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Directeur de la DIRPA
A la UneSécurité

Mali : Souleymane Dembélé démonte les « faux blocus » et confirme le repli des terroristes

by Chiencoro 8 septembre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Ce lundi 8 septembre 2025, au siège de la DIRPA à Bamako, le Colonel-major Souleymane Dembélé, Directeur de l’Information et des Relations Publiques des Armées, a fait face à la presse nationale et internationale. Un rendez-vous désormais mensuel, voulu par les autorités de transition, pour conjurer les rumeurs, rétablir les faits et rappeler, chiffres et terrain à l’appui, que les Forces armées maliennes – et avec elles l’Alliance des États du Sahel (AES) – ne subissent pas la guerre mais la mènent.

Devant une salle comble de journalistes venus des médias publics et privés, le porte-parole de la « grande muette » a d’abord balayé les accusations de « blocus » relayées par certaines sources locales. « Il n’y a pas de siège imposé par les groupes armés terroristes, mais parfois des difficultés passagères dues à la saison des pluies ou à des attaques sporadiques », a-t-il expliqué. Dans un pays au territoire vaste comme deux fois la France, où le relief et les pluies dictent encore les mobilités, l’aveu d’une vulnérabilité passagère se conjugue à l’assurance d’une réponse rapide, coordonnée, ciblée.

Les forces de l’AES « sont en position de force »

Mais le message essentiel est ailleurs. Selon Dembélé, « l’ennemi est en repli stratégique, bousculé par la montée en puissance des FAMa ». Incapables d’affronter directement les forces régulières, les groupes armés n’auraient d’autre choix que de se rabattre sur des cibles « lâches » : convois de citernes, véhicules civils, infrastructures économiques. Objectif : retourner les populations contre Bamako et ses alliés burkinabè et nigériens. Résultat : « les populations ont compris le jeu », insiste l’officier, soulignant que la guerre de l’information, désormais, se joue autant sur le terrain que dans les esprits.

Dans cette bataille, l’arsenal adverse évolue – drones, engins explosifs improvisés, sabotages, kidnappings –, mais la réponse, elle, se veut implacable. Le Colonel-major rappelle que les forces de l’AES « sont en position de force » et que l’interopérabilité, renforcée par les patrouilles conjointes et l’échange de renseignements, permet de reprendre l’initiative.

L’unité nationale, condition sine d’un Mali fort 

Enfin, au-delà du champ militaire, Souleymane Dembélé a tenu à rappeler la ligne rouge tracée par le Président de la Transition : la stabilité institutionnelle. Revenant sur la tentative avortée de coup d’État, il a martelé qu’« aucune subversion ne sera tolérée, aucune complaisance accordée ». L’armée, dit-il, restera debout, loyale, disciplinée.

En conclusion, le porte-parole a lancé un appel clair à l’unité nationale, condition sine qua non pour que le Mali, fort de l’appui de ses partenaires sahéliens, consolide les acquis sécuritaires et restaure partout l’autorité de l’État. La transparence de ces points de presse, leur régularité, mais surtout leur ton offensif traduisent la conviction d’une transition qui veut faire de l’information une arme de guerre – et de la confiance entre les FAMa et le peuple malien, le cœur de sa stratégie de victoire.

Chiencoro Diarra 

8 septembre 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
Edito

Un tir sur un drone, mais c’est l’Algérie qui se crashe moralement

by Sahel Tribune 8 septembre 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Sous les sables de Kidal, un drone détruit, une hypocrisie éventrée. Le geste d’Alger n’est pas seulement une violation de l’espace aérien, c’est l’aveu d’un régime qui confond voisinage et tutelle.

Il fallait oser. Alger l’a fait. Dans la nuit du 31 mars au 1ᵉʳ avril — date propice aux mauvaises blagues — le régime algérien a abattu un drone malien de reconnaissance dans le ciel de Kidal, ont informé les autorités maliennes de la transition. Un tir prémédité, revendiqué à demi-mot, qui ressemble à s’y méprendre à un « poisson d’avril » géopolitique… sauf que, cette fois-ci, la plaisanterie a couté cher.

Car ce n’est pas seulement un aéronef qui est tombé en flammes à Tinzaouatène, mais aussi l’illusion d’un voisinage apaisé. En détruisant l’appareil, Alger a également pulvérisé le principe sacro-saint de non-agression inscrit dans la charte onusienne. La frontière, censée séparer deux peuples frères, s’est muée en ligne de fracture où la mauvaise foi se conjugue avec la condescendance. Au pays de l’« hirak » muselé et des généraux omniprésents, on préfère tirer sur un drone malien que de viser, enfin, les véritables ennemis : les trafiquants et djihadistes qui, ironie cruelle, circulent dans le même espace aérien… mais eux, en toute impunité.

En Algérie, on filme la lucidité stratégique

Depuis Bamako, la riposte est juridique. Une plainte en bonne et due forme déposée devant la Cour internationale de justice, a informé le gouvernement malien en début de week-end dans iun communiqué. Un geste symbolique ? Peut-être. Mais surtout un signal : le Mali, lassé des sermons paternalistes, rappelle qu’il n’est plus ce cadet docile que l’on tance du haut de l’Atlas. Face aux drones détruits, Bamako oppose le droit brandi. Face aux accusations algériennes de « violation d’espace », la transition malienne répond par une violation manifeste du bon sens.

Le plus triste dans cette affaire ? Que le régime algérien, engoncé dans ses réflexes de puissance régionale frustrée, préfère la pyromanie diplomatique au réalisme coopératif. À Kidal, le drone malien filmait le désert. À Alger, on filme un autre désert : celui de la lucidité stratégique.

A.D

8 septembre 2025 0 comments
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Les femmes dans les marchés de Bamako
A la UneÉconomie

Bamako : dans les marchés, la résilience des femmes face à la précarité et à l’inflation

by Fatoumata Togo 8 septembre 2025
written by Fatoumata Togo 4 minutes read

Au cœur des marchés de Bamako, des milliers de femmes, piliers de l’économie informelle, luttent chaque jour pour nourrir leurs familles. Entre débrouille, quête d’indépendance et flambée des prix, elles incarnent une résilience silencieuse qui façonne l’avenir économique et social de la capitale malienne.

Pour de nombreuses femmes de Bamako, vendre au marché n’est pas un choix, mais une nécessité. Hawa Guindo, le visage marqué par le soleil et le travail, est l’une d’entre elles. Assise devant son étal, elle confie : « Nos ventes nous aident à couvrir nos petites dépenses et celles de nos enfants. » Son témoignage est un écho à la réalité de milliers de foyers maliens où chaque franc compte. Hawa ne se plaint pas, mais ne masque pas les difficultés : « Chaque jour, nous nous débrouillons avec ce que nous avons. Les bénéfices sont parfois très faibles, et quand les ventes sont bonnes, cela fait une réelle différence. » Cette fluctuation des revenus est une constante dans le secteur informel, où la stabilité est un luxe rarement accessible.

À ses côtés, Mariam Diarra, vendeuse de céréales, abonde dans le même sens : « On se lève avant l’aube pour préparer nos marchandises et on rentre souvent tard le soir. C’est un travail acharné, mais il faut le faire pour nourrir nos familles », explique-t-elle, les yeux fatigués mais le regard déterminé. Pour Mariam, comme pour Hawa, chaque journée est une bataille pour assurer le lendemain de leurs proches.

L’indépendance, une quête de dignité

L’autonomie est un mot qui revient souvent dans la bouche de ces travailleuses infatigables. Awa Keita, vendeuse de légumes, incarne cette quête de dignité. Ses mains sont habiles à préparer ses produits, son esprit aiguisé à gérer son petit commerce. « Je peux prendre soin de mes enfants et subvenir à leurs besoins», affirme-t-elle avec une fierté palpable. Pour Awa et beaucoup d’autres, l’activité marchande transcende la simple transaction commerciale ; elle est un vecteur d’émancipation sociale. « Nous devenons indépendantes et évitons de quémander », ajoute-t-elle, soulignant l’importance psychologique et sociale de leur travail. Cet engagement personnel leur confère une place respectée au sein de leurs familles et de leurs communautés.

Cependant, cette indépendance durement acquise n’est pas sans embûches. Awa Keita lance un appel clair aux autorités : « Il est crucial que les autorités nous fournissent un soutien durable pour améliorer nos conditions de travail. » Un soutien qui permettrait de passer de la simple survie à une véritable progression économique.

Face à l’inflation, la devise de la débrouille

La flambée des prix est une préoccupation majeure pour ces femmes. F. Coulibaly, une autre vendeuse croisée au cœur du marché, exprime une joie simple mais profonde : « Faire les petits besoins de mes enfants me rend heureuse. » Pourtant, cette joie est souvent teintée d’inquiétude. Le coût des légumes, denrées essentielles, ne cesse d’augmenter, rognant les marges déjà minces de ces commerçantes. « Se débrouiller est notre devise », déclare-t-elle avec une résignation empreinte de force. Son cri d’alarme est également adressé aux pouvoirs publics, implorant une intervention pour stabiliser les prix. Une mesure qui pourrait considérablement alléger le fardeau de ces familles et garantir une meilleure sécurité alimentaire.

Sitan Sidibé, qui vend des condiments et des épices, partage ces préoccupations. « Les prix changent tout le temps, et c’est difficile de s’y retrouver. Quand le prix d’un sac de piment augmente de moitié en quelques jours, il faut trouver des solutions pour ne pas perdre nos clients et gagner notre vie », confie-t-elle avant de souligner la nécessité d’une meilleure régulation pour protéger les petits commerçants et les consommateurs.

Une résilience inspirante et un appel à l’action

Les récits de ces femmes ne sont que quelques-unes des innombrables histoires qui tissent la trame de l’économie informelle de Bamako. Ces femmes, malgré les défis structurels, la précarité des revenus et l’absence de filets sociaux formels, font preuve d’une résilience et d’une ingéniosité remarquables. Leur travail est bien plus qu’une simple activité économique ; il est un pilier de la société malienne, un garant de la dignité et un moteur d’autonomie.

Leur détermination est une source d’inspiration, mais elle doit aussi être un catalyseur pour l’action. Le soutien durable des autorités, la stabilisation des prix des denrées de base et la reconnaissance officielle de leur rôle vital sont essentiels pour transformer cette économie informelle en un secteur plus sûr et plus prospère pour ces femmes qui bâtissent l’avenir de Bamako, jour après jour.

Fatoumata Togo, stagiaire

8 septembre 2025 0 comments
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Bocar Harouna DIALLO, Géographe spécialiste en Développement régional et territorial, analyse la 19e édition du Forum africain sur les systèmes alimentaires (AFSF) au Sénégal.
A la UneÉconomie

Forum africain des systèmes alimentaires : pourquoi Dakar devient un laboratoire stratégique

by Bocar Harouna Diallo 3 septembre 2025
written by Bocar Harouna Diallo 2 minutes read

À l’heure où le Sahel s’interroge sur son avenir alimentaire, Dakar accueille l’AFSF 2025. Le Sénégal, avec son potentiel agricole, mais aussi ses vulnérabilités climatiques et sociales, devient un laboratoire grandeur nature pour penser la souveraineté alimentaire africaine du XXIᵉ siècle.

L’organisation de la 19e édition du Forum africain sur les systèmes alimentaires (AFSF) au Sénégal (31 août — 5 septembre 2025) est un évènement stratégique qui transforme ce pays en un cas d’étude privilégié pour analyser les défis alimentaires continentaux. Le Sénégal est représentatif des enjeux africains contemporains, avec 78 % de sa population active employée dans l’agriculture.

Défis systémiques et stratégiques identifiés

D’une part, la vulnérabilité climatique associée à la pression démographique révèle un paradoxe : malgré un potentiel hydrique considérable (35 milliards de m³ d’eau de surface, dont moins de 5 % sont exploités), l’adaptation des infrastructures agricoles reste insuffisante. D’autre part, les changements socio-spatiaux, caractérisés par une urbanisation rapide et un exode rural, créent une tension structurelle entre les besoins alimentaires urbains croissants et un déclin relatif de la main-d’œuvre agricole, malgré un ratio favorable de terres par habitant (385 ha/1 000 habitants).

En conséquence, l’AFSF 2025 s’articule autour de trois grands axes. Tout d’abord, la résilience géopolitique face aux crises mondiales d’approvisionnement, où les conditions agroécologiques du Sénégal (trois saisons de culture) offrent un modèle pour réduire la dépendance vis-à-vis de l’extérieur. Ensuite, l’hybridation des savoirs traditionnels et scientifiques comme approche pragmatique de l’adaptation au climat. Enfin, l’intégration régionale, facilitée par la position géographique stratégique du Sénégal.

Mécanismes de transformation et perspectives scientifiques

En outre, l’allocation budgétaire de 130 milliards de francs CFA à l’agriculture (dépassant les recommandations de Maputo) illustre l’engagement politique nécessaire. Cependant, l’optimisation de ces investissements nécessite des mécanismes innovants : des crédits adaptés aux jeunes, des infrastructures numériques rurales et une formation continue.

À terme, l’AFSF 2025 vise à développer un modèle africain de souveraineté alimentaire qui intègre simultanément les variables climatiques, démographiques, sociales et géopolitiques. L’expérience sénégalaise, avec son potentiel et ses contraintes, fournit ainsi une base empirique pour conceptualiser un modèle qui peut être reproduit à l’échelle continentale, transformant l’objectif d’un « grenier de l’Afrique de l’Ouest » en un paradigme de développement durable pour l’Afrique du XXIe siècle.

Bocar Harouna DIALLO, Géographe spécialiste en Développement régional et territorial
📧 boxdiallo@hotmail.fr

3 septembre 2025 0 comments
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RAMU au Mali
A la UneSanté

RAMU au Mali : la CANAM trace la voie d’une couverture santé universelle

by Chiencoro 2 septembre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Dans un Mali traversé par les crises, mais avide de justice sociale, la CANAM a choisi d’aller au-devant des citoyens pour expliquer et défendre le Régime d’Assurance Maladie universelle (RAMU). Du 10 au 28 août, de Koulikoro à Gao, une campagne nationale de sensibilisation a fait de cette réforme plus qu’un dispositif technique : un projet collectif, un acte de souveraineté, une promesse de dignité.

Il est des réformes qui se déclinent en acronymes technocratiques, fades et sans chair. Et puis il y a celles qui s’incarnent dans des visages, des routes sillonnées, des débats animés dans des salles communales. Le Régime d’Assurance Maladie universelle (RAMU), que porte aujourd’hui la Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM), appartient à cette seconde catégorie : une réforme qui descend de l’estrade des lois pour entrer dans le quotidien des Maliens.

Entre le 10 et le 28 août, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et Gao ont vu passer une délégation pas comme les autres : juristes, communicateurs, syndicalistes, techniciens. Leur mission ? Expliquer, convaincre, répondre aux doutes et, surtout, rallier. Car le RAMU, pour réussir, doit d’abord être compris et accepté.

Leçons d’un passé à dépasser

L’Assurance Maladie obligatoire (AMO) avait posé les premières pierres, mais mal assises : couverture limitée, gestion contestée, soupçons de fraude. Avec le RAMU, la CANAM veut tourner la page des approximations pour bâtir un système robuste. Transparence, lutte contre la fraude, clarté institutionnelle. Voilà les maîtres-mots martelés lors des ateliers. Ici, il ne s’agit plus d’un dispositif bricolé, mais d’une véritable architecture sociale.

C’est à Gao, ville meurtrie par l’insécurité, que la campagne a trouvé son écho le plus fort. « Cet atelier est un souffle d’espoir », a déclaré le préfet Amadou Ouologuem. La santé devient plus qu’un droit. Elle est un acte de résilience nationale. Dire à une population qui survit sous la menace que l’État reste capable de protéger, c’est une victoire politique autant que sociale.

Une pédagogie de proximité

La méthode choisie par la CANAM est révélatrice : pas de communication verticale, mais un dialogue citoyen. Dans chaque région, près d’une centaine d’acteurs — élus locaux, syndicats, associations, services déconcentrés — ont confronté leurs expériences et proposé des pistes d’amélioration. Résultat : le RAMU s’annonce moins comme une réforme imposée d’en haut que comme une cause collective, partagée par ceux-là mêmes qui en seront les premiers bénéficiaires.

Le RAMU n’est pas qu’un projet sanitaire. Il est un contrat social : chacun contribue, chacun bénéficie. Il est aussi une affirmation de souveraineté : dans un Mali souvent sommé de mendier des programmes importés, voici une initiative conçue, expliquée et portée par des Maliens, pour des Maliens. À travers la CANAM, l’État démontre que la santé n’est pas une faveur, mais un droit inaliénable.

Le visage d’un Mali solidaire

La route reste longue, semée de défis logistiques et budgétaires. Mais une dynamique est enclenchée. Car derrière l’acronyme RAMU, il y a la promesse d’un Mali où la solidarité cesse d’être un slogan pour devenir une réalité vécue, dans les centres de santé, les villages et les familles.

Le RAMU, comme porté aujourd’hui par la CANAM, n’est pas seulement une réforme. C’est une ambition, un pari, presque une profession de foi. Celle d’un Mali qui refuse la fatalité et qui choisit, malgré les épreuves, de bâtir son avenir sur la justice sociale et la dignité humaine.

Chiencoro Diarra 

2 septembre 2025 0 comments
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Sidi et l'agent du CICR quittent Bamako pour Cotonou
A la UneSécurité

Mali : Après 6 ans de séparation, place aux retrouvailles

by Sahel Tribune 1 septembre 2025
written by Sahel Tribune 6 minutes read

En 2019, Sidi originaire du Bénin, s’est retrouvé à errer seul dans les rues d’Abala au Niger. C’est pourtant à Ménaka (région du Mali, frontalière avec le Niger) que nous avons fait sa connaissance. Son parcours est tristement représentatif de celui de nombreux enfants non accompagnés, contraints de partir de leur foyer, en raison des difficultés économiques familiales liées ou pas au conflit. 

Il est environ 16 h à l’aéroport de Cotonou. Le vol en provenance de Bamako vient d’atterrir. À son bord se trouve le jeune Sidi*, de retour chez lui après six longues années d’absence. Dans la salle d’arrivée, Nouratou*, sa mère, scrute la pièce à la recherche de son fils. Lorsqu’elle aperçoit enfin son fils, ses jambes flanchent presque sous l’émotion.

« Quand nous nous sommes séparés, il était encore un enfant. Aujourd’hui, il est plus grand que moi », dit-elle les larmes aux yeux. Il ne leur faudra que quelques instants pour se jeter dans les bras l’un de l’autre, emportés par des retrouvailles bouleversantes.

Un chemin semé d’embûches

« J’ai abandonné l’école à la primaire. Comme mes sœurs, je voulais travailler pour soutenir ma famille, alors on m’a confié à un ouvrier en bâtiments », raconte Sidi. « Il m’a engagé comme apprenti, et nous avons pris la route du Niger, où il travaillait. »

Arrivés à Niamey, la capitale nigérienne, tous deux travaillaient sur des chantiers. Lorsque son tuteur recevait son salaire, Sidi, lui, touchait une maigre somme. Très vite, leur relation s’est dégradée : son protecteur d’hier a commencé à le battre violemment jusqu’à ce fameux jour où il a réussi à s’échapper. 

Livré à lui-même, sans repères et sans aucune personne vers qui se tourner, le jeune garçon a erré pendant des mois dans les rues de Niamey, avant de rencontrer Lassine* qui devint son bienfaiteur durant 4 ans.

« Lassine est un transporteur. Quand il a appris que j’étais livré à moi-même, il m’a recueilli et m’a amené avec lui à Ménaka. J’ai été son apprenti durant une année. Avec les violences armées qui persistaient dans la zone, nous avons fini par nous installer dans la ville de Ménaka ».

C’est là que Sidi a pu, enfin, apprendre le métier dont il rêvait depuis toujours : la couture.

Un nouveau chapitre

À Ménaka, Sidi est redevenu un enfant comme les autres. Accueilli chez Lassine, il a appris à parler le songhaï et s’est rapidement fait des amis avec qui il jouait tous les jours.

 « Là-bas, j’étais bien traité. Sa famille me considérait comme l’un des leurs. Elle a facilité mon intégration et je me suis senti comme à la maison » dit-il, souriant.

C’est dans cette ville que Sidi a commencé à écrire un nouveau chapitre de sa vie. Grâce à un programme d’accompagnement et d’autonomisation des jeunes mis en œuvre par une organisation locale, il a pu entamer une formation en couture, sa passion.

Son quotidien était tout aussi simple que celui des autres enfants de son âge : « Après le petit déjeuner, j’allais à l’atelier de couture. Je revenais déjeuner à midi avant d’y retourner encore. Le soir, je m’installais devant la maison avec les autres enfants pour faire du thé et jouer. Et au moment de dormir, on rentrait. »

À la suite d’une prise d’informations sur sa situation, cette organisation servit de trait d’union entre le jeune et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Une réunification minutieuse aux défis logistiques importants

Grâce à une collaboration régionale entre le CICR et la Croix-Rouge du Bénin (CRB), la mère de Sidi est localisée, en février 2025, dans les environs de Porto-Novo au Bénin. Commence alors un important travail logistique pour que la famille soit enfin ensemble. 

« Quand j’ai décroché le téléphone, j’ai vu toute ma famille réunie autour de ma mère. Ils criaient : « C’est Sidi, c’est Sidi ! » Et maman a commencé à parler en pleurant… C’est là que j’ai compris à quel point ma famille m’avait manqué », raconte-t-il avec émotion.

Depuis Ménaka, Sidi est transporté par avion jusqu’à Bamako. Il y séjourne presque un mois, le temps que tous les documents administratifs et juridiques nécessaires soient réunis. Une attente longue pour le jeune garçon qui s’impatiente.  

« Le processus était complexe et nécessitait une forte mobilisation. Il fallait non seulement avoir certains documents auprès des autorités maliennes, mais aussi auprès des autorités béninoises et de sa mère. On ne pouvait que patienter et suivre les étapes pour non seulement respecter les textes juridiques, mais aussi protéger l’enfant », explique Telegna Doboko, délégué en charge de la protection au CICR.

À l’aube de ce vendredi du mois d’Avril, sur la route de l’aéroport international Président Modibo Keita de Bamako, Sidi est submergé par l’émotion. Ce jour n’est pas comme les autres : c’est celui des grandes retrouvailles, après six longues années de séparation.

« J’avais hâte de retrouver ma famille. J’ai longuement rêvé de nos retrouvailles. Ma tête posée sur les genoux de ma mère, entouré par mes sœurs, je nous revoyais discuter comme avant, mais à chaque réveil, je pleurais, car ce n’était pas la réalité ».  

Accompagné par un agent du CICR, Sidi retrouve enfin l’étreinte maternelle qui lui avait tant manqué.

Désormais, il vit auprès de sa famille. Il envisage de continuer la couture et de se mettre à son compte. Bien qu’il ait dû traverser des épreuves difficiles, il garde une reconnaissance particulière pour Lassine ainsi qu’un précieux souvenir de Ménaka.

« Quand j’aurai de l’argent, je reviendrai un jour à Ménaka. J’irai voir Lassine et tous mes amis. Et, si j’ai de l’argent, je leur en donnerai pour les aider comme ils m’ont aidé », affirme-t-il.

Actions du CICR au Mali dans le domaine du rétablissement des liens familiaux Le CICR et la Croix-Rouge malienne aident les familles à retrouver leurs proches disparus ou arrêtés en lien avec le conflit. Les appels téléphoniques et les messages Croix-Rouge (lettres ouvertes qui ne contiennent que des nouvelles familiales) permettent ainsi aux membres de familles séparées et aux migrants de renouer et de maintenir le contact familial. Le CICR et la Croix-Rouge malienne travaillent à réunir avec leurs familles, les enfants séparés de leurs parents en raison du conflit, y compris ceux qui étaient associés aux forces ou groupes armés.En 2024, le CICR et la Croix-Rouge malienne ont ainsi facilité 18 849 appels téléphoniques, l’échange de 431 messages Croix-Rouge, la réunification de 12 familles, et ont ouvert 336 nouvelles demandes de recherche dont 205 ont été résolues.

PS : Sidi, Nouratou et Lassine sont des prénoms d’emprunt. 

Note de la rédaction : Cet article est une contribution que nous publions dans le cadre de notre partenariat avec le CICR. 

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Inondation au Mali
Sécurité

Hivernage 2025 au Mali : pluies diluviennes, maisons effondrées, vies brisées

by Sahel Tribune 30 août 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Au Mali, l’hivernage 2025 vire au cauchemar : 23 morts, 34 blessés et plus de 16 000 sinistrés depuis juin. Entre pluies diluviennes, maisons effondrées et urbanisation anarchique, le pays affronte une tragédie qui dépasse la seule fatalité climatique.

Il y a les chiffres, implacables. Et puis il y a les visages, invisibles derrière les colonnes d’un communiqué officiel, mais que chacun devine : des familles sans abri, des enfants pieds nus dans la boue, des villages engloutis par les crues. En rendant public, le 29 août, son neuvième communiqué de la saison, le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes n’a fait que confirmer ce que tout Bamako redoutait déjà : l’hivernage 2025 est en train de s’imposer comme une nouvelle tragédie nationale.

Un désastre qui n’épargne aucune région 

En une seule semaine, du 19 au 25 août, quatre cas d’inondations et l’effondrement de 438 maisons ont été recensés. Depuis le début de la saison, le bilan cumulé atteint 38 inondations, 6 cas de foudre et 4 cas de vents violents. Résultat : 23 morts, 34 blessés et plus de 1 105 maisons détruites. Le chiffre glaçant de 16 437 sinistrés, regroupés en 2 017 ménages, donne la mesure d’un désastre qui n’épargne aucune région du pays.

Les mots du gouvernement se veulent compatissants — condoléances aux familles éplorées, vœux de rétablissement aux blessés — mais ils sont aussi pragmatiques. Les autorités mettent en avant une série de mesures d’urgence : renforcement des brigades de la Protection civile, constitution de stocks de médicaments et intrants sanitaires, poursuite des travaux sur le collecteur Banconi, campagnes de sensibilisation relayées jusque sur l’application SOS Sécurité. Le projet des « mois citoyens », mobilisant brigadiers et volontaires, est présenté comme une réponse de proximité à une catastrophe aux multiples visages.

La pédagogie de l’urgence 

Mais derrière la mécanique institutionnelle, une autre vérité s’impose. Car le Mali ne paie pas seulement le prix d’un ciel capricieux, mais aussi celui de son aménagement précaire. Les marigots de Bamako, saturés dès le moindre orage, témoignent de l’absence chronique de drainage urbain. Les stations hydrométriques tirent la sonnette d’alarme : au 22 août, le niveau de vigilance jaune était déjà atteint dans la capitale. Quant aux bassins du Niger, du Sénégal et du Bani, ils ploient sous des pluies supérieures à la normale.

Dans ce contexte, la liste des consignes de prudence — ne pas s’engager sur une route inondée, éviter les arbres en cas d’orage, ne pas toucher aux câbles électriques, signaler tout animal aquatique — ressemble à un catalogue de survie. Une pédagogie de l’urgence, que les autorités répètent inlassablement.

Plusieurs initiatives en cours

Chaque année, le même scénario se reproduit. Des pluies diluviennes, des maisons effondrées, des morts, et l’espoir, à chaque saison, que la suivante sera moins cruelle. Mais à mesure que le climat se dérègle et que les infrastructures peinent à suivre, l’hivernage malien cesse d’être un simple cycle météorologique pour devenir un test de résilience nationale. Et ce test, jusqu’ici, ressemble davantage à une épreuve permanente qu’à une victoire à venir.

Il faut rappeler qu’en raison des inondations de l’année dernière, les autorités de la transition, sur instruction du général Assimi Goïta a adopté plusieurs mesures en vue d’atténuer les inondations cette année. Ces mesures vont à l’accompagnement des sinistrés de l’année dernière à la démolition des constructions sur les voies de passage des eaux de ruissèlement.

A.D

30 août 2025 0 comments
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