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Les Présidents Tiani et Goïta devant la presse
A la UnePolitique

Tiani à Bamako : « Le peuple guide la révolution sahélienne »

by Cheickna Coulibaly 1 octobre 2025
written by Cheickna Coulibaly 3 minutes read

En visite d’amitié et de travail à Bamako ce 30 septembre 2025, le Président du Niger SE le Général d’armée Abdourahamane Tiani a été accueilli par son homologue malien le général Assimi Goïta. Sécurité, diplomatie et développement sont les trois axes principaux que le Chef de l’État nigérien a mis en avant lors de sa déclaration à la presse.

À son arrivée à l’aéroport international Modibo Keïta, le Président Tiani a été reçu par le Président de la Transition malienne, entouré de plusieurs membres du gouvernement. Dans une ambiance empreinte de fraternité et de solidarité sahélienne, les deux dirigeants, accompagnés de certains ministres, ont eu un entretien en tête-à-tête, suivi d’une séance élargie de travail. Les discussions ont notamment porté sur le renforcement de la coopération bilatérale et sur l’avenir de la Confédération des États du Sahel, qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

À l’issue de la rencontre, le Général Tiani s’est adressé à la presse pour rappeler le parcours de la Confédération. « Il y a moins de deux ans, le 22 novembre 2023, le Mali, le Niger et le Burkina évoluaient déjà dans un cadre confédéral. À l’époque, mon arrivée avait pour objectif de remercier le peuple du Mali, du Burkina et de la Guinée pour le soutien qu’ils ont apporté au Niger lorsque la CEDEAO avait pris la malheureuse initiative d’agresser notre pays », a-t-il expliqué. 

Défense et sécurité

Il a ajouté : « Depuis, nous avons créé l’Alliance des États du Sahel le 16 septembre 2023, suivie quelques mois plus tard de la Confédération des États du Sahel en 2024 à Niamey. Cette Confédération repose sur trois piliers essentiels : la défense et la sécurité, la diplomatie et le développement. »

Le Président Tiani a insisté sur la sécurité collective et la mise en place d’une force militaire conjointe. « Les bataillons sont constitués et opérationnels à travers des opérations bilatérales ou multilatérales avec le Mali, le Burkina, ou les trois pays ensemble. L’état-major dont le siège est à Niamey est en formation pour prendre en charge tous les problèmes de défense et de sécurité », a-t-il précisé.

Diplomatie et développement

Sur le plan diplomatique, le Président nigérien a souligné l’unité de position des pays de la Confédération. « Que ce soit aux Nations unies ou dans toute autre rencontre d’intérêts, nos représentants gardent la même position et prennent les mêmes décisions », a-t-il déclaré.

Il a également évoqué les avancées économiques : « Nous avons créé la Banque confédérale d’investissement et de développement. Tout est prêt, y compris le siège et les structures d’accompagnement, mais les détails seront finalisés lors de la prochaine rencontre à Bamako. ». Ce sommet est annoncé pour décembre prochain. 

Le Général Tiani a tenu à saluer l’engagement des populations du Mali, du Burkina Faso et du Niger. « Merci au vaillant peuple du Mali, merci au vaillant peuple du Burkina, merci au vaillant peuple du Niger, peuple qui a permis de prendre l’ascendant et de conduire la révolution. C’est le peuple du Sahel qui conduit la révolution et, avec le peuple comme guide, le succès est au bout du chemin », a-t-il affirmé.

Après cette étape à Bamako, le Général Abdourahamane Tiani a poursuivi sa tournée vers le Burkina Faso, illustrant ainsi la volonté des trois pays de renforcer la coopération et l’unité au sein de la Confédération des États du Sahel.

Cheickna Coulibaly 

1 octobre 2025 0 comments
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Les Présidents Tiani et Goïta devant la presse
Vidéo

Interview du président Abdourahamane TIANI à l’issue de sa visite au Mali

by Sahel Tribune 1 octobre 2025
written by Sahel Tribune 0 minutes read

Le Président de la République du Niger était en visite d’amitié et de travail au Mali, le 30 septembre 2025. A l’issue de ce déplacement, qui l’a conduit également au Burkina Faso, le chef d’Etat nigérien s’est entretenu avec la presse. Il a précisé les objectifs de sa visite.

1 octobre 2025 0 comments
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Le président Tiani au Mali
A la Une

Assimi Goïta – Abdourahamane Tiani : l’axe Bamako–Niamey s’affiche, l’AES avance

by Chiencoro 30 septembre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Entre deux généraux, pas de formalités inutiles. Juste un cérémonial assumé, une posture commune et un message clair au reste du monde : la Confédération des États du Sahel (AES) n’est pas une alliance symbolique. C’est une colonne vertébrale politique en construction, soudée par les épreuves, les ruptures et les ambitions souverainistes.

Ce mardi 30 septembre 2025, le tarmac de l’aéroport international Modibo Keïta de Bamako a retrouvé l’allure des grands jours. À 10h précises, l’avion de transport de l’armée de l’air nigérienne s’est posé sur le sol malien. A son bord,  le général Abdourahamane Tiani, Président de la République nigérienne. En face, pour l’accueillir : son allié et compagnon d’armes politiques, le Général d’armée Assimi Goïta, Président du Mali, mais aussi – et surtout – Président en exercice de la Confédération des États du Sahel.

L’union par les armes, le verbe et la volonté

À Bamako, la visite est décrite comme une visite d’amitié et de travail. La deuxième depuis l’arrivée de Tiani au pouvoir en 2023. Mais les mots sont parfois plus sobres que les enjeux. Car derrière les poignées de main, les hymnes (nigérien, malien, et celui désormais officiel de l’AES), et la revue militaire, c’est une architecture géopolitique alternative qui s’affirme, à rebours des modèles CEDEAO ou UA.

Acclamés par une foule dense de ressortissants nigériens vivant au Mali – symboles vivants de l’intégration sahélienne –, les deux généraux ont échangé brièvement dans la loge présidentielle avant de prendre la direction de Koulouba, pour un entretien bilatéral qui, selon nos informations, devrait déboucher sur des annonces structurantes pour l’AES et la coopération bilatérale Mali-Niger, notamment en matière de défense, d’investissements communs et de diplomatie régionale.

La Confédération, plus qu’un symbole

Depuis leur retrait fracassant de la CEDEAO, Bamako, Niamey et Ouagadougou ont misé sur un récit commun : celui d’une Afrique debout, débarrassée des tutelles néocoloniales, et désormais maîtresse de son destin. La Confédération AES – actée en juillet 2024 – en est l’expression institutionnelle. Mais il lui manquait encore une scène, un souffle, une incarnation.

La présence de Tiani à Bamako – après celle de Traoré à Ouagadougou il y a quelques mois – vient combler ce déficit de visibilité politique. C’est une manière pour ces régimes, souvent contestés à l’extérieur mais soutenus chez eux, par la diaspora ainsi que par plusieurs autres pays africains, d’inscrire leur projet dans le temps long, au-delà des cycles de transition.

Une alliance scrutée, redoutée, consolidée

Le programme de la journée s’annonce dense : tête-à-tête, élargissement aux membres des délégations, et prise de parole de Tiani à la presse. Rien d’anodin, car dans cette diplomatie de rupture, chaque geste est un message. L’unité affichée entre les deux hommes d’État est autant un gage de stabilité qu’un défi lancé aux chancelleries occidentales, souvent promptes à dénoncer ce qu’elles qualifient de “recul démocratique » au Sahel.

Mais à Bamako, le discours est tout autre. Ici, la souveraineté est un impératif, la démocratie un processus contextualisé, et l’unité sahélienne une réponse existentielle à l’insécurité et à la fragmentation régionale.

À l’heure où l’Afrique francophone recompose sa carte des alliances, l’image de Goïta et Tiani côte à côte, en uniforme, au cœur de la capitale malienne, vaut toutes les déclarations. C’est celle d’un axe assumé, consolidé, et prêt à s’élargir. Un axe qui croit à la souveraineté comme projet de civilisation. Et qui, pour l’instant, n’a ni l’intention de plier, ni celle de reculer.

Chiencoro Diarra 

30 septembre 2025 0 comments
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Général Abdoulaye Maïga, Premier ministre du Mali
Analyses

À l’ONU, le Mali frappe fort : quand Bamako accuse Kyiv et Paris de nourrir le terrorisme sahelien 

by Sahel Tribune 28 septembre 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, ils sont nombreux à déclamer des discours trop longs, trop fades, trop creux. Pas le Premier ministre malien. Général de division à la voix posée et au ton martial, Abdoulaye Maïga n’est pas venu quémander des aides ni quémander des excuses. Il est venu livrer une charge. Un acte d’accusation. Une radiographie brutale de la nouvelle guerre froide, vue depuis le sable du Sahel.

Tinzawatène. Juillet 2024. Une attaque meurtrière contre une patrouille malienne. Le gouvernement de Bamako avait alors pointé du doigt une connivence troublante : celle de conseillers militaires ukrainiens qui, selon les autorités maliennes, ont publiquement revendiqué leur soutien à l’opération terroriste. Un an plus tard, Maïga enfonce le clou : « L’Ukraine est devenue l’un des principaux fournisseurs de drones kamikazes aux groupes terroristes dans le monde. »

Une phrase choc. Une rhétorique offensive. Mais pas gratuite.

De Kyiv à Kidal, le fil rouge du chaos

Ce n’est pas la première fois que Bamako convoque l’Ukraine dans sa dénonciation du désordre mondial. Mais c’est quasiment la première fois que le lien entre guerre russo-ukrainienne et instabilité sahélienne est affirmé aussi frontalement à l’ONU.

Pour Maïga, le soutien militaire occidental à Kyiv ne serait rien d’autre qu’une diversion stratégique. Une manière, pour les puissances occidentales, de détourner les projecteurs d’un autre théâtre de guerre : celui du Sahel. Dans cette lecture, la France occupe un rôle central, accusée de jouer à la fois le pompier et l’incendiaire : « Un régime nostalgique de la colonisation, préoccupé par sa perte d’influence dans la région, qui sponsorise les groupes terroristes tout en prétendant combattre l’insécurité. »

Une requête sans suite, des preuves sans audience

Depuis le 15 août 2022, le Mali dit avoir saisi le Conseil de sécurité de l’ONU pour exposer ce qu’il qualifie de preuves « irréfragables » de l’implication française dans les activités terroristes. Deux ans plus tard, silence radio du côté des Nations unies. Une inaction qui, pour Bamako, équivaut à une complicité passive.

Maïga ne mâche pas ses mots : « Il est temps que la conscience mondiale se réveille. » Et d’appeler à une refondation du multilatéralisme, moins inféodé à l’Occident, plus à l’écoute des souverainetés retrouvées du Sud.

AES : une confédération contre les vents dominants

Lancée en 2024, la Confédération des États du Sahel (AES) regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger dans une alliance politique, militaire et économique sans précédent dans l’histoire moderne du Sahel. Un pacte de survie, mais aussi de défiance vis-à-vis des modèles imposés.

Dans son allocution, le chef du gouvernement malien en fait le socle d’une vision stratégique alternative : endogène, panafricaniste, affranchie. Une puissance émergente en construction, dotée bientôt d’une banque d’investissement propre, d’une armée confédérale, et d’une feuille de route fondée sur l’industrialisation, l’énergie, la souveraineté alimentaire et monétaire.

Le message est clair : le Sahel ne veut plus être un protectorat de fait, pas même au nom du droit humanitaire.

Quand la guerre hybride devient doctrine

Pour Maïga, la guerre menée contre le Mali n’est plus asymétrique : elle est hybride. Elle mêle drones, mercenaires, sanctions économiques, campagnes médiatiques et ingérences diplomatiques. Et certains États voisins ne sont pas en reste. L’Algérie est nommément accusée d’avoir abattu un drone malien et de tolérer, sur son sol, la planification d’attaques contre le Mali.

Des propos durs, assumés, que Maïga entoure d’ironie grinçante et de citations de sages africains. « Pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons par réciprocité. Pour chaque mot employé de travers, nous réagirons par réciprocité. »

L’ONU face à son miroir

Le discours du Mali est aussi un miroir tendu à l’ONU elle-même. À 80 ans, l’organisation internationale semble, aux yeux de Bamako, en perte d’utilité. Incapable de faire respecter ses propres principes. Aveugle sur l’Afrique. « Si l’ONU continue à feindre l’ignorance, elle cessera d’être la somme du monde et deviendra le bras passif de l’injustice mondiale. »

Mais loin d’être un repli, ce diagnostic s’accompagne d’une main tendue : le Mali et l’AES se disent prêts à jouer leur partition dans la réforme du système multilatéral. Mais pas à n’importe quelle condition : « Nous ne demandons pas l’aumône. Nous appelons à la conscience. »

Un discours de rupture, pas de soumission

Dans la salle, les diplomates notent, froncent les sourcils, se regardent. Certains applaudissent, d’autres fuient le regard du général malien. Mais une chose est sûre : le Mali ne parle plus en périphérie. Il parle au centre, quitte à bousculer les équilibres.

En revisitant la cartographie des menaces, en accusant sans trembler des États membres permanents du Conseil de sécurité, et en érigeant le Sahel en nouveau front de la géopolitique globale, Bamako n’implore plus. Il défie, il dénonce, il reconstruit.

Et dans cette parole assumée, il y a une leçon à entendre : la fin du temps des tutelles.

A.D

28 septembre 2025 0 comments
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Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, Premier ministrte du Faso
A la UnePolitique

80 ans de multilatéralisme, et puis quoi ? Le Burkina pose la question qui fâche

by Chiencoro 28 septembre 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

À la tribune de l’ONU, le Premier ministre burkinabè Jean-Emmanuel Ouédraogo a livré un réquisitoire sans fard contre une organisation jugée impuissante et partiale. Dans son discours, l’ombre de Thomas Sankara affleurait, quarante ans après son propre passage au même pupitre.


Du haut de la tribune new-yorkaise, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, n’a pas prononcé un discours. Il a livré un réquisitoire. Contre l’ONU, contre le Conseil de sécurité, contre la démocratie d’exportation, contre les hypocrisies du système international. À la 80e Assemblée générale, le Burkina Faso n’est pas venu quémander des aides ni réciter les mantras du multilatéralisme. Il est venu affirmer une chose simple : « La patrie ou la mort, nous vaincrons », dévise du Burkina Faso.

Un discours à la kalachnikov verbale

À ceux qui s’attendaient à un discours policé, calibré pour ne froisser personne, Ouédraogo a répondu par un coup de semonce diplomatique. Ton grave, vocabulaire tranchant, formules ciselées : « fiasco embarrassant », « désillusion collective », « naufrage structurel ». C’est ainsi que le Burkina Faso résume les 80 années d’existence de l’ONU. Pas de demi-mesure, pas de langue de bois : la parole burkinabè se veut radicale, voire séditieuse, mais ancrée dans une réalité géopolitique que l’Occident feint de ne pas voir.

À travers le prisme burkinabè, l’ONU n’est plus qu’un théâtre désuet, où les grandes puissances jouent leur partition d’intérêts sous couvert de paix mondiale. Le Conseil de sécurité ? « Une entreprise funeste », selon les mots du Premier ministre, gangrenée par la paralysie, la politisation et la duplicité de ses membres permanents. Une institution devenue incapable de régler les conflits, mais habile à imposer des missions de maintien de la paix qui « laissent davantage de frustrations que de résultats ».

Du multilatéralisme à la souveraineté armée

Mais derrière la critique, il y a un projet. Celui du Burkina Faso nouveau, résilient, debout, enraciné dans l’histoire et la géographie de son combat sahélien. Dans ce récit, le capitaine Ibrahim Traoré n’est pas un putschiste. Il est un refondateur. Un héritier de Sankara, de Lumumba, de Nkrumah. Le Burkina, dit-on, ne s’oppose pas au monde. Il s’affranchit de ses chaînes.

Rappelant que « plus de 72 % du territoire a été reconquis », Ouédraogo déroule les jalons d’un État qui a choisi de se prendre en main. Le Fonds de soutien patriotique, symbole de mobilisation endogène, a déjà récolté 413 milliards de FCFA. L’armée nationale, épaulée par les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), devient l’épine dorsale d’un peuple en guerre pour sa survie, mais aussi pour sa souveraineté.

Le message est clair : « Nos choix ne sont pas négociables. » À l’heure des critiques sur les droits humains, le Burkina ne courbe plus l’échine. À ceux qui l’accusent de dérives, il répond par les chiffres, la terre reconquise, les déplacés qui reviennent, les écoles qui rouvrent.

AES : le laboratoire d’un autre panafricanisme

Dans cette grammaire politique, le Burkina Faso ne parle pas seul. Il parle au nom de l’AES, cette Confédération des États du Sahel (Mali, Burkina, Niger), conçue comme un contre-modèle à la CEDEAO, jugée trop inféodée à l’ordre occidental. Passeport unifié, souveraineté réaffirmée : l’AES est à la fois un bouclier et un projet civilisationnel. « Ce n’est pas un repli. C’est un choix de dignité », martèle Ouédraogo.

Et si certains doutaient encore de la cohérence de cette alliance militaire et politique, le discours burkinabè en fixe les contours : non-alignement assumé, alliance tactique avec la Russie, soutien ouvert au Venezuela, à l’Iran et aux autres États sous sanctions occidentales. À l’ONU, le Burkina n’a pas seulement parlé de sa sécurité. Il a posé un acte de solidarité sud-sud, revisitant les codes du panafricanisme et du tiers-mondisme des années 1970.

La guerre informationnelle et la rupture avec l’Occident

Rien n’a été laissé au hasard. Même les mots sont choisis pour cogner. Quand Ouédraogo évoque les « terroristes financés par d’autres États », il ne tourne pas autour du pot. Il accuse nommément la France de complicité. Les médias publics français sont taxés de relais de propagande terroriste. Une ligne rouge franchie ? Peut-être. Mais dans cette rhétorique de guerre, la rupture est déjà consommée.

Ce n’est pas seulement une guerre sur le terrain. C’est une guerre de narratif, une bataille culturelle, une reconquête idéologique. Le Burkina Faso affirme qu’il refuse désormais que d’autres racontent son histoire à sa place. « L’ONU est en train de ressembler à la Société des Nations », lâche Ouédraogo. Entendez : une organisation moribonde, incapable de faire respecter ses propres principes, au bord de l’effondrement.

Vers une autre modernité politique africaine ?

Au fond, le Burkina Faso ne rejette pas la démocratie. Il rejette cette démocratie – imposée, mimétique, inefficace. Il propose autre chose : une gouvernance enracinée, fondée sur le volontarisme national, la légitimité populaire et la souveraineté assumée. Une gouvernance qui ne s’excuse plus d’être ce qu’elle est.

L’Afrique, nous dit le Burkina, n’est plus ce continent à infantiliser, à tutorer, à corriger. Elle se refonde, elle expérimente, elle dérange.

Chiencoro Diarra 

28 septembre 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, Premier ministre par intérim
Actu

Après le drone, le bras de fer : Bamako contre-attaque sur la scène internationale

by Sahel Tribune 26 septembre 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

La destruction d’un drone malien par l’armée algérienne, le 1er avril 2025, a déclenché une nouvelle crise diplomatique entre Bamako et Alger. En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le Mali a annoncé avoir saisi la Cour internationale de justice, accusant l’Algérie d’acte d’agression et de complicité avec des groupes terroristes opérant au Sahel.

Alors que le Sahel brûle, que les peuples se battent pour leur souveraineté, certains régimes préfèrent jouer les pyromanes masqués. C’est le cas de la junte algérienne, dont les actes récents à l’égard du Mali n’ont plus rien d’ambigus : hostilité ouverte, mauvaise foi institutionnalisée, diplomatie du sabotage. Le dernier épisode en date ? La destruction d’un drone malien, en plein vol, par l’armée algérienne. Un acte considéré par Bamako comme une agression pure et simple. Les autorités maliennes ont immédiatement saisi la Cour internationale de Justice. Face au mépris, place au droit.

Mais au-delà de l’incident, c’est l’attitude globale d’Alger qui interpelle. Le Mali, dans un rappel empreint d’amertume, souligne avoir toujours soutenu l’Algérie, y compris dans sa lutte pour l’indépendance. Et voilà comment ce soutien historique est remercié : par des missiles contre des drones achetés à la sueur du peuple malien, et par un silence complice lorsque des attaques terroristes surgissent à la frontière commune.

Trois vérités qui dérangent… et dévoilent

Premièrement, une attaque terroriste malienne, survenue à Tinzawatène en juillet 2024, a été planifiée à quelques encablures de la frontière algérienne. Malgré cela, Alger n’a rien vu. Rien entendu. Rien su. Une cécité géostratégique étonnante pour un pays qui se vante d’être « champion africain de la lutte contre le terrorisme ». À moins que, justement, ce titre soit aujourd’hui devenu ironiquement mérité… à l’envers : champion de l’exportation du chaos.

Deuxièmement, la destruction du drone malien est justifiée par Alger sous le prétexte grotesque d’une « violation de son espace aérien ». Mais comment expliquer alors que les débris de l’engin soient tombés… en territoire malien ? La junte algérienne invente-t-elle désormais des lois de la physique parallèles ? À ce niveau de déni, ce n’est plus de la diplomatie, c’est de la science-fiction.

Troisièmement, lorsque Bamako saisit la Cour internationale, le régime algérien réplique par un communiqué surréaliste, affirmant que la plainte malienne aurait été motivée par une conférence de presse… donnée après le dépôt. Un classique de la diplomatie désorientée : mentir sur le calendrier pour masquer la peur de devoir rendre des comptes.

« Yabé » : le diplomate qui marque contre son propre camp

A la tribune des nations unies, le Premier ministre malien, le général Abdoulaue Maïga, qualifie l’attitude algérienne du ministre algérien des Affaires étrangères de « Yabé » — en référence à l’auto-saboteur notoire qui marque contre son camp. « L’énergumène d’Alger », comme on le surnomme à Bamako, semble en effet plus efficace pour nuire à son propre pays que pour le défendre. Le Mali ne s’étonne donc pas de voir la junte algérienne refuser de reconnaître la compétence de la Cour de La Haye : fuir l’arène, c’est encore le meilleur moyen de ne pas être démasqué.

Un rappel à l’ordre… et une gifle rhétorique

Pour Bamako, il est temps que l’Algérie sorte du double jeu. Le Premier ministre malien, le Général Abdoulaye Maïga, n’y va pas par quatre chemins : « Pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons par réciprocité. Pour chaque mot de travers, nous réagirons par réciprocité. »

Et dans une ironie cinglante, il invite la junte d’Alger à organiser à Tin Zaouatine un « festival international de l’artifice de l’intelligence humaine », tant les acrobaties mentales nécessaires pour justifier ses actions confinent à l’absurde.

L’Algérie au pied du mur

Alors que le Mali trace sa voie vers la souveraineté, qu’il se bat à la fois contre le terrorisme et l’ingérence étrangère, Alger continue d’agir comme une puissance néocoloniale régionale. Au lieu de jouer son rôle de stabilisateur, le régime militaire préfère jouer aux équilibristes entre duplicité diplomatique, posture victimaire et actes hostiles.

Le message malien est clair : plus jamais ça. La patience a une limite, et cette limite a été franchie. Désormais, c’est par la justice, la réciprocité, et une souveraineté sans concession que le Mali entend répondre.

A.D

26 septembre 2025 0 comments
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Abdoulaye Maïga, Premier ministre
A la UnePolitique

Maïga, le franc-parler malien qui secoue les Nations Unies

by Chiencoro 26 septembre 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

À la tribune de l’ONU, ce vendredi 26 septembre 2025, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a livré un discours sans filtre, entre appel à la réforme du multilatéralisme et dénonciation frontale de l’ingérence étrangère. À travers lui, le Mali – et plus largement la Confédération des États du Sahel (AES) – assume son tournant souverainiste, son panafricanisme combatif et son ambition d’émergence. L’ère des silences prudents est révolue : place à la parole libre.

New York, le 26 septembre 2025 – Il est monté à la tribune de l’ONU comme on monte au front, le verbe martial, le regard fixe, et l’histoire en bandoulière. Le Général de Division Abdoulaye Maïga, Premier ministre malien et visage politique du nouveau triptyque sahélien, a livré à la 80e Assemblée générale des Nations Unies une adresse aussi tranchante qu’assumée, où la diplomatie classique s’est effacée au profit d’une franchise peu coutumière sous les lambris new-yorkais.

Depuis la création de la Confédération des États du Sahel (AES), en juillet 2024 – cette alliance à trois têtes entre Bamako, Ouagadougou et Niamey – les chefs militaires sahéliens ne cessent de marteler une volonté nouvelle : rompre avec les modèles imposés, et reprendre en main leur destin collectif. Ce 26 septembre, leur chef de file, Abdoulaye Maïga, n’a pas varié.

Un ton souverain, un message sans détour. Dès les premiers mots, les codes diplomatiques sont respectés, les formules convenues alignées. Mais très vite, le ton change. Le Mali, et avec lui l’AES, ne demande plus, il affirme. Il ne quémande pas, il interpelle. Et surtout, il ne se justifie plus. « Nous ne serons pas des spectateurs », prévient le Premier ministre. « Pour chaque balle tirée contre nous, nous réagirons par réciprocité. Pour chaque mot employé de travers, nous réagirons par réciprocité. »

Le décor est planté.

L’ONU face à ses incohérences

Pour Bamako et ses alliés du Sahel, la communauté internationale – et singulièrement l’ONU – souffre de cécité sélective. Comment, s’interroge Maïga, expliquer le silence assourdissant qui entoure le soutien supposé de puissances occidentales aux groupes terroristes opérant au Sahel ? Pourquoi la requête malienne de 2022 contre la France devant le Conseil de sécurité n’a-t-elle pas été suivie d’effet, alors que des « preuves irréfragables » étaient prêtes à être déposées ?

Le message est clair : le multilatéralisme est en crise, et l’Afrique, ou du moins une partie d’elle, n’est plus disposée à attendre passivement que les règles du jeu changent d’elles-mêmes.

L’AES, entre résilience et ambition

Mais au-delà de la dénonciation, un projet se dessine. Avec ses 75 millions d’habitants, un territoire vaste comme cinq fois la France, une jeunesse abondante, des ressources minières inestimables et une diaspora dynamique, l’AES se veut une puissance régionale montante, enracinée dans le panafricanisme. Pour asseoir cette ambition, une Banque Confédérale d’Investissement et de Développement a vu le jour. Et les projets structurants se multiplient : énergie, infrastructures, industrialisation…

Le ton est volontairement optimiste, presque conquérant. « Nous avons choisi la voie de l’audace et de la souveraineté », martèle Maïga. Une phrase qui résume à elle seule l’ADN du nouveau pouvoir malien.

Une sortie de la CPI, et un tacle cinglant à Alger

S’il fallait une preuve supplémentaire du virage assumé par le Mali, elle est venue le 22 septembre 2025 avec la sortie de la Confédération AES du Statut de Rome, marquant la fin de leur appartenance à la Cour pénale internationale. Un acte politique fort, interprété à Bamako comme un rejet du « deux poids, deux mesures » de la justice internationale.

Le passage le plus polémique du discours reste cependant celui réservé à l’Algérie. La destruction d’un drone malien par l’armée algérienne a déclenché une salve verbale d’une rare virulence. Le Premier ministre a qualifié les autorités d’Alger de « junte », moquant au passage leur « mensonge diplomatique » et les pointant du doigt d’être devenues un « exportateur de terroristes ». Rarement, sinon jamais, une telle attaque n’avait été lancée contre un voisin maghrébin à la tribune de l’ONU.

L’AES n’est pas seule… mais exige le respect

Sur le fond, le Mali ne tourne pas le dos au monde. Il tend la main – mais à ses conditions. Partenariat, oui. Coopération, bien sûr. Mais dans le respect des choix politiques souverains, et sur une base de gagnant-gagnant. L’Occident paternaliste, c’est terminé. Place à la diplomatie d’égal à égal.

L’appel final est limpide : il ne s’agit pas de quémander de l’aide, mais de réclamer la reconnaissance d’un combat légitime. « Le peuple de l’AES est agressé », dit Maïga. Il demande que cela soit dit, reconnu, défendu. Il demande à l’ONU de ne pas devenir « le bras passif de l’injustice mondiale ».

Le verdict de l’histoire

Ce discours, certains le jugeront bravache, voire provocateur. D’autres y verront l’expression d’une Afrique décomplexée, qui a rompu avec ses complexes postcoloniaux. Une Afrique qui ne craint plus de nommer ses adversaires, ni de contester les postures d’un ordre international à géométrie variable.

L’histoire, conclut Maïga, « jugera ceux qui ont armé les forces du mal », « ceux qui ont détourné le regard », et « ceux qui ont oublié que la justice est la seule voie vers la paix durable ».

L’homme a quitté la tribune comme il y était monté : debout, digne, les poings serrés.

Cheincoro Diarra 

26 septembre 2025 0 comments
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