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Fabrique du mensonge
A la UneOpinion

La «fabrique du mensonge» : comment le Mali résiste à la déstabilisation médiatique

by Mikailou Cissé 15 novembre 2025
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Face à une offensive médiatique sans précédent, où rumeurs orchestrées et récits tronqués cherchent à fragiliser ses institutions, le Mali a choisi de mener une autre bataille : celle de la souveraineté de la parole. Entre manipulations informationnelles, pressions extérieures et réveil citoyen, Bamako oppose une résistance méthodique. Dans cette guerre des récits, le pays dévoile une vérité inattendue : la stabilité ne se gagne plus seulement sur les champs de bataille, mais dans l’arène stratégique de l’opinion.

La bataille que mène aujourd’hui le Mali ne se joue plus seulement sur les terrains accidentés de Tessalit ou dans les vallées du Gourma. Elle se déroule aussi sur un autre front, plus invisible mais tout aussi décisif : celui de l’information. Là où se façonnent les perceptions, où s’orientent les opinions et où se construit la conscience collective. 

Ce qui se joue désormais dépasse largement la maîtrise d’un territoire. C’est la conquête des esprits. Dans cette guerre silencieuse, la fabrication du mensonge, ou, pour reprendre Noam Chomsky, la « Fabrique du consentement », est devenue une arme redoutable, parfois plus efficace que les fusils et les blindés.

Une offensive médiatique d’une rare intensité

Depuis plusieurs années, le pays est la cible d’une offensive médiatique d’une intensité rare. Titres sensationnalistes, analyses biaisées, reportages approximatifs. Un récit noir, souvent caricatural, s’impose dans certains médias internationaux. Au lieu de raconter le Mali, on l’annonce en ruine. Au lieu d’informer, on prédit l’effondrement. Des émissions scénarisées à l’avance orchestrent l’idée d’un chaos imminent — un chaos qui finit par sembler inéluctable tant il est répété. La fabrique de l’info remplace l’information, et la peur devient un levier de domination.

Ces récits fabriqués ne troublent pas seulement l’opinion publique, ils sapent les institutions, minent la confiance des citoyens et perturbent l’action gouvernementale. En relayant, parfois sans s’en rendre compte, la propagande de groupes armés, certains journalistes offrent une caisse de résonance à ceux qui prospèrent sur l’instabilité. L’histoire récente — de la Syrie à la Libye — rappelle combien le terrorisme s’appuie sur le mensonge comme un cheval de Troie.

Une riposte fondée sur la souveraineté

Face à cette offensive, les autorités maliennes aussi bien que le peuple malien ont décidé de ne plus subir. Ils ont compris que défendre le pays ne consiste pas seulement à protéger son territoire. Mais plutôt à défendre aussi sa parole, son récit, sa vérité. La régulation des médias, la suspension temporaire de certains canaux de diffusion, la mise en place d’une communication publique plus structurée s’inscrivent dans cette stratégie. Ces mesures, souvent critiquées de l’extérieur, ne relèvent pas d’une censure arbitraire : elles répondent à un impératif de souveraineté. Dans un monde où l’information est une arme, riposter, ce n’est pas se taire : c’est refuser d’être pris en otage.

Cette bataille de l’information n’est pas portée seulement par les institutions. Une prise de conscience citoyenne, profonde et nouvelle, est en train d’émerger. De plus en plus de Maliens apprennent à vérifier, à croiser, à questionner. Les radios locales, les journalistes responsables et les plateformes citoyennes reconstruisent un espace médiatique crédible, enraciné dans la réalité du pays. L’idée, longtemps répétée, selon laquelle le peuple malien serait manipulable à merci, vole en éclats. Il se révèle aujourd’hui gardien vigilant de la vérité.

Quand la rumeur devient arme économique

La désinformation s’est par ailleurs incrustée dans les crises économiques et sociales. Les pénuries de carburant, la flambée de la contrebande ou les perturbations du transport ont été amplifiées par des rumeurs destinées à semer la panique. Là encore, l’État a réagi en sécurisant les convois, en régulant les circuits de distribution et en asséchant les réseaux illicites. Preuve que la souveraineté ne se limite pas aux frontières, elle s’exerce aussi dans la gestion de l’économie, de la logistique et… de la vérité.

L’expérience malienne dépasse désormais ses frontières. Elle illustre, pour d’autres États africains, comment résister à une fabrique du mensonge devenue un instrument global de domination. Certains analystes, faute de terrain ou par paresse méthodologique, ont préféré fabriquer un récit conforme à leurs attentes. Mais les faits contredisent leurs scénarios : la réalité malienne échappe à ceux qui la racontent sans la connaître.

La souveraineté intellectuelle comme ultime rempart

Ce que vit le Mali n’est pas une simple crise ; c’est une épreuve de vérité. Les masques tombent, les prédictions s’effondrent, et la résilience d’un peuple se révèle. Là où la cabale médiatique espérait l’effondrement, elle rencontre la dignité. Là où l’on annonçait la fragmentation, surgit la cohésion. Le Mali se tient debout — lucide, déterminé, maître de sa destinée.

En déjouant la guerre du mensonge, le pays trace une voie d’indépendance nouvelle : celle qui conjugue souveraineté territoriale et souveraineté intellectuelle. Dans cette reconquête des esprits, il rappelle une vérité simple mais fondamentale : malgré les tempêtes annoncées, la vérité demeure la plus puissante des armes.

Mikaïlou Cissé

15 novembre 2025 0 comments
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Dr Samuel Sidibé
Seko ni Donko

Dr Samuel Sidibé, parrain du mois de novembre de l’Année de la Culture : « Notre diversité ne survit que si nous produisons nos propres biens culturels »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 14 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La salle de conférence du Musée national du Mali a accueilli, ce jeudi 13 novembre 2025, une conférence animée par le parrain du mois de novembre de l’Année de la Culture 2025, autour du thème : « Patrimoine et créativité : le rôle des musées ». La rencontre s’est tenue sous la présidence du Chef de cabinet du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Salia Malé, représentant le ministre Mamou DAFFÉ.

 Étaient également présents le Directeur général du musée, des membres du cabinet ministériel, ainsi que de nombreux acteurs culturels venus assister à cet événement placé sous le signe de la réflexion et de l’engagement pour la culture malienne.

Cette conférence s’inscrit dans le cadre de l’Année de la Culture, décrétée par le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition. À travers cette initiative, le gouvernement malien entend valoriser les expressions culturelles nationales, renforcer la visibilité des acteurs du secteur et inscrire la culture au cœur du développement.

Un parrain engagé pour une culture vivante

Le concept de parrain ou marraine du mois, mis en œuvre par le ministère en charge de la Culture, consiste à désigner chaque mois une personnalité emblématique du monde artistique et culturel pour accompagner les événements et porter un message fort. En novembre, c’est le Dr Samuel Sidibé, ancien directeur du Musée national du Mali, qui a été choisi pour incarner cette mission.

Dans une intervention dense, à la fois personnelle et politique, Dr Sidibé a livré une réflexion profonde sur la place du patrimoine dans la société contemporaine. Il a souligné que le patrimoine ne doit pas être perçu comme une simple mémoire figée, mais comme une source vivante capable d’inspirer la création contemporaine. « Le patrimoine est une source, une racine, mais si nous ne sommes pas capables de créer, de construire notre avenir, alors nous sommes en danger », a-t-il affirmé.

Créer pour exister, un appel à l’action

Pour lui, la créativité est un levier essentiel pour construire une identité culturelle dynamique, capable de dialoguer avec le monde et de contribuer à l’économie nationale. Il a insisté sur la nécessité de replacer la création au cœur des politiques culturelles, en particulier à travers les industries créatives et les plateformes numériques.

Le parrain du mois a également interpellé les décideurs sur la nécessité de repenser les politiques culturelles en profondeur. Il a plaidé pour le développement de formations en design, afin de permettre aux jeunes créateurs de s’inspirer du patrimoine pour concevoir des modèles contemporains.

Patrimoine textile et innovation numérique

Il a évoqué l’exemple du textile, secteur dans lequel le Mali dispose d’un savoir-faire reconnu, mais qui reste sous-exploité faute de structuration et d’innovation. Il a rappelé qu’un projet de défilés textiles trimestriels avait été envisagé dès 2005 au Musée national, et a appelé à sa relance comme levier de visibilité et de création.

Dr Sidibé a également insisté sur l’importance de produire et de diffuser des contenus culturels sur les plateformes numériques, afin de toucher les jeunes générations et de positionner le Mali dans les industries créatives mondiales. Il a souligné que la culture ne se préserve pas uniquement par la mémoire, mais surtout par l’acte de créer, de produire et de transmettre.

Une culture en mouvement, un musée en action

« Si nous ne créons pas, si nous ne vendons pas nos biens culturels, si nous ne les mettons pas en ligne, alors nous disparaissons », a-t-il lancé, dans un appel vibrant à l’action. Pour lui, créer à partir du patrimoine, c’est affirmer la place du Mali dans le monde et garantir la pérennité d’une culture vivante.

La conférence s’est conclue sur une note d’espoir et de mobilisation. Les échanges qui ont suivi ont témoigné d’une volonté partagée de faire du patrimoine un moteur de créativité, et des musées des espaces ouverts à l’innovation. À travers cette prise de parole forte, Dr Samuel Sidibé a rappelé que l’Année de la Culture ne doit pas être une célébration figée, mais une opportunité pour repenser en profondeur les fondements de la politique culturelle malienne.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

14 novembre 2025 0 comments
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Les ministres de la sécurité
A la UneSécurité

BAMEX 2025 : La RDC séduite par la politique de défense du Mali

by Sidi Modibo Coulibaly 14 novembre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 5 minutes read

Le premier salon international de la défense et de la sécurité, BAMEX 2025, ouvert le 11 novembre 2025 à Bamako, n’est pas que de la promotion de l’armement. Des pays séduits par le courage, la détermination et la dignité du Mali ont tenu à bénéficier de son experience. C’est le cas du chef de la délégation de la République démocratique du Congo qui est venu signifier toute l’admiration de son pays pour celui du Général d’Armée Assimi Goïta.

À la tête d’une forte délégation, Me Guy Kabombo MUADIAMVITA, Vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants de la République Démocratique du Congo, a été reçu par le Général de Division Daoud Aly MOHAMMEDINE, ministre de la Sécurité et de la Protection civile. C’était le mercredi, 12 novembre 2025. Cette entrevue fait suite à celle qu’il a eue avec son homologue malien, le Général de corps d’armée Sadio Camara. 

Un cadre d’échanges et de concertations bientôt mis en place 

Au cours de son entrevue avec le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Vice-Premier ministre s’est réjoui de se trouver au Mali, un pays qui fait face à des défis sécuritaires similaires à ceux de son pays. « Ces défis ont pour nom, entre autres, le terrorisme, la criminalité transfrontalière, la prolifération des groupes armés et l’instrumentalisation des nationaux par des puissances extérieures. », a ajouté l’émissaire du Président congolais, Félix Tchishekedi. 

Il a dit être fier du Mali qui fait face à une grave crise sécuritaire avec courage, détermination et dignité, en refusant la soumission et en privilégiant la souveraineté, la stabilité et l’unité nationale. La RDC, a-t-il dit, est très intéressée par l’expérience du Mali qui fait la fierté de tous les panafricanistes et qui enseigne, avec éloquence, que les Africains doivent prendre en main leur destin. 

Pour sa part, le ministre Daoud Aly Mahammedine a souhaité la bienvenue à son hôte et l’a chaleureusement remercié d’être venu en terre africaine du Mali malgré les tentatives désespérées de forces obscures de dissuader les délégations étrangères de participer au BAMEX 25. 

Les deux personnalités ont croisé leurs analyses sur la situation sécuritaire du continent avant de conclure que l’heure était à la coopération et aux échanges entre leurs pays respectifs confrontés aux mêmes menaces. Ainsi, les deux parties ont convenu de la création d’un cadre d’échanges et de coopération entre le Mali et la RDC dans les domaines de la défense et de la sécuritaire. 

Le Vice-Premier ministre congolais en charge de la Défense a promis, dès son retour à Kinshasa, de faire les mises en relation nécessaires afin de concrétiser rapidement les bonnes dispositions de coopération entre les deux parties. Me Muadiamvita se dit en mission pour construire cette Afrique unie imaginée par les pères fondateurs des indépendances, notamment le ghanéen Kwamé N’KRUMAH et le malien Modibo KEITA. La mise en place de ce cadre est le fruit de contacts longtemps établis entre les deux pays depuis quelque temps. Le plus en vue a été la mission de haut niveau dépêchée par le Président congolais auprès du Président Goïta.

Une mission de haut niveau avait été dépêchée à Bamako 

En effet, c’était le vendredi 21 février 2025 que le Général d’armée Assimi Goïta a reçu en audience Constant Mutamba Tungunga, Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la République Démocratique du Congo accompagné de Christophe MUZUNGA, Ambassadeur de la RDC au Mali, résidant à Dakar, et de TALUBULU TSHIS OSIBOWA Godfrey, Conseiller. Si rien n’a filtré de leur entretien, il ressort, selon des sources, que les émissaires congolais ont porté le message de demande d’aide militaire de leur chef d’État.

Selon le média nigérien « Niger info », c’est sur les conseils du Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, Chef de l’État tchadien, que le président de la RDC s’est tourné vers son homologue du Mali qui est de surcroit président en exercice de l’AES ( Alliance des États du Sahel), née le 6 juillet 2025. Cette mise en route du chef d’État tchadien vers le Mali fait suite à une mission de son homologue congolais dépêchée auprès de lui. Cette mission avait été au Tchad, le 18 février 2025. Elle était conduite par Didier Mazenga et avait été dépêchée en urgence à N’Djamena pour solliciter du président tchadien une assistance militaire « sous toutes ses formes ». 

En réponse à cette sollicitation, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a conseillé à Tshisekedi de se tourner vers le président Goïta afin de bâtir une riposte africaine solide et cohérente. Prenant la mesure de l’urgence, le chef d’État congolais avait aussitôt missionné, le 21 février 2025, son ministre d’État, ministre de la Justice, Constant Mutamba, pour engager des discussions avec l’AES, véritable rempart contre l’ingérence étrangère et les desseins de partition du Congo fomentés par les puissances occidentales.

Il faut signaler que BAMEX 2025 se déroule en 2 phases de 2 jours : au Parc d’exposition de Bamako, où 30 entreprises présenteront des équipements et solutions de pointe et au Centre Boubacar Sada Sy de Koulikoro, où les délégations officielles invitées auront droit à des démonstrations de grande envergure pour évaluer les systèmes de défense aérienne, les drones, les munitions, les véhicules tactiques, les plateformes de surveillance et les solutions de commandement intégrées. BAMEX 2025, dont les rideaux tomberont ce 14 novembre 2025 enregistre la participation de plus de trente (30) pays africains.

SMC

14 novembre 2025 0 comments
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Kidal
A la UneAnalyses

Kidal : le jour où le Mali a relevé la tête

by Sahel Tribune 14 novembre 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Kidal, verrou symbolique du Nord malien et sanctuaire des rébellions touarègues depuis plus d’une décennie, est retombée le 14 novembre 2023 sous contrôle de l’armée malienne. Une victoire militaire autant qu’un acte politique fondateur pour Bamako, qui y voit la preuve éclatante de sa souveraineté retrouvée après des années d’humiliation et de tutelle internationale. Mais derrière l’image forte d’un État qui relève la tête, se profilent déjà les défis plus discrets — et plus exigeants — de la stabilisation, de la gouvernance locale et de la recomposition du jeu sahélien.

Il y a des dates qui, dans l’histoire tourmentée d’un pays, fonctionnent comme des bornes kilométriques. Le 14 novembre 2023 est de celles-là. Ce jour-là, à 1 600 kilomètres de Bamako, la ville mythique de Kidal, irritant fétiche des chancelleries, sanctuaire touareg, totem des rébellions successives, retombait — enfin — dans l’escarcelle de l’État malien. Et ce n’est pas seulement une victoire militaire. C’est un acte politique, une revanche historique, presque une psychanalyse nationale.

Car, pendant plus de dix ans, Kidal fut davantage qu’une anomalie administrative : un angle mort de souveraineté, une parenthèse humiliante dans la conscience malienne. Pour les présidents qui se sont succédé, elle était ce caillou dans la botte. On savait qu’il fallait le retirer, mais on reculait toujours l’instant. Le général Assimi Goïta, fin stratège, lui, n’a pas reculé, et l’a affronté. 

La revanche d’un État qu’on disait défait

Depuis 2012, le grand échiquier sahélien avait transformé Kidal en laboratoire de toutes les illusions : promesses d’autonomie sous perfusion d’ONG, médiations interminables, MINUSMA transformée en puissance tutélaire et un Accord d’Alger que chacun, en privé, jugeait d’une naïveté confondante — les séparatistes y trouvaient une légitimité, Bamako un piège, et les parrains internationaux du terrorisme une illusion de stabilité.

En 2023, les militaires maliens, redressés, reéquipés, réentraînés, cèdent à une impatience que beaucoup jugeaient légitime. Alghabass Ag Intallah, président de la CMA, avait averti début février 2023 les médiateurs internationaux accourus à Kidal — « Sans l’accord, nous sommes azawadiens ». Une phrase qui agit comme une provocation ultime. 

Cette déclaration intervenait un mois après le retrait des mouvements qu’il dirige des pourparlers consacrés à l’application de l’accord de paix. Le général Goïta y répond non par un discours, mais par une décision : la demande de retrait de la MINUSMA. Ce fut le début de la fin d’une décennie de mise sous tutelle molle.

L’offensive : modernisation express et nouveaux partenaires

L’armée malienne de 2023 n’a plus grand-chose à voir avec celle, décharnée, qui s’était effondrée en 2012. Les TB2 turcs, les hélicoptères russes, les blindés chinois VN22, les conseillers étrangers — oui — mais aussi une doctrine revisitée, une chaîne de commandement resserrée et un moral rendu à zéro — composent les ingrédients de cette réincarnation militaire.

Le Mali, désormais membre fondateur de la Confédération des États du Sahel (AES), créée le 6 juillet 2025, s’inscrit enfin dans une géopolitique régionale assumée, débarrassée des hypocrisies diplomatiques. Le Burkina Faso et le Niger, en soutien politique constant, adossent la reconquête du nord à un socle d’intégration militaire naissante.

Les frappes de drones, d’une précision nouvelle, ouvrent la route de Kidal. Le CSP-PSD, habitué autrefois à des armées mal équipées et à des mandats internationaux timorés, découvre soudain une FAMa modernisée, mobile, dure au combat, sûre d’elle. Le 14 novembre, les rebelles se replient. Kidal redevient malienne et le drapeau national y flotte de nouveau. Les administrations publiques sont de retour et un gouverneur y est nommé en la personne du général El Hadj Ag Gamou. 

La victoire et ce qu’elle révèle : une nation debout

Pour les autorités maliennes de la Transition — mais aussi pour une majorité silencieuse —, la scène est dense de symbolisme. Des habitants saluent les soldats, d’autres observent, méfiants, mais soulagés. L’État réinstalle les services de base, rouvre les marchés, remet les écoles en marche.

À Bamako, c’est un sentiment profond — presque intime — de réparation historique.
Kidal n’était pas simplement une ville perdue, c’était un honneur retrouvé. Mais sans rappeler que les victoires militaires, sont rarement la fin de l’histoire.

Le JNIM, appuyé par les sponsors étrangers du terrorisme, jamais vraiment éradiqué, entame une guerre d’attrition économique, jusqu’à la tentative désespérée d’imposer un blocus du carburant sur la capitale à la suite de l’interdiction de vente du carburant dans certaines conditions, dans certaines zones rurales. Les reconfigurations touarègues — CSP-DPA puis FLA — montrent que la question identitaire, politique et territoriale ne disparaît pas encore totalement parce que les sponsors étatiques étrangers sont entrés dans la danse avec l’intention de saboter les efforts des autorités maliennes de la transition.

Quant à la présence russe, elle nourrit autant la montée en puissance opérationnelle que des controverses, dont Bamako se passerait volontiers. Enfin, les réformes institutionnelles sous la transition — dissolution de l’accord d’Alger, adoption d’une Charte nationale pour la paix et la réconciliation, adoption d’une nouvelle constitution par référendum, ainsi que les Assises nationales de la refondation — posent les jalons d’une refondation, mais n’ont pas encore absorbé la complexité du « fait touareg ».

Kidal, point de départ plus que point d’arrivée

Les autorités maliennes de la Transition, depuis 2020, ont construit un récit : celui d’un Mali reconquis, affranchi des puissances étrangères, maître de son destin.

La reprise de Kidal a rendu au Mali quelque chose qu’on ne mesure pas dans un rapport militaire : la dignité. Elle a refermé une plaie ouverte depuis 2012. Elle a prouvé qu’un pays que l’on disait brisé peut se relever.

Mais elle a aussi ouvert un cycle nouveau — celui de la consolidation, du dialogue repensé, de la souveraineté assumée. Le général Assimi Goïta a remporté la bataille symbolique. Reste à gagner la paix durable. 

A.D

14 novembre 2025 0 comments
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Sonko et Faye
ActuOpinion

Sénégal : Diomaye Faye — Ousmane Sonko, la fin de l’innocence politique

by Chiencoro 13 novembre 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Moins de deux ans après leur victoire historique, le tandem qui incarnait le renouveau politique sénégalais se fissure. Entre le président Bassirou Diomaye Faye, soucieux d’affirmer son autorité, et son Premier ministre Ousmane Sonko, toujours porté par sa ferveur militante, la tension est désormais palpable. Derrière les sourires officiels, une guerre froide s’installe, faite de calculs politiques, de défiance réciproque et d’ambitions rivales.

Par un de ces retournements dont la politique sénégalaise a le secret, l’idylle entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko a viré à la méfiance. Le duo fraternel de la conquête est devenu un couple présidentiel en crise. Le rêve de la cohabitation harmonieuse s’effrite, laissant place à une guerre froide où chacun affûte désormais ses armes.

De l’amitié militante à la rivalité d’État

Ceux qui les ont connus dans les geôles du régime Sall, partageant le même idéal de rupture, peinent à reconnaître les deux anciens compagnons d’infortune. À peine un an et demi après la victoire éclatante de mars 2024, les fissures sont devenues crevasses.
Depuis juillet 2025, les signaux d’alerte s’accumulent : Sonko, fidèle à son « verbe volcanique », avait publiquement reproché au chef de l’État son « silence » face aux attaques de ses adversaires. Faye, plus feutré, avait tenté d’éteindre l’incendie en rappelant que le Sénégal avait « d’autres urgences ». Mais sous le vernis de la fraternité, les rancunes couvaient.

Le jour où tout a basculé

Le 11 novembre 2025, la hache de guerre est déterrée. Par un décret laconique, Diomaye Faye écarte Aïda Mbodj, fidèle lieutenante de Sonko, de la coordination de la coalition présidentielle, pour confier la tâche à Aminata Touré. Un choix audacieux — certains diront provocateur — tant l’ex-Première ministre incarne la technostructure politique que le Pastef voulait précisément balayer.

Sonko encaisse mal le coup : trois jours plus tôt, à Téra, il avait publiquement juré qu’Aïda Mbodj « ne bougerait pas ». En rétorquant que « celui qui veut s’affirmer n’a qu’à descendre dans l’arène », le Premier ministre adressait, sans la nommer, une flèche au palais.

La guerre des légitimités

Derrière cette querelle de casting, une bataille plus vaste se dessine : celle de la légitimité. Diomaye Faye, élu président mais longtemps considéré comme l’héritier politique de Sonko, veut désormais s’émanciper. Sonko, lui, refuse de devenir un ornement institutionnel, cantonné à la primature.

Le communiqué présidentiel évoque pudiquement des « facteurs de division » ; les stratèges, eux, y voient la volonté de Faye de préparer son avenir. En réactivant la coalition sous un visage plus docile, le chef de l’État trace son propre sillon, au-delà de l’ombre tutélaire de son mentor. 2029 n’est pas si loin.

Le Pastef sort les griffes

La riposte du parti de Sonko est immédiate. Dans un communiqué incendiaire, le Pastef dénonce une « décision illégitime » et refuse de reconnaître Aminata Touré. Traduction politique : le Premier ministre défie ouvertement l’autorité de son président. Le Sénégal découvre alors une cohabitation de feu, où chaque camp revendique l’héritage du même électorat.

Les juristes y voient une question de prérogatives ; les politistes, un choc d’egos entre deux visions du pouvoir : celle, institutionnelle et hiérarchique, de Faye ; celle, messianique et populaire, de Sonko.

Une alliance piégée par son propre succès

Le paradoxe est cruel. La victoire de 2024 devait incarner la renaissance politique du pays. Elle se mue en guerre de positions. Faye, jadis secrétaire général discret, s’impose désormais comme un président soucieux d’ordre et de méthode. Sonko, tribun charismatique et chef de file du Pastef, reste l’âme du mouvement, mais plus tout à fait le maître du jeu.

Ce tandem improbable, uni contre Macky Sall, se retrouve aujourd’hui enlisé dans la mécanique du pouvoir : l’un veut gouverner, l’autre continue de militer.

Le spectre d’une rupture annoncée

Pour l’heure, les deux hommes jurent que rien ne les oppose. Mais le climat, dans les couloirs de la primature comme à la présidence, est électrique. Des proches de Faye murmurent qu’un remaniement pourrait sceller la fin de la cohabitation. D’autres évoquent, du côté de Sonko, la tentation d’une démission fracassante, au nom de la « cohérence morale ».

Dans un pays où la stabilité politique repose souvent sur l’équilibre subtil des egos, ce duel fraternel pourrait peser lourd.

Cette brouille ne se joue pas seulement à deux. Elle interroge une jeunesse sénégalaise qui, en mars 2024, croyait voter pour un renouveau. Les promesses de rupture, de justice et de souveraineté économique peinent à survivre au choc des ambitions.

Le pouvoir Faye-Sonko, né de la révolte, risque de mourir de la normalisation. Le Sénégal, laboratoire démocratique de l’Afrique de l’Ouest, entre dans une zone de turbulences.

Chiencoro Diarra 

13 novembre 2025 0 comments
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Vivre et entreprendre au Mali
Économie

Mali : ces jeunes qui inventent le futur au cœur de Bamako

by Ibrahim Kalifa Djitteye 13 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

À Bamako, la jeunesse prend son destin en main. Face au chômage et à la précarité, de nombreux jeunes se tournent vers l’entrepreneuriat pour créer, innover et subvenir à leurs besoins. Entre recyclage, services numériques, mode ou petite restauration, ils participent à transformer la capitale malienne. Dans le formel comme dans l’informel, ces acteurs du quotidien redonnent vie à l’économie locale et redéfinissent la place de la jeunesse dans la construction du Mali urbain de demain.

À Bamako, les signes de dynamisme ne manquent pas. Des petites entreprises poussent dans presque tous les quartiers. Derrière ces initiatives, des jeunes comme Fatoumata Traoré, diplômée en gestion, qui a lancé un atelier de recyclage de plastiques à Magnambougou. Son projet attire l’attention de plusieurs associations locales, mais le financement reste son principal obstacle. « Je voulais transformer les déchets en objets utiles, mais aussi créer de l’emploi pour les jeunes filles du quartier », confie-t-elle, le regard déterminé.  

Dans un autre coin de la ville, Ibrahim Diarra, informaticien de formation, a créé une start-up spécialisée dans les services numériques pour artisans. Son application relie peintres, maçons et plombiers à des clients. « Notre objectif, c’est de donner de la visibilité à ceux qui travaillent dans l’ombre », explique-t-il ajoutant que ces initiatives, bien qu’encore fragiles, traduisent une volonté de changement et une conscience citoyenne nouvelle chez la jeunesse bamakoise.

Entre innovation et débrouillardise

Pour beaucoup de jeunes, entreprendre n’est pas un choix, mais une nécessité. Le chômage, surtout chez les diplômés, pousse à inventer de nouvelles formes d’activité. C’est le cas de Boubacar Sangaré, vendeur ambulant devenu créateur de mode avec un parcours qui illustre cette génération qui transforme l’informel en tremplin vers le formel. « Au départ, je vendais des t-shirts dans la rue. Aujourd’hui, j’ai un atelier et j’emploie trois jeunes », dit-il avec fierté. 

Mais l’innovation n’est pas toujours synonyme de réussite. Beaucoup d’initiatives prometteuses meurent faute d’accompagnement. Des jeunes artisans, restaurateurs ou réparateurs de téléphones travaillent dur mais manquent de formation en gestion ou en marketing. « On se débrouille comme on peut, mais sans soutien, c’est difficile d’aller loin », regrette Awa Dembélé, vendeuse de jus naturels à Lafiabougou qui témoigne que l’énergie entrepreneuriale de Bamako se heurte encore à un manque de structures d’appui efficaces. Malgré tout, la jeunesse doit se montrer coopérative en soutenant les autorités de leur pays : « Nous montrons chaque jour à l’ennemi que nous sommes prêts, que nous sommes déterminés et que nous ne reculerons pas. L’avenir de notre pays dépend de notre persévérance. », a déclaré le président du Conseil national de la jeunesse (CNJ), Sory Ibrahim Cissé, le 16 octobre 2025, à l’issue d’une audience que leur avait accordé le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta. 

L’informel, moteur invisible de la ville

Dans les marchés, les garages, les kiosques et les ateliers, des milliers de jeunes bâtissent l’économie informelle. Cette force discrète fait vivre des familles entières, mais reste largement négligée. À Banconi, Yacouba Coulibaly, réparateur de motos, emploie deux apprentis. « Je n’ai pas fait de grandes études, mais j’ai appris à réparer avec passion. Si j’avais un petit crédit, je pourrais agrandir mon atelier », explique-t-il.

Ces jeunes, souvent sans statut légal, peinent à obtenir un prêt ou à ouvrir un compte bancaire. Pourtant, ils participent activement à la vitalité urbaine. Le défi reste de leur offrir un cadre qui favorise leur épanouissement. Certains programmes publics tentent d’apporter des solutions, mais les démarches administratives et le manque d’informations freinent encore beaucoup d’entre eux.

Des initiatives publiques et privées en soutien

Conscientes du potentiel de la jeunesse, plusieurs institutions et ONG accompagnent désormais l’entrepreneuriat. Le Fonds d’Appui à la Création d’Entreprises par les Jeunes (FACEJ), soutenu par la Banque mondiale et par des partenaires internationaux, offre des formations en leadership et en gestion financière, ainsi que des financements pour les projets portés par des jeunes de 18 à 35 ans. Grâce à ce dispositif, plusieurs jeunes à Bamako ont pu formaliser leurs activités et générer des emplois locaux.

Les autorités de la Transition encouragent également la création d’entreprises locales à travers des programmes comme le Fonds d’Appui à l’Insertion des Jeunes (FAIJ) et le partenariat ANPE–CAECE Jigiseme, lancé en 2025 pour accompagner et financer mille porteurs de projets à travers le pays. Mais sur le terrain, les bénéficiaires dénoncent parfois la lenteur des procédures administratives et le manque d’informations. Pour Fatoumata Traoré, citée plus haut, « les programmes existent, mais il faut les rendre plus accessibles à ceux qui n’ont pas de relations ».

Une jeunesse actrice du changement

De la rive droite à la rive gauche du fleuve Niger, Bamako bouillonne d’idées et d’initiatives. Ces jeunes qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale ne cherchent pas seulement à s’enrichir. Ils veulent transformer leur environnement. « Nous sommes la génération qui doit prouver que tout n’est pas perdu », affirme Ibrahim Diarra.

Malgré les obstacles, la jeunesse bamakoise fait preuve d’un courage exemplaire. Elle construit, innove et inspire. Ses succès, petits ou grands, redessinent peu à peu le visage du Mali urbain. Et même dans l’informel, là où l’État est souvent absent, s’écrit silencieusement une nouvelle histoire économique et sociale du pays. Selon le président du CNJ, Sory Ibrahim Cissé, « La jeunesse malienne doit jouer pleinement son rôle » dans l’accompagnement des idéaux du Mali Kura, pour un Mali uni, souverain, prospère et respecté sur la scène internationale.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Mikailou Cisse
A la UneAnalyses

Tribune – Le Mali, une nation debout face à la guerre des âmes

by Mikailou Cissé 13 novembre 2025
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Alors que les attaques terroristes redoublent et que les pressions médiatiques et diplomatiques s’intensifient, le Mali choisit la résistance et la refondation. Entre guerre visible et guerre invisible, la nation malienne trace, à marche forcée, le chemin de sa souveraineté retrouvée.

« Maudit soit la guerre et ses auteurs », disaient nos anciens. Ces sages savaient que la guerre n’est juste que lorsqu’elle devient le dernier recours pour préserver la dignité et la survie d’un peuple. Cette sagesse millénaire résonne aujourd’hui dans un « Mali assiégé », mais plus que jamais debout.

Les attaques terroristes qui se multiplient aux portes de Bamako ne sont pas de simples actes isolés. Elles répondent à une logique claire : paralyser le pays, étouffer son économie, fracturer sa cohésion sociale. Mais au-delà des armes, c’est une autre guerre — plus subtile, plus dangereuse — qui se joue : celle de la perception.

Le champ de bataille médiatique

La guerre moderne ne se livre plus seulement dans les sables du Sahel, mais aussi sur les écrans et dans les rédactions. Certains médias étrangers, parfois par ignorance, souvent par intérêt, véhiculent une image déformée du Mali. Ils montrent un pays à genoux, coupé du monde, prisonnier de ses choix souverains.

Or, la réalité est toute autre. Le Mali se reconstruit, se réforme, s’affirme. Et s’il refuse désormais les diktats extérieurs, c’est parce qu’il a compris que l’indépendance n’est pas un slogan, mais une pratique quotidienne.

Sous la conduite du général Assimi Goïta, les Forces armées maliennes (FAMa) se sont imposées comme le pilier du renouveau national. Longtemps affaiblies, elles se sont transformées en un corps républicain et populaire, rassemblant toutes les composantes du pays.

L’armée n’est plus seulement une institution, elle est devenue l’incarnation d’une nation qui se tient debout, fière, consciente que sa survie dépend de sa cohésion.

La guerre des âmes

La guerre au Sahel est aussi une guerre spirituelle. Les groupes armés ont appris à manipuler la foi, à détourner les symboles religieux pour séduire une jeunesse vulnérable, privée d’éducation et d’avenir.

Cette guerre des âmes appelle une riposte de conscience. Le général Goïta ne cesse de le rappeler : la peur est la première arme de l’ennemi. Et face à elle, chaque citoyen doit devenir un soldat lucide — non pas les armes à la main, mais le cœur solide et l’esprit clair.

La guerre impose des sacrifices, mais elle oblige aussi à repenser les fondations de l’État. Le Mali doit transformer cette épreuve en levier de réforme : assainir les circuits économiques, sécuriser les corridors, renforcer la traçabilité des flux financiers et couper les sources de financement du terrorisme.

Le contrôle des frontières, longtemps négligé, doit redevenir une priorité stratégique. Et cette refondation ne peut être que collective. Elle doit s’appuyer sur l’État, le secteur privé, la société civile et les communautés locales.

L’Alliance des États du Sahel : un sursaut historique

Dans cette quête de souveraineté, le Mali n’est plus seul. Avec le Burkina Faso et le Niger, il a choisi la voie d’une solidarité assumée à travers la Confédération des États du Sahel (AES), créée le 6 juillet 2024, à Niamey, au Niger. Le deuxième sommet de ce regroupement sahélien est annoncé pour décembre prochain, à Bamako. 

Là où certains y voient un repli, d’autres reconnaissent un sursaut historique : celui de nations décidées à penser leur sécurité, leur économie et leur diplomatie à partir de leurs propres intérêts. L’AES, c’est la réponse politique et symbolique à des décennies de dépendance et de tutelle.

La reconstruction malienne ne se fera pas sans les légitimités traditionnelles et religieuses. Ces voix, souvent discrètes mais profondément écoutées, rappellent que la paix ne naît pas des négociations, mais de la dignité retrouvée.

Le Mali possède un trésor culturel immatériel : le Maaya (l’humanisme malien) et le Danbé (la dignité). Ces valeurs, forgées au fil des siècles, sont les armes les plus puissantes contre la peur et la division.

Le Mali debout

Le Mali d’aujourd’hui n’est ni naïf ni résigné. Il sait que la route vers la souveraineté sera longue et exigeante. Mais il avance, soutenu par sa jeunesse, son armée et ses symboles.

Car la bataille du Sahel n’est pas seulement militaire, elle est d’abord morale et culturelle. C’est celle de la conscience collective, du refus de la fatalité et de la foi en un destin commun.

Et si la guerre est, comme le disaient les anciens, « un mal nécessaire », la paix, elle, demeure un devoir sacré.

Mikaïlou Cissé 

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