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Deux attaques meurtrieres ont ete perpetrees le 2 janvier contre deux villages de louest du Niger. 1
Sécurité

Niger : la double attaque du samedi entraine des déplacements massifs de populations

by Bakary FOMBA 8 janvier 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Suite aux deux attaques jihadistes perpétrées contre deux villages nigériens, samedi 2 janvier 2021, plus de 10 000 personnes ont fui dans la zone des « trois frontières. »

Situés près de la frontière malienne, les deux villages nigériens qui ont été attaqués le samedi dernier se voient vider de leurs habitants qui trouvent refuge dans le village de Mangaisze auprès de familles d’accueil déjà vulnérables.

105 morts, 26 blessés

« Environ 10 600 personnes ont été déplacées » après l’attaque, samedi, de deux villages de l’ouest du pays dans lesquels 105 civils ont été tués, a tweeté l’antenne nigérienne d’OCHA. Dans son tweet, OCHA donne plus de précisions sur le bilan de cette attaque. Au total, cette attaque a fait 105 morts, dont 73 à Tchamo Bangou et 32 à Zaroumadareye, dans la région de Tillabéry. Parmi les personnes tuées figurent 10 garçons et 7 filles, indique la même sourceavant de rassurer que les 26 blessés reçoivent des soins médicaux.

Attacks in Niger🇳🇪have left 105 people dead – 73 in Tchamo Bangou & 32 in Zaroumadareye #Tillabéri region, including 10 boys & 7 girls. 26 injured ppl are receiving medical care while 10,600 ppl have been displaced. Hum actors are providing assistance.

Civilians are #NotATarget pic.twitter.com/9JczzY3Kbi

— OCHA NIGER (@OCHA_Niger) January 7, 2021

 « Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a confirmé qu’une mission d’évaluation interorganisations de l’ONU est arrivée mardi dans la localité de Oualam pour évaluer la situation des personnes qui ont fui les attaques », avait souligné jeudi, Stéphane Dujarric, porte-parole d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.

Près de 140 000 déplacés

Les régions de Tillaberi et de Tahoua au Niger, situées près de la région du Liptako-Gourma, à la frontière du Burkina Faso et du Mali, accueillent 60.000 réfugiés maliens et près de 4.000 personnes venant du Burkina Faso, selon l’Agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR). La même source indique que ces régions accueillent également près de 140.000 déplacés internes nigériens. Un nombre qui a augmenté de plus de 75% en 2020, indique-t-on.

Selon le HCR, ces régions nigériennes sont alors confrontées à d’énormes difficultés parmi lesquelles, souligne le porte-parole de l’ONU, le besoin de nourriture, de protection, d’abris et d’articles non alimentaires, ainsi que de soins de santé, d’eau, d’assainissement, d’hygiène et d’éducation. À cela, M. Dujarric a fait savoir que « des cliniques mobiles ont déjà été établies pour renforcer la situation sanitaire. »

Au total, le Niger, le Burkina Faso et le Mali, accueillent plus de 850.000 réfugiés et près de deux millions de déplacés internes, souligne les Nations unies.

Le vice-président de la transition malienne, colonel Assimi Goita, accompagné d’une forte délégation, a effectué une visite au Niger, mercredi 6 janvier 2021 afin de rendre les condoléances de la nation malienne au peuple frère du Niger suite à l’attaque du samedi dernier.

Bakary Fomba

8 janvier 2021 0 comments
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Une ecole fermee au centre du Mali
Seko ni Donko

Lutte contre la covid-19 : la fermeture des écoles est-elle la solution?

by Sahel Tribune 8 janvier 2021
written by Sahel Tribune 5 minutes read

La rentrée scolaire 2020-2021 a été reportée au Mali en raison de la deuxième vague de la pandémie du coronavirus. Malgré des justifications données par les autorités, des spécialistes du domaine trouvent incompréhensible ce report.

Après la perturbation de l’année scolaire 2019-2020 en raison de la covid-19 et du mouvement de grève des syndicats signataires du 15 octobre 2016, l’école malienne court à nouveau en 2021 un risque de perturbation. Initialement prévue pour le 5 janvier 2020, la rentrée scolaire et universitaire 2020-2021 a été repoussée au 25 janvier avec possibilité de report si la pandémie continue à sévir avec la même énergie.

Du mimétisme

Cette situation de l’école malienne interpelle des spécialistes de l’éducation qui ne comprennent pas la motivation réelle de ce report bien vrai que la seconde vague de la pandémie frappe de plein fouet le pays.

Dr Seydou Loua, enseignant–chercheur à l’Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako, déplore en effet ce « report brutal » des cours. Il doute d’ailleurs que ce report puisse contribuer à la lutte contre cette maladie.

Durant la première vague du coronavirus, l’autre pandémie dans la pandémie a été la fermeture des classes, dans certains cas, alors que les pays ne comptaient pas assez de cas positifs. Après quelques mois, durant lesquels la continuité pédagogique a été assurée, les écoles ont été rouvertes en pleine pandémie avec comme consigne, le respect des mesures édictées. « Je ne pense pas vraiment que l’école soit un lieu de propagation de ce virus », indique Dr Loua. Surtout que « quand les enfants ne sont pas à l’école, ils se retrouvent entre eux dans la rue ». Et là, précise-t-il, c’est encore « pire ». Mais les autorités maliennes « suivraient juste le mouvement international », pense-t-il.

D’autres alternatives

Au lieu du report des rentrées scolaires, Dr Loua invite plutôt à ouvrir les écoles tout en exigeant le respect de certaines mesures comme le port du masque pour chaque élève et chaque enseignant, la mise en place de kits de lavage des mains devant chaque établissement et la mise à la disposition des élèves aussi bien que des enseignants des gels hydroalcooliques. « Je pense qu’avec ces trois mesures, on peut ouvrir les écoles pour ne pas perdre encore cette année scolaire », a-t-il indiqué.  

Le ton reste le même du côté de Ousmane Almoudou, le nouveau porte-parole des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016. Selon lui, l’école malienne ne devrait connaître aucune perturbation cette année. D’où l’importance pour lui de prévoir d’autres alternatives que les « fermetures successives des classes ». M. Almoudou invite surtout au « respect de la continuité pédagogique ».

Toutefois, le porte-parole des enseignants suggère que l’on mette à la disposition des établissements des kits sanitaires tout en les imposant le respect de la distanciation dans les salles de classe. Ces mesures sont importantes à ses yeux, car nul ne sait quand cette maladie prendra fin. Selon lui, le risque de ce report est surtout la prolongation de l’année scolaire dans les vacances. Pourtant, « à partir du mois de mai, des zones du Mali deviennent inaccessibles ». 

Le gouvernement à l’œuvre

Au cours d’une conférence de presse animée mercredi 6 janvier 2021 par la secrétaire générale du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mme Diarra Haby Sanou, dans les locaux de son département, il a été question non seulement des raisons du report de la rentrée scolaire et universitaire, mais aussi des mesures que le gouvernement envisage pour une meilleure rentrée. Bien qu’elle reconnaisse la possibilité que la date du 25 janvier soit à nouveau reportée, Mme Diarra Haby Sanou a laissé quand même comprendre que les autorités en charge de l’éducation travaillent « d’arrache-pied pour déployer les moyens nécessaires afin que la rentrée scolaire et universitaire soit effective sans interruption ».

Pour réussir ce pari, le gouvernement a pris certaines mesures. « Le port du masque, la dotation des établissements scolaires en kits sanitaires, notamment de lavage des mains au savon, de gels ou de solutions hydroalcooliques, la limitation du nombre d’élèves par classe (25 élèves par classe), celle d’étudiants dans l’amphithéâtre (50 étudiants au plus) et les cours à distance, sont des mesures de prévention prises pour permettre aux enfants de bien apprendre », a-t-elle précisé.

Une ancienne expérience mal vécue

En ce qui concerne les cours à distance, l’expérience de la première vague de la pandémie en la matière ne serait pas reluisante. Mahamadou Ongoïba, coordinateur national de la Coalition Éducation pour tous (EPT) et qui a travaillé en collaboration avec la Direction de l’enseignement fondamentale du Mali ainsi que d’autres structures sur le programme des cours à distance durant la première vague de la pandémie du coronavirus, souligne que beaucoup de difficultés ont été rencontrées dans l’application du programme de cours en ligne au Mali. Selon ses mots, ces cours à distance nécessitent que les parents soient alphabétisés. Outre cela, il faut des moyens appropriés, tels que l’accès à la télévision, à un poste radio, à l’internet, etc. ; pour le plein succès de cette initiative.

Avant de se lancer à nouveau dans une telle entreprise, il convient alors de faire le bilan de son application durant la première vague de la maladie à coronavirus.

Fousseni Togola

8 janvier 2021 1 comment
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Assimi Goita vice president de la transition malienne lors de sa visite au Ghana a loccasion de linvestiture de Nana Akufo Addo
Sécurité

Colonel Assimi Goïta au Ghana : en marge de l’investiture, la situation sécuritaire dans le sahel au cœur des échanges

by Chiencoro 8 janvier 2021
written by Chiencoro 1 minutes read

Le vice-président de la transition malienne, Assimi Goïta a participé à l’investiture du président ghanéen, Nana Akufo Ado, jeudi 7 janvier 2021. Une occasion saisie par le colonel Goïta pour échanger avec les chefs d’État présents sur la situation sécuritaire au sahel.

Depuis le mercredi 6 janvier 2021, le vice-président de la transition malienne, Assimi Goïta effectue des visites de travail dans la sous-région. Du Niger, où il a rendu les condoléances de la nation malienne au peuple nigérien après la mort d’une centaine de civils dans ce pays, le colonel Goita s’est rendu au Ghana, jeudi 7 janvier 2021. Là, il a pris part à l’investiture du président ghanéen, Nana Akufo Addo, réélu pour un mandat de quatre ans.

En marge de cette investiture, le Colonel Goita a eu des entretiens riches avec les chefs d’État présents, notamment celui de la Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, et du Sénégal, Macky Sall. Il s’est entretenu également avec le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat. Tous les échanges ont essentiellement porté sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Preuve encore, une fois de plus, de l’engagement ferme et infaillible du vice-président de la transition malienne pour le retour de la sécurité non seulement au Mali, mais aussi au sahel.

Les deux jours de mission auront certainement permis au Vice-Président de la Transition de rassurer davantage ses interlocuteurs sur les avancées enregistrées par les autorités de la Transition. Une dernière visite de travail conduira le Vice-Président en Guinée, un autre pays limitrophe très important pour le Mali.

Togola

8 janvier 2021 0 comments
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Des drones et des avions de combat
Sécurité

« L’environnement observé n’a montré ni scène de mariage, ni enfants ou femmes » (Communiqué officiel)

by Chiencoro 7 janvier 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Nous en savons un peu plus chaque jour sur l’attaque survenue à Bounti, dans la région de Mopti (au centre du Mali), dimanche 3 janvier 2021. Après les précisions de Barkhane, de Médecin sans frontières, le ministère de la Défense et des anciens Combattants du Mali donne également sa version des faits, ce jeudi 7 janvier 2021.

« Au cours d’une mission de surveillance de cette zone, des mouvements individuels, suivis de regroupement d’une cinquantaine d’individus ont été observés le dimanche 03 janvier 2021, vers onze heures. Ce regroupement ne comprenait ni femmes ni enfants. Par la suite, un motocycliste armé s’ajouta au regroupement, puis un véhicule pickup », a déclaré le ministère de la Défense et des anciens Combattants dans son communiqué. « Aux environs de treize heures, ces éléments de la Katiba Serma, vêtus de la même façon, ont formé trois groupes », précise la même source.

Une trentaine de GAT neutralisé

Sur la route nationale 16, notamment entre Douentza et Hombori, la Katiba Serma est l’auteur d’attaques et de poses d’Engins explosifs improvisés (EEI), indique la même source gouvernementale qui reconnait qu’une intervention aérienne, sollicitée par le Poste de Commandement conjoint, a bien eu lieu, ce dimanche. En effet, selon les précisions du MSF les huit blessés qu’il a pris en charge « présentaient des blessures par balles et des lésions dues à des explosions ».

Le ministère malien de la Défense et des Anciens Combattants donne d’ailleurs des précisions sur cette frappe aérienne effectuée par un mirage 2000. Selon ces précisions, le bilan fait état d’une trentaine de groupes armés terroristes (GAT) neutralisés.  

« Vers dix-sept heures, un groupe de villageois et d’hommes armés en véhicule pickup et motos, sont arrivés sur site et ont procédé à l’inhumation des morts. Les motocyclistes et les véhicules pickup ont récupéré les blessés avant de partir dans des directions différentes. Les rescapés ont occupé les hauteurs avec jumelles et postes talkie-walkie », précise le ministère dans son communiqué.

« Il n’y avait pas de mariage »

Selon les villageois, des habitants qui célébraient un mariage ont été la cible d’une frappe aérienne comme on peut le lire dans ce témoignage recueilli par nos confrères de RFI : « Brusquement, j’ai entendu un bruit d’un aéronef, puis un bruit de quelque chose qui est tombé. Je me suis levé pour courir et j’ai vu que j’étais blessé, je n’arrivais pas à courir. C’était lors d’un mariage d’une personne qui habite au milieu des champs, il nous a amenés sous des arbres dans le champ. »

Toutefois, les autorités maliennes persistent : « L’environnement observé n’a montré ni scène de mariage, ni enfants ou femmes. Tous les renseignements recueillis en direct justifiaient que les cibles neutralisées étaient des objectifs militaires confirmés ». Une version soutenue par une source militaire française proche du dossier : « Il ne peut y avoir de doutes et d’ambiguïté, il n’y avait pas de mariage. C’est une frappe menée après un processus particulièrement formel et multipartite sur un groupe armé terroriste pleinement identifié, après un recoupement d’informations, des attitudes, une posture, sur une zone caractérisée », rapporte la chaîne de télévision française, France 24.

Des enquêtes bientôt ouvertes

Après avoir exprimé son attachement au respect des droits de l’homme, au Droit international humanitaire, et à la protection des populations et de leurs biens, le ministre de la Défense et des anciens Combattants du Mali a rassuré à travers ce communiqué que des enquêtes seront ouvertes « par les services compétents pour mieux comprendre ce qui s’est passé ». La mission des Nations unies au Mali (Minusma) a également« initié une enquête » sur cet incident, selon l’AFP, afin de situer les responsabilités.

Les internautes maliens et de la diaspora étaient impatients d’entendre la version des autorités maliennes sur cette attaque. Dans un communiqué du 5 janvier, le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) montrait son étonnement face au « silence du Gouvernement alors que des versions contradictoires circulent sur cet événement ».

Fousseni Togola

7 janvier 2021 0 comments
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Vieille femme
Santé

Covid-19 : les personnes âgées restent les plus fragiles

by Sahel Tribune 7 janvier 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Face à la pandémie de la Covid-19, les personnes âgées constituent la couche la plus fragile. L’OMS invite à veiller sur leur santé en cette période de covid-19.  

« Bien que tous les groupes d’âge soient exposés au risque de contracter le nouveau coronavirus, les personnes âgées courent un risque important de développer une maladie grave », souligne dans une note publiée mercredi 6 janvier, le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Europe. Cette forte exposition des vieilles personnes s’explique par les « changements physiologiques qui accompagnent le vieillissement », mais aussi par « des conditions de santé sous-jacentes existantes », explique la Branche européenne de l’Agence sanitaire mondiale de l’ONU.

Changer la façon de penser et d’agir face au vieillissement

Selon l’OMS, la « Décennie des Nations Unies pour le vieillissement en bonne santé » est l’occasion pour la communauté internationale de s’attaquer aux facteurs ayant une incidence sur l’état de santé des personnes âgées et qui contribuent à leur vulnérabilité accrue à des maladies graves. L’OMS entend également changer la façon de penser, de ressentir et d’agir face à l’âge et au vieillissement.

 « Nous devons veiller à ce que les personnes âgées et les autres groupes potentiellement vulnérables ne soient pas laissés pour compte », insiste le Bureau régional de l’OMS.

La planète pourrait compter plus de 2 milliards de seniors en 2050

L’OMS estime que d’ici la fin de la Décennie du vieillissement en bonne santé en 2030, le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus va progresser de plus de la moitié, passant de 962 millions, en 2017, à 1,4 milliard en 2030.

Elle ajoute également que cette proportion dans la population mondiale va plus que doubler, pour atteindre 2,1 milliards d’ici à 2050.

Rappelons que l’Afrique, suivie par l’Amérique latine et les Caraïbes puis par l’Asie sont les régions où le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus progresse le plus vite.

Bakary Fomba

7 janvier 2021 0 comments
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Une vue aerienne de Menaka e1610046145733
Sécurité

Mali: sur l’attaque de Bounti, le MSF apporte des éléments de précision

by Sahel Tribune 7 janvier 2021
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Le flou plane toujours sur l’attaque survenue, dimanche 3 janvier 2021, à Bounti. Néanmoins, le Médecin sans frontière apporte des précisions.

L’attaque de Bounti, au centre du Mali, dimanche 3 janvier 2021, continue de semer la confusion dans les cœurs. Au même moment où les villageois dénoncent le massacre de plusieurs civils, la force Barkhane annonce avoir neutralisé des terroristes dans la zone. Des civils auraient-ils été pris pour des terroristes ? L’assurance a été donnée qu’aucune erreur du genre n’était possible. Nos confrères de Radio France international (RFI) rapporte que Barkhane « affirme de nouveau ce soir [mercredi soir ndlr] n’avoir utilisé aucun hélicoptère ». La même source indique que le porte-parole des Forces armées maliennes « confirme la version française et soutient que le récit d’une frappe contre des civils relève de la “propagande”. Cette source militaire lui aurait spécifié qu’“il n’y a ni femmes ni enfants parmi les blessés”.

Le MSF précise

Le Médecin sans frontière (MSF) a néanmoins apporté des éléments de précisions, mercredi 6 janvier 2021, sur cette attaque. “Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont pris en charge huit blessés graves suite à des bombardements sur les villages de Bounty et Kikara, dans le centre du Mali, le dimanche 3 janvier 2021”, a indiqué le MSF dans son communiqué. Selon la même source, ses équipes sont intervenues suite à un avertissement donné par les habitants indiquant “la présence de blessés ayant besoin de soins médicaux urgents”. Les blessés ont alors été conduits “vers le centre de santé de référence de Douentza”, indique le MSF.

Toujours selon les précisions du MSF, les huit blessés pris en charge “présentaient des blessures par balles et des lésions dues à des explosions”.

Chiencoro

7 janvier 2021 1 comment
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circulation route amboutillage voiture
Enquête

Mali : centre de visite technique des véhicules, véritable lieu de business ? [Enquête]

by Chiencoro 7 janvier 2021
written by Chiencoro 7 minutes read

La corruption autour de la visite technique des véhicules au Mali est un véritable problème de sécurité humaine. Autour de cette visite technique, un véritable réseau d’affairisme a été constitué, surtout par de jeunes vendeurs, afin de permettre aux chauffeurs d’avoir le plus vite possible le précieux sésame et les éviter de suivre la file indienne.

En 2019, entre le lycée Bemba Kanda Kéïta de Tienbani (dans le cercle de Kati) et une station d’essence, une voiture personnelle prend feu dans la rue. N’ayant pas d’extincteur dans sa RAV4, le chauffeur court à la station dans l’intention de prêter un extincteur. Les gérants lui rappellent : « Tu es censé avoir un extincteur dans ton véhicule ». Mais tel n’est pas le cas. La voiture a une visite technique, mais ne dispose d’aucun extincteur. Pourtant, la visite technique concerne aussi la vérification de la présence de ce matériel en plus du contrôle de l’état des freins, de l’identification, de l’éclairage, des pneus, du volant, de la géométrie, de la signalisation, des nuisances et bien d’autres accessoires. Cette visite est « obligatoire pour tous les véhicules (sauf les véhicules de la présidence et ceux de l’armée) ». Alors comment se fait-il que des véhicules se retrouvent sans extincteurs ?

En moyenne, 517 véhicules par jour

La visite technique des véhicules, qui se fait pour contrôler l’état du parc automobile du Mali, est un véritable lieu de business à Bamako. Confiée à une société privée depuis 1995, Mali Technic System, dont le centre unique à Bamako est à Sogoniko, cette visite a perdu tout son sens en raison du réseau d’affairisme établi tout autour.

Dans ce centre unique, le plus souvent débordé, certains chauffeurs peuvent passer toute une journée sans avoir le précieux sésame. En moyenne, ce centre reçoit 517 véhicules par jour. Cet afflux ouvre la voie à la corruption. Les uns et les autres se trouvent des raccourcis pour se procurer de leur visite technique. C’est ainsi qu’un véritable réseau voit le jour.

Dans « les dimensions sécurité routière dans les projets sectoriels des transports en Afrique : le cas du Mali », Soussouro Coulibaly, à l’époque, chef Division Sécurité des Transports à la Direction nationale des Transports terrestres, maritimes et fluviaux de Bamako, indique que si la société MTS a bien équipé les centres de contrôle de Bamako, Sikasso et Ségou, « plusieurs centres non équipés fonctionnent et délivrent le même certificat de visite technique à l’instar des centres équipés ». Selon lui c’est ce qui constitue le véritable problème : « Cette situation ouvre la porte aux propriétaires de véhicules en mauvais état de passer leur visite dans les centres non équipés. Ainsi, la fiabilité du contrôle technique varie d’un centre à un autre ».

Outre ces aspects, la corruption à ciel ouvert, entretenu par des réseaux d’affairisme, s’est aussi emparée de ce centre unique de visite technique.

« II suffit juste de rajouter un billet de plus »

En nous déguisant en clients, nous avons pu nous renseigner auprès d’un jeune vendeur à côté du centre MTS sur la procédure à suivre pour obtenir une visite technique pour un véhicule qui souffre de quelques pannes. Le jeune homme, d’une vingtaine d’années, nous propose le paiement de 15 000 FCFA, si nous sommes prêts à conduire le véhicule jusqu’au centre, et 20 000 FCFA, si nous souhaitons obtenir le sésame en absence de l’engin au centre. Pourtant, les frais pour la visite technique sont de « 5 000 FCFA pour les véhicules légers et 6 000 FCFA pour les véhicules de transports/véhicules utilitaires et 8000 pour les poids lourds », a-t-on lu sur le site internet du centre.

En plus de cet aspect, au centre Mali technic system, ces vendeurs tirent leur épingle du jeu à travers la location d’extincteurs que des chauffeurs louent pour juste passer la visite. Selon M.S, un chauffeur que nous avons rencontré sur les lieux, le prix pour la location d’un extincteur est de 1000 FCFA pour un extincteur qui coûte moins de 5000 FCFA sur le marché. H.D, un autre chauffeur dans le rang devant le centre, confie : « Nous louons tous ici ces extincteurs pour passer notre visite ».

Au centre de Sogoniko depuis 8 h, Ibrahim Coulibaly, chauffeur de SOTRAMA (Société de transport malienne), attend toujours (aux environs de midi) le précieux sésame. Malgré tout, il garde le sourire aux lèvres et s’abstient de se prononcer ouvertement sur les tracasseries autour de la visite technique des véhicules. Néanmoins, il nous laisse comprendre que la « corruption concerne tous les secteurs au Mali ». 

Quant àBourama Touré, chauffeur de Taxi, qui vient pour la deuxième fois passer sa visite technique au centre de Bamako, celui-ci explique n’avoir jamais été confronté à un cas de tracasserie au sein du MTS. Néanmoins, il reconnait avoir appris par l’intermédiaire de certains de ses collègues que dans ce centre, un véritable réseau existe pour faire passer les véhicules, même en panne.

Sur cet affairisme au MTS, Hamody Diarra, CEO Fassocanou et malien résident en France, indique : « Le Mali dispose de très peu de centres de contrôle technique. Parmi les seuls qui existent, beaucoup font passer les véhicules sans contrôle ». Selon lui, « iI suffit juste de rajouter un billet de plus ».

Des réformes envisagées

Dans l’objectif de soulager les citoyens et de rendre la tâche plus facile aux agents du MTS tout en améliorant le service, le gouvernement malien avait lancé en 2013 un appel d’offres pour la création d’un second centre de visite qui allait être confié à une autre société. Cet appel a tourné au vinaigre entre le gouvernement du Mali et le MTS. Dès lors, le monopole du marché est resté entre les mains de la société MTS.

En février 2015, Mali technic system avait annoncé, à travers Mme Touré Adam Diawara, à l’époque gérante adjointe de la société, l’ouverture d’un second centre à Bamako. « Nous avons commandé des matériels modernes pour cela et nous sommes en train de chercher un emplacement idéal pour installer ces matériels », avait-elle rassuré. Mais force est de constater que jusqu’à nos jours ce second centre peine à voir le jour. Pourtant, la multiplication des centres est une recommandation formulée par des chauffeurs, comme Ibrahim Coulibaly, chauffeur de SOTRAMA. Celui-ci estime que l’ouverture d’autres centres pourrait éviter aux conducteurs de perdre du temps pour avoir le précieux sésame.

Après avoir déposé un courrier au Centre Mali technic system, nous nous y sommes rendus à plusieurs reprises, afin d’avoir plus d’éclaircissements, mais jusqu’au moment où nous mettons cet article sous presse, le MTS n’a pas donné suite à notre demande. Néanmoins, dans les coulisses du centre, nous avons appris que le projet de second centre est toujours en cours. Aussi, sur le site internet de MTS, on peut lire : « MTS met en place un nouveau site pour les visites techniques. Ce site répond à tous les critères de la nouvelle technologie afin de donner un service de qualité aux usagers. » Ce nouveau site devait être lancé en 2020, mais en raison de la pandémie de covid-19, de derniers réglages restaient encore à faire, a-t-on appris.

Le centre travaille également à mettre fin aux actes de corruption, développés par de jeunes vendeurs autour du centre, afin d’améliorer le service, a-t-on appris dans les coulisses du MTS. Ces réformes sont nécessaires, car « une voiture en bon état sauve des vies ».

Fousseni Togola



N.B

Cette enquête a été menée dans le cadre du projet Kenekanko financé par l’Union européenne. Kenekanko est une plateforme de lutte contre la corruption mise en place par Tuwindi, Amnesty international et Free Press Unlimilited. A travers kenekanko.com, les citoyens peuvent alerter les médias partenaires du projet sur des cas de corruption ou de crime économique au Mali.

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