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Colonel-major Lassana Togola
A la UneÉconomie

Aéroport international de Bamako : la destination Mali en forte hausse en 2025

by Sidi Modibo Coulibaly 21 décembre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

La vitrine d’un pays se mesure, en général, par ses voies d’accès aériennes. Ainsi, plus les infrastructures aéroportuaires sont de bonne qualité, plus l’image du pays, sur le plan international, est positive. Cette réalité n’a pas échappé aux autorités nationales qui ne ménagent aucun effort pour moderniser les aéroports du Mali, et en particulier celui de la capitale, Bamako. Ces efforts ont été payants, car le trafic enregistré dans cet aéroport a fortement augmenté par rapport à l’année dernière.

Dénommée en janvier 2016 « Aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou », du nom du premier Président de la République du Mali, l’aéroport de la capitale malienne a tenu sa 73e session du conseil d’administration. C’était le mercredi 17 décembre 2025, sous la présidence du Colonel-major Lassana Togola, Président du Conseil d’administration (PCA) et Président-directeur général. Au cours de cette session, le premier responsable des aéroports du Mali a présenté le bilan financier et les activités réalisées en 2025.

Un bilan positif dépassant les prévisions

Sur le plan financier, les réalisations font apparaître 92 % des produits d’exploitation, 86 % des charges et 64 % des investissements, avec un taux de réalisation de 155 % du résultat d’exploitation par rapport aux prévisions 2025.

Par rapport au trafic, de janvier au 31 octobre 2025, l’aéroport a enregistré 14 166 mouvements d’avions, 981 553 passagers et 7 462 016 kilogrammes de fret. Un bilan qui dépasse, selon le Colonel-major Togola, largement celui enregistré en 2024. Ce bilan élogieux est dû aux énormes efforts consentis par le gouvernement pour moderniser davantage l’aéroport afin d’offrir de meilleures conditions d’accueil aux usagers.

Construction d’infrastructures ultra modernes

Il y a un an, le gouvernement avait posé deux actes majeurs dans la modernisation de l’aéroport international de Bamako. En effet, le samedi 21 décembre 2024, le Premier ministre, Général de division Abdoulaye Maïga, avait présidé la cérémonie de pose de la première pierre du Bloc technique et de la Tour de contrôle, ainsi que l’inauguration de la nouvelle Base de Service de Lutte contre l’Incendie (SLI).

La Tour de contrôle, qui sera construite en R+7, abritera également les services de veille météorologique, tandis que le Bloc technique, en R+2, regroupera les services techniques de la Représentation de l’ASECNA. Le coût de la construction de la Tour de contrôle et du Bloc technique s’élève à 4 459 525 040 francs CFA, avec un délai d’exécution de 30 mois.

Quant à la nouvelle Base de Service de Lutte contre l’Incendie (SLI) inaugurée, elle a coûté plus de 1 300 000 000 de francs CFA. Elle comprend : une salle de contrôle, plusieurs bureaux, des salles techniques, un guichet unique, un hall pilote, un espace de vie ainsi que des salles de repos. Elle dispose de toutes les commodités dignes des plus grands aéroports du monde.

En plus de ces infrastructures, le gouvernement a, au cours de cette année, inauguré d’autres infrastructures. C’était le jeudi 29 juin 2025, sous la présidence du Premier ministre. Il s’agit du nouveau siège de « Aéroports du Mali » et de la nouvelle passerelle reliant les terminaux 1 et 2 de l’Aéroport international de Bamako.

Autres actions réalisées

Il est important de souligner qu’avant le lancement et l’inauguration de ces infrastructures, d’autres actions avaient été réalisées dans les aéroports du Mali. C’est le ministre des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko, qui les a annoncées. C’était le jeudi 6 juillet 2023, lors de la cérémonie d’ouverture des travaux de la 38e session ordinaire du Comité de gestion des activités aéronautiques nationales du Mali.

Ces actions sont : l’aménagement de la servitude du VOT de l’aérodrome de Sikasso ; la construction et la rénovation de plusieurs bâtiments au niveau des aérodromes et synoptiques ; le bitumage du poste isolé au niveau de l’Aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou ; la reprise et la correction des marquages des aires de mouvements des aéroports de Bamako et Kayes ; l’acquisition d’une machine de mesure du coefficient de frottement des chaussées aéronautiques.

Sidi Modibo Coulibaly

21 décembre 2025 0 comments
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Remise du drapeau au commandant de la Force unifiée AES
ActuSécurité

À Bamako, Assimi Goïta remet l’étendard à la Force unifiée du Sahel : naissance d’un outil militaire confédéral

by Sahel Tribune 20 décembre 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Dans une cérémonie à haute portée symbolique tenue à Bamako le 20 décembre 2025, le président malien Assimi Goïta a remis l’étendard à la Force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cet acte fondateur, salué par les dirigeants du Burkina Faso et du Niger, consacre la montée en puissance d’une structure militaire confédérale destinée à défendre la souveraineté régionale face aux menaces terroristes et aux ingérences extérieures.

Entouré de ses homologues ministres venus du Burkina Faso et du Niger, des chefs d’état-major des trois armées, de diplomates et d’attachés de défense étrangers, le général Assimi Goïta a présidé la cérémonie solennelle de lancement de la FU-AES, force multinationale de 5 000 hommes placée sous commandement conjoint.

La remise de l’étendard, symbole d’unité et d’engagement, marque « le démarrage opérationnel de la Force unifiée », a déclaré le président Goïta, qui préside également la Confédération des États du Sahel depuis sa création à Niamey en juillet 2024.

L’événement, tenu en marge de la première session confédérale du Conseil des ministres de l’AES, s’inscrit dans la phase d’institutionnalisation accélérée du bloc sahélien formé par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, après leur retrait de la CEDEAO en 2025.

D’une coordination militaire à une armée confédérale

Depuis deux ans, les opérations conjointes Yéréko I et Yéréko II ont prouvé la capacité des armées malienne, burkinabè et nigérienne à coordonner des offensives transfrontalières d’envergure. Ces campagnes, menées dans la zone des trois frontières, ont permis « la neutralisation de plusieurs chefs terroristes et la destruction de sanctuaires criminels », a rappelé Goïta, saluant la « planification rigoureuse et le partage efficace du renseignement » entre les trois armées.

Mais la création d’une force permanente unifiée, dotée d’un état-major intégré et d’une chaîne de commandement confédérale, constitue une étape sans précédent dans l’histoire militaire du Sahel. Son commandement a été confié au général de brigade Daouda Traoré, vétéran reconnu pour son expérience de terrain et son pragmatisme opérationnel.

Un outil militaire et politique

Dans son discours, le chef de l’État malien a mis un accent particulier sur la « portée historique » de cette initiative, qu’il considère comme l’acte fondateur d’une souveraineté sahélienne consolidée. Face à la multiplication des menaces – terroristes, économiques, informationnelles –, le président a appelé, à l’ouverture de la première session inaugurale du Conseil confédéral des ministres de l’AES, à une « anticipation stratégique permanente », tout en annonçant la création d’un écosystème médiatique AES (radio, télévision, presse écrite) destiné à renforcer la souveraineté informationnelle et à contrer la guerre de désinformation.

« L’AES est une réalité irréversible », a martelé Assimi Goïta, rendant hommage aux militaires tombés au combat et saluant le soutien constant des populations du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Pour le général de corps d’armée Sadio Camara, ministre malien de la Défense, la cérémonie consacre « un moment décisif de l’histoire du Sahel ». « La paix, la sécurité et la souveraineté ne se délèguent pas », a-t-il déclaré, rappelant que la FU-AES est le fruit d’une « mutualisation stratégique fondée sur les valeurs sahéliennes de solidarité, d’entraide et de dignité ».

L’étendard remis à la Force unifiée, symbole de mémoire et de sacrifice, a été présenté comme le drapeau du courage sahélien, celui d’une génération d’États décidée à ne plus subir les schémas imposés de l’extérieur.

Un Sahel en quête d’autonomie stratégique

Avec cette cérémonie, l’AES franchit une étape supplémentaire vers l’autonomisation de sa sécurité collective, alors même que le retrait des forces étrangères (Barkhane, MINUSMA) a redéfini les équilibres régionaux. En s’appuyant sur la coopération avec la Russie et d’autres partenaires non occidentaux, les trois pays entendent désormais assumer seuls la défense de leur espace, au nom d’une souveraineté qu’ils veulent pleine et entière.

Au-delà du symbole militaire, la FU-AES est l’embryon d’une armée confédérale du Sahel — une idée jadis utopique, désormais devenue une réponse politique à l’instabilité chronique de la région.

En conclusion de la cérémonie, Assimi Goïta a appelé à transformer l’unité militaire en solidarité politique durable, rappelant que l’objectif ultime de la Confédération est de bâtir « un espace de stabilité, de dignité et de prospérité partagée ».

La rédaction 

20 décembre 2025 0 comments
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première session confédérale des ministres de l'AES.
A la UnePolitique

Sommet AES Bamako : Assimi Goïta ouvre la première session confédérale du Conseil des ministres de l’AES

by Sahel Tribune 20 décembre 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta a ouvert, samedi 20 décembre, la première session confédérale du Conseil des ministres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Un rendez-vous fondateur, à deux jours de la 2ème session du Collège des chefs d’État, destiné à donner corps à une union militaire et politique en quête de reconnaissance internationale.

Au Palais de Koulouba, siège de la présidence malienne, le drapeau vert de la Confédération des États du Sahel flottait aux côtés de ceux du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Devant les ministres réunis des trois pays, le général Assimi Goïta, président de la Transition malienne et actuel président de l’AES, a ouvert la première session confédérale du Conseil des ministres. Un événement qualifié d’« inaugural et stratégique » à l’heure où la jeune confédération s’apprête à franchir un cap institutionnel majeur.

Une Confédération en construction

Créée en juillet 2024 à Niamey, la Confédération des États du Sahel regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays dirigés par des régimes militaires qui ont rompu avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en janvier 2025. Elle se veut à la fois un pacte de défense collective et un cadre d’intégration politique et économique fondé sur la souveraineté et la solidarité.

Dans son discours d’ouverture, le général Assimi Goïta a insisté sur « la responsabilité historique » des dirigeants sahéliens face aux défis communs. « Nos trois États ont fait le choix souverain de mutualiser leurs efforts pour bâtir un espace stable et apaisé, favorable au développement et à l’épanouissement de nos populations », a-t-il déclaré.

Le chef de l’État malien a également rappelé que cette session prépare la deuxième réunion du Collège des chefs d’État, prévue à Bamako les 22 et 23 décembre, où seront adoptés les protocoles additionnels régissant la défense, la diplomatie et le développement.

Sécurité et développement : les deux priorités

La réunion ministérielle doit examiner le rapport d’activité du premier exercice de la Confédération, notamment dans les domaines de la sécurité régionale, du développement économique et du renforcement institutionnel.

Assimi Goïta a souligné la nécessité de « compléter l’architecture juridique et politique de l’AES », estimant que ces protocoles permettront « l’élaboration de politiques et programmes communs au bénéfice des populations ».

Mais derrière le discours d’unité, les défis demeurent considérables. Les trois États font face à une violence terroriste persistante, à des difficultés économiques aiguës et à un isolement diplomatique partiel.

Le président malien en a conscience : « Le terrorisme économique soutenu et le terrorisme médiatique, auxquels nous faisons l’objet depuis un certain temps, vise à affaiblir le soutien dont la confédération dispose auprès de ses peuples. », a-t-il dénoncé, accusant implicitement les puissances occidentales d’entretenir une campagne de déstabilisation. « Ces actes de sabotage ne sont pas simplement le fait des terroristes, mais également une confrontation pour un positionnement géopolitique visant à sauvegarder des intérêts politiques et économiques dans le Sahel. », a-t-il précisé avant d’indiquer : « Ce constat nous impose donc de redoubler d’efforts et de vigilance. »

Un discours d’affirmation souverainiste

Dans un ton résolument offensif, Goïta a défendu la légitimité du projet sahélien face aux critiques internationales : « Notre Confédération, de par ses énormes potentialités, commence à s’imposer sur la scène africaine et internationale », a-t-il affirmé, en évoquant la « marche souveraine » de l’AES.

Il a également rendu hommage aux forces armées des trois pays, saluant leur « courage et leur détermination à défendre l’intégrité du territoire et la sécurité des citoyens ». Pour le chef de l’État malien, l’objectif est de transformer la solidarité militaire en intégration politique. « L’Afrique de l’Ouest est unie par une histoire et une culture communes. Nos peuples sont naturellement appelés à vivre ensemble dans la fraternité et la solidarité », a-t-il conclu.

Un tournant avant le sommet de Bamako

La session confédérale constitue une étape préparatoire avant la 2ème session du Collège des chefs d’État de l’AES, attendu comme un moment de consolidation. Les dirigeants devraient y désigner le prochain président de la Confédération, qui succédera à Assimi Goïta, et adopter un plan stratégique 2026-2030 visant à institutionnaliser la coopération dans les domaines de la sécurité, de la finance et des infrastructures.

Pour Bamako, ce rendez-vous revêt une portée symbolique. Il doit démontrer que l’AES est plus qu’une alliance conjoncturelle, et qu’elle s’ancre désormais dans une logique de construction étatique supranationale.

L’AES ambitionne d’incarner un pôle de stabilité sahélien, affranchi des tutelles occidentales. Le discours d’Assimi Goïta à Bamako marque une étape dans la formalisation politique d’une confédération désormais consciente de son rôle de  laboratoire de souveraineté africaine.

A.D

20 décembre 2025 0 comments
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Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou
ActuSeko ni Donko

Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou : les orchestres régionaux de Kayes et Kidal ouvrent la série des concerts 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 20 décembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

La salle Ali Farka Touré de Tombouctou a vibré ce vendredi 19 décembre 2025 lors du lancement officiel des concerts des troupes régionales. Présidée par le Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, la cérémonie a réuni plusieurs gouverneurs de région et un public nombreux. Cet événement a marqué une étape importante pour la promotion culturelle nationale, inscrivant Tombouctou comme un lieu central de rayonnement artistique et institutionnel.  

La présence des autorités locales et régionales a donné une dimension officielle et solennelle à cette rencontre. Elle a illustré la volonté du gouvernement de soutenir la culture comme vecteur de cohésion sociale et de développement. Le ministre Mamou Daffé a rappelé l’engagement de son département à valoriser les traditions musicales tout en encourageant l’innovation. Ce lancement s’est imposé comme un symbole fort de reconnaissance et de dynamisme culturel au service de l’unité nationale.  

Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou, arrivée du ministre
L’accueil du ministre Mamlou Daffé pour les séries de concerts ouvertes par les troupes de Kayes et Kidal, le 19 décembre 2025, lors de la biennale Artistique et Culturelle de Tombouctou. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Une cérémonie institutionnelle et fédératrice

Les orchestres régionaux de Kayes et Kidal ont ouvert la soirée avec des prestations remarquées. Kayes a interprété huit morceaux, tandis que Kidal en a proposé dix, mêlant rythmes traditionnels et touches modernes. Le public a été séduit par cette fusion entre héritage musical et créativité contemporaine. Ces performances ont donné le ton à une série musicale qui met en lumière la richesse artistique des régions et la vitalité des expressions locales, confirmant la diversité comme moteur de cohésion et de dialogue.  

La salle Ali Farka Touré, haut lieu de culture à Tombouctou, a offert un cadre idéal pour cette rencontre. L’acoustique et l’ambiance chaleureuse ont permis aux orchestres de transmettre toute la puissance de leurs compositions. Le public, composé de citoyens, d’artistes et de responsables institutionnels, a répondu avec enthousiasme. Les applaudissements nourris ont confirmé l’attente et l’intérêt suscités par cette série musicale, qui s’annonce comme un rendez-vous incontournable pour la valorisation des talents régionaux et la promotion culturelle nationale.  

Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou 2025
Les autorités et légitimités traditionnelles de la région de Tombouctou, le 19 décembre 2025, lors de la biennale Artistique et Culturelle de Tombouctou. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

La musique comme langage universel

Au-delà des prestations musicales, l’événement a porté un message d’unité nationale. En réunissant des troupes venues de régions différentes, la cérémonie a mis en avant la diversité comme richesse et moteur de cohésion. Les orchestres de Kayes et Kidal ont montré que, malgré les spécificités locales, la musique demeure un langage universel capable de rapprocher les communautés. Cette dynamique illustre la volonté des autorités de promouvoir une identité culturelle partagée et de renforcer la paix par la culture.  

Le lancement des concerts régionaux ouvre la voie à une série de représentations qui mettront en lumière d’autres ensembles artistiques du pays. Chaque région aura l’occasion de présenter ses particularités musicales, contribuant à un panorama national riche et varié. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de valorisation des cultures locales et de soutien aux artistes. Elle vise également à renforcer la visibilité des régions sur la scène nationale, en leur offrant un espace d’expression institutionnel et populaire.  

Biennale Artistique et Culturelle Tombouctou, Troupe Kayes et Kidal
Les acteurs culturels lors de l’ouverture des séries de concerts par les troupes de Kayes et Kidal, le 19 décembre 2025, lors de la biennale Artistique et Culturelle de Tombouctou. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Ibrahim Kalifa Djitteye, envoyé spécial à Tombouctou 

20 décembre 2025 0 comments
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Ouverture du Forum mondial des civilisations
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Forum mondial des civilisations Tombouctou 2025 : une rencontre internationale pour la prospérité partagée 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 20 décembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Le Forum mondial des civilisations s’est ouvert ce vendredi 19 décembre 2025 dans la cité des 333 Saints, sous le thème « Dialogue, Paix et Prospérité partagée ». Placée sous le haut patronage du président de la transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, la cérémonie d’ouverture a été présidée par le Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, en présence des autorités locales, coutumières et universitaires.  

La cérémonie a réuni le Gouverneur de Tombouctou, le Contrôleur principal de Police Bakoun Kanté, ainsi que des autorités administratives, politiques et coutumières. Universitaires et chercheurs venus de plusieurs pays ont également pris part à cette rencontre, confirmant la portée internationale de l’événement. Ce rendez-vous s’inscrit dans le cadre de la Biennale Artistique et Culturelle, se tient du 19 au 20 décembre, consolidant Tombouctou comme capitale mondiale du dialogue interculturel.  

Forum mondial des civilisations à Tombouctou
Les autorités administratives et légitimités traditionnelles au Forum mondial des civilisations, à Tombouctou, le 19 décembre 2025. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Tombouctou, mémoire universelle

Ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, Tombouctou fut du XIVe au XVIe siècle l’un des plus grands centres intellectuels du monde, accueillant près de 25 000 étudiants et érudits. Ses bibliothèques, riches de plus de 300 000 manuscrits, témoignent encore de son génie africain. Carrefour du commerce transsaharien, la cité incarne depuis des siècles l’hospitalité, la tolérance et l’échange pacifique. Ce Forum marque le retour de son rayonnement universel et de son rôle de gardienne de la mémoire collective.  

Le Forum s’inspire des traditions endogènes de médiation et de cohésion sociale du Mali, telles que le Bulon (vestibule de décision), le Toguna (case à palabres) et la Tente touareg, symboles de dialogue et d’hospitalité. Ces instruments ancestraux, porteurs de valeurs de solidarité et de vivre-ensemble, constituent une source d’inspiration pour bâtir un monde plus pacifique. Ils rappellent que la culture malienne, profondément enracinée, peut éclairer les défis contemporains et offrir des solutions universelles.  

Forum mondial des civilisations
Les Forces de Défense et de Sécurité au Forum mondial des civilisations, à Tombouctou, le 19 décembre 2025. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Objectifs et portée du Forum

Le Forum mondial des civilisations ambitionne de promouvoir la diversité culturelle comme levier de développement et de consolider la solidarité internationale. Ses objectifs clés sont clairs : éliminer les discriminations, favoriser la confiance mutuelle et renforcer la coopération durable. Les travaux aboutiront à la Déclaration de Tombouctou, un engagement collectif pour un monde où les civilisations ne se livrent pas à la compétition mais à la complémentarité, au service de la paix et de la prospérité partagée.  

Juste après la cérémonie d’ouverture, le Pr Ibrahima Wanea prononcé la conférence introductive, donnant le ton aux débats. Le premier panel, animé par le Pr Ibrahim Iba N’Diaye et le Pr Yacouba Konaté, sous la modération du Dr Mamadou Dia, s’est tenu sur le thème « Dialogue interculturel, facteur de paix et de prospérité ». Les échanges ont mis en lumière la nécessité de bâtir des ponts entre cultures pour favoriser la stabilité et le développement.  

Forum mondial des civilisations
Le ministre Mamou Daffé, au Forum mondial des civilisations de Tombouctou, le 19 décembre 2025. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Une décolonisation des esprits

Les interventions ont insisté sur l’importance de la décolonisation mentale et du « déparasitage » des esprits, condition essentielle pour construire des institutions reflétant les réalités africaines. Le Pr Ibrahima Ndiaye du Sénégal a rappelé que seule une prise de conscience collective permettra d’asseoir des structures solides, adaptées aux besoins des peuples. Ce message a résonné fortement auprès des participants, qui ont reconnu l’urgence d’une réforme intellectuelle et culturelle pour garantir une prospérité partagée.  

Lors de son allocution à l’ouverture du Forum mondial des civilisations, le Ministre Mamou Daffé a insisté sur la force de la culture, qu’il considère comme un moteur de résilience et de renaissance. Selon lui, « la culture n’est pas un luxe, elle est une force, une résistance et une promesse ». Il a également magnifié le rôle historique et universel de Tombouctou, décrite comme une « ville-monde, une ville-mémoire, une ville-lumière », capable d’illuminer encore le monde par son rayonnement culturel.

En accueillant le Forum mondial des civilisations, Tombouctou réaffirme son rôle de capitale universelle du savoir et du dialogue. Ce rendez-vous inscrit dans l’Année de la Culture marque le retour de l’âge d’or de la culture malienne et ouvre une nouvelle ère de coopération internationale. Depuis Tombouctou, le message est clair : le Mali est debout, sa culture est vivante, et son avenir commence ici, au service de la paix et de la prospérité partagée.  

Ibrahim Kalifa Djitteye, envoyé spécial à Tombouctou 

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Les présidents des pays de l'AES
A la UneAnalyses

Sommet de Bamako : Le bilan de l’An I de la Confédération des États du Sahel

by Sahel Tribune 20 décembre 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Un an après la création de la Confédération des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger s’apprêtent à tenir à Bamako un sommet décisif. Sous la présidence d’Assimi Goïta, l’organisation a multiplié les initiatives – passeport commun, opérations militaires conjointes, création d’une banque régionale – tout en révélant ses fragilités : dépendance sécuritaire, isolement diplomatique, absence de calendrier politique. La désignation du prochain président de la Confédération, fin décembre, sera un test crucial de sa cohésion et de sa crédibilité.

À la veille du deuxième sommet des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), Bamako s’apprête à accueillir un rendez-vous décisif pour l’avenir de la jeune confédération. Dix-huit mois après sa création, l’organisation régionale fondée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger a franchi plusieurs étapes symboliques et institutionnelles, tout en révélant les limites d’une intégration encore fragile.

Une année charnière pour l’intégration sahélienne

Le 6 juillet 2024, à Niamey, le général Assimi Goïta, président de la transition malienne, devenait le premier chef de la Confédération des États du Sahel (AES). Un an et demi après la signature de la Charte du Liptako-Gourma – texte fondateur de cette union politique et sécuritaire – l’organisation voulait passer des discours à l’action.

À la fin de 2025, le bilan de cette première année laisse entrevoir des avancées notables, notamment dans la coordination militaire et la structuration institutionnelle, mais aussi des zones d’ombre persistantes.

Alors que les 22 et 23 décembre 2025, Bamako accueillera le deuxième sommet des chefs d’État, la question de la succession du président Goïta cristallise les enjeux d’un espace politique en quête d’équilibre.

Sécurité : du concept à l’action

L’AES est née d’une urgence : faire face à la menace djihadiste sans dépendre des dispositifs occidentaux. Sous la présidence Goïta, cette promesse s’est concrétisée par la mise en place d’une Force unifiée de 5 000 soldats, dotée d’un État-major à Niamey et d’un poste de commandement à Gao.

L’opération YERE-KO 2, conduite du 24 février au 6 mars 2025, a constitué le point d’orgue de cette montée en puissance. Pour la première fois, des unités maliennes, burkinabè et nigériennes ont mené des actions coordonnées de grande ampleur dans la zone des trois frontières, détruisant des bases terroristes et saisissant du matériel logistique.

Cette opération a donné corps au projet confédéral : celui d’une autonomie sécuritaire, soutenue par un appui logistique russe et par la mutualisation progressive des moyens aériens.

Mais le dispositif reste inachevé. Les forces n’ont pas encore atteint la pleine capacité opérationnelle, les chaînes de commandement intégrées se heurtent à des problèmes d’interopérabilité, et la dépendance à l’appui extérieur – notamment russe – soulève des inquiétudes sur la durabilité de cette souveraineté militaire.

Diplomatie : l’affirmation d’une identité confédérale

Sur le plan diplomatique, la présidence Goïta a transformé les symboles en instruments de cohésion. L’AES dispose désormais de son drapeau, son hymne (« La Confédérale »), son passeport et sa carte d’identité biométrique. Ces innovations, saluées à Bamako comme les marques d’une souveraineté retrouvée, donnent à l’organisation une visibilité nouvelle sur la scène régionale.

Les passeports AES, conformes aux normes de l’OACI, ont été délivrés par dizaines de milliers, et la carte d’identité confédérale, lancée début décembre, illustre la volonté d’inclusion sociale et d’intégration citoyenne.

En revanche, la diplomatie régionale reste hésitante. Les tentatives de rapprochement avec la CEDEAO, amorcées au printemps 2025, se sont rapidement essoufflées. Le dialogue suspendu depuis l’été témoigne de la persistance d’un fossé politique entre l’AES et l’organisation ouest-africaine, malgré un « élan positif » initial.

À l’extérieur, l’AES s’est rapprochée de la Russie, de la Chine et de la Turquie, mais ces alliances restent largement asymétriques et renforcent la dépendance de l’espace sahélien à de nouveaux partenaires non africains.

Développement : les premiers jalons économiques

L’un des succès les plus tangibles de la présidence Goïta réside dans la création d’outils financiers inédits. La Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), lancée en décembre 2025 avec un capital de 500 milliards de FCFA, vise à financer les grands projets d’infrastructure et à réduire la dépendance vis-à-vis des bailleurs extérieurs. Un fonds de stabilisation économique et un code douanier commun ont également été adoptés, ouvrant la voie à un futur espace commercial intégré.

Mais ces avancées demeurent fragiles : la monnaie commune reste à l’état de projet, et la dépendance au franc CFA limite l’autonomie financière de la Confédération.
Le rêve d’une « souveraineté économique » est encore loin de la réalité.

Des institutions qui se cherchent

L’AES a structuré son fonctionnement autour d’un Conseil des ministres, de réunions sectorielles régulières et d’une présidence tournante annuelle. Ce schéma institutionnel, inspiré des modèles régionaux, a permis d’instaurer un début de coordination.

Mais l’équilibre entre les trois États reste précaire. La question de la succession présidentielle, initialement prévue pour juillet 2025 mais repoussée à décembre, illustre ces tensions latentes.

Traoré ou Tiani : le choix de Bamako

Le sommet de Bamako doit désigner le successeur d’Assimi Goïta. Deux profils se dessinent : le capitaine Ibrahim Traoré, jeune dirigeant burkinabè porté par une forte popularité, et le général Abdourahamane Tiani, chef de l’État nigérien, considéré comme le plus expérimenté des trois.

Le premier incarne une génération montante et un discours de rupture ; le second, une approche sécuritaire et institutionnelle. Le choix entre ces deux figures aura valeur de test : la Confédération est-elle capable d’assurer une rotation équilibrée du pouvoir, ou tombera-t-elle dans la logique d’une direction personnalisée concentrée entre Bamako et Niamey ?

Un modèle alternatif, mais encore fragile

En un an, l’AES a donné naissance à une architecture politique et sécuritaire inédite en Afrique de l’Ouest. Mais elle reste dépendante d’un triangle de régimes militaires sans calendrier de transition démocratique. Son succès repose désormais sur sa capacité à se doter d’institutions stables et à transformer son discours souverainiste en résultats tangibles pour les populations.

À Bamako, les chefs d’État du Sahel tenteront de prouver que leur confédération n’est pas qu’une alliance de circonstance. Leur défi : montrer qu’au-delà de la rupture avec la CEDEAO, l’AES peut devenir un modèle africain d’intégration politique, sécuritaire et économique, et non un simple front commun contre l’isolement diplomatique.

Chiencoro Diarra 

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AES-BRICS
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AES–BRICS : Le grand pari sahélien de la multipolarité

by Sahel Tribune 20 décembre 2025
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Entre Niamey, Moscou et Pékin, la Confédération des États du Sahel explore une convergence stratégique avec le bloc BRICS, portée par la Russie et l’idée d’un nouvel ordre mondial.

Et si l’avenir du Sahel se jouait désormais dans les capitales du Sud global ? Depuis plusieurs mois, la Confédération des États du Sahel (AES) – qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger – multiplie les signaux en direction du bloc BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, rejoints depuis 2024 par l’Iran, l’Égypte ou encore l’Éthiopie). 

Entre rejet de la tutelle occidentale et quête d’autonomie stratégique, les deux projets se rejoignent dans une ambition commune : bâtir un ordre mondial multipolaire fondé sur la coopération Sud-Sud.

« Les BRICS offrent une alternative  constructive »

Le ton a été donné en avril 2025, lorsque le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, déclarait à l’agence russe RIA Novosti que « l’AES défend la multipolarité » et qu’un partenariat avec les BRICS représenterait « un levier supplémentaire pour les nations longtemps marginalisées ». Avant, au 2ème sommet Russie-Afrique, à Saint-Pétersburg, en Russie, en 2023, le Président malien, le général Assimi Goïta, a exprimé son soutien à l’initiative des BRICS, dont le rôle doit s’amplifier au profit du continent africain. Selon ses explications, « […] Les BRICS constituent un réel espoir de soustraire nos pays d’un ordre international fondé sur la domination et la marginalisation. C’est pourquoi le Mali soutient des initiatives telles que créer une banque de développement pour le financement des infrastructures ou encore, offrir de nouveaux mécanismes et moyens de paiement internationaux ».

Derrière cette formule diplomatique se dessine une stratégie politique claire : s’émanciper des institutions financières occidentales et rééquilibrer le jeu géopolitique en s’appuyant sur de nouveaux partenaires. Car « Les pays des BRICS se hissent au premier rang de l’économie mondiale et constituent des réponses fiables pour le continent, sans contrepartie hypothéquant le développement de notre continent et l’épanouissement de nos populations. », a affirmé le président de la Confédération des Etats du sahel (AES), le 28 juillet 2023. A la 80ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre 2025,  le Premier ministre malien, le général Abdoulaye Maïga, à déclaré que « les BRICS offrent une alternative  constructive et plus respectueuse des intérêts des pays émergents et en développement, tout  comme les initiatives africaines de financement du développement. »

Les BRICS, laboratoire du Sud global

Fondé en 2001, le bloc BRICS s’est métamorphosé au cours de la dernière décennie. Avec l’élargissement décidé à Johannesburg en 2023 puis à Kazan en 2024, il rassemble désormais onze membres permanents et treize partenaires observateurs – dont le Nigeria, l’Algérie et l’Ouganda. Ces pays représentent plus de la moitié de la population mondiale et près de 41 % du PIB global (PPA).

C’est dans cette arène que les dirigeants sahéliens entendent désormais faire entendre leur voix. L’Afrique y occupe une place grandissante : l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Éthiopie siègent déjà au cœur du dispositif, offrant à l’AES une porte d’entrée diplomatique naturelle.

Le 25 juin 2025, le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition malienne, foulait le tarmac de Kazan, capitale du Tatarstan, république industrielle et technologique de la Fédération de Russie. Cette étape, seconde après Moscou, s’inscrivait dans une tournée stratégique visant à consolider le partenariat Mali–Russie et à ouvrir une coopération directe avec les régions les plus dynamiques du pays.

L’objectif affiché : diversifier les axes de coopération dans un contexte de rupture assumée avec les anciens partenaires occidentaux. Les discussions, menées avec le président du Tatarstan Rustam Minnikhanov, ont porté sur l’industrie, la formation technique, les énergies, l’agriculture et l’exploitation minière — secteurs clés pour un Mali engagé dans une politique d’autosuffisance et de souveraineté économique.

Pourquoi Bamako, Ouagadougou et Niamey regardent vers Kazan et Pékin

Trois motivations dominent ce mouvement :

  1. La convergence idéologique.
    L’AES et les BRICS partagent une critique frontale du système occidental : refus du « diktat du dollar », contestation du FMI et de la Banque mondiale, et revendication d’une souveraineté économique intégrale.
  2. L’accès au financement.
    La Confédération a lancé en décembre 2025 la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), dotée de 500 milliards de F CFA. Mais elle reste dépendante des circuits régionaux et du franc CFA.
    L’ouverture à la Nouvelle Banque de développement (NDB) des BRICS offrirait un accès à des crédits sans condition politique, un argument majeur pour les trois États en quête de ressources.
  3. La dédollarisation et la souveraineté monétaire.
    Alors que l’AES réfléchit à créer sa propre monnaie, le système BRICS Bridge, qui permet des paiements en monnaies locales, représente un modèle à suivre pour contourner la dépendance au dollar et au franc CFA.

Moscou, le trait d’union

Le pivot russe est la clé du rapprochement. Depuis 2023, Moscou a méthodiquement consolidé ses positions dans le Sahel : appui militaire, coopération énergétique, formation et renseignement. En 2025, la Russie a organisé à Bamako le premier Dialogue Russie–AES, prélude à une intégration diplomatique plus large.

Rosatom a signé avec le Mali et le Burkina Faso des accords sur le nucléaire civil et les énergies renouvelables. Les FAMa, FAN et FAB reçoivent de l’équipement et de l’entraînement russes. En échange, l’AES offre à la Russie une tête de pont stratégique dans une région désormais débarrassée des bases occidentales. Cette synergie place naturellement la Confédération sur la trajectoire des BRICS, où la Russie agit en facilitateur.

Si les trois capitales sahéliennes partagent une vision, elles se heurtent à des obstacles institutionnels. L’AES n’a pas, à ce jour, le statut de pays partenaire des BRICS. La complexité africaine du bloc (six membres et partenaires africains déjà présents) et la réticence du Nigeria, poids lourd de la CEDEAO désormais partenaire BRICS, freinent l’intégration d’un bloc sahélien perçu comme concurrent.

Mais plusieurs voies restent ouvertes :

  • une coopération informelle via la Russie,
  • une adhésion individuelle du Mali, du Burkina Faso ou du Niger,
  • ou un statut d’observateur collectif, comme celui proposé au sommet de Kazan.

Des convergences déjà tangibles

Dans les faits, les chantiers communs s’accumulent :

  • Finances : la BCID-AES pourrait s’adosser à la NDB pour des financements conjoints.
  • Infrastructures : Pékin voit dans le Sahel un corridor stratégique pour ses routes commerciales.
  • Énergie : la coopération nucléaire et solaire avec Rosatom et Sinohydro progresse.
  • Sécurité : la Force unifiée AES (5 000 soldats) s’inspire des doctrines de coordination promues par les BRICS dans leurs propres exercices multinationaux.

À Bamako, où se prépare le sommet confédéral de décembre 2025, le rapprochement avec les BRICS pourraient occuper une place centrale dans les discussions.

A.D

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