#ChroniqueDuSamedi : Au revoir ATT, bonjour le Mali !

#ChroniqueDuSamedi : Au revoir ATT, bonjour le Mali !
Cortege funebre

Entré par la grande porte de l’histoire, il y sort par la petite porte avant de la réintégrer avec gloire. Oui, le général Amadou Toumani Touré a été accompagné dans sa dernière demeure avec tous les honneurs dans un pays où il avait été qualifié de chef djihadiste, d’épicentre de la crise sécuritaire qui infestait le pays en 2012. Donc, d’ennemi numéro 1 de son peuple, voire de son pays.

« Bè bi ba bolo » (chacun pour soi, Dieu pour tous), « Vous ne connaissez pas la guerre ». Incompris par son peuple, celui que tout le monde appelle affectueusement ATT et qui a été à l’origine de l’instauration de la démocratie malienne, devient plus vite la risée publique. Chassé du pouvoir par des militaires en 2012, en raison de son impopularité, il exilera à Dakar durant des années, loin du pays qu’il a toujours porté dans le cœur.

Aujourd’hui, après sa rupture avec le monde visible, le même peuple qui l’a honni hier, le qualifie de vrai démocrate, d’homme intègre, de dialogue, de paix, de dirigeant exceptionnel. Son peuple lui donne raison après son départ pour l’éternité.

Ce peuple, qui l’a plébiscité avant de le chasser comme un vulgaire voleur, pleure sa mort, le regrette pour ses nombreuses réalisations, pour avoir compris son peuple. Le ridicule ne tue point le peuple malien.

 Quand est-ce que nous sortirons du remords ? Quand est-ce que nous apprendrons à être objectifs en sortant des manipulations au profit de politiques opportunistes ? Quand est-ce que nous arrêterons de pleurer nos morts ? En tout cas, le Mali est loin de voir le bout du tunnel. Car jusque-là, il n’y a pas « d’initiative populaire ». Ce qui fait du peuple malien un vulgaire papillon qui se laisse balloter par des vents contraires.

Si de l’indépendance à nos jours, le mandat de la plupart des chefs d’État a été couronné de coup d’État militaire, c’est parce que le peuple se laisse instrumentalisé par des politiques en quête de satisfaction d’intérêts inavoués. 

Néanmoins, le cas ATT devrait servir de leçon de démocratie au peuple malien. En tout cas, s’il veut se distinguer des politiques qu’il qualifie de « menteurs ». En chœur, disons donc au revoir ATT, bonjour le Mali !

Togola

Sahel Tribune

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