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Abdoulaye Maïga, PM
ActuPolitique

Mali : Le gouvernement évalue à mi-parcours la mise en œuvre du Plan d’Action 2025-2026

by Chiencoro 20 novembre 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

À Bamako, le Conseil des ministres du 19 novembre 2025, présidé par le Général d’Armée Assimi Goïta, a passé en revue l’état d’exécution du Plan d’Action du Gouvernement (PAG) 2025-2026. À mi-parcours, plus de 86 % des activités sont réalisées ou en cours. Ce qui illustre la dynamique de refondation engagée dans le cadre du “Mali Kura”.

Réuni en session ordinaire ce mercredi au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, le Conseil des ministres a examiné plusieurs points inscrits à l’ordre du jour, dont la communication du Premier ministre relative au rapport d’évaluation du Plan d’Action du Gouvernement (PAG) 2025-2026 pour le premier semestre de son exécution.

Présenté le 16 mai 2025 au Conseil national de Transition (CNT) et adopté trois jours plus tard, le Plan d’Action du Gouvernement découle de la lettre de cadrage adressée par le Chef de l’État au Premier ministre lors du Conseil des ministres du 27 novembre 2024. Ce document stratégique fixe huit axes prioritaires inspirés des préoccupations légitimes du peuple malien et alignés sur les conclusions du Dialogue inter-Maliens “Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma” ainsi que sur la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD) 2024-2033.

Des résultats encourageants à mi-parcours

Selon les résultats du rapport présenté, 132 activités ont été programmées dans le cadre du PAG 2025-2026. Sur ce total :

  • 57 activités ont été réalisées, soit 43,18 % ;
  • 57 autres sont en cours de réalisation, soit 43,18 % ;
  • tandis que 18 activités, représentant 13,64 %, n’ont pas encore été exécutées.

Pour assurer un meilleur suivi, le gouvernement a mis en place un Système Intégré de Suivi-Évaluation (SISE) du PAG, un dispositif informatisé permettant de mesurer en temps réel l’avancement des réformes et des projets prioritaires.

Consolider les acquis et accélérer la mise en œuvre

Face aux défis persistants, le Conseil des ministres a insisté sur la nécessité de renforcer la performance globale de l’action gouvernementale au second semestre. Les efforts porteront notamment sur :

  • la consolidation du maillage sécuritaire du territoire, afin d’assurer la stabilité indispensable à la relance économique et sociale ;
  • la mobilisation accrue de ressources financières, pour garantir la mise en œuvre effective des projets programmés ;
  • le renforcement du dialogue et de la coordination intersectorielle, afin d’améliorer la cohérence des politiques publiques.

Une démarche de transparence et de redevabilité

Cette évaluation semestrielle constitue un exercice de transparence et de redevabilité vis-à-vis des citoyens. Elle s’inscrit dans la volonté des autorités de la Transition de poursuivre la refondation de l’État, conformément à la vision du Mali Kura et à l’engagement du gouvernement à bâtir un Mali souverain, stable et prospère.

Chiencoro Diarra 

20 novembre 2025 0 comments
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Camions de marchandises maliens au Sénégal
A la UneÉconomie

Marchandises maliennes en souffrance au Sénégal : Discussions entre les deux gouvernements pour débloquer la situation

by Sidi Modibo Coulibaly 20 novembre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 5 minutes read

Depuis l’interdiction, en mai 2025 par le Mali, de la circulation de véhicules hors normes sur les routes, plus de 2400 camions sont bloqués au port de Dakar, au Sénégal. Ce qui a impacté les économies des deux pays, car 68,2% des marchandises maliennes transitent par Dakar. En vue de trouver une solution à ce blocage, les autorités du Mali et du Sénégal multiplient les initiatives dont la dernière date du 18 novembre 2025.

En effet, l’assurance a été donnée à la ministre malienne des Transports et des Infrastructures, Dembéle Madina Sissoko, par la ministre sénégalaise des Pêches et de l’Économie maritime, Fatou Diouf. C’était le mardi 18 novembre 2025 à la faveur d’une  réunion de travail entre les deux ministres qui s’est tenue à Diamniadio, ville située à une trentaine de kilomètres de Dakar. 

D’après l’Agence de Presse Sénégalaise, Fatou Diouf a déclaré : “Les instructions que nous avons reçues du président de la République et du Premier ministre, c’est de ne ménager aucun effort pour renforcer la coopération bilatérale […] Nous allons ensemble trouver une solution durable et définitive ». Et la ministre sénégalaise de dire que : « Selon les données dont nous disposons, plus de 2 400 conteneurs du Mali sont actuellement au port de Dakar. Certains conteneurs sont encore dans les délais de franchise, ce n’est pas le cas pour les autres. Le but de cette rencontre, c’est de trouver ensemble une solution transitoire ». 

Pour Dembélé Madina Sissoko, « Il s’agit aussi de trouver une solution durable, qui nous permettra de faire en sorte que cette situation ne se reproduise plus ». La ministre malienne a poursuivi en affirmant que : « Nous ne doutons pas un seul instant de la capacité du Sénégal à prêter son concours fraternel et actif à l’acheminement des marchandises en souffrance au port de Dakar ».  Elle a, aussi, déclaré être venue au Sénégal en même temps pour des démarches « concertées et pragmatiques » des autorités des deux pays, dont le but est de « renforcer l’efficacité et la fluidité du corridor Dakar-Bamako, une véritable artère vitale des échanges économiques et commerciaux » entre le Mali et le Sénégal. D’après elle, « Le corridor Dakar-Bamako concentre près de 60 % du commerce extérieur du Mali et représente, pour le Sénégal, un levier stratégique de transit et de compétitivité régionale […] Il symbolise notre interdépendance économique et logistique« .

Un engorgement massif et des coûts de stockage élevés

Le  vendredi 7 novembre 2025 à son siège, le conseil malien des chargeurs ( CMC) a tenu une réunion regroupant la Chambre du commerce et d’industrie du Mali (Ccim), le Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), les représentants des principaux armateurs (SMC, CMA-CGM, Maersk logistics Mali, CVA logistics, Customer Car Manager, AGLX BM Mali, Fracht Mali et AGL). 

Lors de la réunion, le secrétaire général du Conseil malien des chargeurs (CMC), Fousseyni Soumano, a affirmé qu’à la date du 4 novembre, 2 726 conteneurs sont en souffrance au Port autonome de Dakar. Ce qui représente 95 % de l’espace portuaire. La capacité de stockage est dépassée au niveau des différents ports de débarquement. Ce nombre de conteneurs en souffrance ne fait que grossir au fil des semaines. 

Faute de moyens de transport adéquats, les frais de magasinage et de surestaries grimpent jour après jour. Ils sont estimés à des milliards de F CFA quand on sait que certains opérateurs économiques doivent à ce jour plus de 700 millions de F CFA au Port comme frais de magasinage.

Interdiction des camions hors normes 

Depuis le 15 mai 2025, deux dispositions légales ont interdit la circulation des camions hors gabarit sur les  routes au Mali. Il s’agit de l’article 32 du décret n°2023-0509 du 12 septembre 2023 fixant les conditions de l’usage des voies ouvertes à la circulation publique et la mise à la circulation des véhicules et, le règlement n°14 de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa). 

Les normes autorisées pour les camions de transport sont de 17 mètres. Selon des constats, 30 % des camions de transport de fret sont arrêtés à cause de l’application de cette norme. Le Sénégal, principal port de destination du fret malien, regorge d’un parc de camions dépassant largement cette norme. ( Des camions mesurant 23 mètres de long ). 

La solution pour les transporteurs sénégalais est d’accepter de couper leurs véhicules pour l’adapter à la norme, ou bien de transborder les marchandises dans un autre camion aux normes requises. Quant aux transporteurs maliens, ils ont adopté des solutions de fortune se contentant des camions à palette destinés au transport du ciment. Ce qui constitue un énorme risque pour des produits périssables comme les tissus, le sucre, etc.

Il faut noter qu’il ressort de la rencontre des transporteurs, tenue le 7 novembre 2025, initiée par le conseil malien des chargeurs que plusieurs projets sont en cours afin de désengorger le port de Dakar et de sécuriser les flux vers le Mali. Il s’agit du port sec de Sandiara, en construction au Sénégal, qui pourrait accueillir jusqu’à 6 000 conteneurs et plus de 1 000 camions et, de la réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar–Bamako.

Sidi Modibo Coulibaly 

20 novembre 2025 0 comments
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Issa Konfourou, Ambassadeur et Représentant Permanent du Mali auprès des Nations Unies à New York.
Politique

Conseil de sécurité de l’ONU : L’AES affirme sa détermination face au terrorisme 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 19 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Au nom de la Confédération des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger,  Issa Konfourou, Ambassadeur et Représentant Permanent du Mali auprès des Nations Unies à New York, a porté la voix des trois pays lors de la réunion publique d’information du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la « Consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest : Relancer la coopération régionale dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et au Sahel ». La rencontre s’est tenue sous la présidence de Julius Maada Bio, Président de la République de Sierra Leone, qui assume la présidence du Conseil de sécurité pour le mois de novembre.  

Les représentants de l’AES ont rappelé que depuis plus de dix ans, l’Afrique de l’Ouest et le Sahel sont confrontés à un terrorisme « imposé et soutenu par des sponsors étatiques étrangers ». Les populations civiles subissent assassinats, violences, déplacements forcés et privations d’accès aux services sociaux essentiels. Les écoles et les centres de santé sont régulièrement ciblés, tandis que les groupes armés, affaiblis par la résistance des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), se tournent désormais vers un « terrorisme économique » visant les infrastructures civiles et les axes de ravitaillement.  

Face à cette situation, les chefs d’État du Burkina Faso, du Mali et du Niger, le Capitaine Ibrahim Traoré, le Général Assimi Goïta et le Général Abdourahamane Tiani ont décidé de créer la Confédération AES, le 6 juillet 2025. Cette alliance vise à mutualiser les efforts dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement.  

Les forces confédérales combattent ensemble, « courageusement et sans relâche », les organisations qualifiées de criminelles et obscurantistes. Un hommage particulier a été rendu aux soldats pour leur sacrifice quotidien dans la sécurisation des territoires et des populations.  

Une lutte régionale et internationale incontournable

L’AES a insisté sur le fait que la lutte contre le terrorisme doit rester une entreprise régionale et internationale. Les trois États se disent ouverts à la coopération avec leurs voisins et partenaires, mais dans le respect strict de leur souveraineté et de leurs choix stratégiques.  

La relance de la coopération régionale passe par une reconstruction de la confiance entre les États d’Afrique de l’Ouest et par une compréhension commune de la menace. Les représentants ont dénoncé les « ingérences extérieures hostiles » et les « sanctions illégales et inhumaines », plaidant pour une approche fondée sur le dialogue constructif et le partage de renseignements.  

Au niveau international, l’AES a souligné le rôle crucial du Conseil de sécurité et des mécanismes onusiens. Toutefois, les résolutions et déclarations sont jugées insuffisantes face à la menace. Des réponses « concrètes, rapides et adaptées » sont nécessaires.  

Humanitaire et financement du terrorisme

Le Mali a été cité comme exemple d’une expérience non concluante avec la MINUSMA, dont le mandat n’était pas jugé conforme aux besoins sécuritaires du pays.  

La Confédération a également mis en avant l’importance de la coopération internationale pour lutter contre le financement du terrorisme, notamment le paiement de rançons. Elle a appelé à une mobilisation accrue des ressources pour les populations victimes, réfugiés et déplacés internes. Le niveau actuel de l’aide humanitaire pour le Sahel, estimé à seulement 14 % des besoins, a été jugé très insuffisant.  

Les représentants ont dénoncé un « terrorisme médiatique quotidien » alimenté par une certaine presse accusée de relayer la propagande terroriste et de faire l’apologie de la violence.  

Un hommage a été rendu à toutes les victimes du terrorisme, civiles et militaires, sahéliennes et étrangères, avec une pensée particulière pour Mariam Cissé, récemment assassinée. La résilience des populations du Sahel a été saluée, et la détermination des États membres de l’AES à poursuivre la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent a été réaffirmée.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

19 novembre 2025 0 comments
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Des avions de combats
A la UneSécurité

Lutte anti-terroristes : Plusieurs combattants terroristes neutralisés à l’ouest de Djenné 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 19 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

L’État-Major Général des Armées a annoncé, ce lundi 17 novembre 2025, à l’opinion nationale qu’une opération de surveillance aérienne menée par les Forces Armées Maliennes (FAMa) le dimanche 16 novembre 2025 a permis de neutraliser avec efficacité un véhicule transportant des combattants terroristes à environ 20 kilomètres à l’ouest de Djenné. Selon le communiqué officiel, l’intervention s’est soldée par la destruction d’un pick-up et la neutralisation de plusieurs terroristes.  

Cette action s’inscrit dans le cadre des opérations régulières de sécurisation du territoire national, menées par les vecteurs aériens des FAMa. L’État-Major souligne que l’opération du 16 novembre 2025 illustre la capacité des forces armées à détecter, cibler et traiter rapidement toute menace identifiée dans les zones sensibles.  

Le communiqué précise que les vecteurs aériens engagés ont agi avec précision et efficacité, démontrant la montée en puissance des moyens de surveillance et d’intervention des FAMa. Le pick-up, identifié comme transportant des combattants armés, a été pris pour cible et détruit. Le bilan fait état de plusieurs terroristes neutralisés, confirmant la réussite de l’opération.  

Cette action, menée à proximité de Djenné, une zone stratégique du centre du pays, témoigne de l’attention particulière accordée par les forces armées à la sécurisation des localités exposées aux menaces terroristes. La neutralisation de ce véhicule armé contribue à réduire la capacité de nuisance des groupes hostiles et à renforcer la confiance des populations dans la présence militaire.  

Message de l’État-Major, rassurer et mobiliser

À travers ce communiqué, le Chef d’État-Major Général des Armées a tenu à rassurer la population sur la détermination des FAMa à protéger les personnes et les biens sur l’ensemble du territoire national. Il a réaffirmé que les opérations de surveillance et de neutralisation se poursuivront sans relâche, afin de garantir la sécurité des citoyens et de préserver l’intégrité du pays.  

Ce message s’inscrit dans une logique de communication institutionnelle visant à maintenir le lien de confiance entre les forces armées et la population. En mettant en avant la réussite de cette opération, l’État-Major rappelle que la lutte contre le terrorisme est une priorité nationale et que les FAMa restent mobilisées pour répondre aux attentes sécuritaires.  

La neutralisation de ce pick-up armé constitue un signal fort adressé aux groupes terroristes qui cherchent à déstabiliser les régions du centre. Elle démontre que les FAMa disposent de moyens opérationnels capables de détecter et d’intervenir efficacement contre toute tentative d’infiltration ou de menace armée.  

En détruisant ce véhicule et en neutralisant ses occupants, les forces armées réduisent non seulement la mobilité des groupes hostiles, mais elles envoient également un message clair : toute tentative de porter atteinte à la sécurité nationale sera traitée avec fermeté.  

Une détermination réaffirmée

L’opération du 16 novembre 2025 à l’ouest de Djenné illustre la vigilance et la réactivité des Forces Armées Maliennes dans leur mission de protection du territoire. Le bilan plusieurs terroristes neutralisés et un pick-up détruit témoigne de l’efficacité des vecteurs aériens engagés.  

À travers ce communiqué, l’État-Major Général des Armées réaffirme sa détermination à sécuriser les personnes et les biens sur l’ensemble du territoire national. La population est ainsi invitée à garder confiance dans l’action des FAMa, qui poursuivent leurs efforts pour garantir la paix et la stabilité du pays.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

19 novembre 2025 0 comments
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Mikailou Cisse professeur de philosophie au secondaire au Mali. 1
A la UneOpinion

Sahel : au-delà du djihadisme, la bataille des puissances

by Mikailou Cissé 18 novembre 2025
written by Mikailou Cissé 5 minutes read

Au-delà des affrontements armés, le Sahel livre une bataille existentielle : celle de sa souveraineté et de son récit. Derrière le voile du terrorisme, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, décrypte une guerre d’influence où se mêlent intérêts géostratégiques, manipulations idéologiques et luttes internes pour le contrôle des ressources. Entre fracture et résilience, le Mali et ses voisins cherchent à reconquérir non seulement leurs territoires, mais aussi leur dignité républicaine.

Le Sahel est aujourd’hui le théâtre d’une crise profonde qui n’est ni le fruit du hasard ni une fatalité inscrite dans son histoire. Le terrorisme qui s’y déploie depuis plus d’une décennie dépasse largement le cadre d’un phénomène local, spontané ou strictement religieux. Il s’agit d’un outil politique, savamment conçu et entretenu, visant à affaiblir les États, fracturer les sociétés et maintenir cette région stratégique dans un état d’instabilité chronique. L’explosion de violences au Mali, au Nigeria, en Somalie, au Congo ou au Mozambique traduit moins une contagion idéologique qu’un mécanisme géopolitique qui façonne le destin des peuples à leur insu.

La souveraineté, condition première de la victoire sahélienne

Les autorités sahéliennes en ont compris l’enjeu. Le président nigérien Abdouramane Tiani a souligné que la lutte actuelle est « une guerre existentielle », bien au-delà d’un simple affrontement militaire. Il s’agit d’un combat pour que les peuples du Sahel puissent enfin jouir librement de leurs ressources et de leur souveraineté. Au Mali, cette conviction est partagée par la diplomatie et les forces armées. Aucune victoire durable ne sera possible sans une souveraineté pleine et entière — c’est-à-dire un État capable de se défendre, de décider ses stratégies et de diriger son propre destin.

Le terrorisme prospère sur les failles profondes de la gouvernance. Là où les contradictions internes ne sont pas résolues et où les ressources naturelles sont mal exploitées ou captées par des réseaux opaques, la violence s’installe. Elle n’est que rarement un choix idéologique à part entière ; elle devient surtout un marché lucratif pour trafiquants, milices politico-identitaires et entreprises clandestines qui voient dans le chaos une source de prospérité. Sous le masque d’une « guerre sainte », ces groupes défendent avant tout des intérêts économiques, géostratégiques et des agendas qui n’ont rien de religieux.

L’islam instrumentalisé : une trahison spirituelle et culturelle

L’instrumentalisation de l’islam est au cœur de cette stratégie. Les groupes terroristes utilisent un vocabulaire moral et religieux qu’ils ne respectent jamais. Leur prétendue rigueur n’est qu’une façade destinée à intimider et séduire une jeunesse en quête de repères. Les premières victimes sont les musulmans eux-mêmes : hommes, femmes et enfants pris en otage par une doctrine sans racines locales, étrangère aux traditions sahéliennes. Tombouctou incarne tristement cette contradiction : cité phare de la civilisation islamique, elle a été profanée par des insurgés se réclamant de la foi qu’ils trahissent.

Même la question du voile au Mali illustre ce décalage. Pendant des siècles, les femmes musulmanes du pays ont intégré cette pratique dans un rapport culturel et spirituel authentique, libre de contraintes dogmatiques imposées. Aujourd’hui, des pressions radicales tentent d’imposer un modèle étranger à la réalité sociale locale, ignorant l’histoire et l’enracinement progressif de l’islam au Mali. Cette rupture montre que les groupes armés ne véhiculent aucune tradition, mais une idéologie hostile à la vie même des sociétés qu’ils prétendent défendre.

Le terrorisme, ennemi de la République

Au-delà des dimensions morale et culturelle, le projet terroriste cible prioritairement l’espace rural, pilier de l’économie sahélienne. Partout où avance le terrorisme, c’est la désertification humaine qui s’installe : villages vidés, champs abandonnés, pasteurs forcés à l’exil, marchés fermés. Ce phénomène n’est pas accidentel, mais méthodique : les campagnes deviennent des zones sanctuarisées, hors contrôle étatique, où s’imposent les groupes armés qui prélèvent la dîme, imposent leur loi et recrutent la jeunesse privée d’avenir. En détruisant la ruralité, ils menacent la continuité même de la nation.

Le terrorisme est anti-républicain par essence : il s’attaque à la dignité, aux droits, à l’égalité et au pluralisme — piliers de l’idéal républicain sahélien. Là où la République veut garantir la liberté, il instaure la peur ; là où l’État cherche à rassembler, il divise ; là où les sociétés veulent dialoguer, il impose le silence. Mais ce projet ne survivrait pas sans les acteurs « arépublicains » : entrepreneurs de violence, trafiquants transfrontaliers, intermédiaires économiques, notables déchus, certains responsables locaux ambigus voire des puissances étrangères qui tirent profit du chaos. Ces facilitateurs, qui ne sont pas terroristes de profession, nourrissent et entretiennent le désordre.

Reprendre le contrôle du récit national

Une lutte véritable contre ce fléau ne saurait être superficielle ou ambiguë. Elle doit être sincère avant d’être médiatisée, active plutôt qu’affichée. Les États sahéliens ne demandent pas une simple assistance sécuritaire, mais une reconnaissance claire de leur droit souverain : celui de se défendre, de choisir leurs alliances et de rompre avec des tutelles paternalistes. La souveraineté reste la principale arme contre le terrorisme. Un État qui ne maîtrise pas sa politique sécuritaire perd le contrôle de son territoire, de ses ressources et de son avenir. Sans cela, il est voué à sombrer, comme l’avait prévu la situation malienne avant la mobilisation populaire et militaire remarquablement résiliente.

Dans ce combat, la communication stratégique est cruciale. Donner la parole au chaos, c’est nourrir ce même chaos. Les États doivent reprendre le contrôle du récit national. La victoire contre le terrorisme est autant psychologique que militaire. Elle exige une unité nationale forte, une cohésion des institutions, une mobilisation citoyenne autour des valeurs républicaines, et le renforcement des capacités étatiques, notamment dans les campagnes. La souveraineté ne doit pas rester un simple slogan, mais redevenir une exigence morale et politique concrète.

Le Sahel n’est donc pas condamné à l’instabilité. Ses peuples ont prouvé leur capacité de résistance, de renaissance et leur aspiration profonde à vivre dignement. Le terrorisme, aussi violent soit-il, n’est qu’un épisode transitoire dans l’histoire longue de nations forgées par la lutte, la foi et la culture. Ce qui se joue aujourd’hui au Mali n’est pas seulement une question de sécurité, mais bien une bataille pour la dignité républicaine, la souveraineté politique et la possibilité même de décider librement de leur avenir.

Mikaïlou Cissé 

18 novembre 2025 0 comments
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Judé Sogoba, professeur de philosophie s'exprime sur le retrait des pays de l'AES de la CEDEAO.
ActuOpinion

« Françafrique, médias, diaspora : les fronts invisibles du Mali » — la tribune de Judé Sogoba

by Sahel Tribune 17 novembre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans une tribune au ton résolument souverainiste, Judé Sogoba, doctorant en philosophie et spécialiste des questions de développement en Afrique, revient sur la bataille informationnelle qui entoure le Mali. Entre accusations de néocolonialisme, critique des élites médiatiques et mise en avant des avancées sécuritaires des FAMa, l’auteur analyse les fractures idéologiques qui traversent le pays et plaide pour une vigilance accrue face aux récits qui, selon lui, fragilisent le projet souverainiste porté par l’AES.

Ces derniers temps, nous assistons à une propagande orchestrée pour semer la panique au Mali. Certains apatrides réfugiés en France et dans d’autres pays incarnent une véritable décadence morale pour toute l’Afrique, et particulièrement pour le Mali. Je ne peux comprendre comment un individu peut aller jusqu’à soutenir les ennemis qui cherchent à détruire son pays natal. Leur attitude révèle un comportement tératologique.

Combat contre la Françafrique

Le combat mené aujourd’hui par les pays de l’AES est un combat frontal contre la Françafrique. Ceux qui refusent de le mener n’ont qu’à se taire à jamais. Nous savons que tous les hommes intègres qui ont œuvré pour la libération de l’Afrique ont été froidement assassinés ou combattus par les forces néocolonialistes. Des figures comme Thomas Sankara, Mouammar Kadhafi, Idriss Déby et tant d’autres ont été lâchement trahies par des Africains devenus les « boys » d’intérêts étrangers, véritables symboles de décadence morale.

Les sponsors des terroristes sont connus de tous, sauf de ceux frappés par une cécité intellectuelle. Cette lutte de libération, qu’elle se mène aujourd’hui ou demain, finira par s’imposer, car l’Afrique doit être affranchie. Ceux qui participent à l’asphyxie du continent nous trouveront sur leur chemin. Les principaux commanditaires sont, bien sûr, les pays impérialistes qui s’enrichissent en pillant des États dirigés par des pseudo-intellectuels. C’est pourquoi la lutte engagée contre le terrorisme est un combat noble, que toute l’Afrique devra mener tôt ou tard. La liberté ou la mort !

Les victoires notables de l’armée malienne

La malhonnêteté intellectuelle pousse certains à répéter que Bamako serait « encerclé » par les terroristes, mais aucun n’ose mentionner les victoires remarquables des FAMa sur les groupes armés. Les vaillants militaires maliens ne cessent de neutraliser les terroristes, et cela doit être affirmé haut et fort. Toute souveraineté a un prix, et le Mali n’y fera pas exception. Le peuple, conscient de cet enjeu, s’est tenu fermement aux côtés de ses forces armées pour la libération du pays.

La sortie de la CEDEAO est désormais effective. Avec la création d’une banque centrale propre, la nouvelle monnaie viendra, permettant d’obtenir une pleine souveraineté monétaire. La Monnaie de l’AES nous libérera du franc CFA, instrument de domination et de recolonisation.

Les terroristes intellectuels maliens et africains

Des pseudo-intellectuels maliens, africains, ainsi que certains journalistes — maliens ou non — participent eux aussi à la guerre médiatique contre le Mali, considéré par beaucoup comme le cœur de l’AES à abattre en priorité. C’est pourquoi ces individus courent se réfugier auprès de leurs maîtres pour tenter d’asphyxier le pays.

Tous ceux qui font l’apologie du terrorisme ou contribuent à son financement sont eux-mêmes des terroristes. Ils sont même plus dangereux que les combattants armés, car ils constituent les têtes pensantes de cette entreprise destructrice. Il revient donc aux autorités maliennes de prendre des mesures fermes contre tous les Maliens vivant à l’extérieur qui se livrent à de telles pratiques.

Judé SOGOBA, doctorant en philosophie, Spécialiste des questions de développement de l’Afrique

17 novembre 2025 0 comments
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Croissance économique
A la UneÉconomie

Croissance économique 2025 du Mali : Le taux de 6 % visé confirmé par les institutions financières internationales 

by Sidi Modibo Coulibaly 17 novembre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Face à la crise multidimensionnelle, le Mali a lancé un ambitieux plan de développement à long terme dénommé « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » assorti d’une Stratégie nationale Pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033 (SNEDD) afin de réaliser une croissance forte, durable et inclusive. Avec la mise en œuvre de ce programme, le pays est en passe de réaliser le taux de croissance économique qu’il a prévu pour l’année 2025.

La croissance économique mesure l’augmentation de la richesse produite dans un pays. Quand un État produit plus de biens et de services qu’auparavant, son produit intérieur brut (PIB) augmente. Dans une interview en fin mai 2025, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, avait indiqué que la croissance économique du Mali est passée de 1,2 % en 2023 à 5 % en 2024, et que le pays vise 6 % en 2025. 

Selon les spécialistes en économie, atteindre une croissance de 5 % est un bon signal. D’après les plus grandes institutions financières internationales, cet objectif est bien réalisable. Ces institutions sont le Fonds Monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD). Chacune de ces institutions a fourni un taux de croissance économique après des analyses.

5 % d’après le Fonds Monétaire International

Du 09 au 13 juin 2025, une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Mme Wenjie Chen, a séjourné à Bamako pour mener les consultations de 2025 au titre de l’article IV avec les autorités maliennes. 

À l’issue des consultations, Mme Chen avait déclaré que l’économie malienne a fait preuve d’une certaine résilience, malgré les crises auxquelles le pays fait face. Elle a poursuivi en soulignant que la croissance économique du pays estimée à 4,7 % en 2024 devrait atteindre 5,0 % en 2025. Et d’ajouter que, sous réserve de la reprise de l’intégralité des activités minières, la croissance devrait rebondir pour atteindre 5,4 % en 2026. 

Pour la Banque mondiale, 4,9 %

D’après l’autre institution de Breton-Wood, la croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) devrait atteindre 4,9 % en 2025 (1,9 % par habitant), soutenue par le démarrage de la production de lithium, des services et de l’agriculture. Elle estime que la reprise industrielle, principalement tirée par l’extraction minière et l’égrenage du coton, compense la baisse de 4 % des volumes d’exportation d’or due aux fermetures temporaires de mines liées à des différends fiscaux. 

En outre, la banque mondiale indique que la croissance du PIB réel devrait s’établir en moyenne à 5 % sur 2026-2027, soutenue par la production de lithium, l’agriculture et les télécommunications. 

Selon la BAD, 5,3 %

À en croire l’institution financière africaine, la reprise de l’activité économique au Mali devrait se poursuivre, avec une croissance de 4,7 % en 2024 et de 5,3 % en 2025. Cette croissance sera tirée par les activités extractives, avec le démarrage de la production de lithium, la relance du secteur textile et le développement du potentiel de production et de transformation du blé. Elle ajoute que grâce au maintien d’une politique monétaire restrictive, l’inflation devrait continuer à baisser pour atteindre 2 % en 2024 et 1,8 % en 2025. 

Il faut rappeler que d’après le classement économique 2025 du FMI, le Mali occupe la cinquième place dans l’espace franc CFA composé de quatorze (14) pays africains repartis entre deux zones : l’UEMOA (Union Économique et Monétaire ouest-africaine), la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale). 

L’UEMOA est composée de huit (8) pays : le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Niger, la Guinée-Bissau, le Togo. Quant à la CEMAC, elle compte six (6) pays : le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad. Tous ces pays ont en partage le franc CFA, une monnaie garantie par la France, l’ancienne métropole. 

SMC

17 novembre 2025 0 comments
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