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Des avions de combats
A la UneSécurité

Lutte anti-terroristes : Plusieurs combattants terroristes neutralisés à l’ouest de Djenné 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 19 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

L’État-Major Général des Armées a annoncé, ce lundi 17 novembre 2025, à l’opinion nationale qu’une opération de surveillance aérienne menée par les Forces Armées Maliennes (FAMa) le dimanche 16 novembre 2025 a permis de neutraliser avec efficacité un véhicule transportant des combattants terroristes à environ 20 kilomètres à l’ouest de Djenné. Selon le communiqué officiel, l’intervention s’est soldée par la destruction d’un pick-up et la neutralisation de plusieurs terroristes.  

Cette action s’inscrit dans le cadre des opérations régulières de sécurisation du territoire national, menées par les vecteurs aériens des FAMa. L’État-Major souligne que l’opération du 16 novembre 2025 illustre la capacité des forces armées à détecter, cibler et traiter rapidement toute menace identifiée dans les zones sensibles.  

Le communiqué précise que les vecteurs aériens engagés ont agi avec précision et efficacité, démontrant la montée en puissance des moyens de surveillance et d’intervention des FAMa. Le pick-up, identifié comme transportant des combattants armés, a été pris pour cible et détruit. Le bilan fait état de plusieurs terroristes neutralisés, confirmant la réussite de l’opération.  

Cette action, menée à proximité de Djenné, une zone stratégique du centre du pays, témoigne de l’attention particulière accordée par les forces armées à la sécurisation des localités exposées aux menaces terroristes. La neutralisation de ce véhicule armé contribue à réduire la capacité de nuisance des groupes hostiles et à renforcer la confiance des populations dans la présence militaire.  

Message de l’État-Major, rassurer et mobiliser

À travers ce communiqué, le Chef d’État-Major Général des Armées a tenu à rassurer la population sur la détermination des FAMa à protéger les personnes et les biens sur l’ensemble du territoire national. Il a réaffirmé que les opérations de surveillance et de neutralisation se poursuivront sans relâche, afin de garantir la sécurité des citoyens et de préserver l’intégrité du pays.  

Ce message s’inscrit dans une logique de communication institutionnelle visant à maintenir le lien de confiance entre les forces armées et la population. En mettant en avant la réussite de cette opération, l’État-Major rappelle que la lutte contre le terrorisme est une priorité nationale et que les FAMa restent mobilisées pour répondre aux attentes sécuritaires.  

La neutralisation de ce pick-up armé constitue un signal fort adressé aux groupes terroristes qui cherchent à déstabiliser les régions du centre. Elle démontre que les FAMa disposent de moyens opérationnels capables de détecter et d’intervenir efficacement contre toute tentative d’infiltration ou de menace armée.  

En détruisant ce véhicule et en neutralisant ses occupants, les forces armées réduisent non seulement la mobilité des groupes hostiles, mais elles envoient également un message clair : toute tentative de porter atteinte à la sécurité nationale sera traitée avec fermeté.  

Une détermination réaffirmée

L’opération du 16 novembre 2025 à l’ouest de Djenné illustre la vigilance et la réactivité des Forces Armées Maliennes dans leur mission de protection du territoire. Le bilan plusieurs terroristes neutralisés et un pick-up détruit témoigne de l’efficacité des vecteurs aériens engagés.  

À travers ce communiqué, l’État-Major Général des Armées réaffirme sa détermination à sécuriser les personnes et les biens sur l’ensemble du territoire national. La population est ainsi invitée à garder confiance dans l’action des FAMa, qui poursuivent leurs efforts pour garantir la paix et la stabilité du pays.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

19 novembre 2025 0 comments
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Mikailou Cisse professeur de philosophie au secondaire au Mali. 1
A la UneOpinion

Sahel : au-delà du djihadisme, la bataille des puissances

by Mikailou Cissé 18 novembre 2025
written by Mikailou Cissé 5 minutes read

Au-delà des affrontements armés, le Sahel livre une bataille existentielle : celle de sa souveraineté et de son récit. Derrière le voile du terrorisme, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, décrypte une guerre d’influence où se mêlent intérêts géostratégiques, manipulations idéologiques et luttes internes pour le contrôle des ressources. Entre fracture et résilience, le Mali et ses voisins cherchent à reconquérir non seulement leurs territoires, mais aussi leur dignité républicaine.

Le Sahel est aujourd’hui le théâtre d’une crise profonde qui n’est ni le fruit du hasard ni une fatalité inscrite dans son histoire. Le terrorisme qui s’y déploie depuis plus d’une décennie dépasse largement le cadre d’un phénomène local, spontané ou strictement religieux. Il s’agit d’un outil politique, savamment conçu et entretenu, visant à affaiblir les États, fracturer les sociétés et maintenir cette région stratégique dans un état d’instabilité chronique. L’explosion de violences au Mali, au Nigeria, en Somalie, au Congo ou au Mozambique traduit moins une contagion idéologique qu’un mécanisme géopolitique qui façonne le destin des peuples à leur insu.

La souveraineté, condition première de la victoire sahélienne

Les autorités sahéliennes en ont compris l’enjeu. Le président nigérien Abdouramane Tiani a souligné que la lutte actuelle est « une guerre existentielle », bien au-delà d’un simple affrontement militaire. Il s’agit d’un combat pour que les peuples du Sahel puissent enfin jouir librement de leurs ressources et de leur souveraineté. Au Mali, cette conviction est partagée par la diplomatie et les forces armées. Aucune victoire durable ne sera possible sans une souveraineté pleine et entière — c’est-à-dire un État capable de se défendre, de décider ses stratégies et de diriger son propre destin.

Le terrorisme prospère sur les failles profondes de la gouvernance. Là où les contradictions internes ne sont pas résolues et où les ressources naturelles sont mal exploitées ou captées par des réseaux opaques, la violence s’installe. Elle n’est que rarement un choix idéologique à part entière ; elle devient surtout un marché lucratif pour trafiquants, milices politico-identitaires et entreprises clandestines qui voient dans le chaos une source de prospérité. Sous le masque d’une « guerre sainte », ces groupes défendent avant tout des intérêts économiques, géostratégiques et des agendas qui n’ont rien de religieux.

L’islam instrumentalisé : une trahison spirituelle et culturelle

L’instrumentalisation de l’islam est au cœur de cette stratégie. Les groupes terroristes utilisent un vocabulaire moral et religieux qu’ils ne respectent jamais. Leur prétendue rigueur n’est qu’une façade destinée à intimider et séduire une jeunesse en quête de repères. Les premières victimes sont les musulmans eux-mêmes : hommes, femmes et enfants pris en otage par une doctrine sans racines locales, étrangère aux traditions sahéliennes. Tombouctou incarne tristement cette contradiction : cité phare de la civilisation islamique, elle a été profanée par des insurgés se réclamant de la foi qu’ils trahissent.

Même la question du voile au Mali illustre ce décalage. Pendant des siècles, les femmes musulmanes du pays ont intégré cette pratique dans un rapport culturel et spirituel authentique, libre de contraintes dogmatiques imposées. Aujourd’hui, des pressions radicales tentent d’imposer un modèle étranger à la réalité sociale locale, ignorant l’histoire et l’enracinement progressif de l’islam au Mali. Cette rupture montre que les groupes armés ne véhiculent aucune tradition, mais une idéologie hostile à la vie même des sociétés qu’ils prétendent défendre.

Le terrorisme, ennemi de la République

Au-delà des dimensions morale et culturelle, le projet terroriste cible prioritairement l’espace rural, pilier de l’économie sahélienne. Partout où avance le terrorisme, c’est la désertification humaine qui s’installe : villages vidés, champs abandonnés, pasteurs forcés à l’exil, marchés fermés. Ce phénomène n’est pas accidentel, mais méthodique : les campagnes deviennent des zones sanctuarisées, hors contrôle étatique, où s’imposent les groupes armés qui prélèvent la dîme, imposent leur loi et recrutent la jeunesse privée d’avenir. En détruisant la ruralité, ils menacent la continuité même de la nation.

Le terrorisme est anti-républicain par essence : il s’attaque à la dignité, aux droits, à l’égalité et au pluralisme — piliers de l’idéal républicain sahélien. Là où la République veut garantir la liberté, il instaure la peur ; là où l’État cherche à rassembler, il divise ; là où les sociétés veulent dialoguer, il impose le silence. Mais ce projet ne survivrait pas sans les acteurs « arépublicains » : entrepreneurs de violence, trafiquants transfrontaliers, intermédiaires économiques, notables déchus, certains responsables locaux ambigus voire des puissances étrangères qui tirent profit du chaos. Ces facilitateurs, qui ne sont pas terroristes de profession, nourrissent et entretiennent le désordre.

Reprendre le contrôle du récit national

Une lutte véritable contre ce fléau ne saurait être superficielle ou ambiguë. Elle doit être sincère avant d’être médiatisée, active plutôt qu’affichée. Les États sahéliens ne demandent pas une simple assistance sécuritaire, mais une reconnaissance claire de leur droit souverain : celui de se défendre, de choisir leurs alliances et de rompre avec des tutelles paternalistes. La souveraineté reste la principale arme contre le terrorisme. Un État qui ne maîtrise pas sa politique sécuritaire perd le contrôle de son territoire, de ses ressources et de son avenir. Sans cela, il est voué à sombrer, comme l’avait prévu la situation malienne avant la mobilisation populaire et militaire remarquablement résiliente.

Dans ce combat, la communication stratégique est cruciale. Donner la parole au chaos, c’est nourrir ce même chaos. Les États doivent reprendre le contrôle du récit national. La victoire contre le terrorisme est autant psychologique que militaire. Elle exige une unité nationale forte, une cohésion des institutions, une mobilisation citoyenne autour des valeurs républicaines, et le renforcement des capacités étatiques, notamment dans les campagnes. La souveraineté ne doit pas rester un simple slogan, mais redevenir une exigence morale et politique concrète.

Le Sahel n’est donc pas condamné à l’instabilité. Ses peuples ont prouvé leur capacité de résistance, de renaissance et leur aspiration profonde à vivre dignement. Le terrorisme, aussi violent soit-il, n’est qu’un épisode transitoire dans l’histoire longue de nations forgées par la lutte, la foi et la culture. Ce qui se joue aujourd’hui au Mali n’est pas seulement une question de sécurité, mais bien une bataille pour la dignité républicaine, la souveraineté politique et la possibilité même de décider librement de leur avenir.

Mikaïlou Cissé 

18 novembre 2025 0 comments
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Judé Sogoba, professeur de philosophie s'exprime sur le retrait des pays de l'AES de la CEDEAO.
ActuOpinion

« Françafrique, médias, diaspora : les fronts invisibles du Mali » — la tribune de Judé Sogoba

by Sahel Tribune 17 novembre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans une tribune au ton résolument souverainiste, Judé Sogoba, doctorant en philosophie et spécialiste des questions de développement en Afrique, revient sur la bataille informationnelle qui entoure le Mali. Entre accusations de néocolonialisme, critique des élites médiatiques et mise en avant des avancées sécuritaires des FAMa, l’auteur analyse les fractures idéologiques qui traversent le pays et plaide pour une vigilance accrue face aux récits qui, selon lui, fragilisent le projet souverainiste porté par l’AES.

Ces derniers temps, nous assistons à une propagande orchestrée pour semer la panique au Mali. Certains apatrides réfugiés en France et dans d’autres pays incarnent une véritable décadence morale pour toute l’Afrique, et particulièrement pour le Mali. Je ne peux comprendre comment un individu peut aller jusqu’à soutenir les ennemis qui cherchent à détruire son pays natal. Leur attitude révèle un comportement tératologique.

Combat contre la Françafrique

Le combat mené aujourd’hui par les pays de l’AES est un combat frontal contre la Françafrique. Ceux qui refusent de le mener n’ont qu’à se taire à jamais. Nous savons que tous les hommes intègres qui ont œuvré pour la libération de l’Afrique ont été froidement assassinés ou combattus par les forces néocolonialistes. Des figures comme Thomas Sankara, Mouammar Kadhafi, Idriss Déby et tant d’autres ont été lâchement trahies par des Africains devenus les « boys » d’intérêts étrangers, véritables symboles de décadence morale.

Les sponsors des terroristes sont connus de tous, sauf de ceux frappés par une cécité intellectuelle. Cette lutte de libération, qu’elle se mène aujourd’hui ou demain, finira par s’imposer, car l’Afrique doit être affranchie. Ceux qui participent à l’asphyxie du continent nous trouveront sur leur chemin. Les principaux commanditaires sont, bien sûr, les pays impérialistes qui s’enrichissent en pillant des États dirigés par des pseudo-intellectuels. C’est pourquoi la lutte engagée contre le terrorisme est un combat noble, que toute l’Afrique devra mener tôt ou tard. La liberté ou la mort !

Les victoires notables de l’armée malienne

La malhonnêteté intellectuelle pousse certains à répéter que Bamako serait « encerclé » par les terroristes, mais aucun n’ose mentionner les victoires remarquables des FAMa sur les groupes armés. Les vaillants militaires maliens ne cessent de neutraliser les terroristes, et cela doit être affirmé haut et fort. Toute souveraineté a un prix, et le Mali n’y fera pas exception. Le peuple, conscient de cet enjeu, s’est tenu fermement aux côtés de ses forces armées pour la libération du pays.

La sortie de la CEDEAO est désormais effective. Avec la création d’une banque centrale propre, la nouvelle monnaie viendra, permettant d’obtenir une pleine souveraineté monétaire. La Monnaie de l’AES nous libérera du franc CFA, instrument de domination et de recolonisation.

Les terroristes intellectuels maliens et africains

Des pseudo-intellectuels maliens, africains, ainsi que certains journalistes — maliens ou non — participent eux aussi à la guerre médiatique contre le Mali, considéré par beaucoup comme le cœur de l’AES à abattre en priorité. C’est pourquoi ces individus courent se réfugier auprès de leurs maîtres pour tenter d’asphyxier le pays.

Tous ceux qui font l’apologie du terrorisme ou contribuent à son financement sont eux-mêmes des terroristes. Ils sont même plus dangereux que les combattants armés, car ils constituent les têtes pensantes de cette entreprise destructrice. Il revient donc aux autorités maliennes de prendre des mesures fermes contre tous les Maliens vivant à l’extérieur qui se livrent à de telles pratiques.

Judé SOGOBA, doctorant en philosophie, Spécialiste des questions de développement de l’Afrique

17 novembre 2025 0 comments
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Croissance économique
A la UneÉconomie

Croissance économique 2025 du Mali : Le taux de 6 % visé confirmé par les institutions financières internationales 

by Sidi Modibo Coulibaly 17 novembre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Face à la crise multidimensionnelle, le Mali a lancé un ambitieux plan de développement à long terme dénommé « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » assorti d’une Stratégie nationale Pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033 (SNEDD) afin de réaliser une croissance forte, durable et inclusive. Avec la mise en œuvre de ce programme, le pays est en passe de réaliser le taux de croissance économique qu’il a prévu pour l’année 2025.

La croissance économique mesure l’augmentation de la richesse produite dans un pays. Quand un État produit plus de biens et de services qu’auparavant, son produit intérieur brut (PIB) augmente. Dans une interview en fin mai 2025, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, avait indiqué que la croissance économique du Mali est passée de 1,2 % en 2023 à 5 % en 2024, et que le pays vise 6 % en 2025. 

Selon les spécialistes en économie, atteindre une croissance de 5 % est un bon signal. D’après les plus grandes institutions financières internationales, cet objectif est bien réalisable. Ces institutions sont le Fonds Monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD). Chacune de ces institutions a fourni un taux de croissance économique après des analyses.

5 % d’après le Fonds Monétaire International

Du 09 au 13 juin 2025, une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Mme Wenjie Chen, a séjourné à Bamako pour mener les consultations de 2025 au titre de l’article IV avec les autorités maliennes. 

À l’issue des consultations, Mme Chen avait déclaré que l’économie malienne a fait preuve d’une certaine résilience, malgré les crises auxquelles le pays fait face. Elle a poursuivi en soulignant que la croissance économique du pays estimée à 4,7 % en 2024 devrait atteindre 5,0 % en 2025. Et d’ajouter que, sous réserve de la reprise de l’intégralité des activités minières, la croissance devrait rebondir pour atteindre 5,4 % en 2026. 

Pour la Banque mondiale, 4,9 %

D’après l’autre institution de Breton-Wood, la croissance du PIB (Produit Intérieur Brut) devrait atteindre 4,9 % en 2025 (1,9 % par habitant), soutenue par le démarrage de la production de lithium, des services et de l’agriculture. Elle estime que la reprise industrielle, principalement tirée par l’extraction minière et l’égrenage du coton, compense la baisse de 4 % des volumes d’exportation d’or due aux fermetures temporaires de mines liées à des différends fiscaux. 

En outre, la banque mondiale indique que la croissance du PIB réel devrait s’établir en moyenne à 5 % sur 2026-2027, soutenue par la production de lithium, l’agriculture et les télécommunications. 

Selon la BAD, 5,3 %

À en croire l’institution financière africaine, la reprise de l’activité économique au Mali devrait se poursuivre, avec une croissance de 4,7 % en 2024 et de 5,3 % en 2025. Cette croissance sera tirée par les activités extractives, avec le démarrage de la production de lithium, la relance du secteur textile et le développement du potentiel de production et de transformation du blé. Elle ajoute que grâce au maintien d’une politique monétaire restrictive, l’inflation devrait continuer à baisser pour atteindre 2 % en 2024 et 1,8 % en 2025. 

Il faut rappeler que d’après le classement économique 2025 du FMI, le Mali occupe la cinquième place dans l’espace franc CFA composé de quatorze (14) pays africains repartis entre deux zones : l’UEMOA (Union Économique et Monétaire ouest-africaine), la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale). 

L’UEMOA est composée de huit (8) pays : le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, le Niger, la Guinée-Bissau, le Togo. Quant à la CEMAC, elle compte six (6) pays : le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad. Tous ces pays ont en partage le franc CFA, une monnaie garantie par la France, l’ancienne métropole. 

SMC

17 novembre 2025 0 comments
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Jeunesse malienne
ActuOpinion

AES, CEDEAO et panafricanisme : regards jeunes sur une Afrique en mutation

by Ibrahim Kalifa Djitteye 16 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 8 minutes read

Alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté définitivement la CEDEAO pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le 2e sommet est annoncé pour décembre prochain, les avis se multiplient sur cette nouvelle orientation politique. Entre affirmation de souveraineté, crainte d’isolement régional et interrogations sur l’avenir du panafricanisme, les points de vue recueillis dans ce micro-trottoir reflètent les tensions et les espoirs d’une Afrique en pleine recomposition. Ce retrait marque-t-il une rupture ou une renaissance ? Et le panafricanisme, est-il encore une force mobilisatrice ou un simple outil rhétorique ? Les réponses sont aussi diverses que révélatrices.

Jermaine Dembele, étudiante en Informatique et Gestion à l’EGI-SUP : « Le Mali, le Burkina et le Niger ont choisi de sortir d’un cadre qui ne répondait plus à leurs réalités »

Je pense que c’est une décision courageuse. Le Mali, le Burkina et le Niger ont choisi de sortir d’un cadre qui ne répondait plus à leurs réalités. La CEDEAO, ces dernières années, a souvent été perçue comme trop influencée par des intérêts extérieurs, parfois déconnectée des enjeux sécuritaires du Sahel. L’AES, c’est une manière pour ces pays de dire : « On veut décider par nous-mêmes, selon nos priorités ».

C’est un projet d’avenir, parce qu’il repose sur la solidarité entre des États qui partagent les mêmes défis. Sécurité, développement, souveraineté… Ce sont des enjeux concrets. Et l’AES peut devenir un modèle de coopération plus adapté, plus efficace. Ce n’est pas un repli, c’est une affirmation.

Le panafricanisme, pour moi, c’est une idée vivante. Ce n’est pas juste un mot qu’on sort dans les discours. C’est une vision : celle d’une Afrique qui se prend en main, qui coopère entre ses peuples, qui refuse les tutelles extérieures. L’AES, justement, c’est une forme de panafricanisme en action. Trois pays qui s’unissent pour construire une voie propre, sans attendre l’approbation de l’extérieur.

Certes, il faut rester vigilant. Car le panafricanisme ne doit pas devenir un prétexte pour justifier certains agissements ne défendant pas les intérêts de nos peuples. Mais quand il est porté par des actes concrets, comme la création de l’AES, alors oui, c’est une idée qui peut transformer l’Afrique.

Garibou Togo, diplômé en journalisme : « À mon sens, le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la CEDEAO n’est pas profitable »

À mon sens, le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la CEDEAO n’est pas profitable. Au contraire, cet acte crée une méfiance et une désunion entre ces États et les autres pays membres de la CEDEAO, à l’instar de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal.

En quoi ce retrait n’est-il pas bénéfique ? Tout simplement parce que ces pays, qui ont quitté la CEDEAO pour créer l’AES, ne peuvent prospérer sans entretenir de bonnes relations avec leurs voisins. En effet, étant des pays sans littoral, ils dépendent des États côtiers membres de la CEDEAO, tels que le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, pour leur commerce maritime. Pour combattre le terrorisme qui plombe tous leurs efforts de développement, les pays de l’AES auront besoin de leurs voisins. La preuve ? Pour cette pénurie de carburant, le Mali s’est tourné vers la Côte d’Ivoire, malgré les mésententes, pour se ravitailler. 

Quant au panafricanisme souvent évoqué par nos dirigeants, on se rend vite compte qu’il s’agit davantage d’un slogan que d’une véritable pratique. Car si l’on s’en tenait réellement aux principes du panafricanisme, l’Afrique aurait déjà fait des pas concrets vers une unité politique. En réalité, le panafricanisme prône l’unité des Africains à tous les niveaux : culturel, politique, économique, et social mais des actes concrets de ce mouvement pose problème. Et cela prouve à suffisance que le panafricanisme que les États d’Afrique prétendent créer n’est qu’un rêve chimérique.

Abdoulaye Dolo, enseignant à Baco-djicoroni : « Selon mon analyse, les trois pays qui composent l’Alliance des États du Sahel ont simplement claqué la porte pour éviter d’aller aux élections »

En ce qui me concerne, je vais me prononcer sur le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO ainsi que sur la création de l’AES. Selon mon analyse, les trois pays qui composent l’Alliance des États du Sahel ont simplement claqué la porte pour éviter d’aller aux élections. Je pense également que la création de l’AES constitue une stratégie pour ces États sahéliens de consolider davantage leur pouvoir. À mes yeux, cela a entraîné une fissure sous-régionale qui n’est pas bénéfique pour l’Afrique, au moment où le continent a plus que jamais besoin d’unité et de cohésion. 

Pour moi, le panafricanisme n’est devenu qu’un slogan, souvent brandi pour rallier l’opinion publique plutôt que pour défendre les intérêts réels du continent. Beaucoup de ceux qui prétendent porter cette idéologie ne le font pas par conviction profonde, mais pour servir leur image, leur position politique ou leurs ambitions personnelles. Ils ne s’attaquent jamais aux véritables défis du continent tels que la corruption, la mauvaise gouvernance, la faiblesse des systèmes éducatifs ou le manque d’intégration économique. Ce discours panafricaniste, pourtant essentiel pour l’avenir de l’Afrique, est aujourd’hui détourné et utilisé comme un instrument de manipulation, au lieu de représenter un projet de société sincère, courageux et tourné vers le bien commun.

Abdalah Teme, étudiant en Géographie : « La CEDEAO est souvent perçue comme un outil d’ingérence utilisé par les grandes puissances occidentales »

Le retrait de certains pays de la CEDEAO représente, selon moi, une avancée positive pour l’Afrique. En théorie, la CEDEAO est une organisation censée défendre les intérêts de ses États membres. Cependant, dans les faits, elle est souvent perçue comme un outil d’ingérence utilisé par les grandes puissances occidentales. À cela s’ajoute son incapacité à faire face aux défis majeurs auxquels ses États membres sont confrontés, notamment le défi sécuritaire qui frappe durement les pays du Sahel.

Dans ce contexte, la création de l’Alliance des États du Sahel (AES) apparaît comme une alternative crédible à la CEDEAO. L’AES incarne des valeurs de solidarité, d’intégrité et d’entraide entre ses États membres. Elle favorise également une coopération renforcée en matière de défense, ce qui est essentiel face aux menaces sécuritaires actuelles. La naissance de l’AES est une initiative prometteuse pour l’avenir du continent africain.

Quant au panafricanisme, je le considère comme un slogan populiste qui ne reflète pas la réalité des relations entre les États africains. La diversité ethnique, les divergences idéologiques et les visions politiques souvent opposées des chefs d’État africains rendent difficile l’émergence d’une gouvernance commune ou d’une diplomatie unifiée. Le panafricanisme, tel qu’il est brandi aujourd’hui, semble davantage relever du discours que d’une véritable dynamique politique concrète.

Binta Bagayoko étudiante à l’UCAO : « Le retrait des pays membres de l’AES de la CEDEAO est une décision commune et salutaire »

Le retrait des pays membres de l’AES de la CEDEAO est une décision commune et salutaire. Bien que la CEDEAO soit une organisation régionale censée défendre les intérêts de ses États membres, elle a, par le passé, imposé des sanctions économiques lourdes à ces pays lors de crises politiques. Face à cette situation, les trois États partageant une même vision ont décidé de créer leur propre confédération : l’Alliance des États du Sahel (AES).

Cette alliance repose sur des principes de solidarité, d’entraide et de défense mutuelle. Elle permet aux pays membres de coordonner leurs efforts face aux défis sécuritaires, tout en tirant parti de leur proximité géographique, qui constitue un atout stratégique supplémentaire.

Le retrait de ces pays de la CEDEAO ne bouleverse pas fondamentalement l’avenir du continent africain. Toutefois, ces trois États ont un besoin urgent de sortir des conflits auxquels ils sont confrontés. La mise en place d’une force de défense commune représente, à cet égard, un avantage significatif.

Ismaël Kanda Kanté, jeune leader à Baco Djicoroni : « Je considère le retrait de certains pays de la CEDEAO comme une décision positive et stratégique »

Je considère le retrait de certains pays de la CEDEAO comme une décision positive et stratégique. Cette organisation, bien qu’ayant été conçue pour promouvoir l’intégration régionale et défendre les intérêts de ses États membres, a montré ses limites. Au lieu d’apporter des solutions concrètes aux crises politiques et sécuritaires, elle s’est parfois transformée en obstacle, notamment à travers des sanctions économiques lourdes imposées à des pays en difficulté. 

Ce retrait traduit une volonté de souveraineté et d’autodétermination. Il ouvre la voie à des alternatives plus adaptées aux réalités du terrain, comme l’Alliance des États du Sahel (AES), qui repose sur des principes de solidarité, de défense mutuelle et de proximité géographique.

Micro-trottoir réalisé et transcrit par Ibrahim Kalifa Djitteye 

16 novembre 2025 0 comments
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Festival international des femmes
A la UneExclusif

Assétou Traoré, présidente de Cira Charity : « Le FESTI-FEM est né d’une réflexion sur la place et le rôle de la femme »

by Sahel Tribune 16 novembre 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Du 4 au 7 décembre 2025, le Palais de la Culture de Bamako abritera la première édition du Festival International des Femmes (FESTI-FEM), placé sous le thème : « Femme, pilier de la paix et gardienne des valeurs socio-culturelles. » Dans les colonnes de Sahel kunafoni, sa promotrice, Assetou Traoré, présidente de l’association CIRA Charity, revient sur la genèse, les ambitions et les valeurs de ce rendez-vous culturel et citoyen.

Vous êtes la Présidente de Cira Charity. Parlez-nous de cette association. 

Je suis la présidente de l’association CIRA Charity, une structure dédiée à l’aide et au soutien des enfants démunis ainsi que des femmes en situation de vulnérabilité.
À travers CIRA Charity, je mène depuis plusieurs années des actions sociales et culturelles pour renforcer la solidarité, promouvoir la dignité et encourager l’autonomie des femmes.

C’est dans cette dynamique qu’est né le Festival International des Femmes (FESTI-FEM), un espace d’expression, de partage et de valorisation du rôle de la femme dans la société.

Comment est née l’idée du FESTI-FEM et quel message souhaitez-vous porter à travers cette première édition ?

Le FESTI-FEM est né d’une réflexion sur la place et le rôle de la femme dans notre société, à une époque où l’on constate une perte progressive de certaines valeurs fondamentales.

Nous avons voulu utiliser la culture comme un outil de sensibilisation et d’orientation, afin d’amener la femme à reprendre toute sa place dans la construction sociale. Ce festival est aussi une manière de valoriser la femme malienne dans toute sa diversité et sa puissance créatrice.

À travers cette première édition, nous souhaitons porter un message fort : la femme, actrice de changement, pilier de la paix et gardienne de nos valeurs culturelles.

Pourquoi avoir choisi le thème « Femme, pilier de la paix et gardienne des valeurs socio-culturelles » ?

Ce thème traduit notre conviction que la paix durable ne peut se construire sans la participation active des femmes.  Dans nos sociétés, elles sont les gardiennes des traditions, les éducatrices des générations et les médiatrices naturelles lors des crises.  En plaçant les femmes au cœur de la réflexion, nous rappelons que la paix commence dans le foyer, s’enracine dans la culture et s’épanouit grâce aux femmes.

Le festival s’inscrit dans l’Année de la Culture décrétée par le Président de la transition. Comment la culture peut-elle contribuer à la paix et à la réconciliation ?

La culture est un langage universel capable d’unir au-delà des différences.
Elle favorise le dialogue, la compréhension mutuelle et la valorisation de notre identité commune.
En s’inscrivant dans l’Année de la Culture, le FESTI-FEM mettra en avant l’art, la musique, le théâtre et la parole des femmes comme outils de réconciliation et de reconstruction du tissu social.

En quoi le FESTI-FEM se distingue-t-il des autres événements dédiés aux femmes ?

Le FESTI-FEM se distingue par son ancrage culturel et communautaire, mais aussi par son approche inclusive et panafricaine.

Ce n’est pas un simple événement festif. C’est un mouvement social et un espace d’échanges entre femmes rurales, urbaines, jeunes, artistes et entrepreneures.
Nous voulons faire entendre toutes les voix, même celles souvent oubliées, et créer une plateforme durable pour partager expériences, luttes et réussites.

Quels seront les temps forts de cette première édition ?

Cette première édition, prévue du 4 au 7 décembre 2025 au Palais de la Culture de Bamako, comprendra plusieurs moments clés. Des panels et conférences porteront sur le leadership féminin, la paix, la culture et l’innovation sociale.

Des stands d’exposition mettront en valeur les savoir-faire féminins et l’artisanat local.
Des concerts, des défilés de mode et des représentations artistiques célébreront les talents féminins. Enfin, le FESTI-FEM Challenge mettra en lumière des jeunes femmes porteuses d’idées novatrices.

Nos objectifs sont de renforcer la visibilité des femmes, de créer un réseau solidaire et de faire de la culture un levier de transformation sociale.

Quels défis avez-vous rencontrés en tant que femme leader ?

Les principaux défis ont concerné le financement, la logistique et la mobilisation des partenaires. Être une femme leader dans un environnement encore marqué par les inégalités de genre exige beaucoup de persévérance et de conviction.

Mais chaque obstacle surmonté renforce notre détermination à prouver que les femmes peuvent non seulement rêver grand, mais aussi réaliser de grandes choses.

Quel message adressez-vous aux femmes maliennes et africaines ?

Mon message est simple : ayez confiance en vous, croyez en votre potentiel et osez prendre votre place. Les femmes maliennes et africaines portent en elles la force de la terre et la sagesse des traditions. Transformons cette force en actions concrètes pour nos communautés et nos nations. Ensemble, nous pouvons bâtir un avenir de paix, de dignité et de prospérité.

Que souhaitez-vous que les participants retiennent du festival ?

Je souhaite que chacun reparte avec une énergie nouvelle, une fierté d’être acteur du changement et la conviction que chacun peut contribuer à la paix. Que ce festival laisse dans les cœurs un sentiment d’unité, d’espoir et de respect des valeurs africaines.

Envisagez-vous de pérenniser le FESTI-FEM ?

Oui. Le FESTI-FEM est pensé pour devenir un rendez-vous annuel incontournable dédié à la femme africaine. Les prochaines éditions viseront à renforcer le maillage régional et à impliquer davantage de pays africains. Notre ambition est de faire du FESTI-FEM une vitrine du leadership féminin et de la culture africaine au service de la paix.

Propos recueillis par Ibrahim K. Djitteye et Cheickna Coulibaly

16 novembre 2025 0 comments
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Jeunes, emploi et innovation : les défis et réussites d’une génération malienne

by Cheickna Coulibaly 15 novembre 2025
written by Cheickna Coulibaly 5 minutes read

À Bamako, le chômage des jeunes reste un défi majeur. Face à l’absence d’emplois stables, beaucoup se tournent vers la débrouillardise et l’entrepreneuriat. Certains innovent, d’autres créent leurs petites entreprises, tandis que d’autres suivent des formations pour se professionnaliser. Voici quatre portraits de jeunes Maliens qui illustrent cette énergie nouvelle.

Moussa Diarra : du bureau à la moto

Dans le quartier de Magnambougou, Moussa Diarra gare sa moto devant une boutique. Il a 28 ans et arbore un large sourire malgré la fatigue. Diplômé d’un BT2 en comptabilité, il n’a jamais trouvé d’emploi dans son domaine. « J’ai déposé beaucoup de dossiers, mais personne ne m’a jamais rappelé », raconte-t-il.

Pour subvenir à ses besoins, il a d’abord travaillé comme conducteur de moto-taxi pour une société privée. Chaque semaine, il devait verser 15 000 francs CFA pour conserver la moto qu’il utilisait. « Ce n’était pas facile, je gagnais à peine de quoi vivre, mais j’ai appris à économiser un peu chaque jour », explique-t-il.

Après deux ans de travail acharné, il a réussi à s’acheter sa propre moto. Aujourd’hui, il travaille à son compte et gagne mieux sa vie. « Je suis libre maintenant. C’est moi qui décide quand je roule et combien je gagne », dit-il fièrement.

Son parcours symbolise celui de nombreux jeunes Bamakois qui, faute d’emplois stables, choisissent la débrouillardise comme seul moyen de s’en sortir.

Kadi Créa : transformer des sacs à main en succès

Dans son petit atelier de Missira, Kadidia Diakité, 26 ans, transforme des sacs à main en les personnalisant et en les relookant pour en faire des accessoires de mode uniques. Son entreprise, qu’elle a baptisée « Kadi Créa », emploie aujourd’hui quatre personnes. « J’ai commencé avec une seule machine à coudre, que j’avais empruntée à ma tante », se souvient-elle.

Elle fait partie d’une nouvelle génération d’entrepreneurs maliens qui misent sur la créativité et l’économie circulaire. « On peut créer de la valeur ici, au Mali, avec nos propres moyens. Il faut juste croire en ce qu’on fait », affirme-t-elle.

Mariam Bengaly : pâtisserie et entrepreneuriat numérique

Originaire de Niamacoro, à Bamako, Mariam Bengaly a créé sa propre marque informelle, « Mariam Délice », faute de récépissé officiel. Après avoir suivi une formation en pâtisserie, elle confectionne toutes sortes de gâteaux et sucreries.

Aujourd’hui, elle excelle dans son domaine, notamment à Sikasso, où elle travaille avec sa sœur lorsque Mariam est en déplacement. Pour élargir sa clientèle, elle utilise les réseaux sociaux, où elle promeut ses créations et d’autres articles alimentaires.

« J’ai commencé avec peu de moyens, mais avec de la créativité et de la rigueur, j’ai pu me faire un nom », explique-t-elle. Mariam incarne cette jeunesse malienne qui réinvente l’économie informelle et transforme son talent en opportunité.

Adama : de la formation à l’emploi durable

Adama, 23 ans, a suivi une formation en installation de panneaux solaires grâce à un programme de soutien aux jeunes de Bamako. Avant, il effectuait de petits travaux pour survivre. Aujourd’hui, il exerce un métier stable et peut former d’autres jeunes de son quartier. « Ces formations changent la vie », dit-il. « Elles nous donnent une compétence réelle et la possibilité de créer notre propre emploi. »

Obstacles et défis

Malgré ces réussites, les jeunes entrepreneurs font face à de nombreux obstacles. L’accès au financement reste limité, les banques demandant des garanties que la plupart des jeunes n’ont pas. La bureaucratie et le manque de structures d’accompagnement ralentissent également la concrétisation des projets. À cela s’ajoute la précarité économique, qui oblige certains à cumuler plusieurs activités pour survivre. Ces difficultés n’empêchent pas certains de persévérer, mais beaucoup abandonnent faute de soutien.

L’espoir d’un avenir meilleur

Malgré tout, une énergie nouvelle se dégage. Entre débrouillardise et innovation, les jeunes Maliennes et Maliens montrent qu’il est possible de créer des opportunités, même dans un contexte difficile.

« Avant, on pensait qu’il fallait forcément être fonctionnaire pour réussir », confie Moussa Diarra. « Aujourd’hui, on comprend qu’on peut bâtir quelque chose par soi-même. »

Dans les rues animées de Bamako et au-delà, ces jeunes inventent leur avenir avec courage et détermination, transformant défis et obstacles en véritables tremplins pour l’avenir.

Contexte de l’emploi au Mali

Les stratégies et programmes mis en œuvre pour promouvoir l’emploi au Mali ont permis d’améliorer certains indicateurs. Selon les résultats d’une enquête de l’institut national de la statistique, la population en âge de travailler (15 à 64 ans) était estimée à 8 867 187 individus, soit 46,9 % de la population totale.

Malgré ces efforts, les inégalités persistent, notamment entre hommes et femmes et entre milieu urbain et rural. Les défis restent importants en raison de l’arrivée constante de jeunes sur le marché du travail, du niveau d’instruction, de l’inadéquation entre la formation et les opportunités d’emploi, de la prédominance du secteur informel et du faible accès au crédit.

L’emploi informel reste majoritaire, avec 98,9 % dans le milieu rural et 93,8 % en milieu urbain. Le groupe d’âge le plus représenté dans ce secteur est celui des 15-24 ans (99,5 %), contre 96,7 % pour les 35-54 ans et les 55-64 ans. Les personnes sans aucun niveau d’éducation représentent 99,6 %, contre 70,1 % pour celles ayant un niveau supérieur. Le chômage touche particulièrement les jeunes et est plus marqué en milieu urbain.

Ces chiffres montrent que malgré les réussites individuelles, le défi du chômage reste réel et structurel, ce qui explique en partie pourquoi tant de jeunes se tournent vers l’entrepreneuriat et la créativité pour se construire un avenir.

Cheickna Coulibaly

15 novembre 2025 0 comments
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