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Remise du projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale au président de la transition, ce 22 juillet 2025, par le président de la Commission, Ousmane Issoufi Maïga.
A la Une

Conseil des ministres : adoption d’un projet de loi sur la Charte de la paix

by Chiencoro 31 juillet 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

Après des décennies d’accords venus d’ailleurs et des promesses restées lettre morte, Bamako change de cap. Sur proposition du ministre de la Réconciliation, le Conseil des ministres a adopté, le 30 juillet 2025, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation nationale. Un texte fort, voulu par le Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, fruit du Dialogue inter-Maliens, et censé devenir le socle d’un avenir à reconstruire — non plus sous injonction extérieure, mais par une volonté nationale retrouvée.

Il y a, dans les silences d’un peuple meurtri, des cris qu’aucun micro n’enregistre, mais que la République, parfois, finit par entendre. Ce mercredi, à la faveur du Conseil des ministres, c’est précisément à cette douleur ancienne que l’État malien a choisi de répondre, en adoptant — sur rapport du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale — un projet de loi portant Charte nationale pour la Paix et la Réconciliation.

Un texte ? Mieux qu’un texte, c’est un acte de reconnaissance de ce document (projet de charte) remis au président de la transition, le 21 juillet dernier au Centre international de conférence de Bamako (CICB). Mieux qu’un acte, c’est une tentative, sans doute sincère, de reconstruire, pièce après pièce, ce qui fut brisé — et souvent nié.

Une mémoire longue, une instabilité chronique

Depuis l’aurore de son indépendance, en 1960, le Mali n’a cessé de naviguer entre résilience et naufrage. Aux secousses climatiques, financières et institutionnelles, se sont greffées des rébellions périodiques, souvent circonscrites au Nord, mais aux résonances nationales. Leur lot : ruptures du pacte républicain, déplacements de populations, défiance envers l’État, et terrain fertile pour une criminalité transnationale devenue, depuis 2012, le ferment du djihadisme.

Dans ce paysage en miettes, l’Accord est devenu une ritournelle, l’Algérie, un voisin facilitateur devenu presque incontournable, et la paix, un mirage poursuivi à coups de signatures solennelles : Tamanrasset (1991), Bamako (1992), Alger (2006), Ouagadougou (2013), Bamako de nouveau en 2015. Mais à chaque accord, sa désillusion, son impossible mise en œuvre, son cadavre dans le tiroir des compromis non tenus.

Reprendre la main sur le processus

Face à cette fatigue historique, le Président de la Transition, le général Assimi Goïta, a choisi une voie différente, non plus attendre que la paix vienne d’en haut ou d’ailleurs, mais tenter de la construire par et pour les Maliens eux-mêmes.

D’où le lancement, à sa propre initiative, du Dialogue inter-Maliens pour la Paix et la Réconciliation, vaste exercice d’introspection collective où ont été brassées colères anciennes, exigences nouvelles, et surtout, une conviction : la paix ne peut être importée. Elle se forge, à mains nues, sur le socle du pardon partagé.

Selon Ousmane Issoufi Maïga, président de la Commission de rédaction de la charte, le processus, en plus d’avoir été inclusif, a été une « une action d’introspection et d’immersion dans les labyrinthes de notre histoire et les prospectif, de nous projeter dans l’avenir pour le bonheur des générations dédales de notre culture qui nous a également permis, dans un élan futur. »

L’une des principales recommandations issues de ces consultations ? L’élaboration d’une Charte nationale, à la fois guide, boussole et mémoire commune.

Lors de la remise du projet de charte nationale de la paix, au CICB, le président Goïta a expliqué l’importance de ce processus en ces termes : « Après tant de soubresauts, d’incertitudes et de ressentiments, à la suite ou à l’occasion des situations de crises ou de conflits, l’heure est venue de panser les plaies, d’écouter les voix longtemps tues et d’envisager l’avenir sous de meilleurs auspices. »

Une vision affichée, des défis réels

La Charte se veut plus qu’un simple document. Elle se présente comme la pierre angulaire de toutes les politiques de paix, une sorte de Constitution morale de la réconciliation malienne, avec cette vision déclarée : « Une Nation souveraine, réconciliée, tolérante et en paix, dans un État refondé reposant sur une gouvernance démocratique, juste et équitable. »

La promesse est belle, l’intention noble. Mais reste à passer de l’écrit à l’incarné, du symbole à l’action. Car réconcilier, ce n’est pas seulement rassembler les morceaux d’un pays fragmenté, c’est aussi admettre les blessures, reconnaître les fautes, restaurer la confiance. Tels sont d’ailleurs les objectifs de la charte nationale pour la paix, comme le laisse entendre le président en charge de la commission de rédaction : « Les objectifs sont, fondamentalement, la restauration de la paix, le renforcement de la sécurité, le raffermissement de la cohésion sociale et la consolidation du vivre-ensemble à travers la réconciliation nationale. »

Un pari à haut risque, mais nécessaire

En adoptant ce projet de loi, le Mali se dote, pour la première fois, d’un cadre unificateur pour toutes ses initiatives de paix. « En recevant le Projet de Charte pour la paix et la réconciliation nationale, je demeure convaincu que l’espoir est largement permis pour l’accomplissement du rêve collectif des Maliens de bâtir un avenir de paix, de réconciliation et de cohésion sociale. », a déclaré le président de la transition.

Mais, comme toujours au Mali, entre le mot et l’acte, il y a un désert de réalités. Le pari du régime de transition est donc double : faire vivre cette Charte au-delà du papier, et lui éviter le sort des accords précédents — ceux qui dorment dans les archives ministérielles, recouverts de poussière et de regrets.

Un texte, une volonté, un pays à réparer. Voilà la vraie définition de ce qu’on appelle, non sans gravité, la réconciliation nationale. Car le « Le Mali engagé dans la refondation, grande œuvre nationale et salvatrice, a besoin de tous ses enfants. », a indiqué le chef de l’État dans son discours lors de la réception du projet de charte. 

Chiencoro Diarra 

31 juillet 2025 0 comments
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Premier ministre et gouverneurs
Actu

Rencontre entre le Premier ministre et les Gouverneurs des régions : Cap sur les priorités locales et les défis sécuritaires

by Ibrahim Kalifa Djitteye 30 juillet 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le lundi 28 juillet 2025, le Premier ministre malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a réuni autour de lui les gouverneurs des 19 régions du pays. Cette importante rencontre, tenue à Bamako, s’inscrivait dans une volonté ferme du Chef du gouvernement de faire le point sur les projets de développement en cours et de renforcer la coordination avec les représentants de l’État en région. Objectif : améliorer les conditions de travail de ces derniers et répondre efficacement aux besoins fondamentaux des populations.

Le Général Maïga était accompagné pour l’occasion de plusieurs personnalités de premier plan, parmi lesquelles le ministre de l’Économie et des Finances, le Secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, ainsi que les directeurs généraux du Budget et du Plan. Une composition qui témoigne de la volonté du gouvernement de placer cette concertation sous le signe de l’action concrète et de la planification rigoureuse.

Des priorités bien identifiées

Le tour de table a permis à chacun des gouverneurs présents de faire un état des lieux des réalités dans leurs régions respectives. Infrastructures routières inachevées, besoin en services sociaux de base, réhabilitation de structures administratives, difficultés d’accès à certains financements : les préoccupations sont nombreuses et souvent récurrentes. À travers leurs interventions, les gouverneurs ont surtout mis l’accent sur l’impérieuse nécessité d’accélérer les projets structurants destinés à améliorer la vie quotidienne des citoyens dans les régions.

Plus qu’un simple échange, cette réunion s’est voulu une plateforme de dialogue franc entre le centre et les périphéries, à un moment où le Mali cherche à renforcer sa gouvernance locale dans un contexte de réforme institutionnelle et de crise multidimensionnelle.

La sécurité, condition sine qua non du développement

S’il a salué la pertinence et la diversité des projets évoqués, le Premier ministre n’a pas manqué de souligner un obstacle de taille : l’insécurité persistante dans plusieurs zones du pays. À ses yeux, aucune avancée durable ne saurait être envisagée sans la restauration complète de la sécurité et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. « La sécurité est aujourd’hui notre priorité numéro un. Elle conditionne le succès de toutes nos politiques publiques, notamment celles en faveur du développement régional », a-t-il déclaré avec fermeté.

Malgré ce contexte difficile, le Général Maïga a tenu à remercier les gouverneurs pour leur engagement et leur résilience. Il a salué leur rôle déterminant dans le maintien du lien entre l’administration centrale et les populations, souvent dans des conditions précaires et à haut risque.

Une reconnaissance mutuelle et un appel à l’action

De leur côté, les gouverneurs ont exprimé leur satisfaction face à la tenue de cette rencontre qu’ils ont jugée « utile et opportune ». Ils ont unanimement salué l’écoute et la disponibilité du Chef du gouvernement, tout en réaffirmant leur engagement à servir les populations malgré les défis quotidiens. « La satisfaction des besoins des citoyens est au cœur de notre mission, et nous sommes conscients des attentes fortes à notre égard », a déclaré l’un des participants.

Cette concertation, bien qu’informelle dans sa forme, s’annonce comme une étape charnière dans la redynamisation du développement local au Mali. En écoutant les représentants de terrain, le gouvernement central montre une volonté de mieux s’adapter aux réalités régionales, tout en jetant les bases d’un partenariat plus opérationnel avec les entités déconcentrées.

Alors que le pays poursuit son processus de refondation, cette rencontre apparaît comme un signal fort en faveur d’une gouvernance de proximité, plus réactive, et plus soucieuse des besoins concrets des citoyens. Elle marque aussi une volonté politique claire : celle d’aligner les priorités nationales avec les attentes locales, pour bâtir un Mali résilient et solidaire.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

30 juillet 2025 0 comments
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mines
Économie

Secteur minier au Mali : Bientôt, 2000 nouveaux emplois grâce à l’application du nouveau code 

by Sidi Modibo Coulibaly 30 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

L’exploitation minière au Mali est en train de bénéficier de plus en plus au Mali. Et cela grâce à l’application du nouveau code élaboré à la suite d’un audit commandité par le Chef de l’État. Parmi les innovations du code, il y a la forte implication des compétences nationales dans l’exploitation minière. C’est dans ce cadre que B2GOLD va créer 2000 nouveaux emplois à l’occasion de l’exploitation de son nouveau gisement.

En tout cas, c’est ce qui ressort d’une audience que le Chef du gouvernement, Général Abdoulaye Maïga, avait accordée au vice-président de B2GOLD, Bill Lytle. Le haut responsable de la société canadienne était venu présenter le bilan de son entreprise et solliciter le Premier ministre pour la facilité d’obtention des autorisations d’exploitation du nouveau gisement de sa société. Ce nouveau gisement dénommé « Fékola régional » va créer 2000 emplois.

En réponse, le Général Abdoulaye Maïga a donné des assurances que le ministre des Mines est à pied d’œuvre afin d’engager toutes les démarches administratives nécessaires pour garantir à la fois les intérêts du peuple malien et ceux des investisseurs. Des assurances qui sont fondées sur le fait que B2GOLD fait partie des sociétés minières qui ont accepté de respecter les nouvelles dispositions du nouveau code minier comme les régularisations fiscales. 

Ainsi, en septembre 2024, elle a annoncé avoir payé à l’État 10,3 milliards de F CFA au titre de « régularisations fiscales ponctuelles ». De plus, elle s’est engagée à faire respecter les dispositions du nouveau code dans le cadre de l’exploitation de son nouveau gisement qui est la deuxième grande mine du pays.

Nouveau gisement doté d’une ferme solaire

Fékola régional, deuxième mine de B2GOLD, est situé à 20 km de la mine d’or de Fekola qui se trouve à la frontière sénégalo-malienne. Elle a une capacité de production annuelle de 80 000 à 100 000 onces d’or. Parallèlement à ce gisement, l’entreprise canadienne prévoit la construction d’une ferme solaire. 

Par rapport à la production d’énergie solaire, B2GOLD disposait déjà d’une centrale solaire+stockage qui a été portée de 30 à 52 MW. Les travaux d’extension avaient démarré en février 2024 pour prendre fin en décembre 2024 et mis en service en janvier 2025. L’extension de la centrale solaire intervient à la suite de la découverte de son nouveau gisement « Fekola Regional ». 

Cette centrale d’énergie est l’un des plus importants projets hybrides de la sous-région.  Ce sont ces deux infrastructures (gisement et centrale) qui vont créer 2000 emplois sur la base du nouveau code minier.

Un code qui valorise les compétences nationales 

Dans le nouveau code, les préoccupations des populations sont prises en compte. Sa mise en œuvre permet d’améliorer les conditions de vie des communautés locales, de privilégier les entreprises locales, de prioriser l’offre locale, de prioriser les ressources humaines locales et nationales. 

Par rapport aux ressources humaines, le nouveau code simplifie les règles en matière de recrutement et de formation de Maliens pour remplacer les employés étrangers. Il semble opérer non plus par « catégorie de travailleurs », mais « toutes catégories confondues ». Son article 6 dispose que le pourcentage du personnel étranger au sein des sociétés minières ne doit pas dépasser 10 % du nombre total du personnel malien pendant les 3 premières années suivant le début des opérations minières. 

Après la 3e année, ce pourcentage est de 5 %, et après la 6e année, il est réduit en vue d’atteindre la pleine participation malienne. En outre, la loi sur le Contenu local établit une nouvelle exigence liée à la masse salariale des sociétés minières. 

En effet, le pourcentage de la masse salariale du personnel étranger par rapport à la masse salariale globale de la société d’exploitation ne doit pas excéder 30 % pendant les 3 premières années suivant le début de l’exploitation minière. Ce pourcentage est réduit à 20 % après la 3e année et il l’est davantage après la 6e année pour atteindre la pleine participation malienne. 

La loi précise d’ailleurs que l’un des objectifs du contenu local est d’assurer le plafonnement des coûts salariaux des étrangers. Cette nouvelle obligation vise à garantir une meilleure redistribution des salaires au sein des sociétés minières et à permettre au personnel malien de tirer davantage profit de l’exploitation des minerais du pays. 

Sidi Modibo Coulibaly

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Aéroport international de Bamako
A la Une

Stupéfiants : comment les aéroports maliens sont devenus un maillon clé de la lutte antidrogue dans le Sahel

by Chiencoro 30 juillet 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

À Bamako comme à Gao ou Mopti, les aéroports du Mali s’érigent peu à peu en digues face aux vagues de cocaïne qui inondent l’Afrique de l’Ouest. Appuyée par ses partenaires internationaux, la cellule antidrogue malienne s’organise – entre saisies record, innovations technologiques et failles persistantes.

Bamako-Sénou. 12 juillet 2025. Une chaleur lourde pèse sur les pistes. Dans un coin discret du terminal, la tension monte : des valises suspectes, un chien qui marque, des douaniers qui s’activent. Résultat : 4,2 kg de cocaïne pure extraits de doubles fonds. Le passager venait de São Paulo, via Casablanca.

Une saisie presque routinière désormais, tant le Mali s’est imposé comme un point de passage stratégique dans la géographie mouvante du narcotrafic ouest-africain. Longtemps vu comme simple zone de transit terrestre entre les ports du Golfe de Guinée et les routes sahariennes, le pays joue aujourd’hui un rôle central dans le trafic par voie aérienne, via ses aéroports.

Des hubs sous haute surveillance

Pour faire face à cette menace, le gouvernement malien, avec la vision éclairé du PDG des aéroports du Mali, le Colonel Lassana Togola, a renforcé depuis plusieurs années sa stratégie aéroportuaire antidrogue. À la manœuvre : l’Office central des stupéfiants (OCS), dont l’antenne installée à Bamako-Sénou, la Cellule aéroportuaire anti-trafics (CAAT), est désormais interconnectée aux systèmes de renseignement d’INTERPOL et à la base CENcomm de l’OMD. Bamako fait aussi partie du programme AIRCOP de l’ONU, qui relie 41 aéroports africains.

Ce dispositif a permis des résultats notables : près de 3 tonnes de drogue saisies entre 2024 et 2025, dont un record de 2 418 kg de cocaïne découverts dans une cargaison aérienne fin 2024. À cela s’ajoutent plusieurs opérations plus modestes mais révélatrices, comme l’interception de 12 kg dissimulés dans des valises à double fond en juillet 2025.

Cette dynamique est appuyée par une collaboration active avec le personnel aéroportuaire, à l’origine de 17 % des saisies effectuées au cours de l’année, grâce à des signalements internes. Pour renforcer le maillage du territoire, six aéroports nationaux sont désormais dotés d’antennes de l’Office Central des Stupéfiants (OCS), tandis qu’un chenil cynotechnique a été mis en service en partenariat avec l’Allemagne, apportant une capacité opérationnelle supplémentaire dans la détection des substances prohibées.

Technologie, flair et coopération

Pour détecter ces cargaisons, le Mali mise sur une combinaison d’outils classiques et innovants. Des chiens dressés par la police fédérale allemande, des scanners RX de dernière génération financés par l’Union européenne, et même un algorithme d’intelligence artificielle, testé depuis avril 2025, capable de repérer des densités suspectes dans les bagages.

Ce système est appuyé par un réseau national d’antennes OCS déployées dans les aéroports secondaires (Mopti, Gao, Kayes), encore loin de disposer des mêmes moyens que la capitale mais intégrés à l’architecture générale. Mopti, par exemple, ne dispose pour le moment que d’un scanner mobile partagé.

Une guerre sous pression

Car les vulnérabilités sont encore nombreuses. Pressions logistiques, manque de personnel, corruption à bas niveau, attaques sécuritaires : les aéroports du Nord, situés dans des zones instables, restent les maillons faibles de la chaîne. En 2024, des incursions djihadistes à proximité de la base aérienne de Bamako ont même provoqué la suspension temporaire de plusieurs vols.

Et le crime, lui, s’adapte. Valises piégées, fret maquillé, mules ingestées : les trafiquants professionnalisent leurs méthodes, parfois à un rythme plus rapide que celui des contrôles. Selon plusieurs sources, des réseaux liés à des groupes armés opérant dans le centre et le nord du pays utiliseraient les recettes du trafic pour financer leurs opérations.

Une dimension géopolitique

Derrière les saisies spectaculaires, c’est aussi une guerre géopolitique qui se joue, entre États africains, agences internationales et cartels transcontinentaux. Bamako entend faire des aéroports maliens des zones franches de confiance, alors que la région se débat avec une instabilité chronique. La prochaine phase prévoit l’intégration de Gao et Tombouctou dans AIRCOP, l’élargissement de la loi sur les données passagers (PNR) à toutes les compagnies, et l’usage de la blockchain pour sécuriser les chaînes de preuve.

L’objectif affiché : transformer chaque aérogare en sentinelle digitale et opérationnelle contre le trafic international, dans un pays où la frontière entre économie parallèle, sécurité et souveraineté est plus floue que jamais.

En juin 2025, les autorités maliennes ont procédé à l’incinération de 128 tonnes de drogues diverses, saisies au cours de 2024,  à Bamako. Toute chose qui illustre l’ampleur des efforts engagés dans la lutte contre le trafic illicite.

Chiencoro Diarra

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Alassane Ouattara
Politique

Côte d’Ivoire :  quatrième mandat de Ouattara, entre légalité constitutionnelle et risques d’instabilité

by Sahel Tribune 29 juillet 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

L’annonce par le président ivoirien Alassane Ouattara de sa candidature à un quatrième mandat lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025 marque un tournant à la fois politique, institutionnel et symbolique pour la Côte d’Ivoire. Si le chef de l’État invoque la légalité de sa démarche en se fondant sur la réforme constitutionnelle de 2016, cette décision ravive de profondes inquiétudes sur la résilience démocratique du pays, la cohésion sociale et les implications sécuritaires et économiques, dans un contexte régional déjà extrêmement volatil.

L’argument de la remise à zéro des mandats consécutifs grâce à la Constitution de 2016 a déjà été mobilisé lors de la présidentielle de 2020, suscitant de vives controverses. À l’époque, cette lecture du droit constitutionnel avait été jugée cynique par une large frange de l’opposition, qui y voyait une manœuvre pour pérenniser un pouvoir personnel. Le retour de ce même raisonnement en 2025, pour justifier une nouvelle candidature, ne fait qu’accentuer le malaise. Si le texte fondamental autorise effectivement cette possibilité, la répétition d’un tel acte électoral soulève des questions sur la culture démocratique en Côte d’Ivoire, où l’alternance politique reste perçue comme un exercice à géométrie variable.

La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs figures de l’opposition, notamment l’ancien président Laurent Gbagbo ou encore Tidjane Thiam, ont été disqualifiées du processus électoral, réduisant de manière significative l’offre politique face à un président sortant disposant de tous les leviers de l’appareil d’État. Ce déséquilibre alimente un climat de défiance généralisée, qui risque d’attiser les tensions au fil de la campagne.

Une paix fragile face aux risques sécuritaires

Si la Côte d’Ivoire bénéficie aujourd’hui d’une relative stabilité institutionnelle, les cicatrices des crises passées ne sont pas complètement refermées. Le souvenir des violences post-électorales de 2010-2011, comme celles survenues en 2020, est encore vivace. La probabilité de tensions pendant la campagne électorale reste élevée, surtout si l’opposition ou une partie de la société civile estime que les règles du jeu ne sont pas équitables.

Sur le plan sécuritaire, le pays est également confronté à une menace jihadiste persistante dans ses régions septentrionales. Depuis l’attaque de Kafolo, la pression exercée par les groupes terroristes affiliés à AQMI et au JNIM s’est intensifiée. Les autorités ivoiriennes ont certes renforcé les capacités de surveillance et de riposte, mais le risque d’attaques ciblées ou d’infiltration dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Mali reste réel. Dans un tel contexte, une instabilité politique intérieure viendrait accentuer la vulnérabilité du pays, créant un terrain favorable à une déstabilisation plus large.

Une locomotive économique en équilibre instable

Sur le plan économique, la Côte d’Ivoire affiche l’un des taux de croissance les plus dynamiques de la sous-région, avec une projection de +6 % pour l’année 2025. Cette performance repose notamment sur la diversification des investissements, la stabilité monétaire assurée par l’ancrage au franc CFA et le développement des infrastructures. Toutefois, cette dynamique reste conditionnée à un climat politique apaisé et prévisible.

Toute dérive autoritaire, toute crise de légitimité électorale ou tout épisode de violence urbaine pourrait remettre en cause les engagements des bailleurs et faire fuir certains investisseurs. En tant que pilier économique de l’UEMOA, la Côte d’Ivoire joue un rôle central dans les échanges régionaux. Une instabilité prolongée à Abidjan pourrait ainsi provoquer un effet domino sur les économies voisines, notamment celles déjà fragilisées comme le Mali ou le Burkina Faso.

Entre continuité institutionnelle et urgence démocratique

La candidature d’Alassane Ouattara à un quatrième mandat incarne un paradoxe ivoirien, celui d’une légalité constitutionnelle invoquée dans un contexte de faible légitimité perçue. Si le président ivoirien entend garantir la continuité et la stabilité, cette démarche pourrait, à l’inverse, raviver les tensions, exacerber les divisions politiques et compromettre les acquis économiques.

L’enjeu pour la Côte d’Ivoire ne se résume pas à une simple élection, mais à la capacité du pays à affirmer sa maturité démocratique et à instaurer un jeu politique plus inclusif, condition essentielle pour préserver la paix sociale et consolider son rôle de leader régional.

Ibrahim Kalifa Djitteye

29 juillet 2025 0 comments
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Lancement des travaux de bitumage de la route Banankoro-Dioro
Économie

Réhabilitation des routes au Mali : des initiatives de plus pour booster l’économie et créer des milliers d’emplois

by Sidi Modibo Coulibaly 29 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

La route du développement passe par le développement (construction et réhabilitation) des routes. C’est pourquoi les autorités nationales ne ménagent aucun effort pour améliorer la connectivité dans le pays. C’est dans ce cadre qu’elles viennent de mettre en œuvre le Projet d’Amélioration de la Connectivité et de la Résilience des Infrastructures routières. Auparavant, elles avaient un vaste programme d’entretien routier pour cette année.

En effet, à l’issue du conseil des ministres du mercredi 23 juillet 2025, elles ont adopté les textes de ratification de l’Accord de financement du Projet d’Amélioration de la Connectivité et de la Résilience des Infrastructures routières, signé à Bamako, le 21 juillet 2025, entre le Mali et l’Association internationale de Développement. D’un montant de 133 356 058 100 francs CFA sous forme de prêt, le Projet permettra d’améliorer la connectivité résiliente au climat des corridors routiers prioritaires du Mali à travers, entre autres, la construction de la route Sandaré-Diéma, la réhabilitation de salles de classe, de centres de santé, l’amélioration de 200 km de routes rurales dans les zones couvertes par le projet et la conduite d’études techniques pour la réhabilitation du tronçon Douentza-Gao. 

Cette initiative vient s’ajouter à celle déjà en cours dénommée programme d’entretien routier (PER) pour l’année 2025. D’un budget de 102 milliards de F CFA, le PER 2025 va réhabiliter près de 20 000 km de routes à travers le pays. Ce programme d’envergure, piloté par le ministère des Transports et des Infrastructures, vise à désenclaver les régions, fluidifier la mobilité nationale et stimuler l’activité économique, tant en zones rurales qu’urbaines. 

Un investissement à multiples retombées 

Autrement dit, il a pour objectifs clés de désenclaver les régions, de faciliter le transport des productions agricoles, de réduire les coûts logistiques jusqu’à 30 %, d’améliorer l’accès aux soins et à l’éducation, et de renforcer la sécurité et la résilience humanitaire. Il ne s’agit pas seulement de réparer les routes, mais de procéder à l’entretien préventif des axes routiers pour freiner leur dégradation et assurer leur viabilité en toute saison et à la réhabilitation ciblée des tronçons endommagés. Ces grands travaux concernent non seulement les routes nationales, régionales et rurales, mais aussi les pistes d’accès aux marchés, aux centres de santé et aux écoles des zones les plus reculées.

Le PER va bénéficier à plus d’un million de personnes, en ce sens qu’il va faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les marchés, réduisant significativement les pertes post-récolte. Il va également diminuer les charges logistiques pour les entreprises et les transporteurs et faciliter, surtout pour les localités isolées, l’accès aux services sociaux de base (santé, éducation).

Le PER améliorera l’acheminement de l’aide vers les zones sinistrées ou en crise. Les transports interurbains et régionaux seront réguliers. Le déploiement des forces de défense et de sécurité sera plus rapide. Sur le plan sous-régional, il va renforcer les corridors régionaux vers le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Cette grande initiative des autorités permettra de protéger les infrastructures contre les effets du changement climatique, notamment les inondations.

Plus de 15 000 emplois créés 

Le programme d’entretien routier 2025 ne réhabilite pas seulement des routes. Il ouvre de belles perspectives d’avenir surtout pour les jeunes en leur offrant de l’emploi. Plus de 15 000 emplois directs et indirects dans le secteur des BTP ( Bâtiments et Travaux publics) sont attendus. Ses emplois qui concernent les jeunes et les ouvriers locaux, avec une priorité pour les jeunes et les ouvriers locaux, voire faire bien occuper des élèves en cette période de vacances scolaires. En plus de ces emplois, le PER va contribuer à l’insertion professionnelle durable dans les métiers des infrastructures, à travers des sessions de formation qu’il va faire pour accompagner les différents chantiers 

Rappelons que du 14 au 16 septembre 2023, le gouvernement a tenu les États généraux sur l’entretien routier avec comme thème central : « Entretien routier : problématiques, solutions et perspectives ». Pendant trois jours, les décideurs et l’ensemble des acteurs intervenant dans l’entretien routier au Mali ont passé au peigne fin toute la problématique de l’entretien routier au Mali et proposé des solutions durables aux difficultés rencontrées. Donc, en lançant cet ambitieux Programme d’Entretien routier (PER) pour l’année 2025, le gouvernement réaffirme sa volonté de faire du développement des infrastructures une pierre angulaire de sa politique de souveraineté et de croissance économique. 

Sidi Modibo Coulibaly

29 juillet 2025 0 comments
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Tik-tok
Opinion

TikTok au Mali : la jeunesse entre rêve et illusion

by Hawa Diaby 29 juillet 2025
written by Hawa Diaby 3 minutes read

Dans les rues de Bamako, dans les salles de classe, même sur les lieux de travail, un constat s’impose : les yeux des jeunes sont rivés sur leurs téléphones, absorbés par TikTok. Ce réseau social, initialement conçu pour divertir, est aujourd’hui devenu une obsession pour une grande partie de la jeunesse malienne.

TikTok influence les comportements, les ambitions, et la manière dont les jeunes perçoivent la réussite. Pour beaucoup, devenir célèbre sur cette plateforme est devenu un but ultime, reléguant les études, le travail, et même les projets concrets au second plan. Des heures entières sont perdues à scroller, à créer du contenu vide de sens, souvent en quête de likes, de vues ou d’une illusion de célébrité.

Ce phénomène crée un véritable fossé entre le potentiel des jeunes et leur réalité. Loin de les inspirer, TikTok les enferme dans une bulle d’apparences où l’effort, la persévérance et l’éducation semblent ne plus avoir de valeur.

Il est temps de tirer la sonnette d’alarme. Car si TikTok façonne désormais les rêves de notre jeunesse, que restera-t-il de leurs vraies ambitions ?

Des témoignages glaçants 

Fanta, âgée de 19 ans, est élève en terminale, témoigne : « Franchement, je passe plus de temps sur TikTok que dans mes cahiers. Je me dis souvent que je vais juste regarder 5 minutes… et ça finit en 2 heures. Même quand je suis en classe, je pense à ce que je vais publier. Il y a des moments où je me dis que ça ne sert à rien, mais en même temps, quand je vois les filles de mon âge devenir célèbres avec juste des vidéos de danse, je me demande pourquoi moi je me fatigue à réviser. Je sais que ce n’est pas bien, mais c’est comme une addiction. »

Fanta n’est pas la seule dans cette situation et ce n’est pas seulement les filles qui sont concernées. Oumar a 23 ans. Il est diplômé sans emploi et nous explique sa mauvaise expérience d’utilisateur de TikTik : « Moi je voulais être ingénieur, mais à un moment donné, j’ai tout arrêté. Je voulais percer sur TikTok, comme les influenceurs qu’on voit tous les jours. J’ai tout misé là-dessus. J’ai même commencé à faire des vidéos, à copier les tendances, mais après des mois, rien. Pas de vues, pas de revenu. Je me suis rendu compte que j’avais perdu du temps. Mes amis travaillaient, moi je voulais devenir célèbre. Aujourd’hui, je regrette. TikTok m’a fait rêver, mais j’ai mis de côté mes vrais objectifs. »
Il devient urgent de repenser nos priorités. Si TikTok peut être une source de créativité, il ne doit pas devenir une échappatoire à l’effort et à l’ambition réelle. La jeunesse malienne mérite mieux que des rêves éphémères. Il est temps de redonner de la valeur à l’éducation, au travail et à l’investissement personnel. Car ce sont ces chemins-là qui construisent un avenir durable, pas les tendances d’un jour.

Hawa Diaby

29 juillet 2025 1 comment
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