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Le projet Jamana Koloshi Tonba porté par Danbé Ton soutenu par les autorités

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Après avoir consacré 2025 à la culture, les autorités maliennes prolongent l’offensive culturelle en décrétant 2026-2027 « années de l’éducation et de la culture ». Entre initiatives citoyennes et volontarisme politique, Bamako assume le choix de la reconstruction par les savoirs et les valeurs.

Dans un pays souvent raconté à travers le prisme sécuritaire, le pari peut sembler à contre-courant. Pourtant, à Bamako, la reconstruction nationale passe aussi par la culture et l’éducation. Après avoir fait de 2025 « l’Année de la culture », les autorités maliennes ont décidé d’inscrire 2026-2027 sous le signe conjugué de l’éducation et de la transmission des valeurs, dans une démarche assumée de refondation sociale.

C’est dans ce contexte que le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a reçu le 20 février une délégation de l’Association Danbé Ton conduite par son président, Adama Coulibaly, accompagné de l’ancien ministre Mohamed S. Coulibaly.

Au cœur des échanges : l’initiative Jamana Koloshi Tonba, un programme centré sur l’éducation aux valeurs sociétales maliennes, dans un pays où la question du lien social est devenue un enjeu stratégique autant que culturel.

La culture comme levier de stabilité

En décrétant ces deux années dédiées à l’éducation et à la culture, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, inscrit son action dans une logique de reconquête symbolique. L’objectif est de replacer les référents culturels, les savoirs endogènes et la transmission intergénérationnelle au cœur du projet national.

Pour Mamou Daffé, l’initiative portée par Danbé Ton s’inscrit « en droite ligne avec la vision des plus hautes autorités », notamment à travers le programme Danbé Kolosibaw, un corps de médiateurs sociaux et de transmetteurs du patrimoine culturel immatériel réunissant autorités traditionnelles, légitimités locales et personnes ressources de toutes les régions du pays.

Derrière ces mots se manifeste la conviction que la cohésion nationale ne peut se décréter uniquement par des politiques publiques classiques. Elle doit aussi se nourrir d’un travail patient sur les valeurs, la mémoire et les repères collectifs.

Au Mali, la culture n’est pas seulement un patrimoine, elle est un outil politique au sens noble du terme. En encourageant la synergie entre initiatives citoyennes et action gouvernementale, les autorités cherchent à structurer un écosystème où artistes, leaders communautaires et institutions participent à une même dynamique de transmission.

Reconstruire par la transmission

Dans un contexte régional marqué par les recompositions géopolitiques et les crises de confiance, cette orientation est une manière de redonner du sens au projet national, en s’appuyant sur des référents culturels partagés.

L’audience accordée à la délégation de Danbé Ton illustre cette volonté d’ouvrir des espaces de dialogue entre l’État et les acteurs de la société civile. L’accent mis sur l’éducation aux valeurs sociétales traduit la lecture politique selon laquelle l’avenir du pays se joue aussi dans la capacité à transmettre un socle commun de repères culturels.

Au-delà des symboles, la démarche vise à inscrire la culture et l’éducation comme piliers durables de la stratégie nationale, dans une approche où le patrimoine immatériel devient un vecteur de résilience collective.

Dans un monde où les nations se livrent aussi une bataille des récits, le Mali choisit de répondre par la réaffirmation de son identité et de ses valeurs. Un pari sur le long terme, qui fait de la culture non plus un simple héritage, mais un projet d’avenir.

A.D


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