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Burkina Faso : 11 ans de prison pour un scandale de fonds destinés aux déplacés

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La justice burkinabè a condamné vendredi 27 mars l’ancienne ministre de l’Action humanitaire, Laure Zongo, dans une affaire de détournement de fonds destinés aux populations déplacées par le terrorisme. Le procès, très suivi à Ouagadougou, met en lumière la gestion controversée de plusieurs milliards de francs CFA destinés à l’aide humanitaire.
Au terme de onze jours d’audience, la justice burkinabè a rendu un verdict sévère dans une affaire emblématique de lutte contre la corruption. Plusieurs prévenus, dont l’ancienne ministre Laure Zongo Hien, ont été condamnés pour détournement de deniers publics et infractions connexes.

C’est un jugement très attendu qui est tombé vendredi au Burkina Faso. Après près de deux semaines de débats, le tribunal a rendu sa décision dans l’affaire dite « Yé Yaké Camille et autres », portant sur un montant estimé à 115 millions de francs CFA. Un dossier emblématique, mêlant accusations de détournement de fonds publics, complicité, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

Parmi les condamnations les plus marquantes figure celle de l’ancienne ministre Laure Zongo Hien. Elle écope de cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende de 10 millions de francs CFA. Le tribunal a également délivré à son encontre un mandat d’arrêt. Selon des sources judiciaires, elle est hospitalisée depuis le 24 mars.

Peines lourdes pour les principaux accusés

Considéré comme le principal protagoniste du dossier, Yé Yaké Camille a été condamné à la peine la plus lourde : 11 ans de prison ferme et une amende de 462,8 millions de francs CFA. Le juge a ordonné son placement sous mandat de dépôt.

Dans le même dossier, Issiaka Sangaré a été condamné à cinq ans de prison ferme, accompagnés d’une amende de 67,5 millions de francs CFA. Là encore, un mandat de dépôt a été prononcé.

En revanche, Pasco Billa a bénéficié d’une peine plus clémente : 15 mois de prison avec sursis et une amende ferme de 5 millions de francs CFA.

Relaxes et zones d’ombre

Le tribunal a toutefois prononcé la relaxe de plusieurs prévenus. Lydie Bonkoungou, Kouka Dimanche Yaméogo et Billy Zongo ont été acquittés au bénéfice du doute concernant les accusations de complicité de détournement de deniers publics. Ils ont également été relaxés pour les faits de blanchiment de capitaux, faute d’infraction constituée.

L’homme d’affaires Ismaël Ouédraogo a, lui aussi, été relaxé des charges d’enrichissement illicite et de blanchiment.

Un procès sous tension

Tout au long des audiences, les accusés ont rejeté en bloc les faits qui leur étaient reprochés, plaidant non coupable. Le parquet, de son côté, avait estimé les infractions suffisamment établies et requis des peines allant jusqu’à 11 ans de prison ferme, assorties d’amendes pouvant dépasser 500 millions de francs CFA.

L’affaire « Yé Yaké Camille et autres » s’inscrit dans un ensemble plus large de dossiers judiciaires liés à la délinquance économique. Elle est notamment connexe à celle impliquant Amidou Tiegnan, portant sur un présumé détournement de plus de 3 milliards de francs CFA.

Un signal politique et judiciaire

Très suivi par l’opinion publique, ce procès intervient dans un contexte de renforcement affiché de la lutte contre la corruption au Burkina Faso. Les autorités entendent multiplier les poursuites et les sanctions contre les crimes économiques, dans un pays où la question de la gouvernance reste au cœur des préoccupations.

Ce verdict, à la fois sévère et contrasté, envoie le signal que la justice burkinabè entend désormais traiter avec fermeté les affaires de détournement de fonds publics, tout en respectant les principes du contradictoire et du doute raisonnable.

A.D


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