Les présidents des États membres de la Confédération des États du Sahel ont, dans leurs adresses à la nation du 31 décembre 2025, placé la culture au cœur de leur vision politique et sociale. Le Général d’Armée Assimi Goita du Mali et le Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso ont chacun insisté sur l’importance des valeurs endogènes, de l’éducation et de la renaissance culturelle comme piliers de la souveraineté et du développement.
Le Général d’armée Assimi Goita a insisté sur la complémentarité entre souveraineté militaire et souveraineté culturelle. Selon lui, « si la souveraineté militaire garantit l’intégrité du territoire, la souveraineté culturelle protège l’âme de la nation ». Il a affirmé que le Mali s’est engagé dans une dynamique de renaissance culturelle et d’éducation aux valeurs, afin de renforcer durablement le vivre ensemble et de façonner le « Maliden Kura », un citoyen patriote, responsable et bâtisseur, porteur d’une identité enracinée dans les traditions nationales.
La souveraineté culturelle comme pilier du Mali
Le Président de la Transition a également rappelé que « l’officialisation de nos langues nationales et la valorisation de nos légitimités traditionnelles ne sont pas du folklore ». Elles représentent, selon lui, un retour à l’essence même de la nation malienne. Cette démarche vise à consolider la cohésion sociale, à renforcer la paix et à faire de la culture un levier de rayonnement et de développement endogène, capable de soutenir la souveraineté et l’émergence du pays.
De son côté, le Capitaine Ibrahim Traoré a mis l’accent sur la nécessité de revenir progressivement aux valeurs et aux racines du Burkina Faso. Pour lui, « il n’y a que par cette manière que nous pouvons nous affirmer et développer notre nation ». En combinant l’éducation technique et professionnelle avec les savoirs endogènes, la nation pourra créer, innover et réduire sa dépendance vis-à-vis des importations.
Les savoirs endogènes au cœur du développement burkinabè
Il a souligné que de nombreux savoirs locaux permettent déjà de transformer les matières premières, et qu’il suffit d’ajouter la science pour en tirer un bénéfice durable. Le président burkinabè a insisté sur le rôle de la culture dans ce processus de transformation. Il a affirmé que « le burkinabè, l’homme intègre a des valeurs qui nous ont été léguées par nos ancêtres, les valeurs d’honnêteté, d’intégrité, de dignité et de patriotisme ». Ces valeurs doivent être inculquées dès le plus jeune âge, à travers les écoles et l’éducation des enfants.
Le capitaine Traoré a également rappelé que l’année 2025 a été marquée par de nombreux événements culturels, et que 2026 verra la réalisation de grands projets dans ce domaine. Toutefois, il a précisé que « tout cela doit être axé sur nos valeurs ancestrales, endogènes qui doivent permettre de créer des nouveaux burkinabè basés sur nos propres valeurs ». Ce modèle doit se distinguer de celui façonné par l’impérialisme, en mettant la patrie au-dessus de toute considération et en rejetant la corruption sous toutes ses formes.
La culture comme arme contre le terrorisme
Dans son discours, le président du Faso a établi un lien direct entre la culture et la lutte contre le terrorisme. Selon lui, « c’est dans ce sens que nous pouvons vaincre ce terrorisme qui nous menace aujourd’hui ». La culture devient ainsi un instrument de résistance et de résilience, mais aussi un moteur de développement économique et social, capable de transformer les productions locales et de renforcer l’autonomie nationale.
Les deux présidents ont donc convergé sur une même vision, notamment, la culture comme socle de la souveraineté et de l’émergence. Assimi Goita a mis en avant la renaissance culturelle comme garant de la cohésion sociale et de la paix au Mali, tandis qu’Ibrahim Traoré a souligné l’importance des valeurs endogènes pour bâtir un citoyen nouveau, intègre et patriote.
Une vision commune pour l’avenir du Sahel
Ensemble, ils ont affirmé que « la culture participe activement au développement de notre nation » et qu’elle est une arme de construction nationale et un levier de développement endogène. En plaçant la culture au cœur de leurs discours, les dirigeants du Mali et du Burkina Faso ont réaffirmé leur volonté de bâtir des nations souveraines et puissantes, capables de s’affirmer sur la scène internationale.
Leur message du 31 décembre 2025 marque ainsi une étape importante dans la Confédération des États du Sahel, où la culture est désormais reconnue comme un pilier stratégique, au même titre que la défense et l’économie, pour garantir l’avenir des peuples.
Ibrahim Kalifa Djitteye
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