Après cinq mois de discussions, le pouvoir de transition tchadienne et plusieurs mouvements politiques armés ont signé, lundi 8 août 2022, à Doha au Qatar, un accord de paix. Cet accord devrait ouvrir la voie au dialogue national inclusif.
En vue d’ouvrir la voie au dialogue national inclusif, prévu le 20 août prochain, à N’Djamena, les autorités tchadiennes et 42 des 47 groupes rebelles représentés à Doha (parrain des négociations entre les parties tchadiennes), sont parvenus lundi à un accord, qui devra mettre fin à des décennies de guerres et de conflits entre le gouvernement et des groupes politiques armés.
Un « moment clé pour le peuple tchadien »
Cet épisode, considéré comme une première étape, reste un « moment clé pour le peuple tchadien », affirme le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie officielle à Doha, rapporte TV5 Monde. Toutefois, le chef de l’ONU a insisté sur la nécessité d’un dialogue « inclusif », pour que celui-ci puisse réussir.
Aussi, cet accord, conclu après cinq mois d’échanges au Qatar, prévoit un cessez-le-feu général dès sa signature, avec également la mise en route d’un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion. Il engage aussi les deux parties (Conseil militaire de transition et le camp des rebelles), à ne mener aucune action militaire l’une contre l’autre.
En plus de la prévention d’une loi d’amnistie en faveur des rebelles condamnés, le pouvoir tchadien et ces groupes rebelles signataires ont également envisagé la libération des prisonniers capturés dans les divers affrontements par chaque partie.
Toutefois, indique les termes de l’accord, les groupes politico-militaires doivent à leur tour, renoncer définitivement à la lutte armée et aux actions violentes.
« Non-prise en compte des revendications »
Malgré les espoirs des médiateurs, deux des principaux mouvements rebelles ont refusé de participer à cet accord, notamment le Front pour l’Alternance et la concorde (FACT) et le Conseil de commandement militaire pour le salut de la République (CCMSR).
Dans un communiqué, le FACT affirme que ce « rejet est concomitant à la non-prise en compte » de ses « revendications », notamment la libération des prisonniers. Par ailleurs, ce principal groupe rebelle a affirmé qu’il « reste disponible au dialogue partout et toujours ». De son côté, le CCMSR a annoncé sur sa page Facebook ne pas vouloir signer un accord contraire à ses principes. Les « principes pour lesquels nous nous battons ne nous permettent pas de faire partie d’un dialogue dont nous ne connaissons pas les objectifs ».
Le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Hissein Brahim Taha, qui a pris part à cette cérémonie, a félicité, dans un communiqué, le « gouvernement de la transition et les mouvements politico-militaires au Tchad pour leur engagement qui a permis la signature de cet Accord historique ». Il a formulé l’espoir que cet Accord « permettra de parvenir à une paix durable au Tchad, avec l’engagement des parties tchadiennes et le soutien actif de la communauté internationale au Tchad, dans cette phase cruciale ».
Pour rappel, suite à la mort du Président Idriss Déby Itno (au front contre des rebelles) en avril 2021, le Tchad est dirigé par un Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par son fils, le Général Mahamat Idriss Déby Itno.
Bakary Fomba
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