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Mali : la justice confirme en appel la condamnation de l’ex-premier ministre Moussa Mara

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Au Mali, la Cour d’appel a confirmé, ce lundi, la condamnation de l’ancien premier ministre Moussa Mara à deux ans de prison, dont un an ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA. Une décision qui vient conforter la position des autorités de la transition, déterminées à faire respecter l’ordre institutionnel et à sanctionner toute remise en cause jugée dangereuse pour la stabilité du pays.

Déjà condamné en première instance fin octobre, Moussa Mara, en détention depuis le 1ᵉʳ août, était poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État » et « opposition à l’autorité légitime ». La justice lui reproche un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel il affirmait vouloir se « battre par tous les moyens » pour que le « soleil » succède à « la nuit », des propos interprétés par les magistrats comme un appel à la contestation de l’ordre établi, dans un contexte national marqué par de fortes tensions sécuritaires et politiques.

Un signal judiciaire dans un contexte sensible

Pour les autorités de la transition, cette décision s’inscrit dans une logique de fermeté assumée face à des discours susceptibles d’alimenter l’instabilité. Depuis la prise du pouvoir par les militaires, en 2020 puis 2021, Bamako souhaite rompre avec une culture d’impunité et restaurer l’autorité de l’État, notamment face aux acteurs politiques accusés de fragiliser le processus de refondation en cours.

Dans un pays confronté à une menace sécuritaire persistante, à une recomposition diplomatique régionale et à de profondes réformes institutionnelles, les autorités estiment que les appels ambigus, même formulés sur les réseaux sociaux, peuvent être perçus comme des signaux dangereux. La justice malienne a ainsi choisi de retenir une interprétation stricte des propos de l’ancien chef de gouvernement, soulignant la responsabilité particulière qui incombe aux figures publiques.

La fin d’une indulgence envers les anciens dirigeants

Ancien premier ministre sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta, Moussa Mara reste une figure clivante de la scène politique malienne. Cette condamnation marque la fin d’une indulgence longtemps accordée aux anciens responsables politiques, accusés d’avoir contribué à l’affaiblissement de l’État.

En confirmant la peine prononcée en première instance, la Cour d’appel rappelle ainsi que nul n’est au-dessus de la loi, quel que soit son passé au sommet de l’État. Une ligne défendue avec constance par le pouvoir de transition, qui fait de la restauration de l’autorité judiciaire un pilier de sa gouvernance.

Depuis 2021, les autorités maliennes affirment vouloir replacer la justice au cœur du projet de refondation nationale. L’affaire Moussa Mara s’inscrit dans cette dynamique, aux côtés d’autres procédures visant des acteurs politiques, administratifs ou économiques, présentées comme la preuve d’une volonté de rupture avec les pratiques du passé.

La rédaction 


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