Aller au contenu principal
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
mercredi,27 mai , 2026
  • A propos
  • Notre équipe
  • Contactez-nous !
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
Sahel Tribune
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Copyright 2022 - All Right Reserved. Designed and Developed by PenciDesign

Biennale artistique à Tombouctou
A la UneSeko ni Donko

Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou : l’édition 2025 officiellement lancée dans la Cité des 333 saints  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 19 décembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Le Stade municipal Baba Alkairou de Tombouctou a accueilli, ce jeudi 18 décembre 2025, la cérémonie d’ouverture officielle de la Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou 2025. Placée sous le haut patronage du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, l’événement a été présidé par le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga.  C’est une étape solennelle dans l’histoire culturelle du Mali.  

La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, des membres du gouvernement, des gouverneurs des différentes régions, les autorités administratives et politiques et coutumières de la région de Tombouctou ainsi que des représentants diplomatiques. Cette mobilisation institutionnelle illustre l’importance accordée à la culture et à la cohésion nationale, confirmant que la Biennale est bien plus qu’un simple rendez-vous artistique, mais un symbole de rassemblement et de solidarité nationale.  

PM à Tombouctou
Le ministre de la culture accueille le Premier ministre à Tombouctou , le 18 décembre 2025, à l’occasion de la Biennale artistique et culturelle 2025.©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Une mobilisation institutionnelle 

Le programme a été marqué par le défilé des 19 troupes régionales et du district de Bamako, offrant une diversité artistique exceptionnelle. Les prestations musicales et de Slam, suivies d’une grande chorégraphie d’ouverture, ont mis en lumière la richesse culturelle du pays. Les artistes ont démontré leur engagement à valoriser les traditions tout en intégrant une créativité contemporaine, donnant à l’événement une dimension à la fois patrimoniale et moderne.  

Cette édition s’inscrit dans l’année de la culture décrétée par Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goita. Elle traduit une volonté politique affirmée de promouvoir l’identité nationale, de renforcer l’unité et de mettre en valeur la vitalité culturelle qui anime toutes les régions du Mali. En consolidant la mémoire collective et la dignité nationale, la Biennale devient un espace de transmission et de reconnaissance des valeurs qui fondent la nation.  

Les légitimités de Tombouctou
Les légitimités traditionnelles de Tombouctou , le 18 décembre 2025, à l’accueil du Premier ministre à l’occasion de la Biennale artistique et culturelle.©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Une biennale porteuse d’espoir 

C’est au nom du Président de la Transition que le Premier ministre, ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a présidé la cérémonie solennelle. La Biennale, placée sous le thème « La Culture, socle pour l’ancrage de la 4ème République », s’inscrit dans une logique de continuité historique. Ce thème résonne particulièrement dans la cité des 333 saints, où les populations vivent en harmonie et perpétuent un héritage spirituel et culturel unique.  

Discours du Premier ministre
Le Premier Ministre Abdoulaye Maïga à Tombouctou, le 18 décembre 2025, lors de l’ouverture de la Biennale artistique et culturelle.©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Après les mots de bienvenue du Président de la Délégation spéciale de Tombouctou et le défilé des 19 régions et du District de Bamako, le Ministre de la Culture, de l’Artisanat, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme a salué la résistance des autorités locales à travers la culture. Il a affirmé que Tombouctou 2025 sera la biennale de l’espoir, notamment par le retour des touristes. Dans un ton ferme et rassembleur, il a martelé : « Le Mali est debout », soulignant la résilience et la détermination du peuple malien.  

Une célébration de la résilience 

Pour le Premier ministre, la Biennale n’est pas seulement une célébration des arts et des traditions. Elle est un acte de mémoire et de résistance, une affirmation de l’identité profonde du Mali et un espace de transmission entre générations. Il s’est réjoui de constater que l’appel du Président de la Transition, lancé le 31 décembre 2024 pour revitaliser les valeurs culturelles, a été entendu. L’année 2025, décrétée année de la culture, trouve ainsi une expression concrète dans cette manifestation.  

Ouverture de la biennale à Tombouctou
Les autorités administratives à Tombouctou, le 18 décembre 2025, lors de l’ouverture de la Biennale artistique et culturelle.©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Tombouctou 2025 célèbre la résilience et le vivre ensemble, où flottent les drapeaux du Mali et ceux de la Confédération des États du Sahel. Cette symbolique annonce la 2ème session du Collège des Chefs d’État de l’AES. Une chorégraphie de 333 danseurs, en hommage aux 333 Saints de la cité, a magnifié la vaillance et le sacrifice des leaders de l’AES. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, renforçant la portée institutionnelle et régionale de l’événement.  

Une ouverture sécurisée et symbolique

La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans une sécurité renforcée, assurée par les Forces Armées Maliennes. Les FAMa veillaient au bon déroulement des activités, garantissant la sérénité des festivités. Les forces de sécurité, omniprésentes, ont permis aux représentations artistiques de se dérouler dans un climat de confiance. Les troupes se sont produites dans des salles de spectacle rénovées, dont l’une rend hommage au légendaire Ali Farka Touré, symbole de la richesse musicale et patrimoniale du Mali.  

Discours du ministre de la Culture
Le Ministre Mamou Daffé à Tombouctou, le 18 décembre 2025, lors de l’ouverture de la Biennale artistique et culturelle.©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Ainsi, la Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou 2025 s’impose comme un rendez-vous majeur de la vie nationale. Elle incarne la volonté de promouvoir l’identité malienne, de renforcer l’unité et de célébrer la diversité culturelle. En plaçant Tombouctou au cœur de cette dynamique, l’événement confirme son rôle de capitale spirituelle et culturelle, porteuse d’espoir et de mémoire collective.  

Ibrahim Kalifa Djitteye, envoyé spécial à Tombouctou

19 décembre 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Poudre de spodumène
A la UneÉconomie

Kodal Minerals publie ses résultats intermédiaires pour le semestre clos au 30 septembre 2025

by Chiencoro 19 décembre 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Le groupe minier Kodal Minerals, présent au Mali, a publié ses résultats intermédiaires pour le semestre clos au 30 septembre 2025. La période marque une étape clé avec les premières exportations de concentré de spodumène issues du projet de lithium de Bougouni.

La société minière britannique Kodal Minerals, cotée à la Bourse de Londres (AIM), a franchi un cap symbolique au second semestre 2025 avec le lancement de ses premières exportations de concentré de spodumène depuis le Mali. Dans ses résultats intermédiaires publiés pour les six mois clos au 30 septembre 2025, le groupe confirme l’entrée progressive en phase commerciale de son projet de lithium de Bougouni, tout en enregistrant une perte nette réduite par rapport à l’année précédente.

Premières exportations depuis Bougouni

En septembre 2025, les autorités maliennes ont accordé à Kodal un permis d’exportation portant sur 125 000 tonnes de concentré de spodumène, permettant le démarrage effectif des flux logistiques vers le port de San Pedro, en Côte d’Ivoire. Le premier chargement, de 28 950 tonnes, a quitté le port après la clôture de la période, en novembre 2025, à destination de la province chinoise de Hainan.

Le projet est exploité par Les Mines de Lithium de Bougouni SA, filiale de Kodal Mining UK Limited (KMUK), société dans laquelle Kodal détient 49 %. Fin 2025, la coentreprise a perçu un premier paiement de 21,3 millions de dollars de la part de son partenaire d’enlèvement, le groupe chinois Hainan Mining.

Une production encore en montée en puissance

Sur le plan industriel, la première phase du projet repose sur une usine de traitement par séparation en milieu dense (DMS). Environ 45 000 tonnes de concentré de lithium, titrant en moyenne 5,39 % d’oxyde de lithium, ont été produites durant la période en vue de leur exportation.

L’activité minière a toutefois été ralentie par la saison des pluies, entre juillet et septembre, période durant laquelle la fosse s’est partiellement remplie d’eau, limitant l’accès aux zones d’extraction. L’entreprise indique avoir profité de cet arrêt relatif pour mener des travaux de maintenance et d’optimisation technique sur l’usine, ainsi que pour préparer l’extension de la fosse et la reprise des opérations à un rythme plus soutenu.

À partir de novembre 2025, un nouveau programme d’exploitation vise un acheminement mensuel de plus de 100 000 tonnes de minerai vers l’usine, avec l’objectif d’assurer une alimentation continue tout au long de l’année 2026.

Résultats financiers contrastés

Sur le plan financier, Kodal Minerals affiche une perte nette de 1,13 million de livres sterling sur le semestre, contre 1,49 million un an plus tôt. Cette amélioration relative tient notamment à la contribution positive de KMUK, dont la part de résultat attribuable à Kodal s’élève à 218 000 livres, incluant un important effet de change.

La trésorerie du groupe s’établissait à 15,6 millions de livres au 30 septembre 2025, un niveau jugé suffisant par la direction pour accompagner la montée en puissance industrielle du projet. La valeur comptable de la participation de Kodal dans KMUK ressort néanmoins en baisse, à 20,9 millions de livres, contre 28,2 millions un an auparavant.

Sécurité renforcée dans un Mali sous tension

Le développement du projet intervient dans un contexte sécuritaire de plus en plus instable au Mali. Si la région de Bougouni, située dans le sud du pays, est historiquement plus calme que le centre et le nord, la violence s’y est progressivement étendue en 2025. Un incident de sécurité survenu en août à proximité du site a conduit à un renforcement de la présence militaire et administrative, en coordination avec les autorités maliennes.

La première phase du projet a néanmoins été inaugurée officiellement en novembre 2025, en présence du président de la transition, le général Assimi Goïta, et du ministre des Mines, signe du soutien politique accordé à cette exploitation stratégique dans un pays qui ambitionne de se positionner sur le marché des minéraux critiques.

Un pari industriel sur fond de volatilité du lithium

Le lancement des exportations de Bougouni coïncide avec une période de volatilité persistante des cours du lithium, après une forte correction des prix en 2024. Si la demande liée aux véhicules électriques et au stockage d’énergie montre des signes de reprise, les perspectives restent incertaines à court terme, en raison de stocks élevés et de tensions géopolitiques affectant les chaînes d’approvisionnement.

Kodal Minerals table désormais sur une production génératrice de revenus réguliers au cours des douze prochains mois et sur le développement ultérieur d’une usine de flottation de phase 2, prévue à partir de 2026, afin d’augmenter les volumes et la valeur ajoutée locale.

Bougouni illustre ainsi le double pari du Mali et de ses partenaires : exploiter les ressources stratégiques du sous-sol tout en sécurisant des investissements lourds dans un environnement à haut risque.

Chiencoro Diarra 

19 décembre 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Sommet des chefs d'Etats de l'AES
ActuÉconomie

Comment l’AES veut redéfinir ses relations avec la CEDEAO et l’UEMOA

by Sahel Tribune 19 décembre 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

En se retirant de la CEDEAO tout en restant arrimés à l’UEMOA, le Mali, le Burkina Faso et le Niger engagent une recomposition inédite de l’architecture régionale ouest-africaine. Entre rupture politique assumée, dépendances économiques persistantes et volonté d’autonomie stratégique, la Confédération des États du Sahel avance sur une ligne de crête, révélatrice des tensions profondes qui traversent l’Afrique de l’Ouest.

Le 29 janvier 2025 marque une date charnière pour l’intégration régionale ouest-africaine. Ce jour-là, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont acté leur retrait effectif de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), cinquante ans après la création de l’organisation. Derrière ce départ spectaculaire, c’est moins une rupture administrative qu’un basculement politique profond qui s’opère : celui d’un bloc sahélien décidant de s’affranchir d’un modèle régional jugé inadapté à ses réalités sécuritaires et politiques.

Réunis au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), les trois pays entendent désormais redéfinir leurs relations avec les organisations régionales existantes. Mais si le divorce avec la CEDEAO est consommé, la question de l’UEMOA – et, au-delà, celle du franc CFA – révèle les limites et les contradictions d’une souveraineté encore inachevée.

Un divorce politique assumé avec la CEDEAO

À l’origine de la rupture, un désaccord fondamental sur la nature de la légitimité politique. Depuis 2020, les trois pays sahéliens ont connu des coups d’État militaires successifs, condamnés par la CEDEAO au nom de son protocole sur la bonne gouvernance. Sanctions économiques, fermetures de frontières et suspensions institutionnelles ont alors été brandies comme outils de pression.

Mais cette stratégie a produit l’effet inverse de celui escompté. Dans des sociétés éprouvées par une décennie de violences terroristes et d’effondrement sécuritaire, les régimes militaires ont bénéficié d’un soutien populaire réel, nourri par la promesse d’un rétablissement de l’autorité de l’État. Pour les dirigeants de l’AES, la CEDEAO est apparue non comme un médiateur régional, mais comme un instrument de normalisation politique perçu comme extérieur et coercitif.

Lors du sommet de Niamey en juillet 2024, le ton était donné : le retrait serait « irréversible ». Le préavis d’un an expiré, la sortie effective du 29 janvier 2025 n’a fait que formaliser une rupture déjà consommée.

Une CEDEAO affaiblie mais contrainte au dialogue

Privée de son bloc sahélien, la CEDEAO s’est recentrée autour d’un axe Nigeria–États côtiers, conservant un poids économique certain mais perdant une part de sa légitimité régionale. Pour autant, l’organisation n’a pas fermé la porte au dialogue. Confrontée à la progression des groupes armés vers le golfe de Guinée, elle sait que la sécurité ouest-africaine ne peut être pensée en silos.

Des contacts ont ainsi été amorcés au printemps 2025, notamment lors d’une rencontre à Bamako en mai, puis à Abuja en juin. Mais l’élan s’est rapidement essoufflé. Entre juillet et novembre, aucun suivi concret n’a eu lieu, alimentant la frustration au sein de l’AES. En novembre, les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont publiquement regretté l’interruption du dialogue, estimant que cette inertie fragilisait la sécurité collective.

L’incident du 8 décembre 2025, lorsqu’un avion militaire nigérian s’est écrasé au Burkina Faso après avoir violé son espace aérien, a rappelé la fragilité de la situation. La mise en alerte maximale des défenses aériennes de l’AES a souligné combien la défiance politique pouvait se traduire en risques sécuritaires concrets.

L’UEMOA, entre pragmatisme économique et contradictions politiques

Si la rupture avec la CEDEAO est nette, la posture de l’AES vis-à-vis de l’Union économique et monétaire ouest-africaine est plus nuancée. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont choisi de rester, jusqu’ici, membres de l’UEMOA, acceptant de facto le maintien du franc CFA et du cadre macroéconomique commun.

Ce choix est avant tout pragmatique. L’UEMOA offre une stabilité monétaire, une convertibilité internationale et un marché commun que les trois économies sahéliennes ne sont pas en mesure de remplacer à court terme. 

Les tensions apparues en juillet 2025, lorsque le Burkina Faso s’est vu refuser la présidence tournante du Conseil des ministres de l’UEMOA, ont montré que même ce cadre économique prétendument technique n’est pas totalement imperméable aux conflits politiques. Pour l’AES, l’épisode a été interprété comme une sanction indirecte liée à son retrait de la CEDEAO.

La monnaie AES, une ambition encore lointaine

Les dirigeants sahéliens n’ont pourtant jamais caché leur ambition de créer, à terme, une monnaie commune propre à l’AES. Présentée comme un acte de rupture symbolique avec l’héritage colonial, cette perspective se heurte toutefois à des obstacles considérables : absence de convergence macroéconomique suffisante, faibles réserves de change, dépendance commerciale structurelle vis-à-vis de l’extérieur.

À ce stade, aucune institution monétaire confédérale n’a vu le jour. La Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), qui sera lancée en décembre 2025 avec un capital de 500 milliards de FCFA, vise le financement du développement, non encore la gestion monétaire.

Vers une recomposition durable de l’espace régional ?

En multipliant les institutions propres – force militaire unifiée, documents d’identité harmonisés, banque confédérale, médias régionaux –, l’AES s’affirme comme un pôle alternatif de l’intégration ouest-africaine. Mais cette construction se fait dans un environnement contraint, où la coopération avec la CEDEAO et l’UEMOA demeure, de fait, indispensable.

Trois trajectoires se dessinent : une fragmentation durable de l’espace régional, une coexistence pragmatique entre blocs, ou une refondation plus large de l’architecture ouest-africaine. L’issue dépendra autant de l’évolution sécuritaire que de la capacité des dirigeants sahéliens à transformer leur discours souverainiste en résultats économiques tangibles.

Pour l’heure, l’AES avance sur une ligne de crête : affirmer sa rupture politique sans rompre totalement les interdépendances économiques. Un exercice d’équilibriste qui façonnera, pour une large part, l’avenir géopolitique de l’Afrique de l’Ouest.

Chiencoro Diarra 

19 décembre 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Force unifiée AES
A la UneSécurité

Au Sahel, la force militaire unifiée de l’AES cherche à passer à l’épreuve du terrain

by Sahel Tribune 19 décembre 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Mali, Burkina Faso et Niger ont engagé, depuis début 2025, la mise en œuvre opérationnelle de leur force conjointe de 5 000 hommes. Première démonstration avec l’opération « Yere-Ko », menée dans la zone des trois frontières. Un tournant sécuritaire encore fragile, dans une région confrontée à une insécurité persistante et à de lourdes contraintes capacitaires.

Vingt-sept mois après la signature de la Charte du Liptako-Gourma, le 16 septembre 2023, qui a acté la naissance de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger entendent donner un contenu concret à leur ambition sécuritaire commune. Le 21 janvier 2025, les autorités nigériennes annonçaient officiellement la création d’une force militaire unifiée de 5 000 hommes, marquant le passage d’une alliance politique à une architecture opérationnelle.

Cette initiative rompt avec plusieurs décennies de tentatives avortées de coopération régionale en matière de sécurité. Ni la CEDEAO, ni le G5 Sahel n’étaient parvenus à déployer durablement une force intégrée capable de répondre à l’expansion des groupes armés terroristes dans le Sahel central. L’AES, née dans le contexte des ruptures avec les partenaires occidentaux et du retrait progressif des dispositifs français, revendique une prise en charge souveraine de la sécurité régionale.

Une architecture militaire en construction

La Force unifiée de l’AES repose sur un état-major central installé à Niamey, au sein de la base aérienne 101, anciennement utilisée par l’opération française Barkhane. Ce choix symbolique traduit la volonté des trois régimes militaires de reprendre le contrôle d’infrastructures stratégiques, tout en affirmant une rupture avec les dispositifs sécuritaires hérités.

Les étapes de mise en place se sont accélérées en 2025. Des réunions successives des chefs d’état-major et des ministres de la défense, à Ouagadougou, Bamako puis Niamey, ont permis de préciser la chaîne de commandement, les mécanismes de coordination et le calendrier de déploiement. L’objectif affiché est une pleine capacité opérationnelle à partir de 2026, même si, à ce stade, la force reste largement adossée aux armées nationales existantes.

« Yere-Ko », premier test grandeur nature

Entre le 24 février et le 6 mars 2025, l’opération conjointe « Yere-Ko 2 » a constitué la première démonstration militaire d’envergure de cette coopération. Menée dans la zone dite des « trois frontières », à cheval sur le Mali, le Burkina Faso et le Niger, elle visait les bastions du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et de l’État islamique au Sahel.

Coordonnée depuis le poste de commandement interarmées de Gao, au Mali, l’opération a mobilisé des unités terrestres, appuyées par des moyens aériens et du renseignement partagé. Selon les bilans communiqués par les états-majors, plusieurs bases jihadistes ont été démantelées, des combattants neutralisés ou capturés, et d’importants stocks logistiques saisis, notamment des armes, du carburant et des moyens de communication.

Au-delà des résultats tactiques, « Yere-Ko » a surtout validé une capacité inédite de coordination interarmées, avec une chaîne de commandement partagée et des opérations conduites simultanément sur plusieurs territoires nationaux. Un pas important dans une région où la porosité des frontières a longtemps entravé les efforts militaires.

La question centrale des moyens aériens

L’un des défis majeurs reste toutefois la faiblesse des capacités aériennes des armées sahéliennes. Face à des groupes armés très mobiles, la surveillance, le renseignement et l’appui aérien sont déterminants. L’AES mise sur une mutualisation progressive des moyens existants — hélicoptères, drones, capacités de renseignement — plutôt que sur la création immédiate d’une flotte commune.

La Turquie fournit des drones à plusieurs pays de l’Alliance, tandis que la Russie a annoncé, au printemps 2025, un appui en matière de formation et d’équipements. Cette stratégie de partenariats multiples vise à éviter une dépendance exclusive, après le retrait des partenaires occidentaux. Mais elle pose aussi la question de l’interopérabilité des systèmes et de la soutenabilité financière de ces choix dans la durée.

Une expérience encore ouverte

Malgré cette montée en puissance, la force unifiée de l’AES demeure confrontée à de lourds obstacles. Les groupes terroristes continuent d’adapter leurs modes opératoires, tandis que les contraintes budgétaires, logistiques et humaines limitent l’ampleur des opérations. Par ailleurs, l’absence d’un cadre institutionnel supranational pleinement opérationnel restreint la capacité à planifier sur le long terme.

L’opération « Yere-Ko » a montré que le Mali, le Burkina Faso et le Niger pouvaient, pour la première fois, conduire ensemble des opérations militaires coordonnées d’envergure. Mais transformer cette dynamique en un dispositif durable, capable de stabiliser le Sahel central, nécessitera bien davantage qu’une convergence sécuritaire.

La réussite de la force unifiée dépendra autant de sa capacité militaire que de l’évolution politique des régimes qui la portent, et de leur aptitude à inscrire cette coopération dans un projet régional plus large. Le 2ème collège des chefs d’État de la Confédération des Etats du sahel, prévu à Bamako du 22 au 23 décembre 2025, devrait offrir un premier bilan politique de cette expérimentation sécuritaire inédite au Sahel.

A.D

19 décembre 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
mine de lithium de Goulamina
A la UneÉconomie

Au Mali, le projet de lithium de Bougouni engrange ses premiers revenus

by Chiencoro 18 décembre 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Le groupe minier britannique Kodal Minerals a perçu ses premiers revenus issus de l’exploitation du lithium de Bougouni, dans le sud du Mali. Une étape clé pour ce projet stratégique, dans un contexte de recomposition économique et géopolitique du Sahel.

La société minière Kodal Minerals a annoncé, mercredi 17 décembre, avoir perçu ses premiers revenus issus de l’exploitation du projet de lithium de Bougouni, dans le sud du Mali. Un paiement de 21,3 millions de dollars (environ 19,5 millions d’euros) a été versé par le groupe chinois Hainan Mining, partenaire commercial du projet, à la suite de la première exportation de concentré de spodumène depuis le port ivoirien de San Pedro, le 28 novembre.

Cette somme représente 95 % de la valeur de la cargaison livrée, conformément au contrat d’enlèvement liant les deux groupes. Le solde doit être réglé début janvier, après confirmation des analyses définitives de teneur et de tonnage du minerai exporté. Il s’agit des premiers revenus générés par la société Les Mines de Lithium de Bougouni (LMLB), filiale de Kodal Mining UK Limited (KMUK), qui détient la licence d’exploitation du site. Kodal Minerals, cotée à la bourse de Londres (AIM), possède 49 % de KMUK.

Une montée en régime progressive de la production

L’exploitation minière se poursuit à ciel ouvert sur le site de Ngoualana, où le minerai de pegmatite est extrait et transporté vers les stocks de minerai brut, actuellement estimés à environ 65 000 tonnes. L’objectif est d’augmenter progressivement ces volumes afin d’assurer un approvisionnement continu de l’usine de traitement par séparation en milieu dense (DMS) tout au long de l’année 2026.

Après plusieurs semaines de maintenance et d’ajustements techniques destinés à corriger des goulots d’étranglement identifiés lors de la mise en service initiale, l’usine de Bougouni a redémarré son activité cette semaine. La direction de Kodal Minerals indique viser une production d’environ 10 000 tonnes de concentré de spodumène par mois à court terme, avec une capacité annuelle cible de 125 000 tonnes.

Le transport du concentré vers le port de San Pedro se poursuit, et un second chargement est en cours d’acheminement vers la Chine. Pour le premier trimestre 2026, la production attendue se situe entre 20 000 et 30 000 tonnes.

Des contraintes techniques et saisonnières maîtrisées

Comme de nombreux sites miniers en zone tropicale, Bougouni a été affecté par la saison des pluies, qui a temporairement limité l’accès à certaines zones de la fosse. Des opérations d’assèchement sont en cours afin de permettre l’extraction des niveaux inférieurs du gisement. Selon l’entreprise, ces opérations n’ont pas d’impact sur la continuité de l’exploitation, des dispositifs permanents ayant été installés pour limiter les effets des prochaines saisons humides.

L’entreprise affirme par ailleurs disposer d’un approvisionnement complet en carburant et en explosifs, élément crucial dans un contexte régional marqué par des tensions logistiques et sécuritaires persistantes.

Des résultats prometteurs sur le prospect de Boumou

Au-delà de Bougouni, Kodal Minerals a publié les résultats définitifs de sa campagne de forage 2025 sur le prospect voisin de Boumou. Les analyses confirment la présence de plusieurs corps pegmatitiques continus et à teneur élevée en lithium. Certaines intersections atteignent plus de 50 mètres avec des teneurs supérieures à 1,5 % de Li₂O, renforçant le potentiel de développement à long terme du site.

Une nouvelle campagne de forage est prévue début 2026, accompagnée d’essais métallurgiques et d’études géotechniques, en vue de l’élaboration d’un plan minier détaillé. La société prévoit également de mettre à jour son étude d’impact environnemental et social, en raison de l’extension du périmètre du prospect.

Un projet stratégique dans un contexte politique sensible

Le projet de Bougouni s’inscrit dans un contexte malien marqué par une volonté affirmée des autorités de renforcer le contrôle national sur les ressources stratégiques, notamment dans le secteur minier. Le lithium, minerai clé de la transition énergétique mondiale, est devenu un enjeu économique et géopolitique majeur pour les pays producteurs.

Si Kodal Minerals souligne la stabilité opérationnelle du site, la montée en puissance du projet sera scrutée de près, tant pour ses retombées économiques locales que pour sa capacité à s’inscrire durablement dans un environnement sécuritaire et réglementaire encore fragile. L’entreprise prévoit désormais de publier des mises à jour trimestrielles sur l’avancement des opérations, la première étant attendue en avril 2026.

Chiencoro Diarra 

18 décembre 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Passeport AES
ActuÉconomie

Pourquoi l’identité numérique est devenue centrale dans le projet AES

by Chiencoro 18 décembre 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

En lançant un e-passeport et une carte d’identité biométrique communs, la Confédération des États du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) franchit un nouveau cap dans son projet d’intégration. Au-delà de la technique, ces nouveaux documents traduisent une ambition politique : celle de bâtir une souveraineté régionale fondée sur la libre circulation, le numérique et le contrôle des identités.

À peine dix-huit mois après sa création, la Confédération des États du Sahel (AES) franchit un seuil décisif de son projet politique : la mise en circulation de documents d’identité et de voyage harmonisés. Le lancement de l’e-passeport AES, en janvier 2025, puis de la carte d’identité biométrique confédérale, en décembre 2025, dépasse la simple réforme administrative. Il traduit une volonté assumée de bâtir une intégration régionale alternative, fondée sur la souveraineté, la numérisation et la libre circulation.

Une rupture assumée avec l’architecture CEDEAO

La disparition progressive des passeports et cartes d’identité CEDEAO dans les trois pays membres — Mali, Burkina Faso et Niger — consacre la rupture institutionnelle intervenue avec le retrait officiel de la CEDEAO en janvier 2025. Les nouveaux documents confédéraux deviennent ainsi les premiers marqueurs concrets d’un espace AES distinct, doté de ses propres instruments juridiques et administratifs.

Le calendrier de déploiement illustre cette volonté d’accélération. Après la réunion d’experts tenue à Bamako en octobre 2024 et la validation technique par les ministres chargés de la sécurité en novembre, la décision présidentielle d’avril 2025 a officialisé l’e-passeport et la carte biométrique comme documents de référence. L’e-passeport, premier à entrer en circulation, est délivré dès le 29 janvier 2025, date hautement symbolique coïncidant avec la sortie effective de la CEDEAO.

Le Burkina Faso a dépassé les 100 000 passeports de l’Alliance des États du Sahel (AES) délivrés dès août 2025, plus précisément 102 000 depuis septembre 2024, selon une annonce du directeur de l’ONI en août 2025. Le Mali relance sa production à l’automne, tandis que la carte d’identité biométrique est officiellement lancée en décembre 2025, avec une généralisation prévue à partir de 2026.

Des documents sécurisés, pensés pour l’interopérabilité

Sur le plan technique, les deux documents répondent aux standards internationaux les plus élevés. Conçus en polycarbonate, dotés de puces électroniques intégrant données biométriques, empreintes digitales et photographie, ils sont conformes aux normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Plus de cinquante éléments de sécurité invisibles à l’œil nu visent à limiter les risques de falsification.

Au-delà de la sécurisation, l’objectif est de bâtir un système d’identification interopérable à l’échelle confédérale. Les bases de données nationales sont appelées à être interconnectées, permettant une reconnaissance mutuelle des identités et un partage d’informations entre les États membres. Une architecture technique pensée à la fois pour faciliter la mobilité et renforcer les capacités de contrôle.

Une reconnaissance internationale pragmatique

Restait la question sensible de la reconnaissance internationale. Dès avril 2025, la France valide l’e-passeport AES comme document de voyage officiel. Les pays de l’espace Schengen confirment, quelques mois plus tard, son acceptation administrative. Une reconnaissance rapide, qui tranche avec les tensions diplomatiques persistantes entre les capitales sahéliennes et plusieurs partenaires occidentaux.

Cette avancée diplomatique s’accompagne toutefois d’un paradoxe : la production des documents reste confiée à un prestataire européen spécialisé, faute de capacités industrielles locales équivalentes. Un choix pragmatique, mais qui limite encore l’autonomie technologique complète de l’AES.

Libre circulation, sécurité et économie régionale

Au cœur de cette réforme se trouve la libre circulation des personnes, pilier revendiqué de la doctrine confédérale. Sur le plan juridique, l’harmonisation documentaire simplifie les passages frontaliers et réduit les contrôles redondants. Sur le plan économique, elle vise à fluidifier le commerce transfrontalier, essentiel pour des économies largement informelles et interdépendantes.

Contrairement à certaines approches sécuritaires dominantes, l’AES défend l’idée qu’une mobilité encadrée améliore la sécurité. Les documents biométriques renforcent la traçabilité des personnes, facilitent l’identification et contribuent à la lutte contre le terrorisme, les trafics et la criminalité organisée, grâce à l’échange d’informations entre États.

Dans une région marquée par des déplacements massifs de populations, la question de l’identité légale revêt une dimension sociale cruciale. Des millions de personnes déplacées internes se retrouvent privées de documents, exclues des services publics et des droits fondamentaux. La carte d’identité biométrique AES, accessible dès l’âge de cinq ans et à faible coût, se veut une réponse à cette invisibilité administrative.

Elle ouvre l’accès à l’éducation, aux soins, aux aides sociales et aux services publics, et s’inscrit dans une logique d’inclusion rarement mise en avant dans les politiques sécuritaires sahéliennes.

Une modernisation numérique à portée géopolitique

Ces documents s’intègrent dans une stratégie plus large de numérisation des administrations. Interconnexion des systèmes d’état civil, modernisation des bases de données, sécurisation des informations personnelles. Autant de leviers pour renforcer la souveraineté numérique des États membres et améliorer la gouvernance publique.

À terme, l’identité numérique confédérale pourrait devenir l’infrastructure de base d’autres politiques communes : fiscalité, protection sociale, mobilité professionnelle ou accès aux services en ligne.

Plus qu’un outil administratif, l’e-passeport et la carte biométrique incarnent une ambition politique : faire exister l’AES dans le quotidien des citoyens. La devise de l’AES inscrite sur les documents — « Un Espace, Un Peuple, Un Destin » — résume cette volonté de transformer une alliance née de la crise sécuritaire en un projet d’intégration durable.

Chiencoro Diarra 

18 décembre 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Kassogué, ministre de la justice.jpg
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Mauvaise gouvernance foncière au Mali : vers la mise en place d’instruments efficaces de lutte

by Sahel Tribune 18 décembre 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

La bonne gouvernance à tous les niveaux est un gage de développement harmonieux pour un pays. Depuis quelques années, les autorités nationales, sous la conduite du Général d’Armée Assimi Goïta, sont à pied d’œuvre pour que tous les secteurs vitaux du pays soient bien gérés au bénéfice exclusif des populations. Le secteur foncier et domanial n’échappe pas à cette refondation.

En effet, dans un Mali en pleine mutation démographique et économique, la question foncière et domaniale reste l’un des défis majeurs de gouvernance, car elle devient de plus en plus une préoccupation majeure, de nature à ébranler la paix, la quiétude et la cohésion sociale. Autrement dit, elle est au cœur de la paix sociale, de la stabilité politique et du développement économique du pays.

Depuis plus de trois décennies, elle est caractérisée par une série de dysfonctionnements, tels que la gestion morcelée et peu coordonnée des dossiers ; la multiplicité des intervenants ; la lenteur des procédures ; les conflits entre les systèmes coutumiers, administratifs et judiciaires ; l’absence de spécialisation des acteurs, ainsi que des décisions judiciaires parfois contradictoires. Ce qui fait qu’à ce jour, il existerait très peu de familles au Mali qui ne soient pas ou qui n’aient pas été confrontées à un problème foncier, que ce soit en milieu urbain ou rural. Si certaines victimes se résignent en se remettant à Dieu, d’autres, par contre, arpentent régulièrement les couloirs des tribunaux.

Ainsi, pendant le premier semestre de l’année 2025, sur 643 dossiers traités par la justice, 48,83 % étaient directement liés à des litiges fonciers. Des litiges qui représentent aujourd’hui près de 40 % des affaires portées devant les juridictions de l’ordre judiciaire et jusqu’à 90 % devant celles de l’ordre administratif. Face à cette situation, le gouvernement a décidé de se doter d’instruments nécessaires et efficaces pour éradiquer le phénomène.

Un pôle judiciaire foncier en création

À l’image des pôles judiciaires dédiés à la cybercriminalité, à la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, ainsi qu’à la lutte contre la corruption, le gouvernement a décidé de créer un pôle judiciaire foncier. L’examen des textes de création de ce pôle a fait l’objet d’un atelier de consultation. C’était le mardi 16 décembre 2025 à Bamako, dans la salle de conférences du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme.

Cet atelier visait à favoriser le dialogue et à enrichir les textes en cours d’élaboration. Il a réuni de nombreuses personnalités, notamment des représentants des départements ministériels, des directeurs de services centraux, le gouverneur de la région de Ségou, ainsi que des représentants des gouverneurs du district de Bamako et de la région de Koulikoro.

L’adoption de ces textes aboutira à la structuration d’un pôle judiciaire foncier doté de compétences civiles, administratives et pénales. Ce qui permettra de rationaliser le traitement des affaires foncières, d’unifier l’action des acteurs judiciaires concernés et de simplifier les procédures.

Réorganisation des services techniques de l’État

Pour permettre à l’État de changer de fusil d’épaule dans la lutte contre la mauvaise gouvernance foncière et domaniale, le gouvernement a adopté un projet de décret fixant les cadres organiques des services régionaux et subrégionaux des Domaines et du Cadastre. C’était à la faveur de la session du Conseil des ministres du vendredi 12 décembre 2025. Le projet de décret adopté permet d’harmoniser les cadres organiques avec la nouvelle organisation desdits services et de prévoir, pour les cinq (5) prochaines années, l’effectif du personnel nécessaire à l’exécution de leurs missions.

Ce décret vient s’ajouter à de nouveaux textes de réorganisation du secteur foncier. Il s’agit notamment de l’Ordonnance n°2024-001/PT-RM du 15 janvier 2024 portant création de la Direction générale des domaines et du cadastre en remplacement de la Direction nationale des domaines et du cadastre ; du décret n°2024-0044/PT-RM du 19 janvier 2024 fixant son organisation et les modalités de son fonctionnement ; et du décret n°2025-0187/PT-RM du 11 mars 2025 portant création des services régionaux et subrégionaux des domaines et du cadastre.

On peut présager que la mise en œuvre de ces instruments aboutira à une bonne gestion foncière et domaniale. Une bonne gestion qui sera, certainement, axée sur la simplification des procédures, la digitalisation des outils fonciers, le renforcement de la coordination entre les structures, l’amélioration des capacités humaines et techniques, la sécurisation des décisions et l’amélioration du contrôle.

Sidi Modibo Coulibaly

18 décembre 2025 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts

A propos

Sahel Tribune est un site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes sur les actualités brûlantes du Sahel. Il a été initialement créé en 2020, au Mali, sous le nom Phileingora…

derniers articles

Goïta célèbre l’Aïd el-Kébir et appelle à l’union sacrée face aux « terrorismes multiformes...
Plan humanitaire 2026 : Bamako plaide pour 578 millions de dollars à Genève
Mali : pourquoi les infrastructures financées par la Russie attirent l’attention de l’Afrique

Contact

© 2025 Sahel Tribune. Tous droits réservés. Design by Sanawa Corporate

Facebook Twitter Youtube Linkedin Envelope
Sahel Tribune
Politique de confidentialité
Lors de l’utilisation de nos sites, des informations de navigation de votre terminal sont susceptibles d’être enregistrées dans des fichiers « Cookies ». Ces fichiers sont installés sur votre terminal en fonction de vos choix, modifiables à tout moment. Un cookie est un fichier enregistré sur le disque dur de votre terminal, permettant à l’émetteur d’identifier le terminal pendant sa durée de validation.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Shopping Cart

Close

Votre panier est vide.

Close