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3 membres de la Coalition citoyenne pour le Sahel
Opinion

Sommet de N’Djamena : les attentes de la Coalition citoyenne pour le sahel

by Sahel Tribune 12 février 2021
written by Sahel Tribune 5 minutes read

En amont du sommet du G5 Sahel de N’Djamena (Tchad) qui réunira, les 15 et 16 février 2021, les dirigeants sahéliens, français, de l’Union africaine et de l’Union européenne, 3 membres de la Coalition citoyenne pour le Sahel livrent des analyses sur ce sommet qui se déroulera en partie en vidéo-conférence.

Le sommet de N’Djamena doit être l’occasion de faire le bilan de la situation au Sahel, un an après le sommet du G5 Sahel à Pau, qui avait conduit la France à envoyer 600 troupes supplémentaires et à intensifier, avec les armées sahéliennes, les opérations militaires dans la zone des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, expliquela Coalition citoyenne pour le Sahel.

En amont de ce sommet, Niagalé Bagayoko, Présidente de l’African Security Sector Network (ASSN) ; Alioune Tine, Fondateur d’Afrikajom Center, think tank basé à Dakar, Sénégal (Afrikajom) ; et Victor Ouedraogo, Directeur du Centre diocésain de communication de Ouhahigouya, Burkina Faso (CDC) expriment leurs attentes.

Niagalé Bagayoko : « Le sommet de N’Djamena affrontera cette triste réalité ? »

« En 2020, les forces armées sahéliennes et françaises ont décidé d’intensifier leurs opérations militaires contre les groupes extrémistes au Sahel central après le sommet de Pau. Cependant, on constate que l’année 2020 a été l’une des plus meurtrières pour les civils qui ont été la cible d’attaques de groupes djihadistes et des groupes d’auto-défense mais aussi d’éléments des forces de défense et de sécurité pourtant censées assurer leur sécurité. Des détournements massifs des budgets de la défense ont également été révélés alors même que des centaines de soldats sahéliens sont morts au front. La question qui se pose dorénavant est de savoir comment le sommet de N’Djamena affrontera cette triste réalité ? Aboutira-t-il à des engagements concrets visant à responsabiliser tous les acteurs du conflit pour les exactions commises contre les civils alors même que la situation se détériore ? »

Alioune Tine : « S’attaquer aux causes profondes des conflits »

« Le sommet de N’Djamena devrait être l’occasion pour la France et les gouvernements du G5 Sahel de prendre conscience des limites de leur approche militarisée et de reformuler une nouvelle stratégie pour le Sahel. Il n’y a pas lieu de se féliciter alors que près de 7000 personnes ont perdu la vie l’année dernière et que les violences contre les civils commises par les groupes armés, mais aussi par des éléments des forces de défense et de sécurité restent monnaie courante dans la région. Il est temps que les participants au sommet de N’Djamena entreprennent de véritables changements stratégiques afin de s’attaquer aux causes profondes des conflits, et ne se limitent pas seulement à des “ajustements” militaires, à l’instar du renfort de troupes en 2020 puis de sa réduction annoncée pour 2021. »

Victor Ouedraogo: « Les gouvernements réfléchiront-ils à comment faire taire la Voix des armes »

La recrudescence des violences en 2020 et l’augmentation des victimes civiles ont révélé que la priorité donnée à une approche militarisée pour combattre l’extrémisme ne convenait pas, et tout le monde semble en convenir. Alors, qu’est-ce qui retient les gouvernements de procéder à de vrais changements tant dans l’approche, la stratégie et l’orientation des ressources ? Les gouvernements réfléchiront-ils à comment faire taire la Voix des armes et faire entendre plus la Voix du développement et de la protection humaine ? C’est une question à laquelle j’aimerais qu’on réponde lors du sommet de N’Djamena.

La crise au Sahel touche d’abord les populations vivant dans les communautés locales. Toute solution sans une réelle consultation, implication et considération de leurs opinions serait vouée à l’échec. J’espère vraiment que les chefs d’État reconnaîtront enfin l’importance de consulter davantage les populations touchées, et pas seulement les gouvernements régionaux, afin de s’attaquer aux causes sous-jacentes des conflits, de veiller à ce que justice soit faite et de rétablir la confiance envers les forces de sécurité et l’État. Sans confiance, il n’y aura pas de stabilité à long terme, mais seulement une stabilisation temporaire par la force militaire. On ne viendra au bout de la crise au Sahel qu’en instaurant une véritable confiance entre tous les acteurs et à tous les niveaux. Cela passe nécessairement par un dialogue inclusif et sincère. »

Source : la Coalition citoyenne pour le sahel

Le titre, le surtitre, le chapô ainsi que l’attaque sont de la rédaction.


A propos de la Coalition citoyenne

La Coalition citoyenne pour le Sahel est une alliance informelle de plusieurs dizaines d’organisations de la société civile sahéliennes et ouest africains, soutenues par des ONG internationales, dont l’objectif est de convaincre les gouvernements d’adopter une nouvelle approche au Sahel qui permette de mieux protéger les populations civiles. La Coalition citoyenne a été lancée en juillet 2020, avec la publication des Piliers citoyens, les 4 priorités qui devraient orienter toute réponse à la crise au Sahel. La Coalition publiera le mois prochain son premier rapport d’évaluation de l’impact des interventions au Sahel, à l’aune des Piliers citoyens.

Pour en savoir sur la Coalition citoyenne :

  • site internet : (https://www.sahelpeoplescoalition.org)
  • vidéo explicative ici (une version téléchargeable de la vidéo est disponible ici)
12 février 2021 1 comment
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Mikailou Cisse
Opinion

Le Mali Kura serait-il devenu un mirage ?

by Mikailou Cissé 11 février 2021
written by Mikailou Cissé 2 minutes read

Mikailou Cissé est professeur de philosophie au secondaire. Dans cet article, il se place dans une perspective de recherche de solution au mal cyclique dont le Mali et les Maliens sont victimes. Mikailou met en garde contre la volonté de faire du nouveau avec de la « pourriture ». 

Le peuple réclame un véritable changement dans la gestion des institutions et des secteurs vitaux de la société. Il souhaite une amélioration de sa condition de vie matérielle et intellectuelle. Ce n’est pas tout, le peuple malien veut être sécurisé par les siens. Ces vœux sont l’expression d’une volonté générale, qui reste malheureusement en plan. Le Mali Koura est devenu un vœu qui ne se trouve que sur les lèvres, mais jamais dans les cœurs.  

Un vœu, même s’il vient d’une volonté générale, ne restera qu’un idéal tant qu’il n’y a pas de véritable volonté pour le réaliser. À l’état actuel des choses au Mali, existe-t-il cette volonté pour réaliser le vœu du changement tant exprimé ?

La réalisation d’un vœu collectif dépend des leaders en charge de l’exécuter, de l’idéologie à mettre en œuvre pour que le changement soit effectif, de l’appropriation de la connaissance des causes du mal et des mesures à prendre pour endiguer le mal une fois qu’il est découvert.

Impossible d’avoir du nouveau avec de la « pourriture »

Face à la crise que traverse le Mali, je reste pessimiste sur le résultat des procédures engagées dans le cadre de la réalisation de ce souhait du changement exprimé par le peuple malien.

Ce pessimisme se justifie par le fait que ce sont les mêmes qui ont provoqué le mal-être du peuple qui sont à la tête des recherches de solution au mal dont ils sont les auteurs. La plupart des leaders œuvrant dans ce processus de réhabilitation de l’être malien ont leur responsabilité dans la situation que vivent les Maliens.

Cette crise dans notre pays n’est que le résultat d’un système mis en place par toute une génération. Ceux qui ont gouverné le pays depuis des années ainsi que ceux qui n’ont jamais cessé de critiquer la gestion des affaires étatiques, sont tous responsables de la crise que nous vivons dans notre être de Malien.

Le Mali Koura auquel aspire notre peuple ne sera qu’un mirage tant que la génération de gouvernants actuels ne cédera la place à une nouvelle génération. La réalisation du rêve du Mali Koura passe par la mise à l’écart des politiques qui ont gouverné le pays sous la troisième république. À défaut de cela, leurs responsabilités doivent être fortement réduites dans l’élaboration de nouveaux projets de société. Si l’on ne prend garde, le Mali risque de devenir un simple mirage. Car on ne peut pas faire du nouveau avec de la « pourriture ».

Mikailou Cissé

11 février 2021 1 comment
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Session douverture du CSA a Kidal jeudi 11 fevrier 2021
Sécurité

5ème réunion du CSA à Kidal : « Un jour sans précédent pour la paix au Mali ! »

by Chiencoro 11 février 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Kidal, région au nord du Mali, a accueilli, ce jeudi 11 février 2021, la 5ème réunion de haut niveau du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. La tenue de cette session constitue un signe d’espoir pour le Mali.

« La paix n’est pas un vain mot, mais un comportement », déclarait Félix Houphouët-Boigny. Les autorités politiques de la transition malienne viennent de s’approprier de cette conception du père de la République ivoirienne. En plus des discours dans les salons et les grands hôtels climatisés de Bamako, la capitale malienne, les autorités politiques maliennes ont décidé enfin de lier l’acte à la parole. Pour la première fois, depuis la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, en 2015, le Comité de suivi (CSA) se réunit à Kidal ce jeudi 11 février 2021.

« Un jour sans précédent pour la paix au Mali ! »

Cette réunion est « un symbole positif », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, qui a pris part à l’ouverture de cette cérémonie par visioconférence. Cette rencontre vient réconforter les cœurs et les esprits puisqu’elle donne le signal que le processus de la paix au Mali avance à grands pas. Surtout que si nous savons que la dernière tentative de tenir le CSA à Kidal, remonte à septembre 2019. Une tentative qui a rencontré un véritable échec.  

Sur son compte Twitter, l’Ambassade de France au Mali, s’est félicité de cette tenue du CSA. « Un jour sans précédent pour la paix au Mali ! Démarrage des travaux du CSA de haut niveau à Kidal, pavoisée aux couleurs du Mali », se réjouit la France au Mali.

Les participants à cette rencontre ont surtout échangé autour des thématiques comme la paix, la sécurité, le développement, les services sociaux de base, la justice ainsi que les droits humains dans un Mali uni et réconcilié.

De grands chantiers annoncés

Pour une paix véritable dans le monde, l’esprit et le cœur des hommes doivent être cultivés à cette vertu. C’est la raison pour laquelle, au cours de cette rencontre la problématique de l’éducation a été mise sur la table. « Les femmes participant à la session de haut niveau du CSA à Kidal font un plaidoyer émouvant sur l’école malienne, les enfants qui ne vont pas à l’école et leur avenir, l’inclusion des femmes dans tous les mécanismes de paix, de sécurité et de développement à travers un Observatoire », a expliqué MBaranga Gasarabwe, représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies au Mali, sur son compte Twitter.

Le ministre de la Réconciliation, le colonel major Ismaël Wagué était très « ému » de la tenue de cette session du CSA à Kidal. Dans son discours d’ouverture, il a annoncé certains grands chantiers, notamment l’application rapide de l’Accord pour la paix, le lancement d’un nouveau processus de DDR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion) ainsi que l’intégration de plusieurs ex-combattants dans l’armée malienne reconstituée.

À travers la tenue de cette session du Comité de suivi de l’Accord pour la paix au Mali, à Kidal, on ne peut qu’espérer sur le retour au calme au Mali.  

Fousseni Togola

11 février 2021 0 comments
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Les Casques bleus repoussent une attaque complexe a Kerena
Sécurité

Mali : une vingtaine de casques bleus blessés dans une attaque au centre (bilan provisoire)

by Sahel Tribune 10 février 2021
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Bamako, le 10 février 2021 – Ce matin vers 7h, une base temporaire de la MINUSMA à Kéréna, située dans les environs de Douentza, dans le Centre du Mali, a été la cible d’une attaque complexe.

La réponse robuste des Casques bleus a eu pour effet de repousser les assaillants, qui ont pris la fuite. Suite à l’attaque et selon un bilan provisoire, une vingtaine de Casques bleus ont été blessés.

Le RSSG et Chef de la MINUSMA, M. Mahamat Saleh ANNADIF, condamne fermement cette attaque lâche contre les soldats de la paix : « Nous menons depuis plusieurs mois de nombreuses opérations de sécurisation dans cette partie du Mali, dont l’objectif principal est de contribuer à réduire les violences sur les populations, à ramener le calme dans les zones où les tensions communautaires sont signalées, et à réduire la menace des engins explosifs improvisés, comme c’est le cas dans la région de Douentza. Ces opérations dérangent les ennemis de la paix, mais nous restons engagés aux côtés des maliens, pour les maliens, » a-t-il déclaré.

Le RSSG s’est assuré que toutes les mesures soient prises pour que les blessés reçoivent rapidement les soins appropriés, auxquels il souhaite un prompt et complet rétablissement.

Source : MINUSMA

Le titre est de la rédaction

10 février 2021 0 comments
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Mise en oeuvre de lAccord pour la paix
Politique

Mise en œuvre de l’Accord : les autorités politiques maliennes déterminées malgré les obstacles

by Sahel Tribune 10 février 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Malgré la division des Maliens sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix en l’état, les autorités politiques de la transition sont déterminées à avancer dans cette mise en œuvre, comme le souhaitent les partenaires du Mali.

« Ni yé dunu goloba len yé, ni a bila tôtè a fara tôdo », dit un proverbe bien connu en milieu bambara. En d’autres termes, « c’est la fin qui justifie les moyens ». Autrement dit, lorsqu’une situation prend de plus en plus d’ampleur, c’est que nous nous rapprochons de la fin. Doit-on alors comprendre que toute la problématique autour de l’Accord pour la paix est sur la voie de trouver un dénouement ? En tout cas, la mise en œuvre de ce document défraie la chronique.

Alors que les soutiens à la mise en application de cet Accord et les « révisionnistes » se lancent des critiques indirectes au sujet de la mise en œuvre de ce document en l’état, le gouvernement de la transition s’affaire à la mise en œuvre intégrale du document.

« Transformer les promesses de l’Accord en des réalités »

Les travaux de la Réunion de niveau décisionnel des parties maliennes à l’Accord pour la paix sur certains aspects de Défense et de Sécurité de la Feuille de route actualisée du 18 décembre 2020 ont eu lieu, mardi 9 février 2021, à l’hôtel Radisson Blue de Bamako.  

À cette occasion, le colonel Sadio Camara, ministre de la Défense et des anciens combattants et représentant le Premier ministre, a expliqué : « Plus que jamais, nous devons nous donner les moyens de transformer les promesses de l’Accord en des réalités, tout en privilégiant le dialogue, la confiance mutuelle et les intérêts de la nation malienne ». Et de préciser : « Cela me parait être l’essence de l’engagement solennel pris par les autorités de la transition au plan national, régional et international ».

Le ministre de la Réconciliation nationale, le colonel major Ismaël Wague a souligné par la même occasion la nécessité d’avancer dans la mise en œuvre de l’Accord, surtout sur les questions de sécurité. Un effort qu’il a invité à soutenir pour le retour rapide de la paix au Mali.

Cette réunion, à laquelle l’ensemble des principaux acteurs politiques et militaires impliqués dans le processus de paix ont pris part, sera une occasion d’adopter « des mesures immédiates et concrètes pour accélérer la mise en œuvre intégrale et sans délai des actions prioritaires relatives à la Défense et à la Sécurité de la Feuille de route actualisée du 18 décembre 2020 ».

Sadio Camara estime que cette réunion est le témoignage de l’engagement des autorités maliennes à assurer la préservation de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat du Mali.

Notons que les partenaires du Mali déplorent les retards accusés dans la mise en œuvre de cet Accord pour la paix et le développement au Mali.

Chiencoro

10 février 2021 0 comments
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Barkhane sur le front
Sécurité

Forces françaises au Mali : « Ni le retrait, ni le statu quo, ne sont des solutions et des stratégies »

by Chiencoro 10 février 2021
written by Chiencoro 5 minutes read

Les sénateurs français et les ministres en charge des opérations militaires se sont penchés, mardi 9 février 2021, sur le bilan et les perspectives de l’opération militaire « Barkhane ». Des discussions, il en est ressorti que la présence de cette force est encore nécessaire, mais qu’il importe de s’appesantir plus sur des solutions politiques que militaires. La question de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix ainsi que du sommet de N’Djamena, prévu les 15 et 16 février prochain, a été également au cœur des échanges.

Présentes au Mali depuis 2013 dans le cadre de la lutte antiterroriste, les forces militaires françaises (Barkhane) donnent lieu à de véritables débats sur la nécessité de leur présence. La crise sécuritaire, qui ne concernait au départ que le nord du pays, s’est étendue sur le centre.  

Plusieurs manifestations, demandant le départ de ces forces, se sont multipliées au Mali. Malgré tout, la position des autorités politiques maliennes a été toujours bien tranchée : continuer à collaborer avec tous les partenaires dans le cadre du retour de la paix. Ce débat était au cœur des échanges entre les sénateurs français, mardi 9 février 2021.

« Le dénouement de cette crise ne sera certainement pas militaire »

« Nous devons tourner la page de Barkhane et préparer les conditions d’un départ programmé », déclare Pierre Laurent du Groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste français (CRCE) au cours de cet échange entre les sénateurs français. « Ni le retrait, ni le statu quo, ne sont des solutions et des stratégies. Cela nous mènerait à l’embourbement », oppose Bruno Retailleau, président du groupe Républicains (LR) au Sénat français.  

Il faut rehausser le niveau du débat. Le départ des forces françaises ne doit pas seulement retenir les attentions. Vu l’urgence de la situation socio-politique et sécuritaire dans le pays, il s’avère important aux yeux de beaucoup de sénateurs français de revoir les stratégies adoptées jusqu’ici pour le retour de la paix au Mali.

Selon le sénateur Christian Cambon du LR, « le dénouement de cette crise ne sera certainement pas militaire ». Il est politique et « ne pourra être que du ressort des Maliens eux-mêmes ». Pour ce faire, il invite à s’accentuer sur « la réconciliation nationale » des forces maliennes et le « caractère crucial du développement économique ».

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian explique que « la clé du succès c’est la mise en œuvre d’une approche globale et intégrée de la crise ». Il invite ainsi les pays du G5 Sahel à tenir compte des quatre piliers prioritaires qu’ils ont définis : « La lutte contre le terrorisme, le renforcement des capacités des forces armées sahéliennes, la reconquête par les États de leur propre territoire et le développement ».

« Plus d’engagements de nos partenaires européens »

Le chef de la diplomatie française regrette également les retards accusés dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix au Mali en raison de l’absence de véritable « volonté politique de le faire aboutir ».

Jean Yves Le Drian a également saisi cette occasion pour souligner la nécessité pressante de « renforcer la coordination entre les pays du G5 Sahel et les pays riverains du Golfe de Guinée, afin d’enrayer l’extension de la menace terroriste vers leurs territoires ».

Pour arriver à atteindre plus de résultats positifs, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat français, préconise de « s’adapter en permanence, se concentrer sur les forces spéciales, sécuriser avec un blindage approprié le transport de nos troupes. Et demander plus d’engagements de nos partenaires européens. »

Florence Parly rassure qu’il n’y aura pas de désengagement massif de la force française au Mali. « Barkhane n’est pas éternelle. À court terme, nous allons rester, ce qui n’exclut pas que les modalités de notre intervention évoluent », a-t-elle expliqué aux sénateurs.

Comme pour répondre à ceux qui doutent des résultats obtenus par la présence française au Mali, Jean Yves Le Drian fait état de « la scolarisation de plus de 200 000 jeunes nigériens, la réhabilitation de plus de 1800 classes au Mali […] » Selon lui, « se battre pour l’éducation c’est aussi se battre contre l’obscurantisme, c’est aussi une manière de se battre contre le terrorisme ».  

Sursaut politique et diplomatique

Tous les espoirs restent fondés sur le prochain sommet du G5 Sahel à N’Djamena, au Tchad, les 15 et 16 février 2021. Ce sommet entre le président français, Emmanuel Macron, et ses homologues des cinq pays du sahel (Mali, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad et le Niger) « doit être celui du sursaut diplomatique, du sursaut politique et du sursaut du développement afin de consolider les résultats des derniers mois », selon les vœux de Jean-Yves Le Drian.

L’objet de ce sommet de N’Djamena, selon la ministre des Armées françaises, Florence Parly, est de trouver des voies et moyens pour « réussir à transformer les gains et les victoires tactiques en progrès politiques et sociaux […] »

Notons que depuis le déclenchement en 2013 de l’opération militaire « Serval » pour lutter contre les terroristes au Mali et au Sahel, la France a perdu cinquante-cinq soldats (55) au Mali. L’opération Barkhane qui a succédé à Serval au Mali, compte de nos jours 5100 soldats.

La lutte contre le terrorisme est un combat complexe qu’aucun pays ne peut gagner seul.

Fousseni Togola

10 février 2021 0 comments
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Cenou
Éducation

Les précisions du CENOU sur la manifestation des étudiants de I’IPR/IFRA de Katibougou

by Sahel Tribune 9 février 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

COMMUNIQUÉ DE PRESSE N021-03/DG-CENOU

Le CENOU tient à donner des précisions à l’opinion nationale et internationale sur la manifestation de certains étudiants de la résidence universitaire de I’IPR/IFRA de Katibougou, le lundi 8 février 2021. Une sortie au cours de laquelle les manifestants se sont rendus à l’administration de I’IPR-IFRA pour demander à être logés, et de libérer les membres de leur comité AEEM incarcérés pour les faits d’incitation à la violence et entrave à la liberté de travail des agents du Centre Régional des Œuvres Universitaires de Koulikoro (CROUK) depuis le mardi 02 février 2021.

Au cours de cette manifestation, des étudiants ont confié à des médias de la place qu’ils ont été « expulsés » des logements de la résidence universitaire de I’IPR-IFRA par le chef du Centre Régional des Œuvres Universitaires de Koulikoro (CROUK).

Le CENOU dément formellement cette information et tient à préciser qu’aucun étudiant n’a été, jusqu’ici, expulsé des chambres qu’ils occupent, même ceux qui ont pris illégalement possession des lieux.

En effet, le CENOU à l’instar des autres institutions d’enseignement supérieur du Mali, est résolument engagé à appliquer scrupuleusement les mesures du Forum sur l’insécurité en milieu scolaire et universitaire, qui mettent fin à certains avantages accordés à l’ AEEM (quota de lits par résidence et autres privilèges).

Nous tenons à indiquer que la sortie des étudiants de ce lundi 8 février 2021 n’est rien d’autre qu’une manipulation de plus des éléments de l’ AEEM, mécontents de l’application de ces mesures qui leur retire également la gestion des œuvres universitaires dans laquelle l’ AEEM était fortement impliquée (parkings motos, dortoirs, etc.).

Le CENOU précise que l’octroi des résidences universitaires obéit à des critères de sélection définis par les textes et conformément à la capacité d’accueil du campus. Les appels à candidatures pour l’obtention de logement ont toujours été ouverts chaque année, pour les étudiants désirant bénéficier d’un logement dans les résidences.

La capacité d’accueil des résidences universitaires de I’IPR-IFRA est de 1354 lits pour environ 3.000 demandeurs chaque année d’où l’impossibilité de satisfaire à toutes les demandes.

Les étudiants non résidents au campus auront des bus de transport à leur disposition pour rallier l’institut.

Le CENOU appelle les étudiants au calme et à la retenue et précise que le CROUK a été crée pour rapprocher les prestations fournies par le CENOU aux étudiants de I’IPR-IFRA afin de mieux prendre en compte leurs problèmes et préoccupations par:

  •  la prise en charge en temps réel de leurs besoins (allocations financières, santé et action sociale, transport, hébergement, sport, culture et loisirs) ;
  •  le suivi permanent de l’application du règlement intérieur dans les résidences (respect des normes d’installation dans les chambres et l’application stricte du règlement intérieur) ;
  •  le renforcement et la consolidation du cadre de collaboration avec la direction de I ‘IPR
  •  le suivi rapproché des infrastructures et des équipements.

Le titre est de la rédaction

9 février 2021 0 comments
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