Home ChroniquesBillet d'humeur Pétrole au Niger: une école pour le futur ou un nœud au passé ?

Pétrole au Niger: une école pour le futur ou un nœud au passé ?

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Ah, la douce ironie de notre temps ! Voici donc le Niger qui, dans un élan de modernisation ambitieux, annonce la création d’une école de pétrole et de gaz. Une initiative qui brille par son ambition de transformer le secteur des énergies fossiles en une mine d’or éducative et économique. Mais attendez, ne nous précipitons pas en applaudissements.

Placée sous l’égide du ministère de l’Enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation technologique, cette nouvelle école promet monts et merveilles dans l’industrie extractive. « Toute la chaîne de production du pétrole, tous niveaux confondus« , nous dit-on. Magnifique ! Mais en creusant un peu, le tableau idyllique se fissure. Pas de date de démarrage des enseignements ? Un détail, sûrement…

Et Zinder, cette ville choisie avec stratégie, juste à côté du site de raffinage et pas loin du gisement pétrolier d’Agadem. Un clin d’œil à l’efficacité logistique ou un simple hasard géographique ? On applaudit l’initiative, tout en s’interrogeant sur le « peut-être » d’un futur où les technologies seront transférées, et où les Nigériens prendront le relais à tous les postes. « Peut-être », le mot est lâché par le Dr Maman Sillimana, avec un soupçon d’optimisme.

Une école aussi pour les trésors renouvelables

Certes, le Niger n’est pas le premier à suivre cette voie; le Sénégal, entre autres, s’est aussi engagé sur cette route pro-fossile, visant à utiliser ses ressources pour propulser son économie. Pourtant, ce qui frappe, c’est cette insistance sur le fossile dans un monde qui crie à l’urgence climatique.

L’Afrique, avec son potentiel gigantesque en énergies renouvelables, semble marcher sur un fil entre développement économique et responsabilité écologique. Faut-il rappeler que, malgré sa contribution minime aux émissions de gaz à effet de serre, le continent est en première ligne des impacts du changement climatique ?

Ainsi, pendant que nous saluons les efforts de développement et d’autonomisation, ne perdons pas de vue cette autre école, celle de la durabilité et de la responsabilité environnementale, où chaque leçon commence et se termine par un « pourquoi » et non un « peut-être« . L’énergie du futur, le vrai or noir, ne se trouve-t-elle pas dans le rayonnement du soleil, le souffle du vent et le cours des rivières ? La vraie question demeure : à quand une école dédiée à ces trésors renouvelables ?

Chiencoro Diarra

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