale sur certains biens de consommation ont permis de collecter 34 723 704 013 F CFA. Deux jours après la tenue de la première session du comité de pilotage, la somme de 24 milliards affectée au ministère de l’Énergie lui a été remise. C’était le mercredi 16 juillet 2025, au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée au ministère de l’Économie et des Finances. 

En recevant la somme, Boubacar Diané, ministre de l’Énergie et de l’Eau, a indiqué que cette somme servira à acheter du combustible et d’entretenir les machines en vue d’améliorer la desserte en électricité. Autrement dit, ce financement permettra de procéder à la maintenance des outils de production d’énergie, conformément aux standards requis en la matière, tout en assurant un approvisionnement correct en hydrocarbures des centrales. Ce qui va significativement, renforcer les capacités de production d’énergie.

En quoi consiste ce prélèvement spécifique ?

L’application de ce prélèvement a débuté le mercredi 05 mars 2025. Il s’agit de taux fixés à 10 % pour les recharges de crédits de téléphones, pour le montant des factures d’abonnements et des consommations téléphoniques et internet et, de 1 % pour les opérations de retrait sur mobile Money indépendamment de la facturation ou non du service commercial de retrait. 

En d’autres termes, désormais sur chaque recharge de 1000 francs CFA, le consommateur recevra 900 F sur son compte crédit, soit une retenue de 10 % qui va dans les caisses du Fonds. Concernant, les transactions mobiles money, le client paiera le double, soit 1 % pour l’opérateur et 1 % pour l’État. À titre d’exemple, les frais de retrait ou de transfert de 10 000 F CFA passent de 100 à 200 F CFA. De l’application de ces taxes à la date du 30 avril 2025, le montant recouvert auprès des opérateurs de téléphonies se chiffrait à 10,013 milliards de FCFA. Et à la date du 14 juillet 2025, le montant s’est retrouvé à 34 723 704 013 F CFA.

Sidi Modibo Coulibaly

21 juillet 2025 0 comments
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Travail des enfants
A la Une

Dans les entrailles des garages de Bamako : l’apprentissage au prix de l’enfance

by Ibrahim Kalifa Djitteye 21 juillet 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Derrière les bruits de marteaux et l’odeur d’huile brûlée, des enfants travaillent chaque jour, loin des bancs de l’école. Présenté comme une chance d’apprendre un métier, ce quotidien cache souvent des journées éreintantes, des salaires dérisoires et une enfance sacrifiée. Entre apprentissage traditionnel et réalité brutale, la frontière est mince, et beaucoup se demandent si ces ateliers forment vraiment ou exploitent les plus jeunes.

Dans un petit garage poussiéreux de Kabala, Abdoulaye Traoré, 13 ans, tient une clé presque trop grande pour ses mains. Il a arrêté l’école en 5e année. « Non, je ne vais plus à l’école. Mes parents n’avaient plus les moyens de payer ma scolarité. Maintenant, je viens tous les jours au garage, de 8h à 18h », confie-t-il d’une voix à peine audible. Autour de lui, d’autres apprentis comme Sidi Camara et Moustapha Traoré s’affairent sous les carrosseries cabossées.

Pour ces enfants, l’espoir se résume souvent à apprendre à réparer une moto ou fabriquer une porte pour, un jour, peut-être, ouvrir leur propre atelier. Quand on lui demande s’il est payé, Abdoulaye esquisse un sourire triste. « Je ne suis pas vraiment payé. Parfois, le patron me donne 1000 ou 1500 francs CFA quand il est content. Mais il dit surtout que c’est pour m’apprendre le métier », souligne-t-il. 

Des patrons entre traditions et justifications

Du côté des patrons, le discours est plus nuancé. À quelques rues de là, Demba Konaté, propriétaire d’un garage de réparations de motos à Kabala, explique pourquoi il accepte ces enfants. « Je ne les fais pas travailler pour les exploiter. Ce sont souvent des enfants du quartier, parfois orphelins ou de familles pauvres. Les parents eux-mêmes viennent me les confier. Je préfère les voir ici que dans la rue », explique-t-il.

Pour lui, il s’agit avant tout d’un apprentissage. « Moi-même j’ai commencé comme ça. Ce n’est pas facile, mais c’est comme ça qu’on devient un vrai réparateur. Je reconnais qu’ils travaillent dur, mais c’est pour leur avenir », nous confie-t-il.

À Tiebani et Kalaban Coro, même discours chez Mohamed Karembé et Malick Sidibé, tous les deux patrons d’ateliers en menuiserie bois. Tous affirment vouloir « occuper les enfants » pour leur éviter la rue, tout en leur transmettant un savoir-faire.

L’ombre d’une exploitation

Mais sur le terrain, la frontière entre apprentissage et exploitation est mince. Les journées dépassent souvent dix heures, parfois sous un soleil de feu ou au milieu de vapeurs toxiques sans aucune protection. Et quand la seule récompense est un billet de 1000 francs de temps à autre, difficile de ne pas y voir un rapport de force inégal.

« C’est dur. Parfois, je suis fatigué, j’ai mal aux bras, mais je dois continuer », raconte Sidi Camara, 14 ans, apprenti depuis un an. Sans contrat, sans couverture médicale et sans garantie d’être payé un jour, ces jeunes travailleurs restent invisibles aux yeux des lois et des institutions.

Pourtant, le Code du travail malien est clair : nul ne peut être engagé comme apprenti s’il n’a pas au moins 14 ans, ou 13 ans, s’il a terminé le premier cycle fondamental. Un décret précise même que les travaux légerssont les seuls autorisés entre 12 et 14 ans, et ce dans des conditions strictes : 2 heures par jour si l’enfant est scolarisé, 4,5 heures s’il ne l’est pas. Encore faut-il que ces règles soient appliquées.

Un système hérité et difficile à changer

La pratique de l’apprentissage précoce existe depuis longtemps au Mali. Elle repose sur une idée : former des jeunes à un métier artisanal pour qu’ils puissent, plus tard, gagner leur vie. C’est un héritage de l’éducation traditionnelle africaine, fondée sur la transmission orale et la formation sur le tas.

Pourtant, les conventions internationales, que le Mali a ratifiées – notamment la Convention n° 138 de l’OIT sur l’âge minimum et la Convention n° 182 sur les pires formes de travail des enfants – établissent que tout enfant de moins de 18 ans doit être protégé contre les travaux dangereux, notamment ceux pouvant compromettre leur santé, leur sécurité ou leur moralité.

Mais dans bien des ateliers de Bamako, ces principes restent lettre morte. Certains patrons tentent malgré tout de faire autrement. Malick Sidibé assure qu’il laisse parfois ses apprentis partir plus tôt pour apprendre à l’école. « J’aimerais qu’ils sachent au moins lire et compter », dit-il. Mais la plupart des enfants quittent l’école définitivement, sacrifiant le peu d’instruction qu’ils avaient.

Le silence des rues

Dans les quartiers visités, personne ne semble choqué. C’est la coutume, disent les uns. C’est mieux que de traîner, disent les autres. Abdoulaye Traoré, lui, ne rêve pas vraiment d’un autre avenir. « Moi, je veux juste devenir un bon mécanicien dans les années à venir », affirme-t-il.

Et pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon l’OIT et l’UNICEF, 87 millions d’enfants travaillent en Afrique subsaharienne, souvent dans des conditions qui ne respectent ni leur âge, ni leur droit à l’éducation. Le secteur informel – garages, ateliers, chantiers – concentre une grande partie de cette main-d’œuvre invisible.

Une question qui dérange

Faut-il interdire totalement l’apprentissage dès le jeune âge ? Ou plutôt mieux l’encadrer pour le protéger ? Au Mali, des initiatives émergent timidement. Le Plan national pour l’élimination du travail des enfants a été adopté. Un arrêté récent a précisé les travaux légers autorisés pour les moins de 15 ans. Des efforts, certes, mais encore loin du terrain.

Pour ces enfants, le choix est rarement libre. Quand la misère frappe, le garage devient refuge autant que prison. Un endroit où l’on grandit trop vite, à force de vis rouillées et d’heures volées à l’enfance.

Et dans les bruits métalliques qui résonnent dans ces différents garages et ateliers, une même question plane : former ou exploiter ? Entre nécessité sociale, héritage éducatif et dure réalité économique, la ligne est plus fine qu’on ne l’imagine.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

21 juillet 2025 0 comments
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