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Moussa Mara president Yelema
Opinion

Sommet de N’Djamena : que faut-il en attendre ?

by Sahel Tribune 22 janvier 2021
written by Sahel Tribune 5 minutes read

L’opération Barkhane semble, en ce moment, dans le creux de la vague. La perte malheureuse de cinq soldats en une semaine, les difficultés d’opérationnalisation de la force TAKUBA et celles encore plus grandes du G5 Sahel ont contribué à cette situation. Il y a également l’impression d’un certain enlisement dans la guerre contre le terrorisme. Les éliminations annoncées de terroristes succèdent aux attentats lâches à l’engin explosif improvisé.

Malgré les coups subis, l’empreinte terroriste globale se maintient. Elle paraît même se renforcer avec une inclinaison de plus en plus forte de certaines autorités sahéliennes à négocier avec les terroristes. Le contexte de désamour persistant entre la France et les opinions africaines et, cerise sur le gâteau, les sondages qui montrent, pour la première fois, que l’opinion publique française est majoritairement contre l’opération contribuent enfin à assombrir les perspectives de cette opération pourtant demandée par les pays sahéliens et encore bien soutenue par les États concernés.

« Les seuls succès militaires ne suffiront pas »

C’est le temps du doute et des questions importantes, illustré par de nombreux titres d’articles dans la presse hexagonale et internationale qui sont globalement critiques et portant des jugements quelques fois excessifs sur l’intervention de l’armée française dans le Sahel.

La prévision d’un sommet entre la France et les pays du G5 Sahel à Ndjamena en février 2021 ouvre la perspective de ces questionnements et, in fine, de l’avenir de l’opération Barkhane dans le Sahel.

Le statut quo n’est pas tenable, il ne faut pas s’attendre à court terme à une éclaircie sur chacun des fronts évoqués précédemment. Les seuls succès militaires ne suffiront pas, au contraire ! Il y a un risque réel que d’éventuelles pertes de soldats supplémentaires ne rendent Barkhane encore plus impopulaire en France. Ce qui suscitera inévitablement des pressions plus grandes pour son retrait. La période électorale qui s’ouvre dans le pays, est susceptible d’amplifier ces débats et d’offrir un cadre propice aux surenchères populistes de tous ordres. Il est de ce fait impératif d’anticiper les difficultés qui s’annoncent. Le prochain sommet offre un cadre idéal pour cela. 

Assigner une piste de sortie

De manière stratégique, il doit être assigné à l’opération Barkhane une piste de sortie, assortie d’un chronogramme de retrait progressif. Cela passera par une réduction des troupes en 2021 comme d’ailleurs annoncé. Cette réduction est à faire suivre d’un plan de retrait sur une période donnée avec, à terme, la réduction de l’opération en une présence de forces spéciales et un appui opérationnel aux troupes du Sahel (renseignements, observations, soutiens aériens divers). Le contexte est favorable à cette nouvelle orientation. 

À partir de 2022, la France et l’essentiel des pays du Sahel auront des cycles électoraux quasi concordants (2021 au Tchad et au Niger, scrutins effectifs en Mauritanie et au Burkina, 2022 au Mali), ce qui offrira un contexte de stabilité institutionnelle à l’engagement d’une véritable stratégie coordonnée, sur la période 2022 — 2025. Cela doit se traduire par une montée en puissance réelle et vérifiable des États sahéliens quant au traitement du défi terroriste et sécuritaire, parallèlement à la réduction progressive de la présence du partenaire français.

Le sommet de N’Djamena, une opportunité

Le sommet de N’Djamena, outre les actions immédiates et opérationnelles relatives aux dossiers en cours, pourra ouvrir la perspective de cette orientation stratégique majeure qui voudra également dire que les États du Sahel doivent s’engager davantage dans le traitement de leurs propres difficultés.

Ils doivent définitivement s’éloigner du syndrome du « pays faible à protéger » ou encore de l’argutie de la « digue contre le terrorisme international menaçant l’Europe ». Ils doivent le faire ensemble, mais ils doivent également enjoindre à chacun d’entre eux de faire sa part du travail. Dans ce domaine, le fardeau le plus lourd revient à notre pays, le Mali.

L’État malien doit enfin se saisir du « dossier Mali » et s’engager de manière déterminée dans son traitement. Il doit le faire avec une ambition stratégique, celle de gagner enfin le cœur des populations maliennes. C’est la clé du succès et cela est valable pour les autres pays confrontés à la donne terroriste.

Ce combat ne peut être mené ni par les forces étrangères seules ni par les seules forces armées maliennes. Il faut une action coordonnée de toutes les dimensions étatiques ainsi qu’une forte implication du leadership du pays.

Un partenariat stratégique

Nous avons à emprunter sans délai cette voie et le faire en retenant que la présence de l’administration est indispensable pour gagner le soutien des populations et que l’exercice de la justice est encore plus crucial pour atteindre cet objectif. L’équité dans le fonctionnement de l’administration et ses rapports avec les citoyens, la protection de ces derniers ainsi que la satisfaction de leurs besoins demeurent prioritaires. Nous ne gagnerons cette guerre qu’à ce prix. Nous devons impérativement monter en première ligne pour ce faire et obtenir de nos alliés leurs accompagnements. 

C’est à ce partenariat que le sommet de N’Djamena doit essayer de nous convier. Un partenariat stratégique, avec le soutien de la communauté internationale, sur base d’engagements précis de nos pays, assortis d’objectifs tactiques mesurables à atteindre sur chaque période, est le seul à même d’offrir un cadre idéal pour la résolution des problèmes sahéliens. Et permettre en même temps que le retrait des troupes étrangères, dont Barkhane, ne soit pas considéré comme un repli, voire une fuite !

Il est donc attendu que la rencontre de N’Djamena soit d’abord un moment politique de vérité avant d’être un sommet militaire, avec un zest de vision stratégique !

Moussa MARA www.moussamara.com

Les intertitres sont de la rédaction

22 janvier 2021 0 comments
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Ibrahima Aya co directeur de la Rentree litteraire du Mali
Seko ni Donko

Mali : voilà les raisons du report de la 13e édition de la Rentrée littéraire !

by Chiencoro 22 janvier 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

La pandémie de la covid-19 a bouleversé la quasi-totalité des grandes manifestations artistiques et culturelles dans le monde, depuis l’année dernière. Prévue initialement du 16 au 20 février, la Rentrée littéraire du Mali ne pourra finalement se tenir que du 16 au 20 mars 2021, soit un report d’un mois.

« Le Fonds des prix littéraires du Mali est, malheureusement, dans l’obligation de reporter la tenue de la Rentrée littéraire du Mali 2021 d’un (1) mois, soit à mars 2021. Cela est dû aux raisons sanitaires que vous connaissez tous, et dont nous nous devons de tenir compte pour le déroulement du festival dans de bonnes conditions d’accueil », a déclaré le Fonds des prix littéraires du Mali dans un communiqué rendu public en début du week-end. Selon le co-directeur de la Rentrée littéraire du Mali, Ibrahima Aya, ce report est dû à plusieurs facteurs, qui se ramènent tous à la covid-19.

« Ce report devra nous permettre d’avancer… »

Les restrictions dans plusieurs pays en raison de la pandémie de covid-19, le retard dans la rentrée scolaire et universitaire 2020-2021, la fermeture des lieux d’accueil de cette grande rencontre littéraire et artistique, voici entre autres des raisons qui expliquent ce report de la Rentrée littéraire 2021. « [ndlr] les universités et écoles partenaires de l’évènement, qui vont rouvrir seulement à partir du 25 janvier, devront être équipées du matériel nécessaire pour y assurer la tenue des rencontres aussi bien en présentiel qu’à distance (visioconférence) », explique Ibrahima Aya qui indique également que « ce report s’inscrit [ndlr] dans les attentes de [leurs ndlr] partenaires régionaux en appui à l’organisation de la Rentrée littéraire dans les villes de Sikasso, Djenné et Tombouctou ».

« Ce report devra nous permettre d’avancer dans la co-organisation de la Rentrée littéraire », espère Ibrahim Aya.

Rappelons que le thème général retenu pour cette Rentrée littéraire est « Héritage en partage ».  

Fousseni Togola

22 janvier 2021 0 comments
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Mamadou Mere Diawara president du Rassemblement des Jeunes Maliens de la Diaspora
Politique

Création de la CAMEX : le RJMD derrière la décision du gouvernement malien

by Sahel Tribune 21 janvier 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Rassemblement des Jeunes Maliens de la Diaspora (RJMD) apporte son soutien au gouvernement de la transition pour la création de la Confédération des Associations des Maliens de l’Extérieur (CAMEX). Quant au Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur, il ne s’inscrit pas dans cette logique.

Le gouvernement de la Transition envisage de créer une Confédération des Associations des Maliens de l’Extérieur (CAMEX) dans laquelle doivent siéger toutes les associations des Maliens installés à la diaspora.  Le gouvernement, à travers le ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine, a invité les associations faitières des Maliens de l’extérieur, dont le Haut Conseil des Maliens de l’extérieur, à des rencontres au département pour l’examen de l’avant-projet de la création de ladite confédération.

Le refus de Habib Sylla

Même si le gouvernement a voulu créer la CAMEX afin de mieux rassembler toutes les associations des Maliens de l’extérieur, le bureau du HCME s’oppose à cette idée. C’est en tout cas ce qu’explique la lettre circulaire de Habib Sylla adressée aux présidents des Conseils de Base des Maliens de l’Extérieur (CBME), le 18 janvier dernier. Comme argument de son refus, Habib Sylla avance que le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur a été « créé en 1991 sur une recommandation expresse de la conférence nationale pour rassembler l’ensemble des Maliens établis afin de les impliquer dans le processus de développement du pays ». 

Dans sa lettre circulaire, Habib Sylla a fait savoir aux présidents des BCME que le Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur, même s’il est conscient que la création d’une association est libre, dit ne pas vouloir « s’allier aux associations ayant un statut différent du sien pour créer une quelconque confédération ». Habib Sylla ne s’est pas limité à s’opposer à la création de la CAMEX avec les associations ayant différents statuts que le HCME, il trouve que celles-ci doivent être invitées à rejoindre son association, le HCME.

Le soutien du Rassemblement des Jeunes Maliens de la Diaspora au gouvernement de la Transition

À la différence du bureau du HCME dirigé par Habib Sylla, le Rassemblement des Jeunes Maliens de la Diaspora (RJMD) dirigé par le jeune Mamadou Méré Diawara, président par intérim du COMAGA, est très content de cette initiative du gouvernement. « La création de la Confédération des Associations des Maliens de l’Extérieur (CAMEX) est une bonne initiative. Cette confédération permettrait de réunir toutes les associations en faveur des Maliens établis à l’extérieur », a salué le président du Rassemblement des Jeunes Maliens de la Diaspora. Sans ambages, Mamadou Méré Diawara a déclaré son soutien indéfectible au gouvernement pour la réussite de ce projet. « Nous, le Rassemblement des Jeunes Maliens de la diaspora, nous soutenons le gouvernement de la Transition pour la création de la Confédération des Associations des Maliens de l’Extérieur soit une réalité », a insisté Mamadou Méré Diawara.

BG

21 janvier 2021 0 comments
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Vaccin contre la covid 19
Santé

Covid-19 : pour un accès équitable aux vaccins, « nous devons travailler ensemble »

by Bakary FOMBA 21 janvier 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Pour un accès équitable aux vaccins anti-Covid-19 dans le monde entier, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a lancé mardi 19 janvier 2021, un appel en faveur de la solidarité internationale.

Bien que commencée depuis début 2020, la pandémie de Covid-19 ne semble toujours pas prête à arrêter son carnage. Sur toute la planète, de nouveaux variants plus infectieux de la maladie font leur apparition.

Face à une telle situation épidémiologique, « nous devons travailler ensemble », selon le Chef de l’ONU, dans un message vidéo diffusé lors d’un événement organisé au Royaume-Uni sur l’accès aux vaccins.

Distribution des vaccins

En un temps record, le développement des vaccins anti-Covid-19 a permis de commencer l’année 2021 avec un sentiment d’espoir, rappelle M. Guterres.

Cependant, force est de constater que les approvisionnements de ceux-ci sont rares. Leur distribution reste également inégale. « Nous constatons une énorme différence entre les pays à revenu élevé où les vaccins parviennent rapidement et les pays les plus pauvres du monde qui n’en ont pas du tout », déplore M. Guterres qui souligne que « les fabricants et certains pays sont en train de conclure des accords bilatéraux au détriment d’une approche multilatérale, allant même jusqu’à acheter au-delà des leurs besoins ».

Selon M. Guterres, « tous les pays ont besoin de doses maintenant pour vacciner tous les agents de santé et en première ligne, au lieu que certains pays les reçoivent toutes ». Il invite à « veiller à ce que ces vaccins soient considérés comme un bien public mondial [ndlr] accessibles et abordables pour tous. »

Selon le Chef de l’ONU, l’accès équitable aux vaccins anti-Covid-19 est dans un intérêt commun. Celui-ci reste le moyen le plus rapide pour donner un nouveau souffle à l’économie mondiale tout en entamant une reprise durable.

En plus des 600 millions doses du mécanisme covax, l’union africaine a également réussi à obtenir 270 millions de doses de vaccin pour le continent auprès des laboratoires Pfizer, AstraZeneca (par l’intermédiaire du Serum Institute of India) et Johnson & Johnson. Plusieurs pays africains ont également réussi à passer des commandes individuelles afin d’entamer très prochainement des campagnes de vaccination de leur population contre cette pandémie.  

Bakary Fomba

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Bah Ndaw president de la transition malienne a loccasion de la commemoration du 60eme anniversiaire de larmee malienne
Sécurité

Armée malienne : un 60e anniversaire « sous le signe de l’engagement patriotique de tous les Maliens »

by Bakary FOMBA 20 janvier 2021
written by Bakary FOMBA 1 minutes read

Dans un contexte marqué par une crise multidimensionnelle et la pandémie de Covid-19, le Mali célèbre, ce mercredi 20 janvier 2021, le 60e anniversaire de la création de son Armée.

20 janvier 1961-20 janvier 2021, l’armée malienne a, aujourd’hui 60 ans. Une commémoration qui intervient dans un contexte particulièrement éprouvant pour notre pays. Au-delà du contexte sécuritaire fragile que connaît le Mali depuis bientôt dix ans, le pays est frappé par la pandémie de la Covid-19, depuis mars 2020.

La défense et la sécurité, la Défense opérationnelle du Territoire, la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger, l’amélioration des conditions de travail et de vie des militaires ainsi que le renforcement du partenariat au plan bilatéral et multilatéral sont entre autres les points évoqués par le président de la transition malienne Bah N’Daw, dans son allocution, à la veille de ce 60e anniversaire de la création des Forces armées maliennes, mardi 19 janvier 2021.

Cette « Fête de l’Armée » est alors loin d’être un simple rituel. Elle est bien plus. C’est un appel à la mobilisation, au devoir de servir et de protéger le Mali. Cette commémoration est également un appel à l’unité et au rassemblement de tous les citoyens autour des forces armées, a précisé le président de la transition, Bah N’daw, dans son discours.

 Le chef de l’État malien a placé « cet anniversaire sous le signe de l’engagement patriotique de tous les Maliens pour la refondation et la reconstruction d’un nouveau Mali, gage d’un avenir radieux pour notre pays et notre peuple ».

Bakary Fomba

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Les ministres de lEducation nationale et de lEnseignement superieur
Éducation

Rentrée des classes et covid-19 : après le recul, le sursaut du gouvernement malien

by Chiencoro 20 janvier 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Pour une rentrée scolaire et universitaire plus sécurisée en cette période de crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus, le gouvernement malien a annoncé une crinière de mesures. Le 25 janvier prochain, les élèves et étudiants maliens pourront ainsi reprendre le chemin de l’école pour une nouvelle année scolaire et universitaire.

« Mieux vaut fuir et sauver sa tête que de la perdre en héros. » Ce proverbe sied bien aux décisions prises par les autorités politiques maliennes en charge de l’instruction. Après le report de la date des rentrées scolaires et universitaires, le 4 janvier dernier pour raison de coronavirus, elles reviennent ragaillardies.

Comme l’on dit généralement, la fuite ne saurait être un signe de faiblesse que lorsque l’on fuit sans ne jamais se retourner. Le gouvernement malien a prouvé à ses détracteurs que le report de la date des rentrées était juste un moyen pour eux de mieux assurer la sécurité des élèves et étudiants maliens à travers une crinière de mesures supportables.

La « covid-19 reste une réalité très préoccupante »

« La rentrée scolaire 2020-2021 aura lieu sur toute l’étendue du territoire national le 25 janvier 2021 », a déclaré le ministre de l’Éducation nationale, Pr Doulaye Konaté, dans une correspondance adressée aux directeurs d’académie d’enseignement, le 18 janvier 2020.

Loin de sous-estimer l’ampleur de la maladie à coronavirus dans le pays à travers cette rentrée scolaire dans un contexte où la « covid-19 reste une réalité très préoccupante dans notre pays », le ministre Konaté invite à veiller au respect des mesures-barrières pour la santé des élèves et des enseignants, qui sont les moteurs clés de toute structure éducative.

Dans un pays où la croyance en la réalité de la maladie fait défaut, quoi de plus normal que de consacrer la première semaine de la rentrée scolaire à un cours de 20 minutes, par niveau d’enseignement, sur cette pandémie qui frappe de plein fouet le Mali.

Des comités de veille

Ce n’est pas tout, « le Mali n’étant pas un empire dans un empire », les directeurs d’académie ainsi que les responsables d’administration scolaire sont engagés à mettre en place dans chaque école un comité de veille. Ce comité « aura pour tâche de veiller au respect des mesures barrières dans les écoles », indique-t-on dans la correspondance du ministre Konaté. Le comité de gestion scolaire (CGS), le directeur d’école et les enseignants constitueront les cinq membres de ce comité.

Ces membres ne pouvant pas avoir un œil sur chaque élève dans les salles de classe, ils seront épaulés par un comité de veille de la classe, composé également de cinq membres. Ces deux comités « travailleront ensemble et s’aideront mutuellement à faire respecter les mesures barrières au niveau de l’école ou de l’établissement » tout en veillant aux spécificités de chaque école. Le gouvernement a rassuré de sa disponibilité à apporter les appuis nécessaires pour la mise en application de ces mesures.

Apprendre à vivre avec la pandémie

Au niveau de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le ministre Amadou Kéïta invite également au respect des mesures barrières. Des dispositifs de lavage des mains ainsi que des masques seront mis à la disposition des étudiants et de leurs professeurs. Lors de sa rencontre avec les Institutions d’enseignement supérieur (IES) sur la reprise des cours pour le 25 janvier 2021, plusieurs initiatives avaient été annoncées.

Le ministre de l’Éducation nationale a invité également à un dialogue permanent avec les syndicats d’enseignants et les partenaires de l’école malienne afin de mettre en œuvre des mesures correctives aux « lacunes cumulées dans le processus d’enseignement/apprentissage, durant l’année scolaire écoulée ». Le gouvernement malien avait reculé pour mieux sauter. Parce que le monde devra apprendre à vivre avec cette pandémie qui semble ne pas être prête à se laisser vaincre.

F. Togola

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Boubacar Doumbia auteur du Concept Ndomo
Seko ni Donko

Livre : le « Concept n’domo » de Boubacar Doumbia ou le n’domo, de pratique d’initiation à l’entrepreneuriat

by Sahel Tribune 20 janvier 2021
written by Sahel Tribune 9 minutes read

Boubacar Doumbia, écrivain, promoteur du Centre N’domo de Ségou, a publié en 2020 chez les Editions La Sahélienne « Le Concept N’domo, une réponse à l’entrepreneuriat solidaire et à l’auto emploi des jeunes ». Il donne ici des explications sur le « Concept N’domo » et indique l’avantage que le Mali pourrait tirer de la vulgarisation de cette pratique inspirée des valeurs traditionnelles maliennes.  

Phileingora : qu’est-ce que le N’domo ?

Boubacar Doumbia : le N’domo est la première étape d’initiation des jeunes dans le milieu bambara. Une pratique qui a continué jusqu’après les indépendances. À partir de cette période, elle sera au fur et à mesure abandonnée au profit de l’école occidentale.

Pourquoi a-t-elle été abandonnée au profit de cette école ?

Parce que tous les jeunes qui devraient fréquenter cette école traditionnelle ont été envoyés à l’école occidentale qui n’a pas intégré cette pratique d’initiation.

En quoi le n’domo vous semble-t-il aussi intéressant ?

Le plus intéressant dans le n’domo est le regroupement des jeunes, leur initiation, qui correspond à leur formation, et leur insertion dans la vie active. Nous nous sommes servis de cette méthode pour mettre en place un concept : le concept n’domo.

Pouvez-vous nous expliquer davantage ce concept n’domo ?

Il s’agit d’une autre manière de gérer l’emploi au niveau de nos localités. Parce que chez nous, c’est le système occidental qui est couramment utilisé dans le secteur de l’emploi. Les jeunes font des études, ils ont un diplôme et ils sont à la recherche d’un emploi. Il se trouve que dans notre société, il y a un système qui est présent et que nous pouvons exploiter.

Quel est ce système ?

C’est les potentialités que nous avons au niveau du pays et les valeurs sociétales que nous avons. On a essayé de faire une symbiose pour mettre au point une forme d’entreprise sociale et solidaire.

Une entreprise sociale et solidaire ? Qu’est-ce qui la différencie de toutes ces entreprises qui existent chez nous ?

Le centre N’domo de Ségou. Crédit photo: le N’domo

Avec l’entreprise sociale et solidaire, les jeunes travaillent ensemble. Au lieu qu’un seul individu exerce un travail, on a un groupe de personnes qui travaille ensemble.

Avec l’entrepreneuriat social et solidaire, les jeunes vont travailler avec un système propre à eux.

En jetant un coup d’œil sur la société traditionnelle, vous allez constater qu’il y a trois formes de travail, à savoir le travail collectif, le travail individuel et le travail de soutien.

Qu’est-ce que ce système traditionnel peut-il apporter à nous modernes ?

Au sein de l’entreprise sociale et solidaire, tous les jeunes vont travailler dans le cadre du travail collectif, et la marge de bénéfice est équitablement répartie entre eux. Cela concerne une commande et au-delà des commandes. Par ailleurs, chaque jeune est libre de réaliser ou de faire un travail d’ordre individuel et ce qu’il va y gagner est pour lui-même.

Il y a d’autres dimensions dans le fonctionnement de cette forme d’entreprise.

Lesquelles ?

Je veux parler du travail de soutien. Dans nos traditions, une personne qui réside chez un tuteur va travailler pour lui-même durant cinq (5) jours et pour le tuteur pendant deux (2) jours.

Nous avons adopté ce même système. Au sein de l’entreprise sociale et solidaire, on va travailler du lundi jusqu’au samedi ou dimanche pour avoir le montant qui revient au tuteur qui est l’entreprise elle-même. On prélève 10 % sur le travail collectif et 10 % sur le travail d’ordre individuel et c’est ce montant qui revient à l’entreprise et assure son fonctionnement.

Il y a aussi l’accompagnement des jeunes pour qu’ils puissent se prendre totalement en charge. Pour cela, il y a un mécanisme qui a été mis au point et qui correspond à nos valeurs sociétales.

Parlez-nous de ce mécanisme ?  

Ce n’est rien d’autre que nos valeurs culturelles dont j’ai expliqué au début de notre entretien. Il s’agit du regroupement des jeunes de la même tranche d’âge, leur formation et leur insertion dans la vie active. On a fait une transposition de cette pratique vers l’artisanat. Ce qui fait que le n’domo d’aujourd’hui est différent de celui d’hier.

Qu’est-ce qui fait cette différence ?

Dans le n’domo d’aujourd’hui, on valorise le coton avec les techniques traditionnelles de teinture tout en créant de l’emploi pour les jeunes.

« Les techniques traditionnelles de teinture tout en créant de l’emploi pour les jeunes » ? Expliquez-nous !

Des travailleurs dans le centre N’domo de Ségou. Crédit photo: le N’domo

En regardant le Mali, nous constatons que le pays produit beaucoup de coton. Mais la quasi-totalité de cette production est malheureusement exportée.

En plus de la disponibilité de cette matière première, nous avons aussi des techniques traditionnelles de teinture qui ont existé chez nous depuis la nuit des temps. Nous sommes en mesure de valoriser ces techniques et de les appliquer sur le coton afin d’avoir quelque chose d’original. Nous avons donc fait une symbiose des deux.

Une symbiose, vous dites ?

Oui. Je veux parler de la symbiose du coton malien et des techniques traditionnelles de teinture. Nous avons également mené des recherches sur les tisanes, les couleurs… afin d’avoir des produits cent pour cent naturel, authentique et qui sont aujourd’hui très recherchés par l’occident et par nous-mêmes.

Comment cette transposition peut-elle être pourvoyeuse d’emplois ?

Le concept N’domo peut nous aider dans la résolution du problème de l’employabilité des jeunes. Car au lieu que les jeunes évoluent individuellement en prenant une entreprise ou en faisant face à une entreprise, on aura juste un ensemble d’individus qui peuvent mettre au point une entreprise sociale et solidaire et la faire fonctionner comme on a l’habitude de le faire. 

Pouvez-vous aller au fond de vos idées ?

Le bogolan à gauche et le basilan au milieu. Crédit photo: le N’domo

Comme je l’ai expliqué tantôt, nous avons d’abord tenté de valoriser le textile malien. Au lieu que tout le travail soit exécuté avec les petits métiers, nous avons fait en sorte qu’on puisse l’exécuter avec les grands métiers améliorés qui mettent à notre disposition des tissus uniformes qui sont très recherchés sur le marché international. Sur ces tissus, nous avons appliqué des techniques traditionnelles de teinture, tel que le bogolan, le basilan et le Gala, qui sont des produits propres à nous, afin de leur donner une nouvelle forme.

Vous venez de nous parler de basilan et de bogolan. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Le « bogolan » est un concept bambara. « Bogo » qui signifie la terre, et « lan », un dérivatif en bambara pour signifier ce qui permet d’atteindre un résultat. Donc, le concept « bogolan » renvoie au résultat de la terre sur le tissu. Pour l’atteinte de ce résultat, on passe par une étape, durant laquelle un autre produit est utilisé qu’on appelle Basilan (plante médicinale). On parle donc de « basilan fini » (résultat de la plante médicinale sur le tissu).

Ne pouvons-nous pas trouver d’autres pratiques, dans nos sociétés traditionnelles, différentes du n’domo ?

En jetant un coup d’œil sur la société, autour du travail et autour de l’insertion, une autre pratique, différente de celle que nous venons de mettre au point, peut être possible. Au sein de la société, on a des pratiques sur le plan culturel. Sur le plan économique, on a également des formes de travail qui existent. Mais c’est sur le plan social qu’on a pris la manière dont l’insertion se faisait.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans le processus de publication de cet ouvrage ?

Première couverture du Concept Ndomo
Première couverture du Concept Ndomo. Crédit photo: Fousseni Togola

J’ai tenté à maintes reprises de publier ce livre, mais je n’avais pas de fonds pour pouvoir l’éditer. Au niveau de Ségou, avec le Conseil régional, j’ai bénéficié du soutien de l’Agence luxembourgeoise pour la coopération au développement dans le cadre de la formation et Insertion des jeunes ruraux au Mali. C’est ce contact établi qui a permis l’édition de ce livre.

Aujourd’hui, comment se procurer de cet ouvrage et à quel prix ?

On a édité le livre. L’objectif n’est pas de faire une vente, mais plutôt de le mettre à la disposition des jeunes qui ont peur d’entreprendre un outil qui va leur permettre de s’imprégner de ces idéaux ou du concept et d’avoir en fin de compte le courage d’entreprendre non seulement individuellement, mais aussi en groupe.

Le livre est disponible à l’Agence luxembourgeoise pour la coopération et le développement. On a également une partie au niveau du Conseil régional. Une autre partie se trouve entre nos mains pour les jeunes. Au fur et à mesure que les jeunes viennent, on leur donne des explications avant de leur remettre le manuel.

Donc le manuel n’est pas à vendre ?

Pour le moment, nous sommes en train de remettre ce manuel à ceux qui veulent entreprendre.

Dernière question. En quoi le bogolan et le basilan, dont vous avez tantôt parlé, sont si importants aujourd’hui selon vous ? 

cousse de coussin et jeter de lit. Crédit photo: le centre Ndomo

Autrefois, le bogolan et le basilan étaient utilisés comme des accessoires vestimentaires. Aujourd’hui, nous avons décliné ces accessoires vestimentaires en accessoires de décoration, comme les jeter de lit, les couses de coussins, les nappes de table. Bref, tout ce que nous pouvons utiliser à l’intérieur des maisons comme décoration. En plus de toutes ces utilisations, dans notre déclinaison, nous faisons des accessoires de mode tels que les écharpes, etc.

Des écharpes. Crédit photo: le centre Ndomo

Ces pratiques permettent aux jeunes d’avoir de l’argent. Ce qui les stabilise dans le terroir. Je pense que si le Mali expérimente le concept n’domo, cela pourrait contribuer à la création d’emplois pour les jeunes.

Réalisé par Fousseni Togola

et Bakary Fomba

20 janvier 2021 0 comments
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