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Rencontre dinatoire à Koulouba
ActuPolitique

À Bamako, un dîner d’État aux accents de fraternité sahélienne

by Sahel Tribune 23 décembre 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Sous les lustres du Palais de Koulouba, le Mali a célébré, ce lundi 22 décembre 2025, une soirée placée sous le signe de l’unité et de la fraternité entre les peuples sahéliens. À l’occasion de la 2ᵉ session du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a offert un dîner officiel en l’honneur de ses homologues du Niger, le Général Abdourahamane Tiani, et du Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré.

Débuté à 21 heures précises, le dîner s’est déroulé dans une atmosphère solennelle et conviviale, en présence du Premier ministre, des membres du gouvernement, du Président du Conseil national de Transition, des chefs d’institution, ainsi que des ministres et ambassadeurs des pays de la Confédération. Le Palais de Koulouba, décoré aux couleurs de l’AES, a offert le cadre d’une soirée où diplomatie, culture et fraternité se sont conjuguées dans une parfaite harmonie.

Le menu, pensé autour de la gastronomie malienne, a été accompagné d’un programme artistique d’exception. L’Ensemble instrumental du Mali a ouvert le bal avec une performance magistrale de plus de trente minutes, mêlant kora, et ngoni dans un dialogue musical évoquant l’unité des peuples du Sahel.

Un esprit de solidarité et de renaissance

Puis, la légende vivante de la musique malienne, Salif Kéïta, a pris le relais. Pendant une demi-heure d’émotion et de partage, le chanteur albinos, ambassadeur de la culture malienne dans le monde, a offert un récital mêlant rythmes mandingues et mélodies universelles. Sa voix puissante et son timbre unique ont transporté les convives, rappelant combien la culture demeure un langage commun entre les nations sahéliennes.

Clôturé vers 23 heures, le dîner a symbolisé bien plus qu’un moment protocolaire. Il a illustré la renaissance d’une solidarité sahélienne. Au-delà de la politique, cette rencontre a aussi été une célébration de l’hospitalité malienne, valeur cardinale du pays. 

Par le choix de la musique, du lieu et du ton, Bamako a voulu projeter une image d’unité et de confiance retrouvée. Les artistes, en faisant vibrer les symboles de la culture malienne, ont rappelé que la diplomatie du cœur complète celle des institutions. Dans un contexte régional encore marqué par les défis sécuritaires, ce dîner d’État a offert une respiration, une parenthèse de paix et d’harmonie dans la capitale malienne.

A.D

23 décembre 2025 0 comments
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Activisme numérique
A la UneOpinion

Activisme numérique : la révolution de la participation citoyenne

by Ibrahim Kalifa Djitteye 23 décembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 6 minutes read

À Bamako ainsi que dans certaines villes du pays, la jeunesse redéfinit l’activisme en investissant les réseaux sociaux. X (anciennement Twitter) et TikTok, Facebook ou encore Instagram deviennent des espaces pour sensibiliser, mobiliser et défendre des causes sociales et citoyennes. Cette nouvelle forme d’engagement, appelée activisme numérique 2.0, permet aux jeunes de transformer leurs idées en actions concrètes, tout en renforçant la participation citoyenne. Ils combinent créativité, responsabilité et formation pour influencer positivement leur environnement et interpeller les décideurs de la capitale malienne.

Au Mali, l’engagement citoyen n’est plus limité aux manifestations ou aux associations traditionnelles. Les jeunes utilisent désormais le numérique pour faire entendre leur voix et participer activement à la vie de la commune. X et TikTok leur offrent un espace pour partager des informations, mobiliser leurs pairs et interpeller les autorités locales. Cette transformation démontre que la participation citoyenne peut s’adapter aux nouveaux modes de communication et toucher un public plus large, notamment les jeunes souvent éloignés des débats institutionnels classiques.

Les réseaux sociaux sont un outil puissant de sensibilisation et d’éducation civique

Ousmane Kalifa, diplômé en anglais et membre du Democracy Tech Squad, un réseau panafricain d’activistes de la démocratie et des droits humains qui utilisent les TIC pour promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance, explique : « Lorsque nous diffusons des messages structurés et réfléchis, ils peuvent toucher des milliers de jeunes à Bamako. Les réseaux sociaux permettent d’intéresser les jeunes à la citoyenneté et de mobiliser rapidement autour de causes importantes. Ce n’est pas seulement poster, mais éduquer et conscientiser. »

Aldjoumat Yattara, également membre du programme, complète : « Nous travaillons pour que la jeunesse comprenne que ses actions numériques ont un impact réel. Les publications doivent être vérifiées et constructives, afin de ne pas propager de fausses informations. Les réseaux sociaux sont un outil puissant de sensibilisation et d’éducation civique, à condition qu’ils soient utilisés correctement. » Ses propos soulignent l’importance de la formation à l’usage responsable des plateformes sociales.

Les réseaux sociaux comme espace d’expression citoyenne

Des organisations locales jouent un rôle clé dans cette dynamique d’engagement numérique. Najim Hamady, membre actif de Korochiblog, affirme : « Nous formons les jeunes à comprendre les enjeux du numérique et à l’utiliser pour servir l’intérêt général. Il s’agit de créer des contenus qui sensibilisent et encouragent la participation citoyenne. » À travers des ateliers et des formations, ces jeunes apprennent à détecter la désinformation, à communiquer de manière responsable et à s’impliquer dans les débats locaux.

Le numérique permet également de relier le virtuel et le réel. Les jeunes participants traduisent leurs idées en projets concrets pour la ville, en s’appuyant sur les discussions et les mobilisations initiées sur les plateformes sociales. « Notre objectif est que chaque initiative en ligne ait un impact tangible sur le terrain », ajoute Najim Hamady. Cette approche montre que l’engagement numérique n’est pas une fin en soi, mais un outil pour favoriser des actions concrètes à Bamako.

La Fondation Tuwindi, via son programme Democracy Tech Squad, accompagne ces jeunes militants en fournissant ressources et soutiens méthodologique. Elle les encourage à transformer leur engagement en ligne en initiatives citoyennes responsables et durables. Cette collaboration renforce l’impact des jeunes dans la gouvernance locale et leur permet de participer activement à la vie de la capitale.

De nouvelles formes d’engagement social

TikTok, tout en étant une plateforme de divertissement, est également utilisée pour diffuser des messages sociaux et citoyens. Babaye Arby, militant pour la jeunesse et les droits humains, explique : « Pour toucher efficacement la génération connectée, il faut adapter le message au format et au langage de ces plateformes. Les vidéos courtes captent l’attention et permettent de sensibiliser un public plus large, souvent éloigné des débats traditionnels ».

Mariam Traoré, militante pour les droits des filles, décrit l’impact de ces vidéos : « Elles permettent aux jeunes filles de s’exprimer sur des sujets qui les concernent, comme la scolarisation et les mariages précoces. C’est un espace où elles se sentent écoutées et valorisées, et où leur voix compte réellement. » Ces initiatives contribuent à une meilleure inclusion des jeunes dans la vie citoyenne et permettent de renforcer leur rôle dans la société.

La campagne #Lamairieselonmoi, en 2025, constitue un exemple concret de cette dynamique à Bamako. Elle invite la jeunesse à proposer des idées pour améliorer la mairie et la gestion de la commune. Abdoulaye Maïga, participant à la campagne, explique : « Cette initiative permet aux jeunes de partager leur vision d’une ville plus participative. Les propositions en ligne sont complétées par des ateliers et des discussions qui transforment les idées numériques en projets concrets ».

Entre opportunités et défis de l’activisme numérique

L’activisme en ligne comporte des défis majeurs, tels que la désinformation, le cyberharcèlement et les discours haineux. Pour cette raison, la formation et la sensibilisation sont essentielles. Les jeunes militants sont encouragés à vérifier leurs sources et à diffuser des informations fiables. Ousmane Kalifa précise : « L’activisme numérique ne remplace pas l’action de terrain, mais le complète. Il permet de fédérer les idées et d’interpeller les autorités, tout en suscitant des débats constructifs. La responsabilité et la vérification de l’information sont primordiales ».

Ces jeunes utilisent également le numérique pour organiser des ateliers et des rencontres dans les universités et centres culturels de Bamako. Ces actions favorisent l’éducation civique et permettent aux jeunes de transformer leur engagement virtuel en participation concrète aux projets de la ville. Ainsi, l’activisme numérique devient un levier pour l’action citoyenne réelle.

Les réseaux sociaux offrent un espace où l’opinion des jeunes peut influencer la gouvernance locale. Cette génération démontre que l’engagement peut se faire à la fois sur les plateformes en ligne et dans la vie réelle, créant ainsi une synergie entre la mobilisation numérique et les actions concrètes à Bamako.

Vers une citoyenneté active et responsable

La jeunesse bamakoise en particulier et celle du pays en général montre qu’il est possible de concilier créativité numérique et engagement citoyen. En combinant formation, responsabilité et participation active, elle contribue à renforcer la démocratie locale et la transparence. Les initiatives menées à Bamako illustrent que l’engagement numérique peut devenir un vecteur de changement social durable.

En impliquant les jeunes dans la gouvernance locale et en leur offrant des espaces d’expression sûrs et formés, Bamako devient un exemple de mobilisation citoyenne en Afrique de l’Ouest. Cette génération connectée transforme le numérique en outil d’éducation, de sensibilisation et d’action concrète, prouvant que l’activisme 2.0 est une composante essentielle du changement social dans la capitale malienne.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

23 décembre 2025 0 comments
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Accueil populaire
A la UnePolitique

À Bamako, l’accueil triomphal du président nigérien Abdourahamane Tiani pour le sommet de l’AES

by Sahel Tribune 22 décembre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La capitale malienne a vécu, ce lundi 22 décembre 2025, une journée de ferveur populaire rare à l’occasion de l’arrivée du président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, attendu pour participer à la deuxième session du Collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), prévu ce mardi 23 décembre à Bamako.

Des milliers de Maliens, rejoints par des ressortissants burkinabè et nigériens, ont convergé le long de la route reliant l’aéroport international Président-Modibo-Keïta-Sénou au palais de Koulouba. Drapeaux tricolores, banderoles et chants à la gloire de la « souveraineté retrouvée » ont accompagné la progression du cortège officiel.

Le président Goita accueille son homologue Tiani à Bamako
Le président Goita accueille son homologue Tiani à Bamako, le 22 décembre 2025, lors de la 2ème session du Collège des Chefs d’Etat de l’AES. © Présidence du Mali.

Une ferveur populaire sans précédent

À plusieurs reprises, le général Assimi Goïta, président de la Transition et président de la Confédération des États du Sahel, est descendu de son véhicule aux côtés de son homologue nigérien pour saluer la foule massée sur le parcours. Les deux dirigeants ont été acclamés par des cris de « Vive l’AES ! » et « Unis pour le Sahel ! », symboles d’un soutien populaire nourri par un sentiment de fierté nationale et d’unité régionale.

La présence de nombreux Burkinabè et Nigériens vivant à Bamako, venus accueillir leur chef d’État, a donné à la scène une dimension transfrontalière, rare sur le continent. Pour beaucoup, cette démonstration d’enthousiasme illustre la consolidation de l’alliance tripartite formée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, le 16 septembre 2023, après leur rupture avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Un sommet placé sous le signe de la solidarité sahélienne

Cette deuxième session du Collège des chefs d’État, après celle de Niamey en juillet 2024, doit aborder plusieurs dossiers stratégiques : la succession à la présidence tournante de l’AES, l’évaluation du bilan sécuritaire commun et l’adoption du Plan stratégique 2026-2030 de la Confédération.

CDM
Accueil populaire du président Tiani à Bamako, le 22 décembre 2025. © Présidence du Mali.

La tenue de ce sommet à Bamako revêt une forte portée symbolique. Elle consacre la capitale malienne comme épicentre politique du nouveau bloc sahélien, dans un contexte régional encore tendu marqué par les tensions persistantes avec la CEDEAO et les pressions diplomatiques occidentales.

Les images d’une union populaire et politique

Sur les réseaux sociaux, les images de la foule massée autour du cortège présidentiel ont rapidement circulé, amplifiant l’idée d’un « peuple du Sahel uni ». Pour les partisans de l’AES, cette mobilisation traduit une adhésion populaire croissante à un projet régional présenté comme un instrument d’émancipation collective, face à des décennies de dépendance sécuritaire et économique.

L’accueil réservé au général Tiani à Bamako s’inscrit dans une séquence diplomatique intense : le sommet des chefs d’État doit formaliser la mise en place opérationnelle de la Force unifiée de 5 000 hommes et lancer les travaux de la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID-AES) ainsi que de la chaîne de télévision AES.

Dans les rues de Bamako, les scènes de liesse contrastent avec l’austérité diplomatique des grandes conférences régionales. Les drapeaux du Mali, du Burkina Faso et du Niger flottant côte à côte, portés par des jeunes, résument l’esprit du moment : celui d’une union politique et populaire qui entend redéfinir le futur du Sahel.

A.D

22 décembre 2025 0 comments
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Ensemble instrumental traditionnel de Bougouni
ActuSeko ni Donko

Biennale Artistique et Culturelle : Dioïla, Nioro, Kayes et Bougouni en scène  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 22 décembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

La troisième nuit des compétitions de la Biennale Artistique et Culturelle s’est déroulée ce dimanche 21 décembre 2025 à Tombouctou. Les orchestres régionaux de Diola et Nioro du Sahel ont ouvert les festivités dans l’après‑midi à la salle Ali Farka Touré, avant que les troupes de Kayes et Bougouni ne prennent le relais dans la soirée au stade municipal Baba Alkairou. Une journée riche en prestations, sous l’œil vigilant du jury et en présence des gouverneurs des régions.  

Au stade municipal Baba Alkairou, l’ambiance festive et la ferveur populaire ont marqué cette troisième nuit des compétitions. Les spectateurs, venus nombreux, ont applaudi chaque prestation avec enthousiasme. La diversité des styles et des expressions artistiques a illustré la richesse culturelle du Mali, confirmant la Biennale comme un espace de valorisation et de transmission des traditions. Les artistes ont rivalisé de créativité et de discipline, offrant un spectacle à la fois authentique et novateur.  

Les troupes régionales à l’honneur

Les troupes de Kayes et Bougouni ont chacune présenté quatre numéros : un ensemble instrumental traditionnel, une pièce de théâtre, un solo de chant et une danse. Ces prestations ont mis en lumière la pluralité des arts vivants maliens. Chaque numéro a été accueilli avec respect et admiration, soulignant la capacité des artistes à conjuguer authenticité et modernité dans un cadre compétitif. La Biennale s’est ainsi affirmée comme un lieu de rencontre et de dialogue entre les cultures régionales.  

La région de Kayes a ouvert la soirée avec un ensemble instrumental intitulé « Paix », joué en langue soninké. Elle a ensuite proposé une pièce de théâtre intitulée « À la recherche de pitance », qui a abordé avec réalisme les défis quotidiens des communautés. Le solo de chant, « hommage aux pupilles de la nation » en langue khassonké, a ému le public par sa profondeur. Enfin, la danse traditionnelle « Woloso », en milieu soninké, a clôturé cette première partie avec énergie et élégance.  

Orchestre régional de Dioila
Orchestre régional de Dioila, le 21 décembre 2025. © Présidence du Mali.

Une Biennale en pleine vitalité

La troupe de Bougouni a pris le relais avec un solo de chant intitulé « Le cri de l’oiseau orphelin », une œuvre poignante qui a touché les cœurs. La danse traditionnelle « Fileni, Petite calebasse » a ensuite apporté une dimension festive et rituelle. La pièce de théâtre « Le socle de la vie de notre village » a mis en avant les valeurs de solidarité et de cohésion sociale. Enfin, l’ensemble instrumental « Ben » a conclu la prestation avec une intensité musicale remarquable.  

Au‑delà des performances, cette troisième nuit de la Biennale a démontré la vitalité culturelle des régions participantes. Les orchestres et troupes ont su transmettre des messages de paix, de mémoire et de résilience à travers leurs créations. Les gouverneurs présents ont salué l’engagement des artistes et la qualité des prestations. L’événement a ainsi renforcé le rôle de la Biennale comme vecteur de cohésion nationale et espace de dialogue entre les cultures régionales.  

Orchestre régional de Nioro
Orchestre régional de Nioro, le 21 décembre 2025. © Présidence du Mali.

Avec un total de 21 prestations présentées au cours de cette journée, la Biennale continue de s’imposer comme un rendez‑vous incontournable pour la promotion des arts et de la culture au Mali. Les performances de Diola, Nioro du Sahel, Kayes et Bougouni ont illustré la diversité linguistique et artistique du pays. Elles ont également rappelé l’importance de préserver et de transmettre ce patrimoine aux générations futures. La soirée s’est achevée dans une atmosphère de célébration, annonçant avec éclat la suite des compétitions.  

Ibrahim Kalifa Djitteye, envoyé spécial à Tombouctou 

22 décembre 2025 0 comments
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Force Unifiée AES
A la UneSécurité

Une armée, trois nations, un destin

by Sahel Tribune 22 décembre 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Sous un soleil écrasant et les salves des fanfares militaires, le président Assimi Goïta, président de la Confédération des États du Sahel (AES), a remis solennellement, le 20 décembre 2025, l’étendard de la nouvelle Force unifiée du Sahel (FU-AES) à son commandant, le général de brigade Daouda Traoré. Cette cérémonie, tenue au pavillon présidentiel de l’aéroport international président Modibo Kéïta, symbolise la montée en puissance d’un outil militaire régional désormais opérationnel.

Derrière le cérémonial, c’est un message clair adressé aux partenaires et aux adversaires de la Confédération : le Sahel entend désormais assurer seul sa sécurité. La mise en scène a impressionné observateurs et attachés de défense étrangers. Des colonnes de blindés modernes, des motos de reconnaissance, des véhicules d’évacuation sanitaire et des pick-up tactiques ont défilé sur le parvis de l’aéroport. Tout dans la chorégraphie militaire renvoyait l’image d’une armée désormais structurée, disciplinée et dotée de moyens cohérents.

Au centre de cette démonstration, les Bataillons d’intervention rapide (BIR), unité emblématique de la nouvelle doctrine de guerre sahélienne. Ces bataillons, composés de commandos légers, utilisent des motos tout-terrain capables de se faufiler dans les dunes et les zones forestières pour traquer les groupes armés. Une tactique pensée pour contrer la mobilité des insurgés et reprendre l’initiative sur le terrain.

Des éléments de la Force Unifiée AES
Des éléments de la Force Unifiée AES, le 20 décembre 2025. © Présidence du Mali.

Une architecture militaire repensée

Selon nous indiscrétions, la Force unifiée compte un effectif initial de 5 000 hommes issus du Mali, du Burkina Faso et du Niger — un contingent combinant forces spéciales, unités mécanisées, commandos parachutistes et personnels logistiques.

Les effectifs sont encadrés par un état-major commun basé à Niamey, chargé de planifier les opérations interarmées et d’assurer l’interopérabilité des systèmes de commandement. Les premières opérations conjointes, baptisées Yéréko I et Yéréko II, ont déjà permis la neutralisation de plusieurs chefs terroristes dans la zone des trois frontières, selon des sources militaires maliennes.

L’un des atouts de la FU-AES réside dans son autonomie logistique : des ateliers de maintenance mobile, des ambulances blindées et des unités de ravitaillement accompagnent désormais les troupes, signe d’un apprentissage tiré de deux décennies de guerre asymétrique.

Une armée au service d’une souveraineté assumée

Le général Assimi Goïta a qualifié cette remise d’étendard de « moment historique dans la reconquête de la souveraineté militaire du Sahel ». Dans son allocution, il a rappelé que cette force incarne « la volonté des peuples de l’AES de se défendre eux-mêmes, avec leurs moyens, leurs hommes et leurs valeurs ».

Le président malien a salué le courage des armées nationales et insisté sur la nécessité d’« une anticipation stratégique permanente » face à des menaces qu’il décrit comme « multiformes : terroristes, économiques et informationnelles ».

Des équipements de la Force Unifiée AES
Des équipements de la Force Unifiée AES, le 20 décembre 2025. © Présidence du Mali.

La Confédération a en effet lancé plusieurs chantiers parallèles : la création d’une chaîne de télévision et d’une radio AES, la mise en place d’un centre d’analyse stratégique régional et la formation d’un corps d’officiers interarmées pour encadrer les nouvelles générations de militaires sahéliens.

Inspirée des modèles de contre-insurrection africains et asiatiques, la doctrine des Bataillons d’intervention rapide repose sur trois principes : la vitesse, la coordination et la persistance.

Les BIR peuvent être déployés en quelques heures sur un théâtre d’opération grâce à leur mobilité sur motos et à des relais de commandement mobiles. Leurs actions s’appuient sur un maillage territorial dense, rendu possible par la présence simultanée de forces légères et de blindés de soutien. Cette « guerre de saturation » vise à empêcher les groupes armés de reconstituer leurs sanctuaires, un défi que les armées nationales, isolées, n’avaient jamais réussi à relever seules.

Un message adressé à la région et au monde

La présence des ministres de la Défense du Burkina Faso et du Niger, des chefs d’état-major conjoints et des représentants diplomatiques, donnait à la cérémonie un relief géopolitique évident. En un an, la Confédération AES s’est dotée de symboles (drapeau, hymne, carte d’identité confédérale, passeport, devise) et d’institutions militaires unifiées.

Cette montée en puissance intervient alors que les trois pays ont définitivement rompu avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et tourné le dos à la coopération militaire française. La FU-AES, adossée à des partenariats renforcés avec la Russie et d’autres puissances non occidentales, s’impose comme le pilier militaire de la souveraineté sahélienne.

À Bamako, l’image des milliers de soldats unis sous un seul drapeau est la preuve que le Sahel n’attend plus de sauveur, il se tient désormais debout — armé, organisé et déterminé.

A.D

22 décembre 2025 0 comments
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Troupe Koutiala
ActuSeko ni Donko

Biennale Artistique et Culturelle : Tombouctou accueille la grande messe des arts

by Ibrahim Kalifa Djitteye 21 décembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La cérémonie d’ouverture de la Biennale Artistique et Culturelle du Mali s’est tenue le vendredi 19 décembre 2025 au Stade municipal Baba Alkairou de Tombouctou, sous la présidence du Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé. Aux côtés des gouverneurs de région, des autorités administratives et politiques, il a donné le ton à cette grande rencontre culturelle. Devant un public engagé et passionné, réuni sous la fraîcheur tombouctienne, les hostilités artistiques ont officiellement commencé.  

La soirée inaugurale a été dominée par les prestations de Bandiagara, qui a proposé une pièce de théâtre intitulée « AES, une intégration naturelle ». Cette œuvre a mis en lumière les valeurs de patriotisme et de civisme, tout en dénonçant la manipulation des autorités administratives. Le spectacle, empreint de réalisme, a captivé le public par sa profondeur et son engagement, offrant une réflexion sur la société malienne contemporaine et ses défis.  

Troupe de Bandiagara
Le passage de la troupe de Bandiagara au Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le 20 décembre 2025. © Présidence du Mali.

Une ouverture institutionnelle et citoyenne

Dans la même dynamique, le solo de chant « Souveraineté retrouvée » a résonné avec intensité au sein du stade. Porté par une voix puissante et émotive, ce chant a rappelé l’importance de l’unité nationale et de la dignité retrouvée. Le public, sensible à ce message, a salué la prestation par des applaudissements nourris. Le temps imparti, fixé à une heure et quinze minutes, a permis aux artistes de développer pleinement leur expression et de transmettre leur message.  

Ségou a pris le relais après les deux chansons de son orchestre, en proposant une pièce de théâtre intitulée « Une jeunesse en perte de repère ». La scène s’ouvrait sur une cafétéria où des jeunes discutaient en grin, abordant des thèmes sensibles tels que les réseaux sociaux, la drogue et le chômage. Cette représentation a mis en exergue les difficultés rencontrées par la jeunesse malienne et la nécessité de trouver des solutions durables pour son avenir.  

Troupe de Ségou
Le passage de la troupe de Ségou au Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le 20 décembre 2025. © Présidence du Mali.

La jeunesse au cœur des préoccupations

Les compétitions se sont poursuivies avec des prestations variées : musique d’orchestre, ensemble instrumental, solo de chant et danse traditionnelle. Chaque discipline a offert un espace d’expression unique, permettant aux artistes de valoriser leur patrimoine culturel tout en innovant. L’ensemble instrumental de Ségou a particulièrement retenu l’attention, grâce à une harmonie subtile entre instruments traditionnels et modernité, confirmant la richesse et la diversité des talents régionaux.  

Enfin, un autre solo de chant, placé sous le thème de la paix, est venu clore cette première nuit de compétitions. Ce moment de recueillement et de partage a rappelé l’importance de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. La Biennale, au-delà de la compétition, se veut un espace de dialogue et de fraternité, où l’art devient un vecteur de rapprochement entre les régions et les générations.  

Troupe de ménaka
Le passage de la troupe de Ménaka au Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le 20 décembre 2025. © Présidence du Mali.

La paix comme fil conducteur

Le samedi 20 décembre, deuxième jour des compétitions, les hostilités ont repris dans la salle Ali Farka Touré avec les concerts des orchestres régionaux de Ménaka et de Bougouni. Chacune des deux régions a présenté sept morceaux devant un public enthousiaste, avant que la soirée ne se poursuive au Stade municipal Baba Alkairou. Les troupes régionales de Koutiala, Kita et San y ont concouru dans les quatre disciplines phares : solo de chant, ensemble instrumental traditionnel, pièce de théâtre et danse traditionnelle. Ces prestations ont confirmé la vitalité et la diversité des expressions artistiques maliennes.  

Troupe de Bougouni
Le passage de la troupe de Bougouni au Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le 20 décembre 2025. © Présidence du Mali.

 La Biennale Artistique et Culturelle, en réunissant Bandiagara, Ségou, Bamako et désormais Ménaka, Bougouni, Koutiala, Kita et San, démontre la vitalité de la scène artistique malienne. Elle illustre aussi la capacité des artistes à porter des messages forts sur la souveraineté, la jeunesse et la paix, tout en célébrant la richesse des traditions. Cette édition promet de rester gravée dans la mémoire collective et de renforcer l’unité nationale à travers l’art et la culture. 

Ibrahim Kalifa Djitteye, envoyé à Tombouctou 

21 décembre 2025 0 comments
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Forum mondial des civilisations
ActuSeko ni Donko

Forum mondial des civilisations : Tombouctou, carrefour du savoir et du dialogue

by Ibrahim Kalifa Djitteye 21 décembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le deuxième jour du Forum mondial des civilisations s’est tenu samedi 20 décembre 2025 à Tombouctou, dans l’amphithéâtre de l’Institut Ahmed Baba (IHERI-AB). Cette rencontre internationale a réuni chercheurs, diplomates et acteurs culturels autour de panels consacrés à la mémoire historique, au dialogue interculturel et au développement local. L’événement s’est imposé comme une plateforme de réflexion universelle, confirmant la vocation de Tombouctou à accueillir des débats sur le patrimoine et l’avenir des civilisations.  

Le premier panel, intitulé « Les manuscrits de Tombouctou, source de connaissances de l’histoire », a été animé par Dr Mohamed Diagayete et M. Moulaye Coulibaly, sous la modération de M. El-Bouhari Ben Essayouti. Les intervenants ont mis en lumière la richesse patrimoniale des manuscrits, témoins d’une tradition savante séculaire. Ils ont insisté sur leur rôle essentiel dans la transmission du savoir et leur contribution à l’écriture de l’histoire universelle, consolidant Tombouctou comme haut lieu de mémoire intellectuelle africaine.  

Les manuscrits, piliers de la mémoire universelle

Le second panel, « Diplomatie culturelle, facteur de rapprochement des peuples », a réuni l’Ambassadeur Abdourahamane Baby, l’Ambassadeur Mahmoud Mohamed Arby et Dr Oumar Keïta, sous la modération de M. Sansy Kaba Diakité. Les échanges ont porté sur la capacité de la culture à dépasser les frontières et à instaurer un climat de confiance entre nations. Les intervenants ont souligné l’importance de la diplomatie culturelle comme outil de paix, de compréhension mutuelle et de consolidation des relations internationales.  

Forum mondial des civilisations à Tombouctou
Les acteurs culturels réunis à Tombouctou, au Forum mondial des civilisations. © Présidence du Mali.

Le troisième panel, « Culture et Développement local », animé par Alpha Mahamane Touré et El-Bouhari Ben Essayouti, a abordé les enjeux, défis et perspectives liés à l’ancrage culturel dans les dynamiques de développement. Les discussions ont mis en évidence la nécessité de renforcer les initiatives locales, de valoriser les savoirs endogènes et de promouvoir la culture comme moteur de croissance. Les intervenants ont plaidé pour une meilleure synergie entre acteurs culturels et institutions afin de stimuler l’économie locale.  

Diplomatie culturelle et développement endogène

Au-delà des débats, cette deuxième journée du Forum a illustré la volonté des participants de replacer Tombouctou au cœur des échanges mondiaux. La ville, symbole de savoir et de tolérance, s’est affirmée comme un espace privilégié pour réfléchir aux civilisations et à leur rôle dans l’histoire commune. Les panels ont permis de croiser les regards, d’enrichir les perspectives et de renforcer l’idée que la culture constitue un socle pour l’avenir.  

Ces panels ont marqué la clôture de la première édition du Forum mondial des civilisations Tombouctou 2025. En réunissant des voix diverses autour de thématiques universelles, l’événement a confirmé la vocation de Tombouctou comme carrefour du savoir et du dialogue interculturel. Les débats ont ouvert des perspectives prometteuses pour la valorisation des manuscrits, la diplomatie culturelle et le développement local. Ce forum s’impose désormais comme une plateforme incontournable pour penser l’histoire et bâtir des ponts entre les peuples. 

Ibrahim Kalifa Djitteye, envoyé spécial à Tombouctou 

21 décembre 2025 0 comments
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