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Pr Dioncounda Traoré à droite et François Hollande à gauche
Opinion

Tribune : faut-il encore une force française au Mali ?

by Salif Sacko 14 juin 2021
written by Salif Sacko 4 minutes read

Salif Sacko est enseignant-chercheur à l’université des sciences juridiques et politiques de Bamako. Dans cette tribune, il fait un état des lieux de la présence militaire française au Mali.

En janvier 2013, lorsque les groupes armés terroristes ont franchi la frontière de la zone occupée pour progresser vers le sud. Pour contrecarrer cette menace de trop, le Pr. Dioncounda Traoré, ancien Président par intérim, a jugé nécessaire de demander l’aide aérienne de la France en soutien aux forces armées du pays.

Pour des raisons de politique intérieure, l’ancien Président français, François Hollande, a privilégié une solution de grande ampleur en envoyant dans la foulée un contingent de 4000 soldats au nord du Mali par voie terrestre.  Depuis lors, la France demeure présente au Mali. De l’opération Serval à l’opération Barkhane, la sécurité est toujours délétère, gangrenée par le terrorisme.

L’opération Serval libère Tombouctou et Gao, mais pas Kidal

La France avec les troupes de la mission « Serval » parvient en peu de temps à libérer les villes de Tombouctou et de Gao avant de repousser, en l’espace de trois mois, une grande partie des quelque 2000 combattants djihadistes vers le Sahara ou la frontière algérienne. À Kidal, la seule région du Mali à majorité touareg, l’objectif officiel de la mission, à savoir rétablir l’intégrité de l’État malien, a été relégué au second plan pour des motifs tactiques.

L’opération « Serval » a permis au Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) de prendre tacitement le contrôle militaire de Kidal. Ce qui lui a permis de recruter ses combattants experts des lieux, pour la recherche d’otages français détenus dans les positions isolées des terroristes. Une décision aux conséquences graves.

L’intégrité de l’État malien n’est pas encore assurée à l’heure actuelle et la France est accusée par plus d’un Malien d’avoir contribué en grande partie à une telle situation. L’intervention militaire de la France, avec l’Opération Serval, n’a pas pu enrayer le terrorisme du Mali jusqu’à sa transformation, en 2014, en opération Barkhane.

Barkhane n’a pas réussi à éradiquer le terrorisme

Comme son devancier, l’Opération Barkhane qui a adopté une approche régionale n’a pas pu faire face efficacement au phénomène du terrorisme dans la région. Elle couvre cinq pays (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad), d’une superficie de près de 5 millions de kilomètres carrés représentant 7,6 fois le territoire français (9 fois le territoire métropolitain). Si cette régionalisation est rendue nécessaire par la nature même de la menace à contrer, elle pose, cependant, un certain nombre de difficultés susceptibles d’obérer l’efficacité générale de Barkhane. Il apparait que l’élongation du théâtre des opérations induit des contraintes en matière de logistique, de gestion des ressources humaines, de planification, d’évacuation sanitaire, de respect des délais d’acheminement entre les différents sites, de maintenance ou encore de communication.

En l’occurrence, il apparait que Barkhane souffre, comme la plupart des opérations françaises, d’une carence de moyens ne permettant pas d’exploiter l’opération à son plein potentiel. Au final, il semble que l’armée française est pénalisée au plan stratégique. Et ce, malgré d’indéniables succès tactiques.

Compter sur soi-même pour sa souveraineté

En conséquence du coup d’État du 24 mai dernier, la France a décidé dans un premier temps de suspendre ses opérations militaires conjointes avec les forces maliennes avant d’annoncer finalement, jeudi 10 juin en fin d’après-midi, la fin de l’opération Barkhane, pour laquelle 5100 soldats sont déployés au Sahel depuis 2014.

L’objectif de la France est de sortir la présence française au Mali du cadre strict d’une opération extérieure de forces conventionnelles, pour la basculer le plus possible vers celui d’une coopération multilatérale. Cependant, ne serait-elle pas loisible que le Mali prenne à bras-le-corps sa propre sécurité ?

En tout cas, s’il est vrai que le Mali ne peut à lui seul assurer sa propre sécurité, faudrait-il encore que les intervenants internationaux agissent de bonne foi dans le cadre de leur intervention. Malheureusement, les États n’agissent que pour leur intérêt propre. Le Mali ne doit compter que sur lui-même pour préserver sa souveraineté.

14 juin 2021 0 comments
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Académie internationale de lutte contre le terrorisme
Sécurité

Côte d’Ivoire : l’AILCT serait-elle mort-née ?

by Chiencoro 14 juin 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Sur initiative des présidents français et ivoiriens, une Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) a été inaugurée, jeudi 10 juin 2021, en Côte d’Ivoire. Un pôle « d’expertise et de compétence » qui voit le jour alors que les attaques se multiplient dans ce pays.

Au Sahel, les attaques terroristes sont récurrentes. Le dernier cas de figure est l’attaque de Solhan au Burkina Faso, dans la nuit du 4 au 5 juin 2021. Une attaque qui a fait une centaine de morts civils. Au Mali aussi bien qu’au Niger, au Tchad ou encore en Mauritanie, pour ne citer que ces pays qui forment le G5 Sahel, les attaques terroristes coupent le sommeil aux populations.

Un pôle d’expertise et de compétence régional

À partir de ces pays, les terroristes étendent de plus en plus leurs menaces sur des pays voisins, notamment la Côte d’Ivoire, où plusieurs attaques sont enregistrées ces derniers temps. En mars 2021, des terroristes venus du Burkina Faso ont tué deux (2) soldats ivoiriens et blessé quatre (4) autres à Kafolo. Au cours d’une deuxième attaque, le même jour, un gendarme a été tué et un autre blessé à Kolobougou, à la frontière avec le Burkina Faso. Le 7 juin dernier, toujours à la frontière avec le Burkina Faso, dans la localité de Tougbo, des hommes armés ont perpétré une attaque qui a fait un mort parmi les soldats ivoiriens. Sur l’axe Tehinio-Togolokaye, également à la frontière burkinabè, une patrouille des forces armées ivoiriennes a subi une attaque, le 12 juin dernier, qui a fait trois (3) morts et quatre (4) blessés dans les rangs des soldats ivoiriens.

Cette contagion de l’Afrique de l’Ouest appelle les décideurs politiques ainsi que leurs partenaires, à revoir leur copie en matière de stratégie de lutte contre le terrorisme. L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) a été inaugurée en Côte d’Ivoire, le jeudi dernier. Une initiative du président français, Emmanuel Macron, et de celui de la Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, depuis 2017, en vue de contribuer à la lutte contre le terrorisme. « L’AILCT doit devenir un pôle d’expertise et de compétence régional de la lutte contre le terrorisme au bénéfice de la stabilité de nos États et de la sécurité de nos populations », a indiqué, lors de l’inauguration de cette Académie, le président ivoirien.

Agir en amont

Cette Académie constitue un centre d’entraînement des unités d’intervention spéciales ainsi qu’un institut de recherche stratégique. C’est aussi un pôle de formation des magistrats ainsi que des douaniers et des personnels des administrations pénitentiaires.

Cette initiative, dans une Afrique de l’Ouest déstabilisé par le terrorisme, est salutaire. Seulement on se demanderait quel pourrait être son impact réel. Nous savons qu’au Mali, malgré la présence de l’École de maintien de la paix, Alioune Blondin Bèye, qui forme également des stagiaires ; de la Minusma, qui accompagne le Mali sur plusieurs plans, notamment de sécurité et de développement ; de l’EUTM, qui accompagne ce pays dans la formation des forces armées, voire de Barkhane, le Mali reste caractérisé par une insécurité multidimensionnelle qui ne cesse de s’étendre.

Bien avant son inauguration, quelque 500 stagiaires avaient été formés par cette Académie depuis 2017. Ce nombre peut sembler insignifiant, mais malgré cette formation, d’autres attaques ont eu lieu dans ce pays côtier d’Afrique de l’Ouest, après celle de Grand-Bassam, en 2016.

Dans la lutte contre l’insécurité dans cette région de l’Afrique, les initiatives ne manquent pas. Mais l’un des véritables problèmes est le moment choisi pour ces initiatives. Des mesures qui devraient venir généralement en amont arrivent en aval. Un mort n’a plus besoin de médecin, pour paraphraser un adage bien connu.

Changer d’approche

La situation que traverse la Côte d’Ivoire aujourd’hui, avec des attaques sporadiques, l’international Crisis group avait bien alerté sur la situation depuis décembre 2019. « En Afrique de l’Ouest, les mouvements jihadistes armés avancent comme le désert, du nord vers le sud. Leur influence au Burkina Faso inquiète de plus en plus les États côtiers d’Afrique de l’Ouest. Si quasiment aucune attaque n’a eu lieu dans ces pays, leurs dirigeants craignent que les militants utilisent le Burkina Faso comme une rampe de lancement pour des opérations plus au sud », pouvait-on lire dans le Briefing N° 149 de Crisis group/Afrique.

Dans cette lutte contre le terrorisme, tout se passe comme si ces États africains et leurs partenaires ne vivent que pour trouver des solutions aux nouvelles tactiques des groupes terroristes pendant que ceux-ci évolueraient déjà vers un niveau supérieur. Il serait plus raisonnable de travailler à la prévention. Pour réussir sur ce chantier, ces « États failli » doivent veiller non seulement à lutter contre la corruption, la mauvaise gouvernance, mais aussi à une meilleure coordination des efforts afin de mieux contrôler les frontières qui sont devenues poreuses, et à une amélioration significative du partage des renseignements.

Fousseni Togola

Source : maliweb.net

14 juin 2021 0 comments
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Agression d'un agent de police par des éléments de la garde nationale à Sévaré
Sécurité

Mali : « incompréhension » entre des FDS, l’État-major général tape du poing sur la table

by Chiencoro 13 juin 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

Au Mali, des échauffourées ont eu lieu entre des éléments des forces de défense et de sécurité durant le week-end. L’État-major général des armées a invité à l’apaisement, samedi 12 juin dernier.  

Dans la région de Mopti, précisément à Sévaré, le samedi 12 juin 2021, des agents de la police malienne ont été agressés aussi bien physiquement que verbalement par des éléments de la garde nationale. « Ils (agents de police NDLR) ne sont pas des militaires, c’est juste des policiers », peut-on entendre dans cette vidéo de moins de deux (2) minutes devenue virale sur les réseaux sociaux. Cet incident, qui a également eu lieu à Kayes, dans la 1re région administrative, a été perpétré à visage découvert par les agresseurs.

Faire face à des ennemis communs

Le chef d’État-major général des armées précise que cet incident est parti d’une « incompréhension entre certains personnels des forces de défense et de sécurité à Sotuba, à Bamako dans la nuit du 11 au 12 juin 2021 ». Selon nos indiscrétions, il s’agirait d’une altercation entre des policiers et un agent de la garde nationale, qui aurait été agressé par des agents de la police.

Cette échauffourée entre des éléments des forces de défense et de sécurité (FDS) du Mali, un pays qui traverse une crise sécuritaire multiforme, a touché la sensibilité des Maliens, notamment des internautes qui n’ont pas manqué à la condamner. Dans un pays en guerre, les forces de défense et de sécurité doivent rester souder afin de faire face à des ennemis communs, pouvait-on comprendre dans certaines publications.

La priorité des FDS

La synergie des syndicats de la police nationale, à travers son porte-parole, l’adjudant de police José Kamaté, « s’engage à laver l’honneur et la dignité de l’ensemble des fonctionnaires de la police » et leur demande de « rester mobiliser derrière » leur syndicat. La synergie demande aux autorités en place de prendre leur responsabilité face à cette situation.

Dans son communiqué du 12 juin 2021, l’État-major général des armées rassure que « les responsabilités seront situées et les mesures disciplinaires prises conformément à la réglementation en vigueur ». Il rappelle aux forces de défense et de sécurité que leur priorité « reste la défense de l’intégrité territoriale et la sécurité des personnes et des biens ». Les FDS sont alors invitées à la cohésion, à la solidarité, à l’unité des troupes, à l’esprit de corps et à « l’affirmation de la chaîne de commandement unie et unifié ».

Fousseni Togola

13 juin 2021 0 comments
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Un groupe d'écoliers kidnappés est escorté par des militaires et des fonctionnaires nigérians
Sécurité

Sahel : au Nigéria, l’inquiétant enlèvement répétitif des écoliers

by Bakary FOMBA 13 juin 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Après de nouveaux enlèvements et la suspension de Twitter dans le pays depuis une semaine, une grande mobilisation a été dispersée au Nigéria, samedi 12 juin 2021.

Des enlèvements à répétition et des violations de la liberté de manifestation, c’est ce qui caractérise le pays le plus peuplé d’Afrique. Dans un collège scientifique du nord du Nigéria, jeudi 10 juin 2021, au moins un étudiant a été tué et plusieurs autres personnes enlevées au cours d’une attaque dans la soirée. Uzaifa Bello Abdulhadi, le délégué des étudiants, précise : « Les kidnappeurs ont pris huit de nos étudiants, un a été tué et deux de nos professeurs manquent toujours à l’appel ».

« Tous les étudiants ont quitté l’école »

Ces descentes nocturnes d’hommes armés, qui enlèvent la plupart des écoliers, dans les établissements scolaires, sont assez fréquentes au Nigéria. En décembre 2020, 344 lycéens a

ont été enlevés à Katsina. Ils seront libérés une semaine plus tard. Au mois de février 2021, un écolier a été tué au cours d’une attaque perpétrée par des hommes armés. Un incident au cours de laquelle 27 autres écoliers, 3 professeurs, et 12 autres habitants ont été faits prisonniers. Au total, 42 personnes ont été kidnappées au cours de cette attaque dans le centre-ouest du Nigéria.

En février, ces enlèvements à répétition avaient donné lieu à des soulèvements populaires pour demander aux autorités en place plus de sécurité pour les enfants.

Cette insécurité prenant généralement pour cible des écoliers a toujours entraîné des fermetures d’école. Pour Mohammed Jalinge, porte-parole de la Police de Kaduna, suite à cet enlèvement du jeudi dernier, « tous les étudiants ont quitté l’école en attendant une décision de la direction quant à la suite, et notamment si elle va appeler les étudiants à revenir à l’école. » 

« L’insécurité s’est déplacée »

Alors que les citoyens se trouvent sous le choc après cette situation, samedi 12 juin 2021, plusieurs rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes du Nigéria, à l’occasion de la « Journée de la démocratie ». Des manifestations de protestation contre l’insécurité grandissante, la mauvaise gouvernance et la suspension de Twitter dans le pays depuis plus d’une semaine. Sur les banderoles tenues par les manifestants, on pouvait lire : « 12 Juin » et « Buhari must go » (« Buhari doit partir »). Une manifestation qui sera finalement dispersée par la police à coup de gaz lacrymogène.

Pourtant, le président de la République nigériane, Muhammadou Buhari reconnait que l’insécurité « s’est déplacée en dehors du nord-est » du pays et s’est étendue, depuis son élection en 2015.

Bakary Fomba

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Choguel Kokalla Maiga, nouveau Premier ministre
Politique

Mali : réactions des politiques sur la formation du nouveau gouvernement

by Chiencoro 13 juin 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

En début de week-end, la liste du gouvernement Choguel Kokalla Maïga a été publiée. La réaction de la classe politique malienne ne s’est pas fait attendre.

Après sa prestation de serment devant la Cour suprême, lundi 7 juin 2021, le nouveau président de la transition malienne, le colonel Assimi Goita a signé le décret de nomination du Premier ministre de la Transition, Dr Choguel Kokalla Maïga. Cinq (5) jours après, soit le vendredi 11 juin, sur proposition du nouveau Premier ministre, une liste de 28 ministres, dont trois (3) ministres délégués, a été rendue publique.

Ce nouveau gouvernement de la transition, le troisième en l’espace de dix (10) mois, compte des membres du Mouvement du Premier ministre, le M5-RFP, ainsi que des proches de la junte au pouvoir.

« Je n’attends rien de ces gens-là »

Cette composition ne reçoit pas une grande adhésion des partis politiques du pays qui estiment que ce gouvernement est exclusif alors que l’ex-président du Comité stratégique du M5 avait promis un « gouvernement inclusif ». L’Adema-PASJ constate que « la composition du nouveau gouvernement ne reflète pas la promesse d’inclusivité faite avant sa formation et qui avait fait naître l’espoir d’associer les principales forces politiques et sociales à l’action gouvernementale ».

Selon le parti de l’ex-ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Parti pour la renaissance nationale (Parena), « la montagne a accouché d’une souris ». Le parti de Tiébilé Dramé souligne la « violation des conclusions du Dialogue national inclusif (DNI) et de la Charte de la Transition qui fixent le nombre de ministres au maximum à 25 ».

Naby Ibrahima Togola, président du Mouvement pour le redressement national (MORENA), au cours d’un débat sur Africa FM, samedi 12 juin dernier, indique que ce gouvernement a été précipitamment mis en place sans qu’il y ait au préalable une large consultation, notamment des partis politiques. « Je n’attends rien de ces gens-là », a-t-il laissé entendre.

« Forger un consensus national sur les prochaines étapes »

L’Alliance « Ensemble pour le Mali » (EPM) de Dr Bokary Treta trouve que cette « situation appelle à des questionnements » auxquels ils doivent « faire face ». Le Parena quant à lui ne va pas avec le dos de la cuillère : « Les jalons d’une transition non inclusive et de la fuite en avant ont ainsi, été posés ».

Face à une telle situation de mécontentement de la classe politique, le Parena se dit inquiet « des risques d’instabilité liés à une transition non consensuelle et aux manquements des engagements pris solennellement devant le peuple malien et la communauté internationale ». Le bélier blanc invite à ce titre à la tenue « de consultations des forces vives du pays pour adopter une nouvelle Feuille de Route adaptée à la durée restante de la Transition afin de forger un consensus national sur les prochaines étapes ».

Le Premier ministre et son gouvernement sont alors attendus sur plusieurs chantiers, notamment la stabilisation du pays et l’organisation d’élections régulières et crédibles dans les délais annoncés. Pour la réussite de cette transition, l’Adema-PASJ réaffirme « son soutien et son engagement ».

F. Togola

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célébration de la 10e édition de la Journée culturelle et artistique du bureau exécutif de l'U.E.P
Opinion

Mali : quel apport de la philosophie dans la « résolution » des crises ?

by Sahel Tribune 13 juin 2021
written by Sahel Tribune 8 minutes read

À Bamako s’est tenue la célébration de la 10e édition de la Journée culturelle et artistique du bureau exécutif de l’Union des étudiants en philosophie — U.E.P. L’apport de la philosophie dans la résolution et la compréhension de la crise multidimensionnelle du Mali était au centre des discussions philosophiques — outre les prestations musicales et théâtrales, y compris le slam.

Dans la matinée du 12 juin 2021, le grand bâtiment de la Chaîne Grise de Niamakoro a servi de cadre — pour l’Union des étudiants en philosophie et sympathisants — à la célébration de la Journée artistique et culturelle. Professeurs d’université, du secondaire, anciens et actuels étudiants en philosophie, sympathisants et invités, tous sont venus en nombre considérable pour prendre part à cette activité annuelle de l’U.E.P.

Au menu de cette édition 2020-2021, la 10e , une conférence-débat est animée par des professeurs d’université et modérée par Sœur Dr. Vida Terčič. « L’apport de la philosophie dans la résolution des crises multiformes que connaît l’Afrique : cas du Mali ». C’est l’intitulé du thème choisi pour en débattre dans un amphithéâtre.

Pour l’actuel président de l’U.E.P., Ibrahim Ballo, étudiant en licence, cette activité traditionnelle s’inscrit dans le cadre de la promotion et la valorisation de la philosophie dans l’espace scolaire et universitaire malien, voire au-delà de ce cadre. À l’en croire, le choix de la problématique de cette année est motivé par « un besoin de cerner les problèmes de l’Afrique et du Mali ».

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célébration de la 10e édition de la Journée culturelle et artistique du bureau exécutif de l’U.E.P au Mali. Crédit photo: Sagaidou Bilal/Sahel Tribune

« Célébrer l’esprit, la pensée et l’homme dans toute sa dimension »

Ce besoin de cerner ces crises multiformes de notre continent et de notre pays fera dire à Dr. Souleymane Keïta, président d’honneur de cette association estudiantine, qu’il « préfère compréhension en lieu et place de “résolution” dans la formulation du thème : « L’apport de la philosophie dans la compréhension des crises de l’Afrique et du Mali », pourrait-on lire ainsi la reformulation apportée de ce spécialiste de la philosophie contemporaine. « Le travail de la problématique consiste à écarter une compréhension trop commune et trop vague de la question, au profit d’une compréhension plus critique » et précise de celle-ci, détaille de façon accessible le site Keep School. Néanmoins, Dr. Keïta se réjouit de la tenue de cette fête des idées sur des sujets brûlants de l’heure. En appuyant un de ses collègues, il admettra que « le philosophe n’est ni magicien, ni faiseur, ni créateur de solution » à baguette magique.

Organiser une telle activité académique annuelle est salutaire et à encourager, reconnaît Dr. Aly Tounkara, enseignant-chercheur, sociologue et auteur de plusieurs publications scientifiques dont « Mali. Analyse sociohistorique des conflits (Nord et Centre), l’État entre recherche de légitimité et calamités » (L’Harmattan 2020). De son côté, Dr. Belko Ouologuem, maître de conférences, pense que « c’est célébrer l’esprit, la pensée et l’homme dans toute sa dimension ». Si toute philosophie est née d’une crise, la célébration de cette journée se veut alors être une célébration de « la philosophie dans son esprit de naissance », poursuit celui qui a accepté en novembre 2020 de dresser pour Benbere un état des lieux de l’enseignement de la philosophie au Mali, en marge de la célébration de la Journée internationale dédiée à cette discipline.

Ainsi, deux conférenciers étaient invités à présenter devant l’assistance leurs vues sur la problématique posée . Il s’agit plus précisément de Dr. Françoise Diarra et Dr. Mamadou Soumbounou, deux professeurs du département de philosophie de l’Université des Sciences humaines et des Sciences de l’éducation — F.S.H.S.E., intervenant aussi à l’École normale supérieure de Bamako (ENsup) et l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest — unité de Bamako (U.C.A.O). Trois institutions universitaires où la philosophie est enseignée au Mali.

Regard métaphysique, reconnaître l’humanité en l’autre

Dans sa communication, Dr. Françoise Diarra apporte un regard métaphysique sur la crise multiforme que connaît notre pays, voire ailleurs en Afrique. Car, selon elle, les conflits sont d’abord internes avant qu’ils ne soient externes. C’est en cela qu’elle trouve que la philosophie aide à l’éveil des consciences et à la bonne éducation des citoyens. Cette éducation doit permettre à l’individu l’acceptation de l’autre, en reconnaissant l’humanité en lui. « En regardant le visage de l’autre, tout ce que je dois voir, c’est l’aspect humanité, soutient-elle. Parce que le dénominateur commun entre tous les Hommes, c’est cette humanité. » C’est en ce sens qu’elle explique et rappelle que « nous sommes tous égaux en droits et en dignité ».

Aussi considère-t-elle l’autre, mon frère ou ma sœur en humanité — reprendre ses expressions, comme « un chemin vers la fraternité ». Fraternité comme vecteur de consolidation et de promotion du vivre ensemble, mais aussi de restauration et de consolidation de la paix dans les cœurs et les esprits. Ce qui lui fera soutenir finalement que la recherche de la paix durable n’est ni chimérique, ni utopique, mais bien possible. Bien possible, si nous œuvrons à sa concrétisation, surtout que l’idéal est réalisable. « Certes la solution militaire n’est pas écartée, mais il faut que nous prenions, nous-mêmes, conscience que la résolution de ces crises est d’abord intérieure », interpelle-t-elle. Elle ajoute : « Il faut donc accorder de l’importance à l’intériorité », qui est en nous, dans la guérison de nos maux.

La jeune professeure d’université, chargée des cours de métaphysique au département de philosophie de la Faculté des Sciences humaines et des Sciences de l’éducation, recommande vivement le dialogue franc entre les Maliens, mais aussi une justice équitable pour tous et toutes. « Sans justice, il n’y a pas de pardon. Sans pardon, il n’y a pas de réconciliation. Sans réconciliation, il n’y a pas de paix’, rappelle avec insistance, dans une agréable voix, Dr. Diarra sous la forme d’un syllogisme aristotélicien. ‘Même s’il y a eu paix, ce sera une paix précaire. »

Une lecture politico-démocratique

Si la communication de Dr. Françoise Diarra est de nature à apporter un regard métaphysique sur les crises et leur résolution au Mali, celle de son co-conférencier a consisté à opérer une analyse politico-démocratique de la situation malienne à la lumière des célèbres écrits de Montesquieu.

« La rationalisation de la pratique de la démocratie dans le contexte malien ». C’est par cette formulation que Dr. Mamadou Soumbounou a intitulé sa communication. Dans son exposé, il s’est appesanti sur deux points qu’il considère essentiels : « La démocratie à la malienne et ses maux propres ; l’éducation aux valeurs de la démocratie chez Montesquieu’ »

Ce jeune professeur de philosophie, qui a soutenu récemment sa thèse de doctorat sur les différentes pratiques démocratiques au Mali et la séparation des pouvoirs chez Montesquieu, à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar — UCAD, estime que le mal est très profond dans notre pays qu’on ne puisse l’imaginer. En disciple de Montesquieu, il soutient avec fermeté qu’’il n’y a pas de démocratie sans démocrates ». C’est même inconcevable à ses yeux. C’est pour cela, le jeune docteur recommande l’éducation des citoyens aux valeurs démocratiques comme nous l’a théorisée son maître à penser. Car, poursuit-il, « la démocratie est incompatible avec l’ignorance ».

« Système apparemment démocratique, mais anti-démocratique »

Dr. Belko Ouologuem, dans sa contribution au débat, rebondit dans le même sens que Dr. Soumbounou, sans langue de bois : il y a au Mali « une crise de la citoyenneté républicaine qui fait que notre démocratie se trouve sans fondements solides’. À suivre ses analyses, on notera qu’’au sens démocratique, il n’y a pas de citoyens dans notre pays, car la citoyenneté démocratique repose sur un peuple instruit, des citoyens majoritairement instruits ».

Or, il faut le reconnaître, la population malienne reste, après 60 ans d’indépendance, majoritairement analphabètes. Ce qui fait, selon ses explications, qu’ « on a un système apparemment démocratique, mais anti-démocratique dans sa pratique’. D’où la nécessité de la refondation de l’État, des institutions et de la démocratie ‘dans un régime d’exception d’une durée d’au moins de deux ans’ ‘Comment faire [donc] accepter aux Maliens qu’il faut qu’ils soient des citoyens ? », s’interroge le maître de conférence — Dr. Belko, auteur de La philosophie de Conficius (L’Harmattan, collection ‘Pour comprendre’, octobre 2019).

Cependant, à écouter Dr. Souleymane Keïta, il est important de comprendre que toute crise est à positiver ou relativiser puisqu’elle n’est pas que négative. « S’il y a crise, c’est parce que quelque chose n’a pas marché qu’il y a blocage quelque part », a-t-il rappelé. Avant de partager ironiquement avec l’audience son impression de se ‘retrouver au milieu d’une querelle des écoles’, en référence aux divergences des vues des conférenciers et des intervenants sur la problématique. « Si j’étais conférencier, j’allais essayer de faire le généalogiste », ironisait le spécialiste de Nietzsche au département philosophie de l’Université de Bamako, tout en notant que ce qui ressort de toutes les grandes interventions : c’est la crise de citoyenneté.

Sagaïdou Bilal

13 juin 2021 2 comments
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Vaccination contre la polio
Santé

Des dirigeants invitent à « terminer le travail contre la polio en Afrique »

by Bakary FOMBA 12 juin 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Pour un monde sans polio, l’initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) lance la stratégie d’éradication de la poliomyélite 2022-2026 afin de surmonter les défis restants.

Alors que les cas de poliomyélite ont chuté de 99,9 % depuis 1988, la polio reste, dit-on, une urgence de santé publique de portée internationale (ISPP). Les obstacles persistants pour atteindre chaque enfant avec des vaccins antipoliomyélitiques et la pandémie ont contribué à l’augmentation des cas de polio.

En 2020, avec la suspension des campagnes porte-à-porte contre la polio pendant quatre mois pour protéger les communautés de la propagation du Covi-19, 1 226 cas de toutes formes de poliomyélite ont été enregistrés contre 138 cas en 2018.

« Parvenir à un monde sans polio »   

Face à cette recrudescence des cas de poliomyélite dans le monde, des dirigeants ont appelé à une solidarité mondiale renouvelée et au maintien des ressources nécessaires. Ils se sont également engagés à renforcer leur partenariat avec l’IMEP afin d’améliorer les campagnes de vaccination et l’engagement avec les communautés à haut risque de polio.

Pour parvenir à un monde sans polio, la stratégie 2022-2026 souligne l’urgence de remettre les efforts d’éradication sur les rails tout en proposant un ensemble complet d’actions qui positionneront l’IMEP. « Avec cette nouvelle stratégie, l’IMEP a clairement indiqué comment surmonter les derniers obstacles pour garantir un monde sans polio et améliorer la santé et le bien-être des communautés pour les générations à venir », a laissé entendre le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et membre du Conseil de surveillance de la poliomyélite.

« Terminer le travail contre la polio en Afrique »

La réussite de cette lutte contre la polio passe par un véritable engagement politique et financier de la part des gouvernements et des donateurs, indique également le directeur général de l’OMS.

Félix Tshisekedi, président de l’Union africaine , « appelle chaque gouvernement à accroitre son engagement à protéger les gains » des efforts déjà consentis dans la lutte contre cette maladie et « à terminer le travail contre la polio en Afrique ». D’après lui, « ce n’est qu’alors que nous pourrons dire que nous avons tenu notre promesse d’un avenir plus sûr et plus sain pour tous nos enfants ».

Au-delà de l’éradication de la polio sauvage, l’IMEP s’engage aussi à arrêter les épidémies de poliovirus, qui continuent de se propager dans les communautés sous-immunisées en Afrique et en Asie.

Bakary Fomba

12 juin 2021 0 comments
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