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PhieleinCheick Ima
Les démystificateurs du Sahel

#PhileinCheck : non, ces photos n’illustrent pas l’ampleur du feu de brousse dans la région de Gao

by Sahel Tribune 31 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Depuis le 27 octobre, des photos de chameaux calcinés font le tour des réseaux sociaux au Mali. Ces animaux sont présentés comme des victimes des feux de brousse de Gao. Il n’en est de rien. Ces images sont prises au Tchad.  

« La situation de feu de brousse devient de plus en plus inquiétante. Après les communes de ouatagouna, Gounzourey et sonni Ali Ber qui ont vu la semaine dernière leurs pâtures voler en fumés par suite de feu de brousse. Cette fois-ci c’est la commune de talataye dans le cercle d’ansongo qui fait les frais. Seulement cette fois-ci, c’est encore plus grave, car le feu a décimé les pâtures, des animaux ont été brûlés vifs », a écrit La Voix de Tin-Aoukert sur sa page Facebook, le 27 octobre 2020 pour signaler la persistance des feux de brousse dans la région de Gao.

Cette publication, accompagnée d’images montrant des chameaux dont tout le corps porte les effets de la flamme, a été largement publiée sur les réseaux sociaux ainsi que sur des sites internet comme celui-ci, les 27 et 28 octobre 2020.

capture d’écran

Tragédie au Tchad

À travers une recherche inversée d’image sur Google, nous nous sommes rendu compte que cette tragédie, bien qu’elle soit réelle, n’a pas eu lieu au Mali, mais plutôt au Tchad. Ces images ont été utilisées le 22 octobre 2020 sur ce compte twitter et par cette ONG sur son compte Twitter, le 23 octobre 2020. Sur cette page Facebook également des précisions sont données.

Crédit photo: Tchad infos

En outre, nous avons contacté un correspondant à Gao qui a confirmé que si le feu de brousse continue à faire des ravages dans sa ville, la situation de ces chameaux ne s’est pas produite à Gao. Donc ces images n’illustrent pas un feu de brousse dans la région de Gao, mais plutôt un feu de brousse qui a lieu au Tchad.

Fousseni Togola

31 octobre 2020 0 comments
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Ceremonie dhommage 1 copie
Sécurité

Droit de l’homme : mieux protéger les fosses communes !

by Sahel Tribune 30 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

L’organisation des Nations unies invite les Etats à mieux gérer les fosses communes.  Des lieux qui peuvent devenir des sites de dignité, de respect et de lieux d’apprentissage communautaire profond et essentiel.

Gérer les fosses communes de façon respectueuse, digne et légale,  telle est l’ambition des Nations unies. Ces lieux de mauvais souvenirs doivent être traités en conformité aux normes des droits de l’homme afin que les générations futures ne perdent pas en vue les crimes ayant conduit à ces fosses.

Au cours de la présentation de son rapport annuel à l’Assemblée générale des Nations unies, mercredi 28 octobre dernier, Agnès Callamard, rapporteur spécial de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a expliqué ce que représentent les fosses communes dans la mémoire collective. À l’en croire, ce « sont des lieux qui sont la preuve que des évènements odieux ont eu lieu et qu’il ne faut jamais oublier. » Pourtant, « [ndlr] tant de sites de mise à mort et de fosses communes sont traités : non reconnus, non protégés, non préservés et, lorsqu’ils ne sont pas recouverts, profanés ou détruits. ».Or, des  responsables de crimes sont non seulement « restés libres, mais sont plus tard célébrés, avec des statues érigées à leur mémoire », déplore-t-elle.

Face à cette indignation, Agnès Callimard interpelle les Etats « à soutenir davantage l’élaboration de norme et de meilleures pratiques pour la gestion respectueuse et légale des fosses communes afin de garantir que les charniers soient inclus dans les efforts de justice transitionnelle et de rétablissement de la paix et que leur gestion soit dotée de ressources suffisantes. » Selon elle, ces actions pourront permettre aux générations futures de toujours garder en mémoire les crimes odieux à l’origine de ces fosses communes.

Bakary Fomba, stagiaire

30 octobre 2020 0 comments
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Santé

Covid-19 : reconfinement en France, (re)-avertissement en Afrique

by Sahel Tribune 30 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Après les vagues de deconfinenemt, le reconfinement devient de plus en plus d’actualité. En Afrique, des avertissements se font entendre quant à la possibilité de deuxième vague de contamination sur le continent.  Des avertissements mal appréciés. 

Alors que les Français sont retournés, ce vendredi 30 octobre 2020, en état de confinement suite à la deuxième vague de contamination, des avertissements se font à l’endroit des Africains. A l’instar de la France et de plusieurs pays européens, le continent africain pourrait connaître une deuxième vague. En tout cas, c’est l’avertissement fait par John Nkengasong, le directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l’Union africaine, jeudi 29 octobre dernier, au cours d’une conférence de presse.  « Le moment est venu de se préparer à une deuxième vague », a-t-il déclaré.

Selon M. Nkengasong,  l’Afrique a jusqu’ici réussi à infléchir la courbe « avec la plupart des pics de contamination autour de juillet puis une décrue régulière ».

Notons que de nos jours, l’Afrique enregistre 1,7 million de cas, soit 3,9 % de la mortalité mondiale due au Covid-19, selon le CDC. Toutefois, au cours du mois de septembre, une augmentation de cas a commencé à être constatée, avec en moyenne 6 % pour l’ensemble du continent, rappelle la chaîne de télévision française France 24.

Face à une telle situation, M. Nkengasong invite à l’observation de certaines mesures. Les pays du continent doivent renforcer les tests et les systèmes de surveillance, et recommander le port du masque. « Si nous faisons cela ensemble, nous préparons concrètement le continent à une deuxième vague, qui va indubitablement arriver », a-t-il indiqué.

Une telle constatation passera-t-elle inaperçue des Africains ? Difficile d’y croire. Depuis le jeudi dernier, des condamnations ont commencé à se faire sur les réseaux sociaux au Mali qualifiant ces propos de la  CDC de « sorcellerie ».

Rappelons l’indignation des Africains, suite aux propos du directeur général de l’OMS lors de la première vague de contamination. Celui-ci avait demandé aux Africains de se préparer au pire. Ces propos avaient mis le feu à la poudre sur le continent.

Comme s’il s’était souvenu de cette situation, M. Nkengasong précise dans la foulée de son intervention ses intentions : « Nous avons vu ce qui se passe en Europe. Nous voulons nous assurer que nous allons préserver ce que nous avons réussi au cours des dix derniers mois ». 

Bien vrai qu’il s’agisse des mis en garde, notons que les Africains,  notamment les Maliens, ne croient pas à l’existence véritable de cette maladie dans leur pays. C’est ce qui explique pourquoi ils ne prennent pas les avertissements au sérieux. Qu’on se rappelle tout de même cette phrase de Jean-Jacques Rousseau : « L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ».

Fousseni Togola

30 octobre 2020 0 comments
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Insécurité entre avril et juin 2020 632 violations et abus de droits de l’homme commis au Mali
Sécurité

Libération d’otages au Mali : Algérie dénonce les conditions de négociation

by Sahel Tribune 29 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

L’arrestation du « terroriste » Mustapha Derrar, par les services de sécurité algérienne, a donné l’occasion au ministère de la Défense de ce pays de dénoncer les conditions dans lesquelles la libération de l’otage malien, français ainsi que des otages italiens a été négociée, au début de ce mois d’octobre.

La liberté de Mustapha Derrar a été de courte durée. Quelques jours après sa libération dans le cadre d’un échange de prisonniers au Mali, Derrar s’est fait arrêter, mardi 27 octobre 2020 en Algérie. En tout cas, c’est ce qui ressort d’un communiqué du ministère de la Défense algérien, le mercredi dernier. Une arrestation survenue, poursuit la même source gouvernementale, « suite à une surveillance permanente dudit criminel depuis son entrée via les frontières nationales jusqu’à la collecte des renseignements relatifs à ses mouvements suspects ».  

Lire aussi Sécurité dans le sahel et le bassin du lac Tchad : le multilatéralisme, l’horizon indépassable !

Le ministère de la Défense algérienne a saisi cette occasion pour dénoncer les conditions de libération de « plus de (200) terroristes », au début du mois d’octobre. En effet, cette libération a été faite en échange de quatre otages : Soumaïla Cissé, Sophie Pétronin, Pierluigi Maccalli et Nicola Chiacchio. Mieux, en plus des plus de 200 terroristes libérés, une « rançon conséquente » a été payée « aux groupes terroristes », indique le ministère de la Défense algérienne.

Selon notre source algérienne, « Ces pratiques [sont ndlr] inadmissibles et contraires aux résolutions de l’Organisation des Nations Unies [qui ndlr] incriminent [ndlr] le versement de rançons aux groupes terroristes ». Ce n’est pas tout. Algérie exprime sa crainte. À en croire le communiqué dudit ministère, ces conditions de négociation pour la libération d’otages « entravent les efforts de lutte contre le terrorisme et [le ndlr] tarissement de ses sources de financement ».

Lire aussi Sahel : les civils dans le viseur des forces de sécurité

Ce dernier point trouve confirmation dans les révélations faites par le djihadiste mauritanien, Fawaz Ould Ahmed alias « Ibrahim 10 ». Interrogé par le juge, au cours de son procès à la cour d’assises de Bamako, mercredi 28 octobre 2020, sur les « attentats » des hôtels Radisson Blue et du Restaurant-Bar « La Terrasse » à Bamako en 2015, sur la source de leur financement pour l’achat des armes, « Ibrahim 10 » répond : « Avec l’argent des rançons des personnes prises en otages ».

Toutefois, il convient de rappeler que les sources de financement du terrorisme sont nombreuses : le commerce et autres activités lucratives, certaines ONG et les prélèvements caritatifs, la contrebande d’armes, le trafic de drogues, la contrefaçon de divers produits, dont les médicaments et les psychotropes, la piraterie, la prise d’otages contre rançons, le trafic de biens culturels, la migration illégale, le transfert de fonds et la mendicité. Face à cette multiplicité de sources de financement, nous pouvons dire que le chemin reste toujours long dans la lutte contre ce phénomène.

Fousseni Togola

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Proxenetisme e1603969081870
Enquête

[Enquête] Migration et proxénétisme : un piège invisible pour des chercheuses d’emplois

by Sahel Tribune 29 octobre 2020
written by Sahel Tribune 17 minutes read

Déguisés en entreprises sans histoire, des réseaux de proxénétisme leur promettaient des emplois bien rémunérés. Privées de leurs documents de voyage (carte d’identité, carte consulaire ou passeport) et prises au piège par leurs bourreaux, des migrantes sont obligées de «se vendre». Elles passent des nuits infernales pour payer d’importantes sommes, afin de recouvrer la liberté. Rêves brisés des piégées !

Les vagues migratoires sont de plus en plus féminines depuis une dizaine d’années, selon Dr Fodié Tandjigora, chef de département d’études et de recherche de la Sociologie et de l’anthropologie à la Faculté des Sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE) de l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB), par ailleurs chercheur associé à l’Unité de Recherche Migrations et Sociétés (URMIS). «Autrefois, il était très rare et même inexistant de voir les femmes sur les routes migratoires clandestines. On en voit de plus en plus, parce qu’il y a de plus en plus de femmes qui trouvent leur salut dans la migration», nous confie l’universitaire qui fait sa thèse de doctorat en sociologie des migrations et relations interethniques.

Parmi les femmes qui prennent le chemin migratoire, Dr Fodié Tandjigora distingue celles qui partent dans le cadre du regroupement familial, de celles qui migrent à titre individuel espérant se bâtir un avenir meilleur et prendre en charge leurs parents. Il note une certaine fragilité des candidates à la migration clandestine, lesquelles subissent des exactions sexuelles et autres extorsions de fonds notamment «aux points de stationnement de migrants».

Oumar Coulibaly, Président de l’association «Niéta» des migrants de retour de Kéniéroba, un village situé à 12 km de la ville de Kita, est conscient des dangers de proxénétisme qui guettent la gent féminine sur les routes migratoires. 

Existence de réseaux de traite et de prostitution sur les sites d’orpaillage 

L’Agence nigériane de lutte contre la traite des personnes (NAPTIP) estimait, en janvier 2019, que près de 20. 000 jeunes filles nigérianes ont été piégées au Mali par des réseaux de prostitution. Dans l’étude «Les fièvres de l’or au Mali. Profils et dynamiques migratoires dans les régions de Sikasso et Kayes », le Bureau de Bamako de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) note que « certains éléments sont apparus concernant l’existence de réseaux de traite et de prostitution sur les sites d’orpaillage ».

Ces réseaux demeurent très actifs. Très organisés, ils parviennent sans grande difficulté à convaincre de nombreuses femmes en leur miroitant un emploi bien rémunéré. Privées de leurs documents de voyage (carte d’identité, carte consulaire, ou passeport) et coincées entre les murs de passage, ces migrantes sont obligées de «se vendre ».

On en voit, comme celles de la mini villa appelée « Princesse » du quartier Bencounda de la commune urbaine de Kayes, une ville située à 618 km de Bamako. Perdu dans les ténèbres, le bâtiment ne porte aucun signe pouvant orienter les visiteurs. La nuit, la patronne monte la garde. Assise sur une chaise devant la porte, elle répond aux salutations de nombreux visiteurs. Elle surveille les entrées et les sorties. Une fois que le visiteur franchit la porte, il est approché par de jeunes filles. Le maître mot, c’est «le travail». «Veux-tu travailler ?». «Vient, on va travailler», lancent-elles au milieu de jeu de lumières qui éclairent le bâtiment. 

De teint noir et de taille moyenne, Nathalie est l’une de ces nombreuses jeunes filles, victime de cette sorte d’exploitation. Elle «bosse» pour le compte de l’une de ses compatriotes. «Je suis arrivée au Mali, il y a neuf (9) mois », nous confie Nathalie en comptant avec ses doigts la durée de son séjour. Par contre, souligne-t-elle, il y a des filles qui sont là depuis trois (3) mois seulement. A l’image d’autres jeunes filles, Nathalie ne sort pas de la maison. «Je travaille ici et je dors ici. Je n’ai aucun contact avec l’extérieur », confie-t-elle. Mon tarif, détaille Nathalie, varie entre 2000 FCFA (moins de 4 dollars) et 5000 FCFA (9 dollars) en fonction de la « position » voulue par le client. « Ma patronne me remet 3 000 FCFA par jour pour la nourriture et la carte de crédit », ajoute Nathalie.

Nathalie : «pas facile de se regarder dans le miroir»

Pour recouvrer sa liberté, elle doit payer à sa patronne la somme d’un million cinq cent milles (1. 500. 000) F CFA (2. 712 dollars). «Je n’ai pas fini de rembourser ma patronne. Je lui dois 1. 500. 000 FCFA. Je suis piégée dans ce travail mais je suis obligée de me livrer à plusieurs hommes par jour pour rembourser ma patronne. Ce n’est pas facile de se regarder dans le miroir, mais il faut être forte pour s’en sortir et retourner un jour au pays», lance-t-elle.

Diamord figure parmi un groupe de jeunes filles nigérianes enrôlées par une certaine Sofia John, gérante de l’auberge Tounka. La jeune dame de 23 ans doit rembourser la somme d’un million de FCFA à celle qui aurait financé son voyage. «Après des échanges, elle m’a dit que je dois payer un million et cette somme représente mon transport, ma nourriture et mon hébergement », souligne une autre, Keyne. Dès son arrivée, Princesse a commencé à faire la prostitution pour payer une recette journalière à sa patronne. 1. 000 000 F CFA, c’est aussi le prix de sa liberté. Tout comme Jesura qui a voyagé en compagnie de deux autres personnes. A leur arrivée, la proxénète a envoyé quelqu’un les chercher à la Gare. Elles n’ont eu d’autres choix que de vendre leurs corps. Angèle a quitté courant janvier 2017 son Nigéria natal pour Kayes. « Quand je suis arrivée, après des explications, j’ai commencé à travailler à son compte pour pouvoir rembourser les dépenses effectuées par la dame Sophia », souligne-t-elle. Comme Angèle, elles ont toutes été maintenues par la force dans cet univers impitoyable, jusqu’à l’interpellation de leur «Maman» (comprenez la proxénète, ndlr) par la Police.

De l’autre rive du fleuve Sénégal, qui traverse la ville plus précisément au quartier Kayes-n’di, «Mamie Bar», dont la promotrice est une nigériane répondant au nom de Beatrice, est un lieu prisé. De jeunes filles sont à l’affût et proposent automatiquement leurs services à tout visiteur. Les hommes désignent avec un signe de doigts la fille qu’ils préfèrent. Certaines s’éclipsent avec des clients tandis que d’autres dansent au son de la musique. Quelques «gros bras» assurent la sécurité des lieux et effectuent des va et vient à l’intérieur du bar. Au même moment, la serveuse s’affaire à apporter les commandes des clients. Les tables sont ornées de canettes et de bouteilles dont certains sont déjà vides. « Je suis au Mali depuis trois ans. Je travaille ici », nous confie une jeune fille mince et courte de taille qui s’exprime en peu de mots, en bambara et en français.

16 mars 2020, 01h 25 mn. La vieille dame pénètre dans le maquis. Les filles courent pour l’accueillir. L’une après l’autre s’accroupit sous son pied pour la saluer. Une récupère son sac en main tandis qu’une autre s’affaire à mettre ses chaises à leurs places. Elle pénètre à l’intérieur et ne sortira pas en notre présence. Selon des explications fournies par un habitué des lieux, elle s’assoit à côté de l’entrée principale donnant accès aux chambres entre quelques gros récipients de couleur bleue contenant de l’eau. De cette position, la «Mamie» dispose d’une vue royale sur l’entrée principale du bar ainsi que celles donnant accès aux chambres de passe. «Mamie» est l’une des femmes les plus puissantes et influentes de la communauté nigériane locale.

« Je ne suis pas  prête à souffrir encore »

Mince de corpulence, Assa faisait partie d’un groupe de jeunes filles à qui «une grande sœur» a fait miroiter de belles choses en les jetant sur le chemin de la migration. «Quand je venais à Bamako pour la première fois, j’étais loin d’imaginer de tomber dans ce travail», explique-t-elle en secouant la tête. Sa nuit commence à 19h et se termine à 5h. «Toutes les nuits ne sont pas pareilles. Souvent, on peut avoir un seul client», souligne-t-elle en précisant qu’elle peut avoir par nuit 40. 000, jusqu’à 70. 000 FCFA. C’est surtout vers les 20 au 30 du mois qu’il y a une grande affluence des clients. Selon Assa, «c’est un travail de merde». Jusque-là, elle résiste à la pression de sa grande sœur dont le désir est de la voir continuer le chemin. «J’ai de nombreuses copines qui sont rentrées en Europe. Ma grande sœur à qui je dois de l’argent me pousse à aller au Maroc pour tenter de rentrer en Europe. Je ne suis pas prête à souffrir encore».

Assa a un autre projet et conseille toutes celles qui veulent se lancer dans une telle aventure : «mon projet est de tout mettre en œuvre pour réunir la somme d’un million de F CFA et faire le commerce. Ainsi, je mettrais fin à cette vie qui m’enlève ma dignité et mon honneur de femme. Je ne conseille à aucune femme de quitter son pays et de faire comme moi ».

Olivia a quitté son pays pour l’Algérie en transitant par le Nigéria et le Niger avant de se retrouver au Mali suite à un rapatriement. « Je suis passée par le Niger. Nous avons fait deux semaines. Ça n’a pas été du tout facile. C’est un film qui commence au Niger. On est monté dans une voiture 4×4 pour traverser le désert. En plein désert, on dépose les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Et on nous viole, nous les femmes. C’est un grand viol. Ce sont trois hommes qui te passent dessus. Tu es à leur disposition. Ils abusent de toi de toutes les manières sans que tu ne pipes mot au risque de laisser ta vie. Je n’aime pas trop parler de ces histoires. Ce sont des souvenirs traumatisants », souligne-t-elle en balayant son visage avec sa main avant de tourner brusquement son regard.

« Je ne peux  pas conseiller à une fille de faire ce que je suis entrain de faire »

Selon Olivia, elles étaient 12 jeunes filles dans un convoi d’une quarantaine de personnes. Nadège et Pamela ont péri lors de la traversée de la Méditerranée. Par contre, raconte-t-elle, les autres ont regagné l’Europe. Elle ne préfère pas s’attarder sur son séjour algérien marqué par la vie dans les ghettos avec son corollaire de menaces.

A son arrivée à Bamako, elle a travaillé pendant deux mois dans un restaurant avant de replonger dans l’univers infernal de la prostitution. Si Olivia négocie au prix fort, elle est souvent obligée de prendre les 2 000 et 3 000 F CFA. « Si tu refuses les 2000 et 3000, tu vas manger quoi ? Il y a des jours où tu trouves beaucoup de sous mais il y a aussi des jours où tu ne gagnes pas un 1 franc alors que tu es dehors jusqu’à 5 heures du matin. Voilà, on a fermé pour raison de coronavirus. On est à la maison depuis un mois. Depuis ce matin (l’entretien a eu lieu vers 13 heures, Ndlr), je n’ai rien mangé.  Il n’ya rien de facile, même pas la prostitution. Je ne peux pas conseiller à quelqu’une de faire ce que je suis entrain de faire. Ce n’est pas un métier. C’est un métier sale. Ça m’affecte. Si je trouve un endroit ou un appui pour faire la restauration, je vais abandonner », affirme Olivia.

Commandant de Police Souleymane Niampougui est officier de Police judiciaire à la Brigade de répression du trafic de migrants et de la traite des être humains, une unité spécialisée de la direction de la police judiciaire de la Direction générale de la Police nationale. Auparavant, il a servi à la Brigade chargée de la protection des mœurs et de l’enfance. Selon lui, les jeunes filles peuvent coucher au moins avec dix (10) hommes par nuit. «Même quand ces filles sont en règle, elles sont obligées de coucher avec les hommes », souligne l’officier de Police judiciaire.

De teint clair, Chacha a mordu la promesse de travailler dans un salon de coiffure d’un homme à Bamako. A son arrivée, elle est accueillie par une dame. Cette dernière l’a confiée à une autre qui l’a amenée à Kayes. « C’est quelqu’un qui m’a amenée en disant que je vais travailler dans un salon de coiffure. J’ai été accueillie par une femme nigériane. Je voulais retourner mais la dame a refusé en exigeant le remboursement d’une somme de 1. 500. 000 FCFA. Cette dernière m’a remise à une autre femme qui m’a amenée à Kayes. J’ai fait un an à Kayes. Chaque fois je payais, la femme refusait de mentionner le paiement dans le cahier, elle me maltraitait. C’est pourquoi j’ai fui », détaille-t-elle.

Après cet épisode, Chacha a trouvé refuge dans la capitale malienne auprès d’un homme avec qui elle a eu un enfant qui a aujourd’hui 5 mois. « Il me faut assez d’argent pour retourner au pays afin de ne pas dépendre des parents. Elle a déjà un autre enfant âgé de 5 ans au pays. Mon souhait est de sortir de ça pour faire un travail noble», plaide-t-elle.

« Je suis souillée depuis que je suis au Mali »

On la surnomme Aïcha. Elle entame sa deuxième année au Mali. «Je suis en transit. Je veux continuer sur la Tunisie », souligne-t-elle au cours d’un entretien dans les locaux de l’Association des Refoulés d’Afrique Centrale au Mali (Aracem). «Je suis dans l’enfer. C’est le coït contre l’argent. Tu donnes ton coït et on te donne de l’argent. Dès que quelqu’un te dit bonjour, il te demande combien. C’est un métier risquant et salissant. C’est un métier salissant. C’est un métier qui te fait perdre ta dignité. C’est un métier qui te donne le dégoût de toi-même », souligne-t-elle en versant des larmes.

Elle enlève ses lunettes pour essuyer ses larmes avec une voix tremblante. «Je suis souillée depuis que je suis au Mali. Je suis sale même si je reste toute la journée sous la douche. Je ne veux pas ça », nous confie-t-elle en sanglots en tournant le regard de l’autre côté de la salle. Elle reprend ses esprits et se plonge dans ses souvenirs de violences. «Les hommes ne nous respectent pas. D’autres nous étranglent. Ils te font mal. Ils nous obligent de coucher avec eux sans préservatif », explique Aïcha. «Une nuit, raconte-t-elle, j’ai échappé à une attaque au couteau d’un client qui m’a fait déplacer».

Ces violences sont récurrentes comme toutes activités criminelles, nous rappelle Dr Fodié Tandjigora. A Ségou, une ville située à 235 km de Bamako, trois filles migrantes ont subi en espace d’un an des agressions d’une rare violence dont le cas d’Ido Beauty (voir encadré, Ndlr), assommée à mort dans la nuit du 17 au 18 décembre 2019 dans un Bar à Ségou.

Si Ido Beauty a perdu la vie et que certaines n’ont pas encore réussi à fuir « l’enfer » pour reprendre une expression chère à Aïcha, d’autres, par contre, ont réussi à s’échapper des griffes de ceux ou celles qui les exploitaient. Elles s’appellent les survivantes.

A suivre !

Chiaka Doumbia, source : Le Challenger


Encadré :

Le destin tragique de Ido Beauty

Née le 8 mai 1997 à Eképéné au Nigeria, Ido Beauty était loin d’imaginer un tel destin en quittant la terre de ses ancêtres à la recherche d’un prétendu bonheur masqué par les fausses promesses des individus sans foi ni loi.

Le 18 décembre dernier (2019, ndlr) vers 13 heures, le Commissariat de police du 1er arrondissement de Ségou a été informé par les soins du président de la communauté nigériane de la présence d’un corps sans vie dans une chambre du Bar dénommé Sika Motel. La Police s’est rendue sur les lieux en compagnie d’un médecin – légiste pour constater le décès et reconstituer la scène du crime.

Sur place, ils découvrent le corps sans vie d’Ido Beauty. Couchée sur un matelas de deux places, la jeune demoiselle de teint légèrement clair, mesurant 1, 65 m était nue à partir de son nombril, la tête orientée vers le sud et les bras allongés, le cou entouré par ses mèches, laissant couler du sang par ses narines. Selon le médecin légiste, Docteur Bagayoko, elle est morte d’une asphyxie mécanique de strangulation. Sa mort, a-t-il ajouté, remonte à 8 heures.  

Les policiers de la Brigade de recherche du commissariat de Police du 1er arrondissement de Ségou exploitent les indices trouvés dans la chambre de la défunte dont les deux téléphones avaient été volés. Et c’est à partir du carton de l’un de ses téléphones que l’auteur de ce crime a été retrouvé. Grâce à la magie de la technologie, les nouveaux propriétaires de ces téléphones sont localisés et interpellés. L’arrestation de ces deux personnes a conduit les enquêteurs à l’auteur du crime, un certain Modibo Traoré, âgé de 20 ans, arrêté le 4 janvier 2020, soit deux semaines après le meurtre. Devant les enquêteurs, il avoua et donna des détails sur cette nuit fatidique.

Cette nuit, dit-il, il s’est rendu au Bar comme d’habitude après avoir pris une forte dose de Tramadol. N’ayant pas trouvé sa cliente préférée sur place, il explique avoir répondu aux sollicitations de sa future victime. Une fois dans la chambre, les choses ne se sont pas passées comme prévues. Quand Ido faisait dos, Modibo Traoré lui a donné un coup à la nuque. D’un coup, elle tomba sur le lit. Il s’empara des deux téléphones de sa victime. Arrivé devant la porte du Bar, il enleva les puces avant de les jeter et disparut dans la nature. Il vendit un téléphone avant de gager le second à 2. 000 FCFA.

Modibo Traoré séjourne actuellement à la maison centrale d’arrêt de Ségou. Après une semaine à la morgue de l’Hôpital Nianankoro Fomba de Ségou, sa victime a été inhumée sur place par ses compatriotes qui auraient pris le soin d’informer sa famille au Nigéria. Triste sort pour une jeune fille embrigadée dans une aventure par des individus sans foi ni loi.


Note de la rédaction

Cette enquête a été réalisée dans le cadre du projet «Autonomiser les jeunes en Afrique à travers les médias et la communication», mis en œuvre par l’UNESCO dans huit pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée-Conakry, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Sénégal. Financé par le Ministère italien des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale (MAECI) et l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS), ce projet vise à donner aux jeunes garçons et filles les moyens de prendre des décisions éclairées sur les questions migratoires grâce à un meilleur accès à une information de qualité. En conséquence, le projet contribue à renforcer la capacité des professionnels des médias de la sous-région à rendre compte de la migration tout en promouvant des normes et bonnes pratiques en matière de droits de l’homme et des approches sexospécifiques et inclusives en matière de couverture de la migration dans les pays ciblés.

L’enquête est l’aboutissement d’un parcours de formation sur les techniques de journalisme d’investigation en lien avec la migration, qui a bénéficié à plus d’une centaine de journalistes, et d’un appui au travail de terrain. Cette initiative rentre par ailleurs dans le cadre du «Plan d’Action des Nations-Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité », mis en œuvre par l’UNESCO.

29 octobre 2020 0 comments
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Brouillard 1
Santé

« La pollution de l’air est un cofacteur important augmentant le risque de mortalité par COVID-19 » (Étude)

by Sahel Tribune 28 octobre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Une nouvelle étude estime que la pollution atmosphérique a une grande part de responsabilité dans les décès liés au covid-19 dans le monde. Cette étude n’est pourtant pas la première à indexer le changement climatique au sujet de cette pandémie.  

La pollution atmosphérique pourrait être responsable de 15 % des décès dus au COVID-19 dans le monde. Tel est l’estimation faite par une étude publiée, mardi 27 octobre 2020, par la revue Cardiovascular Research, « Contributions régionales et mondiales de la pollution atmosphérique au risque de décès dû au COVID-19 ». Selon les auteurs de cette étude, « le risque de mortalité par maladie à coronavirus apparue en 2019 (COVID-19) est augmenté par la comorbidité due aux maladies cardiovasculaires et pulmonaires. La pollution de l’air entraîne également une surmortalité due à ces conditions. »

Lire aussi La pandémie de COVID-19 risque d’entraîner 150 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté d’ici 2021

Thomas Munzel, co-auteur de l’article, explique que « si l’exposition à long terme à la pollution de l’air et l’infection par le virus COVID-19 se conjuguent, alors nous avons un effet néfaste sur la santé, en particulier en ce qui concerne le cœur et les vaisseaux sanguins ».

Selon le site Aljazeera, M. Munzel a « déclaré que la pollution de l’air rendait plus probables les facteurs de risque du COVID-19 tels que les problèmes pulmonaires et cardiaques ». Ce n’est pas tout, Pr Munzel indique que, poursuit la même source, « la pollution de l’air endommage les poumons et augmente l’activité de l’ACE-2, ce qui conduit à son tour à une meilleure absorption du virus ».

Les auteurs de cette étude arrivent à la conclusion que « la pollution de l’air est un cofacteur important augmentant le risque de mortalité par COVID-19. » Et de poursuivre : « Cela fournit une motivation supplémentaire pour combiner des politiques ambitieuses de réduction de la pollution atmosphérique avec des mesures de contrôle de la transmission du COVID-19. »

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Cette étude est l’œuvre d’experts allemands et chypriotes sur les données concernant la santé et les maladies des États-Unis et de la Chine relatives à la pollution de l’air, au COVID-19 et au SRAS, « une maladie respiratoire similaire à la nouvelle maladie à coronavirus. »

Notons que cette étude n’est pas la première à mettre en exergue le changement climatique dans la compréhension de cette maladie qui a entrainé le verrouillage du monde. Aux gouvernements de décider de ce qu’il convient de faire en matière de lutte contre le changement climatique.

Chiencoro

28 octobre 2020 0 comments
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Journee mondiale de la preservation
Seko ni Donko

« Protéger, conserver, préserver, mettre en catalogue, diffuser ces archives est un devoir moral » (Dr Xing Qu)

by Sahel Tribune 28 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Dans le cadre de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, le programme Mémoire du monde de l’UNESCO à travers le sous-comité de préservation du Comité consultatif international (CCI) du programme et en partenariat avec l’Information pour tous (IFAP) a organisé un Dialogue politique virtuel, mardi 27 octobre 2020, sur la préservation du patrimoine documentaire. Plusieurs recommandations sont sorties de cette rencontre.

« La pandémie est en train de réécrire notre présent. Un grand nombre d’enseignements utiles sur la façon d’aborder cet événement [la pandémie ndlr] sans précédent peut être tiré du passé et servir de fenêtre sur le monde », a expliqué Dr Xing Qu, directeur général adjoint de l’UNESCO lors du lancement du Dialogue politique virtuel sur la préservation du patrimoine documentaire. À l’en croire, les archives contiennent des réponses à de nombreuses questions contemporaines, notamment les impacts sociaux des épidémies précédentes, comme la grippe espagnole, qui a tué 50 millions de personnes entre 1918 et 1920. Sans les archives, il est difficile que le présent interroge le passé, a-t-il fait savoir. Dr Xing Qu reste persuadé qu’en absence d’archives, il serait impossible de parler de mémoire, de justice ou encore de réconciliation.

Problèmes de conservation

Pourtant, la conservation des archives pose un réel souci en ce 21e. Selon David Fricker, président du Conseil international des archives, bien vrai qu’« à l’ère du numérique, la préservation numérique de la mémoire collective de l’humanité n’a jamais été plus importante qu’aujourd’hui », les défis et difficultés liés à cette conservation restent assez nombreux. En effet, l’absence de véritables politiques habilitantes pour la préservation et l’accès aux patrimoines documentaires, la diminution des fonds disponibles pour les archives, les bibliothèques et les musées, constituent des facteurs qui augmentent le risque de perte permanente du patrimoine, a-t-il souligné.

Lire aussi Pour atteindre l’égalité des genres dans l’éducation, l’UNESCO formule six (6) recommandations

Parmi les facteurs de perte des patrimoines, M. Fricker note les conflits armés, les effets du changement climatique comme la montée des mers. Certains de ces facteurs peuvent causer aux patrimoines documentaires des dégâts énormes soit par leur pillage ou l’organisation de leur trafic de façon illicite, a-t-il précisé.

Les lacunes politiques

Au cours de ce dialogue politique virtuel, les lacunes politiques dans la préservation numérique du patrimoine documentaire en péril ont été abordées par les participants. Ce fut l’occasion pour le directeur général adjoint de l’UNESCO de faire comprendre les principaux volets thématiques de cette rencontre : l’innovation technologique, les cadres juridiques, l’identité culturelle et la durabilité du point de vue environnementale, sociale et économique.

Selon Dr Xing Qu, « Protéger, conserver, préserver, mettre en catalogue, diffuser ces archives est un devoir moral ». Car toutes les générations ont un droit inaliénable d’avoir accès aux archives de leur passé, estime-t-il. À l’en croire, c’est la raison d’être de « Mémoires du monde » qui vise surtout une large sensibilisation sur l’importance de ces archives.

Plus d’investissement

C’est pourquoi le directeur général adjoint de l’UNESCO a souligné la nécessité d’investir davantage dans la préservation du patrimoine documentaire. Il prouve le bien-fondé de ce financement par le fait que dans plusieurs pays, le manque de financement dû en grande partie à la covid-19 a privé l’accès du public au musée, bibliothèque, archives. À ses dires, il importe d’avoir un accès universel aux patrimoines documentaires. Pour ce faire, il propose la mise en place de bonnes politiques nationales et institutionnelles afin de mieux gérer les risques de perte naturelle ainsi que les risques liés à l’homme. D’où, selon lui, l’importance de la conservation numérique des patrimoines documentaires. Cette innovation technologique semble nécessaire, aux yeux de M. Fricker, puisque la plupart des patrimoines documentaires sont conservés sur des bandes magnétiques qui sont devenues obsolètes de nos jours.  

Lire aussi Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO : « Les livres ont la capacité unique à la fois de divertir et d’enseigner »

Le dialogue politique du 27 octobre 2020 a eu lieu en deux sessions. La première session a abordé des questions de l’identité culturelle et de la durabilité. Quant à la seconde, elle a abordé la technologie et les cadres juridiques. Plus de 1000 participants étaient inscrits à cette séance de discussion en ligne. 

Aux dires du directeur général adjoint de l’UNESCO, les résultats de cette discussion seront présentés « dans un rapport détaillant les messages clés et les recommandations politiques, qui alimenteront par la suite le 2e Forum politique mondial de la Mémoire du monde, prévu pour 2021, sur la réduction et la gestion des risques de catastrophe pour la préservation durable du patrimoine documentaire ».

Fousseni Togola

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