Mariage précoce : 5 millions d’enfants mariées au Niger, dont 1,9 million avant l’âge de 15 ans

Mariage précoce : 5 millions d’enfants mariées au Niger, dont 1,9 million avant l’âge de 15 ans
Des adolescentes rentrent chez eux après l'école à Niamey, la capitale du Niger. Crédit photo: UNICEF Niger

Au Niger comme dans la plupart des pays confrontés à la pandémie de la covid-19, les mesures de restriction et de distanciation sociales mises en place par le gouvernement ont exacerbé les vulnérabilités des populations touchées par la maladie. Avec les fermetures d’écoles et de mosquées, des restrictions de mouvement, le couvre-feu et l’état d’urgence, « la pandémie a profondément affecté la vie quotidienne des filles ». Cette situation accentue le mariage des enfants.

Avant l’avènement de la pandémie de covid-19, 3 filles sur 4 étaient mariées avant l’âge de 18 ans au Niger. Dans des zones comme la région de Maradi, 89 % des filles sont mariées comme enfants. « Le Niger a le taux le plus élevé de mariages d’enfants au monde », souligne Aboubacry Tall, représentant par intérim de l’UNICEF sur la situation au Niger. Selon l’UNICEF, au cours des prochaines décennies, 10 millions de filles avant l’âge de se marier risquent de se retrouver enfants mariées.

« Résultat d’une inégalité entre les sexes »

Selon les précisions de M. Tall, le Niger compte 5 millions d’enfants mariées, dont 1,9 million s’est marié avant l’âge de 15 ans. Les raisons pouvant expliquer cette violation du droit des jeunes filles sont entre autres la pauvreté, le faible niveau d’éducation, le maintien des traditions sociales et religieuses, la peur du déshonneur d’une grossesse hors mariage, l’instabilité causée par les troubles civils et les catastrophes naturelles.

« L’aggravation du revenu du ménage peut amener certains adolescents vivant dans des circonstances particulièrement difficiles à considérer le mariage des enfants comme la meilleure option à leur disposition », indique également le représentant par intérim de l’UNICEF qui précise que cette pratique n’est que « le résultat d’une inégalité entre les sexes enracinée, qui affecte les filles de manière disproportionnée par cette pratique ».

Cette violence faite aux filles est pourtant lourde de conséquences pour les jeunes filles. Elle les expose « à un risque accru de violence sexuelle, physique et psychologique et des conséquences connexes tout au long de leur vie ». Les filles mariées et les enfants mères ont également un pouvoir de décision assez limité et sont obligées « d’élever les enfants pendant qu’ils sont encore eux-mêmes des enfants ». Les grossesses précoces mettent également leur vie en danger et nuisent à leur développement « Mettre fin au mariage des enfants nécessite un travail dans tous les secteurs et à tous les niveaux », a laissé entendre M. Tall.

Mariam N’diaye, stagiaire

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