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un ancien banquier devenu éleveur de volailles
Actu

Nigéria : un ancien banquier se reconvertit en éleveur de volailles

by Sahel Tribune 3 mai 2021
written by Sahel Tribune 4 minutes read

« Si nous devons assurer la sécurité alimentaire de l’Afrique avec notre population croissante, il faudrait que l’agriculture comme entreprise commerciale soit soutenue. C’est cela l’agriculture moderne ! » Ayotomiwa Yinka Ogunsua, aviculteur.

Après avoir obtenu son diplôme universitaire, Ayotomiwa Yinka Ogunsua a trouvé un emploi d’agent chargé des prêts dans une banque de microfinance à Ibadan, au Nigeria. Tout heureux de sa réussite, il a alors repéré une annonce sur Internet portant sur un programme de formation agricole destiné aux jeunes… et s’y est inscrit par passion pour l’agriculture.

Convoqué à un entretien pour participer aux cours d’élevage de volailles, Ayotomiwa Yinka Ogunsua a vite abandonné son emploi de banquier dans l’espoir d’être pris pour cette formation. « Je savais que je voulais suivre ma passion pour l’agriculture à plein temps », affirme le Nigérian âgé de 29 ans.

Ayotomiwa Yinka Ogunsua a finalement été sélectionné pour ce cours organisé en mars dernier dans le cadre du programme Technologies pour la transformation agricole de l’Afrique (TAAT) mis en œuvre par la Banque africaine de développement et ses partenaires, dont le CGIAR, un partenariat mondial en faveur de la recherche. Le TAAT s’efforce de tirer parti des technologies agricoles à forte incidence pour stimuler la production agricole et créer des possibilités viables pour les travailleurs et les entrepreneurs.

À l’issue de sa formation, Ayotomiwa Yinka Ogunsua a acheté 50 poussins et a lancé son entreprise.

Pour Martin Fregene, directeur chargé de l’Agriculture et l’agro-industrie à la Banque africaine de développement, le TAAT a les ressources, l’expertise scientifique et technologique et des plans de mise en œuvre éprouvés, qui peuvent bénéficier à des millions d’agriculteurs africains comme Ayotomiwa Yinka Ogunsua.

« Alors que les dirigeants du continent doivent se réunir autour d’un Dialogue de haut niveau sur l’alimentation en Afrique (29-30 avril), l’expérience de Ayotomiwa Yinka Ogunsua est une source d’inspiration pour les gouvernements dans leur engagement à investir dans les systèmes alimentaires du continent », souligne Martin Fregene.

« Après ma formation, je vois désormais l’agriculture comme une entreprise à part entière, et non pas seulement comme une passion. J’ai réalisé que c’est une entreprise dont je dois tirer des revenus, quelque chose dont je peux tirer parti en tant qu’entrepreneur », soutient Ayotomiwa Yinka Ogunsua au téléphone depuis sa ferme, d’où l’on peut entendre les chants des coqs.

L’Institut international d’agriculture tropicale du CGIAR, basé à Ibadan, dans le sud-ouest du Nigéria, offre des formations, des renforcements de capacité et une assistance technique aux « agripreneurs » africains dans le cadre du programme TAAT.

Selon Ayotomiwa Yinka Ogunsua, la formation lui a donné le savoir‑faire technique nécessaire au développement de sa start-up « Vive Verde », depuis les services initiaux (approvisionnement en eau, techniques agricoles et questions environnementales) jusqu’à la production animale. Atops Farms, l’entreprise avicole mise en place par Ayotomiwa Yinka Ogunsua, s’est développée jusqu’à atteindre 500 volailles au début de l’année 2021.

« Nous avons vendu toutes nos poules pendant les fêtes de Pâques », se réjouit-il, en indiquant avoir gagné plus d’argent avec l’agro-industrie que comme banquier.

Le directeur d’Atops Farms fait maintenant du plaidoyer en faveur du secteur agricole au Nigeria. Il intervient régulièrement dans des programmes de radio et de télévision, et travaille à changer la perception de l’agriculture.

« Pour moi, l’agriculture permet de réaliser des bénéfices mais il s’agit également d’assurer la sécurité alimentaire du territoire, de la nation et du continent, déclarait récemment Ayotomiwa Yinka Ogunsua, à la radio FM Inspiration 100,5(le lien est externe). Si nous devons satisfaire la sécurité alimentaire de l’Afrique avec notre population croissante, alors il faut que l’agriculture comme entreprise commerciale soit soutenue. C’est cela l’agriculture moderne ! »

Ayotomiwa Yinka Ogunsua attend désormais l’arrivée de nouveaux poussins pour reconstituer son élevage. Pour l’heure, il élève des dindes, des lapins et des chèvres pour développer ses activités agricoles.

« Je suis encore un petit agriculteur, mais par la grâce de Dieu, je suis en train de grandir et je vais y arriver », conclut-il avec conviction.

Source : BAD

Le titre est de notre rédaction

3 mai 2021 0 comments
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Moussa Mara president Yelema
Opinion

Édito : la Presse malienne, le pari de la vraie indépendance !

by Sahel Tribune 3 mai 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Il y a une réalité incontestable au Mali, c’est la liberté réelle dont jouissent les acteurs de la presse. La presse malienne se caractérise par une variété importante d’acteurs et une diversité significative des services offerts. Ces acteurs occupent l’essentiel des crédos professionnels généralement reconnus. Le développement des technologies d’information et de communication a entrainé une réelle démocratisation de la profession. 

Les Maliens sont maintenant habitués à un paysage constellé de web tv, de chroniqueurs sur les réseaux sociaux, d’activistes de toutes sortes ou d’influenceurs aux côtés des acteurs classiques de la presse. Les producteurs d’opinions par vidéo jusqu’au simple citoyen qui constatent et informent, complètent ce tableau lequel consacre un réel foisonnement de la production et de la diffusion d’information dans notre pays. Il est vrai que la qualité du travail n’est pas toujours à hauteur de souhait et que la véracité des faits relayés n’est pas toujours fondée, mais cette situation est fondamentalement positive, au-delà des dérives qu’elle entraîne.

L’auto régulation de la profession est encouragée par les autorités publiques qui garantissent une forte présence des professionnels au sein des institutions en charge du contrôle. Il faut également noter une relative mansuétude de la justice, sauf si ce sont les magistrats qui sont pris à partie, à l’égard de la presse. Cela est satisfaisant, il faut s’en réjouir et cette tendance devrait être maintenue. 

Donner un contenu au concept de journaliste

La liberté de presse constitue donc indéniablement le socle le plus solide de la démocratie malienne. Il convient de la renforcer et donner à la presse les moyens de la vraie indépendance, celle qui mettra ses animateurs à l’abri de la précarité sur tous les plans. Dans cette perspective, un vrai partenariat doit réunir les pouvoirs publics et les acteurs de la presse afin de conduire quelques chantiers significatifs.

Le premier de ces chantiers est de donner un contenu au concept de journaliste. Nous devons convenir des critères d’accès à la profession (formation, expérience…), des exigences à respecter, du plan de carrière, des droits… bref il faut un véritable statut pour les journalistes et une convention collective complète pour le secteur.

Ce dispositif n’est pas destiné à lutter contre les nombreux autres acteurs, dont des citoyens qui produisent et/ou diffusent de l’information. Ceux-ci doivent exister et cela constitue une bonne respiration pour la démocratie. Cependant il faut impérativement protéger et promouvoir les professionnels de l’information.

L’édification d’entreprises de presse et de groupes solides de presse multimédias

Le second chantier est celui de la mise en place d’un dispositif de soutien à l’édification d’entreprises de presse et de groupes solides de presse multimédias. 

Il faut pour ce faire des règlementations adaptées à la profession, un dispositif de financement approprié, des mesures fiscales incitatives, un système durable de subvention publique au même titre que le financement des partis politiques. Il faudra sans doute un système de contrôle plus efficace pour valider la pertinence de l’utilisation de ressources publiques.

Dans la même direction, nous devons créer les conditions pour que la presse devienne une affaire d’opérateurs économiques, réduire considérablement le champ de l’audiovisuel public et nous orienter vers sa mutation en acteur privé.

Parallèlement à cela, il faudra instaurer des rapports de collaboration efficients entre l’État, les collectivités publiques et les acteurs de la presse au moyen de conventions de partenariat instaurant des missions de service public pour ces opérateurs privés (éducation, formation, sensibilisation, soutien aux productions nationales…) à travers des cahiers de charge précis. On fera ainsi une liaison pertinente entre la nécessité de réaliser des profits et le devoir de contribuer à l’éveil citoyen des populations. Nous mettrons ainsi l’accent sur la particularité de la presse qui est certainement une activité à part pour la collectivité. 

Moussa MARA

www.moussamara.com

3 mai 2021 0 comments
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Les réseaux sociaux
Opinion

Mali : les réseaux sociaux, plateformes de rancune et de violence ?

by Chiencoro 3 mai 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

L’émergence des réseaux sociaux a ouvert une crinière d’opportunités à la jeunesse malienne. Il a favorisé l’apparition de nouveaux acteurs de l’information et de la communication. Une situation qui a tendance à transformer ces réseaux en plateforme de règlement de compte.

« Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui avant, ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel », affirmait l’écrivain italien Umberto Eco. L’octroi de ce droit à la parole « à n’importe qui » n’est pourtant pas sans conséquence pour la stabilité sociale du Mali, notamment. Car ne dit-on pas que la parole est une arme redoutable qu’il ne convient pas de mettre à la disposition de tout le monde. On assiste aujourd’hui, sur ces plateformes de réseaux sociaux, à l’émergence de nouveaux spécialistes dans tous les domaines et sur toutes les questions.

Les réseaux sociaux se sont positionnés depuis quelques années comme de nouveaux canaux de communication et d’information grâce à l’émergence de nouveaux acteurs comme les Web activistes, les Web TV ainsi que les pages Facebook dédiées à la diffusion de l’information. Mais il convient de noter aussi qu’ils ont favorisé la recrudescence de la « haine en ligne » et par ricochet d’une culture de l’intolérance. Sur ces plateformes, la culture de la tolérance ne semble pas être une préoccupation majeure malgré que chacun se croit spécialiste.

La forte présence des hommes politiques sur ces plateformes de réseaux sociaux durant ces dernières années, après que les blogueurs et webactivistes aient été qualifiés de « drogués », a constitué le départ d’une nouvelle ère pour ces plateformes au Mali. C’est à travers cette présence massive d’hommes politiques que la libre expression de la pensée semble désormais mise dans les fers. Les partisans de différents bords ne daignent point à se lancer dans des attaques ciblées. La liberté de critiquer est quasiment devenue un mirage. Chacun se sentant plus dans le droit que l’autre, plus dans le vrai que son adversaire idéologique.  

Selon le chef des Nations Unies, « le discours de haine est en soi une attaque contre la tolérance, l’inclusion, la diversité et l’essence même de nos normes et principes relatifs aux droits de l’homme ». Pourtant, depuis plus d’une semaine, les événements autour des délestages électriques au Mali donnent lieu à une scène peu enviable sur ces plateformes, notamment Facebook, où des camps adverses se lancent des attaques virulentes, directement ou indirectement. Chacun pensant l’autre à la solde de son adversaire.

Les réseaux sociaux sont devenus un nouveau ring de règlement de compte où il n’y a plus de culture de la tolérance. Avec ces plateformes, le Mali chute doucement, mais sûrement dans « une société close », une société d’irrationalité. Une société dans laquelle le débat n’est plus possible sans qu’on ne te colle une étiquette. Cette situation ne présage point un véritable développement. Malgré les divergences de vues, l’objectivité doit primer sur la subjectivité, surtout lorsque c’est l’intérêt de la nation qui est en jeu.

Fousseni Togola

Source : Maliweb.net

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Des adolescentes rentrent chez eux après l'école à Niamey
SantéSécurité

Mariage précoce : 5 millions d’enfants mariées au Niger, dont 1,9 million avant l’âge de 15 ans

by Sahel Tribune 3 mai 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Au Niger comme dans la plupart des pays confrontés à la pandémie de la covid-19, les mesures de restriction et de distanciation sociales mises en place par le gouvernement ont exacerbé les vulnérabilités des populations touchées par la maladie. Avec les fermetures d’écoles et de mosquées, des restrictions de mouvement, le couvre-feu et l’état d’urgence, « la pandémie a profondément affecté la vie quotidienne des filles ». Cette situation accentue le mariage des enfants.

Avant l’avènement de la pandémie de covid-19, 3 filles sur 4 étaient mariées avant l’âge de 18 ans au Niger. Dans des zones comme la région de Maradi, 89 % des filles sont mariées comme enfants. « Le Niger a le taux le plus élevé de mariages d’enfants au monde », souligne Aboubacry Tall, représentant par intérim de l’UNICEF sur la situation au Niger. Selon l’UNICEF, au cours des prochaines décennies, 10 millions de filles avant l’âge de se marier risquent de se retrouver enfants mariées.  

« Résultat d’une inégalité entre les sexes »

Selon les précisions de M. Tall, le Niger compte 5 millions d’enfants mariées, dont 1,9 million s’est marié avant l’âge de 15 ans. Les raisons pouvant expliquer cette violation du droit des jeunes filles sont entre autres la pauvreté, le faible niveau d’éducation, le maintien des traditions sociales et religieuses, la peur du déshonneur d’une grossesse hors mariage, l’instabilité causée par les troubles civils et les catastrophes naturelles.

« L’aggravation du revenu du ménage peut amener certains adolescents vivant dans des circonstances particulièrement difficiles à considérer le mariage des enfants comme la meilleure option à leur disposition », indique également le représentant par intérim de l’UNICEF qui précise que cette pratique n’est que « le résultat d’une inégalité entre les sexes enracinée, qui affecte les filles de manière disproportionnée par cette pratique ».

Cette violence faite aux filles est pourtant lourde de conséquences pour les jeunes filles. Elle les expose « à un risque accru de violence sexuelle, physique et psychologique et des conséquences connexes tout au long de leur vie ». Les filles mariées et les enfants mères ont également un pouvoir de décision assez limité et sont obligées « d’élever les enfants pendant qu’ils sont encore eux-mêmes des enfants ». Les grossesses précoces mettent également leur vie en danger et nuisent à leur développement « Mettre fin au mariage des enfants nécessite un travail dans tous les secteurs et à tous les niveaux », a laissé entendre M. Tall.

Mariam N’diaye, stagiaire

3 mai 2021 1 comment
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Devanture de la Maison de la presse du Mali
Sécurité

Journée mondiale de la liberté de la presse : « Les médias maliens sont soumis à des pressions officielles »

by Chiencoro 3 mai 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Comme à l’accoutumée, le monde célèbre, ce 3 mai 2021, la Journée mondiale de la liberté de la presse. Le thème retenu pour cette édition est : « L’information comme bien public ». Une célébration qui a lieu dans un contexte difficile pour les journalistes de part et d’autre le monde en raison notamment de la pandémie de la covid-19.

« Les “déserts” médiatiques se multiplient car les organes de presse ferment, fusionnent ou réduisent leurs effectifs dans de nombreuses régions de la planète et des groupes d’intérêts politiques en profitent pour prendre le contrôle des médias en difficulté », indique l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). La révolution numérique n’a pas épargné les médias indépendants. Elle a affaibli leurs modèles économiques et porté atteinte à leur viabilité. « En 2020, la perte de revenus du secteur est estimée à 30 milliards de dollars », précise la même source.

La covid-19, facteur entravant la liberté de la presse

Selon une enquête de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), deux tiers d’hommes de médias salariés et indépendants du monde entier ont connu des diminutions de salaire, des pertes de revenus ou d’emploi, des annulations de commandes, ou une détérioration de leurs conditions de travail en raison de la pandémie de covid-19. Près de 40 % des journalistes interrogés par l’International Center For Journalists (ICFJ) et le Tow Center de l’Université de Columbia aux États-Unis ont déclaré avoir perdu plus de la moitié de leurs revenus.

En plus de cette baisse des revenus, la pandémie de covid-19 a également « entraîné une forte augmentation des attaques contre les journalistes et un affaiblissement des réglementations protégeant la liberté d’expression », déplore l’UNESCO qui précise que selon une de ses études à paraître sur la violence en ligne contre les femmes journalistes, 73 % de ces femmes interrogées déclarent avoir subi des violences en ligne liées à leur travail. « Ces violences, qui se traduisent souvent par des attaques sexistes en meute, peuvent aller de propos haineux jusqu’aux menaces de violence sexuelle ou physique », précise la même source.

L’Afrique subsaharienne en rouge ou noire

À l’International Press Institute (IPI), plus de 400 violations de la liberté de presse liées à la crise du Covid-19 ont été signalées, rapporte l’UNESCO. Des violations qui vont des restrictions d’accès à l’information aux réglementations excessives visant les « informations mensongères prétendument destinées à lutter contre la désinformation liée au COVID-19 ».

Publié chaque année depuis 2002 à l’initiative de Reporters sans frontières (RSF), le Classement mondial de la liberté de la presse, édition 2021, « montre que l’exercice du journalisme, principal vaccin contre le virus de la désinformation, est gravement entravé dans 73 des 180 États du Classement établi par RSF et restreint dans 59 autres, soit au total 73 % des pays évalués ». Cette édition laisse comprendre que l’Afrique subsaharienne se trouve en « rouge ou en noir » sur cette carte du classement mondial de la liberté de la presse. Il s’agit des zones où la situation de la liberté de la presse est considérée comme difficile, voire grave.

L’information, un bien public

Selon les précisions du RSF, sur les questions relatives à la sécurité, « les médias maliens sont soumis à des pressions officielles », car les « critiques de l’armée peuvent conduire à une arrestation et à une inculpation pour “propos démobilisateurs de troupes”. » Ce n’est pas tout, selon le RSF, « même si la presse malienne jouit d’un grand pluralisme, elle souffre d’un manque cruel de moyens et peine à s’affranchir des diktats éditoriaux de ses promoteurs ».

Pourtant, en raison de leur rôle de producteur et de diffuseur d’informations, les journalistes jouent un rôle important dans les sociétés. « Qu’il s’agisse de dénoncer la corruption, de nous alerter sur des conflits ou de lutter contre la désinformation sur le COVID-19, les informations qu’ils [les journalistes ndlr] fournissent doivent être reconnues comme bien public », souligne l’UNESCO.

La célébration de cette Journée mondiale de la liberté de la presse coïncide cette année avec le 30e anniversaire de la Déclaration de Windhoek, rédigée par des journalistes africains militant en faveur d’une presse africaine libre, indépendante et pluraliste, en 1991. Une Déclaration qui est d’ailleurs à l’origine de la proclamation du 3 mai comme Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale de l’ONU.

Togola

3 mai 2021 0 comments
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Colonel Malick Diaw president du CNT
Politique

Mali : bientôt « une pension de retraite aux anciens présidents de l’Assemblée nationale et de …» ?

by Sahel Tribune 2 mai 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Au Mali, les membres du Conseil national de transition (CNT), au cours de leur session plénière d’avril, ont fait une proposition de loi visant à accorder des avantages aux anciens présidents de l’Assemblée nationale ainsi que de « tout autre organe parlementaire ou législatif en République du Mali ». Cette proposition pourrait pourtant soulever des inquiétudes.

Après les avantages accordés aux anciens présidents de la République et aux anciens premiers ministres par le régime déchu d’Ibrahim Boubacar Keïta, les membres du CNT souhaitent des avantages similaires pour les « anciens présidents de l’Assemblée nationale et de tout autre organe parlementaire ou législatif en République du Mali » à hauteur de « leur rang ».

Pour avoir présidé « aux destinées » de l’Assemblée nationale, organe parlementaire ou législatif de la République du Mali, les anciens présidents de cette troisième institution méritent qu’il leur soit accordé « respect et considération ». Cela reste de même pour les anciens présidents de tout autre organe parlementaire ou législatif parce qu’ils « continuent d’incarner une image de marque de l’institution qu’ils ont eu à diriger, même après la cessation de leur fonction ». 

Pension de retraite aux anciens présidents de l’Assemblée nationale ?

Les membres du Conseil national de transition (CNT) ont fait une proposition de loi au cours de leur session d’avril visant à « accorder une pension de retraite aux anciens présidents de l’Assemblée nationale et de tout autre organe parlementaire ou législatif en République du Mali ». Cette proposition de loi, selon les précisions des membres du CNT, permettra d’éviter à ses anciens présidents de « vivre dans la précarité » après la fin de leur fonction.

L’article 6 de cette proposition de loi indique également que « tout ancien président de l’Assemblée nationale ou de tout autre organe parlementaire ou législatif bénéficie d’une prise en charge complète des frais médicaux ». Aussi cette proposition demande-t-elle en faveur des anciens présidents de la 3e institution et de tout autre organe parlementaire ou législatif en République du Mali la mise à disposition d’un passeport diplomatique, de deux agents de sécurité et d’un chauffeur, de la domesticité, d’une indemnité de logement, d’une indemnité d’eau et d’une indemnité de téléphone.

« En cas de décès du bénéficiaire, le régime de pension spéciale de retraite et autres avantages sont supprimés », précise l’article 4 de cette proposition de loi qui attend promulgation pour entrer en vigueur « à compter de l’exercice budgétaire suivant sa promulgation ».

La question budgétaire

Cette proposition de loi pourrait pourtant soulever des inquiétudes. Déjà les anciens présidents de la République bénéficient d’une pension trimestrielle « dont le montant est égal à sept fois la moyenne du traitement brut le plus élevé des fonctionnaires de catégorie A », indiquent nos confrères du magazine Jeune Afrique.Aussi bénéficient-ils d’une indemnité mensuelle de représentation de près de 1,5 million de F CFA.

En plus de tous ces avantages, la loi leur octroie un logement, deux véhicules, des forces de sécurité. Leurs consommations d’eau, d’électricité et de téléphone, etc., sont également prises en charge.

Dans un tel contexte, vouloir promulguer une loi pour bénéficier des avantages similaires pour les anciens présidents de « l’Assemblée nationale ou de tout autre organe parlementaire ou législatif » soulèvela question de la soutenabilité budgétaire. Surtout que les autorités peinent à donner satisfaction aux revendications syndicales qui s’entassent d’année en année.

Togola

2 mai 2021 0 comments
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Conférence de presse du RDDH
Sécurité

Violation des droits humains : le Mali vers des « sociétés contractuelles »

by Chiencoro 2 mai 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

Le Réseau des défenseurs des droits humains (RDDH) du Mali a tenu une conférence de presse, samedi 1er mai 2021, dans la salle de réunion de l’association malienne de psychologie. Cette rencontre avec les hommes de médias avait pour objectif de faire non seulement l’état de la situation des droits de l’homme au Mali, mais aussi rassurer que le Réseau se porte bien malgré quelques coups durs.  

Créé dans le contexte de la crise de 2012, précise le président du RDDH, le Réseau des défenseurs des droits humains se porte bien malgré quelques mésententes internes laissant transparaître un bicéphalisme. « Mais le linge sale se lave en famille », rappelle Me Amadou Tiéoulé Diarra.

« Les violations des droits risquent de devenir une coutume »

Plusieurs fois reportée en raison des restrictions liées à la pandémie de la Covid-19, la conférence de presse du Réseau des défenseurs des droits humains (RDDH) sur la situation des droits de l’homme au Mali a finalement eu lieu, samedi 1er mai. « Le Pays vit une situation inédite en matière de droits de l’homme », indique Me Diarra.

Du nord du pays au centre voire au sud, les violations des droits de l’homme sont devenues fréquentes. Des violations qui s’expliquent d’une part par l’ignorance des droits protégés et d’autre part par le besoin de certains individus à commettre des violations. Selon les précisions de Me Diarra, la majorité des citoyens victimes de violations des droits de l’homme au Mali vivent dans les campagnes.

Dans une telle situation, « le bout du tunnel reste encore loin ». Les anciens cas de violations restent toujours impunis, souligne le président du réseau, et de nouveaux cas viennent s’y ajouter. En raison de leur multiplication, « les violations des droits risquent de devenir une coutume » au Mali, craint Me Diarra.

« Vers des sociétés contractuelles »

« Il est vrai que la recherche de la paix est la préoccupation principale sans laquelle l’existence est compromise. Mais cet équilibre recherché nie parfois ou remet en cause le droit au libre choix de l’organisation de personne ou de la société », alerte Me Diarra. Une situation qui fait naître dans le pays des « sociétés conventionnelles ». « Nous évoluons vers des sociétés contractuelles à travers la signature de conventions entre les nouveaux maîtres et les populations », déplore l’homme fort du RDDH qui prend Farabougou, dans la zone office du Niger, ainsi que la plupart des villages du centre (Mopti) comme exemple.

Toutefois, Me Diarra estime que ces accords locaux doivent interpeler et commander les actions des défenseurs des droits de l’homme qui doivent chercher à les comprendre au préalable. « C’est bien de dénoncer un outil, indique Me Amadou Tiéoulé Diarra, mais avant il faut le connaitre. Nous devons avoir le souci de comprendre les nouveaux droits qui sont créés ».

Fousseni Togola

2 mai 2021 2 comments
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