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Olivier Dubois, Correspondant de Libération et du Point Afrique
Sécurité

Mali : le journaliste français Olivier Dubois dit avoir été enlevé dans le nord-est du pays

by Sahel Tribune 5 mai 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités maliennes et françaises de tout faire pour obtenir la libération du journaliste qui affirme avoir été enlevé par un groupe armé islamiste.
Dans une vidéo de 21 secondes diffusée ce 5 mai, le journaliste français Olivier Dubois affirme avoir été “kidnappé” le 8 avril à Gao dans le nord-est du Mali par le “Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans” (GSIM). Correspondant de Libération et du Point Afrique, journaliste aguerri et fin connaisseur du Mali, il était en reportage au moment de son enlèvement. RSF avait été alerté deux jours après sa disparition alors que le journaliste n’était pas rentré à Bamako comme prévu. En concertation avec ses rédactions, notre organisation avait fait le choix de ne pas communiquer sur le sujet afin de ne pas entraver une éventuelle issue positive rapide. Le ministère français des Affaires étrangères à Paris a pour sa part confirmé la « disparition » d’Olivier Dubois. La vidéo est toujours en cours d’authentification. 

“Nous demandons aux autorités maliennes et françaises de tout mettre en œuvre pour obtenir sa libération et adressons tout notre soutien à sa famille et à ses proches, déclare Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique de RSF. Une semaine après que des journalistes espagnols ont été tués au Burkina Faso, l’enlèvement de ce reporter est un nouveau coup très dur pour le journalisme dans le Sahel.”

La présence des groupes armés dans le Sahel rend l’exercice du journalisme extrêmement périlleux. Le reporter David Beriain et le cameraman Roberto Fraile, tous deux de nationalité espagnole, ont été tués au Burkina Faso le 26 avril dernier alors qu’ils étaient en reportage avec une patrouille anti-braconnage sur la route menant à la réserve naturelle de Pama, dans l’est du Burkina Faso.

Le nord et le centre du Mali demeurent également des zones extrêmement dangereuses. Deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon y avaient été assassinés en 2013. Plus de sept ans après les faits, les enquêtes menées conjointement en France et au Mali n’ont toujours pas permis de lever toutes les zones d’ombre entourant ce double assassinat. 

Le Mali occupe la 99e place sur 180 pays dans le dernier Classement mondial de la liberté de la presse que vient de publier RSF en 2021.

Source: RSF

5 mai 2021 0 comments
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Abdoulaye dit Allaye Koita
Opinion

Abdoulaye dit Allaye Koita : « C’est le contexte, le moment et la personne qui a fait la proposition… »

by Sahel Tribune 5 mai 2021
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Abdoulaye dit Allaye Koita est le président du mouvement En Avant. Un mouvement créé suite à l’élection législative de 2007 à laquelle il a participé comme candidat indépendant à Mopti. Nous avons eu avec lui un entretien téléphonique, mardi 4 mai 2021, sur la proposition de loi de Magma Gabriel Konaté visant à « accorder une pension de retraite aux anciens présidents de l’Assemblée nationale et de tout autre organe parlementaire ou législatif en République du Mali ». M. Goita est catégorique : ni le contexte, ni le moment ne sied à cette proposition et Magma Gabriel n’est pas encore le mieux indiqué.

Sahel Tribune : comment comprenez-vous la proposition de loi visant à octroyer des pensions de retraite aux anciens présidents de l’Assemblée nationale du Mali ?

Abdoulaye dit Allaye Koita : j’ai appris cette nouvelle avec un grand émoi. Elle m’a beaucoup surpris vu la situation économique que nous vivons depuis bien avant la chute du régime IBK. Comment comprendre qu’une transition qui devrait parler de sécurité et d’organisation des élections se donne le droit de faire des propositions qui n’ont rien à voir avec ces priorités. Que celui qui a été désigné pour défendre les artistes et les hommes de culture se préoccupe plutôt de la retraite des anciens présidents de l’Assemblée nationale. C’est juste inacceptable.

Les anciens présidents de l’Assemblée nationale n’ont-ils pas droit à cette pension ?

Dans un pays comme le Mali, ces présidents bénéficient déjà de la pension parlementaire. Quelqu’un qui a fait cinq ans de mandat à ce poste de président n’a pas besoin d’une telle aide dans un pays pauvre comme le Mali.

J’ai encore été plus surpris aujourd’hui [mardi 4 mai ndlr] de voir Magma Gabriel Konaté, auteur de cette proposition, insulter tous les Maliens en les qualifiant d’égoïstes. Ce discours est encore plus choquant, surtout venant d’un éducateur pour qui on avait d’ailleurs beaucoup d’estime.

Pensez-vous que Magma Gabriel n’est pas le mieux indiqué pour faire cette proposition ?

Tout membre d’une assemblée pareille peut faire des propositions. Mais cela dépend du contexte et du moment. Si on avait quitté cette période transitoire pour se retrouver avec une assemblée élue et que Magma Gabriel se retrouvait élu député, il pouvait bien faire une telle proposition. Mais même là, comme aujourd’hui, s’il représente les hommes de culture, il faut au préalable qu’il défende ces derniers qui vivent dans une grande précarité dont tous les Maliens sont témoins. Donc c’est le contexte, le moment et la personne qui a fait la proposition qui posent problème. Comme je l’ai dit, Magma Gabriel pouvait bien faire cette proposition, mais après avoir fait des propositions pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des artistes maliens.

A quelle proposition pensez-vous par exemple ?

Les artistes maliens tirent le diable par la queue. Ils produisent, mais rarement on achète leurs œuvres. Ils sont confrontés à la piraterie. Pourquoi ne pas penser à octroyer à ces artistes des primes que l’État va reverser au bureau malien des droits d’auteur. On attendait Magma sur ce chantier. Mais la proposition qu’il vient de faire, on n’avait vraiment pas besoin de cela là où nous sommes.

Les raisons avancées pour faire cette proposition, épargner aux anciens présidents de l’AN la précarité après leur fonction, ne sont-elles pas suffisantes ?

C’est une manière d’insulter l’intelligence des Maliens. De l’indépendance à nos jours, aucun ancien président de l’Assemblée nationale n’a vécu dans la misère. J’ai personnellement vu Aliou Nouhoum Diallo, qui est le premier président de l’Assemblée nationale de l’ère démocratique, mais il ne vit pas dans la misère. Dioncounda Traoré vit-il dans la précarité ? Ibrahim Boubacar Kéïta vit-il dans la précarité ? Younouss Touré vit-il dans la précarité ?

Magma a juste commis une erreur. Il est important qu’il se ressaisisse. Au lieu d’insulter les Maliens, il devrait plutôt demander pardon tout en abandonnant cette proposition de loi inopportune.  

Que pensez-vous de cette transition ?

En toute honnêteté, il est très difficile d’aider cette équipe. Les autorités transitoires se sont entourées de personnes qui ne sont pas en mesure de relever les nombreux défis du pays. Pourtant, elles ont écarté toutes les personnes qui étaient capables de faire bouger les lignes. Le pouvoir en place doit se faire accompagner par l’opposition et la société civile.

Au lieu de cela, quand la transition est arrivée, elle a écarté l’opposition qui était dans le M5-RFP. Elle a également écarté le pouvoir qui était en place. C’est seulement les quelques personnes du M5-RFP qui criaient sans avoir aucune foi de ce qu’ils faisaient ou disaient, auxquelles elle s’est accrochée. Il est difficile de diriger un pays de la sorte. Je ne le souhaite pas, mais il sera très difficile que cette transition réussisse.

Pensez-vous aussi à l’ébullition du front social ?

La crise sécuritaire, depuis l’installation des autorités de la transition, s’est empirée. Avec le projet de découpage territorial, elles sont en train de mettre l’huile sur le feu. Des régions sont créées et ne sont pas encore tout à fait opérationnelles. Le découpage administratif n’est pas au complet.

Dans un tel contexte, on se précipite aux élections. Au centre du pays, on ne parle même pas encore de découpage administratif puisque la crise sécuritaire constitue la préoccupation majeure dans cette zone.

Que proposeriez-vous ?

Avec la communauté internationale, on a le dos au mur. Il faut aller aux élections. Le chronogramme a été publié. Mais je trouve qu’il sera impossible de tenir des élections législatives dans ce contexte. Il faut conclure d’abord ce découpage administratif avant d’aller à ces élections législatives, communales, etc.

Pour que la communauté internationale nous voit dans la légalité, on peut aller à l’élection présidentielle. Cette élection se tiendra dans les zones où ce sera possible. Ce président légalement élu se chargera de l’organisation du reste des élections. Exceptionnellement aussi et sans toucher à certains points sensibles de la décentralisation, je pense qu’on peut également tenir les élections référendaires en faisant fi de l’article 118 de la constitution.

Réalisée par Fousseni Togola

5 mai 2021 1 comment
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Présentation des rapports SIRA et Xenza
Sécurité

Mali : SIRA et Xensa, deux rapports sur la situation des droits humains et la transition

by Chiencoro 5 mai 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Le consortium OCCIPRE, composé de Tuwindi, Amnesty International et Free Press Unlimited, a procédé au lancement de ses rapports SIRA 2 et Xensa, mardi 4 mai 2021, à la Maison de la presse de Bamako. En plus de la présentation des violations des droits humains au Mali durant le 1er trimestre 2021, plusieurs recommandations ont été formulées à l’endroit des autorités politiques maliennes.

Au cours du premier trimestre 2021, la plateforme SIRA, dont s’occupe Amnesty International, a enregistré 187 cas de violations des droits humains, dont une dizaine représente les atteintes à la liberté d’expression dans 60 localités du Mali, précise la directrice exécutive d’Amnesty International, Ramata Guissé, lors de la conférence de presse de présentation des rapports SIRA et Xenza. Sur ces 187 cas, 67 ont été enregistrés au cours du premier trimestre 2021.

Parmi ces 67 violations des droits humains, 30 ont été enregistrés dans la région de Mopti. Le district de Bamako, les régions de Koulikoro, Ségou et Sikasso ont enregistré au cours de la même période 26 cas de violations. Quant aux régions de Gao et Tombouctou, elles ont enregistré durant la même période 11 cas de violations, selon ce second rapport SIRA.

45 % de ces violations recueillies dans ce rapport concerne les droits civils et politiques, 38 % les autres abus, 3 % la corruption, 4 % les droits de la femme et 2 % les droits de l’enfant, précise la directrice d’Amnesty International.

Le Transitomètre révèle des avancées

« SIRA est un outil important pour les défenseurs des droits de l’homme qui leur permet de mieux observer, documenter et publier les cas de violations des droits humains, et de contribuer aux investigations judiciaires en partageant les informations recueillies », souligne Ramata Guissé qui rassure que « les données collectées sont conservées dans le strict respect des législations en vigueur et les standards en matière de la collecte et le traitement des données d’Amnesty International Mali ». Cette plateforme est ouverte à « toutes les personnes éprises de paix et de justice ».

S’agissant de la plateforme Xensa, qui a été adaptée à l’évolution de la situation sociopolitique et la transition au Mali, au cours du 1er trimestre 2021, 125 articles ont été renseignés dans le Transitomètre, 81 interpellations ont été faites, 68 pétitions enregistrées, 56 dénonciations faites par 67 blogueurs et internautes, a indiqué Oumar Ben Haïdara, directeur des programmes de la fondation Tuwindi.

Analysant les six (6) axes prioritaires du Plan d’action du gouvernement de transition, M. Haïdara a laissé entendre que ce qu’il y a à féliciter aujourd’hui comme avancée notable est d’abord la tenue de la 42e session du Comité de suivi de l’Accord (CSA) à Kidal en février dernier et ensuite la publication du chronogramme des élections. Toutefois, plusieurs inquiétudes demeurent, a-t-il indiqué.  

Des propositions aux autorités transitoires  

Le consortium OCCIPRE a alors formulé plusieurs recommandations à l’endroit des autorités de transition, à la société civile ainsi qu’aux partenaires techniques et financiers. Il s’agit entre autres d’améliorer l’accès à la justice pour les victimes, d’éviter la restriction de l’espace civique, d’intensifier la lutte contre l’impunité, d’accorder aux journalistes le libre accès à toutes les sources d’informations. Ce n’est pas tout : d’organiser davantage et de travailler en synergie pour une meilleure protection des droits humains, de soutenir davantage les institutions et organisations des droits humains.

Ces recommandations viennent s’ajouter à celles formulées il y a trois mois et qui demeurent toujours d’actualité : mettre l’accent sur la présence de l’État dans les zones les plus reculées confrontées à ces violations, renforcer le dispositif sécuritaire au niveau des checkpoints, mettre les forces de défense et de sécurité dans les conditions, permettre aux populations maliennes de bénéficier des droits les plus élémentaires.

L’Union européenne s’engage auprès du gouvernement malien pour la lutte contre la corruption et l’impunité afin de renforcer davantage la démocratie.

Fousseni Togola

5 mai 2021 1 comment
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Le lieutenant Daouda Konaté, secrétaire général de la section syndicale des surveillants de prison
Actu

Mali : la Synergie des sections syndicales des surveillants de prison prévoit une grève de 240 heures

by Bakary FOMBA 4 mai 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

En raison du non-respect des engagements pris par le gouvernement du Mali, les syndicats des surveillants de prison, unis en synergie d’action, ont déposé lundi dernier, un préavis de grève de 240 heures, soit 10 jours. Cette grève commencera le lundi 24 mai 2021 pour prendre fin le vendredi 4 juin 2021.

Au Mali, le front social est en constante ébullition. Plusieurs secteurs du pays prévoient des séries de grèves courant le mois de mai. Après les dépôts de préavis de grève de l’UNTM et la synergie des syndicats de la police nationale, la semaine dernière, la synergie des sections syndicales des surveillants de prison vient de rentrer dans la danse en déposant un préavis de 240 heures de grève allant du lundi 24 mai au vendredi 4 juin 2021.

La non-exécution de son préavis de grève étant liée à la satisfaction totale de sa revendication, la synergie des sections syndicales des surveillants de prison demande au gouvernement de transition, l’application immédiate du Protocole d’accord signé entre les deux parties en date du 11 décembre 2020. La synergie se dit toutefois engagée à trouver un dénouement heureux à cette situation.

Uniquement le service minimal

Pour renforcer le dispositif sécuritaire pendant les périodes de grève, le comité stratégique de la synergie des sections syndicales des surveillants de prison invite les fonctionnaires du Cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée, une présence massive en tenue sur les lieux de travail (établissements pénitentiaires).

Quant à la manifestation de la grève qui se tiendra dans tous les établissements pénitentiaires, le comité stratégique de la synergie des sections syndicales des surveillants de prison prévient sur l’arrêt de plusieurs activités habituelles pendant les périodes de grève. Selon les précisions du comité, la grève se manifestera par l’arrêt complet du travail, dans les services administratifs centraux, régionaux et subrégionaux de l’Administration pénitentiaire.

Arrêt des visites sociales et familiales

Pendant les périodes de grève, le comité annonce l’arrêt des visites sociales et familiales. Cet arrêt concerne non seulement les extractions judiciaires et administratives, mais également de transfèrements judiciaires et administratifs. Les consultations médicales extérieures seront également arrêtées pendant les périodes de grève, sauf les cas d’urgence. Ce n’est pas tout. Les mandats de justice et des ordres de libération ne seront pas également exécutés durant les dix (10) jours de grève. À cela, s’ajoute l’arrêt des traitements des courriers à l’arrivée et au départ. Quant à la réception des plats extérieurs, celle-ci se déroulera de 8 heures à 13 heures. Au-delà de tous ceux-ci, le comité souligne également l’exécution des expirations de peine tout au long de ladite grève.

Bakary Fomba

4 mai 2021 0 comments
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Manifestation à Markala
Politique

Ségou : Markala réclame son « statut de cercle »

by Sahel Tribune 4 mai 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le projet de réorganisation territoriale du Mali met le feu aux poudres. Dans plusieurs régions, des manifestations sont organisées pour dénoncer le projet. Le lundi dernier, la société civile de Markala a bloqué l’accès aux deux ponts de la ville. Motif : que Markala soit érigé en cercle !  

À Markala, dans la zone office du Niger, 4e région administrative du pays, la situation était tendue, lundi 3 mai 2021. Un affrontement a opposé des manifestants aux forces de l’ordre. L’accès aux deux ponts de la ville avait été bloqué durant une bonne partie de la journée. « Nous souhaitons comprendre pourquoi Markala n’a pas été érigé en cercle alors qu’en 2018 lors des concertations locales et régionales, les participants avaient validé cette proposition », explique M. Coulibaly, un manifestant que nous avons joint au téléphone.

« Donner une chance au dialogue d’ici jeudi »

Pour dénoncer cette situation et réclamer que Markala soit érigé en cercle, la société civile a décidé de prendre d’assaut les deux ponts de la ville en bloquant ainsi les entrées et les sorties vers Ségou et Niono. Une situation à la suite de laquelle des forces de l’ordre engagées pour déloger les manifestants ont fait usage de gaz lacrymogène et de balle à blanc faisant au moins deux blessés, selon notre correspondant. Dans la foulée, des négociations ont entamé entre des émissaires du gouverneur de Ségou et les autorités locales de Markala (maire, sous-préfet et des chefs de village). Des négociations à la suite desquelles, les manifestants ont fini par accepter de lever le blocage.

Toutefois, la société civile et l’ensemble des forces vives de Markala semblent intraitables sur leur demande : Markala cercle ou rien. « Les deux parties se sont mises d’accord de donner une chance au dialogue d’ici jeudi à 0 h. Sans satisfaction, nous reprendrons la manifestation », a précisé M. Coulibaly.

Ce projet de réorganisation territoriale, depuis la publication des résultats des travaux de la Commission chargée des travaux, donne lieu à des manifestations pour rejeter le projet en l’état. Les autorités politiques de la transition ont intérêt à être beaucoup plus regardantes à ces cris de cœur pour ne pas créer d’autres foyers de tension dans le pays et qui rendront la gouvernance difficile à l’équipe issue des élections de 2022.

Quiconque souhaite réussir ce projet de réorganisation doit au préalable se donner le temps pour comprendre les relations qui lient certaines localités du pays où de véritables histoires ont toujours existé.

Togola

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La population dOgossagou village de la region de Mopti au Mali
Sécurité

Sahel : la crise humanitaire « s’aggrave rapidement et de manière significative »

by Bakary FOMBA 4 mai 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Dans une région où la crise est caractérisée par les questions de sécurité, résultant de la crise humanitaire et des effets du changement climatique, les populations voient leur environnement se modifier « radicalement ».

« La situation humanitaire au Sahel s’aggrave rapidement et de manière significative », indique OCHA. Dans la région du Sahel, le manque d’opportunités économiques et la quasi-absence des services essentiels conduisent des millions de personnes dans une pauvreté extrême. Ainsi, la pauvreté profonde, le changement climatique, la violence, l’insécurité alimentaire « chroniquement élevée et la malnutrition » continuent de conduire à des niveaux extrêmes de vulnérabilité, souligne-t-on.

Compte tenu de la présence de tous ces maux, le contexte du Sahel devient de plus en plus instable. Les chocs et risques naturels gagnent de plus en plus de place. Cette dégradation de la situation a également occasionné la fuite des millions de personnes de leurs maisons. Surtout lorsqu’elle menace des vies et des moyens de subsistance. Elle augmente également les violations des droits de l’homme tout en mettant en péril la cohésion sociale. Ce n’est pas tout. Dans ces conflits, les femmes et les filles « courent un risque accru de violence sexuelle et sexiste », indique-t-on.

Détérioration de la situation dans d’autres régions

Selon les tendances pluriannuelles, la situation de la crise au Sahel se détériore de façon « dramatique ». De 2015 à 2020, le nombre d’attaques violentes aurait été multiplié par huit dans le Sahel central et triplé dans le bassin du Lac Tchad.

« Le conflit au Sahel s’est aggravé et s’est étendu à de nouvelles régions, ce qui en fait le principal moteur des besoins. Tant dans le Sahel Central que dans le bassin du Lac Tchad, la violence ne montre aucun signe de ralentissement : les incidents de sécurité, les attaques et les enlèvements sont une réalité quotidienne pour des millions de civils », indique OCHA.

Pour rappel, le conflit au Sahel est un conflit armé opposant les États de la région du Sahel, notamment le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Burkina Faso et le Tchad à des groupes salafistes djihadistes liés à al-Qaida ou à l’État islamique.

Bakary Fomba

4 mai 2021 0 comments
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Bandiougou Danté, président de la Maison de la presse du Mali
Sécurité

Bandiougou Danté : « [ndlr] La presse se portera mieux si des réformes courageuses sont entreprises »

by Chiencoro 4 mai 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Pour la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai, le Mali n’est pas resté en marge. La Maison de la presse a organisé à cette occasion une Semaine nationale de la liberté de la presse, dont les travaux ont démarré le lundi dernier, avec comme thème « Cybercriminalité et liberté de la Presse ». Une occasion pour Bandiougou Danté d’interpeler les pouvoirs publics à la régulation du secteur.

Le non-payement de l’aide directe à la presse depuis deux ans ; le manque d’appui aux organisations faîtières pour la mise en place d’outils efficaces d’autorégulation pour anticiper et relever les dérapages, voilà des difficultés auxquelles la presse malienne est confrontée.

L’avertissement de la MP

À ces difficultés s’ajoutent la rénovation de la Maison de la presse, promise, mais non encore réalisée en dépit des bonnes volontés maintes fois exprimées ; des déviations graves de la part de certaines personnalités influentes et de leurs partisans, non sanctionnées, sur les réseaux sociaux. Les autorités politiques maliennes sont interpellées pour une meilleure gestion de ces maux qui minent le bon exercice de la profession de journalistes.

À « ceux qui voudraient amener le gangstérisme dans notre profession [ndlr] aux prétendus professionnels qui opèrent simplement à partir d’un smartphone », Bandiougou Danté, président de la Maison de la presse du Mali, ne va pas avec le dos de la cuillère. Il leur demande de se ressaisir.  

En attendant, la Maison de la presse dégage toute sa responsabilité en ce qui concerne « les brebis galeuses » qui évoluent dans cette profession. « [ndlr] La Maison de la Presse ne saurait être accusée des dérapages de certains confrères, qu’elle condamne avec la dernière rigueur, car ils nuisent à l’image de toute la profession », a laissé entendre M. Danté au cours de l’ouverture de cette Semaine nationale de la liberté de la presse.

« Une presse plus professionnelle »

La presse malienne a besoin d’une véritable régulation pour laquelle travaille déjà la Haute autorité de la communication (HAC). « [ndlr] La presse se portera mieux si des réformes courageuses sont entreprises notamment la dépénalisation des délits de presse, l’indexation de l’aide directe à la presse et les aides indirectes, l’adoption des textes régissant la presse en ligne », estime le président de la Maison de la presse.

Selon Mahamane Hamèye Cissé, représentant de la HAC à cette cérémonie, d’ores et déjà, la loi sur la dépénalisation des délits de presse, la loi sur la presse en ligne, etc., sont déjà prêtes. Mais une chose est d’adopter des textes, une autre est de les appliquer, a-t-il fait comprendre.  

La ministre de la Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Bouaré Bintou Founè Samaké, assurant l’intérim du ministre de la Communication et de l’Économie numérique, reconnait la nécessité de travailler à assainir le secteur de la presse au Mali. Pour ce faire, des sessions de renforcement des capacités et de mise à niveau des journalistes seront organisées très prochainement « afin d’avoir une presse plus professionnelle, respectueuse de l’éthique et de la déontologie ». Pour la réussite de la transition en cours, elle estime que la presse peut jouer un rôle important.

Fousseni Togola

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