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Journee mondiale de la preservation
Seko ni Donko

« Protéger, conserver, préserver, mettre en catalogue, diffuser ces archives est un devoir moral » (Dr Xing Qu)

by Sahel Tribune 28 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Dans le cadre de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, le programme Mémoire du monde de l’UNESCO à travers le sous-comité de préservation du Comité consultatif international (CCI) du programme et en partenariat avec l’Information pour tous (IFAP) a organisé un Dialogue politique virtuel, mardi 27 octobre 2020, sur la préservation du patrimoine documentaire. Plusieurs recommandations sont sorties de cette rencontre.

« La pandémie est en train de réécrire notre présent. Un grand nombre d’enseignements utiles sur la façon d’aborder cet événement [la pandémie ndlr] sans précédent peut être tiré du passé et servir de fenêtre sur le monde », a expliqué Dr Xing Qu, directeur général adjoint de l’UNESCO lors du lancement du Dialogue politique virtuel sur la préservation du patrimoine documentaire. À l’en croire, les archives contiennent des réponses à de nombreuses questions contemporaines, notamment les impacts sociaux des épidémies précédentes, comme la grippe espagnole, qui a tué 50 millions de personnes entre 1918 et 1920. Sans les archives, il est difficile que le présent interroge le passé, a-t-il fait savoir. Dr Xing Qu reste persuadé qu’en absence d’archives, il serait impossible de parler de mémoire, de justice ou encore de réconciliation.

Problèmes de conservation

Pourtant, la conservation des archives pose un réel souci en ce 21e. Selon David Fricker, président du Conseil international des archives, bien vrai qu’« à l’ère du numérique, la préservation numérique de la mémoire collective de l’humanité n’a jamais été plus importante qu’aujourd’hui », les défis et difficultés liés à cette conservation restent assez nombreux. En effet, l’absence de véritables politiques habilitantes pour la préservation et l’accès aux patrimoines documentaires, la diminution des fonds disponibles pour les archives, les bibliothèques et les musées, constituent des facteurs qui augmentent le risque de perte permanente du patrimoine, a-t-il souligné.

Lire aussi Pour atteindre l’égalité des genres dans l’éducation, l’UNESCO formule six (6) recommandations

Parmi les facteurs de perte des patrimoines, M. Fricker note les conflits armés, les effets du changement climatique comme la montée des mers. Certains de ces facteurs peuvent causer aux patrimoines documentaires des dégâts énormes soit par leur pillage ou l’organisation de leur trafic de façon illicite, a-t-il précisé.

Les lacunes politiques

Au cours de ce dialogue politique virtuel, les lacunes politiques dans la préservation numérique du patrimoine documentaire en péril ont été abordées par les participants. Ce fut l’occasion pour le directeur général adjoint de l’UNESCO de faire comprendre les principaux volets thématiques de cette rencontre : l’innovation technologique, les cadres juridiques, l’identité culturelle et la durabilité du point de vue environnementale, sociale et économique.

Selon Dr Xing Qu, « Protéger, conserver, préserver, mettre en catalogue, diffuser ces archives est un devoir moral ». Car toutes les générations ont un droit inaliénable d’avoir accès aux archives de leur passé, estime-t-il. À l’en croire, c’est la raison d’être de « Mémoires du monde » qui vise surtout une large sensibilisation sur l’importance de ces archives.

Plus d’investissement

C’est pourquoi le directeur général adjoint de l’UNESCO a souligné la nécessité d’investir davantage dans la préservation du patrimoine documentaire. Il prouve le bien-fondé de ce financement par le fait que dans plusieurs pays, le manque de financement dû en grande partie à la covid-19 a privé l’accès du public au musée, bibliothèque, archives. À ses dires, il importe d’avoir un accès universel aux patrimoines documentaires. Pour ce faire, il propose la mise en place de bonnes politiques nationales et institutionnelles afin de mieux gérer les risques de perte naturelle ainsi que les risques liés à l’homme. D’où, selon lui, l’importance de la conservation numérique des patrimoines documentaires. Cette innovation technologique semble nécessaire, aux yeux de M. Fricker, puisque la plupart des patrimoines documentaires sont conservés sur des bandes magnétiques qui sont devenues obsolètes de nos jours.  

Lire aussi Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO : « Les livres ont la capacité unique à la fois de divertir et d’enseigner »

Le dialogue politique du 27 octobre 2020 a eu lieu en deux sessions. La première session a abordé des questions de l’identité culturelle et de la durabilité. Quant à la seconde, elle a abordé la technologie et les cadres juridiques. Plus de 1000 participants étaient inscrits à cette séance de discussion en ligne. 

Aux dires du directeur général adjoint de l’UNESCO, les résultats de cette discussion seront présentés « dans un rapport détaillant les messages clés et les recommandations politiques, qui alimenteront par la suite le 2e Forum politique mondial de la Mémoire du monde, prévu pour 2021, sur la réduction et la gestion des risques de catastrophe pour la préservation durable du patrimoine documentaire ».

Fousseni Togola

28 octobre 2020 0 comments
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Agrostis castellana est utilisee sur danciens sites miniers pour ses capacites depolluantes
Climat et environnement

Quand les plantes aident à dépolluer d’anciens sites miniers

by Sahel Tribune 28 octobre 2020
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Fabienne Battaglia-Brunet, BRGM

Imaginez un terrain à l’abandon, envahi par les mauvaises herbes… quoi de plus banal ? Mais c’est justement cette « banalité » qui est recherchée – et parfois difficile à obtenir – sur les sites d’anciennes mines. Car pour maîtriser les risques liés aux pollutions d’anciennes exploitations, micro-organismes et plantes sont mis à contribution. Ce « travail d’équipe » porte un nom : la phytostabilisation.

Le procédé a d’autant plus intérêt qu’il s’agit d’une technique écologique peu onéreuse, et que la France compte plus de 2000 dépôts de mines métalliques à traiter.

Pour comprendre la pollution des sites miniers, il faut remonter à leur « genèse », l’activité minière. Afin d’accéder aux métaux intéressants, les mineurs doivent extraire de grandes quantités de roche. Puis, lorsque le filon concentré est atteint, il est nécessaire de broyer le minerai pour n’en retenir que la partie la plus concentrée en métal. Le résidu est généralement rejeté et déposé à proximité du site d’extraction.

En quoi ces résidus représentent-ils une source potentielle de pollution ? C’est qu’ils contiennent des éléments métalliques et d’autres substances toxiques, comme l’arsenic par exemple. Le hic étant que ces résidus, plages ou tas de sable, peuvent disséminer leurs poussières toxiques. Souvent, les minéraux économiquement intéressants correspondent aux sulfures métalliques, riches en soufre et en fer. Exposés à l’atmosphère et aux intempéries, ils sont dissous par des bactéries qui tirent leur énergie de leur oxydation.

Vue de la mine de cuivre à ciel ouvert de Küre (Turquie, 2012). Francis Cottard/BRGM, Author provided

Cela peut produire des eaux acides polluées, généralement riches en fer et autres métaux. Or, les scientifiques ont découvert que des micro-organismes et des plantes pouvaient contribuer à piéger ces polluants.

Différents mécanismes contribuent à réduire la mobilité de ces polluants : les plantes peuvent retenir les particules de résidu dans leurs racines, modifier ou empêcher la circulation d’eau à travers le résidu, et les métaux sont piégés autour des racines par des processus pouvant associer plantes et micro-organismes.

Une ancienne mine d’argent du Massif central

Dans le cadre du projet scientifique Phytoselect – soutenu par la région Centre Val de Loire et coordonné par l’Institut des sciences de la Terre d’Orléans avec la participation du BRGM – ce procédé de phytostabilisation a fait l’objet d’une évaluation approfondie.

Un résidu sableux et acide, riche en plomb et arsenic, a été prélevé sur le site de l’ancienne mine d’argent de Pontgibaud, dans le Puy-de-Dôme. Des expériences de laboratoire à petite échelle ont tout d’abord permis de choisir les meilleurs ingrédients qui seront mélangés à ce sol toxique et pauvre en nutriments pour permettre aux plantes de pousser et neutraliser les effets de la pollution.

Sur le site de l’ancienne mine d’argent de Pontgibaud (Puy-de-Dôme). Projet Phytoselect/BRGM, CC BY-NC-ND
Tests de différents amendements en microcosmes. Cindy Gassaud/projet Phytoselect/BRGM, CC BY-NC-ND

Puis, plutôt que de passer directement des résultats de laboratoire « en pot » au test sur site, une phase intermédiaire a été réalisée dans un mésocosme métrique, soit une reproduction maîtrisée d’un petit morceau, à peu près d’un m3, du site réel.

Ce dernier permet ainsi d’étudier, dans les conditions contrôlées du laboratoire, le comportement des polluants sur un profil de dépôt de résidu, de sa surface à la nappe souterraine. Le mésocosme est équipé de l’éclairage nécessaire pour la croissance des plantes et d’un système d’arrosage contrôlé, ainsi que de systèmes de mesure et de prélèvement d’eau à chaque profondeur.

Représentation schématique du mésocosme. Hugues Thouin/projet Phytoselect/BRGM, CC BY-NC-ND

L’expérimentation en mésocosme fournit de la sorte une image complète de ce qui se passe à l’intérieur du massif de résidus miniers lorsque les plantes se développent à sa surface.

Un an après l’amendement de surface et le semis des plants d’Agrostis, une herbacée dont les graines ont été collectées sur le site d’étude, les racines se sont bien développées et ont efficacement piégé les particules polluantes. Le flux d’eau percolant à travers les résidus a été diminué par rapport à l’état initial, probablement grâce à l’amélioration de la capacité du système à retenir de l’eau interstitielle, mais également en raison de la quantité d’eau absorbée et « transpirée » par les plantes.

Profil du résidu phytostabilisé, un an après l’amendement et le semis. Hugues Thouin/projet Phytoselect/BRGM, CC BY-NC-ND
Particules de résidu minier associées aux racines d’Agrostis. Hugues Thouin/projet Phytoselect/BRGM, CC BY-NC-ND

Les données abondantes de cette expérience n’ont pas encore été entièrement exploitées, mais des variations importantes de paramètres le long du profil de résidu sont déjà observées : l’acidité, la diversité microbienne, les concentrations en métaux et autres substances dissoutes évoluent de la surface vers la profondeur.

Les mécanismes microbiens du piégeage

Quels rôles jouent les micro-organismes au cours du processus de phytostabilisation ?

Si certains contribuent à la dissémination des polluants par oxydation des sulfures présents dans les déchets, d’autres représentent des alliés précieux. Par exemple, des bactéries oxydent l’arsenic, le manganèse ou le fer, ce qui permet de piéger l’arsenic à la surface de particules, formées au cours des réactions d’oxydation. Au niveau des racines, des bactéries et champignons ont une action bénéfique sur la croissance des plantes.

Sulfures d’arsenic et d’antimoine recouvrant un biofilm. Extrait de la thèse d’Elia Laroche/BRGM, CC BY-NC-ND

Plus profondément dans le massif de résidu, d’autres bactéries, appartenant au groupe des sulfato-réductrices pourraient se développer en absence d’oxygène. Ces micro-organismes, lorsqu’on leur fournit une source d’énergie organique, font précipiter sous forme de sulfures divers métaux ainsi que l’arsenic ou l’antimoine.

Ainsi, des mécanismes microbiens, lorsqu’ils sont judicieusement maîtrisés, permettent de piéger sous forme de phases solides les polluants initialement dissous. Pour cette raison, l’évolution des populations de micro-organismes au cours de la mise en place du procédé de phytostabilisation, à différentes profondeurs, est très attentivement examinée.

En conclusion, les plantes et les micro-organismes peuvent contribuer à piéger les polluants d’origine minière, tels que les métaux et les métalloïdes. L’ingénierie inspirée par la nature peut contribuer de façon non négligeable à la réduction des risques autour des anciennes mines, à travers des procédés nécessairement adaptés aux conditions particulières de chaque site (minéralogie, topologie, hydrologie, biodiversité).

Fabienne Battaglia-Brunet, Chercheuse en microbiologie, BRGM

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

The Conversation
28 octobre 2020 0 comments
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OMS
Santé

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus : « Une pandémie n’est pas un football politique »

by Sahel Tribune 27 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tenu, lundi 26 octobre 2020, sa conférence de presse habituelle. Le directeur général de l’Organisation a saisi l’occasion pour inviter à la dépolitisation de la covid-19 et à l’adoption de mesure de protection pour non seulement les citoyens, mais surtout les agents de santé.

 « Une pandémie n’est pas un football politique. Un vœu pieux où un détournement délibéré n’empêchera pas les transmissions ni ne sauvera des vies », a déclaré Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS lors de la conférence de presse du lundi 26 octobre 2020 sur le Covid-19. En effet, faisant comprendre la recrudescence du nombre de cas de covid-19 dans de nombreux pays du monde, après que tous aient applaudi le recul de la maladie, le directeur de l’OMS reste sartrien.

Lire aussi Pandémie de coronavirus : voilà les cinq facteurs qui ont contribué à l’augmentation des violences faites aux femmes (ONU femmes)

À ses dires, chacun est responsable de lui-même, mais aussi de tous les autres en matière de protection contre cette pandémie ravageuse. Cela est nécessaire si le monde veut voir rapidement les verrous sautés. « Travailler à domicile, les enfants scolarisés à distance, ne pas pouvoir célébrer les jalons avec ses amis et sa famille ou ne pas être là pour pleurer ses proches — c’est dur et la fatigue est réelle », a-t-il indiqué pour inviter chaque citoyen à jouer son rôle dans la lutte contre cette maladie. Nul n’a le choix. Chacun est dans l’obligation de travailler dans le compromis. En tout cas, si nous voulons le déverrouillage du monde.

« Nous pouvons garder nos enfants à l’école, nous pouvons garder les entreprises ouvertes, nous pouvons préserver des vies et des moyens de subsistance. On peut le faire ! Mais nous devons tous faire des compromis, des compromis et des sacrifices », a souligné Dr Tedros pour indiquer que le monde ne peut pas encore vivre la vie d’avant la pandémie. 

Lire aussi Masques et protection : inhaler moins de coronavirus signifie tomber moins gravement malade

Les citoyens aussi bien que les gouvernants sont invités au respect des mesures barrières afin de gagner le combat contre cette maladie. « Avec ces mesures, vous pouvez rattraper ce virus, vous pouvez devancer ce virus et vous pouvez garder une longueur d’avance sur ce virus », explique Dr Tedros. 

Pour empêcher une autre flambée de la maladie à coronavirus, Dr Tedros invite les gouvernements au renforcement des systèmes de santé, des personnels de santé et des systèmes de recherche des contacts. En dehors de ces mesures, il estime qu’il n’existe aucune autre solution magique à cette flambée. À l’en croire, les pays ayant réussi à supprimer ce virus n’ont d’autres secrets que cela.

Toutefois, il invite à arrêter « la politisation du COVID-19 ». Le patron de l’OMS demande aux dirigeants d’agir rapidement et délibérément pour la mort et l’enterrement de ce virus.

Lire aussi Impact du coronavirus sur le pastoralisme : le CILSS prévient sur des risques de tension

Rappelons que la semaine dernière, l’OMS a organisé son premier cours d’apprentissage en ligne sur la santé et la migration. Un aspect qui n’est pas grandement pris en compte par la santé mondiale. À cette occasion, l’OMS a montré la nécessité pour les pays d’inclure les réfugiés et les migrants dans leurs politiques nationales. Une inclusion qui entrera dans le cadre de leur « engagement en faveur de la couverture sanitaire universelle ».

F. T

27 octobre 2020 0 comments
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Jean Yves Le Drian au Mali
Sécurité

Dialogue avec les djihadistes : il est temps de sauter le pas !

by Sahel Tribune 27 octobre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

La problématique du dialogue avec les djihadistes alimente à nouveau les débats. Les uns plus optimistes, les autres plus réservés. Néanmoins, il convient de reconnaitre qu’il est temps de sauter le pas.

« J’ai le devoir et la mission de créer tous les espaces possibles et de tout faire pour que, par un biais ou un autre, nous parvenions à un apaisement. Il est temps que certaines voies soient explorées […]. Nous ne sommes pas des gens butés, bloqués ou obtus », déclarait l’ex-président de la République malienne, Ibrahim Boubacar Kéïta. En effet, après avoir été longtemps un opposant farouche au dialogue avec les djihadistes, l’ex-président malien avait fini par céder en reconnaissant la nécessité d’explorer la voie du dialogue dans la résolution de la crise sécuritaire dans son pays. Après sa chute, le 18 août 2020, la problématique du dialogue avec les groupes djihadistes qui sèment le chaos dans tout le sahel refait surface. 

Lire aussi [Tribune] Crises au Sahel: Faire taire les armes, pas les peuples

Dans une interview accordée, lundi 19 octobre 2020, au quotidien français Le Monde, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, revient sur l’aporie du dialogue avec les djihadistes. Il reconnait la nécessité de dialoguer, tout en mettant un bémol. À l’en croire, avec des groupes « radicaux » comme le groupe État islamique (EI), il est difficile d’emprunter la voie du dialogue. « Il y aura des groupes avec lesquels nous pourrons parler, et qui auront intérêt à s’engager dans ce dialogue pour devenir des acteurs politiques à l’avenir », a-t-il déclaré au micro de nos confrères du journal Le Monde. Et de préciser : « Mais il y a encore ceux dont le radicalisme terroriste est tel qu’il n’y aura rien à faire avec eux ».

Pourtant, au Mali ainsi que dans plusieurs régions du sahel, l’insécurité semble avoir le vent en poupe. Cela fait près de deux semaines que la mission de maintien de la paix des Nations unies au Mali, MINUSMA, a essuyé une double attaque au nord du Mali. Celle-ci est intervenue après la mort de 12 civils et de près de 11 soldats maliens dans des attaques dans le centre du pays. En plus de tous ces faits, le village de Farabougou, dans la quatrième région du Mali, Ségou, a passé deux semaines assiégé par les djihadistes.

C’est à la suite de cette aggravation de la situation sécuritaire, que le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), Smail Chergui a invité au dialogue avec les djihadistes dans ces régions. Comme argument pour prouver la possibilité et la nécessité de ce processus, il a évoqué l’Afghanistan, « où les États-Unis et les talibans ont convenu d’une trêve fin février, comme modèle possible ». 

Cet appel de Chergui n’a pas tardé à trouver des échos. Antonio Guterres apporte la précision suivante : « En Afghanistan, il existe un groupe terroriste avec lequel le dialogue est impossible, c’est l’État islamique ». Et de préciser les raisons : « Sa vision est si radicale qu’il n’y a aucune perspective de discussion. » 

Lire aussi Lutte contre le djihadisme au Mali: deux morts et un blessé dans les rangs de la force Barkhane

Selon le secrétaire général de l’ONU, ce dont le sahel a besoin, ce n’est pas un déploiement sécuritaire, mais « plus de solidarité internationale ». 

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, Jean Yves Le Drian, au cours de sa visite de deux jours au Mali, les 25 et 26 octobre, a exprimé quant à lui, une position plus radicale. Il fait savoir l’impossibilité de dialoguer avec les groupes djihadistes lies à Al-Qaïda et au groupe État islamique qui sévissent au Mali, voire dans le sahel. « Disons les choses très clairement : il y a les accords de paix (..) et puis il y a les groupes terroristes qui n’ont pas signé les accords de paix (…) Les choses sont simples », a-t-il fait comprendre. Notons quand même que cette position de la France n’est pas nouvelle.

Lire aussi Comment faut-il dialoguer avec les terroristes ?

Toutefois, il convient de faire remarquer qu’il est temps de sauter le pas face à la recrudescence de l’insécurité au Mali et dans le Sahel. Car le pouvoir d’action des autorités de ces pays face aux groupes terroristes qui sévissent sur leur territoire est assez limité.

Chiencoro

27 octobre 2020 0 comments
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Universite de Segou
Éducation

Université de Ségou : imbroglio autour de la nomination d’un recteur

by Sahel Tribune 26 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La nomination du nouveau Recteur de l’Université de Ségou peine à voir le jour et est entourée de plus en plus par un halo de démarches nocturnes de certains auprès des conseillers techniques de l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur qui désirent coûte que coûte avoir les rênes du rectorat au détriment du plus méritant.

Depuis quelques années, les autorités maliennes crient sur tous les toits leur volonté de promouvoir l’excellence dans les écoles et universités. Pourtant, bien de pratiques, assimilables à de la corruption, se passent dans ces espaces et qui ne favorisent nullement cette politique. En effet, suivant l’avis de vacances de poste N° 2019 -0004MESRS-SG du 27 décembre 2019, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a lancé un appel à candidatures pour la fonction de Recteur de l’université.

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Suite à cet appel à candidatures, il nous revient qu’au départ, certains proches du ministre sortant auraient voulu imposer des « candidats externes ». Cette proposition aurait été rejetée par le syndicat de l’université qui exigeait une candidature « interne ». C’est ainsi qu’une première présélection de candidatures internes a été mal faite. À la suite d’une seconde présélection des dossiers de candidature, les bruits de couleur annonçaient un favoritisme dans la présélection des dossiers au poste de recteur. Si certains évoquaient le favoritisme issu de l’esprit partisan, d’autres dénonçaient la corruption moyennant le payement de grosses sommes ou encore de promesses fallacieuses de partage de « gâteaux » une fois nommé à ce poste. Que dire de celui-ci qui a promis par exemple la construction d’une école à Kati .

Face à cette atmosphère que vit l’université de Ségou, des voix se lèvent pour condamner des pratiques qui n’honorent pas l’image de l’enseignement supérieur et de surcroit celle de l’université de Ségou qui se veut un modèle.

Lire aussi Amadou Kéïta au cours du lancement des épreuves du DEF : « Nous nous engageons à faire en sorte que l’enseignement de base puisse voir son blason redoré »

Selon nos enquêtes, il nous revient que la présélection des dossiers de candidatures pour le poste de recteur était destinée à départager les candidats qui étaient tous Maîtres de Conférences. Selon nos dernières informations, l’un des candidats vient de passer au titre de professeur. Ce nouvel ordre, qui vient de bouleverser le rêve de certains, est bien accueilli par une majorité de professeurs de l’université de Ségou qui estime que cette nomination au grade de Professeur « maison » est un grand honneur pour cette jeune université.

En faisant référence à la loi qui demande que le poste de recteur à l’Université de Ségou doive revenir au plus haut gradé parmi les enseignants, le profil de ce nouveau professeur semble le plus apte à ce poste. La promotion du mérite est la condition sine qua non pour un enseignement de qualité. Si cette promotion de l’excellence tant chantée ne relève pas d’une « mauvaise foi », alors cette nomination doit se faire dans les règles de l’art afin de ne pas jeter du discrédit sur cette université de Ségou, reconnue pour la qualité de son enseignement. 

Vu la rigueur du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Amadou KEITA

Vu les recommandations issues du Dialogue national inclusif (DNI) et les récentes Concertations nationales

Lire aussi Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : le professeur Amadou Keita pour relever les défis majeurs !

Vu l’engagement du président de la République contre la corruption et la médiocrité, qui a amené le Premier ministre à nommer le Professeur Amadou KEITA comme ministre, ceci dit le Pr.Amadou KEITA est interpelé sur ce dossier épineux. Ses expériences, sa rigueur, lui permettront sans doute de nommer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.

Affaire à suivre !

   F. Togola

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Politique

Les États-Unis mènent l’appel international à l’action en faveur de l’autonomisation économique des femmes

by Sahel Tribune 26 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

De hauts responsables américains ont tenu, le 23 octobre 2020, une cérémonie de signature virtuelle pour lancer officiellement le nouvel appel à l’action dirigé par les États-Unis sur l’autonomisation économique des femmes, avec 31 États membres des Nations unies représentant toutes les régions du monde.

La cérémonie comprenait des allocutions du secrétaire d’État des États-Unis, Mike Pompeo, de l’ambassadrice des États-Unis auprès des Nations unies, Kelly Craft, du conseiller à la sécurité nationale, Robert O’Brien, et de la conseillère du président, Ivanka Trump, ainsi qu’une discussion informelle menée par l’ambassadrice itinérante pour les questions relatives aux femmes dans le monde, Kelley E. Currie. Des représentants des pays du groupe central ont également présenté des interventions vidéo lors du programme, discutant de leurs initiatives en faveur de l’autonomisation des femmes.

Lire aussi G5 Sahel : les États unis appuient le contingent tchadien en équipements militaires

Le secrétaire d’État, M. Pompeo, a fait part de la gratitude des États-Unis concernant le leadership et le partenariat du groupe central pour garantir que les femmes puissent participer librement et pleinement à l’économie mondiale, en déclarant : « Nous sommes fiers de nous tenir à vos côtés alors que nous signons ce jour l’appel à l’action, et je me réjouis d’accueillir d’autres pays dans cette initiative. Vous êtes des partenaires sur lesquels nous pouvons compter et nous n’oublierons pas votre leadership ici aujourd’hui, car ensemble nous faisons progresser nos valeurs communes de paix et de prospérité. »

La conseillère du président des États-Unis, Ivanka Trump, a déclaré : « Ce tout premier appel à l’action des Nations unies pour l’autonomisation économique des femmes, qui s’appuie sur les piliers de l’Initiative pour le développement et la prospérité des femmes dans le monde (W-GDP – Women’s Global Development and Prosperity), est une reconnaissance de l’engagement collectif des États-Unis et des 31 pays qui composent le groupe central, à offrir des opportunités économiques aux femmes du monde entier. Nous sommes impatients de poursuivre le développement de ce soutien. »

Lire aussi « Le cœur de la crise au Sahel est celui de la légitimité de l’état », selon J. Peter Pham, l’envoyé spécial des États-Unis pour la région du Sahel

Le programme comportait une discussion informelle avec des femmes qui ont directement tiré profit de leur participation pleine et libre à leur économie, parmi lesquelles Mme Mutesi Gasana du Rwanda, qui dirige Ubuntu Publishers, et Mme Paola Bulgarelli Brenes du Costa Rica, qui dirige des projets stratégiques à l’Agence costaricaine de promotion des investissements.

Le groupe central comprend l’Afghanistan, l’Albanie, le Bhoutan, le Brésil, le Cap-Vert, la Colombie, le Costa Rica, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Estonie, la Hongrie, l’Inde, la Jamaïque, le Japon, le Kazakhstan, la Malaisie, les Maldives, le Maroc, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Pérou, le Qatar, la république de Corée, la république des Îles Marshall, le Rwanda, Saint-Marin, l’Arabie saoudite, la Tunisie, les Émirats arabes unis, le Royaume-Uni, l’Ouzbékistan et le Vietnam.

Lire aussi Crise au Sahel : les États-Unis Unis annoncent une aide humanitaire de près de 152 millions de dollars

L’appel à l’action en faveur de l’autonomisation économique des femmes est désormais ouvert à la signature de tous les États membres des Nations unies.

Source : Département d’État des États-Unis
Nous avons apporté une modification dans le chapô de l’article

26 octobre 2020 0 comments
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enfants soldats
Seko ni Donko

#DevoirDeConscience 6 : le petit Seydou dans les rangs des bourreaux de ses parents !

by Sahel Tribune 26 octobre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans ce sixième épisode de notre série de billets fictifs, « Devoir de conscience », nous faisons voir comme le jeune Seydou, après l’assassinat de ses parents par des djihadistes, finit par rejoindre le rang de ces mêmes groupes. Rappelons que notre série de billets fictifs vise à faire découvrir la dure vie des orphelins, de façon générale, et des orphelins de guerre en particulier. Il s’agit donc d’une sensibilisation sur les droits des enfants, surtout en période de crise.

Vu toutes ces situations, le petit Seydou était pris de peur. Il voulait étudier, constatait l’inexistence d’école dans le village où il se trouve, depuis l’assassinat de ces deux parents. D’ailleurs, il ne voyait aucune possibilité pour lui de retourner à l’école même s’il en existait et qu’il mourait d’envie d’y retourner. Aucun enfant de cette famille n’a reçu une éducation scolaire. Tout ce qu’ils savent faire, c’est les travaux forcés. Pendant l’hivernage, les travaux champêtres, et durant la saison sèche ils façonnent des briques en banco et cherchent du foin pour les animaux. Ce constat faisait comprendre à Seydou le sort qui lui est réservé dans ce village.

Lire aussi #DevoirDeConscience 1 : le jeune Seydou, l’adolescent qui voulait tout comprendre

Le génie précoce se devait de se réveiller chaque matin, pendant la saison sèche, pour attacher la charrette à dos d’âne et partir à la recherche de foin pour les animaux. Le jeune garçon a continué cette activité durant des années.

Bien vrai qu’il s’habituait petit à petit à la vie villageoise, Seydou était quand même devenu très timide. Il pouvait passer toute une journée sans placer un mot.

Un jour, le jeune garçon croise le chemin des malfaiteurs alors qu’il partait cherchait du foin. Avant qu’il aperçoive ces hommes, ceux-ci l’avaient déjà vu.

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Sans réfléchir, Seydou s’engage dans les bois. Ces hommes se mettent à sa poursuite. Malin qu’il a toujours été, Seydou n’a pas pu être attrapé par ces messieurs puisqu’il a réussi à se cacher tout juste auprès d’eux au même lieu où l’incident s’est produit. Pendant que ces bourreaux courent à travers la forêt, Seydou retourne tranquillement chez lui.

Arrivé à la maison, tout le monde est étonné de le voir sans la charrette ni l’âne. Sans attendre, Abdoulaye et Oumar lui demandent les nouvelles des outils de travail. Bien que Seydou leur fît savoir qu’il a été victime d’attaque d’hommes barbus, cela ne les a pas privés de le frapper. Ils le frappent jusqu’au sang avant de l’envoyer chercher la charrette et l’âne.

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Ensanglanté et pleurant de toutes ses forces, Seydou sort pour s’asseoir derrière le village. Quelques heures plus tard, vers le crépuscule, les barbus arrivent au village et pillent tout ce qui restait. Ils ont immédiatement tué tous les hommes, violé et tué les femmes et emmené les enfants avec eux.

Pendant tout ce temps, le petit Seydou restait dans son coin et continuait à pleurer. Vu toutes les difficultés qu’il traversait, il décide de rejoindre les bandits. Seydou descend immédiatement de l’arbre qui lui a servi de cachette et se met à courir derrière ces barbus. Une fois qu’il arrive à quelques mètres de ces hommes, il s’est vu encerclé. Ceux-ci s’étaient rendu compte qu’ils étaient suivis.

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Ils lui demandent ce qu’il fait derrière eux en courant à vive allure. Ils le menaçaient avec des fusils et des machettes de le tuer. Seydou se met à genou et fait savoir sa volonté de rejoindre leur rang. Après quelques minutes d’hésitation, ces hommes l’acceptent et l’amènent avec eux. Le petit Seydou venait ainsi d’être enrôlé.

À suivre !

Fousseni Togola

26 octobre 2020 0 comments
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