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Coopération culturelle et artistique
Seko ni Donko

La « Françafriche », nouvel avatar de la Françafrique ?

by Sahel Tribune 10 décembre 2021
written by Sahel Tribune 8 minutes read

La coopération culturelle et artistique franco-africaine – la « Françafriche » – n’a-t-elle pas trouvé son point d’orgue avec « Africa 2020 » ? C’est la question que l’on peut se poser à propos de cette saison africaine en France, interrompue un temps en raison de la pandémie mais qui s’est poursuivie cette année.

En organisant cette série d’événements, la France a voulu rendre hommage à l’Afrique. Toutefois, si l’on y regarde de plus près, Africa2020 et, au-delà, la vision qu’a aujourd’hui Paris de sa coopération avec l’Afrique suscitent quelques questionnements…

Les deux primitivismes

Malgré la bonne volonté qui a présidé à la mise en oeuvre d’Africa2020, un stéréotype primitiviste accolé de façon illégitime au continent continuait à émaner de cette opération. Et en la matière, il convient de distinguer un « primitivisme premier » et un « primitivisme second ». Le premier, lié aux arts dits « premiers » est classiquement reconnu comme ayant fortement influencé l’art occidental alors que le second est plus difficile à débusquer.

Aujourd’hui, ce primitivisme premier n’est plus l’objet de controverses puisqu’on parle désormais d’« art classique africain » et que le principe de la restitution de ces œuvres d’art aux pays africains a acquis droit de cité. Même s’il subsiste, comme on le verra à propos de l’exposition « Ex-Africa », il a été remplacé par un autre paradigme – le primitivisme second – qui a trait à l’enrichissement ou à la re-fécondation de la culture artistique française par l’art contemporain africain.

Ce processus de re-fécondation accompagne le « nettoyage » artistique et toponymique auquel se livrent les gouvernements de nombreux pays à la suite du meurtre de George Floyd. Il s’est ensuivi un processus de déboulonnage de statues de personnages esclavagistes ou coloniaux et de remplacement de ces statues, ainsi que de noms de rue et de places de même nature, par des « figures de la diversité ».

Pour la première fois en France, avec l’opération « Africa 2020 », lancée par Emmanuel Macron, on peut voir des monuments français portant la marque d’artistes africains. C’est notamment le cas avec l’installation d’œuvres d’El Anatsui à La Conciergerie, de Joël Andrianomearisoa sur les remparts d’Aigues-Mortes ou bien encore celles de l’artiste de République démocratique du Congo Sami Baloji à l’entrée du Musée du Grand Palais.

Une partie de l’installation d’El Anatsui exposée à la Conciergerie à Paris du 20 mai au 14 novembre 2021 à l’occasion de la saison Africa2020. Eric Sander/Centre des monuments nationaux

Bref, la France, l’Europe, l’Occident se débarrassent de leurs vieux oripeaux coloniaux – les « fétiches » –, qui sont désormais promis à un recyclage dans les musées de sociétés déjà créés ou en cours de construction en Afrique. À l’occasion d’« Africa 2020 », la France a manifesté l’existence d’une « présence africaine », comme dans le cas de l’exposition « Ex Africa » (Musée du quai Branly) – même si cette dernière exposition n’est pas exempte de présupposés primitivistes, puisqu’elle a mis en évidence le poids que continuent d’occuper les représentations anciennes de l’art classique africain dans l’esprit de certains artistes contemporains, qu’ils soient occidentaux ou africains.

Beaux-Arts Magazine, 6 avril 2021.

De la sorte, c’est toute l’ambiguïté de la saison « Africa 2020 » qui s’exprime au prisme de ces quatre expositions. Tout autant qu’une opération de reconnaissance de l’art contemporain africain, per se, il s’agit largement d’indexer l’art contemporain africain à des monuments datant de plusieurs siècles et d’assimiler ainsi cet art au patrimoine architectural et historique français.

Dans les deux cas, ces opérations se traduisent par une massification des différentes œuvres de ces artistes qui peinent à exister dans leur individualité.

Un aggiornamento du rapport de la France à l’Afrique ?

Ce sommet artistique Afrique-France n’avait-il pas en définitive pour but de faire oublier celui, beaucoup plus concret, de Montpellier qui devait, pour une énième fois, rafistoler les relations franco-africaines dans les domaines politique, économique et stratégique ? En somme, « Africa 2020 » – ce dernier avatar de la « Françafriche » – aurait constitué le prélude au rajeunissement de la Françafrique.

Ces deux événements – Africa 2020 et le sommet Afrique-France de Montpellier – semblent en effet dessiner les nouveaux linéaments de la politique française en Afrique. Ils peuvent être interprétés comme un aggiornamento visant à rompre avec les pratiques politiques anciennes.

Dans le domaine militaire, il s’agit, pour le gouvernement français, de manifester sa volonté de se retirer du continent africain et notamment du Sahel pour faire pièce à l’opposition croissante que cette présence suscite. En témoigne l’abandon par la force Barkhane des bases de Kidal, Tombouctou et Tessalit au Mali.

En même temps, la force Barkhane ne quitte pas totalement le Sahel car il lui reste la tâche de protéger l’approvisionnement de la France en uranium du Niger – une ressource d’autant plus indispensable qu’Emmanuel Macron vient d’annoncer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. C’est en tenant compte de ce souci de sécuriser cet apport énergétique qu’il faut apprécier la hantise de voir les Russes pénétrer sur le pré carré français dans la zone sahélienne.

Le maintien de la présence française en Afrique, outre le domaine militaire avec ses opérations extérieures et ses bases, a également un volet diplomatique. En la matière, la politique française est fragile puisqu’elle repose sur le principe « deux poids-deux mesures ». Selon les cas, la France peut aussi bien soutenir une transition non démocratique du pouvoir effectuée par le biais de coups d’État illégaux comme au Tchad ou légaux comme en Côte d’Ivoire, ou désavouer des putschs, comme au Mali et en Guinée.

Le sommet de Montpellier, avec toutes ses ambiguïtés, avait pour but de permettre à Paris de se démarquer des despotes africains au pouvoir depuis plusieurs dizaines d’années, tout en tentant de nouer des liens avec les différentes « sociétés civiles » du continent et en projetant de mettre sur pied une sorte de « start up Africa ».

Emmanuel Macron « bousculé » par la jeunesse, France 24, 8 octobre 2021.

De la même façon, la mise en scène de la restitution de pièces d’art « premier » aux pays africains n’est que l’amorce de la continuation d’une politique de coopération artistique et culturelle « new look » entre la France et l’Afrique, coopération déjà à l’œuvre avec « Africa 2020 ».

Ainsi est instauré un nouveau partenariat qui se veut paritaire entre musées français et musées africains. En témoigne l’exposition « Picasso à Dakar, 1972-2022 » qui doit avoir lieu au Musée des civilisations noires de Dakar où seront sempiternellement mises en regard les œuvres du maître catalan avec les pièces d’art « classique » africain qui l’ont inspiré.

De la même façon, sans préjuger de ce que sera la reconstruction du Festival Mondial des Arts nègres de 1966 au Grand Palais en 2025, on peut se demander pourquoi il faut que ce soit presque toujours la France qui soit impliquée dans les projets artistiques ou muséaux concernant l’Afrique et particulièrement sa partie francophone. Même s’il existe d’autres projets ou réalisations artistiques et muséales qui ont par exemple entraîné la participation de la Corée du Sud ou de la Chine, la présence massive et presque sans rival de la France dans ce domaine conduit inévitablement à se demander si ne se maintient pas là, d’une certaine façon, une forme de paternalisme.

La complexité du lien entre la France et l’Afrique

Enfin, l’attribution du prix Goncourt 2021 à Mohamed Mbougar Sarr, qui a participé au sommet de Montpellier, s’inscrit dans le droit fil de cette recherche de rajeunissement à laquelle contribue la Françafriche. Mohamed Mbougar Sarr, indépendamment de son talent d’écrivain, coche en effet toutes les cases. Il est jeune, francophone, est publié par un petit éditeur français et fait référence dans son roman « La plus secrète mémoire des hommes » aux écrivains les plus prestigieux – Gombrovicz, Bolano et Borges, entre autres.

Cette attribution, qui intervient cent ans après que le Goncourt a couronné un autre écrivain « noir », René Maran, avec Batouala, montre l’attachement indéfectible de la France, et notamment de la France littéraire, à ses « petits frères africains ».

« Africa is so important for us » a déclaré récemment Emmanuel Macron en exhortant les responsables d’institutions artistiques à renforcer leurs liens avec l’Afrique.

Cette injonction, certes généreuse et visant à une reconnaissance du rôle de l’Afrique dans la culture mondiale, renvoie à la place que continue d’occuper le continent africain, particulièrement sa partie supposément francophone, dans le destin de cette grande puissance de deuxième ordre qu’est maintenant devenue la France.

Jean-Loup Amselle, Anthropologue et ethnologue, directeur d’études émérite à l’EHESS, chercheur à l’Institut des mondes africains, Institut de recherche pour le développement (IRD)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation
10 décembre 2021 0 comments
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Général Salou Djibo, Ancien chef de l’Etat de la République du Niger
PolitiqueSécurité

Message à la Nation du Général Salou Djibo, ancien chef d’Etat du Niger

by Sahel Tribune 9 décembre 2021
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Nigériennes, Nigériens,

Mes chers compatriotes,

Le Samedi 27 novembre 2021, comme vous le savez, un convoi de la force française Barkhane a été bloqué à Téra par des manifestants civils qui, excédés par la crise sécuritaire sans précédent qui nous frappe, protestaient contre la présence des forces étrangères sur le territoire nigérien.

La violente répression de cette protestation a conduit à un drame connu de tous, à savoir, officiellement et à ce jour, trois morts et plusieurs dizaines de blessés, dont dix-sept se trouvent dans un état grave.

A l’instar de tous les Nigériens et de tous les peuples épris de paix et de justice solidaires du Niger, je condamne avec fermeté le drame qui s’est produit à Téra le samedi 27 novembre 2021.

Aussi voudrais-je m’incliner devant la mémoire de nos compatriotes disparus et présenter mes condoléances à leurs familles et proches et au peuple nigérien. Qu’Allah leur accorde son paradis éternel et facilite le prompt rétablissement des blessés. Amine.

Mesdames et Messieurs, Mes chers compatriotes,

Dans le contexte sécuritaire délétère que nous vivons et à la veille d’une manifestation à laquelle plusieurs secteurs sociaux appellent, j’ai cru nécessaire de prendre la parole pour évoquer ce drame ainsi que la question lancinante de l’insécurité au Niger.

Concernant le drame de Téra, j’aimerais appeler à en tirer les leçons avec lucidité, en ayant à l’esprit les seuls intérêts du Niger, loin des débats partisans passionnés.

En effet, pourquoi ce blocage, qui a duré une semaine à Kaya, n’a pas dégénéré, alors qu’il a fallu une matinée pour que tout dérape au Niger ?

À l’évidence, la réponse est dans la différence de la gestion politique du problème au plus haut niveau. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la sortie de Monsieur Bazoum Mohamed, le vendredi 26 novembre 2021, la veille même du drame, n’a pas contribué à apaiser les tensions, bien au contraire. En effet :

Au lieu de se livrer à une autojustification, il aurait mieux valu écouter le peuple et rechercher avec lui les meilleurs moyens de trouver une solution pacifique au problème ;

Au lieu de présenter notre pays comme un pauvre patient qui ne doit sa survie qu’à l’aide des autres, il aurait fallu expliquer quelle politique propre est entreprise pour nous sortir de la dépendance extérieure ;

Au lieu de rire des critiques et des interrogations, il aurait fallu convier tous les Nigériens à réfléchir, ensemble, aux mesures permettant d’être plus efficaces dans la lutte contre le terrorisme ;

Au lieu de prendre la parole le 26 novembre 2021, après les événements de Kaya et dans un contexte de risques réels de manifestations, à tort ou à raison, contre le passage du convoi militaire de la force Barkhane, il aurait fallu se rapprocher de tous les acteurs pour apaiser la situation.

Au regard de ce qui précède, et pour qu’un tel drame ne se reproduise plus, je demande que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est passé, que les responsabilités des uns et des autres soient bien situées et que justice soit rendue.

C’est ainsi que nous allons restaurer la confiance entre nos populations et l’Etat, préserver notre paix sociale et créer les conditions d’une nécessaire adhésion de nos populations à la lutte contre le terrorisme et l’insécurité.

C’est cela notre intérêt à tous, y compris celui de nos amis et partenaires.

Mesdames et Messieurs, Mes chers compatriotes,

Le second sujet que j’aimerais aborder est évidemment celui de la gestion de la crise sécuritaire qui se solde par un niveau de pertes militaires et de massacres de populations civiles sans précédent à Diffa, à Banibangou, à Inatès, à Chinagoder pour m’en tenir à un petit nombre d’une longue liste macabre.

C’est le lieu, là aussi, d’exprimer ma compassion et mon soutien à nos braves forces de défense et de sécurité et à nos héroïques populations. Malgré leurs sacrifices, à l’évidence, quelque chose ne fonctionne pas dans la gestion de cette crise effroyable.

Ce qui ne va pas, c’est une politique sécuritaire dans la corruption, l’opacité et l’exclusion de nos populations, à l’instar de l’affaire, encore non résolue de nos jours, dite ‘‘ affaire du Ministère de la Défense’’.

Ce qui ne va pas, c’est la tentative politicienne de privatisation, de personnalisation et d’instrumentalisation de nos partenaires à des fins de politique intérieure ;

Ce qui ne va pas, c’est le discours qui consiste à diviser et à classer les Nigériens entre d’une part, des pro-régime éclairés favorables à la nécessaire coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme et d’autre part, des populations ignorantes et des opposants renégats qui feraient le jeu des terroristes.

Mesdames et Messieurs,
Mes chers compatriotes,

Ce type de posture qui, exclut tout débat citoyen contradictoire, qui exclut toute prise en compte d’idée émise par les acteurs du terrain et les populations concernées ne correspond pas aux besoins de la lutte contre l’insécurité au Niger.

Elle va, en toute objectivité, contre le sens de l’histoire et contre la recherche d’une solution durable à notre problème d’insécurité.

En vérité, notre pays se trouve dans une situation sécuritaire extrêmement difficile et nous sommes à la croisée des chemins.

En effet, c’est notre vivre ensemble et l’existence même du Niger en tant qu’État qui sont en jeu.

Mesdames et Messieurs,
Mes chers compatriotes

Il existe incontestablement des solutions à nos problèmes sécuritaires.

Elles résident dans le rassemblement des Nigériens, dans un débat politique ouvert sur la coopération militaire, dans une gestion transparente des ressources affectées à la gestion de la crise sécuritaire, dans l’écoute de la critique, dans la compassion et dans l’association étroite des populations, des chefs coutumiers et religieux et de la société civile aux stratégies sécuritaires.

Mesdames et Messieurs,
Mes chers compatriotes,

Je voudrais terminer mon propos :

  • En adressant encore une fois de plus mes sincères condoléances aux familles endeuillées, aux populations de Téra et au-delà, de Diffa, de Maradi, de Tahoua et au peuple nigérien, fier, solidaire et profondément humaniste ;
  • Et en souhaitant un prompt rétablissement aux blessés.

Je voudrais aussi demander à nos populations de rester unies et solidaires dans l’épreuve pour que vive le Niger.

Enfin, à tous, je demande de continuer de prier, encore davantage, pour le Niger et son peuple, pour la paix dans notre pays.

Vive le Niger et son peuple ! Je vous remercie !

Général Salou Djibo, ancien chef de l’Etat de la République du Niger

Ce texte a été repris par Sahel Tribune à partir de la publication de Niger Diaspora

Général Salou Djibo, Ancien Chef de l’Etat de la République du Niger

9 décembre 2021 0 comments
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Yorosso
ExclusifSécurité

Crise sécuritaire au Mali : la difficile vie de la population melting-pot de Yorosso

by Chiencoro 8 décembre 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

À Yorosso, dans la région de Koutiala, au Mali, la vie perd son élan normal à cause de l’insécurité. Tous les secteurs d’activité étant fortement touchés, les populations locales appellent à l’aide.

Situé à une centaine de kilomètres de Koutiala, Yorosso a une superficie de 5 500 km² avec une population melting-pot estimée à 211 508 habitants, répartis entre 33 786 ménages, selon les derniers chiffres disponibles de l’Institut national de la statistique (Insat Mali, 2009).

Sa population est composée majoritairement de Minianka, de Bamanan, de Bwas, entre autres communautés maliennes. Dans ce cercle, l’activité principale est l’agriculture — dominée en grande partie par la culture du coton. Ce qui fait du cercle, selon M. Kalifa Goïta, chef de village de Yorosso le premier producteur de l’or blanc — en qualité et en quantité — dans la région de Koutiala.

Erigé en cercle depuis 1960, Yorosso est cependant confronté à d’énormes difficultés liées à la crise sécuritaire que traverse le pays, poursuit Kalifa Goïta. La route nationale (RN12), reliant Yorosso et Koutiala, est devenue le théâtre de plusieurs enlèvements, de braquages des personnes et de leurs biens, explique à Sahel Tribune M. Amadou Kassogué — 2e adjoint du Gouverneur. Des ambulances et des agents de santé sont fréquemment victimes d’engins explosifs sur ce tronçon, déplore-t-il.

Difficile accès aux services centraux de base

Cette situation d’insécurité a eu des conséquences directes sur la vie économique, sociale et culturelle de la localité : la fermeture de plus de 40 écoles, le retard dans le démarrage des travaux d’électrification du cercle par l’Énergie du Mali (EDM-SA), l’interruption des travaux d’entretien courants de la RN 12 et le retrait progressif des partenaires au développement, établit M. Kassogué.

En plus du problème de désenclavement dû à l’insécurité grandissante dans la zone, l’accès à la santé et à l’eau potable, ainsi qu’à d’autres services de développement, est également devenu une aventure de combattants. De ce fait, plusieurs voix déplorent la situation économique et sociale dans le cercle.

D’après les explications du chef de village de Yorosso, Kalifa Goïta, la ville ne compte pas plus de cinq puits d’eau. La SOMAGEP-SA (Société malienne de gestion d’eau potable) distribue de l’eau seulement entre 9 h et 16 h, a-t-il indiqué.

Quant à la fourniture d’électricité, le maire de la commune de Yorosso, Abdoulaye Goïta, a indiqué que l’électricité n’est accessible qu’entre 9 h et 12 h. Puis, de 18 h à 00H et le Kilowatt est débité à 250 FCFA. Il exhorte les autorités à poursuivre l’électrification de cette ville par EDM tout en assurant la sécurité des populations et de leurs biens dans la zone.

Volonté de venir en aide aux populations

De son côté, le deuxième adjoint du Gouverneur de Koutiala estime que l’espoir est toujours permis à Yorosso. Car, rassure-t-il, les autorités maliennes ont déjà exprimé leur volonté de venir en aide aux populations les plus vulnérables de ce cercle, composé de quatre arrondissements et neuf communes, dont 5 font frontière avec le Burkina Faso.

Mieux, faut-il le mentionner à titre informatif : 100 familles démunies ont bénéficié, le 6 décembre dernier, d’un important kit alimentaire lors du passage d’une délégation de la présidence conduite par le Colonel Assan Badiallo Touré, Conseillère spéciale du Président de la transition malienne.

Chiencoro Diarra

8 décembre 2021 0 comments
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Marche contre les violences basées sur le genre en Côte d'Ivoire
Sécurité

Côte d’Ivoire : la grande marche de plus de 2000 femmes contre les VBG

by Bakary FOMBA 7 décembre 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le samedi 4 décembre 2021, le ministère ivoirien de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, a organisé à Treichville, une cité cosmétique dans le sud d’Abidjan, une grande marche pour dénoncer les violences basées sur le genre (VBG).

Baptisée « Offensive Orange », plus de 2000 femmes, venues des quatre coins de la capitale économique ivoirienne, ont dénoncé le samedi dernier les pratiques non catholiques à leur endroit.

Malgré que l’État de Côte d’Ivoire ait adopté, en 2014, une stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, le phénomène continue toujours de faire des victimes dans ce pays côtier d’Afrique de l’Ouest.

Cette stratégie des autorités ivoiriennes, qui vise à promouvoir une approche holistique et multisectorielle dans la lutte contre les VBG.

Arme de destruction massive

Selon le système national de collecte de données sur les violences basées sur le genre (VBG), en 2020, ce sont 5 405 cas de violences qui ont été rapportés et pris en charge, dont 822 cas de viols : la majorité étant perpétrée sur des mineures de moins de 18 ans.

Entre janvier et octobre 2021 – indiquent les chiffres du ministère de la Famille, de la Femme et de l’Enfant — 625 cas de viols ont également été perpétrés en Côte d’Ivoire.

Le « viol, une arme de destruction massive dont les effets collatéraux s’étendent à plusieurs vies et à de nombreuses générations, fulmine Nassénéba Touré, ministre ivoirienne de la Femme, de la Famille et de l’Enfant. Il est urgent d’agir pour mettre fin à ce fléau » qui affecte les victimes et les marque à jamais, rapporte la presse locale.

Pour la ministre Touré, rapporte toujours la presse locale, « le viol ne saurait avoir une excuse et [il] ne saura être excusé ». Elle précise ainsi que « la tenue vestimentaire d’une femme n’est pas une invitation au viol » qui peut entraîner une grossesse non voulue ou une maladie sexuellement transmise.

1290 mariages forcés, 416 féminicides…

Dans la seule ville d’Abidjan, à titre de rappel, il est enregistré près de 2500 cas de violences faites aux femmes en 2019 et 2020, selon l’étude rendue publique en fin novembre dernier par l’Organisation des citoyennes pour la promotion et défense des droits des enfants, des femmes et minorités (CPDEFM).

Cette enquête révèle aussi que 1290 mariages forcés de filles de moins de 18 ans et 1121 viols ont été recensés dans le même intervalle d’années, toujours à Abidjan où il y a également eu 416 féminicides pendant cette période.

En invitant les femmes à s’engager davantage pour qu’il y ait « zéro tolérance face aux VBG », la ministre Touré soutient : « Le viol est un choix constant. Ce n’est pas une pulsion sexuelle soudaine, mais la décision réfléchie d’agresser gravement une autre personne ».

« Les hommes doivent également s’inscrire… »

Le pays mène actuellement la campagne des 16 jours d’activisme, qui a débuté le 25 novembre par la célébration de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. Cette campagne s’achève le 10 décembre, date marquant la Journée des droits de l’Homme.

Au regard de la récurrence de ces violences, « les femmes doivent se solidariser, certes, mais les hommes doivent également s’inscrire dans cette initiative » de lutte contre les VBG, a déclaré M. Jobst Von Kirchmann, Ambassadeur de l’Union européenne en Côte d’Ivoire (Presse locale).

Bakary Fomba

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Mahmoud Ould Mohamed, ministre de l’Industrie et du Commerce
Actu

Marché malien : les pourparlers du gouvernement avec le Conseil national des Prix

by Cheickna Coulibaly 7 décembre 2021
written by Cheickna Coulibaly 3 minutes read

Dans la salle de conférence de son département, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a procédé, le vendredi 3 décembre dernier, au lancement des travaux du Conseil National des Prix (CNP).

En présence de l’ensemble des membres du Conseil national des prix, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a indiqué dans son discours d’ouverture que la présente session se tient dans « un contexte caractérisé par des facteurs exogènes et endogènes ».

Lesquels impactent négativement l’approvisionnement du Mali en produits de consommation. Cet état de fait a entraîné « une flambée des prix à la consommation » de la plupart des produits de première nécessité, selon ses propos.

« À titre d’exemple, le cours du sucre blanc a enregistré une hausse de 25,11 % par rapport à l’année dernière à la même période et celui de l’huile de palme s’établit à 1 270 dollars, son niveau le plus élevé depuis 2012. À Abidjan, les fûts de 200 litres se négocient à 160 000 FCFA l’unité », a-t-il fait savoir.

Mauvaise campagne agricole avec déficit pluviométrique

Au plan interne, le premier responsable du Département de l’Industrie et du Commerce relate également que la mauvaise campagne agricole avec le déficit pluviométrique dans plusieurs localités du pays et la situation d’insécurité dans les principaux bassins de production agricole du Mali ont grandement contribué à la hausse des prix du produit agricole.

Conscient de cette situation, le gouvernement de la transition du Mali a anticipé sur ces menaces à travers l’adoption et le renforcement des mesures d’atténuation de la hausse du prix des produits de première nécessité.

Ces efforts se sont traduits, selon le ministre, par la baisse de 50 % de la base taxable à l’importation des produits du sucre, de l’huile alimentaire, du lait et du riz ; la subvention du prix de la viande bovine ; l’homologation du prix des hydrocarbures ; le soutien aux minoteries à travers l’abandon de la presque totalité des droits et taxes à l’importation du blé ; la suspension du paiement de la TVA à l’achat et à l’importation de la graine de coton, entre autres.

« Environ 18 milliards de FCFA de manque à gagner »

Aux dires du ministre, cette opération représente « un manque à gagner en termes de droits non perçus au cordon douanier d’environ 18 milliards de FCFA ». Cependant, il admet par la suite que, malgré ces mesures, le pouvoir d’achat des ménages a continué de s’affaiblir en raison de la perte de revenus suite au ralentissement des activités économiques au plan national et international.

D’où la présente séance consacrée à l’examen et à la validation de la structure des prix de la farine et du pain pour dégager un prix consensuel de ces produits : objets d’un protocole d’accord entre le Gouvernement et les acteurs de cette filière.

Le ministre explique : « Le prix indicatif plafond est le plus souvent un prix consensuel entre les opérateurs économiques bénéficiaires et les membres du Conseil National des Prix (CNP), un organe consultatif créé auprès du ministre chargé du Commerce pour suivre l’évolution des prix des produits et services en vue de proposer toutes mesures visant à la maîtrise des prix ».

En terminant ses propos, il a tenu à inviter les membres du CNP à une participation positive afin de parvenir à un prix consensuel compatible avec le pouvoir d’achat des consommateurs. Et qui garantit la viabilité de l’activité économique des meuniers et des boulangers.

Si à la sortie de cette première journée d’entretien entre le gouvernement et le CNP, aucun accord n’avait encore été scellé, il est à noter que dans un arrêté interministériel du 6 décembre 2021, le gouvernement malien a annoncé la suspension de l’exportation du riz local, du maïs, du tourteau de coton, du mil, du sorgho et de la graine de coton.

Cheickna Coulibaly

7 décembre 2021 0 comments
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Conference de presse des enseignants de leducation signataires du 15 octobre 2016
Éducation

Session d’appropriation des acteurs de l’éducation au paquet de ressources à Kayes

by Bakary FOMBA 6 décembre 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Dans le cadre de la professionnalisation des enseignants et encadreurs du fondamental du Mali, le ministère de l’Éducation nationale (MEN), avec l’appui de l’Unesco, a organisé, du 29 au 30 novembre 2021 à Kayes, une nouvelle session d’appropriation au paquet de ressources.

Ils sont 27 participants à avoir pris part à ce nouvel atelier. Ils sont composés de 18 formateurs et encadreurs d’enseignants, des Instituts de Formation des Maitres (IFM), des Académies d’Enseignements (AE) des localités de Kayes, Kita, Nioro et Bamako, ainsi que des représentants de l’UNESCO et des services centraux du Ministère de l’Education Nationale (MEN).

Cet atelier est organisé sous la présidence de Dr Augustin Poudiougou, Conseiller technique au Ministère de l’Education Nationale et de Mme Habibata Thienta, représentant le Chef du Bureau  de l’Unesco à Bamako, 

Rappel des résultats obtenus 

Dans son intervention, Mme Habibata Thienta a rappelé — au nom du Directeur de l’Unesco à Bamako, M. Edmond Moukala — l’importance de la professionnalisation des enseignants et des encadreurs du fondamental au Mali pour son organisation. Cela afin d’atteindre les objectifs de l’ODD (objectifs du développement durable), particulièrement la cible 4c : « D’ici à 2030, accroître considérablement l’offre d’enseignants qualifiés, notamment grâce à la coopération internationale pour la formation des enseignants dans les pays en développement, en particulier les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement ». 

Ce projet vise à améliorer la qualité des apprentissages par la professionnalisation des enseignants à travers un meilleur accompagnement. Cette seconde session à Kayes, permettra d’élargir l’appropriation du paquet de ressources pour une meilleure couverture de formateurs et d’encadreurs d’enseignants au niveau national. Permettant ainsi de relever les défis du système éducatif malien. C’est aussi l’occasion d’une meilleure formation des enseignants et surtout, un meilleur encadrement.

Mme Thienta a tenu à rappeler ainsi les résultats obtenus par le projet CapED pour la professionnalisation des enseignants, dont l’étude diagnostique sur la question enseignante au Mali, la politique nationale des enseignants du Mali, le paquet de ressources pour la professionnalisation des enseignants qui englobe le référentiel de métier de l’enseignant et de l’encadreur ; le référentiel de compétences de l’enseignant et de l’encadreur ; les normes et les standards professionnels de l’enseignant et de l’encadreur et le cadre de certification de l’enseignant, etc.

Éléments clés du paquet de ressources 

Au cours de cette session, les échanges se sont surtout porté sur les éléments clés du paquet de ressources, notamment : (i) le référentiel de métiers de l’encadreur et de l’enseignant ; (ii) le référentiel de compétences de l’encadreur et de l’enseignant ; (iii) les normes et standards de la professionnalisation des enseignants et de l’encadreur ; et (iv) le cadre de certification de la professionnalisation des enseignants et de l’encadreur.

La formation « répond aux besoins réels sur le terrain, car nous permet d’avoir un enseignant/encadreur IDEAL. Elle (formation) a changé ma façon de juger les compétences des enseignants sur des bases que je ne maitrise pas », témoigne M. Adama Maïga, Directeur des études à l’IFM Julius NYERERE de Bamako.

Pour rappel, l’opérationnalisation de ce projet a été concrétisée par la première session de formation des formateurs qui s’est tenu du 30 Aout au 1er septembre 2021 à Ségou. Celle-ci a  regroupé 50 formateurs et encadreurs d’enseignants de Ségou, Tominian, Koutiala, Sikasso, Bougouni, San, Bamako, Kati, Kangaba, Koulikoro, Dioïla Nara (dont 11 femmes, soit 22%). Le Programme est concentré sur les pays moins avancés (PMA) et sur ceux où la probabilité d’atteindre les cibles de l’ODD4 est la moins forte.

Bakary Fomba

6 décembre 2021 0 comments
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Les femmes dans les sites miniers
Actu

Pénurie d’eau à Yanfolila : les femmes vers les mines d’or plutôt que le maraîchage

by Chiencoro 4 décembre 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

En raison de la pénurie d’eau,  les femmes de Yanfolila préfèrent se diriger vers l’orpaillage au lieu de rester faire le maraîchage.

A Yanfolila, dans la région de Bougouni, l’accès à l’eau est une aventure de combattant. Or, dans ce cercle, comme dans beaucoup d’autres,  l’or bleu permet aux femmes d’exercer des petites activités de jardinage. Ce qui leur permet d’ailleurs de mieux subvenir à certains de leurs besoins et d’être ainsi économiquement indépendantes.

Cette pénurie d’eau est le quotidien des populations de ce cercle, depuis des années. Dans un reportage de Studio Tamani en 2017, on peut lire que ce problème existe depuis 2016 et que « la facture du m³ (mètre cube) d’eau varie entre 300 et 375 F CFA ».

Ce problème, devenu une véritable inquiétude pour les autorités locales, a été évoqué lors du passage d’une délégation de la présidence du Mali, le mercredi dernier, pour une remise de vivres à 100 familles démunies du cercle. A cette occasion, Mme Sidibé Rokia Diakité, maire de la Commune de Wassoulou-Ballé, a souligné toute l’importance de l’accès à l’eau potable dans son cercle. 

Le chef de village de Yanfolila, qui a reçu la visite de la délégation, a profité également de l’occasion pour soulever le voile sur cette problématique d’accès à l’eau et de départ des femmes vers les sites miniers.

Face à cette situation, Mme la Maire de Wassoulou-Ballé exhorte les autorités maliennes de la transition à leur venir en aide afin de venir à bout de cette problématique de casse-tête.

« En raison de la pénurie d’eau, les femmes sont obligées d’abandonner les jardins pour aller à l’orpaillage », explique-t-elle tout en précisant qu’une fois ce problème résolu beaucoup de femmes présentes sur ces sites reviendront reprendre leurs activités de jardinage, qui leur permettent d’être économiquement plus indépendantes.
Chiencoro 

4 décembre 2021 0 comments
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