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bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans le monde en 2020
Sécurité

En raison du coronavirus, les exactions contre les journalistes quadruplées (RSF)

by Sahel Tribune 17 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans la première partie de son bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans le monde en 2020, le Reporter sans Frontières (RSF) déplore l’augmentation des exactions contre les femmes journalistes. Le RSF indique également que la pandémie du coronavirus a été un facteur multiplicateur de ces exactions.

Le nombre de femmes journalistes en détention dans le monde est en hausse de 35 %. 42 d’entre elles ont été privées de leur liberté, fin 2020, contre 31, l’année dernière, déplore le RSF qui indique qu’au total 387 journalistes ont été emprisonnés pour avoir exercé leur métier d’information, 54 ont été pris en otage et 4 ont été portés disparus, au cours de cette année 2020. En tout cas, c’est ce que nous dit le Reporter sans frontières (RSF) dans la première partie de son bilan annuel des exactions commises contre les journalistes dans le monde, publié le lundi 14 décembre 2020.

« 14 journalistes, arrêtés dans le cadre de leur couverture »

Pour la deuxième année consécutive, la Chine, l’Égypte, l’Arabie Saoudite, le Vietnam et la Syrie sont les pays où les journalistes subissent le plus d’exactions. 61 % des hommes de média ont été privés de leur liberté dans ces pays.

Selon le RSF, la pandémie du coronavirus a eu un impact réel dans l’augmentation des interpellations et des « arrestations arbitraires ». Entre les mois de mars et mai 2020, début de la propagation du coronavirus dans le monde, le nombre d’interpellations et « d’arrestations arbitraires » a été multiplié par 4, précise-t-on. Le RSF indique que ces interpellations et arrestations représentaient 35 % des exactions recensées devant les violences physiques ou les menaces, qui correspondent à 30 % des violations enregistrées, entre début février et fin novembre 2020. « 14 journalistes, arrêtés dans le cadre de leur couverture de l’épidémie, se trouvent toujours sous les verrous à ce jour », déplore le RSF.

Ces chiffres ont des implications

 Le secrétaire général du RSF, Christophe Deloire estime que « près de 400 journalistes vont passer les fêtes derrière les barreaux, loin des leurs et dans des conditions de détention qui mettent parfois leur vie en danger ». Toutefois, il souligne que « ces chiffres confirment [NDLR] l’impact de la crise sanitaire sur la profession et le fait inacceptable que certains de nos collègues payent de leur liberté, la quête de la vérité. Ils confirment aussi que les femmes journalistes, de plus en plus nombreuses dans la profession, ne sont pas épargnées par la répression. »

À titre de rappel, le RSF établit chaque année, depuis 1995, le bilan annuel des exactions commises à l’encontre des hommes de média tout au long de l’année en procédant à une collecte d’informations permettant d’affirmer que la détention ou l’enlèvement d’un journaliste est une conséquence directe de l’exercice de sa profession.

Ce bilan annuel sera publié le 29 décembre prochain.

Bakary Fomba, stagiaire

17 décembre 2020 0 comments
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antenne de reanimation et de chirurgie de sauvetage a Menaka EMA
Sécurité

Sécurité au Mali : une antenne de réanimation et de chirurgie de sauvetage déployée à Ménaka

by Sahel Tribune 17 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Pour la prise en charge rapide des blessés de guerre, Barkhane vient de déployer une antenne de réanimation et de chirurgie de sauvetage (ARCS) à Ménaka.  

Pour la toute première fois, une antenne de réanimation et de chirurgie de sauvetage (ARCS) de la force française au Mali, Barkhane, vient d’être déployée en opération extérieure. La base opérationnelle avancée (BOA) de Ménaka, au nord du Mali, est l’heureuse bénéficiaire de cette antenne qui permettra une prise en charge des blessés de guerre, a précisé l’État-major des armées françaises, mardi 15 décembre 2020. « Cette structure a pour fonction de fournir une capacité d’accueil et de déchoquage, un bloc opératoire et une expertise réanimatoire et chirurgicale au plus près des combattants », indique la même source.

« L’ARCS n’hospitalise pas sur le long terme »

Le médecin principal, spécialisé en chirurgie viscéral, Maryam compare la technique de réanimation utilisée dans cette antenne à celle utilisée pour sauver un navire « victime d’une voie d’eau » et qui « menace de sombrer ». À l’en croire, « il faut colmater la coque au plus vite », « ensuite le navire sera mené à bon port pour y être définitivement réparé ». Selon Maryam, « l’équipe de l’ARCS travaille selon cette même logique née de la marine américaine ». 

Selon l’État-major des armées françaises, « l’ARCS n’hospitalise pas sur le long terme, elle prodigue les soins vitaux avant l’évacuation du blessé vers une structure chirurgicale de théâtre d’un niveau supérieur (groupement médico-chirurgical de Gao) ou un Hôpital d’instruction des armées (HIA) en France ».

Fonctionnement et composition de l’ARCS

Le médecin principal Sylvain, médecin anesthésiste réanimateur, donne plus de précision sur la technique qu’utilise l’équipe de l’ARCS lorsque le devoir l’appelle. « Projetée par avion ou hélicoptère, il faut deux heures à mon équipe pour avoir la capacité d’agir. Sur un sol nu, à côté d’une source d’énergie et d’un poste médical avancé, nous installons quatre grandes tentes modulables et tout le matériel nécessaire à nos interventions », précise-t-il.

L’ARCS est composé d’un anesthésiste réanimateur, un chirurgien viscéral, un chirurgien de la tête et du cou, et un chirurgien orthopédiste. Quant à l’équipe paramédicale, elle est composée de quatre infirmiers de soins généraux, deux infirmiers anesthésistes, deux infirmiers de bloc opératoire et un responsable des parties logistique, administrative et tactique. L’État-major indique dans son communiqué que « l’ARCS peut accueillir au plus près de la zone d’action huit blessés par jour dont quatre graves ».

Togola

17 décembre 2020 0 comments
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ISS
Santé

Lutte contre la covid-19 : plus de 250 millions de jeunes se donnent la main

by Sahel Tribune 17 décembre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

En vue de faire barrage aux incidences néfastes de la covid-19 sur les jeunes, plusieurs organisations de jeunes, de part et d’autre le monde, se donnent la main. L’initiative est soutenue par des organisations internationales, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Six grandes organisations réunissant plus de 250 millions de jeunes se sont mobilisées pour faire face aux impacts de la pandémie du covid-19 sur les jeunes dans le monde, indique l’OMS, la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), et la fondation des Nations unies, dans un communiqué conjoint. Cette coalition mondiale de jeunes contre la covid-19 a été lancée le 14 décembre 2020.

Les grands chantiers de la coalition

Une fois lancée, cette alliance des plus grands mouvements et organisations de jeunes au monde entend planter le décor. Elle prévoit de tenir un Sommet mondial en avril 2021. En plus de ce sommet, le « financement de programmes exécutés à l’échelon local, la participation des jeunes à la recherche de solutions pour faire face à la COVID-19 » sont également prévus dans le cadre de cette coalition de jeunes. En vue de soutenir des organisations de jeunes au niveau local et national, 5 millions de dollars américains seront débloqués, a-t-on indiqué. Ce fonds inclut des subventions pour « appuyer la recherche de solutions par les jeunes et un programme visant à intensifier les mesures de riposte existantes », précise l’OMS dans un communiqué du 14 décembre 2020. 

Une initiative largement appréciée

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, s’est réjoui de cette initiative : « C’est un honneur pour l’OMS de se joindre à ce mouvement mondial véritablement prometteur et puissant destiné à mobiliser les jeunes du monde entier et à leur donner des moyens d’action, afin qu’ils soient l’élément moteur du rétablissement face à la COVID-19 ».

Dans une déclaration conjointe, les dirigeants des Big 6 ont montré toute leur satisfaction du lancement de cette initiative qui montre l’engagement des jeunes dans la lutte contre cette maladie. « Nous sommes fiers de faire équipe avec l’OMS pour fournir des ressources et des financements destinés à aider des millions de jeunes dans le monde à relever les défis liés à la COVID-19 au niveau local », souligne-t-on avant de soutenir : « La mobilisation permettra d’apporter un soutien financier direct aux organisations nationales et internationales de jeunes, ainsi qu’une aide directe en matière de programmes ». 

Selon l’OMS, cette « initiative, organisée en consultation avec des jeunes du monde entier, sera dirigée par des jeunes, axée sur les communautés, fondée sur des données probantes et associera différentes communautés reposant sur une participation et une contribution significatives des jeunes ».  

Au cours du lancement de cette initiative, un appel international a été lancé pour soutenir « l’action de la Mobilisation mondiale de la jeunesse et à s’engager à investir dans l’avenir des jeunes ».

Chiencoro

17 décembre 2020 0 comments
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Logo Alliance Sahel
Sécurité

« Il est urgent de continuer à se mobiliser pour garantir les droits des femmes et des filles », selon Mme Arancha González Laya

by Sahel Tribune 16 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans une déclaration du 14 décembre 2020, sur la mise en œuvre de la Résolution 1325 des Nations unies, la présidente de l’Assemblée générale de Alliance Sahel, Mme Arancha González Laya appelle à se mobiliser pour la défense des droits des femmes et des filles.

L’insécurité, la pauvreté, les pressions démographiques ou le changement climatique constituent entre autres des facteurs qui contribuent à l’exclusion de beaucoup de populations du sahel, notamment les plus vulnérables, du développement. Dans une déclaration du 14 décembre 2020, la ministre espagnole des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération en sa qualité de présidente de l’Assemblée générale de Alliance Sahel, Mme Arancha González Laya a indiqué que « les femmes et les filles ne jouissent pas d’un plein accès à leurs droits de participation à la société dans toutes leurs dimensions, sociaux, économiques, culturels et politiques. »

« Il est urgent de continuer à se mobiliser »

Dans le sahel, les femmes et les filles sont victimes de violences et de discrimination dans de nombreux domaines (éducation, santé, économie, accès au foncier et à la justice, violences basées sur le genre), précise Mme Arancha González Laya. À l’en croire, la détérioration de la situation sécuritaire et les conséquences de la pandémie de covid-19 ont porté un coup cinglant aux conditions des femmes et des filles dans le sahel.

Rappelant la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies (UNSCR 1325) portant sur les femmes, la paix et la sécurité, dont 2020 marque le 20e anniversaire, et la Feuille de Route Genre de l’Alliance Sahel en 2019, Mme Arancha González Laya tire la sonnette d’alarme : « Il est urgent de continuer à se mobiliser pour garantir les droits des femmes et des filles, promouvoir leur rôle dans les opérations de paix, les missions de sécurité et les processus de paix et de transitions politiques, et leur donner les moyens d’avoir une représentation et un pouvoir égaux dans les processus et les instances de décision »

L’alliance Sahel est déjà engagée sur ce chantier à travers sa vocation à répondre à ces enjeux et renforcer l’intégration de l’agenda UNSCR 1325 dans ses messages politiques. Elle soutient des projets d’autonomisation des femmes et des filles dans plusieurs pays du sahel.

Chiencoro

16 décembre 2020 0 comments
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Amadou Keita ministre de lEnseignement superieur et de la Recherche scientifique 1
Éducation

Sécurisation de l’espace universitaire : le ministre Kéïta engage à la mise en œuvre des décisions prises

by Sahel Tribune 16 décembre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Pour la sécurisation de l’espace scolaire et universitaire, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique engage à la mise en œuvre des mesures prises pour la sécurisation de l’espace scolaire et universitaire du Mali.

Les Plans d’action issus des feuilles de route des recommandations du Forum national sur l’insécurité en milieu scolaire et universitaire ne resteront pas cette fois-ci une lettre morte. En effet, après la rencontre du 27 novembre 2020, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Amadou Kéïta a adressé des correspondances, le 15 décembre 2020, aux recteurs d’université ; aux directeurs des grandes écoles, des Instituts ; au directeur du Centre national des œuvres universitaires (CENOU) ; au ministre de la Sécurité et de la Protection civile, pour les engager dans la mise en œuvre diligente des mesures adoptées.

Mise en place des groupes de sécurité universitaire (GSU)

Pour résoudre la situation « sécuritaire préoccupante » dans les espaces universitaires du Mali, le ministre en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a ordonné aux recteurs des différentes universités d’élaborer des décisions fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement des GSU.

Pour l’opérationnalisation de ces groupes de sécurité universitaire (GSU), le ministre Kéïta demande à celui de la Sécurité et de la Protection civile d’affecter à son département ministériel cinq (5) fonctionnaires (Sous-Officiers supérieurs) de Sécurité Défense pour animer ces GSU.

Au sujet de la sécurité dans les Cités universitaires, le ministre Amadou Keïta demande l’opérationnalisation des postes de sécurité crées dans les Cités universitaires de Kabala (04), Badalabougou (03) et de l’IPR/IFRA de Katibougou (01). En plus de cela, avec la collaboration des recteurs, Pr Kéïta demande l’organisation des patrouilles et fouilles périodiques dans les Cités universitaires de Kabala, de Badalabougou, du Point G, de Ségou et de l’IPR/IFRA de Katibougou.

Libération des domaines universitaires illégalement occupés

Pr Kéïta invite à déguerpir tous les domaines universitaires illégalement occupés par les parkings, gargotes, kiosques et autres installations dans un délai d’un (1) mois. Le ministre rappelle à cette occasion que « les parkings, gargotes, kiosques et autres installations dans les espaces sociaux des domaines universitaires sont gérés par le CENOU et ceux dans les espaces pédagogiques ainsi que leurs servitudes (alentours) sont gérés par les Institutions d’Enseignement supérieur et de recherche respectives. »

Protocoles signés entre l’AEEM et le CENOU

Pr Kéïta, s’adressant cette fois-ci au directeur général du CENOU, demande la dénonciation de tous les protocoles signés entre cette structure et l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) et de lui « rendre compte sous
dizaine ».

Notons que depuis l’adoption de cette feuille de route en 2018 et la Charte sur le vivre-ensemble dans les institutions d’enseignements supérieurs et les campus sociaux, en 2019, la violence continue d’être une réalité qui gangrène le milieu universitaire au Mali. Pr Kéïta s’est engagé, depuis son arrivée, à trouver une solution à ce fléau.

Bakary Fomba, stagiaire

16 décembre 2020 1 comment
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Des hommes qui detourneraient lor malien
Les démystificateurs du Sahel

#PhileinCheck : cette vidéo accusant des Français est hors contexte

by Sahel Tribune 16 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans une vidéo partagée des milliers de fois, depuis une année, des Français sont accusés de contrebande d’or au Mali. Selon nos recherches, il s’agit d’une vidéo qui a été tournée au Ghana en décembre 2019.

Dans une vidéo de trois minutes, des hommes présentés comme des Français ouvrant une caisse contenant des lingots d’or, continue son chemin dans les différents groupes WhatsApp. Ces hommes qui ouvrent la caisse emploient un français qui donne à douter de leur nationalité française. Sur cette courte vidéo, sur laquelle aucune explication n’est donnée, le logo de Kati 24, un groupe de média, web TV, journal écrit et en ligne au Mali est apposé. Aucune précision, ni la date ni le lieu, n’est donnée sur cette vidéo.

À travers quelques recherches sur le net, nous avons retrouvé la vidéo sur plusieurs chaînes YouTube, notamment celle-ci. Une chaîne qui compte 567 233 abonnés. La vidéo publiée en septembre 2019 enregistre30 400 vues et 90 commentaires. Le même contenu est repris par cette chaîne qui indique qu’« en présence d’observateurs internationaux, des douaniers maliens ont découvert la contrebande d’or vers la France par l’armée française sur ordre de l’Élysée. » Cette description nous a conduits à remonter vers une vieille vidéo publiée par Universal News Tv en novembre 2020. Cette vidéo, malgré qu’elle ait été vérifiée par des médias nationaux et internationaux comme fausse, est devenue virale avec 286 562 vues et 1 221 commentaires.

Selon des commentaires sur cette vidéo de Universal News TV, cette vidéo a été tournée au Ghana en 2019. En effet, selon ce site internet, il s’agit de l’arrestation d’un Ghanéen « à l’aéroport international de Kotoka », le principal aéroport du Ghana, qui tentait de faire sortir « plus de 2 400 kg de lingots d’or vers l’Europe ».

Ce qui est sûr, dans ladite vidéo, nous n’apercevons ni de douanier malien ni de militaire français lors de l’ouverture de la caisse montrée en gros plan. Or, Universal New TV précise que c’est les douaniers maliens qui ont « stoppé la contrebande d’or des soldats français ».

Des représentations françaises au Mali contactées au sujet de cette vidéo ont démenti à l’unanimité le contexte de la vidéo.

Togola

16 décembre 2020 0 comments
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Bah Ndaw a Abdijan
Politique

Mali : le coup de poing qui divise et rassemble

by Sahel Tribune 16 décembre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Lors de sa visite en Côte d’Ivoire, lundi 14 décembre 2020, le président de la transition malienne, Bah Ndaw a rencontré la diaspora malienne. À cette occasion, le chef de l’État s’est prononcé sur les grèves enclenchées au Mali. Ce discours a été un coup cinglant qui divise les Maliens et rassemble les syndicats dans un même camp.

« Aucune personne consciente ne doit déclencher une grève pendant cette transition à moins d’être un malade mental », a déclaré le président de la transition malienne, en Bamanankan, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 14 décembre 2020, lors de sa rencontre avec la diaspora malienne. Ces propos sont la goutte d’eau qui a débordé la vase. Ils ne sont pas passés inaperçus des syndicats qui l’ont considérés comme une « Insulte à leur égard ».

Un discours qui ne « ne favorise pas un climat de confiance »

En effet, une telle position dure de la part du premier responsable de l’État alors que le pays est paralysé par des grèves syndicales ne peut contribuer qu’à mettre le feu aux poudres. Elle favorise la méfiance, la radicalisation des parties syndicales au lieu de contribuer au dialogue. C’est ce qu’a expliqué la Conférence des présidents de la Coalition des Forces patriotiques (COFOP) dans son communiqué du 15 décembre 2020. Selon la COFOP, le président de la Transition « en traitant ainsi les grévistes de malades mentaux, ne favorise pas un climat de confiance déjà très fragile en cette période de gestion transitoire de notre pays ».

« La nuit qui sera belle se sent depuis à la tombée du soleil », dit-on. En raison de ces propos prononcés avec une grande fermeté, le Bureau exécutif de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), qui a entamé une grève de cinq jours le lundi dernier, « a décidé de rompre toute négociation avec le Gouvernement du Mali jusqu’à nouvel ordre », le mardi dernier.

La « volonté affichée d’envahir la représentation de l’État »

 Quant aux syndicats de la Plateforme d’Action commune (SYLTMAT, SYNAC, SYNTRACT et CS-ADR), ceux-ci estiment que ces menaces vis-à-vis des administrateurs civils ne sont pas fortuites. Elles sont, pour eux, «  l’expression de leur [des autorités de la transition NDLR] volonté affichée d’envahir la représentation de l’État par les petits copains abandonnant les nombreux champs de bataille pour des postes plus tranquilles et moins risqués ». Selon les syndicats des administrateurs civils, qui ont été nommément pris en exemple par Bah N’Daw dans son discours, la volonté de les remplacer trouve sa justification dans « la relecture forcée et en catimini en cours du Décret n° 2015-0067/P-RFM du 13 février 2015 déterminant les conditions de nomination et des attributions des chefs de circonscription administrative et la nomination de plus d’une centaine de porteurs d’uniformes dans les jours et semaines venir ».

Toutefois, la Plateforme d’action commune se dit rassurer et déterminer : « Aucune Insulte, aucune menace, aucun chantage ne saurait nous ébranler et nous dévier de notre combat pour plus de sécurité dans notre travail, plus de justice et d’équité et pour plus de respect à notre corporation. »

Bah Ndaw rectifie-t-il le tir ?

Avant d’exprimer son soutien à l’action des centrales syndicales et inviter les autorités de la transition à la retenue, la COFOP a, quant à elle, rappelé aux autorités de la transition que « la gestion de l’État étant une continuité, la Transition est tenue de reprendre correctement en charge les problèmes hérités de la précédente gouvernance »

Bah N’daw semble s’être rendu compte de la gravité de la situation. De passage en Guinée Conakry, le 15 décembre 2020, en provenance d’Abidjan, le chef de l’État a tenté de rectifier le tir, selon une publication de la présidence de la République : « En aucun moment, il n’a été question de l’illégalité de l’action. Le Président de la Transition, lors de son investiture, au cours de laquelle il a tenu un discours engagé et rassembleur, est toujours resté constant dans ses prises de décisions. Seul l’intérêt supérieur de la Nation prévaut. »

Tout compte fait, ce discours du locataire de Koulouba a été un coup cinglant qui divise l’opinion malienne, mais rassemble la quasi-totalité des syndicats ainsi que des partis politiques.

Togola

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