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Général Chico
ActuTaabolow ani Tabiaw

Sénégal : l’influenceur malien « Général Chico » condamné pour incitation à la haine religieuse

by Sahel Tribune 7 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Condamné à un an de prison ferme par le tribunal de Dakar, l’influenceur malien Cheikhna Nimaga, alias Général Chico, devient le symbole des dérives d’une parole numérique sans filtre. Ses vidéos polémiques, mêlant insultes et provocations religieuses, ont déclenché une vague d’indignation et ravivé le débat sur les limites de la liberté d’expression en Afrique de l’Ouest. Entre justice nationale, pressions sociales et responsabilité numérique, l’affaire Chico marque un tournant dans la régulation des discours en ligne sur le continent.

Cheikhna Nimaga, plus connu sous le pseudonyme de « Général Chico » ou « Chico 223 », n’a que 25 ans, mais son nom est désormais associé à l’une des affaires judiciaires les plus commentées entre le Mali et le Sénégal. Ce jeune influenceur malien, installé à Dakar, a été condamné le 7 janvier 2026 à un an de prison ferme pour « injures publiques par le biais d’un système informatique » et « incitation à la discrimination religieuse ».

Son parcours illustre la dérive d’une célébrité numérique devenue symbole des excès des réseaux sociaux en Afrique de l’Ouest. L’affaire met en lumière la difficile conciliation entre liberté d’expression, responsabilité en ligne et respect des sensibilités religieuses.

La chute d’un influenceur

L’affaire trouve son origine dans un conflit personnel entre Chico et le chanteur malien Sidiki Diabaté. Admirateur devenu détracteur, l’influenceur avait multiplié sur TikTok des directs dans lesquels il accusait la star de comportements immoraux. Ces vidéos, suivies par des milliers d’internautes, ont conduit le musicien à porter plainte pour diffamation, injures publiques et chantage.

Mais le différend a rapidement pris une tournure plus grave. Le Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM) et plusieurs organisations religieuses se sont constitués parties civiles contre l’influenceur, l’accusant d’avoir tenu des propos blasphématoires et outrageants envers l’islam.

Arrêté à Dakar le 4 décembre 2025, Chico a été jugé par le tribunal hors classe de la capitale sénégalaise. Les juges l’ont reconnu coupable d’avoir diffusé, à plusieurs reprises, des propos jugés contraires aux bonnes mœurs et à la tolérance religieuse.

Le verdict, assorti d’une amende de 500 000 francs CFA, a été salué comme un « rappel à l’ordre ». Cette décision judiciaire vise à préserver la paix sociale dans un contexte régional marqué par la montée des discours haineux et des tensions confessionnelles en ligne.

Une justice transfrontalière à l’ère du numérique

Le procès de Chico, bien que mené au Sénégal, a mobilisé la diaspora malienne et relancé le débat sur les responsabilités des influenceurs dans l’espace numérique ouest-africain. Les faits étant survenus sur les réseaux sociaux, leur dimension transfrontalière a obligé la justice sénégalaise à intervenir, rappelant la nécessité d’une coopération judiciaire renforcée entre pays de la région.

Les juges ont aussi voulu rappeler que les propos tenus en ligne, même sous couvert d’humour ou de provocation, restent soumis aux lois nationales. Dans son jugement, le tribunal a souligné que la liberté d’expression « ne saurait s’exercer au détriment du respect dû aux croyances et à la dignité d’autrui ».

Une leçon pour les réseaux sociaux africains

Au-delà du cas Chico, cette affaire ouvre un débat de fond sur la régulation du discours numérique dans un espace médiatique en pleine mutation. Les plateformes sociales sont devenues des arènes politiques, religieuses et sociales où les frontières entre satire, critique et incitation sont souvent floues.

Pour de nombreux observateurs, cette condamnation marque un tournant dans la gouvernance numérique africaine. Les États cherchent désormais à établir un équilibre entre la liberté d’expression et la préservation de la cohésion sociale.

Chico, lui, paie le prix fort d’une parole devenue incontrôlable. Son cas restera sans doute un précédent pour les influenceurs du continent, invités à mesurer, désormais, le poids de chaque mot prononcé à l’écran.

A.D

7 janvier 2026 0 comments
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Doumbia Mariam Tangara
A la UneClimat et environnement

Mali : Bamako renforce la décentralisation environnementale

by Sahel Tribune 7 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le gouvernement malien adopte deux décrets transférant aux collectivités territoriales la gestion de l’assainissement, des forêts et de la faune.

Réuni en session ordinaire le 7 janvier 2026 sous la présidence du général d’armée Assimi Goïta, le Conseil des ministres a franchi une nouvelle étape dans la mise en œuvre de la décentralisation au Mali. Deux décrets majeurs ont été adoptés sur proposition du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Doumbia Mariam Tangara.

Le premier fixe le détail des compétences transférées de l’État aux collectivités territoriales en matière d’assainissement et de lutte contre les pollutions et nuisances. Le second concerne la gestion des ressources forestières et fauniques. Ces textes s’inscrivent dans la continuité de la réforme territoriale initiée depuis 2023 et visent à rendre plus efficace la gouvernance locale de l’environnement.

Une réforme structurelle de la gouvernance territoriale

L’adoption de ces deux décrets découle directement de la loi n°2023-002 du 13 mars 2023, qui a modifié la loi fondamentale sur l’organisation administrative du territoire de 2012. Cette réforme a supprimé le niveau de collectivité territoriale appelé « cercle », redistribuant ainsi les compétences entre les communes, les régions et le district de Bamako.

Avec cette nouvelle architecture, l’État entend rapprocher les politiques publiques environnementales des citoyens, tout en clarifiant les responsabilités des différents niveaux de gouvernance locale. Les services centraux et déconcentrés du ministère de l’Environnement seront désormais chargés d’un rôle d’appui-conseil auprès des collectivités territoriales, afin de garantir la cohérence nationale de l’action environnementale.

Assainissement, forêts, faune : des compétences transférées mais encadrées

Les décrets adoptés précisent la nature des missions désormais confiées aux communes et aux régions. Elles incluent la gestion des déchets, la lutte contre les pollutions, la protection des ressources naturelles, la reforestation et la préservation de la faune. Ces domaines, jusque-là largement centralisés, deviennent des leviers essentiels de développement local et de gouvernance environnementale participative.

L’enjeu est double : renforcer la responsabilisation des collectivités tout en assurant une meilleure efficacité dans la gestion durable des ressources naturelles. Dans un contexte de changement climatique et de pressions croissantes sur les écosystèmes, cette approche vise aussi à prévenir les conflits liés à l’exploitation des ressources.

Une décentralisation au cœur de la refondation nationale

Ces décisions s’inscrivent dans la philosophie politique du président de la Transition, le général Assimi Goïta, qui prône une gouvernance plus ancrée dans les réalités locales. La décentralisation est considérée par Bamako comme un pilier de la refondation nationale, au même titre que la souveraineté politique et la réforme institutionnelle.

En donnant plus d’autonomie aux collectivités pour gérer leur environnement, l’exécutif malien mise sur la proximité, la redevabilité et la participation citoyenne pour faire face aux défis écologiques et sociaux. Cette évolution confirme la volonté des autorités de doter les territoires d’un rôle accru dans la construction du Mali Kura, le « Mali nouveau » voulu par la Transition.

Avec l’adoption de ces deux décrets, le Mali entre dans une nouvelle phase de sa décentralisation. Le transfert des compétences environnementales et forestières aux collectivités territoriales incarne la volonté politique de rapprocher l’État des citoyens et d’ancrer la gouvernance du développement durable dans les réalités locales.

A.D

7 janvier 2026 0 comments
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Claude Pivi
A la UnePolitique

Guinée : le parquet annonce le décès de Claude Pivi dit « Coplan »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 7 janvier 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Claude Pivi, plus connu sous le surnom de « Coplan », officier militaire guinéen et ancien ministre chargé de la sécurité présidentielle sous le règne du capitaine Moussa Dadis Camara, est décédé ce mardi à l’âge de 66 ans. Le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry a annoncé sa mort, survenue après deux jours de soins intensifs à l’hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré, où il avait été admis en urgence après une hypoglycémie sévère.

Né en 1960 à N’Zérékoré, Claude Pivi avait connu une ascension fulgurante au sein de l’armée guinéenne. Ancien karatéka, il avait intégré les rangs militaires en 1985 avant de se faire remarquer lors de la mutinerie de mai 2008. Après le coup d’État du 23 décembre 2008, il fut nommé ministre dans le gouvernement de Kabiné Komara et devint capitaine en avril 2009. Figure influente du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), il s’imposa rapidement comme un acteur central.

Une carrière militaire marquée par la politique

Membre du CNDD, Claude Pivi fut rapidement associé aux violences politiques qui endeuillèrent la Guinée, notamment le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry. Cet épisode tragique, au cours duquel des centaines de manifestants furent tués ou blessés, marqua durablement l’histoire du pays. La responsabilité de commandement de Pivi dans ces événements fut mise en avant par la justice, qui le poursuivit pour crimes contre l’humanité, une accusation lourde qui allait sceller son destin judiciaire.

Le 31 juillet 2024, après un long processus judiciaire, Claude Pivi fut reconnu coupable de crimes contre l’humanité et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 25 ans. Cette décision marqua l’aboutissement d’un procès historique en Guinée, visant à rendre justice aux victimes du massacre du stade. La condamnation de Pivi fut perçue comme un signal fort contre l’impunité, même si son parcours judiciaire fut marqué par des rebondissements spectaculaires.

Condamnation et évasion spectaculaire

En novembre 2023, avant même la conclusion de son procès, Claude Pivi avait réussi une spectaculaire évasion de la maison centrale de Conakry. Cet épisode fit grand bruit dans le pays, révélant les failles du système carcéral guinéen. Sa fuite alimenta les spéculations et renforça son image controversée. Pendant plusieurs mois, il demeura introuvable, jusqu’à ce que les autorités parviennent à le localiser au Liberia, où il fut arrêté en septembre 2024 avant d’être extradé vers la Guinée.

Son retour forcé à Conakry permit la reprise du processus judiciaire, qui se conclut par sa condamnation définitive. L’ancien ministre, autrefois figure redoutée du régime de Dadis Camara, se retrouva ainsi derrière les barreaux, marqué par une trajectoire oscillant entre ascension militaire et chute judiciaire. Son parcours illustre les turbulences politiques de la Guinée contemporaine, où les figures militaires ont souvent joué un rôle central dans les crises et les transitions du pouvoir.

Un décès entouré de questions médicales

Selon le communiqué du Parquet, Claude Pivi souffrait de plusieurs pathologies chroniques, dont le diabète et l’hypertension. La non-observance de son traitement aurait entraîné une hypoglycémie sévère le 4 janvier, nécessitant son évacuation en urgence vers l’hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré. Malgré deux jours de soins intensifs, son état ne s’est pas amélioré, et son décès a été constaté le 6 janvier, plongeant ses proches et l’opinion publique dans une nouvelle onde de choc.

Le Parquet a annoncé qu’une autopsie médico-légale avait été ordonnée afin de déterminer les circonstances exactes de sa mort. Cette décision vise à clarifier les causes du décès d’un homme dont la vie fut marquée par la controverse et les procès. La disparition de Claude Pivi, dit « Coplan », clôt ainsi un chapitre tumultueux de l’histoire politique et militaire guinéenne, où se mêlent ascension fulgurante, violences tragiques, condamnation judiciaire et fin brutale dans un contexte médical complexe.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

7 janvier 2026 0 comments
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Alliance des Bérabich
ActuSécurité

Alliance des Berabich du Mali : Engagement renouvelé pour la paix et la réconciliation

by Ibrahim Kalifa Djitteye 6 janvier 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La cité des 333 saints, Tombouctou, a accueilli le 1er janvier 2026 la Rencontre Statutaire annuelle de l’Alliance des Berabich du Mali (ABM). Plus de mille participants, venus des différentes localités du pays et de la diaspora, se sont rassemblés autour de la Flamme de la Paix. Autorités religieuses, chefs traditionnels, leaders communautaires et représentants coutumiers ont répondu présents, témoignant d’une mobilisation historique pour la cohésion nationale et la réconciliation.  

Le président Sidi Mohamed a précisé dans la déclaration : « Forts de notre passé commun, bâti sur une culture de paix, de tolérance, de pardon et de cohabitation pacifique, nous réaffirmons notre volonté de préserver l’harmonie et le vivre-ensemble. Nous sommes convaincus que seule l’union sacrée autour des objectifs prioritaires de réconciliation peut conduire à une cohésion nationale durable, conformément à la politique de refondation nationale édictée par les plus Hautes Autorités ».  

Une mobilisation historique pour la cohésion nationale

Les débats se sont déroulés dans un climat de fraternité et de responsabilité, témoignant de la maturité collective des communautés Berabich. Le Président a rappelé « l’esprit d’unité et de rassemblement qui a prévalu tout au long des travaux, traduisant une volonté commune inébranlable de renforcer la cohésion sociale, la paix durable et le vivre-ensemble au sein de l’ensemble des communautés ».  

La rencontre a également mis en avant les liens fraternels et séculaires qui unissent les communautés. Ould Ahmed Salem a souligné « Nos rapports sociaux, nos liens de sang et nos traditions partagées sont les fondements essentiels de notre société. Ils constituent le socle sur lequel nous devons bâtir une réconciliation nationale solide, respectueuse des valeurs républicaines et des aspirations profondes des populations ».  

Le projet « MALIDENKO » et l’approche DCC

Un accent particulier a été mis sur la mise en œuvre du projet MALIDENKO à travers l’approche DCC. Sid Mohamed Ould Ahmed Salem a insisté « Le projet MALIDENKO, à travers l’approche DCC, est une ultime occasion d’opérationnaliser adéquatement la région de Taoudéni, en rapprochant l’action publique des réalités locales et en incitant un sens élevé de responsabilité selon le principe : par les populations, pour les populations ».  

Les participants ont salué cette démarche comme une avancée majeure pour l’opérationnalisation de Taoudéni. Sidi Mohamed a mis en avant « Cette approche innovante, dynamique et inclusive, constitue une véritable opportunité de développement pour les communautés à la base. Elle incarne une vision où les populations deviennent actrices de leur propre avenir, renforçant ainsi la citoyenneté agissante et la cohésion sociale ».  

Les acquis de l’Alliance des Berabich du Mali

Le Bureau de l’ABM a été félicité pour ses progrès tangibles en matière de rassemblement communautaire et de consolidation de la paix. Le Président a déclaré « Nous saluons les efforts du Bureau de l’Alliance qui, par ses actions concrètes, a su promouvoir la paix, la cohésion sociale et offrir des perspectives économiques aux jeunes et aux femmes, contribuant ainsi à un développement durable et inclusif ».  

La vision portée par l’ABM repose sur l’équité, l’inclusion et la justice sociale. Ould Ahmed Salem a rappelé « une vision claire, objective et porteuse d’espoir, fondée sur le respect des droits et devoirs de chaque citoyenne et de chaque citoyen. Cette vision insiste sur la nécessité de renforcer la citoyenneté agissante, condition essentielle pour instaurer une paix durable et un développement harmonieux ».  

Reconnaissance et inspiration collective

Un moment fort de la rencontre a été la reconnaissance exprimée envers les acteurs engagés pour la paix et la cohésion nationale. Sidi Mohamed Ould Ahmed Salem a souligné « l’homme de Paix, l’homme d’État, l’infatigable, l’inoxydable, l’incomparable ». Il a précisé que cet engagement exemplaire demeure une source d’inspiration et de rassemblement pour la Nation toute entière. Cette reconnaissance traduit la volonté des communautés Berabich de mettre en avant les valeurs de stabilité et de réconciliation.  

Les participants ont réaffirmé leur soutien total et indéfectible à cette vision. Le Président a insisté « sur l’importance de poursuivre cette dynamique, symbole de la volonté commune de bâtir un Mali réconcilié et prospère ». L’Alliance entend poursuivre son engagement aux côtés des autorités et des partenaires pour consolider ces acquis et bâtir un avenir serein.  

Engagements pour l’avenir

La rencontre a pris l’engagement de faire de l’ABM « un cadre permanent de dialogue, de concertation et d’actions concrètes au service de la paix et de la réconciliation nationale. Nous exhortons l’ensemble des filles et fils des communautés Berabich, où qu’ils se trouvent, à privilégier le dialogue, la tolérance et la solidarité comme fondements du vivre-ensemble », a rappelé Sidi Mohamed dans la déclaration.  

Ainsi, Ould Ahmed Salem a réaffirmé « notre engagement indéfectible à œuvrer, aux côtés des autorités, des partenaires et des communautés sœurs, pour la paix, la stabilité, la réconciliation nationale et le développement durable, dans le respect des valeurs républicaines et des aspirations profondes des populations ». 

Ibrahim Kalifa Djitteye  

6 janvier 2026 0 comments
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Guerre mondiale
A la UneAnalyses

Le monde au bord du gouffre : vers une troisième guerre mondiale inévitable ?

by Chiencoro 6 janvier 2026
written by Chiencoro 8 minutes read

Face à la recrudescence des tensions entre grandes puissances (de Kiev à Caracas, de Gaza à Taïwan), le monde glisse inexorablement vers un nouveau point de rupture. A l’instar de 1914 ou de 1939, les rivalités économiques, idéologiques et militaires s’entremêlent, dans une indifférence diplomatique assourdissant. La Troisième Guerre mondiale n’est plus une hypothèse lointaine, mais une perspective que l’effritement de l’ONU rend chaque jour plus plausible. À l’image de la Société des Nations avant 1939, l’Organisation des Nations unies semble atteindre la fin de son cycle historique. Seule une refondation du multilatéralisme, tant prôné, pourrait encore éviter à l’humanité de sombrer à nouveau dans le chaos.

Quelques jours après coup de force américain contre le président vénézuélien Nicolás Maduro, Kim Jong-un a saisi l’occasion pour justifier la stratégie nucléaire de Pyongyang. « La récente crise géopolitique et les événements internationaux complexes montrent pourquoi cela est nécessaire », a-t-il déclaré, selon l’agence KCNA, en allusion directe à cette opération.

Une planète divisée en blocs antagonistes

Le dirigeant nord-coréen a affirmé que d’importants progrès avaient été réalisés pour préparer les forces nucléaires de son pays « à une guerre réelle », insistant sur la nécessité de renforcer la dissuasion face à ce qu’il qualifie d’« impérialisme sans limite ». Une manière à peine voilée de rappeler que dans un monde où les puissants renversent les chefs d’État qui leur résistent, seuls les États dotés d’une capacité nucléaire peuvent garantir leur survie.

L’humanité marche à nouveau sur un fil. En observant la multiplication des foyers de tension (de l’Ukraine au Proche-Orient, du Venezuela au Sahel, de la mer de Chine à la mer Rouge), il devient difficile d’écarter l’hypothèse d’un basculement global. Le monde entre, lentement mais sûrement, dans une phase que les historiens du futur pourraient nommer l’avant-guerre mondiale.

Comme en 1914, la planète est aujourd’hui divisée en blocs antagonistes. D’un côté, les puissances occidentales, sous leadership américain, déterminées à préserver un ordre international qu’elles ont façonné. De l’autre, un axe hétérogène de nations émergentes (Russie, Chine, Iran, Corée du Nord, mais aussi des États du Sud désormais rétifs à la domination unipolaire), qui contestent ouvertement cette hégémonie. Les affrontements sont encore périphériques, indirects, mais ils se multiplient. Chacun croit pouvoir contenir la tension, mais chacun se trompe.

Les causes lointaines d’un désastre annoncé

Les grandes guerres ne surgissent jamais d’un coup. Elles s’enracinent dans des déséquilibres accumulés, des humiliations, des méfiances et des malentendus qui finissent par exploser. Avant 1914, il y eut les rivalités coloniales et la course aux armements. Avant 1939, il y eut la crise économique, les sanctions, les traités inéquitables. Aujourd’hui, ce sont la fragmentation du multilatéralisme, la prolifération des conflits hybrides et la guerre de l’information qui nourrissent le même engrenage fatal.

Les sanctions économiques imposées à la Russie, l’escalade militaire au Proche-Orient, les opérations américaines en Amérique latine et les tensions sino-américaines en mer de Chine ne sont que les manifestations visibles d’un désordre plus profond : la fin d’un monde. L’ordre né de 1945, construit sur la dissuasion et les institutions internationales, s’effrite. L’ONU, à l’image de la Société des Nations avant elle, semble désormais impuissante à prévenir les crises et à réguler les ambitions.

L’ONU, un géant fatigué

Tout comme la Société des Nations dans les années 1930, l’Organisation des Nations unies a atteint la fin de son cycle historique. Prisonnière du droit de veto, paralysée par les intérêts de ses membres permanents, incapable de parler d’une seule voix sur Gaza, Kiev ou Caracas, ou encore des situations politiques en Afrique où les plaintes se multiplient sur la composition même de l’organisation qui ne compte pas de membres permanents parmi les Africains, l’ONU est aujourd’hui réduite à un rôle symbolique. Les grandes puissances s’affranchissent des résolutions, les interventions unilatérales se multiplient, et les peuples du Sud constatent que la promesse d’un monde régi par le droit s’efface devant le retour de la force.

En effet, la politisation des droits de l’homme est une réalité que nul ne saurait refuser aujourd’hui. Les droits semblent écrits par les plus forts pour mieux entretenir leur domination sur les plus faibles, les seuls censés violés la « volonté générale ». Le retour de « l’état de nature » hobbésien est un aspect craintif puisque annonciateur de la chute de l’humanité dans son état primitif, qui est une stade de non droit, où seule la loi du plus fort règne en souverain absolu. Dans un tel état, les questions de propreté privée deviennent une chimère. Car les uns s’en prennent aux autres dans le but d’extorquer leur richesse. Dans cet de « guerre de tous contre tous », il faut craindre un choc planétaire tragique, aux conséquences dévastatrices et inoubliables comme les deux bombes largués sur Hiroshima et Nagasaki. 

L’ONU doit donc renaître ou disparaître. Renaître, c’est accepter de se réformer en profondeur, de reconnaître le poids démographique, économique et politique des nations africaines et asiatiques, et d’imposer une gouvernance mondiale réellement équitable. Lors du 2ème sommet Russie-Afrique à Saint-pétersburg en 2023, le président malien de la transition avait pourtant formulé la demande dans son intervention : « Le Mali reste attaché à la coopération internationale, au multilatéralisme et à un ordre international fondé sur des règles justes et équitables. » Le Mali allait plus loin en demandant une réforme de l’ONU: « La multiplication des crises et des conflits en dépit de limplication de la communauté internationale plaide en faveur dune nouvelle architecture de la sécurité internationale qui passera forcement par une réforme du Conseil de Sécurité de lONU. » Sans cela, le système international continuera de glisser vers la loi du plus fort, et la guerre mondiale ne sera plus une hypothèse, mais une échéance.

L’Afrique face à la recomposition du monde

Dans ce contexte d’instabilité globale, le continent africain, notamment les États de la Confédération du Sahel (AES), ne peut rester simple spectateur. La militarisation des rivalités internationales sur son sol, la guerre informationnelle et les batailles d’influence économique rappellent que l’Afrique est redevenue un champ de compétition mondiale. Chose que rappelle la période des colonisations où les grandes puissances avaient « partagé le monde » entre elle. Un ordre qui semble aujourd’hui révolu en raison de la révolte des dominés. 

Hegel, dans sa dialectique du maître et de l’esclave, expliquait pourtant ce phénomène. La domination, une fois qu’elle atteint un certain stade, l’on assiste à un renversement au cours duquel le dominé devient le dominant. « Le Maître force l’Esclave à travailler. Et en travaillant, l’Esclave devient maître de la Nature. Or, il n’est devenu l’Esclave du Maître que parce que – au prime abord – il était esclave de la Nature, en se solidarisant avec elle et en se subordonnant à ses lois par l’acceptation de l’instinct de conservation. En devenant par le travail maître de la Nature, l’Esclave se libère donc de sa propre nature, de son propre instinct qui le liait à la Nature et qui faisait de lui l’Esclave du Maître. En libérant l’Esclave de la Nature, le travail le libère donc aussi de lui-même, de sa nature d’Esclave : il le libère du Maître. », écrit Hegel dans la phénoménologie de l’Esprit. 

Cette dialectique du Maître et de l’Esclave pourrait survenir dans le nouveau basculement du monde. Le vaincu pourrait ainsi devenir le vainqueur. L’Afrique peut donc être un laboratoire de paix. En prônant une diplomatie de non-alignement, en affirmant la souveraineté culturelle et économique, les États africains peuvent offrir une voie alternative à la bipolarisation. Une voie fondée sur la coopération entre peuples et non sur la domination entre blocs.

Une humanité à la croisée des chemins

Le monde de 2026 ressemble étrangement à celui de 1938 : les puissances s’arment, les alliances se durcissent, la peur s’installe. L’histoire bégaie, mais elle ne se répète jamais à l’identique. L’humanité a encore le choix entre la raison et le chaos.

Pour l’heure, le compte à rebours semble enclenché. Si l’ONU ne se réinvente pas, si les grandes puissances persistent dans leur surdité, et si les nations du Sud ne s’unissent pas pour refonder un ordre juste, alors la Troisième Guerre mondiale ne sera plus une crainte académique. Elle deviendra une tragédie inévitable.

« La seule chose que nous apprenons de l’histoire, disait Hegel, c’est que nous n’apprenons rien de l’histoire». Ces propos du philosophe allemand soulignent avec acuité que malgré les leçons tirées des événements passés, les nations et les individus tendent à répéter les mêmes erreurs, car l’expérience historique ne se traduit pas toujours en sagesse pratique pour le présent et l’avenir. Mais peut-être est-il encore temps de lui donner tort.

Selon les philosophes Adorno et Horkheimer, les grands théoriciens de la rationalité, la rationalité moderne, lorsqu’elle se sépare de l’éthique, engendre la barbarie sous des formes toujours plus perfectionnées. La Troisième Guerre mondiale, si elle éclate, ne sera pas le triomphe de la folie, mais celui d’une raison sans conscience. Le progrès technique et politique, s’il n’est pas guidé par la morale et la conscience, ramène l’humanité à la barbarie — non plus primitive, mais rationalisée. Ce qui a fait dire à Rabelais que « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. »

Le monde, pris entre impérialismes concurrents et effondrement du multilatéralisme, court vers cette Troisième Guerre mondiale civilisée en apparence, mais barbare dans son essence. « L’humanité, au lieu de s’élever à un état véritablement humain, s’enfonce dans une nouvelle forme de barbarie. », déplorait déjà Theodor W. Adorno & Max Horkheimer. 

Chiencoro Diarra 

6 janvier 2026 0 comments
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M. Sékou dit Gaoussou Cissé, ambassadeur du Mali à Genève
A la UnePolitique

Assimi Goïta prône une diplomatie de vérité face à la désinformation internationale

by Chiencoro 5 janvier 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Face à la multiplication des narratifs hostiles et à la désinformation sur la scène internationale, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a appelé à une « diplomatie de vérité ». En recevant le nouvel ambassadeur du Mali à Genève, Sékou dit Gaoussou Cissé, le 5 janvier 2026 au palais de Koulouba, le chef de l’État a fixé les grandes orientations d’une diplomatie offensive, axée sur la défense de la souveraineté nationale, la lutte contre la manipulation médiatique et la valorisation des réformes engagées au Mali.

Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a reçu en audience, ce lundi 5 janvier 2026, au palais de Koulouba, le nouvel ambassadeur du Mali à Genève, M. Sékou dit Gaoussou Cissé. Cette rencontre, à la fois protocolaire et stratégique, s’inscrit dans la continuité du repositionnement diplomatique du Mali sur la scène internationale, fondé sur la souveraineté, le réalisme et la défense des intérêts nationaux.

Une mission au cœur de la nouvelle diplomatie malienne

Ancien directeur de la coopération Europe au ministère des Affaires étrangères, Sékou dit Gaoussou Cissé est un diplomate chevronné appelé à défendre, depuis Genève, les positions du Mali au sein des grandes institutions internationales. Le président Goïta lui a donné des orientations claires : faire entendre la voix du Mali dans les forums multilatéraux, promouvoir les réformes engagées dans le pays et plaider pour une diplomatie de vérité.

« Le président invite tous les ambassadeurs, quel que soit leur poste, à informer sur ce que le Mali a choisi de faire et pourquoi il le fait », a déclaré le nouvel ambassadeur à sa sortie d’audience. Il a rappelé que la diplomatie malienne repose désormais sur trois principes devenus constitutionnels : la souveraineté nationale, le choix des partenaires et la défense des intérêts du peuple malien.

Souveraineté, réconciliation et culture comme leviers d’influence

Selon M. Cissé, le président de la Transition a insisté sur la nécessité de défendre la souveraineté du Mali dans tous les domaines : sécurité, économie et réconciliation nationale. Il a souligné que la politique étrangère du pays doit s’articuler autour de la réappropriation des processus de paix et du dialogue inter-malien, pilier de la refondation nationale. 

Assimi Goïta a par ailleurs mit l’accent sur la nécessité de contrer la politisation des droits de l’homme dans les instances internationales, tout en réaffirmant la place de la Confédération des États du Sahel (AES), créée le 6 juillet 2024 à Niamey au Niger,  dans la diplomatie régionale. Il a exhorté les ambassadeurs à « construire et défendre la dynamique AES », alliance regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, et perçue comme une alternative africaine d’intégration fondée sur les intérêts des peuples.

La bataille de l’information, un front diplomatique essentiel

Pour M. Cissé, la diplomatie malienne doit désormais mener une véritable guerre informationnelle face à la désinformation relayée dans certains médias internationaux. « Beaucoup de choses que l’on apprend sur le Mali à travers la presse internationale ne sont pas réelles », a-t-il déclaré. Son premier défi, dit-il, sera de « porter la bonne information » auprès des partenaires bilatéraux et multilatéraux à Genève, en expliquant les choix souverains du Mali, leur fondement et leurs objectifs.

L’ambassadeur a tenu à préciser que ces choix « ne sont pas contre quelqu’un, mais pour nous-mêmes », insistant sur la nécessité de faire comprendre que la voie empruntée par le Mali vise avant tout le bien-être du peuple malien.

Avec cette nomination, Bamako entend renforcer sa présence dans les organisations internationales basées à Genève, notamment le Conseil des droits de l’homme et les agences onusiennes. L’entretien entre le président Goïta et le nouvel ambassadeur illustre la volonté des autorités de la Transition de construire une diplomatie de conviction, tournée vers la défense des intérêts nationaux et la promotion d’un nouvel ordre international plus équitable.

Chiencoro Diarra 

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sidoros Karderinis, journaliste, poète et littéraire, s'exprime sur les BRICS
ActuAnalyses

L’enlèvement sans précédent de Maduro

by Sahel Tribune 5 janvier 2026
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Dans une tribune percutante, Isidoros Karderinis — journaliste, correspondant de presse accrédité par le ministère grec des Affaires étrangères, romancier et poète — dénonce l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines comme un acte impérialiste sans précédent. Selon lui, cette opération, loin d’être un simple épisode géopolitique, constitue un avertissement adressé à tous les dirigeants insoumis du Sud et un symptôme du retour brutal des logiques de domination mondiale.

L’enlèvement sans précédent dans les annales du monde, de la manière dont cela s’est produit, du président vénézuélien Nicolas Maduro constitue non seulement une intervention militaire dans un pays souverain et indépendant en violation des principes du droit international, mais aussi un avertissement clair à la planète entière. Un avertissement à tout dirigeant insubordonné de chaque pays.

Une opération inédite et un message d’intimidation mondiale

Le 3 janvier 2026 déjà, lors d’une conférence de presse concernant l’opération militaire et l’arrestation de Maduro, le président américain Donald Trump a proféré des menaces contre le président colombien Gustavo Petro, déclarant : « Il ferait bien d’être prudent ».

Dans le même temps, le président américain a laissé entendre que Cuba pourrait être un sujet de discussion dans le cadre de la politique américaine plus large dans la région, soulignant ainsi la capacité de Washington à étendre son champ d’action au-delà du Venezuela.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a même déclaré que le gouvernement cubain devrait s’inquiéter après l’arrestation de Maduro. Il a notamment affirmé : « Si je vivais à La Havane et que j’étais membre du gouvernement, je serais au moins inquiet », ajoutant que « Cuba est un désastre » et que le pays est « dirigé par des hommes incompétents et dépravés ».

Une longue tradition d’ingérences américaines

L’histoire des États-Unis est par ailleurs marquée par de nombreuses interventions impérialistes, tant territoriales qu’interventionnistes, dans d’autres pays. Plus précisément, on dénombre environ 400 interventions depuis 1776, date à laquelle le Second Congrès continental adopta la Déclaration d’indépendance le 4 juillet, proclamant l’indépendance des treize colonies américaines vis-à-vis de l’Empire britannique, un événement qui marqua la fondation officielle des États-Unis d’Amérique.

Qui pourrait oublier que, du 15 au 19 avril 1961, 1 400 combattants anticastristes, entraînés et financés par la CIA, tentèrent de débarquer à la baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane, sans parvenir à renverser le régime communiste cubain. Ces combats firent une centaine de morts de chaque côté.

« Avec la victoire de Salvador Allende aux élections du 4 septembre 1970 au Chili et la présence déjà de Fidel Castro à Cuba, nous allons nous retrouver avec un sandwich rouge en Amérique latine qui deviendra inévitablement entièrement rouge », craignait Richard Nixon, et sa crainte fut bientôt confirmée par les résultats des élections.

Face à cette réalité déplaisante pour les États-Unis, une solution s’imposait. Elle fut trouvée le matin du 11 septembre 1973, lorsqu’un coup d’État militaire fut perpétré sous la direction du général Augusto Pinochet, avec le soutien des États-Unis, mais aussi du Brésil, dont le régime militaire était parfaitement ami et coopératif avec les États-Unis. Les putschistes, après avoir encerclé et bombardé le palais présidentiel, prirent d’assaut ce dernier. Salvador Allende et ses proches collaborateurs furent tués après une résistance acharnée.

Du Panama au Venezuela : la continuité d’une politique de force

Les États-Unis ont également envahi le Panama à la mi-décembre 1989, sous la présidence de George Bush, l’Ancien. L’objectif de cette invasion militaire était de destituer le dirigeant de facto du Panama, le général Manuel Noriega, accusé par les autorités américaines d’extorsion et de trafic de drogue.

Ainsi, si l’on cherche un parallèle historique où les États-Unis ont arrêté le dirigeant de facto d’un pays et l’ont extradé vers les États-Unis pour y être jugé, l’affaire Noriega est la plus caractéristique. Et cela s’est produit après une véritable invasion militaire, c’est-à-dire dans le contexte d’une intervention armée coordonnée, et certainement pas dans un contexte de paix « normale ».

Noriega parvint à s’échapper et se réfugia à l’ambassade du Vatican à Panama, la capitale du pays, où il resta onze jours. Il y subit une intense guerre psychologique pour le contraindre à se rendre. L’armée américaine installa un mur de son assourdissant devant l’ambassade. Une flotte de Humvees équipés de haut-parleurs diffusait en permanence du hard rock et, parfois, du heavy metal. On y passait notamment le titre « Panama » du groupe Van Halen.

Le Saint-Siège s’en est plaint à juste titre auprès du président Bush, et la guerre musicale prit fin après trois jours. Le 3 janvier 1990, le général accepta de se rendre.

Les véritables motivations : le pétrole et les ressources naturelles

Mais quelles sont les raisons profondes de l’invasion militaire américaine du Venezuela et de la volonté de renverser le régime insubordonné en place?

Le Venezuela possède donc les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde, estimées à environ 303,8 milliards de barils en 2021. À titre de comparaison, les principaux pays producteurs de pétrole disposent de réserves plus modestes. L’Arabie saoudite, par exemple, en possède environ 267 milliards de barils et le Koweït 101,5 milliards.

Dans le même temps, les réserves prouvées de gaz naturel du pays ont dépassé 5,6 billions de mètres cubes en 2021. Il convient de noter, par ailleurs, que dans l’hémisphère occidental, seuls les États-Unis disposaient de réserves plus importantes.

Par ailleurs, les réserves totales de minerai de fer du Venezuela sont estimées à 4,5 milliards de tonnes. Il convient de souligner que le pays se classe deuxième dans la région après le Brésil pour ces réserves. Enfin, le Venezuela possède certaines des plus importantes réserves mondiales de bauxite, un minerai utilisé pour la production d’aluminium. Ses réserves totales de bauxite s’élèvent à 950 millions de tonnes.

Il est donc clair pour tout observateur objectif que les États-Unis convoitent les ressources naturelles du Venezuela, sources de richesse. Des ressources qu’ils ne peuvent obtenir avec le régime actuel, partenaire politique et militaire et allié de Moscou, Pékin et Téhéran, mais aussi principal fournisseur de pétrole de la Chine, dont le contrôle tarit le flux.

Une condamnation universelle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Pour les États-Unis, la solution pour asseoir leur suprématie dans la compétition internationale impitoyable réside dans le renversement du régime vénézuélien actuel et l’installation d’un président et d’un gouvernement parfaitement complaisants et à leur service. Le reste – à savoir la légalité et la nature démocratique d’une telle chose – leur importe peu.

En conclusion, je tiens à souligner que les dirigeants d’un pays ne sont renversés que par leur peuple, c’est-à-dire par des soulèvements populaires et des révolutions, comme cela s’est produit dans divers pays par le passé. Ils ne sont pas renversés par l’intervention militaire d’un autre pays, d’une puissance étrangère. Par conséquent, l’invasion militaire américaine du Venezuela et l’enlèvement de son président, Nicolas Maduro, sont absolument condamnables pour tout citoyen du monde attaché à la démocratie et à la liberté de pensée.

Isidoros Karderinis

NB: Le chapô et les inter-titres sont de notre rédaction.

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