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Viols sur mineures : un ancien employé diplomatique condamné à perpétuité

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Un ancien employé de l’ambassade des États-Unis au Burkina Faso a été reconnu coupable d’abus sexuels sur deux adolescentes. Une affaire qui relance les débats sur l’immunité, la responsabilité et la protection des mineurs dans les milieux diplomatiques.

Un tribunal fédéral américain a condamné à la prison à perpétuité Fode Sitafa Mara, ancien employé de l’ambassade des États-Unis à Ouagadougou, reconnu coupable d’une série de viols sur deux adolescentes burkinabè âgées de 13 et 15 ans. L’annonce a été faite par le ministère américain de la Justice, qui détaille des faits commis entre 2022 et 2023 dans une résidence louée pour le personnel diplomatique.

Selon les procureurs, l’accusé, aujourd’hui âgé de 41 ans, a été reconnu coupable de quatre chefs d’accusation d’abus sexuels sur mineures, ainsi que de tentatives de contrainte et d’entrave à la justice. Les juges ont estimé qu’il avait exploité sa position professionnelle et la vulnérabilité des victimes pour commettre ses crimes.

Abus de position et promesses d’aide médicale

Lors du procès, le parquet a soutenu que l’ancien employé avait proposé d’aider les adolescentes à financer des soins médicaux pour leur mère en échange de relations sexuelles. Une stratégie qualifiée de prédation par le procureur général adjoint Tysen Duva, qui a dénoncé « des violences sexuelles graves commises par une personne censée représenter son gouvernement à l’étranger ».

Le tribunal a retenu l’argument d’un abus d’autorité, considérant que l’accusé avait tiré parti de son statut et de la confiance associée à son rôle diplomatique pour approcher les victimes.

L’enquête a été menée par le Service de sécurité diplomatique, organe chargé de la protection des missions américaines à l’étranger, avec l’appui des forces de l’ordre du Burkina Faso. Cette coopération judiciaire a permis la collecte de preuves et le transfert du dossier devant une juridiction fédérale américaine, compétente pour juger certains crimes commis par des agents liés au gouvernement à l’étranger.

L’affaire illustre la capacité des autorités américaines à poursuivre leurs ressortissants pour des crimes commis hors du territoire national, notamment lorsqu’ils sont employés par l’État.

Un contexte mondial de durcissement des sanctions

Cette condamnation intervient alors que plusieurs pays durcissent leur arsenal pénal contre les crimes sexuels sur mineurs. En novembre 2025, un tribunal de Madagascar a ainsi condamné un homme à la castration chirurgicale après le viol d’une fillette de six ans dans la localité d’Imerintsiatosika.

Si les systèmes juridiques diffèrent profondément, ces affaires témoignent d’une tendance globale à renforcer la répression face aux violences sexuelles sur enfants, sous la pression des opinions publiques et des organisations de défense des droits humains.

Au-delà de l’horreur des faits, l’affaire relance les interrogations sur les mécanismes de contrôle des personnels travaillant dans les représentations diplomatiques et sur les dispositifs de signalement accessibles aux victimes locales.

Pour plusieurs observateurs, ce type de dossier met en lumière une tension persistante : celle qui oppose les privilèges liés au statut diplomatique à l’exigence croissante de redevabilité internationale.

La condamnation à perpétuité prononcée contre l’ancien employé apparaît ainsi, pour les autorités judiciaires américaines, comme un signal destiné à affirmer qu’aucune fonction officielle ne saurait protéger les auteurs de crimes sexuels — y compris lorsqu’ils opèrent à l’étranger.

A.D


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