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Moussa Balla Diarra
Actu

Moussa Balla Diarra : « Une transition n’est pas faite pour résoudre tous les problèmes de la nation »

by Sahel Tribune 6 août 2021
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Ancien député à l’Assemblée nationale du Mali, de 1997 à 2002, auteur de « Mansala, le Mali d’après crise » aux éditions La Sahélienne (2020), Moussa Balla Diarra s’exprime sur la transition et la crise scolaire dans le pays.

Le 18 août 2020, le président Ibrahim Boubacar Keïta a été poussé à la démission forcée. L’Assemblée nationale a été dissoute. De jeunes militaires, réunis dans le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), ont pris le pouvoir à Bamako. Une Charte de Transition a été adoptée.

Les organes de transition ont été mis en place. Baw N’Daw, après un court séjour à Koulouba, a été poussé à la démission forcée. Son vice-président Assimi Goïta est ordonné nouveau président de la Transition. Choguel Kokalla Maïga du Comité stratégique du M5-RFP est nommé à la tête de la primature, après la démission forcée de Moctar Ouane.

Face à la grogne sociale, les nouvelles autorités ont procédé à l’unification des grilles salariales. Pour l’application de l’article 39 sur leur statut particulier, la synergie syndicale des enseignants, signataires du 15 octobre 2016, décide de boycotter les examens de fin d’année. L’école malienne est toujours en crise.

Sahel Tribune : Comment sommes-nous arrivés à une telle situation ?

Moussa Balla Diarra : nous sommes arrivés à cette transition en raison de la mauvaise gouvernance. Depuis une cinquantaine d’années, les différents régimes qui se sont succédé à la tête de l’État ont cultivé la mauvaise graine de cette mauvaise gouvernance. C’est un fléau que le peuple, dans sa souveraineté absolue, n’a pas réussi à arrêter. Pourtant, ce peuple constitue le vrai pouvoir, l’organe de veille des institutions de la république.

Vous faites référence à la société civile ?  

Évidemment ! Pendant une cinquantaine d’années, le Mali a manqué une société civile responsable, organisée, structurée, unie, forte et consciente de son rôle. Une société civile qui joue pleinement son rôle, de façon indépendante, sans compter sur de l’argent ou d’autres intérêts personnels.

Si le Mali avait eu une telle société civile, nous n’allions pas assister aux dérives gouvernementales, de mauvaises gouvernances, de corruption, de gabegie, de clientélisme auxquelles le Mali a toujours été confronté.

Qu’en est-il du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques ?

Le M5-RFP n’est pas une affaire de personne, mais plutôt de pays. C’est en absence de cet organe de veille que le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) s’est vite constitué. Le genre de mouvement qu’il fallait et qu’il faudrait entretenir pour une meilleure résolution des problèmes de ce pays.

Le ras-le-bol qui s’était emparé des Maliens et qui a conduit à la formation de ce mouvement a finalement conduit au départ du régime IBK. Du coup, le Mali s’est retrouvé sous un régime de transition, par le bouleversement de l’ordre constitutionnel.

Quel est votre regard sur la transition et sa gestion ?

Une transition reste un ordre inconstitutionnel. C’est une période transitoire durant laquelle certains problèmes de la nation doivent être réglés, pour le retour de l’ordre constitutionnel. Une transition n’est pas faite pour résoudre tous les problèmes de la nation.

Aujourd’hui, nous avons besoin au Mali d’un ordre constitutionnel, qui naîtra à travers l’organisation et la tenue des élections présidentielle et législative, la nomination d’un gouvernement par le président élu.  

En dehors des affaires d’injustice, d’insécurité, de crise éducative, cette transition au Mali devrait, dès le départ s’accentuer sur l’organisation des élections. Mais on vient de consommer la moitié de la période prévue. Une période durant laquelle il y a un coup d’État dans un coup d’État. Le Mali va ainsi de mal en pis. La situation du pays ne cesse de se compliquer chaque jour.

Objectivement, le peu de temps qui reste à cette transition ne peut pas permettre l’organisation et la tenue des élections. Il suffit d’analyser le processus d’organisation de l’élection présidentielle pour s’en rendre compte. Mais si tout est déjà prêt, alors on peut aller aux élections.

Sur la prolongation ou non de la durée initiale de la transition, qui est de 18 mois, quelle est concrètement votre position ?

Il faut comprimer ce qui peut l’être pour rester dans le temps. Il est très tôt pour songer à une prorogation de la durée de la transition. En 1991, la transition était prévue pour neuf mois. Lorsque nous nous sommes rendu compte que ce délai était intenable, la transition a été prorogée à quatorze mois. La transition actuelle doit durer dix-huit mois, et il reste encore huit mois avant la fin.

S’il doit y avoir une prorogation, il faudrait que les partenaires du Mali constatent qu’il y a vraiment la nécessité. En ce moment, cette transition pourrait être prorogée de trois à quatre mois. Mais si le Mali s’entête à faire une prorogation unilatérale, d’autres sanctions pourraient tomber.

La prorogation ne doit pas être envisagée, jusqu’à une date ultime, où on constate que les matériels, les bulletins sont prêts, toutes les conditions sont réunies pour aller aux élections. Mais il faut encore un peu de temps pour de petits réglages, impossibles dans le temps qui reste à la transition, on peut en ce moment envisager la prorogation.

Outre la transition, on a la crise scolaire qui refait surface. Quelle est votre lecture sur cette crise ?

Cette crise procède encore de la mauvaise gouvernance, qui gangrène le pays depuis cinquante ans. Cette mauvaise gouvernance ne se traduit pas seulement par des détournements de fonds. Elle se traduit également par les mauvais choix politiques.

Cette crise a commencé lorsque le Fonds monétaire international et la banque mondiale, dont nous dépendons en grande partie en matière d’aide budgétaire, ont supprimé la formation des formateurs dans le budget du gouvernement. Cette suppression a entrainé un manque d’enseignants qualifiés. Tout genre de personne s’est retrouvé dans l’enseignement. On a assisté également au départ volontaire des enseignants à la retraite.

Tout est à mettre sur le dos des partenaires du Mali ?

Pas du tout. Mais tout a commencé avec cette suppression de la formation des formateurs. L’école malienne a perdu tous les bons enseignants qu’elle avait. L’autre problème a été le traitement octroyé aux étudiants par le gouvernement de transition en 1991. Des étudiants étaient nommés dans le gouvernement.

De file en aiguille, ces problèmes ont détruit l’école malienne. Jusqu’aujourd’hui, on peine à retrouver notre voie. Les partenaires, les parents aussi bien que les enseignants ont démissionné. L’école est toujours perturbée par des grèves : tantôt des enseignants, tantôt des élèves.

Dernière question : votre avis sur l’application de l’article 39 ?

Mon avis est qu’on devrait déployer tous les moyens nécessaires pour satisfaire les besoins de l’éducation. Dès lors qu’un engagement a été pris, on doit le respecter quoiqu’il advienne. Parce qu’il s’agit de l’avenir de l’éducation, de la jeunesse et du pays. Si ce statut particulier a été octroyé aux enseignants, par des autorités du Mali, c’est qu’elles étaient persuadées que c’est applicable. Alors qu’on l’applique.

Propos recueillis par Fousseni Togola et Bakary Fomba

6 août 2021 1 comment
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Des copies d'examen
Éducation

École sénégalaise : fraudes signalées au Bac, des condamnés à une peine de prison

by Bakary FOMBA 5 août 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Au Sénégal, pendant les épreuves de l’examen du Baccalauréat, session 2021, des cas de fraude ont été signalés. Des élèves et un étudiant ont été traduits devant la justice.

Lors des épreuves du Baccalauréat, la semaine dernière au Sénégal, un groupe d’élèves a été surpris, par les surveillants, en possession du corrigé des sujets de philosophie. Des sujets qu’ils consultaient sur leurs téléphones portables. C’était le jeudi 29 juillet 2021, au centre du lycée de Pékesse (Inspection d’Académie de Thiès).

Groupe WhatsApp

Selon les précisions du ministère de l’Éducation nationale, le sujet, traité par un complice à distance, a été partagé dans un groupe WhatsApp dénommé « Team Pékesse ».

Ils sont au total 15 candidats libres, âgés de 19 et 25 ans. Ils sont tous inscrits au centre académique de l’Orientation scolaire et professionnelle (CAOSP) de Thiès. « Ces candidats ont tous reconnu les faits et vont passer devant la commission de discipline conformément aux textes en vigueur », avait rassuré le ministère.

Une enquête a été ouverte par la Section de recherche de la Gendarmerie afin d’identifier les personnes impliquées dans cette affaire de fraude, selon un communiqué transmis à l’Agence de presse sénégalaise (APS). « La Section de recherche de la gendarmerie mène une enquête pour identifier toutes les personnes impliquées dans cette affaire de fraude en vue d’éventuelles poursuites pénales », selon l’APS.

Peine de prison d’un mois

Néanmoins, le ministère de l’Éducation reste encore assez réservé sur la question. Il estime que les éléments en sa possession ne permettent pas de parler d’une fuite d’épreuves ou de corrigés, mais « plutôt d’une tentative de fraude organisée et qui a mal tourné ».

À l’issue de ces épreuves de Baccalauréat,l’étudiant Khadim Mboup a été accusé de s’être déguisé en femme. En femme pour passer l’épreuve d’anglais à la place de son amoureuse, Kangué Dioum. Démasqués et arrêtés, les deux individus ont été placés sous mandat de dépôt, lundi 2 août 2021, dans une prison de Diourbel, au centre du Sénégal.

Lors de leur jugement, ce jeudi 5 août 2021, les prévenus ont reconnu les faits avant de présenter leurs excuses. Agés respectivement de 22 et 19 ans, les deux adolescents ont été condamnés, par le tribunal de flagrant délit de Diourbel, à une peine de prison d’un mois avec sursis, dont 7 jours fermes.

Bakary Fomba

5 août 2021 0 comments
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Début des épreuves écrites du Baccalauréat, session 2021, à Tahoua, au Niger
Éducation

École au Niger : 82 134 candidats au baccalauréat 2021

by Sahel Tribune 5 août 2021
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Au Niger, les épreuves écrites des examens du Baccalauréat (session 2021) ont démarré ce mercredi 4 août 2021. Au total, 82 mille 134 candidats prennent part à ces épreuves.

Selon les précisions du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, M. Mamoudou Djibo, à « cette session, ce sont au total 82 134 candidats, dont 37,39 % de filles, pour les différentes séries et spécialités du baccalauréat secondaire, du baccalauréat technique et du baccalauréat professionnel, répartis dans 197 Centres », qui prennent part.  

À l’endroit de tous les candidats et organisateurs de cet examen, le ministre a tenu à lancer un message de sensibilisation pour la bonne de ces examens. « Le respect scrupuleux des textes régissant le baccalauréat nigérien est une condition sine qua non de la crédibilité de [leur] diplôme », a rappelé le ministre M. Djibo.

Des initiatives prises

Pour une meilleure organisation de ces épreuves du Baccalauréat, les autorités politiques, en collaboration avec les différentes académies du Niger, ont pris des initiatives pour éviter des cas de corruption, de fraude et de tricherie. C’est pourquoi la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HALCIA), le gendarme de la lutte contre la corruption au Niger, est aussi associée à l’organisation de ces épreuves.

« Toute fraude commise aux examens et concours, qui ont pour objet l’accès à un emploi public ou un établissement public de formation ou l’obtention d’un diplôme délivré par l’État, constitue un délit », a précisé le vice-président de la HALCIA, Salissou Oubandoma.

Chiencoro

5 août 2021 1 comment
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Le président de la Transition Assimi Goita reçoit une délégation tchadienne
Politique

Au Tchad, l’exemple du Mali pour la mise en place du Conseil national de Transition

by Sahel Tribune 4 août 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Conduite par Jean Bernard Padaré, vice-président du comité ad hoc de sélection des candidatures au Conseil national de transition du Tchad, une délégation tchadienne est venue s’inspirer de l’exemple du Mali. Elle a été reçue, mardi 3 août 2021, par le Colonel Assimi Goita.  

Alors que des voix s’élèvent au Mali pour critiquer le Conseil national de transition (CNT), à tort ou à raison, comme « illégitime et illégal », des voisins du pays accourent pour s’inspirer de la mise en place de cet organe de transition.  

Dans le cadre des travaux pour la mise en place du Conseil national de transition (CNT) du Tchad, une délégation de ce pays du Sahel est venue prendre conseil auprès du Mali, le 3 août dernier. « Nous sommes en mission au Mali pour nous imprégner des critères de mise en place du Conseil national de transition », a précisé Jean Bernard Padaré, vice-président du comité ad hoc de sélection des candidatures au CNT du Tchad. 

En images 📹, l'audience accordée par le Président de la Transition, son excellence le Colonel Assimi Goita, Chef de l'Etat, au Comité Ad Hoc de sélection des candidatures au CNT du Tchad. Ladite délegation était conduite par Mr Jean Bernard PADARE, Vice président du Comité. pic.twitter.com/0UaDnQUTdH

— Presidence Mali (@PresidenceMali) August 3, 2021

Travailler avec le CNT du Mali

Cette délégation tchadienne, en visite au Mali, a « bénéficié de sages conseils » du président de la transition, Assimi Goïta, sur la gestion de « la situation de rupture constitutionnelle qui sévit » au Tchad. Le chef de l’État malien a recommandé aux autorités tchadiennes de travailler en symbiose avec le CNT malien, « parce que le Tchad et le Mali vivent la même réalité, le peuple tchadien et le peuple malien sont deux peuples frères, nous sommes dans le même espace. Il est important qu’on mutualise nos efforts, nos connaissances, nos savoir-faire ».

Après cette rencontre avec le président de la transition malienne, M. Padaré a rassuré, qu’à l’instar du Mali, toutes les couches de la nation tchadienne seront représentées dans le CNT. « Nous sommes venus toucher du doigt la réalité. Nous avons bénéficié des connaissances des personnes qui sont expérimentées, qui savent où ils vont, ils nous ont expliqué comment ils ont eu à se prendre pour mettre le CNT en place », s’est-il réjoui.

Cette délégation tchadienne, composée de quatre (4) personnes, a assisté, vendredi 30 juillet 2021, à la présentation du Plan d’action gouvernemental de Choguel Kokalla Maïga devant le CNT.

La rédaction  

4 août 2021 0 comments
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Emmanuel Macron
Opinion

[Tribune] Démocratie : ces trois artifices d’accession et de conservation du pouvoir

by Mikailou Cissé 4 août 2021
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Les circonstances de l’agression contre le président de la Transition malienne, Assimi Goïta, entretiennent de nombreuses zones d’ombre. Sont-ce des artifices d’accession et de conservation du pouvoir ?

« Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir », écrivait l’intellectuel français Jean-Jacques Rousseau, dans son ouvrage Du Contrat social. Pour l’acquisition et la conservation du pouvoir, les hommes font recours à différentes méthodes, parmi lesquelles la violence.

Trois artifices d’accession et de conservation

L’usage de la violence, qui semble être la première méthode expérimentée par les hommes politiques, est de nos jours le plus prohibé. Car la force, qui était considérée autrefois comme signe de bravoure, est devenue réductrice des autres à l’état d’esclave. Une pratique inacceptable à notre siècle, en raison des nombreux textes défendant les droits humains.

La manière la plus plébiscitée, durant ces dernières années, tant pour l’accession au pouvoir que pour sa conservation, est l’approbation du peuple dans sa grande majorité. Accéder au pouvoir selon les principes de la démocratie et être jugé suivant les mêmes principes.

Le peuple, dans sa majorité absolue, choisit ses gouvernants en toute indépendance. Toutefois, à l’ombre de cette méthode se cache une autre procédure visant à avoir les faveurs de ce peuple. Cette méthode prend de plus en plus de l’ampleur, sans que cela ne gêne plus autant. Elle consiste à se faire passer pour une victime d’agression ou de complot, n’ayant d’autre finalité que de déstabiliser l’État. Elle consiste à user de la malice pour avoir la compassion, la faveur et l’approbation d’un nombre important du peuple pendant l’exercice du pouvoir.

Les pouvoirs fragilisés, dans les pays tourmentés, sont ceux qui usent le plus souvent de cette dernière procédure. Cette malice est celle à travers laquelle passent ces hommes pour se faire pardonner de leurs péchés.

Agression contre le président de la Transition

Cette procédure est généralement utilisée par des hommes qui se sont hissés au sommet de l’État, à travers des moyens non conventionnels. Les militaires qui ont fait irruption sur la scène politique malienne, depuis le 18 août 2020, et qui n’ont pas une large base politique susceptible de donner une meilleure visibilité à leurs actions, font partie des catégories d’hommes qui me semblent utiliser cette méthode. Nous avons également les populistes, qui aspirent à accéder au sommet de l’État.  

Le poids que l’attaque au couteau a donné à Jair Bolsonaro aux yeux des électeurs, pendant la campagne présidentielle brésilienne en 2018 est une illustration parfaite de cette méthode. Le changement de perception sur Dioncounda Traoré en 2012 au Mali, après qu’il a été agressé physiquement par une horde humaine à Koulouba, en est un autre cas d’usage de cette procédure de séduction.

L’agression au couteau, dont a été victime le président de la transition malienne, Assimi Goita, dans la grande mosquée de Bamako, durant la prière de l’Aïd al-Adha, peut également se situer dans la même loge de séduction du peuple malien, pour se faire accepter.

Des interrogations

Cette histoire de tentative d’assassinat donne à croire à un scénario monté de toute pièce. L’homme, qui a dirigé deux coups d’État en moins d’une année, pourrait ainsi apparaître, dans la conscience collective des Maliens, et même au-delà, comme une personne dont la vie a été menacée dans l’exercice de ses fonctions. Une personne qui ne recule pas devant des mécontents qui veulent déstabiliser le Mali. Un chef qui n’a pas peur d’assumer sa fonction de président malgré les menaces qui planent sur sa tête.

Cette histoire d’agression pourrait bien être une invention visant aussi à préparer l’esprit des Maliens à accepter une éventuelle prorogation de la durée de la transition.

La qualification de l’acte d’« une action isolée » a permis au chef de l’État d’être au centre de l’actualité et d’avoir le soutien d’un nombre important de Maliens auprès desquels il n’était pas plébiscité d’une manière extraordinaire. De bourreau, l’homme en treillis militaire, qui n’inspirait pas une grande confiance, est passé, en une once de seconde, à une victime aux yeux du peuple. Une personne qui devrait être soutenue.

Cette agression contre le chef d’État malien laisse en plan de nombreuses questions en rapport à la sécurité présidentielle, à l’usage des smartphones dans les mosquées, et même de l’identité de l’agresseur. Les circonstances de la mort de l’agresseur restent également assez floues.

La Commission nationale de défense des droits de l’homme (CNDH) a haussé le ton en demandant une enquête sur les circonstances de la mort de l’agresseur.

Mikailou CISSE


Les opinions exprimées dans cet article ne sont pas forcément celles de Sahel Tribune

4 août 2021 0 comments
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Mohamed Bazoum
Éducation

École nigérienne : face à la crise scolaire, Mohamed Bazoum annonce une grande réforme

by Chiencoro 4 août 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Dans un message à la nation, le 2 août 2021, le président de la République du Niger, Mohamed Bazoum a annoncé ses recettes pour la gestion de la crise scolaire. Il engage une grande réforme du système éducatif.

C’est dans un contexte mondial marqué par la crise sanitaire liée à la pandémie de la Covid-19, notamment son dangereux variant delta, que le Niger a célébré le 61e anniversaire de son accession à l’indépendance. À la veille de cette célébration, le président de la République nigérienne, Mohamed Bazoum, s’est adressé à la nation.

L’éducation, plus grand défi

Dans son discours, lors de la cérémonie marquant son investiture, en avril 2021, le successeur de Issoufou Mahamadou avait fait un état des lieux des défis auxquels est confronté le Niger, en mettant en exergue deux d’entre eux : la gouvernance et l’éducation.

Face à la crise scolaire récurrente, le président Bazoum estime important de procéder à une réforme du système éducatif de son pays. À l’occasion de la commémoration de l’accession du pays à l’indépendance, il a précisé que « l’éducation est [son] plus grand défi ». Et d’ajouter : « Ses [ pour l’éducation ndlr] faiblesses paralysent nos possibilités de constituer un véritable capital humain, capable de prendre en charge les défis de développement de notre pays ».

Mohamed Bazoum rassure donc que le système éducatif de son pays sera repensé. À l’en croire, des consultations ont déjà été engagées dans ce sens. « J’ai eu à consulter les partenaires de l’éducation sur les principaux axes de ces réformes afin de les sensibiliser et de requérir leurs opinions et leur soutien », a-t-il laissé entendre dans son Message à la nation, le 2 août 2021.

Les principaux axes de la réforme

D’ores et déjà, le gouvernement est à pied d’œuvre pour la mise en œuvre « d’une grande politique de réforme » du système éducatif nigérien. Une réforme qui consistera surtout à repenser la « politique de formation des enseignants et des encadreurs en relevant d’une part le niveau à partir duquel seront orientés les élèves destinés à l’enseignement et à mettre d’autre part une rigueur toute particulière dans cette formation ».

Cette réforme prévoit également des mesures incitatives spéciales visant à « favoriser le recrutement des professeurs dans les disciplines scientifiques, dont [les] établissements manquent cruellement ». Selon le président de la République, c’est ce manque qui expliquerait les contreperformances des élèves.
En vue de garder plus longtemps les jeunes filles à l’école et diminuer pour ainsi dire le taux de mariage précoce, Mohamed Bazoum prévoit, dans sa réforme, la construction d’internats pour jeunes filles.  

La formation professionnelle n’a pas été omise par le président de la République. « Notre système de formation professionnelle sera rationalisé pour lui permettre de produire les cadres techniques si indispensables pour notre économie », a-t-il expliqué. 

Au niveau de l’enseignement supérieur, le président de la République s’engage, d’ici à la fin de l’année 2023, à « satisfaire tous les besoins de [leurs] universités en enseignants-chercheurs ». Espérons que ces promesses ne soient pas seulement politiques.

Fousseni Togola

4 août 2021 0 comments
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Abdoulaye dit Allaye Koita
Opinion

[Tribune] Réformes institutionnelles : vers des élections couplées !

by Sahel Tribune 3 août 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Les coups d’État récurrents au Mali prouvent la nécessité de réformes profondes, selon Abdoulaye dit Allaye Koita. Le président du mouvement En Avant, créé suite à l’élection législative de 2017, à laquelle M. Koita a participé en tant que candidat indépendant à Mopti, fait des propositions.

La démocratie pluraliste, avec emprisonnement de tous les opposants politiques, pendant huit ans. Ensuite le parti unique pendant vingt-trois ans, et les mêmes emprisonnements. Pour finir, encore la démocratie pluraliste, où le perdant porte une casquette d’opposant, aux yeux de la société. De l’indépendance coloniale à nos jours, le Mali a connu plusieurs coups d’État. Il est temps que les Maliens s’asseyent pour repenser le modèle politique de notre système démocratique.

Être opposant au Mali, c’est être cet ennemi de la nation, aux yeux de certains profanes, qui empêche le pays de se développer. Toutes les idées venant de cette opposition, sont vues par le vainqueur, roi d’un moment, comme des tentatives de sabotage de sa gestion. Pour couronner tout cela, on attribue à cette persona non grata le nom de « Chef de file de l’opposition ». Sans m’éterniser sur le passé, je propose certaines réformes institutionnelles.

Plus de restitution de caution

Les élections présidentielles et législatives doivent être couplées en un seul tour. Le premier à l’élection présidentielle devient président de la République et le deuxième, président de l’Assemblée nationale. L’Assemblée nationale, qui a pour rôle fondamental le contrôle de l’action gouvernemental, doit être présidée par un opposant, qui suivra le programme de son adversaire.

Tous ceux qui auront 5 % à l’élection présidentielle deviendront des députés à l’Assemblée nationale. Ainsi, il n’aura plus de restitution de caution. Quand un député est dans l’incapacité, pour quelques motifs que ce soit, celui qui le suit sur la liste de l’élection passée le remplace.

Quant au gouvernement, le Président du parti, qui a le plus grand nombre de députés, devient Premier ministre. Il sera chargé de faire les consultations au sein de l’hémicycle, afin de consolider une majorité de députés pour diriger.

Les élections municipales, locales et régionales se dérouleront également au même moment. Il faudrait donc permettre aux candidats d’être en même temps sur toutes les listes. Après la proclamation des résultats, chacun aura 72 heures pour choisir la liste sur laquelle il souhaite rester.

Les maires, les présidents de Conseil de Cercle et d’Assemblée régionale doivent obligatoirement résider au niveau de leur lieu d’élection. Tous leurs déplacements doivent être contrôlés, respectivement par le sous-préfet, le préfet et le gouverneur.

Avant d’entrer en fonction, ils doivent faire une déclaration de biens, qui sera rendue publique. Le maire, au niveau du sous-préfet, le président du conseil de cercle, au niveau du préfet, et le président de l’Assemblée régionale, au niveau du gouverneur.

Le haut Conseil des Collectivités

Tous les trimestres, les maires de chaque cercle se rencontreront pendant trois jours pour des échanges sur la gestion de leurs communes, au niveau d’une sous-préfecture, de façon rotative. Tous les semestres, les présidents des conseils de cercle se rencontreront au niveau d’une préfecture, pendant une semaine, pour des échanges sur la gestion de leur cercle. Tous les ans, les présidents des assemblées régionales se retrouveront au niveau d’une région, pendant deux semaines, de façon rotative. Le Haut conseil des collectivités territoriales sera alors supprimé. Une institution budgétivore, qui a peu d’importance.

La haute cour de justice doit être supprimée. Elle sera une juridiction rattachée à la Cour suprême. Elle sera chargée de juger tous les élus, ministres et chefs d’institutions pendant l’exercice de leur fonction.

Abdoulaye dit Allaye Koita


Les opinions exprimées dans cet article ne sont pas forcément celles de Sahel Tribune. 

3 août 2021 1 comment
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