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Les Lions de la Teranga
ActuSport

CAN 2025 : Le Sénégal écarte le Mali (1-0) et file en demi-finale après un derby électrique à Tanger

by Sahel Tribune 9 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dominateur mais longtemps sous pression, le Sénégal a décroché sa qualification pour les demi-finales de la CAN 2025 en s’imposant 1-0 face au Mali à Tanger. Une erreur du gardien Djigui Diarra et l’expulsion d’Yves Bissouma ont scellé le sort d’un quart de finale tendu, où les Aigles ont payé cher leur manque de maîtrise.

Sous les projecteurs du Grand Stade de Tanger, le premier quart de finale de cette CAN 2025 au Maroc a tenu toutes ses promesses en intensité. Entre le Sénégal, champion d’Afrique 2021 et favori désigné du tournoi, et le Mali, éternel outsider en quête d’un premier sacre, l’affiche avait tout d’un choc de prestige.

Au-delà du simple enjeu sportif, cette confrontation entre deux nations voisines résonnait comme un véritable duel régional, empreint de rivalité et de fierté. Le Mali espérait conjurer le sort face à un adversaire qu’il n’a plus battu depuis 2013, tandis que les Lions de la Teranga visaient une place dans le dernier carré pour confirmer leur statut de puissance montante du continent.

Une erreur décisive du gardien malien

Le tournant du match est intervenu à la 27e minute. Sur un centre sans grand danger de Krépin Diatta, le gardien malien Djigui Diarra a commis une faute de main fatale. Le ballon, mal capté, a glissé entre ses bras, permettant à Iliman Ndiaye de conclure à bout portant pour l’ouverture du score (0-1).

Un but opportuniste, contre le cours d’un début de match équilibré, mais qui a profondément changé la physionomie de la rencontre. Le Mali, jusque-là compact et prudent, a dû se découvrir, tandis que le Sénégal s’est contenté de gérer, fort de son avance et de sa maîtrise collective.

L’expulsion d’Yves Bissouma, coup dur pour les Aigles

Alors que le Mali commençait à trouver du rythme, un nouvel épisode est venu compliquer sa tâche : l’expulsion d’Yves Bissouma juste avant la mi-temps. Averti une première fois pour contestation, le milieu de Tottenham a reçu un second carton jaune pour un tacle jugé dangereux dans le temps additionnel.

Réduits à dix, les Aigles ont pourtant abordé la seconde période avec un état d’esprit combatif, poussés par la nécessité. Sinayoko et Diaby ont tenté de renverser la vapeur, mais sans succès.

Un Sénégal efficace, un Mali courageux mais impuissant

Malgré leur infériorité numérique, les Aigles ont continué d’y croire. Leur pressing haut a souvent gêné le Sénégal, parfois trop attentiste. De leur côté, Sadio Mané et Habib Diallo ont eu des occasions de tuer le suspense, mais ni l’un ni l’autre n’a trouvé la faille face à un Djigui Diarra déterminé à se racheter.

Le score n’a finalement plus bougé, scellant la victoire sénégalaise sur le plus petit des écarts, mais suffisante pour décrocher la qualification.

Le Sénégal confirme, le Mali s’interroge

Avec cette victoire (1-0), le Sénégal poursuit son parcours sans faute et atteint les demi-finales de la CAN pour la troisième fois seulement depuis 2006. Les Lions de la Teranga affronteront le vainqueur du choc Égypte – Côte d’Ivoire, dans ce qui s’annonce comme un sommet de football africain.

Le Mali, lui, quitte la compétition avec des regrets immenses. Malgré un collectif solide et des individualités prometteuses, les Aigles paient leur indiscipline, leurs erreurs individuelles et leur manque d’efficacité offensive.

Un enseignement pour les deux voisins

Ce quart de finale aura résumé, en 90 minutes, les contrastes entre deux modèles du football ouest-africain :

– un Sénégal pragmatique, expérimenté et solide, fidèle à l’héritage d’Aliou Cissé ;

– un Mali fougueux, créatif mais encore trop friable dans les moments décisifs.

Dans un contexte où le football dépasse souvent le cadre du terrain, ce derby aura confirmé une chose : entre Dakar et Bamako, la rivalité reste intacte… et passionnément fraternelle.

La rédaction

9 janvier 2026 0 comments
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Mamadou Hawa Gassama
A la UnePolitique

Abidjan : cinq ans de prison requis contre le Malien Mamadou Hawa Gassama pour offense au président Ouattara

by Sahel Tribune 9 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Devant le tribunal d’Abidjan, le procureur de la République a requis, vendredi 9 janvier 2026, cinq ans de prison ferme et 500 000 francs CFA d’amende contre Mamadou Hawa Gassama, membre du Conseil national de Transition (CNT) du Mali. L’homme politique, arrêté en juillet 2025, est poursuivi pour offense au chef de l’État ivoirien et diffusion d’expressions injurieuses par internet.

Le tribunal correctionnel d’Abidjan-Plateau a accueilli, vendredi 9 janvier, une audience particulièrement attendue : celle du procès de Mamadou Hawa Gassama, personnalité politique malienne détenue depuis plus de six mois à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA).

Arrêté le 2 juillet 2025 à l’aéroport d’Abidjan, il est accusé d’avoir, en septembre 2022, tenu des propos jugés offensants envers le président ivoirien Alassane Ouattara, qualifié d’« ennemi du Mali ».

Le parquet ivoirien estime que ces déclarations constituent une violation du respect dû aux institutions et relèvent de l’article 264 du Code pénal sur l’offense au chef de l’État, ainsi que de l’article 367 concernant la diffusion d’expressions injurieuses via un système d’information.

Une défense axée sur la liberté d’expression et la clémence

À l’audience, le procureur de la République a prononcé un réquisitoire particulièrement sévère, demandant au tribunal de condamner Gassama à cinq ans d’emprisonnement ferme et à 500 000 francs CFA d’amende.

Le représentant du ministère public a rappelé la gravité des propos diffusés sur les réseaux sociaux et affirmé que « les dérives verbales n’étaient pas sans conséquence sur la stabilité des relations entre États ».

Cette fermeté s’inscrit dans une politique judiciaire de tolérance zéro face aux infractions en ligne et aux atteintes à la dignité présidentielle. Selon le parquet, les excuses publiques formulées par l’accusé fin 2025 « n’effacent ni l’acte commis, ni son impact diplomatique ».

La défense de Mamadou Hawa Gassama, assurée par Maître Mamadou Ismaïla Konaté, ancien ministre malien de la Justice et avocat aux barreaux de Paris et Bamako, a plaidé l’apaisement et la mesure. 

Son avocat, l’ex-ministre malien de la Justice Mamadou Ismaila Konaté, a plaidé l’indulgence des juges face au « repentir » de son client, qui avait déjà présenté des excuses rapidement après son arrestation. Il s’est dit toutefois « surpris » de la lourdeur de la peinerequise, rappelant le « contexte politique » tendu entre les deux pays. « La décision sera scrutée à Bamako » et « fera du bruit », a mis en garde Me Konaté face aux juges.

Un délibéré attendu le 30 janvier 2026

À l’issue des réquisitions et des plaidoiries, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour le 30 janvier 2026. Le verdict devrait déterminer si la justice ivoirienne suit les réquisitions du parquet ou accorde des circonstances atténuantes à l’accusé.

Cette affaire, au-delà de sa dimension judiciaire, revêt une portée politique et diplomatique. Le dossier Gassama survient dans un contexte de relations tendues entre Bamako et Abidjan, marqué par les divergences régionales au sein de la CEDEAO et de l’Alliance des États du Sahel (AES), créée le 16 septembre 2023, à Bamako.

Le procès de Mamadou Hawa Gassama pose une question de fond : où s’arrête la liberté d’expression politique dans un espace régional où les frontières de la souveraineté sont de plus en plus sensibles ?

Pour les observateurs, la décision à venir du tribunal d’Abidjan servira de test pour l’indépendance de la justice ivoirienne et pour la capacité des deux pays à préserver leurs relations diplomatiques malgré les tensions politiques.

Dans l’attente du jugement du 30 janvier 2026, l’homme politique malien reste détenu à la MACA. Une issue clé pour un dossier où le droit et la diplomatie se mêlent étroitement.

A.D

9 janvier 2026 0 comments
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Tam Sir et la Team Paiya
A la UneSeko ni Donko

Côte d’Ivoire : le succès planétaire de Tam Sir « Coup du Marteau » suspendu par la justice pour litige sur les droits d’auteur

by Sahel Tribune 9 janvier 2026
written by Sahel Tribune 4 minutes read

L’un des plus grands succès musicaux africains récents, Coup du Marteau de Tam Sir, vient d’être frappé d’une interdiction de diffusion en Côte d’Ivoire, le 24 décembre 2025. Un différend judiciaire oppose le beatmaker à ses anciens collaborateurs du collectif Team Paiya, qui l’accusent de s’être attribué seul la paternité du morceau. Une affaire symptomatique des fragilités juridiques du show-business africain.

Rien ne semblait pouvoir freiner l’ascension de Coup du Marteau, hymne viral de la Coupe d’Afrique des Nations 2023 en Côte d’Ivoire. Sorti en décembre 2023, le titre signé Tam Sir, beatmaker de 26 ans d’origine ivoiro-camerounaise et sénégalaise, a battu tous les records : disque de platine en France et triple disque de diamant en Afrique francophone, plus de 158 millions de vues sur YouTube et des millions d’écoutes sur les plateformes de streaming.

Mais derrière le succès planétaire, une bataille juridique se prépare depuis des mois. Les membres du groupe Team Paiya, apparus dans le clip et présents lors de la production du morceau, affirment avoir été exclus des bénéfices et de la reconnaissance officielle.

La paternité du tube contestée

Le cœur du conflit réside dans la déclaration faite auprès du BURIDA, l’organisme ivoirien de gestion des droits d’auteur. Tam Sir s’y serait enregistré comme seul auteur et compositeur de la chanson, captant ainsi la quasi-totalité des revenus générés.

Les membres de Team Paiya, dont Ste Milano, Zagba le Requin et Noukou Loba, soutiennent au contraire avoir contribué à la composition, à l’interprétation et à la promotion du titre. Selon leurs avocats, la répartition des recettes aurait été « disproportionnée », Tam Sir percevant près de 87 % des gains contre seulement 13 % pour l’ensemble du groupe.

« Je pense qu’il n’a pas déclaré nos noms à la Sacem [Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, société française de gestion des droits d’auteur] », regrette Samo, l’un des membres du groupe, sur un plateau d’émissions.  

Le verdict : suspension immédiate du titre

Le 3 janvier 2026, le juge des référés du tribunal d’Abidjan a donné raison aux plaignants. Dans une décision inédite, la justice a ordonné la suspension immédiate de la diffusion du morceau sur tout le territoire ivoirien : radios, télévisions, plateformes numériques et lieux publics inclus.

Tam Sir dispose de peu de marge de manœuvre. Chaque jour de retard dans l’exécution de la décision entraîne une astreinte de 100 000 francs CFA (environ 150 euros). Le coût financier pourrait rapidement devenir considérable.

Cette mesure, qui s’applique à l’artiste à ses propres frais, est rare dans le monde du divertissement africain et marque une volonté claire des autorités judiciaires de protéger les droits collectifs des créateurs.

Tam Sir, pour sa part, soutient qu’il est le concepteur principal du projet et qu’il a légitimement déposé l’œuvre à son nom, estimant que la contribution des autres membres ne justifiait pas un partage équitable des droits.

Selon son entourage, le producteur invoque l’existence d’un contrat d’édition et d’une structure distincte de production qui lui conférerait la pleine titularité du morceau. Des arguments que le tribunal n’a pas retenus à ce stade.

Un enjeu financier colossal

Les revenus générés par Coup du Marteau sont évalués à plusieurs dizaines de millions de francs CFA, sans compter les cachets d’apparition, les droits de diffusion et les contrats publicitaires associés.

Pour les membres de Team Paiya, l’affaire dépasse le simple partage de revenus. Il s’agit d’un combat pour la reconnaissance dans une industrie encore marquée par des zones d’ombre juridiques.

Cette décision judiciaire crée un précédent important dans le paysage musical africain. Elle met en lumière la nécessité pour les artistes et producteurs de formaliser leurs collaborations à travers des contrats clairs, définissant les droits et obligations de chacun.

Dans une industrie où la création collective est fréquente mais rarement encadrée, le cas Coup du Marteau agit comme le rappel fracassant que le succès ne protège pas du droit.

L’affaire, désormais renvoyée devant le tribunal pour un jugement au fond, pourrait redéfinir la jurisprudence en matière de propriété intellectuelle musicale en Afrique francophone.

A.D

9 janvier 2026 0 comments
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6ème rapport du GIEC sur le climat
ActuClimat et environnement

Climat : le retrait américain plonge la gouvernance mondiale dans la tourmente

by Chiencoro 9 janvier 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

La décision du locataire de la Maison Blanche de boucler la porte à 66 organisations internationales, dont plusieurs piliers de la coopération climatique, fragilise encore davantage la lutte mondiale contre le réchauffement. Cette décision, annoncée le 7 janvier 2026, marque un recul dangereux pour les engagements environnementaux globaux et inquiète les pays africains, en première ligne face aux effets du dérèglement climatique.

Le décret exécutif signé par Donald Trump ordonne le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont 31 liées à l’ONU. Cette décision a eu l’effet d’un séisme diplomatique. Parmi les institutions concernées figurent des acteurs essentiels de la gouvernance environnementale mondiale, comme la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), ou encore l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).

Dans un discours depuis la Maison Blanche, le locataire de la Maison Blanche a justifié sa décision au nom de la doctrine « America First » (l’Amérique d’abord). Donald Trump affirme vouloir « protéger les contribuables américains » et « rompre avec les organisations inefficaces et politisées ». Une position qui rompt avec les engagements pris par l’administration Biden, revenue dans l’Accord de Paris en 2021 après un premier retrait décidé… déjà par Trump en 2017.

Cette volte-face confirme le désengagement structurel de Washington vis-à-vis des politiques climatiques globales, et ce, au moment où la planète enregistre les températures les plus élevées jamais enregistrées.

Un coup dur pour le financement climatique

La décision américaine n’a pas qu’une portée symbolique. Elle frappe directement le financement international de la transition écologique.

Les États-Unis figuraient parmi les plus importants contributeurs au Fonds vert pour le climat, au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) ou encore à la Convention sur la désertification (CNULD). Leur retrait laisse un vide financier estimé à plus de 2,3 milliards de dollars par an.

Cette rupture menace les programmes de résilience déjà fragiles, notamment en Afrique, où le soutien technique et financier des États-Unis représentait un levier crucial pour l’adaptation agricole, la gestion de l’eau et la prévention des catastrophes naturelles. Sans les États-Unis, le financement climatique international devient une fiction. Les pays du Sud risquent de payer le prix fort du repli américain. 

Le vide laissé par Washington pourrait donc offrir une opportunité pour la Chine, la Russie ou même l’Inde de renforcer leur influence dans le secteur climatique.

L’Afrique, victime collatérale du désengagement

Sur le continent africain, c’est l’inquiétude et l’amertume. Dans le Sahel, les pays déjà fragilisés par la désertification, les migrations climatiques et la raréfaction des ressources doit redouter un effet domino sur les aides internationales.
Le désengagement des États-Unis risque d’affaiblir les capacités d’adaptation des pays africains. Car si les grandes puissances se retirent, les plus vulnérables seront abandonnés.  Dans les zones côtières, de Dakar à Dar es Salaam, la montée des eaux et l’érosion marine exigent des investissements colossaux. Or, les États-Unis soutenaient plusieurs programmes via la Banque mondiale et l’Agence américaine pour le développement international (USAID), désormais suspendus ou incertains.

L’après-Trump : la planète à la croisée des chemins

La communauté internationale doit se préparer surtout à un effet d’entraînement politique. Le retrait américain pourrait encourager d’autres pays à revoir leurs engagements climatiques, notamment parmi les grands producteurs d’hydrocarbures. L’humanité ne peut pas se permettre un retour en arrière. Car sans la coopération mondiale, la bataille contre le changement climatique sera perdue d’avance.

Le risque est aussi moral. En se retirant des négociations climatiques, Washington sape la crédibilité des accords internationaux et renforce le sentiment d’injustice climatique ressenti par les pays du Sud. Ces derniers, responsables de moins de 4 % des émissions mondiales, subissent pourtant les impacts les plus lourds.

Le retrait américain plonge donc la gouvernance mondiale du climat dans une zone d’incertitude. Alors que l’Accord de Paris fête ses dix ans, l’un de ses architectes principaux se retire du jeu. Une décision qui menace l’équilibre déjà précaire entre pays développés et émergents.

Le monde est à la croisée des chemins : soit il poursuit sa marche vers une planète durable, soit il recule dans une ère d’égoïsmes climatiques.

Dans les capitales africaines, cette décision américaine relance le débat sur la souveraineté environnementale. À l’image de la Confédération des États du Sahel, qui plaide pour une gestion endogène des ressources naturelles, plusieurs gouvernements envisagent désormais des modèles d’adaptation autonomes, moins dépendants de l’aide internationale.

Mais pour beaucoup, la rupture américaine constitue un précédent dangereux. Si la première puissance mondiale peut tourner le dos à la planète, qui portera encore la flamme du multilatéralisme climatique ?

Chiencoro Diarra 

9 janvier 2026 0 comments
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Donald Trump, nouveau président des États Unis.
ActuAnalyses

De Washington à Niamey, la tentation du retrait : quand les États-Unis suivent la voie tracée par les pays de l’AES

by Chiencoro 9 janvier 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

En décidant de quitter 66 organisations internationales, dont 31 liées à l’ONU, les États-Unis de Donald Trump adoptent une posture de souveraineté qui n’est pas sans rappeler celle de la Confédération des États du Sahel (AES). Du Mali au Niger, les États sahéliens ont amorcé le même virage : celui d’un désengagement des structures jugées inefficaces ou contraires à leurs intérêts. De Koulouba à la Maison Blanche, un même mot d’ordre s’impose désormais — reprendre le contrôle.

Le 7 janvier 2026, Donald Trump a signé un décret exécutif ordonnant le retrait des États-Unis de 66 organisations internationales, dont 31 institutions rattachées à l’ONU. Une décision spectaculaire, justifiée par la volonté de « restaurer la souveraineté américaine » et de « cesser de financer des structures inutiles ».

Une rhétorique qui, curieusement, fait écho à celle des dirigeants de la Confédération des États du Sahel (AES), Mali, Burkina Faso et Niger, qui, depuis 2023, ont multiplié les retraits des organisations régionales jugées inefficaces ou « inféodées à des intérêts étrangers ».

Quelques semaines auparavant, lors de la deuxième session du Collège des chefs d’État de l’AES, tenue à Bamako du 22 au 23 décembre 2025, le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) du Niger, avait donné le ton : « L’AES se retirera de toutes les organisations inutiles, coûteuses et contraires à nos valeurs. »

Entre les États-Unis et les pays du Sahel, deux mondes que tout semble opposer, c’est pourtant la même conviction qui s’affirme : celle d’une reprise de souveraineté face à l’ingérence institutionnelle et financière.

Quand Washington imite Bamako

Le parallèle peut surprendre. Mais il s’impose. Comme les pays de l’AES qui ont quitté la CEDEAO, l’OIF, le G5 Sahel, chassé les forces étrangères de leur pays, après les sanctions de 2022 jugées « illégitimes, illégales et inhumaines », Washington tourne aujourd’hui le dos à un multilatéralisme perçu comme une contrainte.

Trump accuse les organisations internationales de dilapider les ressources américaines au profit d’intérêts étrangers. Bamako, Ouagadougou et Niamey dénoncent, de leur côté, des institutions régionales « déconnectées des réalités africaines », défendant des intérêts extérieurs, et incapables de garantir la sécurité ou la stabilité économique.

Dans les deux cas, le diagnostic est le même : le multilatéralisme est en crise, devenu selon ses détracteurs une machine lourde, coûteuse et parfois instrumentalisée politiquement.

Au Mali, le président Assimi Goïta l’avait affirmé dans son discours du 31 décembre 2025 :« Notre souveraineté ne se négocie plus. Le Mali coopère, mais ne se soumet plus. »

À Washington, Donald Trump tient un langage similaire : les États-Unis, dit-il, « refusent d’être les bailleurs d’un monde qui ne respecte pas leurs intérêts ».

L’effritement du multilatéralisme : un nouveau tournant mondial

Cette synchronie n’est pas anodine. Des deux côtés de l’Atlantique, la logique du retrait traduit une crise plus profonde du système international hérité de l’après-guerre. L’ONU, affaiblie par les rivalités entre grandes puissances et les blocages institutionnels, peine à incarner une gouvernance mondiale équilibrée.

Le retrait américain, comme celui des pays du Sahel, révèle une mutation géopolitique majeure : la fin du consensus multilatéral et le retour affirmé des États-nations.

Dans les capitales africaines comme à Washington, cette tendance se fonde sur la même rhétorique de rupture : « nous déciderons pour nous-mêmes ».

L’AES, en promouvant une diplomatie de non-alignement et une intégration régionale autonome, cherche à bâtir une souveraineté collective à l’échelle du Sahel. Trump, de son côté, ressuscite un nationalisme économique et un isolationnisme stratégique qui rappellent l’Amérique des années 1930.

L’Afrique du Sahel, laboratoire d’une nouvelle souveraineté

Ce que vivent aujourd’hui le Mali, le Niger et le Burkina Faso préfigure peut-être un mouvement mondial : celui d’une désoccidentalisation de la gouvernance internationale.

Les dirigeants sahéliens ont souvent été raillés pour leurs critiques virulentes des institutions internationales. Pourtant, le retrait américain vient renforcer leur argument : le multilatéralisme ne répond plus aux attentes des nations souveraines, qu’elles soient du Sud ou du Nord.

De Niamey à Bamako, les États de l’AES plaident désormais pour une diplomatie de résultats : coopération choisie, alliances équilibrées, institutions allégées.

Une approche que Trump semble, à sa manière, faire sienne — en rompant avec un système perçu comme « obsolète » et « anti-souverain ».

Vers un nouvel ordre mondial à géométrie variable ?

La coïncidence entre la doctrine America First et la doctrine sahélienne de souveraineté n’est peut-être pas fortuite : elle reflète le délitement de l’ordre international fondé sur l’universalité.

Alors que les États-Unis, première puissance mondiale, s’émancipent du cadre onusien, les nations africaines s’affirment en dehors des tutelles régionales. Dans les deux cas, la légitimité se reconstruit à l’intérieur, pas à l’extérieur.

Mais ce tournant comporte aussi des risques : l’éclatement du système international, l’isolement des pays et le retour à une diplomatie de rapports de force.

Le monde entre peut-être dans une ère nouvelle — celle des souverainetés parallèles, où chaque bloc redéfinit ses règles et ses alliances.

Chiencoro Diarra

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Photo de famille des chefs d’état de l‘AES lors de la deuxième session du collège des chefs d’état de l‘AES, le 23 décembre 2025. Présidence du Mali.
A la UnePolitique

Coup de force américain au Venezuela : l’AES dénonce une violation de la souveraineté

by Sahel Tribune 8 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans un communiqué officiel signé par son président en exercice, la Confédération des États du Sahel (AES) a exprimé jeudi 8 janvier 2026 sa vive préoccupation face à l’opération militaire menée par les États-Unis sur le territoire du Venezuela.  Cette action a conduit à l’enlèvement illégal du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse, un acte grave qualifié d’atteinte directe à la souveraineté d’un État indépendant par l’organisation sahélienne.  

L’AES rappelle que l’usage de la force armée contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État constitue une ingérence inacceptable. Le président en exercice, Capitaine Ibrahim Traoré, a déclaré : « Nous ne pouvons tolérer que la souveraineté d’un État soit bafouée par une intervention militaire étrangère. Cet acte est une violation flagrante du droit international. Il met en péril la stabilité mondiale ».  

Une violation du droit international

La Confédération AES, attachée à la défense de la souveraineté et de l’indépendance, condamne fermement cet acte qu’elle juge contraire aux règles internationales. Elle rappelle que la Charte des Nations Unies consacre le respect de l’intégrité territoriale et de l’égalité souveraine des États. Le président du Faso a insisté : « La Charte des Nations Unies n’est pas une option, elle est une obligation pour tous. Son respect est la condition de la paix. Ceux qui la violent fragilisent l’ordre international ».  

L’organisation dénonce également le recours unilatéral à la force, regrettant profondément qu’un membre permanent du Conseil de sécurité se livre à une telle violation. Pour l’AES, cette attitude fragilise davantage l’ordre international déjà marqué par des tensions croissantes. Les conséquences de cette action sont jugées néfastes pour la stabilité mondiale, car elles ouvrent la voie à une logique de confrontation et d’instabilité, au détriment des efforts collectifs pour préserver la paix.  

Appel au Conseil de sécurité

Face à cette situation, la Confédération des États du Sahel interpelle directement le Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle rappelle que cette institution détient la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales. L’AES exhorte le Conseil à assumer pleinement sa mission en condamnant clairement l’action militaire américaine et en œuvrant au rétablissement de la légalité internationale. Le président Traoré a souligné : « Le Conseil de sécurité doit être la voix de la justice. Il ne peut rester silencieux face à l’agression. Sa crédibilité dépend de son action ».  

En parallèle, l’AES réaffirme son attachement à un ordre mondial fondé sur le respect mutuel et l’égalité souveraine des États. Elle insiste sur le respect strict des principes de la Charte des Nations Unies, considérés comme le socle indispensable pour garantir la coexistence pacifique entre nations. En mettant en avant ces valeurs, la Confédération entend rappeler que la stabilité mondiale ne peut être assurée que par l’application rigoureuse du droit international.  

Solidarité avec le peuple vénézuélien

Dans son communiqué, l’AES exprime sa solidarité au peuple vénézuélien dont la souveraineté a été bafouée par cette agression. L’organisation souligne que cette atteinte ne concerne pas seulement le Venezuela, mais qu’elle constitue un précédent dangereux pour tous les États attachés à leur indépendance. Le président en exercice a affirmé : « Nous sommes aux côtés du peuple vénézuélien dans cette épreuve. Leur combat est celui de tous les peuples souverains. Nous ne resterons pas indifférents ».  

La Confédération réitère enfin son attachement au multilatéralisme et au respect scrupuleux du droit international. Pour l’AES, ces principes sont essentiels afin d’assurer la sécurité collective et la paix internationale. Ce positionnement illustre la volonté des États du Sahel de s’affirmer comme défenseurs de la légalité internationale et de la souveraineté des nations.  

Ibrahim Kalifa Djitteye 

8 janvier 2026 0 comments
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Un groupe diversifié de citoyens engagés activement dans un processus démocratique.
A la UneOpinion

Le Mali face à la crise du modèle démocratique importé

by Chiencoro 8 janvier 2026
written by Chiencoro 7 minutes read

Plus de Trente ans après l’avènement du multipartisme, le Mali se retrouve toujours à la croisée des chemins. Les conclusions de l’audit national des partis politiques, publiées par la Cour suprême, sont sans appel. La démocratie importée de 1991, fondée sur le mimétisme institutionnel de l’occident, a échoué à incarner la souveraineté populaire. Le président Assimi Goïta, conscient de cet état de fait, a d’abord suspendu l’activité des partis politiques avant de les dissoudre. Le but de cette démarche n’est point un musèlement de l’espace politique, mais plutôt de poser les bases d’un modèle politique enraciné dans les réalités maliennes, voire africaines, à travers une refondation philosophique et civique du contrat social.

L’audit des partis politiques, publié par la cour suprême, anime le débat politique malien en ce début d’année. Cet audit révèle l’essoufflement d’un système devenu sa propre caricature. En plus de trente ans de pluralisme, plus de 280 partis ont vu le jour, souvent sans base sociale, sans projet idéologique, et encore moins sans enracinement territorial. Les élections sont devenues, non pas des moments de délibération collective, mais des rituels d’appartenance clientélisme où la citoyenneté se marchande au gré des alliances de circonstance. Ce qui a d’ailleurs fait dire à certains citoyens que les partis politiques au Mali ne sont que des G.I.E, entendu par là des Groupements d’intérêts économique, ne cherchant donc qu’à satisfaire à leurs propres intérêts politiques. 

Cette inflation partisane illustre la dérive d’un modèle démocratique copié sur les architectures occidentales, sans réelle adaptation aux structures sociales africaines. Le peuple malien, naguère acteur de sa destinée, s’est vu réduit à un spectateur de querelles partisanes, tandis que la politique s’est technocratisée, coupée du réel. Pourtant, la conférence de Baule avait alerté sur ce risque et laissé des consignes pour la démocratisation de l’Afrique. François Mitterand, en 1990, dans son discours à la Baule, avait déclaré : « Enfin, on respire, enfin on espère, parce que la démocratie est un principe universel. Mais il ne faut pas oublier les différences de structures, de civilisations, de traditions, de mœurs. Il est impossible de proposer un système tout fait. » 

La démocratie, censée rapprocher le pouvoir du citoyen, s’est transformée en machine à produire de la défiance et de l’aliénation politique. Pendant 30 ans, des décisions importantes ont été prises au nom du peuple sans que celui-ci ne soit réellement impliqués dans les processus de prise de décision. Ce qui rejoint le rejet du principe de la représentativité du peuple par Jean Jacques Rousseau, qui déplore le fait que « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers ».

Le rejet du mimétisme institutionnel

Le président Assimi Goïta, en annonçant l’ouverture en 2026 de nouvelles concertations nationales autour de la relecture de la Charte des partis politiques, semble posé un diagnostic sans complaisance. Celui qui consiste à souligner la nécessité d’une démocratie qui nous ressemble, qui s’enracine dans nos valeurs, et non une démocratie d’imitation. Il dissolvant les partis politiques en 2025, il s’agissait pour lui de reculer afin de mieux sauter. « L’année 2026 ouvrira le chantier des concertations nécessaires autour de l’avant-projet de loi déterminant les conditions de formation et d’exercice des activités des partis politiques, prévu à l’article 39 de la Constitution », a annoncé le chef de l’Etat dans son adresse à la nation, le 31 décembre 2025.

Mais que dit l’article 39 de la Constitution du 22 juillet 2023 auquel fait référence le président Goïta ? Il stipule : « Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans les conditions déterminés par la loi. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité du territoire national, de l’unité national, et de la laïcité de l’Etat ». Des conditions sine qua non pour la stabilité d’un pays qui sort d’une guerre qui a longtemps duré. 

Alors l’annonce du président de la transition marque un tournant dans le paysage politique malien. Elle rompt avec la logique postcoloniale qui, depuis les années 1990, avait fait du modèle représentatif occidental un dogme indiscutable. Le Mali doit désormais s’affranchir des institutions importées pour réinventer sa propre grammaire politique. Cela va en droite ligne avec la politique souverainiste des autorités maliennes de la transition. Une politique qui explique d’ailleurs leur prise de distance avec plusieurs organisations dont la MINUSMA, la CEDEAO, l’OIF, le G5 Sahel, etc.

Cette posture rejoint la critique formulée depuis plusieurs décennies par les penseurs africains de la décolonisation politique, de Joseph Ki-Zerbo à Souleymane Bachir Diagne : la démocratie ne peut être authentique que si elle s’enracine dans les traditions de délibération, de palabre et de consensus qui caractérisent les sociétés africaines. Le « village africain », dans son organisation communautaire, offre une forme ancestrale de gouvernance participative où le pouvoir se légitime par le dialogue, la sagesse et le sens du collectif.

Repenser le contrat social à l’africaine

Ce que propose aujourd’hui Bamako n’est donc point une rupture autoritaire, mais une refondation philosophique. Il s’agit de retrouver l’esprit du politique, celui qui lie le pouvoir à la morale, le citoyen à la communauté, la décision à la responsabilité. Un acte hautement patriotique visant à instaurer une souveraineté fondée sur les valeurs ataviques à la société malienne. Il ne s’agit pas du retour à un ordre social révolu, comme certains le pensent, mais plutôt d’une mise en pratique de la démocratie à partir des mécanismes endogène de gouvernance.

Dans une tribune publiée chez Jeune Afrique, l’historien et politologue, Achille Bembé, explique que « Vouloir expliquer les dynamiques en cours sur le continent en termes de crise de la démocratie est un contresens. De démocratie en tant que telle, il n’y en a tout simplement pas en Afrique. »  Selon ses explications, « Partout dans le monde, y compris dans les vieux pays d’Occident, on assiste au recul et à l’évidement de la démocratie, à l’émasculation des institutions multilatérales et à la destruction des formes de solidarité internationale. » 

Le futur cadre législatif que le Mali entend élaborer sur les partis politiques ne vise pas à restreindre la liberté politique, mais à restaurer le sens même de l’engagement public. Les concertations annoncées pour 2026 s’inscrivent dans cette dynamique de « souveraineté politique ». Une souveraineté qui refuse la dépendance idéologique et institutionnelle vis-à-vis de l’extérieur. 

Les pères de la démocratie africaine, depuis les conférences nationales de 1991, semblent avoir omis volontairement la volonté de leur « Maître à penser ». Ils ont tenté de transposer la démocratie occidentale sur leur continent, généralement en déphasage avec les mécanismes endogènes de gouvernance. C’est ce système importé qui semble aujourd’hui avoir montré ses limites. D’où les crises de gouvernance que l’on observe un peu partout sur le continent. 

Un horizon pour le Mali Kura

La démocratie africaine ne se définit plus par la seule tenue d’élections, mais par la participation réelle des citoyens à la vie de la cité, la responsabilisation des acteurs publics et la réhabilitation du sens du devoir collectif. Repenser la démocratie, c’est refonder la confiance. Et refonder la confiance, c’est replacer le peuple, non les partis, au centre du politique. Voilà ce que le chemin que le Mali a entrepris depuis août 2020 jusque’à nos, à travers les Assises nationales de la refondation en 2021 ainsi que les différents Etats généraux. 

Le Mali entre donc  dans une phase historique de réflexion collective. En ouvrant le débat sur la nature même de la démocratie, la Transition ne cherche pas à se soustraire au pluralisme, mais à le purifier. Le pays se pose une question universelle : comment articuler souveraineté, justice et identité dans un monde où les modèles dominants vacillent ?

Ce qui se joue à Bamako dépasse le cadre national. C’est la possibilité pour l’Afrique de redevenir sujet de sa propre histoire politique. Entre héritage et innovation, le Mali Kura trace la voie d’une « démocratie de souveraineté », une démocratie pensée par et pour les Africains, fidèle à leurs valeurs, ouverte sur l’avenir, et fondée sur une philosophie simple : celle d’un peuple qui se gouverne enfin selon sa propre vérité. Car « Ce qui est en crise, ce sont les arrangements institutionnels hérités de la colonisation et qui, dans les années 1990, ont fait l’objet d’un ravalement de façade. », analyse Achille Bembé. 

Chiencoro Diarra

8 janvier 2026 0 comments
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