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Amadou Keita ministre de lEnseignement superieur et de la Recherche scientifique 1
Éducation

Sécurisation de l’espace universitaire : le ministre Kéïta engage à la mise en œuvre des décisions prises

by Sahel Tribune 16 décembre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Pour la sécurisation de l’espace scolaire et universitaire, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique engage à la mise en œuvre des mesures prises pour la sécurisation de l’espace scolaire et universitaire du Mali.

Les Plans d’action issus des feuilles de route des recommandations du Forum national sur l’insécurité en milieu scolaire et universitaire ne resteront pas cette fois-ci une lettre morte. En effet, après la rencontre du 27 novembre 2020, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Amadou Kéïta a adressé des correspondances, le 15 décembre 2020, aux recteurs d’université ; aux directeurs des grandes écoles, des Instituts ; au directeur du Centre national des œuvres universitaires (CENOU) ; au ministre de la Sécurité et de la Protection civile, pour les engager dans la mise en œuvre diligente des mesures adoptées.

Mise en place des groupes de sécurité universitaire (GSU)

Pour résoudre la situation « sécuritaire préoccupante » dans les espaces universitaires du Mali, le ministre en charge de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a ordonné aux recteurs des différentes universités d’élaborer des décisions fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement des GSU.

Pour l’opérationnalisation de ces groupes de sécurité universitaire (GSU), le ministre Kéïta demande à celui de la Sécurité et de la Protection civile d’affecter à son département ministériel cinq (5) fonctionnaires (Sous-Officiers supérieurs) de Sécurité Défense pour animer ces GSU.

Au sujet de la sécurité dans les Cités universitaires, le ministre Amadou Keïta demande l’opérationnalisation des postes de sécurité crées dans les Cités universitaires de Kabala (04), Badalabougou (03) et de l’IPR/IFRA de Katibougou (01). En plus de cela, avec la collaboration des recteurs, Pr Kéïta demande l’organisation des patrouilles et fouilles périodiques dans les Cités universitaires de Kabala, de Badalabougou, du Point G, de Ségou et de l’IPR/IFRA de Katibougou.

Libération des domaines universitaires illégalement occupés

Pr Kéïta invite à déguerpir tous les domaines universitaires illégalement occupés par les parkings, gargotes, kiosques et autres installations dans un délai d’un (1) mois. Le ministre rappelle à cette occasion que « les parkings, gargotes, kiosques et autres installations dans les espaces sociaux des domaines universitaires sont gérés par le CENOU et ceux dans les espaces pédagogiques ainsi que leurs servitudes (alentours) sont gérés par les Institutions d’Enseignement supérieur et de recherche respectives. »

Protocoles signés entre l’AEEM et le CENOU

Pr Kéïta, s’adressant cette fois-ci au directeur général du CENOU, demande la dénonciation de tous les protocoles signés entre cette structure et l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) et de lui « rendre compte sous
dizaine ».

Notons que depuis l’adoption de cette feuille de route en 2018 et la Charte sur le vivre-ensemble dans les institutions d’enseignements supérieurs et les campus sociaux, en 2019, la violence continue d’être une réalité qui gangrène le milieu universitaire au Mali. Pr Kéïta s’est engagé, depuis son arrivée, à trouver une solution à ce fléau.

Bakary Fomba, stagiaire

16 décembre 2020 1 comment
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Des hommes qui detourneraient lor malien
Les démystificateurs du Sahel

#PhileinCheck : cette vidéo accusant des Français est hors contexte

by Sahel Tribune 16 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans une vidéo partagée des milliers de fois, depuis une année, des Français sont accusés de contrebande d’or au Mali. Selon nos recherches, il s’agit d’une vidéo qui a été tournée au Ghana en décembre 2019.

Dans une vidéo de trois minutes, des hommes présentés comme des Français ouvrant une caisse contenant des lingots d’or, continue son chemin dans les différents groupes WhatsApp. Ces hommes qui ouvrent la caisse emploient un français qui donne à douter de leur nationalité française. Sur cette courte vidéo, sur laquelle aucune explication n’est donnée, le logo de Kati 24, un groupe de média, web TV, journal écrit et en ligne au Mali est apposé. Aucune précision, ni la date ni le lieu, n’est donnée sur cette vidéo.

À travers quelques recherches sur le net, nous avons retrouvé la vidéo sur plusieurs chaînes YouTube, notamment celle-ci. Une chaîne qui compte 567 233 abonnés. La vidéo publiée en septembre 2019 enregistre30 400 vues et 90 commentaires. Le même contenu est repris par cette chaîne qui indique qu’« en présence d’observateurs internationaux, des douaniers maliens ont découvert la contrebande d’or vers la France par l’armée française sur ordre de l’Élysée. » Cette description nous a conduits à remonter vers une vieille vidéo publiée par Universal News Tv en novembre 2020. Cette vidéo, malgré qu’elle ait été vérifiée par des médias nationaux et internationaux comme fausse, est devenue virale avec 286 562 vues et 1 221 commentaires.

Selon des commentaires sur cette vidéo de Universal News TV, cette vidéo a été tournée au Ghana en 2019. En effet, selon ce site internet, il s’agit de l’arrestation d’un Ghanéen « à l’aéroport international de Kotoka », le principal aéroport du Ghana, qui tentait de faire sortir « plus de 2 400 kg de lingots d’or vers l’Europe ».

Ce qui est sûr, dans ladite vidéo, nous n’apercevons ni de douanier malien ni de militaire français lors de l’ouverture de la caisse montrée en gros plan. Or, Universal New TV précise que c’est les douaniers maliens qui ont « stoppé la contrebande d’or des soldats français ».

Des représentations françaises au Mali contactées au sujet de cette vidéo ont démenti à l’unanimité le contexte de la vidéo.

Togola

16 décembre 2020 0 comments
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Bah Ndaw a Abdijan
Politique

Mali : le coup de poing qui divise et rassemble

by Sahel Tribune 16 décembre 2020
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Lors de sa visite en Côte d’Ivoire, lundi 14 décembre 2020, le président de la transition malienne, Bah Ndaw a rencontré la diaspora malienne. À cette occasion, le chef de l’État s’est prononcé sur les grèves enclenchées au Mali. Ce discours a été un coup cinglant qui divise les Maliens et rassemble les syndicats dans un même camp.

« Aucune personne consciente ne doit déclencher une grève pendant cette transition à moins d’être un malade mental », a déclaré le président de la transition malienne, en Bamanankan, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 14 décembre 2020, lors de sa rencontre avec la diaspora malienne. Ces propos sont la goutte d’eau qui a débordé la vase. Ils ne sont pas passés inaperçus des syndicats qui l’ont considérés comme une « Insulte à leur égard ».

Un discours qui ne « ne favorise pas un climat de confiance »

En effet, une telle position dure de la part du premier responsable de l’État alors que le pays est paralysé par des grèves syndicales ne peut contribuer qu’à mettre le feu aux poudres. Elle favorise la méfiance, la radicalisation des parties syndicales au lieu de contribuer au dialogue. C’est ce qu’a expliqué la Conférence des présidents de la Coalition des Forces patriotiques (COFOP) dans son communiqué du 15 décembre 2020. Selon la COFOP, le président de la Transition « en traitant ainsi les grévistes de malades mentaux, ne favorise pas un climat de confiance déjà très fragile en cette période de gestion transitoire de notre pays ».

« La nuit qui sera belle se sent depuis à la tombée du soleil », dit-on. En raison de ces propos prononcés avec une grande fermeté, le Bureau exécutif de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), qui a entamé une grève de cinq jours le lundi dernier, « a décidé de rompre toute négociation avec le Gouvernement du Mali jusqu’à nouvel ordre », le mardi dernier.

La « volonté affichée d’envahir la représentation de l’État »

 Quant aux syndicats de la Plateforme d’Action commune (SYLTMAT, SYNAC, SYNTRACT et CS-ADR), ceux-ci estiment que ces menaces vis-à-vis des administrateurs civils ne sont pas fortuites. Elles sont, pour eux, «  l’expression de leur [des autorités de la transition NDLR] volonté affichée d’envahir la représentation de l’État par les petits copains abandonnant les nombreux champs de bataille pour des postes plus tranquilles et moins risqués ». Selon les syndicats des administrateurs civils, qui ont été nommément pris en exemple par Bah N’Daw dans son discours, la volonté de les remplacer trouve sa justification dans « la relecture forcée et en catimini en cours du Décret n° 2015-0067/P-RFM du 13 février 2015 déterminant les conditions de nomination et des attributions des chefs de circonscription administrative et la nomination de plus d’une centaine de porteurs d’uniformes dans les jours et semaines venir ».

Toutefois, la Plateforme d’action commune se dit rassurer et déterminer : « Aucune Insulte, aucune menace, aucun chantage ne saurait nous ébranler et nous dévier de notre combat pour plus de sécurité dans notre travail, plus de justice et d’équité et pour plus de respect à notre corporation. »

Bah Ndaw rectifie-t-il le tir ?

Avant d’exprimer son soutien à l’action des centrales syndicales et inviter les autorités de la transition à la retenue, la COFOP a, quant à elle, rappelé aux autorités de la transition que « la gestion de l’État étant une continuité, la Transition est tenue de reprendre correctement en charge les problèmes hérités de la précédente gouvernance »

Bah N’daw semble s’être rendu compte de la gravité de la situation. De passage en Guinée Conakry, le 15 décembre 2020, en provenance d’Abidjan, le chef de l’État a tenté de rectifier le tir, selon une publication de la présidence de la République : « En aucun moment, il n’a été question de l’illégalité de l’action. Le Président de la Transition, lors de son investiture, au cours de laquelle il a tenu un discours engagé et rassembleur, est toujours resté constant dans ses prises de décisions. Seul l’intérêt supérieur de la Nation prévaut. »

Tout compte fait, ce discours du locataire de Koulouba a été un coup cinglant qui divise l’opinion malienne, mais rassemble la quasi-totalité des syndicats ainsi que des partis politiques.

Togola

16 décembre 2020 1 comment
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Assimi Goita en visite a Nara
Sécurité

Mali : bientôt un nouveau camp à Nara (Vice-président)

by Sahel Tribune 15 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

En visite à Nara, dans la région de Koulikoro, lundi 14 décembre 2020, le vice-président de la Transition, le Colonel Assimi Goita a annoncé la construction d’un nouveau camp militaire dans cette ville.

Encourager les forces armées dans leur combat pour la sécurisation des personnes et de leurs biens et faire part aux FAMA des grandes réformes envisagées par les autorités de la transition non seulement pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des forces de défense et de sécurité, mais aussi pour le bien-être des populations, tel est l’objectif de la visite effectuée par le vice-président Assimi Goïta à Nara, le lundi dernier.

« Nous n’avons pas droit à l’erreur »

Au cours de cette visite de terrain, le n° 2 de la Transition malienne a insisté sur le rôle de l’Armée dans la sécurisation des élections à venir. A ses dires, « nous n’avons pas droit à l’erreur. » C’est pourquoi il a invité les FAMA à la cohésion sociale.

Cette visite a été une occasion pour rassurer les hommes en uniforme des réformes en cours dans le secteur de la sécurité. La délégation d’Assimi Goïta a également indiqué que le financement pour la construction du camp de Nara est déjà disponible.

Au-delà de son entretien avec les éléments des FAMA, le Vice-président de la Transition a reçu les femmes des militaires ainsi que le président du Conseil régional de Koulikoro qui lui a demandé à rester au-dessus de la mêlée pour la réussite de la Transition.

« La hiérarchie fait de son mieux pour les résoudre »

Après avoir visité les dispositifs sécuritaires autour du camp de Nara, le colonel Goïta et sa délégation se sont recueillis sur les tombes des FAMA tombés en 2015 lors d’une attaque perpétrée contre le camp de Nara.

De son retour de Nara, le vice-président a fait des esclaes, notamment aux camps de Mourdia et de Kwala. A Mourdia, il a donné, en homme de terrain, des conseils pratiques au chef du détachement militaire pour le maintien de la bonne posture opérationnelle, gage du succès de la mission qui leur incombe.

Après avoir fait le point des moyens mis à la disposition, le Vice-président de la Transition a indiqué l’adoption de certaines mesures pour la régularisation des primes d’opération concernant certains éléments de l’Armée de l’Air.

« Les problèmes sont multiples, mais la hiérarchie fait de son mieux pour les résoudre », a-t-il laissé entendre.

Bakary Fomba, stagiaire

15 décembre 2020 0 comments
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enseignant
Santé

Vaccination contre la covid-19 : les enseignants et le personnel scolaire doivent être la priorité (Organisations)

by Sahel Tribune 15 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Alors que le monde entre dans la phase de la vaccination contre la covid-19, des voix se lèvent pour demander de prioriser les enseignants et le personnel sanitaire dans ce processus.

L’UNESCO et l’Internationale de l’éducation (la fédération mondiale des syndicats de l’éducation) demandent aux gouvernements et à la communauté internationale de considérer les enseignants et le personnel scolaire comme un groupe prioritaire dans les efforts de vaccination contre le covid-19. Dans un message vidéo conjoint, publié lundi 14 décembre 2020, la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, et le secrétaire général de l’Internationale de l’éducation, David Edwards, soulignent : « Alors que nous constatons des développements positifs concernant [la NDLR] vaccination, nous pensons que les enseignants et le personnel d’appui à l’éducation doivent être considérés comme un groupe prioritaire ».

Imppacts des fermetures d’écoles

Selon l’UNESCO et l’International de l’éducation, plus de 100 millions d’enseignants et de personnel scolaire dans le monde ont subi les effets des perturbations de l’éducation dues à la pandémie de la covid-19. Selon l’UNESCO, les fermetures d’écoles ont un impact négatif sur l’apprentissage, la sécurité et le bien-être des élèves. En plus de ses conséquences sociales et économiques sur les sociétés, ces fermetures affectent également les élèves les plus vulnérables. C’est pourquoi Azoulay et Edwards estiment que « la réouverture des écoles et des établissements d’enseignement en toute sécurité et leur maintien le plus longtemps possible est un impératif ». Pour y arriver, il faudrait que les enseignants et le personnel scolaire soient priorisés dans la vaccination contre la covid-19.

Dans ce message, publié à l’occasion du 60e anniversaire de la Convention qui promeut le droit à l’éducation, les deux organisations ont félicité les enseignants pour leur dévouement durant la période de fermeture des écoles. « Lorsque les écoles et les établissements d’enseignement ont fermé leurs portes, les enseignants et le personnel de soutien sont restés en première ligne », ont-elles rappelé avant de préciser : « Ils ont réinventé la façon dont nous enseignons, la façon dont nous apprenons. Ils ont soutenu leurs étudiants — trop souvent sans formation ni outils adéquats ».

Togola

15 décembre 2020 0 comments
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Gneral Francois Lecointre chef detat major des armees francaises
Sécurité

Négociation avec les terroristes : « Il faut être capable de choisir le bon partenaire avec lequel s’entendre », selon François Lecointre

by Sahel Tribune 15 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Après ses deux jours de visite d’inspection au Niger et au Mali, le général français François Lecointre a accordé un entretien à la Radio France internationale (RFI), lundi 14 décembre 2020, dans l’émission « Invité du matin ». Au cours de cet entretien sur sa visite dans le sahel, le chef d’état-major des armées françaises s’est prononcé sur la problématique du dialogue avec les terroristes.

« Pensez-vous qu’il est possible aujourd’hui de négocier avec une partie des groupes armés terroristes, ou est-ce qu’il s’agit là d’une ligne rouge ? »  A cette question de nos confrères de RFI, le général Lecointre fait savoir les dangers à courir en acceptant de négocier avec les terroristes.

« Si on veut s’entendre un jour, s’entendre avec quelqu’un qu’on a combattu, il faut être capable de choisir le bon partenaire avec lequel s’entendre, celui qui est représentatif, qui est légitime », a déclaré le chef d’état-major des armées françaises. Selon le général Lecointre, la négociation avec les terroristes n’est pas un « choix de militaires » mais plutôt des « politiques, à commencer par les politiques maliens ».

Les dangers

Au cours de cet entretien, le général français, qui a bouclé une visite au Niger et au Mali, la semaine dernière, a précisé que le « positionnement de principe » de la France à ne pas négocier avec des terroristes ne veut nullement dire « qu’on ne négocie pas avec un ennemi ». Selon le chef d’état-major des armées françaises, une telle négociation « posera un jour la question d’un accord politique qui se fera avec des gens qui à un moment ou à un autre ont été des ennemis de la force Barkhane, ont été les ennemis de la force armée malienne ».

En plus de tous ces dangers, le général Lecointre indique également des implications plus graves d’une telle décision politique. Vu la position idéologique de ces terroristes, qui n’aspire qu’à l’instauration d’un « État islamique dur au Mali », toute négociation avec eux « comporte un danger puissant à la fois pour le Mali et puis par risque de contagion sur l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel », a-t-il précisé.

Bakary Fomba, stagiaire

15 décembre 2020 0 comments
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La finitude de la vie est une etape comme une autre neanmoins son acceptation releve de notre individualite
Seko ni Donko

Accepter la mort : une sagesse à concilier avec les devoirs de la vie en société

by Sahel Tribune 15 décembre 2020
written by Sahel Tribune 8 minutes read

Les réactions individuelles face à la pandémie de Covid, amplifiées par les réseaux sociaux et les médias, peuvent parfois donner l’impression d’une victoire des passions, notamment de la peur, sur la raison ; face à ces réactions, au nom précisément de la raison mais aussi de la liberté, certains penseurs s’interrogent sur le bien-fondé des mesures restrictives prises pour lutter contre la pandémie – confinement, couvre-feu et autres règles de distanciation sociale.

Ces réactions mettent en jeu deux questions auxquelles la philosophie peut apporter un éclairage intéressant : celle de notre rapport à la mort et celle de la liberté individuelle au sein de la société.

La crainte de la mort

Face au constat d’une société qui semble désorientée par la peur d’être malade et de mourir, des voix s’élèvent pour appeler à la raison, à l’acceptation du risque et à l’acceptation en particulier de notre condition mortelle.

Car la peur de la Covid-19 apparaît comme l’expression momentanée de la crainte de la mort profondément ancrée en nous : au-delà de la situation actuelle, le transhumanisme et l’hypothèse d’une victoire de la science sur la mort révèlent bien le refus par l’homme de sa finitude.

En voulant à tout prix se protéger de la mort ou la vaincre, dans une forme d’hybris (démesure), l’homme moderne confirme ce que les Anciens avaient compris dès la naissance de la philosophie : que la crainte de la mort cause notre malheur – ou notre fuite en avant. Et que pour bien vivre, il faut accepter d’être mortel.

Philosopher c’est apprendre à mourir

Platon disait déjà que philosopher, c’est apprendre à mourir (Platon, Phédon 67e) et Montaigne, à la Renaissance, donne ce titre à l’un de ses Essais.

https://www.youtube.com/watch?v=eH8c-T58l3M&feature=youtu.be
Montaigne.

De fait, l’apprentissage de la mort était un thème central des philosophies anciennes : pour les épicuriens, la crainte de la mort était l’un des quatre maux dont il fallait guérir l’homme pour lui ouvrir l’accès au bonheur.

Pour les stoïciens, l’un des enjeux majeurs de la philosophie était de nous apprendre à apaiser notre rapport à la mort, préalable nécessaire à une vie heureuse : puisque nous sommes tous des morts en sursis, nous devons nous préparer sereinement à l’échéance ultime tout au long de notre vie.

Pour ce faire, ils prônaient et pratiquaient des « exercices spirituels », sorte de préparation mentale consistant à anticiper les malheurs qui peuvent nous arriver pour être prêts à les affronter le jour où ils adviendront.

Méditer et apprivoiser nos peurs

Dans le livre La tranquillité de l’âme, le stoïcien romain Sénèque explique ainsi que si nous regardons tous les malheurs qui s’abattent quotidiennement sur autrui en nous disant qu’ils peuvent tout aussi bien nous arriver un jour, nous serons armés à temps pour faire face à l’attaque ; « en revanche », poursuit-il, « il est trop tard pour équiper notre âme contre les dangers au moment où ils nous assaillent. » (Sénèque, La tranquillité de l’âme 11. 8)

Sénèque
Buste en marbre figurant un portrait imaginaire de Sénèque, sculpture anonyme du XVIIᵉ siècle, musée du Prado de Madrid. Jean‑Pol Grandmont/Wikimedia, CC BY

En somme, il faut méditer et garder constamment à l’esprit tout ce qui nous fait peur – la mort, mais aussi la maladie, le deuil ou la déchéance – pour l’apprivoiser et ne plus en être effrayé.

Et parmi tous ces exercices, le plus important, dit encore Sénèque, est bien celui de la mort : car il peut arriver que nous nous soyons préparés à bien des malheurs (maladie, souffrance, deuil ou déchéance) et que ne nous y trouvions finalement jamais confrontés ; en revanche, pour la mort, nous sommes sûrs de ne pas nous exercer en vain : « c’est là l’unique préparation que nous soyons certains de mettre à profit un jour… » (Sénèque, Lettres à Lucilius 70, 18).

Mastiquons donc l’idée de notre finitude, digérons-la quotidiennement pour l’intégrer à notre champ mental et nous familiariser avec elle, et parions avec Sénèque que c’est en pensant à la mort toujours que nous parviendrons à ne la craindre jamais.

Peut-on être libre de ne pas se protéger ?

Nous pouvons tous nous saisir de la crise sanitaire actuelle pour tenter de dépassionner notre rapport à la mort, et la philosophie peut assurément nous y aider. Mais cela implique-t-il que nous devrions être libres de ne pas être protégés, de refuser les différentes « assurances contre la mort » que constitueraient les mesures mises en place par les gouvernements à travers la planète ?

Que nous devrions refuser l’atteinte aux libertés fondamentales qui se fait sur l’autel du Covid et revendiquer une vie libre, sans confinement, sans couvre-feu, sans masque, sans gel ?

L’idée sous-jacente à ce raisonnement est la suivante : si j’accepte avec sérénité l’idée de la maladie et de la mort, si j’accepte le risque inhérent à la vie, pourquoi m’impose-t-on toute une série de mesures pour m’en protéger ?

Je préfère mourir libre que vivre sous la contrainte. En somme, ces mesures actent voire encouragent notre crainte irrationnelle de la mort au lieu de nous pousser à nous en affranchir. Or c’est précisément cette crainte qu’il est urgent de vaincre.

Pour intéressante qu’elle soit (et, soyons honnêtes, cela fait du bien d’entendre ces propos parmi l’égrenage ad nauseam de chiffres et le non-stop Covid médiatique), cette réaction paraît difficile à défendre dès lors que l’on dépasse le niveau individuel, pour deux raisons, qui sont liées.

Tous membres d’une même communauté

D’abord, nous sommes tous membres de la société, française, européenne mais aussi humaine, pour reprendre une idée ancienne – le cosmopolitisme – aux échos modernes.

Comme le soulignait le stoïcien Hiéroclès (IIe siècle apr. J.-C.) à travers l’image des cercles concentriques, chacun de nous se trouve au centre d’une série de cercles s’élargissant progressivement des êtres les plus proches jusqu’aux plus éloignés et jusqu’à l’ensemble de l’humanité.

Dès lors, nous sommes liés les uns aux autres et à l’ensemble de l’humanité, et ce lien nous oblige : le devoir de chacun est d’agir pour soi-même en même temps que pour autrui. Or le refus de se protéger laisse précisément de côté les autres : car si j’accepte, moi, d’être malade et de mourir, puis-je contraindre l’autre à l’accepter aussi en devenant, par mon attitude, un potentiel « contaminateur » ? Puis-je imposer à autrui, en somme, de faire la même démarche, fût-elle philosophique ?

Assurément non : quand bien même il s’agirait d’éducation philosophique, celle-ci passe par l’enseignement et par l’exemple, en aucun cas par la contrainte.

Distinguer sagesse et décision politique

Dès lors, et de manière corollaire, ce point de vue ne peut en aucun cas être adopté par ceux qui dirigent les États et prennent les décisions pour la communauté.

Un gouvernant qui dirait en somme, comme Épicure, « la mort n’est rien pour nous » – ou, dans un autre registre, « Lao Tseu l’a dit, il faut trouver la voie » – serait considéré, à juste titre, comme un tyran illuminé.

Ce travail d’apprivoisement de la mort est avant tout un travail intérieur de soi sur soi, qui peut sans doute être enseigné – c’est le rôle du philosophe que de pousser ses concitoyens à se rapprocher de la sagesse –, mais qui ne saurait faire l’objet d’une politique.

Buste de Marc Aurèle
Buste de Marc Aurèle, empereur philosophe, cuirassé exposé au musée Saint-Raymond de Toulouse (Inv. Ra 61 b). Wikimedia, CC BY

Marc Aurèle, figure du prince philosophe, écrivit ses Pensées « pour lui-même » (c’est le titre de son œuvre), et non pour en faire un programme de gouvernement.

La seule hypothèse où cela pourrait peut-être fonctionner serait celle d’une humanité sage, gouvernée par des sages : beau programme sans doute… mais utopique.

Et de fait, même dans ce cas, les philosophes eux-mêmes, tout en nous invitant à nous préparer à la mort, affirment bien que la vie est la plupart du temps préférable à la mort, tout sage que l’on soit.

Se préparer à la mort et dépassionner notre rapport aux choses : oui, c’est là un travail philosophique salutaire, exigeant sans doute, mais à la portée de chacun d’entre nous. Pour autant, dans le cas présent, notre mort ou notre maladie concerne aussi autrui, et la vie en société impose par essence la restriction de certaines libertés individuelles. Repensons donc notre rapport à la mort et dépassionnons notre relation au monde ; mais gardons-nous de faire de cette idée un principe de gouvernement collectif.

Juliette Dross, Maître de conférences HDR en langue et littérature latines, Sorbonne Université

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

The Conversation
15 décembre 2020 0 comments
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