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Le coronavirus au Mali
Santé

Au Mali, il y a plus dangereux que la covid-19

by Sahel Tribune 26 janvier 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Au Mali, une autre crise, plus grave que la pandémie du coronavirus, existe. Elle rend d’ailleurs plus ardue la lutte contre cette pandémie. « L’infodémie » est la maladie la plus propagée en cette période de crise sanitaire. 

Au Mali, les rumeurs ont la peau dure. Elles mettent toujours des bâtons dans les roues des autorités politiques, engagées pour en découdre avec cette pandémie qui continue son ravage depuis mars 2020.

La covid-19 n’est que la grippe

Parmi les rumeurs les plus répandues sur la pandémie de coronavirus, nous retrouvons cette fameuse affirmation selon laquelle le coronavirus n’est rien d’autre qu’une grippe. Les tenants de cette théorie estiment qu’à l’instar du rhume, la pandémie du coronavirus se transmet également par simple contact. En conséquence, ces personnes soutiennent que la maladie à coronavirus n’est pas une nouvelle maladie pour le Malien.

Ces affirmations sont des rumeurs, car sans fondement. Si ce n’est que la grippe pourquoi a-t-elle tué autant de personnes à travers le monde. Selon Pr Akory Ag Iknane, coordinateur de la cellule de lutte contre le coronavirus au Mali, le coronavirus est plus dangereux que la grippe et peut conduire à la mort. À la différence du rhume qui se guérit seul, le coronavirus ne se guérit pas toute seul.

Une politique d’enrichissement des autorités

Beaucoup de nos citoyens pensent que la covid-19 n’est qu’une politique mise en place par les autorités politiques pour se faire de l’argent. C’est une politique d’enrichissement économique. Comme la première affirmation, celle-ci manque également de solidité. Car si cette pandémie n’existe pas réellement au Mali, comment expliquer les morts enregistrés.  Qu’est-ce que l’État gagne de la fermeture des barres et restaurants, des lieux de spectacles, des écoles, de la suspension des manifestations culturelles, etc ? Les autorités seront-elles aussi immorales jusqu’à aller adopter des positions qui ne contribuent qu’à les asphyxier ?

Un simple masque ne peut pas protéger contre la pandémie

Le port du masque anime également les débats au Mali. Rares sont les Maliens qui portent volontairement le masque bien vrai que la deuxième vague de la maladie frappait fortement le pays. On estime qu’un simple tissu ne peut pas protéger contre le virus. Pourtant, le masque sert de barrière entre le germe et l’individu.   Selon les mots de Pr Akory Ag Iknane, le virus de la covid-19 atteint l’individu par la bouche, le nez à travers la main infectée. D’où l’importance du lavage permanent des mains avec l’eau et le savon.

Se serrer les coudes

Pour venir à bout de cette maladie, un changement de comportement ou de mentalité s’impose. La covid-19 est là et elle fait des ravages. C’est pourquoi il très urgent pour chacun, pris individuellement de respecter les mesures barrières. Car en nous protégeant, nous protégeons les autres. Mais pour y réussir, il faut faire face à l’autre mal plus grave que la covid-19 : les rumeurs.

Fousseni Togola

26 janvier 2021 0 comments
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Des elements de larmee malienne
Sécurité

Le Mali, 105e rang mondial des armées les plus puissantes

by Sahel Tribune 26 janvier 2021
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Global firepower a rendu public son classement 2021 des armées les puissantes au Monde. Sur une liste de 138 pays, le Mali occupe la 105e place.

Dans le classement annuel 2021 de Globalfire Power sur les puissances militaires mondiales, le Mali troque sa 96e position contre le 105e rang mondial sur 138 pays en lice. Sur le plan régional, sur un total de 35 pays africains en lice, le Mali occupe la 19e place. Il devance la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Cameroun, etc., en termes de puissance militaire.  

En ce qui concerne les fonds alloués par les gouvernements pour couvrir des dépenses liées à l’approvisionnement, l’entretien ou au soutien et les pensions, il ressort de ce classement mondial des puissances militaires que le Mali dépense dans la défense 65 000 000 FCFA. Le Niger, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Tchad, etc., dépensent plus dans la défense que le Mali. Sur ce plan de dépense dans la défense, le Mali occupe le 127e rang mondial.

Dans ce classement, le GFP utilise plus de 50 facteurs pour déterminer le score de l’indice de puissance d’une nation. Cette comparaison a l’avantage de créer une forme de concurrence entre les nations les plus petites et celles plus avancées sur le plan technologique avec des nations plus grandes et moins développées. Global Firepower effectue ce travail de classement en fournissant des données analytiques sur 138 « puissances militaires modernes », depuis 2006. « Chaque pays est évalué en fonction d’une multitude de facteurs liés à une campagne militaire offensive ou défensive prolongée », explique-t-on.

Chiencoro

26 janvier 2021 0 comments
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Reprise des cours
Seko ni Donko

Covid-19 : la rentrée scolaire au Mali, entre joie et inquiétudes

by Bakary FOMBA 25 janvier 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Dans un contexte caractérisé par la pandémie de Covid-19, les élèves maliens ont commencé, ce lundi 25 janvier 2021, la nouvelle année scolaire 2020-2021. L’application de certaines mesures comme la distanciation physique pose problème à des établissements.

Depuis 7 heures du matin, les rues, les bords de routes, dans les SOTRAMA (Société de transport malien), on apercevait des enfants portant des sacs dans le dos ; d’autres encore, les mains remplies de fournitures scolaires. Les plus grands discutent joyeusement, contents de se retrouver ; pendant que des plus petits pleurent alors qu’ils sont traînés par des adultes. C’est leur premier jour à l’école.

Au Mali, la rentrée scolaire 2020-2021 a eu lieu ce lundi. Si la rentrée scolaire de l’année dernière avait été marquée par la grève des enseignants, celle de cette année est plutôt sous menace pandémique.

Les dispositions édictées

Dans une lettre du 18 janvier dernier, adressée aux responsables des différentes Académies d’enseignement du pays, le ministre en charge de l’Éducation nationale a édicté plusieurs mesures pour une bonne rentrée scolaire. Parmi ces dispositions, on note l’exécution de cours sur la Covid-19, la distanciation physique ainsi que le port des masques aussi bien par les élèves que par les enseignants.

Durant ce premier jour de la rentrée des classes, les établissements sont confrontés à des difficultés relatives à la mise en œuvre des mesures édictées par les autorités politiques. Néanmoins, Karamoko Dembélé, proviseur du lycée public de Kalaban-Coro, confirme : « On a reçu suffisamment de masques, de kits et on les a installées ».

Ce lycée public, le seul dans la zone, a pris plusieurs dispositions pour une rentrée scolaire sécurisée. Les classes aussi bien que la cour ont été bien nettoyées. Depuis à l’entrée de l’établissement, un kit de lavage des mains ainsi que des gels hydroalcooliques ont été installés. Les dispositifs sanitaires relatifs à la Covid-19 sont pris au sérieux dans ce lycée.

Difficile application de la distanciation physique

S’agissant du respect de la distanciation physique, le lycée public de Kalaban-Coro a opté pour « un système de rotation » afin d’éviter d’avoir plusieurs élèves à la fois dans une salle de classe. Toutefois, M. Dembélé signale l’application difficile de cette mesure. Un point de vue que partage Mamadou Sanogo, directeur du second cycle F du Groupe Scolaire Mamadou Kounta de Kalaban-Coro, et également directeur coordinateur dudit établissement. Le respect de la distanciation ne peut qu’entraîner un problème d’enseignants. « La restriction des élèves dans les salles de classe n’est pas faisable, compte tenu du problème d’enseignant », a déclaré M. Sanogo.

Selon Niama Sangaré, directeur du niveau fondamental du Groupe scolaire Sonni Ali Ber de Kalaban-Coro, la distanciation physique est bien possible. « On a dit qu’il faut un élève par table banc, donc 25 élèves par classe. Cela est possible », a-t-il déclaré. Toutefois, il reconnaît que son respect ne va pas sans difficulté, puisqu’il nécessite la création d’autres classes et par ricochet le recrutement d’autres enseignants. Ce qui entraîne également des dépenses supplémentaires pour ces établissements.  

Dans les circonstances particulières, on ne peut qu’évoluer avec les moyens disponibles. « Nous allons mouiller les maillots pour que chaque élève ait un masque », a rassuré M. Sanogo de l’école Mamadou Kounta, pour montrer qu’à défaut de réussir à respecter la distanciation, ce port des masques sera leur cheval de bataille. Seulement, dans cette école fondamentale, une insuffisance de kits sanitaires est déplorée. Il s’agit d’un Groupe scolaire composé de 4 premiers cycles, de 3 seconds cycles et d’un Centre de Développement de la Petite Enfance (CDPE).

Le seul fait déplorable en cette première journée de la rentrée au lycée public de Kalaban-Coro, selon le proviseur, est l’absence totale des enseignants. Comme explication de cette absence, l’administration est restée dans des explications probabilistes.

Bakary Fomba

25 janvier 2021 0 comments
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Fousseni Togola auteur de Bintou une fille singuliere
Seko ni Donko

« Bintou, une fille singulière » : un roman pétri de réalités sociétales

by Sahel Tribune 25 janvier 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

L’âge ne fait pas le sage. Fousseni Togola vient de le prouver à travers la publication de son quatrième ouvrage, « Bintou, une fille singulière ». Ce roman a été édité par les éditions La Sahélienne, en janvier 2021. Dans cet ouvrage, l’auteur prend le lecteur par la main pour lui faire suivre l’évolution intellectuelle d’une jeune fille.

Dans son combat pour la cause des enfants et des femmes, Fousseni Togola, professeur de philosophie, mondoblogueur et journaliste, vient de mettre à la disposition du public national et international un nouvel ouvrage. Il s’intitule « Bintou, une fille singulière ». À travers ce livre, l’auteur se démarque de beaucoup de ses contemporains ainsi que de certains de ses anciens qui ont fait de la philosophie une affaire de spécialisation : « Il faut avoir un doctorat, avoir écrit un livre, avoir créé un système philosophique, etc. ».

M. Togola, avec sa plume limpide, vient bouleverser ces considérations et hausse sa voix pour réclamer la philosophicité des questions enfantines. À travers ce livre, il surprend le lecteur par les interrogations, souvent restées tabous, et auxquelles la jeune fille, Bintou, apporte des réponses au cours de ses discussions avec son père, Amadou, professeur de philosophie de son État.

S’il est vrai que chaque « philosophie est fille de son temps », alors ce roman de M. Togola est véritablement philosophique. Plusieurs thématiques y sont abordées, notamment, des questions métaphysiques, politiques, la situation de la femme et des enfants voire des questions d’ordre psychologiques, etc.  Toutes, des questions actuelles de notre société.

L’autre aspect de « Bintou, une fille singulière » est son côté engageant. Le blogueur malien tente de briser les préjugés qui expliquent la rareté de femmes philosophes dans son pays. À travers la personnalité de Bintou, il nous prouve que les femmes sont aussi capables de philosopher et que tout dépend d’une éducation indépendante.  

Un livre pour tous

Cet ouvrage, comme précise l’auteur lui-même, s’adresse aux professeurs de philosophie, aux étudiants, aux parents d’élèves ainsi qu’aux autorités en charge de l’éducation. Il faut reconnaitre que chacun peut tirer son compte dans ce bouquin qui n’est pas fait uniquement pour des spécialistes.                                   

Ce livre, qui vient de paraître chez les éditions La Sahélienne, au Mali, est en vente dans plusieurs librairies, auprès de l’éditeur ainsi que de l’auteur. Il se vend au prix de quatre mille (4000) FCFA. L’ouvrage est disponible auprès de l’éditeur, de l’auteur (au siège du journal Le Pays). C’est également disponible auprès du bouquiniste Cheick, devant l’Ecole normale supérieure (ENSUP) de Bamako. Il sera bientôt dans des librairies de la capitale.

Bakary Fomba

25 janvier 2021 0 comments
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Jean Pierre Lacroix
Sécurité

Accord pour la paix au Mali : des avancées, mais du chemin à parcourir

by Bakary FOMBA 25 janvier 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Au cours d’une visite de six jours au Mali, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint aux opérations de Paix des Nations unies, a rencontré les autorités maliennes de la transition au cours de laquelle plusieurs sujets cruciaux du pays ont été abordés. Au micro de nos confrères de RFI, Jean Pierre-Lacroix s’est prononcé sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Il a invité les autorités politiques de la transition à travailler dans le délai.  

Malgré des retards observés dans la mise en œuvre de l’Accord d’Alger au Mali, on note des avancées non négligeables. Jean-Pierre Lacroix au micro de nos confrères de RFI se réjouit de constater « une volonté commune de travailler, un engagement des autorités de la transition, très clair, en faveur de la mise en œuvre de l’accord de paix ». M. Lacroix évoque surtout « le déploiement d’éléments des forces armées maliennes reconstituées, dans certaines zones du nord ». Ces avancées pourraient donner une lueur d’espoir en ce qui concerne le retour de la paix au Mali, si le rythme venait à accélérer. 

« Les terroristes sont notre ennemi commun »

Selon M. Lacroix, il y a encore du chemin à parcourir. À ses dires, « c’est tout un ensemble » qui doit avancer. Il met le doigt surtout sur le renforcement d’actions en matière de sécurité et la poursuite du processus de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR). Ce processus semble important aux yeux du président de la Convergence pour le développement du Mali (CODEM), Housséini Amion Guindo, qui explique : « Il faut songer à l’intégration de certains éléments des milices dans les forces de défense et de sécurité ». Selon lui, « la sécurisation de proximité doit être sérieusement explorée ». A l’en croire, l’intégration de ces éléments « doit servir à un rétablissement de la confiance entre l’Etat et les populations et être précédée d’une justice impartiale. Les terroristes sont notre ennemi commun. »

En plus de cela, il estime que des efforts restent à fournir dans le cadre d’actions de nature socio-économiques, sans oublier les réformes institutionnelles.

Respecter le délais de la Transition

Le secrétaire général adjoint aux opérations de Paix de l’ONU invite surtout les autorités de la transition à travailler pour l’atteinte des objectifs qu’elles se sont fixés, durant les 18 mois que doit durer cette période transitoire.« Je crois que c’est important de tenir ces délais. Bien sûr, c’est ambitieux, mais il y a toujours une vertu propre dans les délais ambitieux. Cela met la pression et permet de faire avancer les choses, probablement à un rythme plus soutenu », a-t-il indiqué avant de souligner que l’important est de se « mobiliser pour tout faire, pour que ces objectifs ambitieux soient tenus ».

Pour rappel, les autorités de la transition politique au Mali ont une période de 18 mois pour tenir les élections générales et engager d’autres réformes institutionnelles. De ces 18 mois, il ne reste plus que 14.

Bakary Fomba

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Des elements de larmee malienne
Sécurité

Malgré des coups durs, l’armée malienne toujours au service des populations

by Chiencoro 25 janvier 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

Au Mali, les terroristes ne montrent aucun signe d’essoufflement. Ils continuent de frapper malgré les dommages que leur causent les forces armées maliennes et leurs partenaires. Le dimanche dernier, deux camps de l’armée ont subi deux attaques terroristes.

« Au moins six soldats maliens ont été tués et 18 blessés dans la nuit [du 23 au 24 janvier 2021 ndlr] dans le centre du Mali dans deux attaques par des “terroristes” », a indiqué l’Agence France-Presse, dimanche 24 janvier 2021. Selon les précisions du chef d’État-major général des Armées maliennes, ces attaques ont visé respectivement le poste du G5-Sahel de Boulkessi et celui des FAMA à Mondoro, dans le centre du Mali.

Harmoniser les politiques de défense et de sécurité

Malgré des pertes en vies humaines dans les rangs de l’armée malienne, la coordination des actions entre les FAMA et les forces françaises Barkhane a permis de causer un véritable dommage aux terroristes. Au moins une trentaine de terroristes ont été tués, une quarantaine et d’importants lots de matériels et d’équipements militaires ont été saisis, d’après le chef d’état-major des armées maliennes.

Suite à cette attaque, le président de la Convergence pour le développement du Mali (CODEM), Housséini Amion Guindo a invité les autorités politiques maliennes à une harmonisation de leurs politiques de défense et de sécurité avec leurs voisins. « Le terrorisme est transfrontalier, il nécessite donc une réponse commune et coordonnée », a-t-il indiqué avant de préciser : « Si dialogue il doit y avoir avec les terroristes, elle doit se faire ensemble, maliens, nigériens et burkinabés. C’est notre union qui fera notre force ».

Les FAMA au service des populations

Il est important de noter l’engagement considérable des Forces armées maliennes pour la sécurisation et la protection des populations et leurs biens.

Les paysans des zones rizicoles de Niono, région de Ségou, dorment les yeux ouverts en raison de la présence des terroristes qui les empêchent de travailler dans leur champ. Des « forces du mal ont brûlé des hectares de champs et tué de paisibles citoyens dans ces localités », a indiqué la DIRPA dans une publication du 24 janvier 2021. Une situation qui avait conduit beaucoup de civils dans cette zone à abandonner leur résidence. 

Face à cette situation, un détachement FAMA a été déployé auprès des paysans afin de leur permettre de mener les travaux champêtres dans la quiétude. Selon les précisions de Gaoussou Kalossy, porte-parole des paysans de N8 Kourani, « des centaines d’hectares de rizières ont été brûlées et plus de 60 000 bœufs ont également été emportés par les terroristes ». D’après lui, sans cette présence des FAMA, les paysans n’allaient point être en mesure de poursuivre les activités de récoltes.

Toutes ces actions témoignent de la volonté constante de l’armée malienne et des autorités politiques de la transition de sécuriser les populations sur toute l’étendue du territoire.

Fousseni Togola

25 janvier 2021 0 comments
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Dr Fode Moussa Sidibe acteur culturel malien donso enseignant chercheur et ecrivain
Seko ni Donko

Dr Fodé Moussa Sidibé, donso : « Le Ciwara n’est jamais seul »

by Sahel Tribune 24 janvier 2021
written by Sahel Tribune 8 minutes read

Acteur culturel malien depuis des années, donso, écrivain et enseignant-chercheur, Dr Fodé Moussa Sidibé, drapé dans une tenue traditionnelle africaine, nous a accordé, le jeudi dernier, un entretien sur la culture malienne et africaine. De ces explications, le constat qui apparait est la déception de l’acteur culturel des politiques culturelles et éducatives de son pays. Dans une voix vive, il finit par montrer la voie à suivre.

Cet entretien a été réalisé dans le cadre de la célébration de la deuxième édition de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante, célébrée le 24 janvier de chaque année.

Phileingora : le monde célèbre la deuxième édition de la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante. Que vous dit cette Journée ?

Fodé Moussa Sidibé : c’est un événement grandiose pour tous les Noirs d’ici et d’ailleurs. C’est important que nous parvenions, d’abord, à nous prendre en charge, sur le plan culturel. Pour ce faire, nous ne devons pas oublier nos frères afro-descendants. Lors de la célébration de notre identité culturelle, nous ne devons pas les oublier.

On parle de culture africaine et afro-descendante. Quelle différence pouvons-nous faire entre les deux ?

Lorsqu’on s’éloigne de notre lieu originel, il va de soi que nous perdions certains éléments de notre culture. D’autres éléments se transforment. Mais il y en a d’autres qui restent permanemment et qui font partie de l’être qui s’éloigne. 

Qu’avons-nous gardé de notre identité africaine dont doivent s’inspirer les afro-descendants ?

Il s’agit particulièrement de nos croyances, de notre spiritualité, de nos valeurs sociales, de notre philosophie, de notre vision du monde et de l’univers, etc.

Quelle place la langue et les croyances jouent-elles dans la promotion de la culture africaine ?

Le monde entier veut nous faire comprendre que nous pouvons faire évoluer nos cultures en laissant de côté nos langues. On veut nous faire comprendre que nous pouvons évoluer et promouvoir nos cultures en abandonnant nos croyances, nos spiritualités. Ce qui est quasiment impossible.

Le ver se trouve dans le fruit. Aucune culture ne peut se développer sans langue d’expression propre de son identité. Aucune culture ne peut se développer sans une vision affirmée de ses croyances, de sa religion, de sa vision du monde, de sa philosophie, de sa spiritualité.

Nous voulons notre culture, qui est une totalité. On ne peut pas développer une culture en prenant seulement un aspect et vouloir la promouvoir sans pour autant aller à la base de ses fondements.

De quelle base parlez-vous ?

C’est la langue d’expression de nos cultures et les croyances traditionnelles.

Aujourd’hui, sommes-nous loin des afro-descendants ?

Oui ! Assez loin. Il faut affirmer que nous sommes de plus en plus loin de « l’africanité originelle tout comme nos frères afro-descendants ». Ce que nos frères ont perdu en étant éloignés du continent, nous nous sommes arrangés à les perdre, en partie en étant sur place. Cependant, ceux qui ne se disent pas musulmans ou chrétiens sont encore imprégnés de croyances traditionnelles. Ils vivent avec leurs croyances. Ils sont dans le vrai de l’Africanité.

Ceux qui ont pris à leur compte d’autres valeurs telles les religions et les langues importées qui changent complètement la vision de l’individu par rapport à lui-même et au monde ne sont plus dans le vrai. Ils ne sont pas loin de certains afro-descendants.

Donc l’adhésion aux religions monothéistes est en déphasage avec la promotion de la culture africaine ?

Assurément ! On ne peut pas défendre la culture africaine et se réclamer chrétien ou musulman. Je ne peux pas me dire homme de culture malien en étant chrétien ou musulman. On ne peut pas promouvoir nos cultures et resté attaché aux religions importées qui ont pour objectif avouée, la totale destruction de nos religions autochtones et la négation de nos langues. 

Dans la même logique, préconiseriez-vous aujourd’hui qu’à la place des balani show qu’on privilégie des manifestations culturelles traditionnelles ?

Je n’ai rien contre les balani show parce que c’est la preuve de la carence de notre politique culturelle et de notre système éducatif qui ignore nos réalités socioculturelles. Comme on le dit, « la nature a horreur du vide ». Quand il n’y a rien comme proposition, on crée. Les enfants ont créé parce qu’on ne leur a rien proposé. Or, la jeunesse aussi bien que l’enfance ne peut pas se faire sans distraction, sans récréation. 

Dans nos sociétés traditionnelles, au clair de lune, les enfants s’amusaient bien. Ils avaient leur rythme, leurs jeux qui structuraient leur esprit par rapport à leur environnement. 

Pouvez-vous nous citer quelques-uns de ces jeux ?

Il y avait des jeux de cache-cache, de la marelle, la lutte, le kotèba, les contes, des chants et des danses, etc. Ces jeux leur permettaient de se structurer non pas par rapport à un espace inconnu, mais par rapport à leur environnement. 

Est-il donc trop tard pour bien faire ?

Non ! Nous pouvons bien réorienter ces balani show si nous voulons bien faire. Pour cela, nous pouvons proposer aux enfants des musiques qui soient de leur terroir, ou tout simplement des manifestations provenant de leur identité. Il faudrait à ce titre mettre nos artistes, nos musiciens, nos artisans… à contribution afin de proposer quelque chose d’authentiquement africain à la place de ces balani show. Mais qui va mener ces réflexions ?

Dans une de vos interviews en 2019, vous aviez déclaré : « s’il y a un champion de la culture au Mali, c’est bien Alpha Oumar Konaré et non IBK ». Pourquoi Alpha Oumar Konaré ?

Les raisons sont multiples. De par sa formation universitaire, Alpha Oumar Konaré est un acteur et un militant culturel de premier ordre. Il connaissait bien la culture malienne avant d’être président. Depuis qu’il était ministre de la Culture sous le général Moussa Traoré [deuxième président du Mali indépendant ndlr], il a fait beaucoup de propositions allant dans le sens de la valorisation de la culture malienne. Lorsqu’il a été président de la République également, il a posé des actes culturels sur lesquels nous fonctionnons jusqu’à nos jours.

De quels actes parlez-vous ?

Notamment, de la Rencontre des Chasseurs Ouest-africaine, qui a été l’une des rencontres authentiques de toute l’Afrique de l’Ouest sur la culture authentique de l’Afrique de l’Ouest. Un acte qu’il a posé en 2001. C’est grâce à cette rencontre que les populations ont compris la valeur culturelle d’une confrérie, comme celle des donso, des chasseurs.

À cela s’ajoutent les monuments qu’il a érigés dans les capitales régionales du Mali. Ces monuments sont l’expression de l’identité africaine du Mali. Alpha Oumar Konaré a également apporté sa petite touche à la biennale artistique et culturelle. Mais sous IBK, qu’est-ce qui a été fait pour la culture ? Je ne vois rien.

Seriez-vous donc en train d’attribuer la décadence culturelle du Mali aux présidents qui sont venus après Alpha Oumar Konaré ?

Je ne parlerai pas de décadence de la culture malienne. Elle survit dans certains domaines et dans d’autres, elle brille de mille feux. Néanmoins, cette brillance et cette excellence n’iront pas loin tant qu’on ne tiendra pas compte des deux piliers fondamentaux de la culture : la langue et les croyances.

La langue est le véhicule de la culture. Les croyances constituent le soubassement, le substratum. Il n’y a aucun élément de la culture malienne qui ne soit lié à une croyance, à un aspect de la spiritualité malienne. 

Le Ciwara est-il aussi lié à une croyance malienne ?

Le Ciwara est d’abord un élément de la croyance des Maliens. Le Ciwara est le nom d’une société d’initiation malienne. C’est le masque de cette société d’initiation. Le Ciwara est le symbole du labeur, de l’excellence.

Il paraît que ce masque est sexué. Expliquez-nous.

Le Ciwara n’est jamais seul. Il est toujours accompagné. Mais par méconnaissance, on donne un Ciwara à quelqu’un sans se soucier de connaitre le sexe du masque. Pourtant il est sexué. Il y a le mâle et la femelle. 

Certes, le Ciwara est le symbole du labeur, mais ce symbolisme n’est pas lié à un sexe. En dehors de tous ces aspects, ce que les gens ne savent peut-être pas et qui est déplorable, c’est le fait que le Ciwara ne doit pas rentrer dans la maison de celui qui prie. Pourtant, c’est toujours une fierté dans notre société.

Pourquoi ce masque ne doit-il pas rentrer dans la maison de celui qui prie ?

Parce que c’est une société d’initiation où on ne prie pas. Certes, il faut promouvoir les cultures africaines et afro-descendantes mais il faut qu’en Afrique, nous apprenions d’abord à nous assumer avant d’appeler nos frères afro-descendants, qui regrettent d’avoir perdu leurs langues et leurs croyances. Au même moment, nous Africains, avons peur de nos religions autochtones que nous contribuons à faire disparaître !

Il faut que nous revenions à l’étude systématique non seulement de nos langues, mais également de nos croyances traditionnelles, de notre religion africaine. Qui veut promouvoir la culture malienne doit nécessairement passer par ces deux piliers fondamentaux.  

Nous savons aussi que vous êtes membre de la confrérie donsoya. Pouvez-vous nous parler de cette confrérie ?

A lire prochainement, dans la deuxième partie !

Réalisé par Fousseni Togola (pour Le Pays)

Et Bakary Fomba (pour phileingora.org)

24 janvier 2021 0 comments
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