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Directeur général de l'OIT, Guy Ryder
Politique

Guy Ryder : « Personne n’est en sécurité tant que tout le monde ne l’est pas »

by Sahel Tribune 1 mai 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans une déclaration publiée à l’occasion du 1er mai, le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, appelle les travailleurs, les employeurs, les gouvernements, les organisations internationales et tous ceux qui sont engagés dans la construction d’un monde meilleur, à unir leurs forces pour instaurer un monde du travail juste et digne pour tous.

Cette année, nous célébrons encore le 1er mai, Journée internationale du travail, dans l’ombre de la pandémie de COVID-19. La pandémie a dévasté le monde du travail, détruisant des emplois, des entreprises et des moyens d’existence. Elle a jeté des millions de personnes dans la misère et fait reculer le développement mondial. Comme la plupart des crises, elle a frappé le plus durement les plus faibles et les plus vulnérables, creusant encore des inégalités dans monde déjà inégal.

La pandémie et ses conséquences sont un rappel brutal de l’interdépendance mondiale. Cette réalité vaut tout autant pour la santé que pour notre vie professionnelle.

Personne n’est en sécurité tant que tout le monde ne l’est pas. Personne ne peut se permettre d’être indifférent au sort des autres devant la fragilité du monde interdépendant que nous avons bâti. La solidarité est la clé, la clé de notre survie et de notre prospérité commune, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières. Ainsi, au moment où nous faisons face à la crise actuelle et nous tournons vers l’avenir, une chose est très claire: Nous avons besoin d’une reprise centrée sur l’humain, fondée sur la justice et l’équité. Une reprise durable et qui ne laisse personne de côté.

Pour reconstruire en mieux, nous devons faire des choix politiques cohérents et délibérés:

– Créer des emplois et garantir des conditions de travail décentes pour chacune et chacun;

– Étendre la protection sociale;

– Protéger les droits des travailleurs;

– Et recourir au dialogue social.

En ce 1er mai, nous nous rappelons les luttes historiques qui nous ont permis d’obtenir chèrement des acquis. Aujourd’hui, à nouveau, des sacrifices extraordinaires sont consentis par les femmes et les hommes dans tout le monde du travail pour vaincre le COVID-19. Nous les saluons, tout comme nous pleurons celles et ceux qui ont perdu la vie.

Mais nous ne devons jamais sacrifier nos valeurs de justice sociale, nos droits fondamentaux au travail, ni notre détermination à construire un avenir meilleur qui est la raison et la motivation de celles et ceux qui célèbrent le 1er mai dans le monde entier depuis tant d’années.

A bien des égards, la pandémie a plongé nos vies dans l’obscurité et rendu la tâche plus difficile. Pourtant, elle nous a aussi amené des nouvelles possibilités que nous pouvons et que nous devons exploiter. Le contexte mouvant de la crise nous donne l’occasion de repense, de faire des nouveaux choix et de prendre de nouveaux engagements pour les êtres humains, pour la planète et pour la prospérité.

En cette Journée internationale du travail, l’OIT appelle les travailleurs, les employeurs et les gouvernements, les organisations internationales et toutes celles et tous ceux qui s’engagent à reconstruire au mieux, à unir leurs forces pour établir un monde du travail où règnent la justice et la dignité pour toutes et tous.

Source : OIT

Nous avons modifié le titre

1 mai 2021 0 comments
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Manifestation de juillet 2020 au Mali
Sécurité

Justice pour les victimes de juillet 2020 au Mali : les lignes semblent bougées

by Chiencoro 1 mai 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

La mort des citoyens maliens au cours des événements de juillet 2020 ayant conduit au renversement du régime IBK ne resterait pas impunie. Le Procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune Ill, chargé du Pôle économique et financier de Bamako a déjà donné le ton.

Au cours des manifestations de désobéissance civile du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) des 10,11 et 12 juillet 2020, au moins 18 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessés par balle, selon Amnesty International. La plupart des victimes ont été touchées ou blessées majoritairement à la poitrine ou dans le dos. Cette organisation de défense des droits humains indique que certaines de ces victimes n’étaient que des passants ou de simples citoyens se trouvant chez eux ou sur leur lieu de travail au moment des faits.

Amnesty International recommande que « l’utilisation par les forces de sécurité de la force meurtrière » fasse l’objet d’une enquête ». Les manifestants aussi bien que leurs proches « ont le droit de savoir qui a autorisé les forces de sécurité à tirer sur eux ».

Invitation aux victimes et témoins

On se rappelle que le 14 juillet 2020, l’ex-Premier ministre d’IBK, Boubou Cissé avait adressé une correspondance au ministre de la Sécurité et de la Protection civile pour lui instruire des investigations afin, entre autres, de savoir : « les raisons de l’engagement de la FORSAT [Force Spéciale anti-terroriste ndlr], l’autorité ayant ordonné l’engagement de la FORSAT et le respect ou non de la procédure prévue en la matière ». Mais depuis le coup d’État, les victimes ou leur famille attendent justice.

La résolution de la crise politique, voire de l’instabilité dans le pays ne sera pourtant qu’un mirage tant que « les droits humains ne sont pas respectés et si justice n’est pas rendue ». Les victimes « du recours illégal à la force et aux armes à feu, ainsi que leurs familles, doivent obtenir justice, vérité et des réparations complètes », recommandait Amnesty International dans un nouveau rapport publié le 23 avril dernier.

Le Procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune Ill, chargé du Pôle économique et financier de Bamako, Mamoudou Kassogué, dans un communiqué du 29 avril 2021, a invité « les victimes qui n’ont pas encore été auditionnées, à se présenter à son cabinet pour être mises en rapport avec le juge d’instruction en charge du dossier ». Et de préciser que « cette invitation s’adresse également aux éventuels témoins pouvant contribuer à la manifestation de la vérité ».

Fousseni Togola

1 mai 2021 0 comments
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En août 2020, un randonneur observe le glacier du Planpincieux
Climat et environnement

Face à l’urgence climatique, l’adaptation, c’est dès maintenant !

by Sahel Tribune 1 mai 2021
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Cet article est publié dans le cadre du Forum international de la météo et du climat, qui se tiendra en ligne du 1 au 4 mai 2021 et dont The Conversation est partenaire. Retrouvez toutes les infos pratiques pour prendre part à ce rendez-vous sur le site du Forum : forumeteoclimat.com.


Le réchauffement climatique global va changer l’intensité et la fréquence des extrêmes météorologiques et climatiques, alerte depuis plusieurs années le GIEC. Il agira sur la récurrence d’événements d’intensité moyenne, la date d’apparition de certains aléas – des vagues de chaleur hors de la saison d’été, par exemple – ou leur localisation.

La hausse des températures, l’évolution des précipitations, l’élévation du niveau de la mer, affecteront la santé humaine et celle des écosystèmes.

Ces perturbations modifieront les conditions de vie des populations exposées et menaceront les activités qui dépendent des températures et des précipitations, des ressources en eau, de la biodiversité, des sols.

Les effets du changement climatique concerneront aussi bien les populations, que les filières productives, les systèmes financiers, le commerce, les mobilités, etc.

Les études montrent toutefois que l’augmentation de la sinistralité à horizon 2050 résultera de la combinaison de la variabilité naturelle du climat, du changement climatique global et des dynamiques sociodémographiques propres à chaque territoire.

Le rôle des sociétés est donc déterminant. Leur résilience dépendra notamment des réponses mises en œuvre au sein des territoires. Elles se trouvent aussi bien dans l’atténuation, essentielle, que l’adaptation, terme du langage courant repris d’abord en biologie pour parler d’évolution, puis en sciences sociales pour rendre compte des interactions complexes entre nature et sociétés humaines.

Le climat de la France change déjà très rapidement

Le changement climatique est déjà là. Au cours du XXe siècle, la température moyenne a augmenté en France de 0,1 °C par décennie, avec une accélération récente menant à un écart de 1,8 °C au-dessus de l’ère préindustrielle.

Les vagues de chaleur sont plus fréquentes, la durée d’enneigement diminue. Aucun été depuis 2015 ne s’est déroulé sans une vague de chaleur extrême. Des cyclones d’intensité extrême, comme Irma, apparaissent. L’évolution des précipitations est plus contrastée, avec une augmentation sur les deux tiers de l’Hexagone et une saisonnalité plus accusée. S’il n’y a pas d’augmentation de la fréquence des tempêtes, les pluies extrêmes sont plus intenses et plus fréquentes dans le Sud-Est.

Carte des impacts du changement climatique déjà visibles et à venir d’ici 2050 pour la France. Ministère de la Transition écologique, CC BY-NC-ND

Les progrès scientifiques permettent désormais d’attribuer des événements spécifiques au changement climatique, c’est-à-dire d’évaluer combien de fois un événement particulier est plus probable à cause des activités humaines.

Le lien de causalité est démontré pour les événements liés à la chaleur, les pluies extrêmes, et des études sont en cours pour les autres phénomènes. Il est donc nécessaire d’améliorer dès à présent les dispositifs d’alerte, de gestion de crise, d’indemnisation, et de prendre en compte le changement climatique dans les politiques publiques, car les risques associés ont augmenté.

Au cœur des politiques climatiques, atténuation et adaptation

Mais il faut aller plus loin. L’action climatique s’inscrit dans la logique de prévention des catastrophes : la résilience repose sur la capacité à contrôler les chocs et stress en amont et à se préparer à des crises qu’on sait inéluctables.

Pour cela, il est à la fois possible d’agir sur les causes et sur les effets des risques climatiques.

Ces derniers résultent de la combinaison de trois composantes : l’aléa climatique et ses dérivés, soit l’ensemble des perturbations provoquées par le réchauffement global ; l’exposition directe ou indirecte des socioécosystèmes ; la vulnérabilité, c’est-à-dire le niveau de sensibilité de ces systèmes et de leur composante aux différents aléas.

Les politiques climatiques doivent donc avoir pour objectif d’atténuer l’aléa – le réchauffement global – par la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et l’atteinte de la neutralité carbone, et de s’adapter par la réduction de l’exposition et de la vulnérabilité aux impacts.

L’adaptation, tout comme l’atténuation, repose sur une large gamme d’actions, qui vont de l’ajustement ponctuel ou graduel, qui ne modifie pas fondamentalement le système, à des transformations structurelles qui font bifurquer le système en s’attaquant aux causes profondes de la vulnérabilité et de l’exposition.

Des synergies entre atténuation et adaptation

Atténuation et adaptation sont complémentaires. Si pendant longtemps l’adaptation a été vue comme une solution palliative aux échecs de l’atténuation, ces deux volets de l’action climatique ne sont pas substituables, ne serait-ce que parce qu’il est déjà nécessaire de s’adapter aux changements actuels du climat.

Repousser les efforts d’atténuation augmente mécaniquement les efforts d’adaptation à engager, mais limite aussi les possibilités de cette adaptation. Le GIEC rappelle qu’il existe des seuils au-delà desquels il n’est plus possible de s’adapter, notamment pour les plus vulnérables.

Atténuation et adaptation appellent des réponses qui peuvent aller de pair. Les solutions fondées sur la nature conjuguent ainsi atténuation, adaptation et protection de la biodiversité. Mais l’adaptation peut aussi nuire à l’atténuation – climatiseurs ou du dessalement de l’eau de mer par exemple, à la biodiversité ou au bien-être. Enfin, des réponses nécessaires et efficaces à court terme peuvent être source de mal-adaptation ou de mal-atténuation à moyen et long terme (digues, retenues d’eau, etc.). Il faut alors opérer des choix.

Par conséquent, les trajectoires d’atténuation, et encore plus d’adaptation, ne sont pas données : elles doivent être publiquement et démocratiquement débattues, en fonction des connaissances disponibles, révisées en fonction des évaluations, des innovations sociales et techniques, de l’évolution des valeurs.

Figure extraite du chapitre 6 du rapport du GIEC « L’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique » (2019) montrant les différents types d’action possibles pour faire face aux dérèglements. GIEC, CC BY-NC-ND

Pour une « adaptation juste »

Si le changement est global, tous ne sont pas exposés de la même manière, ni ne sont également vulnérables. Repousser les efforts d’atténuation revient à rejeter sur les acteurs locaux et les générations futures les coûts d’une adaptation subie. Ne pas anticiper l’adaptation fait peser sur les plus fragiles les conséquences de l’inaction.

Résilience et adaptation ont été fortement critiquées pour leur caractère conservateur et socialement régressif. La transition climatique doit être assortie d’une réflexion sur le juste partage des efforts entre atténuation et adaptation, entre les différentes parties prenantes, entre les territoires et entre les générations. Atténuation et adaptation ont le même objectif : assurer la résilience des sociétés et territoires face au changement climatique, en préservant la dignité des personnes, en ne dégradant pas leurs conditions de vie et en ne réduisant pas leur bien-être (voire en l’améliorant).

Il est urgent… d’accélérer

Alors que l’accord de Paris de 2015 fixait dans son article 7 un objectif d’adaptation, celle-ci est largement négligée. En France, le bilan est mince et le portage politique n’est pas à la hauteur des défis.

Si les deux Plans nationaux d’adaptation au changement climatique ont permis des progrès réels dans l’appropriation de l’adaptation par les décideurs publics, si l’adaptation commence à être intégrée localement, dans les documents de planification, d’urbanisme et d’aménagement, avec un engagement variable selon les territoires, il n’existe toujours pas de stratégie nationale d’adaptation, claquée sur le modèle de la Stratégie nationale bas carbone, révisable et évaluable, qui définisse des cibles, des indicateurs de pilotage et de suivi.

Le Haut conseil pour le climat (HCC) répète que la France, malgré une réduction de ses émissions (mais pas de son empreinte carbone), n’est pas sur la bonne trajectoire pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Il faut non seulement garder le cap, mais accélérer. En matière d’adaptation, le démarrage est timide. Il est urgent de passer à la vitesse supérieure.


Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Robert Vautard, climatologue et directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace des sciences du climat, est coauteur de cet article.

Magali Reghezza-Zitt, Maître de conférences, habilitée à diriger des recherches en géographie, École normale supérieure (ENS) – PSL

The Conversation
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Synergie des Syndicats de la Police nationale
Politique

Mali : la Synergie des Syndicats de la Police nationale prévoit une grève de 72 heures

by Bakary FOMBA 30 avril 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Pour non-respect des engagements pris par les autorités maliennes, l’ensemble des Syndicats de la Police nationale, regroupés en Synergie, a déposé jeudi dernier, un préavis de grève de 72 heures, soit 3 jours. Elle commencera le lundi 24 mai pour prendre fin le mercredi 26 mai 2021.

Au Mali, le front social est en constante ébullition. Plusieurs secteurs du pays prévoient, dans les jours à venir, des mouvements de grève sur l’ensemble du territoire national. Au-delà du dépôt, lundi dernier, par l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM), d’un préavis de grève de 96 heures, la Synergie des Syndicats de la Police nationale vient de déposer à son tour un préavis de 72 heures de grève allant du lundi 24 au mercredi 26 mai 2021.

Des exigences au gouvernement de transition

Pour la Synergie de la Police nationale, la non-exécution de son préavis de grève dépendra de la satisfaction totale de ses doléances. Elle formule plusieurs doléances auprès des autorités de transition quant à la mise en œuvre de ses réclamations.

La Synergie des Syndicats de la Police nationale exige l’adoption des textes relus de la Police. Il s’agit notamment du projet de statut et son décret d’application, du projet de décret fixant les conditions et modalités d’octroi ainsi que les taux des primes aux fonctionnaires de la Police nationale, du projet de décret portant organisation et fonctionnement de la Direction générale de la Police (DGPN) et celui portant plan de carrière du fonctionnaire de la Police nationale. Elle demande également l’octroi de la Prime Covid-19 aux omis ainsi que le paiement des reliquats. Ce n’est pas tout. La Synergie de la Police nationale exige l’audit de la Loi de Programmation de la Sécurité intérieure (LPSI) conformément aux résolutions des Concertations nationales sur la transition.

Dans ses exigences, la Synergie demande l’exécution sans délai de l’arrêt de la Cour Suprême instruisant le rappel des fonctionnaires de Police « abusivement » mis à la retraite et conformément à l’accord signé le 29 janvier 2019 entre l’UNTM et le gouvernement. Ce groupement de Syndicats demande également la réhabilitation et la construction des Groupements mobiles de Sécurité.

S’agissant des fonctionnaires de Police nommés Inspecteurs généraux par le décret n° 2019-1009/P-RM du 31 décembre 2019, la Synergie exige à ce qu’on les rétablisse dans leurs droits. Quant aux régisseurs de la Police nationale, la Synergie réclame la régularisation de leurs situations administratives. Cela, en les nommant par un arrêté interministériel.

Bakary Fomba

30 avril 2021 0 comments
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Sud ouest du Niger
Sécurité

Crise sécuritaire au Sahel : le Niger au bord d’un « nouveau front insurrectionnel »

by Chiencoro 29 avril 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Au sud-ouest du Niger, les tensions entre les communautés créent un climat de méfiance. Une situation qui pourrait être exploitée par les groupes djihadistes, selon un nouveau rapport de l’International Crisis group, publié jeudi 29 avril 2021.

La crise entre éleveurs et agriculteurs est quasiment commune aux régions du sahel. Au sud-ouest du Niger, cette « dimension communautaire menace grandement la cohésion sociale ». Dans cette région, cette crise se nourrit de l’influence de gangs opérant depuis le Nigéria. Ce banditisme, selon l’International crisis group, s’étend le « long d’une bande frontalière allant des villes nigériennes de Maradi à Dogondoutchi (ou Doutchi), des groupes de bandits armés volent des troupeaux entiers et kidnappent des centaines de villageois ».

Crise intercommunautaire

La méfiance entre les communautés se trouve du coup renforcée. Ce qui crée « un contexte favorable à l’émergence d’insurrections armées ». Les sédentaires sont tentés de former des groupes d’autodéfense. Ces tensions entre les communautés constituent un terrain fertile pour l’émergence de groupes jihadistes. « Leur enracinement pourrait ouvrir un nouveau front de violence pour le Niger et menacer d’encerclement Niamey, la capitale du pays », craint le Crisis group, organisation indépendante ayant pour mission la prévention des guerres et l’élaboration des politiques qui bâtiront un monde plus pacifique.  

« Les populations sédentaires associent progressivement les bandits à la communauté peul, qui constitue la majorité des populations nomades de la zone, de plus en plus stigmatisée. Pour se protéger du banditisme, des groupes d’autodéfense essentiellement haoussa sont en cours de formation dans la région de Maradi. Exclus de ces groupes et suspectés par ces derniers d’être à l’origine des violences armées, les pasteurs — en particulier peul — sont poussés à se rapprocher des groupes de bandits pour y trouver une forme de protection », indique l’International Crisis group dans son rapport « Sud-ouest du Niger : prévenir un nouveau front insurrectionnel », publié ce 29 avril 2021.

Ce phénomène de banditisme transfrontalier ne semble pas être un fait nouveau dans cette région de la bande reliant Maradi à Doutchi. Selon les précisions de l’International crisis group, depuis plusieurs décennies, ce phénomène a donné naissance « à des filières criminelles organisées qui se sont transformées au début des années 2010, sous l’effet de dynamiques extérieures ».

« Envisager des processus de démobilisation des bandits »

Ce banditisme tire surtout sa source de la crise libyenne de 2011 où « l’économie de guerre s’articule autour des trafics [ndlr]. Dans le sens inverse, un flux d’armes de guerre issues des stocks de l’ère Kadhafi approvisionne, depuis la Libye, les groupes criminels nigériens et nigérians ». Du nord du Nigéria, depuis les années 2010, ces bandits ont fini par se spécialiser en vol de troupeaux, enlèvements et assassinats ciblés. « Cette violence s’est exportée sur le versant nigérien de la frontière, à Maradi à partir de 2016, puis à Tahoua en 2019 », précise-t-on dans le rapport du Crisis group.

Afin d’éviter cette crise insurrectionnelle, le Crisis group exhorte les autorités nigériennes à compléter leurs efforts sécuritaires par « des mesures préventives visant principalement à remédier aux injustices subies par les communautés vivant de l’élevage, à initier des dialogues intercommunautaires et à mieux encadrer les groupes d’autodéfense embryonnaires ». Une manière d’éviter aux éleveurs de prendre les armes. Elles doivent également « envisager des processus de démobilisation des bandits ».

Fousseni Togola

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Insécurité entre avril et juin 2020 632 violations et abus de droits de l’homme commis au Mali
Sécurité

Lutte contre le terrorisme : 26 terroristes tués et des armes détruites par l’armée malienne et Barkhane

by Bakary FOMBA 29 avril 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Le 26 avril dernier, l’Armée malienne en collaboration avec la Force française Barkhane a mené une opération dans le cercle de Niono, secteur d’Alatona. Au cours de cette descente, plusieurs terroristes ont été tués par des frappes aériennes. Une énorme quantité d’armes ont également été saisies par les FAMa et leur partenaire Barkhane.

Au moins 26 terroristes ont été neutralisés au cours de cette opération dans la 4e région du pays, Ségou, selon le communiqué du chef d’État-major général des Armées maliennes. La même source indique la destruction de deux pick-up et la saisie d’un autre ainsi que d’une grande quantité d’armes.

Cette opération fait suite à une embuscade tendue deux jours plus tôt par les jihadistes de la Katiba Macina, affiliés au Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans et à Aqmi, contre l’Armée malienne dans le secteur de Sabéré Mbamba, cercle de Niono.

Bientôt la célébration de l’Accord de cessez-le-feu

Notons que ces affrontements surviennent un mois et demi après qu’un accord de cessez-le-feu a été conclu, entre jihadistes de la Katiba Macina et chasseurs traditionnels dozos, dans la même localité du Mali. Cet accord ayant permis, après six mois d’affrontements meurtriers, de restaurer la liberté de circulation des civiles, a été conclu sous l’égide du Haut Conseil Islamique, mandaté par le gouvernement du Mali.

Cependant, l’accord de cessez-le-feu reste en vigueur. Jihadistes et chasseurs dozos sont toujours engagés à ne pas s’en prendre aux populations et à laisser tous les habitants, quelle que soient leur appartenance ethnique, à circuler librement, a confirmé à RFI, un cadre communautaire impliqué dans la conclusion du cessez-le-feu. La même source indique qu’une cérémonie officielle de célébration de cet accord, devant se tenir dans la ville de Niono, est en cours de préparation.

Bakary Fomba

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Bocar Harouna Diallo jeune chercheur en geographie rurale a lUniversite Cheikh Anta Diop
Opinion

L’emploi des jeunes au Sénégal : Que faire ?

by Sahel Tribune 29 avril 2021
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Bocar Harouna Diallo est un jeune chercheur en géographie rurale à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal. Pour une meilleure résolution de la problématique de l’emploi des jeunes en Afrique, le jeune chercheur juge important de coordonner les efforts entre le secteur privé et celui public et aussi avec toutes les bonnes volontés et surtout la diaspora.

Le Sénégal comme bon nombre de pays du sahel est confronté à un problème permanent de l’emploi des jeunes et d’un chômage chronique. Et tous les gouvernements qui se sont succédé ont entrepris des politiques de l’emploi des jeunes pour endiguer le mal, mais sans grand succès. Les États ne sont pas certes les principaux employeurs, mais en ont une part cruciale de responsabilité. Les jeunes diplômés, les femmes et les moins diplômés exerçant dans l’informel sont les principales victimes.

Comprendre le problème structurel de l’emploi des jeunes au Sénégal 

Comme on le dit souvent, un problème bien posé est à moitié résolu. Les jeunes sénégalais souffrent d’un manque criard d’opportunités d’emploi malgré toutes les potentialités et les démarches menées par les différents gouvernants. Il me semble que cette persistance du problème d’emploi s’explique par plusieurs raisons. Il s’agit :

  • Un manque d’opportunités d’emplois récents. L’État ne crée pas d’emplois, mais peut mettre en place un environnement propice aux emplois. Et il y’a une faible capacité d’absorption du secteur privé et le public recrute moins ;
  • Un nombre important de jeunes occupent le marché de l’économie informelle du fait de manque de compétences souvent sollicitées par les entreprises ;
  • Un dysfonctionnement du système d’éducation et de formation qui entraine une minime interaction entre l’école et l’entreprise (système productif). Les jeunes souffrent d’un manque de qualification pérenne ;
  • Un faible taux de scolarisation avec un abandon élevé. Ce qui entraine une forte proportion d’analphabètes qui s’activent toujours dans l’informel ;
  • Un système éducatif avec un privilège accordé à l’enseignement supérieur au détriment de celui professionnel. Le gouvernement actuel a fait des efforts, mais il reste des choses à affiner. Et il serait utile de procéder à une évaluation exhaustive de son programme « école-entreprise » ;
  • Une répartition inégale et inéquitable des investissements. Ce qui nous fait avoir deux Sénégal-s (le Sénégal utile qui concerne toute la bande côtière et le Sénégal inutile qui correspond à l’intérieur du pays) ;
  • Un mauvais maillage territorial avec des fractures sociales et économiques très visibles.

Il existe autant de causes qui justifient vraiment le problème de l’emploi des jeunes au Sénégal et un peu partout en Afrique. La résolution de ce problème nécessite un effort coordonné entre le secteur privé et celui public et aussi avec toutes les bonnes volontés et surtout la diaspora qui est facteur de co-développement grâce à son transfert matériel et immatériel.

Des solutions durables

Pour diligenter ce problème d’emploi des jeunes, il nous faut :

  • Une valorisation du capital humain ;
  • Une bonne politique volontariste de développement de l’État sans discrimination ;  
  • Un enseignement alternatif école — entreprise ;
  • Un rééquilibrage territorial avec une répartition des investissements en fonction des potentialités naturelles et humaines disponibles ;
  • Une formation de qualité qui peut permettre aux jeunes d’être opérationnels dans le bassin de l’emploi ;
  • Une valorisation et un investissement dans l’agriculture moderne du monde rural pour le rendre plus attractif ;
  • Procéder à une agriculture écologique ;
  • Promouvoir les métiers des nouvelles technologies ;
  • Mettre en place des mesures qui facilitent l’accès à l’emploi dans le privé et promouvoir l’auto-emploi des jeunes ;
  • Un processus de requalification des travailleurs de l’informel peut-être un atout majeur ;
  • Proposer des programmes et politiques de développement conformes avec nos réalités sociales ;
  • Un accompagnement des femmes dans la transformation des produits ;
  • Un accompagnement technique et financier des porteurs de projets innovants surtout ;

Il me semble aussi très important de procéder à une rationalisation des structures de financement des jeunes plutôt que d’en créer une pléthore. Notre pays dispose d’énormes ressources naturelles et leur mise en valeur efficace peut créer des chaines de valeur dynamiques et génératrices de revenus.

La jeunesse étant le présent et le futur mérite un accompagnement dans les démarches avec une mise en œuvre d’un suivi-évaluation de toutes les stratégies de développement menées. Notre population si jeune est un atout pour atteindre l’émergence tant rêvée si elle est bien formée et mise à l’épreuve. Notre Sénégal dispose d’une démographie qui peut-être une véritable opportunité pour sortir dans les ténèbres de sous-production. La jeunesse qui représente plus de 70 % de la population aurait été plus utile si elle était formée dans l’entrepreneuriat, les stratégies de diversification de l’économie locale, la création d’auto-emploi et l’usage simultané des connaissances scientifiques et holistiques pour aboutir à une production agricole moderne à l’image du Brésil vers les années 1970.

Bocar Harouna DIALLO

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